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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 20:09
Publié le 06/04/2013 à 15h44

La page wikipédia de la station hertzienne (Capture d’&eacute ; cran du 6 avril)

L’Encyclopédie de Diderot et D’Alembert avait en son temps souffert de menaces de censure et de plusieurs interdictions de paraître effectives. Ce genre de procédé n’a pas complètement disparu : un contributeur bénévole de la Wikipédia francophone a été contraint de supprimer un article dont le contenu déplaisait à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

L’article sur la station hertzienne militaire de Pierre-sur Haute est crééen juillet 2009. Ce sera la seule contribution de son auteur, un certainQvsqs. Cette première ébauche connaît ensuite un destin typiquement wikipédien : enrichissement du contenu, ajout de sources, d’illustrations, de bandeaux d’avertissement pour lecteur…

7 ans de prison, 100 000 euros d’amende

La DCRI ne commence à se formaliser de l’existence de cet article qu’en début d’année 2013. Il diffuserait des informations militaires classifiées sans autorisation légale. En France, ce délit est grave. L’article 413-10 du code pénal prévoit sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Cette disposition est réduite à trois ans et 45 000 euros d’amende si la divulgation résulte d’une négligence ou d’une imprudence.

Le 4 mars 2013, la DCRI contacte le service juridique de la Wikimedia Foundation. Jusqu’ici les choses suivent leur cours normal. En tant qu’hébergeur légal des projets wikipédiens, la Wikimedia Foundationdoit prendre en considération toute réclamation fondée. En l’occurrence, ce ne sera pas le cas.

La DCRI demande la suppression unilatérale de l’article. Elle se refuse parallèlement à communiquer des précisions supplémentaires sur la nature des informations concernées ou sur leur degré de confidentialité.

En contradiction avec la loi française

Elle agit en contradiction avec la loi française. Il n’est pas concevable d’exiger le retrait d’une information classifiée si l’on n’offre pas la preuve de sa classification :

« Présentent un caractère de secret de la défense nationale au sens de la présente section les [...] informations [...] intéressant la défense nationale qui ont fait l’objet de mesures de classification destinées à restreindre leur diffusion ou leur accès. »

Sans preuve (généralement un document bardé d’un grand tampon rouge), la demande ne s’appuie sur aucun terrain juridique concret. Elle serait forcément rejetée dans le cadre d’une procédure normale.

Cette réclamation devient d’autant plus inappropriée que l’on se rend compte que la quasi-totalité de l’article est attestée dans undocumentaire réalisé par une chaîne régionale. Toujours en ligne, il a selon toute vraisemblance été conçu avec le plein soutien de l’armée.

Faute de mieux, la Wikimedia Foundation met la réclamation en attente. La DCRI peut la réactiver à tout moment à condition de fournir les pièces nécessaires. Plutôt que de réagir rationnellement, elle décide de faire valoir son bon droit par le biais d’un procédé… ubuesque.

La DCRI cherche le « patron » de Wikipédia

Le 30 mars, l’institution publique s’adresse à un administrateur de la communauté francophone. Elle lui enjoint de procéder immédiatement à la suppression de l’article. Il refuse d’obtempérer. Son statut d’administrateur ne lui donne aucun pouvoir éditorial : il ne peut supprimer l’article sans discussion préalable. De plus, il n’a jamais participé à cet article et n’est en rien responsable de son contenu.

Ces explications n’y suffisent pas : sur les injonctions de la DCRI, la police prévoit de le mettre en garde à vue. Il finit par céder à ces pressions, supprime l’article et prévient au passage ses collègues : toute restauration de l’article engagera la responsabilité juridique de son auteur.

Tout ceci découle d’une incompréhension totale. Immergés dans un imaginaire social hiérarchique, les agents de la DCRI cherchent en dépit du bon sens à s’adresser à un hypothétique « patron » de la Wikipédia francophone. Or, le seul patron qui vaille, c’est la communauté.

Créer un précédent

Avant d’aller plus loin, essayons d’expliquer un comportement a priori absurde : pourquoi la DCRI persiste dans cette affaire, alors que jusqu’ici, elle a été incapable de prouver la légalité de sa démarche ? Toute cette plaisanterie a dû coûter cher au contribuable, vraisemblablement plusieurs dizaines d’heures travaillées.

L’intention suivante ne serait pas invraisemblable : créer un précédent. Si on reprend telle quelle l’extrapolation un peu délirante du 413-10, de nombreux sujets actuellement traités sur Wikipédia feraient facilement l’objet d’une suppression similaire.

D’autres institutions pourraient également arguer de cet incident pour faire pression sur des administrateurs en recourant à toutes sortes de menaces légales et para-légales. Entreprises, hommes politiques, figures médiatiques : les candidats ne manquent pas pour souhaiter une suppression, sinon un nettoyage, de leur article.

Et la DCRI découvre l’effet Streisand

Le pire n’est jamais sûr. La DCRI vient de faire l’amère expérience d’un phénomène bien connu des internautes : l’effet Streisand. L’article visé a reçu plus de visites en une seule journée que depuis sa création. Profondément remanié, il vient d’être traduit en anglais.

L’incident est rapidement publicisée. La communauté wikipédienne francophone ne bruisse que de ça depuis vendredi. L’affaire devient internationale avec des retombées médiatiques en hollandais ou en russe… L’association qui promeut Wikipédia en France, Wikimédia France, vient de faire paraître un communiqué où elle déplore cette situation inexplicable :

« Contribuer à Wikipédia doit-elle devenir une activité risquée en France ? La DCRI n’a-t-elle pas l’arsenal juridique nécessaire pour faire respecter si besoin le secret militaire par des méthodes moins brutales ? Nous l’espérions. »

Wikipédia constitue un relais médiatique puissant. Très composite, la communauté est à même de faire connaître cet incident à tous les niveaux de la société, du fin fond de la France profonde à l’Assemblée nationale. La DCRI a peut-être du souci à se faire…

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:52

Coup de filet contre le trafic d’otages érythréens en Égypte

Deux hommes et une femme ont été incarcérés en Suède, dans une affaire de chantage au meurtre visant un réfugié érythréen retenu en otage en Égypte. C’est une première dans le monde depuis l’apparition des prises d’otages collectives d’Érythréens dans le désert du Sinaï il y a quelques années. Et le début d’une enquête qui pourrait remonter jusqu’à la hiérarchie militaire érythréenne.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/19.jpg

TÉLÉCHARGER LE RAPPORT DE L’EEPA (EUROPE EXTERNAL POLICY ADVISORS, OCTOBRE 2012)

Disons que le garçon s’appelait Yonas. Sa véritable identité ne doit pas être révélée, sa famille ignorant ce qui est advenu de lui. Il avait dix-neuf ans et comme des milliers de jeunes Érythréens, chaque année depuis dix ans, il avait fui son pays à pied début 2012, espérant échapper à la dictature du président Issayas Afeworki.

Kidnappé dès son arrivée au Soudan, il avait été livré avec neuf autres otages à « Abou Sultan », le chef de l’une des familles mafieuses qui sévissent dans le désert du Sinaï, en Égypte. Détenu pendant près d’un an, il est mort fin janvier après deux jours de crucifixion — la punition ultime infligée à leurs prisonniers par les gangsters bédouins qui règnent en maîtres sur la région. Jamais il n’est parvenu à réunir les 33’000 dollars exigés par ses kidnappeurs pour sa libération.

« On l’a décroché et il a expiré. Un réfugié qui était incarcéré avec lui me l’a annoncé il y a deux semaines. Lui était le seul survivant du groupe de dix », raconte à RFI la journaliste érythréenne Meron Estefanos, qui était en contact téléphonique avec lui, depuis la Suède où elle vit.

Trois arrestations en Suède

Depuis cinq ans qu’elle est en contact quotidien avec les fugitifs de son pays natal, Meron Estefanos avait fini par croire que « tout le monde se fiche des Érythréens et de ce qu’ils endurent ». Cette fois, après le martyre de Yonas, c’est différent. Deux hommes et une femme ont été arrêtés le 20 février à Solna, une banlieue de Stockholm. Ils étaient les intermédiaires à qui Meron, que Yonas avait fait passer pour sa cousine, devait remettre l’argent de la rançon. Selon le procureur en chef Krister Petersson, ils ont été inculpés « d’extorsion » et de « conspiration en vue de commettre un assassinat ».

L’enquête de la police suédoise a duré plusieurs semaines, comptant sur la discrétion de Meron Estefanos. « Les complices des kidnappeurs m’envoyaient des textos plusieurs fois par jour, raconte-t-elle à RFI. Ils se faisaient de plus en plus menaçants. J’ai eu beau insister auprès d’eux, à partir du 24 janvier, je n’ai plus eu de contact avec Yonas. Je savais que la police écoutait, mais que quelque chose de terrible lui était arrivé. » Épuisé par les sévices, il avait fait croire que sa « cousine » avait collecté la rançon, pour gagner du temps.

Un réseau haut placé

Le procureur a affirmé que de nombreux cas similaires ont été signalés en Suède ces dernières années. Pourtant, au sein de la diaspora, étroitement surveillée par les puissantes ambassades d’Érythrée et leurs réseaux de mouchards, il est rare que les familles se plaignent. Incarcérations, expulsions, enrôlements de force dans l’armée, menaces : les représailles contre les parents restés au pays sont systématiques.

D’autant que la complicité de hauts gradés de l’armée érythréenne dans ce trafic sont probables. Dans son dernier rapport, en juillet 2012, le Monitoring Group de l’ONU sur la Somalie a d’ailleurs désigné le général Tekle Kiflai « Manjus », commandant des gardes-frontière, comme l’un des bénéficiaires de ce business lucratif. L’agence de presse suédoise TT cite même le cas de sept familles résidant en Suède, ayant dû payer 7000 dollars à « un officier supérieur de l’armée érythréenne » l’année dernière. Le militaire menaçait de vendre ses otages à des trafiquants au Soudan si les rançons n’étaient pas payées dans les 24 heures.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/032.jpg

TÉLÉCHARGER LE RAPPORT D’AMNESTY INTERNATIONAL (AVRIL 2013)

En effet, l’histoire de Yonas n’est pas unique. Sur les 1000 à 3000 Érythréens qui parviennent à passer clandestinement la frontière chaque mois, selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), nombreux sont ceux qui sont capturés par des soldats soudanais avant d’avoir pu atteindre le camp de Shegerab, près de Kassala. Les évadés sont alors vendus à des bandes criminelles issues de la communauté Rachaïda, qui les revendent à leur tour à leurs « cousins » bédouins du Sinaï. La livraison des otages est assurée jusqu’en Égypte dans des camions transportant également toutes sortes de contrebande, notamment des armes à destination de la bande de Gaza.

Chambres de torture

Une fois incarcérés dans les villas du Sinaï, les otages sont torturés pendant qu’ils appellent leurs familles et les supplient de réunir l’argent exigé. « Chaque gang a sa méthode, explique Meron Estefanos. On coule du plastique fondu sur leur dos, puis on les oblige à rester debout contre un mur pour que leurs plaies s’infectent. Ou bien on les électrocute, on les viole ou on les force à se violer entre eux. » Selon les témoignages qu’elle a collecté, les villas où sont détenus les Érythréens ont d’ailleurs été construites dans le seul but de servir de camp de torture. Des anneaux pour accrocher les chaînes et des arceaux pour pendre les détenus sont moulés à même le béton des chambres d’incarcération.

Chaque clan a son réseau de « collecteurs » de rançons. L’argent est versé soit en liquide, soit par Western Union. Les numéros de téléphone des intermédiaires sont suisses, suédois, britanniques, israéliens, égyptiens, ou proviennent de la bande de Gaza et même d’Érythrée. Il faut alors livrer un sac plein d’argent, en plein jour, à Asmara, au cœur de la capitale d’un régime contrôlant pourtant tous les aspects de la vie des citoyens qui ne l’ont pas encore fui.

Presse esclavagiste (Léonard Vincent, RFI, 27 février 2013)

Plus d’informations sur l’Érythrée, en français, sur le blog d’information de Léonard Vincent

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:51

Un rapport accuse le renseignement intérieur d’entraver la justice

Un rapport que La Croix a pu consulter dénonce des dysfonctionnements de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Rédigé par des officiers du renseignement intérieur, il a été remis confidentiellement aux députés du groupe de travail parlementaire sur l’exil fiscal constitué en janvier 2013.

C’est un document d’une sévérité inédite rédigé par un collectif d’officiers de la DCRI, ce « FBI à la française » issu, en 2008, de la fusion entre la Direction de la surveillance du territoire (DST) et les Renseignements généraux (RG) voulue par Nicolas Sarkozy. Rédigé sur 14 pages en style parfois télégraphique, ce véritable audit du service de renseignement, mais aussi de nombreuses autres directions de la police compétentes en matière de délinquance financière, a été remis le 16 février dernier aux parlementaires du groupe de travail sur les exilés fiscaux dirigé par le député socialiste Yann Galut.

banque suisse UBS

Cette note très précise, que La Croix a pu consulter, encourage les élus à interroger, si possible dans le cadre d’une commission d’enquête parlementaire, les anciens et actuels patrons ou responsables de la DCRI (dont Bernard Squarcini, Gilles Gray, Éric Bellemin-Comte…), notamment celles et ceux qui étaient et sont encore chargés du renseignement économique et financier, ainsi que ses chefs du « département sécurité » ou du « groupe action » de la sous-direction chargée du renseignement économique.

Car les auteurs de la note se livrent à un véritable réquisitoire, révélant d’une part la surveillance étroite opérée par le renseignement intérieur sur l’organisation de la fraude fiscale internationale, notamment celle qui fut organisée en France par la banque suisse UBS, et dénonçant d’autre part la non-transmission à la justice des informations considérables recueillies lors de cette surveillance.

« Pourquoi, après avoir découvert cette infraction pénale (NDLR : celle commise par UBS), la sous-direction K (renseignement économique et financier) de la DCRI ne l’a-t-elle pas dénoncée au procureur de la République (…) ? Pourquoi la sous-direction K a-t-elle axé son travail de surveillance sur les cadres de l’UBS qui dénonçaient le système de fraude plutôt que sur ceux (qui étaient) à l’origine du système ? », peut-on lire dans ce document confidentiel.

service interministériel d’intelligence économique

Plus grave encore, les rédacteurs de la note pointent du doigt « les services extérieurs à la DCRI qui ont travaillé sur le dossier Tracfin (1) » concernant l’organisation de l’évasion fiscale massive de la France vers la Suisse, notamment le service interministériel d’intelligence économique. Selon l’un de ces officiers, « la presque totalité des cadres de la DCRI et de ces autres services de police ou de renseignement, toujours en responsabilité, sont ceux qui ont servi avec zèle le président de la République précédent ».

Résultat, selon eux, « le faible nombre de dénonciations qui émanent des services de renseignement spécialisés dans le domaine économique et financier, notamment ceux de la DCRI, nous incite à réfléchir sur la mission de ces services dont l’inefficacité pénale est injustifiable ». Dès lors, le verdict de ces professionnels est radical : « Ces services se nourrissent des délits qu’ils ne souhaitent pas voir apparaître ou révéler à l’autorité judiciaire pour ne pas amoindrir leur influence, quand le besoin s’en fait sentir. »

une entrave majeure à la justice

Enfin, la note des officiers du renseignement intérieur remise aux élus affirme que le fonctionnement actuel de leur service représente une entrave majeure à la justice. « Il conviendrait de ne plus abusivement protéger le recueil de renseignements économiques et financiers par le “secret défense”, car ce type de renseignements ne menace pas la défense ou la sécurité nationale », écrivent-ils.

Avant de conclure : « Généraliser la classification des activités et des informations recueillies par la DCRI empêche la justice d’avoir à connaître des informations dont elle a rapidement besoin pour ses enquêtes. »

Publié par un agent de déstabilisation de la Cinquième Colonne anarcho-autonome d’Al-Qaida (Antoine Peillon, LaCroix.com, 4 avril 2013)

 

Offshore Leaks : les chiffres effarants de l’évasion fiscale

Mise en une par la crise chypriote et l’affaire Cahuzac, l’évasion fiscale est maintenant en ligne de mire d’une opération mondiale de transparence, Offshore Leaks. Les chiffres à retenir.

Après Wikileaks, Offshore Leaks. L’ICIJ, consortium international de journalistes d’investigation, a communiqué à différents journaux, dont Le Monde en France, 200 gigabits de données sur des comptes ou des intérêts offshore détenus par des entreprises et des particuliers. Des documents et des informations issues principalement des Îles Vierges britanniques, un paradis fiscal placé par l’OCDE dans sa liste grise des pays non-coopératifs.

Un tiers des ressources financières mondiales dissimulé

Que représente l’évasion fiscale dans le monde ? Selon le FMI, les fonds concernés se monteraient à 5500 milliards d’euros, soit près de trois fois le PIB de la France. 50% des transactions mondiales transiteraient par des paradis fiscaux, qui compteraient 4000 banques et 2 millions de sociétés écrans.

Mais pour l’ONG Tax Justice Network, les sommes en jeu seraient encore plus importantes, atteignant 16’344 à 25’000 milliards d’euros, soit le PIB des États-Unis plus celui du Japon, ou 10 fois celui de la France. Cela représente un tiers des ressources financières mondiales, et une somme qui pourrait générer entre 148 et 218 milliards d’euros de recettes fiscales par an dans les caisses des États du monde entier. Soit plus que l’aide publique au développement fournie par les pays de l’OCDE, en baisse notoire à 100 milliards d’euros en 2012.

L’économiste James Henry, auteur en 2012 d’une étude sur l’économie offshore présentée sur le site du Guardian, a calculé que les 10 banques les plus importantes du monde en matière de gestion de patrimoine privé, des expertes de l’optimisation fiscale dont Goldman Sachs, le Crédit suisse et UBS, sont passées de 1800 milliards d’euros gérés en 2005 à 4800 milliards d’euros en 2010. Une spectaculaire accélération de leur activité.

James Henry a également calculé pour cette même étude que, si une dizaine de millions de personnes ont placé des biens dans les paradis fiscaux, la moitié des sommes, soit à peu près 8000 milliards d’euros, était entre les mains d’un tout petit nombre de 92’000 super-riches, soit 0.001% de la population mondiale. Alors que les citoyens ordinaires des pays endettés doivent payer les pots cassés de l’austérité.

Et la France ?

Pour la France, les avoirs dissimulés à l’étranger ont été évalués à 600 milliards d’euros par le journaliste Antoine Peillon, dans son livre paru en 2012, Ces 600 milliards qui manquent à la France (Seuil).

De son côté, en juillet 2012, la commission d’enquête du Sénat sur l’évasion fiscale a estimé entre 30 et 60 milliards d’euros son coût annuel pour les finances publiques. Mais pour le syndicat Solidaire-Finances Publiques, qui a établi un nouveau rapport début 2013 par extrapolation des résultats du contrôle fiscal, la fraude plombe les caisses de l’État à hauteur de 60 à 80 milliards d’euros chaque année. À comparer avec le déficit public de la France qui s’est élevé à 98 milliards d’euros en 2012.

Réagissant à Offshore Leaks, la Commission européenne estime quant à elle le coût de l’évasion fiscale en Europe à plus de 1000 milliards d’euros par an.

Leur presse (L’Expansion.com, 4 avril 2013)

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:42

“Forum, forum ?” Dès l’arrivée à l’aéroport de Tunis Carthage, les bénévoles du Forum social mondial attendent les participants au pied levé. Sac au dos et passeport à la main, les militants et journalistes sont aiguillés vers le stand de Tunisie Telecom pour retirer une carte SIM gratuite, contre une fiche de renseignements, photocopie du passeport en prime. Réaction d’un Malien derrière nous : “Ah c’est astucieux ! Impossible de disparaître dans la nature maintenant. Le GSM c’est commode mais la commodité a un coût, celui de la liberté…” (…)

À la nuit tombée, le cortège se rassemble progressivement sur le stade du Palais des sports d’El Menzah pour l’ouverture officielle du forum. Sur la grande scène, tel un chauffeur de salle, le coordinateur général tonne “Vive le Forum social !”. Il est aussitôt contré par le porte-voix d’un groupe d’anarchistes qui hurlent “Forum social, Forum du capital !”.Autour du récent mouvement anarchiste tunisien, né après la révolution, rejoint pour l’occasion par des Français et des Italiens, ils réclament une organisation différente pour cet évenement. Des expériences d’auto-gestion sont actuellement en cours dans le pays, principalement dans les zones rurales car liées aux enjeux des terres. Mathieu, militant français engagé dans l’univers des squats résume leur colère : “Plus de 3 millions d’euros d’investissement dans un pays où les gens galèrent pour joindre les deux bouts, une entrée et un hébergement payants et on ose appeler ça le Forum Social ?”. Dès mercredi, un camp devrait être installé aux abords du campus pour donner aussi une place à l’alternative de l’alternatif. (…)

Leur presse (Laure Siegel & Thomas Belet, LesInrocks.com, 27 mars 2013)

 

(…) Mourad Guanouni, membre de l’Uget a également appelé sur Mosaïque FM à un boycott du forum par les étudiants tunisiens, dénonçant la présence “d’au moins quatre organisations sionistes, ces dernières ayant été présentées sous des appellations différentes pour les camoufler (Arab 48 à la place d’Israël)”. (…)

Leur presse (Laure Siegel & Thomas Belet, LesInrocks.com, 29 mars 2013)

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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 16:19

Ces mouvements « anti » qui grippent la démocratie

La Fondation pour l’innovation politique analyse les nouvelles méthodes des contestataires. Cartographie de ces multiples groupes qui défient la légalité.

L’événement est passé quasiment inaperçu, mais il est symbolique. La semaine dernière, le dernier procès en date à l’encontre de Faucheurs volontaires, s’est soldé par la relaxe de José Bové et de sept autres personnes qui avaient détruit un champ de maïs OGM en août 2008 dans la Vienne. Clémence pour ceux qui n’ont de cesse d’avoir recours à des coups d’éclat à la limite, voire en dehors, de la légalité, pour imposer leurs points de vue. La Fondation pour l’innovation politique vient de publier deux notes sur ces mouvements militants [Contester les technosciences : leurs raisons, par Sylvain Boulouque et Contester les techno­sciences : leurs réseaux, par Eddy Fougier sur www.fondapol.org]. On y découvre les visages multiples de ces nouveaux militants: anti-OGM, antinucléaire, antinanotechnologies, anti-affichage, anti-antenne relais… Les modes d’action sont tout aussi divers : lobbying, demandes d’informations, tentatives de boycott, manifestations, destructions… sans parler des occupations de site et des actions judiciaires. Une véritable nébuleuse, avec des méthodes qui souvent grippent la démocratie, avec des actes de sabotage ou de blocage de débats publics. Comme les Ravageurs et autres Taupes en colères ou le groupe Oblomoff contre les nanotechnologies.

Mises en scène orchestrées

L’impact, démultiplié par des mises en scène savamment orchestrées, dépasse de très loin le nombre des militants. Pour arriver à leurs fins, ces multiples officines, parfois locales, sont souvent rattachées de manière informelle à des organisations altermondialistes ayant pignon sur rue comme ­Attac ou Greenpeace. « Ce type de contestation remonte aux origines de la société industrielle, analyse l’universitaire Sylvain Boulouque, auteur d’une des notes. En revanche, la configuration et le rapport à la modernité des acteurs ont changé. » Leur mode opératoire : l’action en réseau, avec des appuis dans la société civile. « Cette mouvance, souvent difficile à décrypter, allant de citoyens sans appartenance politique aux franges extrêmes de la gauche radicale, serait l’une des conséquences indirectes de la chute du communisme », poursuit Sylvain Boulouque, en notant que ce type de militantisme cherche à innover. « Il se veut davantage festif et inventif, plus immatériel et spectaculaire que les formes qui l’ont précédé », poursuit-il.

Cette contestation prend aussi parfois les habits de la respectabilité : scienti­fiques, hommes politiques, comme Noël Mammère [sic] ou José Bové, ou participation à des négociations, comme les anti-antennes relais — qui ont fini par claquer la porte — au « Grenelle des ondes ».

Aujourd’hui, ces mouvements ratissent large, surfant sur une culture du risque et du principe de précaution qui a envahi la société postindustrielle. « Depuis quelques années, les catastrophes sanitaires ou industrielles prennent des reliefs particuliers et servent de point d’appui à des mouvements de contestation », lance le politologue Eddy Fougier, coauteur de ce rapport. Grâce à Internet, les campagnes de mobilisation se diffusent à la vitesse de l’éclair. Et le héros moderne est le « lanceur d’alerte », parfois simple particulier touché par une cause, comme Étienne Cendrier, à l’origine de Robin des toits. Le Net permet d’alimenter des sites multiples en rumeurs et autres théories scientifiques, avec pour but de diaboliser les technologies, en prenant soin, comme le note Eddy Fougier, « d’utiliser fréquemment des termes anxiogènes ». Avec un certain impact auprès du grand public et une progression des mouvements de défiance. « Depuis quelques années, nous n’assistons pas tant à une démocratisation de la sphère scientifique qu’à une extension de cette sphère de la défiance à l’égard des différentes formes d’autorité et des élites en général », conclut Sylvain Boulouque.

Les antinucléaires précurseurs
Leur naissance. Le 12 avril 1971 se déroule la première manifestation contre le nucléaire civil en France : 1500 personnes participent à la marche sur Fessenheim.
Leurs revendications. Les antinucléaires dénoncent le risque d’accident nucléaire, des dénonciations qui ont trouvé un regain depuis la catastrophe de Fukushima. Par ailleurs, ils jugent qu’il n’existe pas de solution acceptable pour les déchets radioactifs et que le coût réel du démantèlement des installations nucléaires est sous-estimé.
Les mouvements. Le réseau Sortir du nucléaire regroupe, par le biais d’une charte commune, 903 associations locales et près de 53’000 particuliers.
Leurs modes d’action. Marches régulières, pétitions. Le réseau Sortir du nucléaire propose un « kit militant » comprenant un masque à fabriquer soi-même et de nombreux visuels.

Le fauchage, moyen de pression contre les OGM
Leur naissance. Le 7 juin 1997, quelque 300 manifestants se retrouvent à Saint-Georges-d’Espéranche pour détruire un champ de maïs transgénique installé par Monsanto. Mais l’événement le plus médiatique est la destruction du restaurant McDonald’s de Millau en 1999 par José Bové.
Leur nom. Le principal mouvement est les Faucheurs volontaires, mais leur cause est relayée par Attac ou Greenpeace.
Leurs formes d’action. Mode d’intervention principal : la destruction de champs. « L’objectif est de montrer à la fois la justesse de la cause qu’ils défendent et la brutalité des forces de l’ordre », explique Sylvain Boulouque. D’où une certaine dimension « sacrificielle », les faucheurs étant prêts à aller jusqu’en prison.
Leurs revendications. Leur premier objectif était l’arrêt de la culture des OGM, mais ces militants s’intéressent aujourd’hui à la « malbouffe » sous toutes ses formes.

Les antennes-relais  pour cible 
Leur naissance. Au tournant des années 2000, la première campagne contre les antennes-relais est initiée par Agir pour l’environnement.
Les mouvements. De nombreuses petites associations se sont multipliées aux côtés des plus importantes. Elles sont soit nationales comme Robin des toits ou le Capp (Comité pour l’application du principe de précaution) ou Pour une réglementation locale des antennes relais de téléphonie mobile (Priartem), qui regroupe un millier d’adhérents, et souvent liées aux associations nationales, comme Harpe Chevreuseou l’Association des Nogentais.
Leurs formes d’action. Elles se limitent à des formes légales strictes, sans utiliser l’action directe. Stratégies locales de lobbying ou dépôts de plaintes auprès de tribunaux. Les associations nationales ont été associées au Grenelle des ondes, mais certaines ont claqué la porte.
Leurs demandes. Réduire la nuisance potentielle et accéder à des normes à très basses fréquences. Éloigner les équipements des écoles. Une partie d’entre elles cherchent à limiter la diffusion du Wi-Fi dans les espaces publics.

Ils ont peur des nanotechnologies  
Leur naissance. Les premières apparitions publiques débutent en 2005 par la publication de tracts. Le premier coup d’éclat est l’occupation, lors des manifestations contre le CPE, en 2006, de l’EHESS (École des hautes études en sciences sociales).
Les mouvements. Le principal est le mouvement grenoblois Pièces et main-d’œuvre, qui publie des tribunes sur ce qu’il appelle les « nécrotechnologies ». Né en 2004, le groupe Oblomoff est également actif.
Leurs formes d’action. Contrairement aux anti-antennes-relais, ils refusent de participer au Grenelle de l’environnement. Ils empêchent la tenue de réunions publiques. Ils communiquent via des sites Internet ou revues scientifiques.
Leurs revendications. Ils s’opposent à la diffusion des technologies de l’infiniment petit, tant dans les domaines sanitaires ou alimentaires que sur Internet ou la téléphonie mobile, vus comme un « projet totalitaire ». Ils dénoncent la perspective d’une société placée sous surveillance électronique permanente. « La technologie est la prolongation de la guerre », peut-on lire sur les sites.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Aude Seres, LeFigaro.fr, 8 juillet 2011)

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 11:09

Des repas gratuits dans les écoles primaires en raison de la malnutrition des enfants

Le ministre de l’Éducation a annoncé qu’un repas gratuit sera donné à 250.000 enfants de l’école primaire tous les jours à partir de la fin de février 2013, en admettant qu’il s’agit d’une solution à l’augmentation des cas de malnutrition relevés parmi les élèves.

Traduit de l’anglais (From The Greek Streets, 16 janvier 2013)

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:38

Les enfants de chômeurs interdits de cantine

SAINT-MEMMIE et SAINT-MARTIN-SUR-LE-PRÉ (Marne). Malgré la jurisprudence, les deux mairies ont clairement inscrit cette mesure dans leur règlement. À Saint-Memmie, le dispositif est même étendu à la garderie du matin.

Le règlement intérieur de la cantine scolaire de Saint-Martin-sur-le-Pré ne laisse aucune place au doute. « Sont admis à la cantine, après inscription annuelle à la mairie, les enfants de plus de 3 ans dont les parents exercent tous les deux une activité professionnelle dans la limite des places disponibles », peut-on y lire. Les mots sont mêmes soulignés et imprimés en caractères gras. Les enfants de demandeurs d’emploi n’ont donc officiellement pas le droit de manger à la cantine.

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Jacques Jesson, bienveillant

Or selon l’une des deux principales fédérations de parents d’élèves, la FCPE, « une jurisprudence administrative constante et un jugement du Conseil d’État (septembre 2009, affaire d’Oullins) confirment l’illégalité, dès lors qu’un service public de restauration scolaire est mis en place, de le réserver à certains enfants, par exemple ceux dont les deux parents travaillent ». La mairie de Saint-Martin-sur-le-Pré serait ainsi dans l’illégalité.

Jacques Jesson, maire UMP de la commune et conseiller communautaire, assume dans un premier temps cette sélection des enfants. « Cela a toujours été comme ça, parce que nous sommes un peu limite en capacité d’accueil » expliquait-il samedi, « et nous n’avons jamais eu de demande particulière ». Mais le lendemain, après avoir consulté son équipe, Jacques Jesson précise que « concernant le règlement intérieur, des dérogations sont régulièrement accordées ». Le maire jure que les « cas de chômage, maladie et accident de la vie » sont examinés « avec bienveillance ». Deux enfants seraient concernés. Mais alors, pourquoi maintenir un tel règlement ?

« 100 % des mairies concernées sont condamnées »

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Pierre Faynot, en vacances

À Saint-Memmie aussi, le règlement du restaurant scolaire est explicite : « sous condition que les deux parents (ou le parent unique) travaillent, les enfants scolarisés peuvent bénéficier des services de la cantine scolaire », le texte est en ligne sur le site de la ville. Au chapitre « garderie, études et activités », le même site indique que la restriction est étendue à l’accueil des enfants de 7h45 à 8h30.

Le maire de Saint-Memmie, Pierre Faynot, également conseiller général, est moins expansif que celui de Saint-Martin-sur-le-Pré. « Je suis en vacances », fait-il savoir, avant d’ajouter qu’il n’a aucun élément sur le sujet. Pierre Faynot (PCD, le parti de Christine Boutin) a pourtant connaissance de ce règlement.

Rares sont les parents d’enfants rejetés du dispositif prêts à prendre le risque de témoigner (lire par ailleurs). « Beaucoup préfèrent être discriminés », regrette Sébastien Durand, dont le blog (www.enfants-tous-egaux.fr) répertorie l’actualité sur cette question. La peur d’une éventuelle réaction dont leur enfant serait la victime les intimide souvent. « Il faut savoir qu’en cas de recours devant la justice, 100 % des mairies concernées sont condamnées », insiste le blogueur, dont les espoirs se concentrent aujourd’hui sur l’adoption d’une nouvelle loi en la matière, « dont la force coercitive » serait plus efficace.

Il y a un an, la députée Michèle Delaunay (PS), aujourd’hui ministre déléguée chargée des Personnes Agées et de l’Autonomie, avait justement déposé un projet de loi dont l’article 1er stipulait que l’inscription à la cantine « est un droit pour tous les enfants scolarisés. Il ne peut être établi aucune discrimination selon la situation familiale, les revenus ou la situation géographique ». La FCPE demande à ce que ce texte soit voté. La fédération a également saisi le Défenseur des droits, Dominique Baudis.

L’an dernier, Michèle Delaunay expliquait que 70 communes de France pratiquaient une sélection à l’entrée des cantines selon des critères divers.

Maternelle Rimbaud, à Saint-Memmie. Des parents en colère

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Le fils de Céline et Grégory est âgé de trois ans. Élève en petite section de l’école maternelle Arthur Rimbaud à Saint-Memmie, il expérimente malgré lui le règlement spécial en vigueur sur l’ensemble de la commune. « Je travaille le mardi, le mercredi et le jeudi », explique son père, « nous ne pouvons donc mettre notre enfant à la cantine et à la sieste que ces jours-là. Le reste du temps, ces services lui sont refusés ». Ce professeur de lettres n’accepte pas qu’une telle sélection lui soit imposée et a peur de ce qui va se passer à l’issue de son contrat de travail, prévue pour le 27 mars. « Juste avant les vacances de février, un mot dans le cahier de texte nous a informés que les enfants dont un des deux parents ne travaille pas ne pourraient plus venir à l’école l’après-midi », ajoute-t-il. La mairie aurait précisé au cours d’un conseil d’école que la sélection pour la sieste est « provisoire », elle serait effective le temps que la nouvelle école soit construite. L’établissement est en effet transféré dans des préfabriqués jusqu’à l’inauguration des nouveaux locaux.

Leur presse (Sébastien Laporte, LUnion.presse.fr, 11 mars 2013)

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:29

À la tombée de la nuit, les petites mains du textile cambodgien sortent par milliers des usines de la banlieue de Phnom Penh, les traits tirés. Le royaume a attiré les grands marques mondiales, au prix de salaires désespérément bas et de cadences infernales.

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De plus en plus d’entreprises internationales délocalisent leur production de textile à la recherche, encore et toujours, de meilleurs coûts.

Mais des scènes d’évanouissements collectifs ont tiré la sonnette d’alarme. Et la colère monte, tandis que sous-traitants et grandes marques se renvoient la balle sur leurs responsabilités respectives.

Ou Nin, 25 ans, semble épuisée. Elle fabrique des vêtements pour une marque américaine pour à peine 4 euros par jour. “Ils impriment des T-shirts. L’odeur y est très désagréable, c’est insupportable”, confie-t-elle à l’AFP en attendant le camion qui la ramène chez elle.

Avec primes et heures supplémentaires, les ouvrières arrivent à gagner en moyenne 60 euros mensuels. Pour survivre, elles dépassent souvent la limite légale des soixante heures hebdomadaires, au risque de se mettre en danger.

“Il fait souvent chaud à l’intérieur de ces usines. Il arrive aussi qu’elles inhalent des substances toxiques”, explique Moeun Tola, responsable du programme ouvrier du Community Legal Education Centre, qui leur apporte un soutien légal.

Surmenage, sous-alimentation et mauvaise ventilation expliquent “les évanouissements de masse qui ont eu lieu dans les usines depuis 2010″, estime-t-il.

L’an dernier, elles seraient 1.100 ouvrières à avoir perdu connaissance dans les usines de confection.

Soey Eao, qui travaille depuis 5 ans dans le textile, n’arrive pas à s’en sortir. Elle habite derrière l’usine dans une cité dortoir, où des centaines d’ouvriers cohabitent dans des logements en béton sans eau ni électricité. Elle partage 6 mètres carrés avec trois autres collègues, pour 15 euros par mois.

“On travaille douze heures par jour, parfois 7 jours sur 7 pour gagner plus”, dit-elle. À 24 ans, elle reverse un tiers de son salaire à sa famille. “Je ne peux même pas bien manger car j’essaie de mettre de l’argent de côté, j’achète juste le minimum pour survivre”.

Avec les évanouissements, les grèves et manifestations se sont multipliées. Certaines ont même dégénéré comme en février 2012, lorsque trois ouvrières ont été blessées par un homme qui a ouvert le feu.

Certains des 650.000 ouvriers du textile — dont 400.000 pour des sociétés exportatrices — se sont regroupés dans des syndicats pour exiger une hausse du salaire minimum — au moins 75 euros par mois.

Mais beaucoup n’ont pas franchi le pas. Soey Eao regrette ainsi que “beaucoup d’ouvriers ne sachent même pas qu’ils ont des droits”.

L’Organisation Internationale du Travail (OIT), qui inspecte régulièrement les usines du pays, appelle à un nouvel accord de branche entre gouvernement, patrons d’usine et syndicats.

“À part le Bangladesh, le Cambodge est l’un des endroits les moins chers au monde pour produire des vêtements”, estime Jill Tucker, en charge d’un programme de l’OIT au Cambodge. “Il est évident que si l’on paye mieux les ouvriers, il y aura moins d’évanouissements”.

Mais usines et marques se renvoient la balle à l’infini.

“Ce sont les marques qui contrôlent combien nous gagnons (…). Nous n’avons aucun pouvoir de décision sur la marge que nous réalisons car nous sommes des sous-traitants”, assure Ken Loo, secrétaire général du Gmac, association des patrons d’usines du textile.

“Si nos salaires étaient équivalents à ceux des usines vietnamiennes, les investisseurs viendraient-ils dans notre pays ?”

Les grandes marques, quant à elles, se défendent de tirer les salaires vers le bas. Le groupe suédois H&M, accusé l’an passé dans un documentaire de chercher à maintenir des salaires de misère dans le pays, affirme ne pouvoir agir directement dans les usines.

“Ils fabriquent des vêtements pour différents clients, mais les employés sont payés le même montant quelle que soit la marque”, a indiqué Malin Bjorne, un porte-parole du groupe, dans un courriel à l’AFP.

Quant à l’Américain Levi Strauss and Co, il dit financer des initiatives locales pour prévenir les évanouissements. “Tout le monde a droit à un salaire décent”, a assuré un de ses représentants.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:48

Un homme s’immole à Tunis

Un homme a été grièvement brûlé en s’immolant par le feu ce matin sur l’avenue Habib Bourguiba dans le centre de Tunis, selon une collaboratrice de l’AFP témoin de ce geste de désespoir. “Voilà la jeunesse qui vend des cigarettes, voilà le chômage”, a crié ce jeune homme, un vendeur de cigarettes à la sauvette, avant de s’immoler.

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Adel Khedri, 27 ans, originaire de Jendouba

Grièvement brûlé, il était néanmoins conscient lorsque les secours l’ont transféré à l’hôpital.

“Ses jours ne sont pas en danger [Mon cul ! - NdJL], mais il a des brûlures du troisième degré à la tête et au dos. Il est sous surveillance médicale continue”, a indiqué le porte-parole de la protection civile, Mongi Khadhi.

Plusieurs cas d’immolation par le feu ont eu lieu en Tunisie pendant et après la révolution de janvier 2011 qui avait été déclenchée le 17 décembre 2010 lorsque le jeune vendeur ambulant Mohamed Bouazizi s’était immolé à Sidi-Bouzid (centre), excédé par le chômage et la misère.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 12 mars 2013)

 

(…) Des passants se sont précipités sur le jeune homme d’une vingtaine d’années pour éteindre le feu, mais l’ensemble de sa peau était calcinée, selon une collaboratrice de l’AFP témoin des faits. Il était conscient mais incapable de bouger lorsque les secours l’ont transféré à l’hôpital pour grands brûlés de Ben Arous, dans la banlieue de Tunis.

“Son état est critique, il commence à ressentir les douleurs. On va l’anesthésier, seuls ses pieds sont indemnes”, a indiqué une source hospitalière, refusant cependant de dévoiler l’identité du jeune homme. Selon cette dernière, la victime a indiqué être malade mais ne pas pouvoir se soigner. Le porte-parole de la protection civile tunisienne, Mongi Khadhi, cité par l’agence officielle TAP, a indiqué que la victime s’appelle Adel Khadri.

(…) Selon l’agence TAP, qui cite des témoins, le jeune homme était un vendeur ambulant du quartier de Moncef Bey, non loin du centre ville, et aurait été empêché d’exercer son gagne-pain par les policiers. (…)

Publié par le savoir-faire français (LExpress.fr avec l’Agence Faut Payer, 12 mars 2013)

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12 mars 2013 2 12 /03 /mars /2013 09:35

Monistrol-sur-Loire. Après avoir quitté, en larmes, son poste de travail à La Poste, une factrice s’est donnée la mort au domicile de ses parents. C’était le 15 février dernier, à Sainte-Sigolène. La jeune fille avait 21 ans.

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La CGT pointe des conditions de travail « désastreuses » sur la plateforme de distribution du courrier de La Poste de Monistrol-sur-Loire.

Près d’un mois après les faits, rien ne transpire du côté de la plateforme de distribution du courrier de La Poste, à Monistrol-sur-Loire.

Pourtant, le 15 février, épuisée après une double journée de travail et une nuit sans sommeil, craignant de ne pouvoir faire face, une factrice salariée de ce centre s’est pendue au domicile de ses parents, à Sainte-Sigolène.

Le sujet dérange. Il attriste les employés. Fatalistes, ils pointent une rotation des CDD, qui fait que, finalement, peu connaissaient le prénom, voire le visage de la jeune fille.

Dans les bureaux des syndicats, on s’insurge. On accuse. Pour Pascale Falcon, secrétaire départementale de la Fapt-CGT, la factrice de 21 ans a été contrainte à « des conditions de travail inadmissibles qui peuvent expliquer son geste ».

Un 3e contrat en six mois

Après avoir abandonné ses études, la jeune fille, décrite comme « enjouée et entourée d’amis », signe un premier CDD à la plate-forme de distribution de courrier de Monistrol-sur-Loire, pour la période du 11 juillet au 4 août 2012. Son contrat est renouvelé du 30 août au 30 novembre 2012.

En février, La Poste lui propose un troisième CDD « sur une tournée qu’elle connaissait déjà, l’ayant assurée sans difficultés pendant trois mois », explique la direction.

Pourtant tout bascule. La veille du drame, il lui est signifié qu’elle ne fera pas la tournée préalablement annoncée. Elle devra distribuer des plis sur le secteur de Saint-Just-Malmont. Un secteur connu, selon ses collègues, pour être particulièrement difficile à tenir dans les délais. La jeune fille remplace un autre salarié précaire (parti en arrêt maladie). Il a laissé deux jours de courrier.

Des heures supplémentaires pour écouler le surcroît de volume

« Le 14 février, la jeune factrice a dû livrer du courrier de trois jours sur un secteur qu’elle ne maîtrisait pas, assure Pascale Falcon. Elle aurait dû faire sa tournée en 5h50. Il lui a fallu le double de temps. Elle est rentrée chez elle épuisée. »

La direction assure que « la salariée avait accepté les heures supplémentaires pour écouler un surcroît de volume. Des heures qui ont été prises en compte financièrement. »

Le lendemain, la jeune factrice arrive au centre de la Borie une heure plus tôt, pour trier le courrier du jour et évaluer sa charge de travail. Elle explique qu’elle n’a pas dormi de la nuit. Elle est très fatiguée. Craint de mal faire. Elle panique et fond en larmes.

La chef d’établissement lui conseille de rentrer chez elle.

Quelques minutes plus tard, elle commet l’irréparable.

Presse esclavagiste (Isabelle Devoos, LeProgres.fr, 7 mars 2013)

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