Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 11:44

Mondial 2022 au Qatar : le droit du travail, un sacré chantier

Au Qatar, plusieurs centaines d’ouvriers meurent chaque année dans le secteur du bâtiment. Et la Coupe du monde de football se prépare en dehors de toute légalité.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/12.jpg

La reine Beatrix des Pays-Bas à la rencontre d’ouvriers de Shell à Doha, 10 mars 2011.

Toutes les heures au Qatar, 20 nouveaux ouvriers arrivent pour construire un immense projet baptisé « Qatar 2030 » et dont l’élément phare est la Coupe du monde 2022,acquise dans des conditions troubles.

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), ils seront un million d’ouvriers – immigrés – engagés au Qatar d’ici 2022. Pour construire un aéroport, des infrastructures hôtelières, neuf grands stades ultramodernes et… démontables, le Qatar n’en ayant plus besoin après la Coupe du monde.

Avant que ces ouvriers n’arrivent dans le pays le plus riche du monde (par habitant), on leur parle d’un salaire mensuel de 1.200 à 1.300 riyals, soit 250 à 270 euros. Dans les faits, ce sera plutôt la moitié, selon la Confédération syndicale internationale (CSI).

Au moins 300 morts par an chez les ouvriers du bâtiment

Mettre fin à « l’esclavagisme moderne » au Qatar est devenu la priorité de la CSI, confirme à Rue89 l’Australienne Sharan Burrow, secrétaire générale :

« Ces travailleurs n’ont pas de voix. Ils ne sont pas autorisés à se syndiquer, ils n’ont pas de liberté au Qatar. Nous devons mettre la pression sur le gouvernement qatari pour qu’il y ait une amélioration. »

« Plus de travailleurs vont mourir pendant la construction (des stades) que de footballeurs ne fouleront les terrains », a-t-elle affirmé au journal grec Avgi.

Les chutes d’échafaudages sont la deuxième cause de blessures graves au Qatar après les accidents de la route. Il est extrêmement compliqué de définir précisément le nombre de travailleurs blessés sur les sites en construction.

Au moins 300 ouvriers du bâtiment meurent chaque année sur leur lieu de travail, chiffre communément admis. Leur dépouille est souvent renvoyée dans leur pays d’origine dans un cercueil en bois. Ou disparaît purement et simplement.

L’analyste d’une ONG, qui souhaite rester anonyme car enquêtant actuellement au Qatar, explique à Rue89 :

« Souvent, les travailleurs se sont lourdement endettés pour arriver au Qatar. Ils voient fréquemment leurs passeports confisqués et peuvent être contraints de signer un nouveau contrat en arabe qu’il ne comprennent pas et qui revoit leur salaire à la baisse.

S’ils décident de fuir, s’ils se blessent et ne peuvent plus travailler, ils n’ont plus de moyens de subsistance. Ayant rompu leur contrat de parrainage, ils sont également susceptibles d’être jeté en prison à tout moment ».

Plus de 90% des habitants sont étrangers

Au Qatar, un seul syndicat est autorisé et les étrangers en sont exclus. Problème : le Qatar comptait environ 1.450.000 habitants en 2010 dont 90% de citoyens étrangers. Un record mondial.

Pour Nabil Ennasri, auteur de L’énigme du Qatar ces travailleurs immigrés sont victimes d’une ségrégation.

« Certains jours, les week-ends notamment, sont interdits aux immigrés dans les grands centres commerciaux, et ils vivent dans des labour camp en périphérie des grandes villes. »

Le Qatar ne s’est pas adapté à l’explosion du nombre de travailleurs

L’image que renvoient ces camps d’immigrés est un problème pour la monarchie, qui veut apparaître comme un modèle de développement dans la région.

Répondant à l’indignation de la communauté internationale, le gouvernement qatari a récemment fait construire le camp de Barwa El Baraha. Un prototype de ville nouvelle pour quelque 50.000 travailleurs immigrés.

« Mais la question législative et juridique et les conditions d’accueil et de transit des ouvriers ne bougent pas encore, alors que c’est précisément ce que demande la CSI », souligne Nabil Ennasri.

Pour notre analyste, le Qatar ne s’est pas adapté à l’explosion du besoin de travailleurs, ces 15 dernières années :

« L’État est suffisamment centralisé pour assurer ses obligations mais il est trop permissif et trop peu équipé. Il n’y a que 150 inspecteurs du travail pour une population de près de deux millions d’habitants et d’environ 600’000 ouvriers du bâtiment.

Ça devient donc une véritable loterie. Soit le patron respecte ses ouvriers [sic - NdJL], soit il les exploite. »

Le système du kafala

Dans un rapport publié en juin dernier, Human rights watch parle de travailleurs en conditions très précaires. Pour certains cas, « on peut clairement parler d’exploitation », dit Nicholas McGeeghan, fondateur de Mafiwasta, une association de défense des ouvriers dans le Golfe persique :

« Si tous les ouvriers présents au Qatar ne sont pas des travailleurs forcés, il est évident que le système en place permet voire facilite leur exploitation. »

Ce système qu’adorent les entreprises de BTP, c’est le kafala. Méconnu en Occident, il est pourtant l’une des clés de développement des monarchies du Golfe, explique le chercheur Gilles Beaugé :

« Pour s’installer ou travailler, tout étranger dans le Golfe, qu’il soit entrepreneur ou simple ouvrier, a besoin d’un kafil (sponsor) qui est à la fois le garant juridique de sa présence juridique dans le pays et un intermédiaire avec la société locale. »

Ce système permettait à la base de déléguer à la société civile le contrôle et la régulation de l’immigration. Mais le développement à grande vitesse du Qatar et ses voisins ne permet plus cette régulation. Les travailleurs immigrés se retrouvent à la merci de leur employeur, qui joue le rôle du garant, du parrain, et leur permet d’entrer sur le territoire.

Les organisations internationales alertent régulièrement le Qatar sur les dérives du kafala et appellent à son abrogation. Sa réforme, en 2009, n’est pas allée aussi loin qu’ils l’espéraient.

« Le Qatar viole des traités internationaux qu’il a ratifiés »

Pour tous les spécialistes de la région et du droit international interrogés, le Qatar viole le droit international. Nicholas McGeeghan :

« Le Qatar a signé le protocole international contre le trafic d’êtres humains de l’ONU. Il a aussi signé la Convention contre le travail forcé. En ne s’assurant pas de leur respect, le gouvernement qatari viole les traités internationaux qu’il a ratifiés. »

La CSI a discuté à de nombreuses reprises avec les dirigeants qataris. Sharan Burrow a rencontré deux fois le ministre du Travail, à Genève, en juillet dernier, puis lors du sommet climatique des Nations unies, en novembre à Doha. Tim Noonan, son porte-parole : « Le Qatar s’est engagé plusieurs fois à faire évoluer sa loi du travail auprès de Sharan Burrow. Mais il n’ont jamais évoqué clairement la liberté d’association. »

D’autres organisations internationales ayant rencontré les responsables qataris se sont elles aussi vu promettre des avancées sur ce dossier. Mais ces promesses sont restées lettre morte.

Il en va de même de la Fédération internationale de football.

Le 2 décembre 2010, la Fifa attribuait l’organisation de la Coupe du monde de football au Qatar. Une date historique : c’est la première fois qu’un pays arabe sera l’hôte d’une compétition internationale de cette envergure.

Mais si cette Coupe du monde au Qatar a une infime chance d’être annulée, ce sera du fait de l’enquête de l’Américain Michael Garcia sur les conditions de son attribution, pas parce que le droit international du travail est piétiné tous les jours sur les chantiers des stades.

Presse esclavagiste (Aurélien Delfosse, tempsreel.nouvelobs.com, 28 février 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:29

Depuis quelques jours les citoyens français se prennent en pleine tronche la réalité des mystérieux circuits de l’alimentation alors qu’ils sont encore nombreux à se gargariser avec le passé et la réputation du repas à la française transformée en patrimoine immatériel de l’Unesco. Comme s’il était possible (d’être contraints) d’acheter chez Carrefour, Auchan, Intermarché, Findus, Picard ou tous les autres et de manger sain, bon et honnête. Alors, plus la gastronomie est faisandée par la mondialisation et l’industrialisation de l’agriculture comme de l’alimentation, plus les politiques et les personnalités se gargarisent avec cette gastronomie transformée en drapeau identitaire bien déchiré. Mais cette fois, le choc est rude. Et heureusement sanitairement probablement inoffensif.

En septembre 2011, toujours à la recherche d’une idée démagogiquement franchouillarde, Frédéric Lefebvre, alors secrétaire d’État au Commerce et à l’Artisanat, inventa la Fête de la gastronomie. Elle sera à nouveau célébrée en septembre 2013 puisque cette escroquerie morale qui donne la parole à quelques grands chefs médiatiques et aux industriels de la bouffe, a été reprise par Sylvia Pinel, également ministre au Commerce, à l’Artisanat et au tourisme. Mieux, la bonne parole de la malbouffe durera désormais trois jours à la fin septembre. Elle est patronnée et financée par des organismes aussi désintéressés que le Centre d’Études et de Documentation du Sucre dont l’objectif est d’en faire mettre le plus possible dans les desserts industriels, l’Association Nationale des Industries alimentaires dont l’un des membres éminents n’est autre que le Syndicat national des Fabricants de produits surgelés présidé… par le directeur général de Findus. Un mauvais cheval par les temps qui courent…

Autre partenaire de cette grande « fête » de l’esbroufe, le Syndicat national de la Restauration publique dont l’affection pour les nouilles, les frites, le poisson pané et le hachis Parmentier est de notoriété publique. Il faudrait aussi mentionner le Syndicat national de l’Alimentation et de la restauration rapide dont les molles pizzas, les burgers et le sandwiches à la mayonnaise industrielle et aux salades fatiguées sont célèbres dans toute la France. Sans oublier Lesieur et ses huiles incertaines ou Elle et Vire, spécialiste des beurres moulés à la même louche industrielle que ses fromages. De sacrés parrains !

Tous sont actuellement en train de grimper aux créneaux médiatiques pour que, surtout, la bouffe industrielle sous toutes ses formes, ne sorte pas trop dévaluée aux yeux des consommateurs qui avaient encore des illusions. La grande distribution qui retire discrètement de ses bacs un grand nombre de plats préparés aux origines inconnues éprouve les mêmes craintes. Y compris l’angoisse née d’une dernière rumeur qui affole les services de communication : des raviolis, en boites et surgelés, auraient été fourrés avec de la viande de porc sans que le consommateur puisse le savoir sur les étiquettes. Tout simplement parce la viande broyée de cochon est encore moins chère (pour le fabricant) que celle de bœuf ou de cheval. Tout est fait pour ce scandale là n’éclate pas. Alors que nous venons d’apprendre que des saumons d’élevage seront désormais nourris avec de la farine de viande de porcs.

Pour que la sauce médiatique de l’illusion gastronomique prenne tous les jours de l’année, il suffit de pimenter en permanence avec de la poudre de « Grands Chefs » autoproclamés. Ces escrocs qui, loin de leurs restaurants étoilés hors de prix, mitonnent des plats industriels, souvent surgelés, assaisonnés d’un faux savoir-faire qu’ils vendent des fortunes. Ne reste plus ensuite qu’à corser le tout avec la marque France lancée le 30 dernier janvier par Sylvia Pinel pour faire passer la pilule. La malbouffe a donc désormais trouvé son ultime déguisement, elle doit être fran-çai-se !

Voici donc la réalité de cette France gastronomique que l’on nous sert à toutes les sauces de la communication dans les gazettes, la radio et à la télévision et qui vient d’être brutalement ramenée à sa réalité. Histoire de faire oublier les saloperies vendues dans les grandes surfaces avec des noms chatoyant appuyés sur des labels mensongers, des références au « terroir » qui n’est qu’industriel ou patronnés en image avec des religieux ou de « pères Mathieu » folkloriques. La banalisation des étiquettes dissimulant les mensonges permet, quatre exemples entre mille, de vendre du cassoulet avec 15% de viande, du hachis Parmentier surgelé avec 80 % de purée industrielle, du saumon aux pâtes avec 15 % de saumon et des yaourts « aux fruits » qui en contiennent entre 4 et 6% tout en étant aromatisé aux copeaux de bois. Comme certains vins.

La viande roumaine introduite comme un cheval de Troie dans des tonnes de lasagnes, de merguez ou de chili con carne ne nous empoisonnera certainement pas, elle est simplement révélatrice d’une législation française et européenne laxiste et des voies extraordinaires empruntée par la bouffe afin de faire gagner plus d’argent à leurs fabricants. Comme pour les chips, y compris celles que leurs fabricants prétendent faites « à l’ancienne » : les pommes de terre sont récoltées dans le nord de la France ou en Belgique, puis elles partent au Maroc pour se faire éplucher, gagnent ensuite la Turquie pour être finement tranchées avant de revenir en France pour être salées et mises en sachets. Voilà donc une chips française qui peut éventuellement être ensuite vendue au Maroc ou en Turquie une fois emballée. Pour les petits pois, on peut vous raconter le même parcours.

Pour faire du jambon garanti de Bayonne, il suffit de faire venir des carcasses de porcs élevés en batterie en Bretagne ou en Irlande et de les saler dans la région du bassin de l’Adour. Geste ultime qui permet l’utilisation de l’Indication Géographique Protégée. Mais il est évident que le cochon industriel, breton ou autre, sert à aussi à fabriquer de la salaison garantie savoyarde ou auvergnate ; et 80 % de la charcuterie corse est également d’origine industrielle. L’astuce : que le fabricant qui a mis un peu de sel ou de poivre puisse écrire sur l’étiquette « élaboré à » ou « élaboré en », sans autre mention d’origine. Regardez bien les étiquettes : c’est européen, c’est légal. Cela marche pour la plupart des recettes industrielles d’alimentation. Et également avec une partie des fromages produits dans une zone d’appellation protégée ou contrôlée avec des laits venus de loin ; et parfois en poudre. Quand au véritable Camembert de Normandie méritant l’appellation, il ne représente que 5 % du tonnage vendu chaque année. Pour les autres, les industriels jouent sur la forme ou sur l’ambigüité des étiquettes. Comme pour d’autres appellations célèbres arrivées directement d’usines qui, par exemple, ne sont même pas dans les Pyrénées.

Il existe une autre réalité à laquelle les consommateurs sont quotidiennement confrontés dans les gargotes et restaurants qui leur proposent des « produits maisons » alors qu’ils ne servent, dans 80 % des cas, que ce qu’il est convenu d’appeler de la cuisine d’assemblage. Laquelle consiste à mélanger, avant passage au micro-onde, des sachets de viandes, de légumes et de sauces vendus congelés par l’industrie alimentaire. Il faut savoir que la législation permet ce genre d’escroquerie qui fait passer des vessies pour des lanternes et de la bouffe industrielle pour du mitonnage de chef. En effet, il suffit que le chef (disons l’assembleur) ajoute lui-même le sel, un peu de persil ou d’aromates pour que la « chose » devienne par miracle un plat maison. C’est la loi. Ainsi, la célèbre « crème brûlée maison » qui hante les cartes de restaurateurs n’est rien d’autre qu’une crème industrielle aux ingrédients inconnus que le restaurateur aura lui-même saupoudré de sucre pour organiser le brûlage en une minute de gril de four à micro-ondes…

Bon appétit en dégustant vos propres plats et surtout pas les « plats faits comme à la maison » proposés par les industriels de l’alimentation tentant de jouer sur une mode qui commence à éloigner la clientèle qu’ils croyaient captive.

Presse avariée (Claude-Marie Vadrot, Politis.fr, 15 février 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:28

Le géant suédois de l’ameublement Ikea a annoncé mardi qu’il retirait de ses cafétérias dans 23 pays des tartes sur lesquelles les autorités sanitaires chinoises ont trouvé des bactéries généralement témoins d’une contamination fécale.

Ikea a indiqué à l’AFP avoir pris cette décision après la destruction par les douanes chinoises de 1.800 gâteaux appelés “chokladkrokant” (“croquants au chocolat”, une tarte aux amandes avec du chocolat, de la crème au beurre et du caramel) interceptés dans le port de Shanghai en novembre. D’après le quotidien anglophone Shanghai Daily, des tests avaient permis de déterminer qu’ils contenaient “un niveau excessif de bactéries coliformes”.

Ces bactéries, normalement peu dangereuses pour les consommateurs, sont généralement “une indication de contamination fécale, même si ce n’est pas toujours le cas”, a expliqué à l’AFP un microbiologiste de l’autorité de sécurité alimentaire suédoise, Mats Lindblad. Les tartes retirées ont été fabriquées par un fournisseur suédois, Almondy.

Une porte-parole d’Ikea, Ylva Magnusson, a souligné que le niveau de concentration de ces bactéries ne posait pas de danger grave pour la santé publique. “Il y a des indications selon lesquelles les niveaux de bactéries découverts sont bas mais nous devons évidemment connaître le chiffre exact, et savoir ce qui s’est passé”, a-t-elle déclaré.

Fin février et début mars, Ikea avait retiré de la vente dans 25 pays des boulettes de viande, après la découverte de viande de cheval qui n’était pas mentionnée sur l’étiquette. L’alimentation a représenté lors de l’exercice 2011-2012 (achevé fin août) 4,7% du chiffre d’affaires d’Ikea, avec des ventes de 1,3 milliard d’euros.

Presse coprophage (Agence Faut Payer, 5 mars 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:03

Coup de filet contre le trafic d’otages érythréens en Égypte

Deux hommes et une femme ont été incarcérés en Suède, dans une affaire de chantage au meurtre visant un réfugié érythréen retenu en otage en Égypte. C’est une première dans le monde depuis l’apparition des prises d’otages collectives d’Érythréens dans le désert du Sinaï il y a quelques années. Et le début d’une enquête qui pourrait remonter jusqu’à la hiérarchie militaire érythréenne.

Disons que le garçon s’appelait Yonas. Sa véritable identité ne doit pas être révélée, sa famille ignorant ce qui est advenu de lui. Il avait dix-neuf ans et comme des milliers de jeunes Érythréens, chaque année depuis dix ans, il avait fui son pays à pied début 2012, espérant échapper à la dictature du président Issayas Afeworki.

Kidnappé dès son arrivée au Soudan, il avait été livré avec neuf autres otages à « Abou Sultan », le chef de l’une des familles mafieuses qui sévissent dans le désert du Sinaï, en Égypte. Détenu pendant près d’un an, il est mort fin janvier après deux jours de crucifixion — la punition ultime infligée à leurs prisonniers par les gangsters bédouins qui règnent en maîtres sur la région. Jamais il n’est parvenu à réunir les 33’000 dollars exigés par ses kidnappeurs pour sa libération.

« On l’a décroché et il a expiré. Un réfugié qui était incarcéré avec lui me l’a annoncé il y a deux semaines. Lui était le seul survivant du groupe de dix », raconte à RFI la journaliste érythréenne Meron Estefanos, qui était en contact téléphonique avec lui, depuis la Suède où elle vit.

Trois arrestations en Suède

Depuis cinq ans qu’elle est en contact quotidien avec les fugitifs de son pays natal, Meron Estefanos avait fini par croire que « tout le monde se fiche des Érythréens et de ce qu’ils endurent ». Cette fois, après le martyre de Yonas, c’est différent. Deux hommes et une femme ont été arrêtés le 20 février à Solna, une banlieue de Stockholm. Ils étaient les intermédiaires à qui Meron, que Yonas avait fait passer pour sa cousine, devait remettre l’argent de la rançon. Selon le procureur en chef Krister Petersson, ils ont été inculpés « d’extorsion » et de « conspiration en vue de commettre un assassinat ».

L’enquête de la police suédoise a duré plusieurs semaines, comptant sur la discrétion de Meron Estefanos. « Les complices des kidnappeurs m’envoyaient des textos plusieurs fois par jour, raconte-t-elle à RFI. Ils se faisaient de plus en plus menaçants. J’ai eu beau insister auprès d’eux, à partir du 24 janvier, je n’ai plus eu de contact avec Yonas. Je savais que la police écoutait, mais que quelque chose de terrible lui était arrivé. » Épuisé par les sévices, il avait fait croire que sa « cousine » avait collecté la rançon, pour gagner du temps.

Un réseau haut placé

Le procureur a affirmé que de nombreux cas similaires ont été signalés en Suède ces dernières années. Pourtant, au sein de la diaspora, étroitement surveillée par les puissantes ambassades d’Érythrée et leurs réseaux de mouchards, il est rare que les familles se plaignent. Incarcérations, expulsions, enrôlements de force dans l’armée, menaces : les représailles contre les parents restés au pays sont systématiques.

D’autant que la complicité de hauts gradés de l’armée érythréenne dans ce trafic sont probables. Dans son dernier rapport, en juillet 2012, le Monitoring Group de l’ONU sur la Somalie a d’ailleurs désigné le général Tekle Kiflai « Manjus », commandant des gardes-frontière, comme l’un des bénéficiaires de ce business lucratif. L’agence de presse suédoise TT cite même le cas de sept familles résidant en Suède, ayant dû payer 7000 dollars à « un officier supérieur de l’armée érythréenne » l’année dernière. Le militaire menaçait de vendre ses otages à des trafiquants au Soudan si les rançons n’étaient pas payées dans les 24 heures.

En effet, l’histoire de Yonas n’est pas unique. Sur les 1000 à 3000 Érythréens qui parviennent à passer clandestinement la frontière chaque mois, selon le Haut Commissariat aux réfugiés des Nations unies (UNHCR), nombreux sont ceux qui sont capturés par des soldats soudanais avant d’avoir pu atteindre le camp de Shegerab, près de Kassala. Les évadés sont alors vendus à des bandes criminelles issues de la communauté Rachaïda, qui les revendent à leur tour à leurs « cousins » bédouins du Sinaï. La livraison des otages est assurée jusqu’en Égypte dans des camions transportant également toutes sortes de contrebande, notamment des armes à destination de la bande de Gaza.

Chambres de torture

Une fois incarcérés dans les villas du Sinaï, les otages sont torturés pendant qu’ils appellent leurs familles et les supplient de réunir l’argent exigé. « Chaque gang a sa méthode, explique Meron Estefanos. On coule du plastique fondu sur leur dos, puis on les oblige à rester debout contre un mur pour que leurs plaies s’infectent. Ou bien on les électrocute, on les viole ou on les force à se violer entre eux. » Selon les témoignages qu’elle a collecté, les villas où sont détenus les Érythréens ont d’ailleurs été construites dans le seul but de servir de camp de torture. Des anneaux pour accrocher les chaînes et des arceaux pour pendre les détenus sont moulés à même le béton des chambres d’incarcération.

Chaque clan a son réseau de « collecteurs » de rançons. L’argent est versé soit en liquide, soit par Western Union. Les numéros de téléphone des intermédiaires sont suisses, suédois, britanniques, israéliens, égyptiens, ou proviennent de la bande de Gaza et même d’Érythrée. Il faut alors livrer un sac plein d’argent, en plein jour, à Asmara, au cœur de la capitale d’un régime contrôlant pourtant tous les aspects de la vie des citoyens qui ne l’ont pas encore fui.

Presse esclavagiste (Léonard Vincent, RFI, 27 février 2013)

Plus d’informations sur l’Érythrée, en français, sur le blog d’information de Léonard Vincent

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
3 mars 2013 7 03 /03 /mars /2013 15:02

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/06.jpg

(…) ce mercredi 27 février (…) le débat à l’Assemblée sur la reconstruction et le développement du Mali. (…) Les uns après les autres, les représentants des différents groupes parlementaires se sont succédés à la tribune pour célébrer le professionnalisme de l’armée française et assurer le gouvernement de leur soutien. (…)

Publié par des professionnels du débat (Sarah Halifa-Legrand, Nouvelobs.com, 27 février 2013 – illustration : LCP.fr)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 13:07

USA : étiquetage erroné des poissons

Les poissons sont fréquemment vendus dans les magasins d’alimentation et les restaurants aux États-Unis avec un étiquetage erroné [sic - NdJL], selon une étude étendue menée par l’ONG américaine Oceana publiée aujourd’hui. Une analyse ADN de 1.215 échantillons de poisson collectés dans 674 points de vente dans 21 États a révélé que 33% avaient un mauvais étiquetage selon la charte des espèces établie par l’Agence américaine des produits alimentaires et des médicaments (FDA).

Alors que 44% de tous les lieux de vente visités par les enquêteurs de cette organisation vendaient des poissons mal étiquetés, les restaurants de sushi avaient le taux d’erreurs le plus élevé sur leur carte (74%), suivi par d’autres restaurants (38%) et les magasins d’alimentation (18%). “Acheter du poisson est devenu un jeu de devinette pour les consommateurs américains”, a commenté Beth Lowell, une responsable de Oceana.

“Que vous viviez en Floride ou au Kansas, personne n’est à l’abri de fraude en achetant du poisson”, a-t-elle ajouté, jugeant qu’il faudrait “traquer les poissons du bateau de pêche jusqu’à la table du consommateur pour pouvoir être sûrs qu’ils sont sans danger, légaux et portent une étiquette les décrivant de façon exacte”.

“Outre le fait d’être trompés, un grand nombre de consommateurs se voient nier le droit de choisir un poisson basé sur un souci de santé ou de préservation” pour des espèces menacées, déplore le Dr Kimberly Warner, un scientifique d’Oceana, le principal auteur de cette recherche. Les poissons les plus péchés, le thon et le rouget, sont aussi les plus mal étiquetés partout aux États-Unis : ainsi, seulement sept des 120 rougets collectés dans l’ensemble du pays pour une analyse ADN étaient vraiment du rouget, révèle l’étude. Entre un cinquième et un tiers des morues, des flétans et des bars chiliens avaient un étiquetage erroné, précisent aussi les chercheurs.

Quelque 84% des échantillons de thon blanc prélevés pour cette enquête était en fait de l’escolar, une espèce de poisson pouvant provoquer de graves troubles digestifs. De plus des poissons que la FDA déconseillent aux femmes enceintes et aux enfants en raison de leur teneur élevée en mercure, comme le bar, ont été vendus à des clients à New York sous d’autres noms. Des poissons d’élevage moins chers ont remplacé dans certains points de vente des poissons sauvages beaucoup plus coûteux comme du pangasius vendu pour du mérou, de la sole ou de la morue.

Le tilapia est aussi offert pour du rouget ou du saumon d’élevage comme l’équivalent sauvage ou du saumon chinook. Des poissons menacés ou vulnérables sont aussi vendus sous d’autres noms d’espèces.

Presse falsifiée (Agence Faut Payer, 21 février 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 11:11

C’est une phrase qui a le mérite de la clarté : « La CRE prévoit une augmentation sensible des prix de l’électricité pour tous les consommateurs dans les cinq prochaines années ». Dans un rapport publié lundi, la Commission de Régulation de l’Énergie, l’autorité administrative indépendante chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés de l’électricité et du gaz en France, table sur une progression de 30 % des tarifs réglementés d’EDF de 2012 à 2017. L’explication ? L’essor des énergies renouvelables et des investissements dans les réseaux à financer.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/23.jpeg

Manifestation contre les factures élevées de l’électricité, le 17 février 2013 à Sofia, en Bulgarie

La nouvelle n’est pas une surprise. Il y a un an, la CRE tablait déjà sur une hausse de 30 % des prix du courant de début 2012 à fin 2016. Lundi, en actualisant ses prévisions pour la période allant de mi-2012 à mi-2017, elle aboutit aux mêmes conclusions.

La CRE explique s’attendre à une hausse moyenne de 30,1% des factures d’électricité pour les clients au tarif dit bleu, réservé aux particuliers proposé par EDF et une poignée de fournisseurs historiques locaux.

Une hausse moindre pour les gros consommateurs

Cette forte hausse « sera due pour plus du tiers à l’augmentation de la CSPE (contribution au service public de l’électricité, taxe qui finance entre autres l’énergie solaire et éolienne), laquelle s’explique pour l’essentiel par le développement des énergies renouvelables », prévient la CRE. « Pour les autres clients, ayant une consommation supérieure, les hausses de prix seront moindres : 23,7 % pour les clients au tarif jaune et 16 % pour les clients au tarif vert », poursuit la Commission.

Le gouvernement s’est engagé le mois dernier à résorber d’ici à 5 ans une ardoise de près de 5 milliards d’euros liée à l’essor des énergies renouvelables, qui s’était accumulée depuis plusieurs années dans les comptes d’EDF, via des augmentations progressives de la CSPE. La CRE a basé ses calculs sur l’hypothèse d’une hausse de la CSPE qui resterait plafonnée à 3 euros par an, comme c’est actuellement le cas. Aujourd’hui, cette taxe représente environ 70 €  par an et par foyer.

12 milliards d’investissements à financer cette année

En outre, la CRE anticipe une inflation de 2% par an, un prix de marché de l’électricité supérieur d’un point à l’inflation et une hausse équivalente à l’inflation de l’Arenh (mécanisme qui oblige EDF à revendre à ses concurrents un quart de sa production d’électricité nucléaire, à un prix régulé), dont les règles d’évolution doivent être revues cette année.

La CRE anticipe aussi des hausses bien supérieures à l’inflation du tarif d’accès au réseau électrique (ou Turpe), se basant sur les niveaux demandés par les gestionnaires de réseaux RTE et ERDF, engagés dans de lourds programmes de renouvellement et de développement des lignes électriques.

La semaine dernière, EDF avait de nouveau défendu des hausses de tarifs « raisonnées », tenant compte des problèmes de pouvoir d’achat et de compétitivité, pour couvrir ses énormes investissements maintenus à 12 milliards d’euros cette année.

Leur presse (LeParisien.fr avec l’Agence Faut Payer, 18 février 2013)

 

Bulgarie/électricité : les manifestations se poursuivent

Sofia – Les manifestations en Bulgarie contre les grands groupes du secteur de l’électricité, lesquelles avaient rassemblé des dizaines de milliers de participants dimanche, se sont poursuivies lundi à une moindre échelle, avec des slogans anti-gouvernementaux.

À Sofia, environ 2.000 manifestants ont défilé en centre-ville, se félicitant du limogeage lundi du ministre des Finances, Simeon Djankov. Ils scandaient Mafia, Démission, Djankov est parti, c’est le tour de Boïko Borissov, le Premier ministre conservateur. Les manifestants ont jeté des pierres et des bouteilles sur le Parlement, cassant des vitres. Un manifestant a été blessé et au moins quatre personnes ont été interpellées, selon la police.

Des manifestations se sont tenues également dans une dizaine d’autres villes dont Varna (est), Blagoevgrad (sud-ouest) et Plovdiv (sud).

Les factures d’électricité de janvier, dont le montant a plus que doublé par rapport à celles de décembre, avaient déclenché ces protestations quotidiennes dans tout le pays qui durent depuis neuf jours.

Leur presse (Agence Faut Payer, 18 février 2013)

 

(…) Le gouvernement avait limogé fin janvier le président de la Commission d’État de régulation de l’énergie (DKEVR) Anguel Semerdjiev. Uliana Ivanova, qui lui avait succédé, a démissionné dimanche, prise dans un scandale de vente illégale de cigarettes sur un site internet où elle détenait des parts.

(…) au lendemain de manifestations qui ont réuni des dizaines de milliers de citoyens dans tout le pays contre les factures élevées d’électricité reçues à la fin janvier, alors que le gouvernement tarde à libéraliser le marché de l’énergie.

Ce sont les premières protestations massives spontanées, non organisées par des partis, depuis la fin du communisme en Bulgarie.

Le risque de voir ces manifestations dégénérer “en violence incontrôlable” est important, selon plusieurs politologues, alors que des incidents entre manifestants et policiers à Sofia ont éclaté en cours de défilé.

Les manifestants ont réclamé une “nationalisation” des trois entreprises de distribution d’énergie qui se partagent le territoire bulgare : l’autrichienne EVN et les tchèques CEZ et Enero Pro, une idée à laquelle M. Djankov s’est fermement opposé. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer via Liberation.fr, 18 février 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:39

EXCLU – Les associations caritatives en appellent à la grande distribution pour éviter le gâchis.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/241.jpg

Dans un supermarché alsacien, des lasagnes, des moussakas et des cannellonis à la bolognaise sont retirés des rayons surgelés.

Que vont devenir les plats préparés suspectés de contenir de la viande de cheval ? Depuis qu’a éclaté le scandale des lasagnes bolognaises en Grande-Bretagne, une douzaine de produits ont été retirés des rayons surgelés et conservés au congélateur, le temps que les enquêteurs français identifient les responsables de la tromperie. Les associations caritatives, elles, ont aussitôt réagi pour éviter un gâchis.

Mercredi, le Secours populaire, les Restos du cœur et la Banque alimentaire se sont réunis pour en discuter. Ils sont tombés d’accord : s’il n’y a pas de risque pour la santé et si on connaît la traçabilité de la viande, ils sont d’accord pour distribuer ces produits aux familles qui en ont besoin. Quatre millions de personnes vivent en effet aujourd’hui avec l’aide alimentaire en France.

“On dit bravo et merci !”

“Il ne faut surtout pas les jeter”, a demandé Jean-Louis Callens, secrétaire départemental du Secours populaire dans le Nord interrogé sur Europe 1. “On prend ! Si la sécurité est assurée, on dit bravo et merci !” “J’ai interrogé les gens qui viennent chercher de l’aide alimentaire. Je leur ai demandé : ‘Si l’on vous donne des lasagnes au cheval, vous les prenez ?’ Ils disent ‘bien sûr’, y compris ceux qui ne mangent pas de porc.”

Cela peut ensuite aller très vite : “Il suffit d’ajouter une étiquette avec une inscription qui précise que le produit contient du cheval”, soulignent certaines associations. Jean-Louis Callens a décidé d’appeler dès jeudi la grande distribution et de prendre des contacts avec les producteurs pour leur demander de lui confier leurs stocks. Pour l’instant, pas de réponse de la grande distribution qui préfère attendre la fin de l’enquête. Contactés par Europe 1, certains supermarchés ont toutefois confiés à Europe 1 qu’ils feraient en sorte de ne pas détruire ces stocks.

Presse swiftienne (Sophie Amsili & Laure Dautriche, Europe1.fr, 14 février 2013)

 

Chypre : 16 t. de steaks hachés détruits

Les autorités chypriotes ont annoncé aujourd’hui qu’un supermarché local avait détruit par mesure de précaution 16 tonnes de steaks hachés, de crainte qu’ils ne contiennent de la viande chevaline.

L’inspecteur de la Santé Christos Christou a déclaré à la radio publique que 16,5 tonnes de steaks hachés avaient été détruites en janvier par décision d’une chaîne de supermarchés dès que le scandale a éclaté en Irlande.

Selon lui, les autorités ont en outre saisi des steaks hachés sur le marché en attendant d’obtenir une preuve documentée des compagnies concernées montrant que la viande était “propre”.

Mais les autorités chypriotes ont affirmé qu’”il n’y a aucune présence de viande de cheval dans la chaîne alimentaire à Chypre” et que des tests étaient toujours en cours pour s’assurer que tous les produits à base de viande sont sans danger.

Presse falsifiée (Agence Faut Payer, 14 février 2013)

 

Trois carcasses de cheval provenant d’abattoirs britanniques et contenant des traces de phenylbutazone, un antidouleur potentiellement nocif pour la santé humaine, ont été envoyées en France, a indiqué aujourd’hui le ministre britannique de l’Agriculture David Heath. (…)

Presse falsifiée (LeFigaro.fr avec l’Agence Faut Payer, 14 février 2013)

 

(…) Outre le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, des traces de viande chevaline ont également été retrouvées en Norvège et en Suisse. (…)

Presse falsifiée (Challenges.fr, 14 février 2013)

 

(…) Parallèlement, mis à part l’entreprise française Spanghero, deux entreprises dirigées par des Néerlandais apparaissent au centre du scandale. Draap Trading LTD (Draap, c’est paard à l’envers : cheval, en néerlandais) est enregistrée à Malte, dans la ville de Limassol (numéro du registre 565528090). Jan Fasen, son patron, est un Néerlandais vivant en Belgique. L’autre société se nomme Meat Trading. Elle a été fondée aux Pays-Bas par Hans Windmeijer. En janvier 2012, ces deux hommes ont été condamnés pour fraude aux Pays-Bas. Entre 2007 et 2009, ils avaient vendu de la viande de cheval argentine, qu’ils faisaient passer pour du bœuf halal, faisant 3,8 millions d’euros de bénéfice. Fasen a écopé d’un an de prison ; trois mois avec sursis et 160 heures de travaux d’intérêt général pour Windmeijer. (…)

Presse falsifiée (LePoint.fr, 14 février 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 16:22

Un chômeur en fin de droits s'est donné la mort, mercredi 13 février, en s'immolant par le feu devant une agence Pôle emploi à Nantes. (MAXPPP/OUEST FRANCE/Franck Dubray)

Un chômeur en fin de droits s'est donné la mort, mercredi 13 février, en s'immolant par le feu devant une agence Pôle emploi à Nantes. (MAXPPP/OUEST FRANCE/Franck Dubray)
SUR LE MÊME SUJET

Les mails publiés sur le site de Presse Océan sont poignants. "Aujourd'hui, c'est le grand jour pour moi car je vais me brûler àPôle emploi. J'ai travaillé 720 h et la loi, c'est 610 h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier". Mardi 12 février, 10h12. Suivi de ce courriel transmis au journal à 12h55 : "Je suis allé à Pôle emploi avec 5 litres d'essence pour me brûler, mais c'est fermé le 12/02/2013 ; alors ça sera demain le 13 ou le 14, car ce serait vraiment préférable au sein de Pôle emploi merci".

"On a posté trois agents"

Mercredi 13 à midi, l’expéditeur de ces mails, appelons le H, s’est effectivement immolé par le feu devant l’agence Pôle Emploi de Nantes. "Tout est parti d’un courrier qu’il a reçu vendredi 8 février de Pôle Emploi lui signifiant qu’il était en fin de droits", explique Philippe Cussac, directeur départemental de la sécurité publique, à Nantes. H était ensuite revenu lundi à l’agence pour protester. Mardi encore à 10h, l’agence étant fermée, il a rappelé et laissé des messages. Expliqué qu’il avait pris des médicaments et qu’il voulait se suicider.

Pôle Emploi avait prévenu les sapeurs pompiers qui avaient débarqué chez H. Fausse alerte : l’homme n’avait pas donné suite à son geste. H. envoie ensuite des courriels aux médias locaux.

Veut-il juste attirer l’attention ? La police prend en tout cas ces signaux très au sérieux. "Mercredi à 8 heures du matin, on l’a appelé sur son portable, mais il ne répondait pas. On est ensuite allé chez lui, mais nous avons tambouriné à sa porte, il n’y avait l’air d’avoir personne" poursuit Philippe Cussac. "Comme il avait bien spécifié qu’il voulait s’immoler à l’intérieur de l’agence, on a posté trois agents. Un à l’intérieur, un sur le parvis, un à la porte".

"Un profil sans histoire"

 Malgré tout ce dispositif de vigilance, sur le coup de midi, les fonctionnaires de police voient débarquer un homme, les bras levés, en feu, déboulant d’une rue adjacente. Quand H arrive devant la porte de Pôle Emploi, embrasé, il est déjà presque mort. Les secours n’arriveront pas à le ranimer. Selon la police, H avait pris le bus pour arriver à Pôle emploi. A 80 mètres de l’agence, près de l’abribus, un sac plastique a été retrouvé. Il contenait une bouteille en plastique d’eau de Javel, vidée, qui contenait vraisemblablement l’essence, et un briquet.

H, 43 ans, était marié. "Il était inconnu des services de police, un profil sans histoire". Pôle Emploi lui avait trouvé par le passé un stage de chaudronnerie. Sa femme, sous le choc, a été auditionnée par la police. Selon elle, le couple connaissait de gros problèmes financiers.

Doan Bui 

tiré du  Nouvel Observateur 

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
13 février 2013 3 13 /02 /février /2013 11:28

EDF et le nucléaire : Proglio patron voyou ?

Le patron d’EDF menacé de poursuites pénales pour “travail dissimulé” dans les centrales nucléaires.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/039.jpg

Avec d’abord l’histoire ordinaire d’un travailleur du nucléaire…

On va l’appeler Éric. Son histoire est racontée par le Canard Enchaîné. Deux jours après avoir appris qu’il était atteint d’un lymphome, une forme de cancer, il est licencié par son employeur, un sous-traitant d’EDF, qui l’envoyait travailler dans les réacteurs nucléaires un peu partout en France, au gré des contrats.

Éric a un défaut : il est consciencieux. À force d’attirer l’attention sur des dysfonctionnements et des défauts de maintenance qui lui semblent inquiétants sur les sites nucléaires, au lieu d’être écouté, il est viré.

Il a un cancer, mais pas de chance, son ex-employeur a “perdu” — perdu entre-guillemets — son dosimètre, cet appareil qui mesure tout au long de sa carrière la somme des radiations subies par un ouvrier du nucléaire. C’est vraiment malheureux, et ce n’est pas si rare selon le Canard, malheureux, car faute de dosimètre, impossible d’évaluer exactement la prise de risque du salarié, et le lien éventuel avec son cancer.

Une histoire ordinaire, elle illustre une situation qui irait bien au-delà du cas de cet ouvrier du nucléaire…

“Proglio accusé d’être un patron voyou” titre le Canard Enchaîné. Explication : le 24 janvier, Henri Proglio, le PDG d’EDF, reçoit un courrier de l’ASN. Dans ce courrier, l’Autorité de sûreté nucléaire menace l’électricien en chef de poursuites pénales pour sa gestion du personnel dans les centrales nucléaires. Il est accusé dans cette lettre de “prêt de main d’œuvre à but lucratif” et de “travail dissimulé”. Comme n’importe quel margoulin du BTP souligne encore le Canard.

Officiellement, EDF parle de “sous-traitance”. Courrier de l’ASN à l’appui, le Canardtraduit en langage courant : “combine”.  Une combine simple : des entreprises complaisantes mettent à disposition d’EDF leurs personnels, employés par EDF sans le statut maison. Adieu les bons salaires, l’ancienneté, les primes et les avantages variés.

Le Canard précise encore que dans ses bilans financiers, EDF classe ce personnel sous la rubrique “Fourniture”, au même titre qu’une vulgaire prise électrique.

Des fournitures au bord de la crise de nerfs : face aux cadences et au stress du travail en milieu nucléaire, le risque d’épuisement psychologique guette dans les centrales toujours selon le Canard. D’ailleurs le comité d’hygiène et de sécurité a tiré le signal d’alarme tout récemment en déposant un “droit d’alerte pour danger grave et imminent”.

De son côté, l’Autorité de sûreté nucléaire demande à EDF de mettre de l’ordre dans ses centrales en “ré-internalisant” des missions confiées à de faux sous-traitants.

La justice aura de toute façon son mot à dire : l’ASN a transmis ses procès-verbaux aux procureurs de Cherbourg, Dieppe et Rouen. En théorie, pour manquements au droit du travail, EDF risque 250’000 euros d’amende et son PDG 3 ans de prison. En théorie…

Presse esclavagiste (Jean-Christophe Martin, FranceInfo.fr, 13 février 2013)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME

A L’assaut Du Ciel!

  • : coutoentrelesdents
  • : Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent.
  • Contact

?

Celui Qui Ne Connaît Pas L'histoire Est Condamné À La Revivre.