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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 13:21

Au-delà du cheval : des produits d’équarrissage dans les plats cuisinés ?

Comment produire une viande de qualité pour des produits industriels vendus 1,60 euro la barquette ? Le docteur Chevallier tire la sonnette d’alarme.

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Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Stéphane Le Foll a affirmé que tout cela n’était pas acceptable : “Il faut faire respecter une chose simple, ce qu’on inscrit sur une étiquette doit être conforme à ce qu’il y a dans le produit. (…) Il doit y avoir correspondance entre le contenant et le contenu.”

Les Anglais ont été trompés sur la marchandise avec l’affaire des lasagnes à la viande de cheval étiquetée comme étant du bœuf. Soit. La viande de cheval, si elle peut être parasitée par la trichinose, est moins grasse et plus saine que la viande de bœuf, d’autant que la qualité d’une viande est fortement dépendante de ce que consomment les animaux. Dans ce domaine, les chevaux sont plutôt mieux nourris que les bovins et les porcs des élevages intensifs industriels. Donc, même si l’hippophagie n’est pas prisée outre-Manche, nos amis anglais ne risquent rien a priori, sauf si…

Car on s’aperçoit tout simplement que les contrôles qualité de l’entreprise (de nombreuses autres doivent être dans le même cas) et des organismes officiels ont été plus que défaillants en étant incapables de détecter la différence entre la viande de cheval et celle de bœuf, à moins qu’il n’y ait tout simplement pas de contrôle ! Depuis combien de temps ces pratiques existent-elles ? Ces dysfonctionnements n’ouvrent-ils donc pas la voie à bien d’autres interrogations ? Analysons par exemple le coût d’une boîte de raviolis (fourchette haute) de 1,60 euro pour 400 grammes de composé “pur bœuf”.

Sur quoi fait-on des économies ?

Comment arriver à ce prix qui comprend la fabrication de la boîte, l’impression des étiquettes, la confection du plat composé à base de pâtes, de bœuf (attention, la mention “à base de bœuf” indique qu’il y a bien d’autres composés), de sauce tomate, de condiments, d’additifs ?… Puis, n’oublions pas le transport des boîtes, la marge du vendeur. Au-delà des frais fixes, sur quelle partie peut-on faire des économies ? Sur la qualité du contenu ! Ainsi a-t-on dans cette boîte une viande pour un coût forcément inférieur à 0,40 euro les 100 grammes.

L’exemple donné peut être étendu à de nombreux plats confectionnés : poulet basquaise, hachis parmentier, à la fois en conserve ou surgelé… Cette viande est issue de pays à bas coût de main-d’œuvre : est-il simplement possible économiquement de produire en conservant un minimum de qualité ? Il y a tout de même des limites en dessous desquelles il n’est plus possible de fournir, sauf peut-être en ajoutant, au-delà des plus bas morceaux (tendons…), des produits d’équarrissage.

Les rendre “comestibles” est fort simple, la cuisson, l’adjonction de divers composés chimiques peuvent les rendre plus “sains”, et la simple irradiation (largement pratiquée dans certains pays) détruit les micro-organismes. La viande ainsi traitée devient “consommable” sans risque sur le plan bactériologique. Il faudrait que les organismes privés et publics disent clairement comment sont effectués leurs contrôles, notamment vis-à-vis des pratiques possibles d’irradiation non déclarées.

L’Union préconise… l’autocontrôle des industriels !

Le scandale ne fait que commencer et il faut souligner le fait que l’Europe accepte un laisser-faire surprenant dans la mesure où elle n’a pas réussi à imposer une vraie traçabilité des produits alimentaires dans les plats composés. La mention de l’origine du pays des divers ingrédients n’est même pas obligatoire grâce, entre autres, au lobby intense des industriels, alors même que l’alimentation industrielle tend vers une industrie d’assemblage. Quant à la Commission européenne, elle est favorable à plus d’autocontrôle de la part des industriels ! Avec certainement parmi les arguments, peut-être soufflés par les lobbyistes, qu’il faut soulager les autorités sur le plan financier. Or, c’est bien par le contrôle des autorités luxembourgeoises puis anglaises que la supercherie a été détectée concernant l’étiquetage trompeur.

Le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Stéphane Le Foll a affirmé que tout cela n’était pas acceptable : “Il faut faire respecter une chose simple, ce qu’on inscrit sur une étiquette doit être conforme à ce qu’il y a dans le produit. (…) Il doit y avoir correspondance entre le contenant et le contenu.” Le contenant, c’est la boîte, et le contenu, ce qu’il y a dedans. Or, M. Le Foll n’est pas sans savoir que l’on ignore la composition d’un grand nombre de produits alimentaires consommés par des millions de gens au nom du “secret” industriel, certains revendiquant même cet aspect sur le plan marketing.

Le soupçon concernant la présence de viandes issues de l’équarrissage existe, reste aux organismes de contrôle nationaux et européens à infirmer ou confirmer cette hypothèse. Si le ministre de l’Agriculture veut réellement passer aux actes, nous l’y aiderons.

Presse empoisonneuse (Dr Laurent Chevallier, LePoint.fr, 10-11 février 2013)

 

Scandale alimentaire
Viandes et carcasses de chevaux recyclés en hamburgers et en lasagnes

Nouveau scandale alimentaire : des lasagnes et plats de spaghettis vendus sous la marque Findus au Royaume-Uni contenaient entre 60 et 100 % de viande de cheval, au lieu de bœuf.

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L’agence sanitaire – l’Agence des standards alimentaires (Food Standards Agency, FSA) – estime qu’il s’agit « très probablement » d’une fraude délibérée ou d’un acte criminel, et non d’une « erreur d’étiquetage » accidentelle comme l’annonce l’entreprise agroalimentaire. « Nous n’avons pas de preuve qui laisserait penser que cette nourriture présente des risques pour la santé », précise la FSA. Des tests sont en cours pour identifier la présence éventuelle de phenylbutazone, un médicament vétérinaire anti-inflammatoire utilisé dans l’élevage équin, interdit à la consommation du fait de risques pour la santé humaine.

L’agence de sécurité alimentaire a demandé aux entreprises britanniques de tester dans les prochains jours tous leurs produits à base de bœuf. Car les scandales se succèdent : mi-janvier, des traces d’ADN de cheval sont retrouvées dans des hamburgers britanniques et irlandais. Qui contenaient jusqu’à un tiers de viande équine. Fin janvier, c’est au tour de l’enseigne Burger King d’admettre que certains de ses hamburgers contiennent des traces d’ADN de cheval. Plus inquiétant encore : l’ADN de cheval découvert dans les hamburgers vendus par les supermarchés Tesco provient, selon The Guardian, de poudres de concentrés de protéines, issues de carcasses de chevaux et ajoutées à la viande, en provenance notamment d’Espagne ou des Pays-Bas.

Cette fois, les produits Findus incriminés sont fournis par l’entreprise française Comigel, qui a lancé l’alerte à cause d’un doute sur la « conformité » (sic) de ses produits. L’entreprise Comigel, basée en Lorraine, est notamment fournisseur de Picard, Auchan et Cora. Un quart de sa production est destinée aux écoles, hôpitaux ou maisons de retraite. Le groupe Findus, numéro un français des produits surgelés salés, s’est quant à lui récemment lancé dans une opération de relocalisation de sa production en France. L’ex-actionnaire majoritaire de Findus, Lion Capital, a cédé le contrôle du groupe à des « prêteurs secondaires », la banque JP Morgan et le fonds d’investissement High Bridge, qui lui ont permis d’effacer une dette de 522 millions d’euros. Pas sûr que l’implication de ces acteurs financiers dans les produits surgelés permettra d’éviter de futurs scandales sanitaires…

Agnès Rousseaux, Basta !, 8 février 2013

 

Findus : soupçons d’une fraude à plus grande échelle

INFOGRAPHIE – Retraits de surgelés dans les rayons, réunions de crise et plaintes croisées : les lasagnes à la viande de cheval provoquent un scandale européen.

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Les enseignes de la grande distribution ont indiqué avoir fait retirer de leurs rayons (ici un magasin à Wittelsheim, en Alsace) les produits concernés par l’affaire de la viande de cheval.

Le « horsegate », arrivé par la Grande-Bretagne, prend de l’ampleur. Le scandale des lasagnes à la viande de cheval censées contenir du bœuf gagne du terrain. Depuis dimanche, la liste des plats surgelés suspects s’est allongée. Tout comme le nombre d’enseignes de la grande distribution qui ont annoncé le retrait de produits de leurs rayons. Dans un climat de psychose naissante, chaque protagoniste se défausse de toute responsabilité. Tromperie ou fraude organisée à grande échelle, l’affaire alerte sur les difficultés de la traçabilité des produits qui atterrissent dans nos assiettes.

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Frères très chers, / Je vous ai convoqués à ce consistoire non seulement pour les trois canonisations, mais également pour vous communiquer une décision de grande importance pour la vie de l’Église. Après avoir examiné ma conscience devant Dieu, à diverses reprises, je suis parvenu à la certitude que mes forces, en raison de l’avancement de mon âge, ne sont plus aptes à exercer adéquatement le ministère pétrinien. Je suis bien conscient que ce ministère, de par son essence spirituelle, doit être accompli non seulement par les œuvres et par la parole, mais aussi, et pas moins, par la souffrance et par la prière. (…)

• Une longue liste de produits

En France, des lasagnes, cannellonis, spaghettis bolognaise, moussakas ou hachis parmentier ont été retirés de la vente dans six grandes enseignes. Ce retrait, annoncé dimanche, concernerait des produits Findus et, à environ 90 %, d’autres marques de distributeurs (Auchan, Casino, Carrefour, Système U, Cora, Monoprix, Picard). Les produits ont été enlevés « du fait d’une non-conformité d’étiquetage quant à la nature de la viande », a précisé la Fédération du commerce et de la distribution (FCD).

Les groupes Leclerc et Intermarché ont sorti les produits Findus concernés dès vendredi. L’extension du phénomène était prévisible, car l’entreprise française Comigel, qui préparait les plats cuisinés en cause, commercialise ses produits dans seize pays européens. Les produits Findus réintégreront les rayons en début de semaine après des tests ADN.

• Un circuit propice à la fraude

Les plats surgelés comme ceux de Findus sont préparés par l’entreprise Comigel, qui se fournit en viande auprès de la société française Spanghero. Cette dernière est accusée par Findus de ne pas s’être assurée de la qualité du produit. Spanghero et sa maison mère Pujol sont passés par l’intermédiaire d’un trader chypriote qui avait lui-même sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas.

Le ministre délégué à la Consommation, Benoît Hamon, a dénoncé une architecture qui « relève avant tout d’une logique financière qui aurait rapporté plus de 300.000 euros ». Une première estimation. Dans son entourage, on évoquait hier soir « un faisceau d’indices permettant de présager une fraude intentionnelle, liée à un système de vente et de revente ». Au début de la chaîne, l’abattoir roumain : il est défendu par l’association de patrons roumains de l’alimentaire, Romalimenta, qui rejette la faute sur l’importateur.

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(…) Cependant, dans le monde d’aujourd’hui, sujet à de rapides changements et agité par des questions de grande importance pour la vie de la foi, pour gouverner la barque de saint Pierre et annoncer l’Évangile, la vigueur du corps et de l’esprit est aussi nécessaire, vigueur qui, ces derniers mois, s’est amoindrie en moi d’une telle manière que je dois reconnaître mon incapacité à bien administrer le ministère qui m’a été confié. C’est pourquoi, bien conscient de la gravité de cet acte, en pleine liberté, je déclare renoncer au ministère d’évêque de Rome, successeur de saint Pierre, qui m’a été confié par les mains des cardinaux le 19 avril 2005, de telle sorte que, à partir du 28 février 2013 à vingt heures, le Siège de Rome, le Siège de saint Pierre, sera vacant et le conclave pour l’élection du nouveau Souverain pontife devra être convoqué par ceux à qui il appartient de le faire. (…)

• Une tournure judiciaire

Des enquêtes ont été ouvertes en Roumanie et en France où la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a été saisie. À elle de déterminer à quel stade de la filière le cheval s’est transformé en bœuf, plus cher sur le marché, et s’il s’agit d’une fraude manifeste ou d’une série de négligences [sic - NdJL]. Dès vendredi, des échantillons de viande ont été prélevés en vue d’analyses. « Nous verrons mercredi les premiers résultats. Et notamment si Spanghero savait qu’elle achetait du cheval ou si elle a été trompée », a indiqué Benoît Hamon.

Parallèlement, la répression des fraudes travaille sur les bases de données de douanes afin de déterminer si les importations déclarées de viande de cheval dans l’Hexagone correspondent aux chiffres de vente. Les investigations du Service national d’enquêtes devront aussi établir si d’autres circuits d’approvisionnement peuvent être suspectés. L’estimation du tonnage de viande trafiquée devrait être quant à elle connue dès mercredi.

En France, le groupe Findus, distributeur des plats impliqués, a annoncé le dépôt d’une plainte contre X ce lundi. Findus Nordic va également porter plainte contre la société française Comigel et ses fournisseurs pour fraude et non-respect des dispositions contractuelles. Cogimel estime avoir été « berné » et va « demander réparation ». Depuis Londres enfin, Findus a jugé que cette fraude pourrait remonter à août 2012 et qu’il était peu probable qu’elle soit « accidentelle ». La société française Spanghero, qui a fourni la viande, indique qu’elle se retournera contre son propre fournisseur roumain, « s’il s’agit bien de viande de cheval ».

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(…) Frères très chers, du fond du cœur je vous remercie pour tout l’amour et le travail avec lequel vous avez porté avec moi le poids de mon ministère et je demande pardon pour tous mes défauts. Maintenant, confions la Sainte Église de Dieu au soin de son Souverain Pasteur, Notre Seigneur Jésus-Christ, et implorons sa sainte Mère, Marie, afin qu’elle assiste de sa bonté maternelle les Pères cardinaux dans l’élection du Souverain pontife. Quant à moi, puissé-je servir de tout cœur, aussi dans l’avenir, la Sainte Église de Dieu par une vie consacrée à la prière. / Du Vatican, 10 février 2013 / BENEDICTUS PP XVI (Benoît XVI)

• Coups de gueule et gestion de crise

De l’abattoir au rayon des surgelés, ce scandale révèle la fragilité de traçabilité des produits. « C’est un laisser-aller blâmable de la législation communautaire », a déploré Alain Bazot, président d’UFC-Que choisir. L’ex-ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire,a estimé que l’amélioration de l’étiquetage des produits alimentaires était « une nécessité ». Les résultats de l’enquête permettront de « savoir si aujourd’hui il y a matière ou non à modifier la réglementation européenne », a commenté le ministre de l’Agroalimentaire, Guillaume Garot, défendant la « très grande qualité » du contrôle vétérinaire.

Lundi, Benoît Hamon convoque toute la filière, des producteurs à la grande distribution en passant par les industriels. Objectif : faire le point sur la traçabilité, qui fait l’objet de contrôles renforcés depuis lundi, et s’assurer du retrait de tous les plats suspects. Le ministre recevra aussi des associations de consommateurs en plein émoi. « Il n’y a pas d’alerte sanitaire », martèle-t-on chez Benoît Hamon.

Presse empoisonneuse (Agnès Leclair & Christophe Cornevin, LeFigaro.fr, 10-11 février 2013)

 

« L’agroalimentaire n’est pas une industrie vertueuse »

INTERVIEW – Jean-Michel Cohen est médecin nutritionniste. Suite au dernier scandale alimentaire des lasagnes au cheval, il critique une industrie qui cherche à réduire les coûts au maximum.

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Est-il normal d’utiliser de la peau de poulet pour fabriquer des nuggets de poulet ? Aujourd’hui, qui est capable de lire une étiquette agroalimentaire ? Qui sait dire ce que signifie « préparation à base de viande bovine » ? Personne à part quelques spécialistes. L’expression « viande bovine » ne dit pas d’où provient le morceau. Ce peut être du cou, du museau, du pied, de l’anus de bœuf.

Le Figaro – Dans l’affaire des lasagnes au cheval, qu’est-ce qui vous choque le plus ?

Jean-Michel Cohen - L’étiquettage au nom d’une marque. Vous achetez des produits sous une marque, ici des lasagnes de bœuf Findus et puis vous découvrez que le produit n’a rien à voir avec la marque. C’est un peu la même chose avec les viennoiseries. Vous mangez des pains au chocolat et des croissants dans un Palace cinq étoiles alors qu’en réalité, il s’agit de viennoiseries surgelées fabriquées par des grands groupes industriels, pas du tout dans les cuisine de l’hôtel.

Selon vous, on a brisé le lien entre le consommateur et le producteur ?

Oui, car le trafic ne concerne pas que la viande. Aujourd’hui, si tout un stock de coca n’est pas vendu en République tchèque, il va se retrouver dans un autre pays, sans contrôle sur la qualité après le transport. Cette rupture entre le consommateur et le producteur ne va que s’amplifier et alimenter les peurs dans le futur. Les gens vont vouloir encore plus de proximité.

Ce qui me frappe dans l’histoire des lasagnes, c’est que personne n’est responsable alors qu’en réalité, tout le monde est coupable.

Cette histoire ne pose pas de problèmes en termes sanitaires mais on peut imaginer un autre scénario dans lequel la santé des consommateurs serait en danger ?

Bien sûr, le problème se posera un jour dans le cadre d’une intoxication à grande échelle. Car la vraie question est : est-il normal de fabriquer de la nourriture en baissant à ce point les coûts ? Aujourd’hui, on trouve de plus en plus de « préparations fromagères ». Il ne s’agit pas de fromage mais de mélanges de poudre de lait écrémé, d’eau et de matières grasses végétales. Ces trois ingrédients vont être manipulés, mélangés dans des cuves et retravaillés, autant d’opérations qui multiplient les risques alors qu’en réalité il faudrait tripler les contrôles.

Les contrôles ne sont pas suffisants ?

Il n’y a pas d’organisme de contrôle suffisamment performant pour étudier les étiquettes et dire qu’elles sont mensongères. On s’est rendu compte que la gélatine était en réalité bien souvent de la gélatine de porc, que les entreprises agroalimentaires écrivent « huile végétale » pour ne pas dire « huile de palme ».

Ce n’est pas un industrie vertueuse. De la même façon, est-il normal d’utiliser de la peau de poulet pour fabriquer des nuggets de poulet ? Aujourd’hui, qui est capable de lire une étiquette agroalimentaire ? Qui sait dire ce que signifie « préparation à base de viande bovine » ? Personne à part quelques spécialistes. L’expression « viande bovine » ne dit pas d’où provient le morceau. Ce peut être du cou, du museau, du pied, de l’anus de bœuf. L’étiquettage est très limité et les industriels jouent des failles pour ne remplir que leurs obligations légales et ne pas trop en faire pour ne pas gêner la vente.

Presse empoisonneuse (Anne Jouan, LeFigaro.fr, 11 février 2013)

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 13:03

BagnardWau.jpgEinstein affirmait qu’il est plus facile de briser un atome qu’un préjugé. Malgré la difficulté, quelques chercheurs se sont attaqués à celui selon lequel, dans ce pays, les « assistés » se gavent d’aides sociales. Résultat : quasiment un pauvre sur deux ne réclame rien à l’État ! 

 


« La politique de lutte contre la fraude [sociale] est portée par un feu roulant de propos stigmatisants. Sans chercher à polémiquer sur leur forme, il faut néanmoins comprendre que ces discours ont pour effet de culpabiliser les ayants droit, entraînant ainsi des non-recours et donc des non-dépenses. » Voilà le constat que l’on trouve dès les premières pages du bouquin L’Envers de la fraude sociale, paru ces jours-ci [1].

Aux commandes de l’ouvrage : un certain Observatoire des non-recours aux droits et services (Odenore), fondé en 2003 par le politologue Philippe Warin et la sociologue Catherine Chauvaud. Après un quinquennat sarkozyste délirant de surenchère sur ces assistés siphonnant le jus clairet de nos finances publiques, après les « RSA-canapés » du Figaro et le « cancer de la société » de Wauquiez [2], les analyses de l’Odenore tombent à pic pour dévoiler les dommages collatéraux de cette guerre contre les pauvres. Dans la mire des chercheurs, la notion de « non-recours », définie la situation d’une personne éligible à certains droits sociaux, mais qui, pour certaines raisons, n’en bénéficie pas.

« Ce qu’il faut savoir, c’est que tout le monde est en situation de non-recours potentiel, à partir du moment où l’offre publique existe, explique le sociologue Pierre Mazet, membre de l’Odenore. Nous avons décidé de nous intéresser aux populations précaires, car elles sont mécaniquement les plus exposées au non-recours, étant donné que la majorité des droits sociaux sont liés à des conditions de ressources. L’idée à saisir, c’est que plus les conditions de vie, voire de survie, sont difficiles, plus il devient compliqué de demander ses droits. » Les chiffres donnent le tournis : une personne sur deux en droit de toucher le RSA ne le perçoit pas. 1,4 millions de foyers éligibles à la CMU s’assoient sur leur couverture maladie. par Flow {PNG}Alors que le droit au logement opposable table sur une population de 650 000 ménages à couvrir, 280 000 ménages à peine essayent de bénéficier du dispositif. Et les chiffres sont à l’avenant concernant les allocs chômage, les tarifs sociaux de l’énergie, etc.

Conséquences : des économies faramineuses sur les fonds publics. 700 millions d’euros ont ainsi été économisés sur le râble des assurés sociaux au titre de la CMUC ; 5,7 milliards d’euros sur celui des RSAstes [3]. Aux origines d’un tel naufrage des politiques sociales, plusieurs raisons sont invoquées : des dispositifs méconnus du grand public ou des acteurs sociaux – les tarifs sociaux des transports publics, par exemple –, des allocs jugées trop faiblardes, des procédures trop complexes. « Concernant les tarifs de premières nécessité (TPN), EDF passait jusqu’à peu par une boîte privée, Xerox Global Service, qui envoyait un formulaire aux assurés éligibles. Le formulaire est très compliqué, j’ai compté 57 cases à remplir ! », cite en exemple Pierre Mazet.

Il y a une raison beaucoup plus insidieuse qui pousse les gens à bouder leurs prestations sociales : le coût psychologique. « Tout est fait pour que les personnes éligibles à des droits se sentent coupables. à partir du moment où on oblige les gens à demander, on produit un phénomène de honte, de perte de l’estime de soi. On se considère comme pauvre. » Une issue pourrait se dessiner dans l’instauration d’une certaine automatisation des droits ; on pourrait imaginer sans mal qu’un bénéficiaire du RSA ait droit dans la foulée à la CMUC, aux tarifs sociaux de l’énergie, etc., sans qu’aucune démarche de sa part ne soit nécessaire. Si techniquement de tels circuits sont dans l’ordre de la faisabilité, politiquement la musique est toute autre.

« L’automatisation des droits ne fait pas débat en France, explique Pierre Mazet. Pourtant elle aboutirait à une plus grande distribution des droits et permettrait de faire des économies de gestion importantes. Il faudrait pour cela une remise à plat de tout le système social. Ceux qui y sont opposés parlent d’un risque Big Brother, car effectivement il faudrait imaginer de larges croisements de bases de données. Mais Big Brother, on y est déjà un peu en ce moment : les services de la CAF se connectent bien avec les impôts pour vérifier la véracité des déclarations de ressources. Je veux dire : on croise les fichiers pour les contrôles, on pourrait tout à fait les croiser pour l’acquisition de droits. Donc, la vraie raison est ailleurs. En France il y a ce tabou disant que les bénéficiaires doivent être responsabilisés. Et cette responsabilisation passe par la démarche de demander son droit. » Les fameux « droits et devoirs » cités à l’envi par les thuriféraires d’un toujours moins d’État social.

Bannie de la sphère publique, l’automatisation des droits est cependant admise, quand les fonds sont privés. Un décret paru en mars 2012 prévoit l’attribution du TPN à tout bénéficiaire de la CMUC. « Ce que peu de gens savent, précise Pierre Mazet, c’est que le TPN est financé par l’ensemble des clients EDF qui abondent un fond, dont EDF fait à peu près ce qu’il veut d’ailleurs, et qui sert à payer le TPN. Ça ne coûte rien à l’État. C’est une mutualisation des coûts sociaux. En gros : les pauvres paient par le biais de leurs factures pour des précaires dont 65 % ne bénéficient même pas du TPN. » On ne pourrait mieux résumer le paradigme d’une époque.

 

Repris sur CQFD

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 10:18

« La crise économique entraînera la violence à travers l’Europe ». Propos de la Croix-Rouge

Yves Daccord, directeur général du Comité international de l’organisation a confié à un site danois sa préoccupation face à l’augmentation de la tension dans la zone euro dans son ensemble. Avec le risque d’affrontements vus en Grèce de devenir une réalité largement répandue. Italie inclus : MOT DE LA CROIX-ROUGE !

La crise économique se transforme en drame social. Avec le risque d’émeutes vues en Grèce de devenir une réalité largement répandue en Europe. Y compris l’Italie. Ainsi, la Croix-Rouge se prépare à affronter le pire. « Nous devons nous habituer à une montée de la violence, là aussi. L’Europe n’est pas à l’abri de situations difficiles et peut assister à des événements qui conduisent à la violence, comme dans le cas de Londres et à Athènes en 2012, confie au journal danois Politiken Yves Daccord, directeur général du Comité international de la Croix-Rouge. Pour nous, la situation des tensions sociales européennes est un nouveau défi qui n’a pas d’égal dans le passé de l’organisation. Mais nous sommes prêts à travers les sociétés nationales à adapter notre stratégie pour les besoins de la population – et il ajoute – pour la première fois, nous assistons à une augmentation de la pression des Européens. Avec un nombre croissant de personnes qui deviennent vraiment pauvre. Sans oublier que plusieurs pays européens réduisent les dépenses de bien-être en raison de la crise économique. »

Les réductions des dépenses sociales qui ont lieu à un moment où le chômage est en hausse mettent dans la difficulté des millions de familles : selon les données d’Eurostat en octobre dernier, le chômage dans la zone euro a atteint un niveau record de 11,7% pour un total de 18 millions 703 sans emploi. La situation est délicate en Grèce (avec un taux de chômage de 25,4%) et en Espagne (26,2%), mais aussi inquiétante en Italie (maintenant 11, 6%), compte tenu en particulier de la hausse du nombre des chômeurs prévue dans la première moitié de 2013 et le manque de ressources allouées pour financer des filets de sécurité sociaux.

Déjà aujourd’hui, le Comité international de la Croix-Rouge en Espagne supporte au moins 300’000 personnes « extrêmement vulnérables » et aide des millions de personnes qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. En Grèce, l’organisation est prête à affronter même l‘hypothèse d’une faillite qui aurait des effets bien plus dévastateurs que toutes les images de violences vues à la télé jusqu’à présent. En outre Eurostat indique qu’il y a 120 millions d’Européens vivant en dessous du seuil de pauvreté. C’est-à-dire avec un revenu qui est inférieur à 60% du niveau moyen de leur pays. En Italie, si l’on considère l’impôt sur le revenu depuis 2011 avec un revenu moyen annuel de 19’250 € bruts par contribuable, ce sont les gens qui, treizième mois inclus, vivent avec moins de 888 € bruts par mois.

Une situation intenable et tendant à se détériorer davantage comme prévu à Bruxelles, où la Commission européenne a alloué 18,6 milliards en un fonds pour les pauvres d’Europe. « L’Europe du Sud, pourrait subir une forme de violence similaire à celle des Printemps arabes – reprend pour conclure Y. Daccord. L‘augmentation des prix des denrées alimentaires, le manque de confiance dans les gouvernements et la demande pour une plus grande liberté seront des facteurs qui contribuent aux émeutes ». Une prophétie qui est en partie déjà une réalité avec les protestations grecques, mais aussi avec les événements du 15 octobre 2011 à Rome et de la journée du 14 novembre appelée par la Confédération européenne des syndicats contre l’austérité et les coupes budgétaires. En particulier les coupes aveugles contre le welfare, dont la Croix Rouge…

Traduit de l’italien (leur presse, Constance Iotti, IlFattoQuotidiano.it, 4 janvier 2013) par un correspondant du JL

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 10:09

Cour des comptes : La France est-elle trop généreuse avec ses chômeurs ?

Dans un rapport sur les politiques de l’emploi publié ce mardi, la Cour des comptes s’inquiète de l’avenir de l’assurance chômage qui cumule un déficit de 18 milliards d’euros. Elle met en cause des règles d’indemnisation particulièrement généreuses. Explications.

Encore une fois, la Cour des comptes appuie là où ça fait mal: alors que le chômage est en hausse continue depuis 19 mois — près de cinq millions de Français étaient inscrits fin novembre sur les listes de Pôle emploi —, la Cour préconise, dans un rapport très critique sur les politiques de l’emploi, publié ce mardi 22 janvierde revoir à la baisse les règles de l’indemnisation des chômeurs.

Car la situation financière de l’assurance chômage s’est fortement dégradée depuis le début de la crise : l’endettement du régime est passé de 5 milliards d’euros en 2008 à 13,7 milliards fin 2012 et devrait s’élever à 18,5 milliards cette année, soit près d’un point de PIB. “Une telle tendance est insoutenable”, prévient Didier Migaud, le président de la Cour des comptes.

La Cour rappelle que la convention d’assurance chômage actuellement en vigueur a été négociée en 2008, avant la crise, dans une période où le chômage était en décrue. Cette convention avait pour objectif de favoriser une meilleure couverture des chômeurs, notamment les plus précaires. Elle a abouti à un élargissement des conditions d’accès à l’indemnisation. Résultat : le régime français d’indemnisation du chômage est l’un des plus protecteurs d’Europe, autrement dit l’un des plus généreux.

Ainsi, alors que l’indemnisation est ouverte en France aux salariés ayant travaillé 4 mois sur une période de 28 mois, elle ne l’est en Allemagne ou en Italie qu’à ceux qui ont travaillé 12 mois sur une période de 24 mois. Et la durée d’indemnisation peut aller jusqu’à deux ans pour un chômeur de moins de 50 ans, trois ans pour les chômeurs de plus de 50 ans, contre un an en Allemagne, 10 mois en Suède ou 8 mois en Italie.

Le niveau d’indemnisation est aussi très favorable : le taux de remplacement du salaire antérieur, toutes prestations sociales confondues, est de 67,3%. Un niveau supérieur à la moyenne européenne (64,9%) et à la moyenne de l’OCDE (58,6%). Surtout, ce taux est très élevé pour les salariés situés aux deux extrémités de l’échelle des revenus : ceux disposant des revenus les plus élevés et ceux disposant des revenus les plus faibles. De plus, en France, l’indemnité maximum peut aller jusqu’à 6.161,29 euros par mois, un record absolu en Europe.

Le régime des intermittents une nouvelle fois pointé du doigt

La Cour des comptes épingle une nouvelle fois le régime des intermittents du spectacle, qui creuse le déficit de l’assurance-chômage d’un milliard d’euros chaque année au profit de seulement 3% des demandeurs d’emploi. Et n’épargne pas non plus celui des travailleurs intérimaires (1,7 milliard d’euros de déficit en 2011) dont les règles favorisent, selon le rapport, le dualisme du marché du travail entre CDI et précaires. Enfin, elle constate que près d’un chômeur indemnisé sur deux (45%) l’est aujourd’hui au titre d’une activité réduite, permettant de cumuler un emploi à temps partiel ou à durée déterminée et des allocations chômage. La Cour pointe du doigt le “risque” que l’assurance-chômage finance “un revenu de complément durable à des salariés en activité précaire”.

C’est pourquoi elle préconise de revoir l’indemnisation en activité réduite et de rendre plus coûteuses les cotisations pour l’assurance chômage dues par les employeurs sur les contrats courts (CDD et intérim). Elle réitère ses appels pour réformer les régimes des intermittents du spectacle, en distinguant notamment les règles applicables aux techniciens du spectacle et aux artistes. Elle propose enfin de mettre en place un taux de remplacement décroissant pour les niveaux de salaires les plus élevés, autrement dit d’abaisser le niveau des allocations chômage des hauts revenus.

Cette question de l’indemnisation des hauts salaires avait déjà fait débat en France en 2011. Cela concerne les cadres supérieurs, gagnant plus de 11.000 euros par mois. À l’époque, la CFE-CGC, le syndicat des cadres, était monté au créneau : “les cadres sont moins touchés par le chômage que le reste de la population active”, expliquait alors son président Bernard Van Craeynest. Et comme les cotisations chômage sont un pourcentage fixe prélevé sur le salaire, plus le salaire est élevé, plus le montant des cotisations est important. “Les cadres coûtent au final moins cher que les autres salariés”, nous confiait un porte-parole de l’Unedic.

La balle est désormais dans le camp des partenaires sociaux qui doivent renégocier d’ici la fin de l’année les règles d’indemnisation du chômage. Et dans celui du gouvernement, qui doit transposer dans la loi d’ici quinze jours l’accord interprofessionnel sur la réforme du marché du travail — accord prévoyant notamment de surtaxer les contrats courts. Il ne pourra pas non plus fermer les yeux sur les autres critiques de la Cour des comptes qui relève un effort “particulièrement insuffisant” pour former les chômeurs, des “résultats médiocres” des contrats aidés, une sous utilisation du chômage partiel ou encore une gouvernance publique et paritaire complexe et non coordonnée.

Presse esclavagiste (Émilie Lévêque, LExpansion.LExpress.fr, 22 janvier 2013)

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23 janvier 2013 3 23 /01 /janvier /2013 09:40

L'ANSM préconise de limiter la prescription des contraceptifs oraux de 3e et 4e générations. (L'ALSACE/MAXPPP)

L'ANSM préconise de limiter la prescription des contraceptifs oraux de 3e et 4e générations. (L'ALSACE/MAXPPP)
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La pilule contraceptive aurait causé 47 accidents graves, dont deux décès, sur une population de 800.000 personnes entre 1998 et 2012, affirme une étude révélée par "Le Figaro", lundi 14 janvier. Le quotidien extrapole ces données à l'ensemble de la population française, et affirme que cela représenterait environ 3.900 cas d'effets indésirables graves (embolie pulmonaire, thrombose veineuse profonde ou encore accident vasculaire cérébral), dont 165 décès de femmes de 15 à 25 ans.

Ces résultats ont été transmis à l'Agence du médicament (ANSM) ce week-end, selon le quotidien. L'hôpital universitaire français auteur de l'étude est parti de l'hypothèse que les professionnels de santé sous-déclarent très largement les effets secondaires liés à la pilule. Les experts sont donc partis d'archives sur les cas d'embolie pulmonaire, de thrombose veineuse ou d'AVC, chez les femmes de 15 à 25 ans.

Bilan : sur ces 47 cas d'effets indésirables graves, seuls trois avaient fait l'objet d'une déclaration aux autorités sanitaires.

"Non seulement les médecins déclarent peu les effets indésirables liés aux médicaments mais dans le cas de la pilule c'est encore pire puisque les effets secondaires sont connus depuis longtemps", regrette un expert cité par "Le Figaro". "L'embolie pulmonaire chez une jeune fille de 17 ans qui fume et qui prend la pilule depuis 6 mois, c'est hyper classique. Du coup, ils ne le déclarent pas." Moralité, ces cas ne sont pas répertoriés par les autorités sanitaires comme potentiels effets indésirables graves.

Quel danger pour la pilule contraceptive ?

Pilule contraceptive - quel danger ? (Crédit Betty Lafon)

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 11:00

blog révolution

Un article intéressant du journal de gauche keynésienne « Rue89″. Intéressant, pourquoi? Nous n’avons pas pour habitude sur Feu de Prairie de faire la publicité de journaux ou de médias portant des perspectives politiques clairement divergentes des nôtres. Et ici, l’interview de Thomas Piketty se situe bien dans une perspective réformiste, social-démocrate. Néanmoins il y a quelques éléments pertinents à piocher dans son propos. Ne serait-ce que le fait de voir de tels réformistes « redécouvrir » la lutte des classes, qui n’a jamais cessé d’exister… C’est un signe des temps. L’analyse de Piketty met en valeur les inégalités croissantes dans notre société, opposées à une certaine vision de l’histoire de France (laisser entendre que les guerres mondiales, largement dues aux appétits des bourgeoisies nationales impérialistes, a été une catastrophe pour elles, il fallait oser: dans un cadre de crise de surproduction, cette destruction horrible de millions de vies humaines – de force de travail, donc – et de capital, a au contraire permis au capitalisme de se développer et de se sauver temporairement!). Par contre sa stratégie visant à pousser à gauche le PS avec de bonnes vieilles mesures keynésiennes a de quoi faire sourire par son décalage total avec les nécessités imposées par la situation actuelle. Les partis gestionnaires ne peuvent être améliorés, ni de l’extérieur ni de l’intérieur: ils accompagneront l’effondrement du système économique et tenteront de le sauver par tous les moyens. Ce qu’il faut, c’est constituer un front radical et autonome de tous ces réformistes, qui assume la lutte idéologique et politique pour la libération totale.

D. Pour Feu de Prairie (l’article intégral publié par Rue89 est disponible en cliquant sur l’image, comme d’habitude)

Historien, économiste, professeur à l’école d’économie de Paris, Thomas Piketty travaille sur les questions de répartition de revenus, des inégalités et de la fiscalité. Il est l’auteur des « Hauts revenus en France au XXe siècle » et coauteur de « Pour une révolution fiscale ».

Rue89 : Vous dites que la lutte des classes n’est pas morte. On va vous accuser de réveiller une vieille guerre dépassée…

Thomas Piketty : J’essaie de comprendre ce qui a vraiment changé dans la structure des classes sociales – et ce n’est pas un gros mot, « classes sociales » – depuis le XIXe siècle, qui est un peu le point de départ du capitalisme industriel et des grands traumatismes en matière d’inégalités.

On a aujourd’hui une structure de classes qui est tout de même un peu plus méritocratique, plus fondée sur la liberté individuelle et la justice que sur la filiation. Mais, par rapport à l’immense espoir méritocratique sur lequel sont fondées nos sociétés démocratiques, les transformations ont été plus limitées qu’on ne l’imagine souvent.

Et surtout, on assiste aujourd’hui à une vraie régression. Les privilèges de naissance et le patrimoine viennent concurrencer le capital humain, le mérite. C’est un type d’inégalité violent, que l’on croyait avoir dépassé. Je pense possible un retour des structures de classes plus proches du XIXe siècle que de celles des Trente Glorieuses.

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22 décembre 2012 6 22 /12 /décembre /2012 13:01

Des associations de malades financées par les labos

La Haute Autorité de santé s’est penchée sur le financement des associations de malades. Pour certaines d’entre elles, les dons des firmes pharmaceutiques représentent des sommes importantes. De quoi susciter, à tort ou à raison, des doutes sur leur indépendance.

Les associations de malades sont-elles vraiment neutres et indépendantes, notamment vis-à-vis de l’industrie pharmaceutique qui les finance en partie ? Pour en avoir le cœur net, la Haute Autorité de santé (HAS) s’est penchée sur les dons qu’elles reçoivent et qu’elles ont l’obligation de déclarer, ainsi que leur provenance, depuis la loi Bachelot de 2009. Le Parisien a livré ce vendredi matin [12 octobre] les principales données recueillies par la HAS pour la seule année 2011 et qui doivent être consignées dans un rapport à paraître prochainement.

Il en ressort que les laboratoires se montrent particulièrement généreux envers le tissu associatif. C’est notamment le cas de Johnson & Johnson qui a versé 638.500 euros, l’an passé. Soit le double d’Abbott (329.430 €) et GSK (299.155 €), suivis assez loin derrière par Bayer (148.400€). Ces « cadeaux » substantiels, qui ne seraient que la partie émergée de l’iceberg — les dons indirects (prise en charge de salaires notamment) n’ont pas été pris en compte — sont-ils vraiment désintéressés ? Pourquoi les associations de malades les acceptent-elles au risque de brouiller leur image ?

Se financer, un problème ancien

Elles « ont besoin de vivre et ce n’est pas avec les seules cotisations de leurs membres qu’elles peuvent s’en sortir, explique au Parisien le président de la HAS, Jean-Luc Harousseau. Quant au financement public de ce secteur, il reste beaucoup trop faible. Les associations sont donc obligées de s’en remettre — parfois en grande partie — au secteur privé. »

Le problème ne date pas d’aujourd’hui : l’insuffisance des aides d’État avait été l’une des principales motivations de la création du Téléthon par l’Association française contre les myopathies (AFM) en 1987. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir reçu, l’an passé, 142.538 € provenant de divers laboratoires pharmaceutiques.

Selon les chiffres de la HAS, les cinq principales bénéficiaires des largesses de l’industrie du médicament étaient, en 2011, l’Association française des diabétiques (521.922 €), l’Association pour la lutte contre le psoriasis (369.836€), Asthme & Allergies (315.116 €), l’Association française des hémophiles (309.879 €) et la Fédération Aides (220.000 €).

« Gare à la manipulation »

Généralement, les laboratoires soutiennent les associations lorsqu’ils produisent un ou plusieurs médicaments destinés aux malades qu’elles représentent. Même si les associations gardent leur indépendance, notamment dans le contenu de leurs publications et le choix de leurs actions, il est clair que la communication faite autour de certaines pathologies ne peut qu’avoir un effet positif sur les ventes. Ce qui n’est pas sans créer un certain malaise.

En plaidant pour un « rééquilibrage du financement » des associations « entre le public et le privé », Jean-Luc Harousseau se défend de vouloir jeter le discrédit sur ce secteur. « Les représentants des malades font un travail formidable, avec des militants dévoués. Mais il faut veiller à ce qu’ils ne soient pas manipulés », conclut-il.

Presse pathologique (Marc Mennessier, LeFigaro.fr, 12 octobre 2012)

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21 décembre 2012 5 21 /12 /décembre /2012 12:11

Biométrie, vidéosurveillance, drones, détection des comportements anormaux, modèles mathématiques pour identifier des suspects… L’Union européenne finance plus de 190 programmes de recherche sur la sécurité et la surveillance. Au grand bénéfice des industriels, qui recyclent les technologies militaires pour surveiller les populations. Alors qu’un nouveau programme de recherche est en cours de discussion à Bruxelles, l’Europe continuera-t-elle à céder aux lobbys industriels et à investir des milliards dans le marché de la sécurité ?

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Ils portent des noms étranges : Tiramisu, Pandora, Lotus, Emphasis, Fidelity, Virtuoso… En apparence, ce sont d’inoffensifs acronymes. En réalité, ils cachent 195 projets européens de recherche dans le domaine de la sécurité et de la surveillance. Des projets relativement inquiétants pour nos libertés. Et financés par l’Europe dans le cadre de partenariats public-privé.

Exemple le plus emblématique : le projet Indect (« Système d’information intelligent soutenant l’observation, la recherche et la détection pour la sécurité des citoyens en milieu urbain »), lancé il y a quatre ans, dénoncé fin octobre par des manifestations dans toute l’Europe. Indect vise à permettre une « détection automatique » des menaces et des situations dangereuses – comme les cambriolages – ou « l’usage d’objets dangereux » – couteaux ou armes à feu. Tout est bon pour combattre « le terrorisme et d’autres activités criminelles comme le trafic d’êtres humains ou la pornographie pédophile ». Et assurer la sécurité des citoyens… Sauf qu’il s’agit aussi avec Indect de détecter « automatiquement » (sic) les comportements suspects, à partir d’images de vidéosurveillance, de données audio ou échangées sur le net. Bienvenue dans Minority Report !

Détecter les comportements « anormaux »

Concrètement, Indect est un système de surveillance, qui, à partir d’images et de sons captés dans l’espace public et d’informations glanées sur Internet, alerterait les services de police en cas de situation jugée dangereuse : des personnes immobiles dans une rue passante, un mouvement de foule, des véhicules qui roulent au ralenti, un appel louche sur un réseau social. Ces critères « d’anormalité » seront définis par les forces de sécurité… Le tout alimentera un moteur de recherche. En plus d’espionner l’espace public, Indect assurera « la surveillance automatique et en continu de ressources publiques, comme les sites web, forums de discussion, réseaux P2P ou systèmes informatiques individuels ». Mais rassurez-vous : des outils pour masquer certaines données privées, comme les visages ou les plaques d’immatriculation sur les images vidéos, sont prévus. Les informations doivent être cryptées avant leur transmission aux services autorisés. Ouf !

Parmi les instituts de recherche qui participent au projet, aux côtés de plusieurs polices et entreprises [Douze instituts de recherche, dont l’école d’ingénieur INP de Grenoble – qui n’a pas répondu à notre demande d’informations –, quatre entreprises allemandes et autrichiennes et la police de Pologne et d’Irlande du Nord], celui de l’université de Wuppertal en Allemagne est spécialisé en sécurité des transports et en protection civile contre les catastrophes. L’université vante les effets positifs que pourraient avoir ces techniques pour prévenir une situation comme celle de la Love Parade de Duisbourg, en 2010, où 21 personnes sont mortes dans un mouvement de foule.

Dans le cadre d’Indect, il développe des modèles mathématiques pour évaluer, à partir d’images de vidéosurveillance, la vitesse des objets, ou « pour détecter le mouvement dans un domaine dangereux, comme les voies dans une gare », explique le porte-parole de l’université, Johannes Bunsch – le seul officiellement autorisé à parler du projet. Courir pour attraper un train, réagir avec un geste brusque, et vous voilà dans le moteur de recherche auquel se connectent les services de police. « Le système peut très bien détecter une personne nouant ses lacets dans un magasin ou prenant des photos dans un hall d’aéroport, et considérer cela comme un comportement “anormal”. En réalité, le système ne sait pas s’il s’agit d’un comportement indésirable. Il détecte simplement un comportement qui s’écarte des comportements normaux que nous lui avons appris », illustre le professeur Dariu Gavrila (cité par le site Owni) qui, au sein de l’université d’Amsterdam, travaille sur des algorithmes pour détecter les comportements agressifs.

Car le but affirmé d’Indect est bien de lutter contre la criminalité et le terrorisme, non pas d’éviter les carambolages sur les autoroutes ou les mouvements de panique tragiques. Et ce, grâce à l’Union européenne qui finance 75% du projet (15 millions d’euros au total). « Nous ne développons que des procédés techniques, se défend prudemment le porte-parole. La compétence de décider comment utiliser la technologie revient aux politiques ». C’est bien là le problème : qui contrôle ces programmes de recherche et à qui bénéficieront-ils ?

Police et entreprises dans le comité d’éthique

Pour répondre aux critiques, Indect s’est doté d’un comité d’éthique. Sa composition laisse songeur : parmi les neuf membres, on retrouve deux chefs des services de police impliqués et un industriel d’une des entreprises participantes… Son principe semble pour le moins ambigu : « La maxime “si vous n’avez rien fait de mal, alors vous n’avez rien à craindre” n’est valable que si tous les aspects de la justice criminelle fonctionnent parfaitement, dans toutes les occasions. » [Lire ici] Faut-il comprendre qu’un citoyen qui tombe par erreur dans les mailles sécuritaires d’Indect n’aura que peu de chance de s’en sortir !? « Les comités d’éthique qui accompagnent les projets comme celui d’Indect sont plutôt des alibis, estime l’eurodéputé allemand Jan Phillip Albrecht (Vert), qui a fait partie du comité d’éthique du projet Addpriv, qui vise à créer des outils pour limiter le stockage de données jugées inutiles et rendre les systèmes de vidéosurveillance « plus compatibles » avec le droit à la vie privée des citoyens.

Indect est loin d’être le seul programme espion généreusement financé par l’UE. Arena [Architecture for the Recognition of threats to mobile assets using Networks of multiple Affordable sensors, Arena] vise à créer un système mobile de surveillance, et est subventionné à hauteur de 3 millions d’euros. Subito repère les propriétaires de bagages non identifiés. Samurai signifie « surveillance des comportements suspects et anormaux à l’aide d’un réseau de caméras et de capteurs pour une meilleure connaissance des situations » [Suspicious and abnormal behaviour monitoring using a network of cameras and sensors for situation awareness enhancement], dans les aéroports et les espaces publics. Il s’agit d’un système de vidéosurveillance avec caméras fixes et mobiles – sur des agents de police en patrouille par exemple –, équipées de capteurs permettant de suivre une personne, de retrouver le propriétaire d’un bagage abandonné ou celui d’un véhicule garé dans un lieu public. Des essais se sont déroulés en 2009 dans l’aéroport londonien d’Heathrow. Bruxelles lui a accordé 2,5 millions d’euros.

L’enveloppe européenne pour ces dispositifs s’élève à 1,4 milliards d’euros sur cinq ans [Le programme cadre européen dispose d’un budget de 51 milliards d’euros attribués à la recherche pour la période 2007-2013, dont 1,4 milliards pour le volet « Sécurité »]. Cette future surveillance généralisée se décline dans les transports ferroviaires, les aéroports, et sur les mers, avec des projets notamment conçus pour refouler les migrants. Ce programme soulève de nombreuses questions, d’autant qu’il échappe à tout contrôle démocratique et toute objection de la société civile. « Les représentants de la société civile, les parlementaires, tout comme les organisations en charge des libertés civiles et des libertés fondamentales, dont les autorités de protection des données, ont largement été mis de côté », alerte un rapport commandé par le Parlement européen en 2010 [À télécharger ici]. Vive l’Europe des citoyens !

Une politique de surveillance façonnée par les industriels

Pas d’élus ni d’organisations non gouvernementales, mais une omniprésence des grandes entreprises du secteur de la sécurité et de la défense ! En particulier les Français : le groupe aéronautique franco-allemand EADS, et ses filiales Cassidian et Astrium, participent à près de 20 projets différents. Thales France en suit 22 projets et en coordonne cinq. Sagem et Morpho, deux filiales du groupe français Safran, participent à 17 projets, qui incluent la mise au point de drones de surveillance, ou la conception de passeports et de fichiers biométriques. Chacun avec des millions d’euros de subventions. Des recherches qui assureront sans nul doute de nombreux débouchés pour ces technologies sécuritaires, en Europe et au-delà.

Pourquoi une telle présence ? « Ce sont en majorité de grandes sociétés de défense, les mêmes qui ont participé à la définition du Programme de recherche européen en matière de sécurité, qui sont les principaux bénéficiaires des fonds », pointe l’étude du Parlement européen. Plusieurs multinationales – dont, côté français EADS, Thales, ou Sagem [Mais aussi BAE Systems, Ericsson, Saab, Siemens…] – ont étroitement participé à la définition du programme de recherche lui-même. Depuis 2003, leurs représentants et PDG conseillent la Commission européenne sur le sujet, via différents groupes de travail et comités, qui ont pour mission d’établir les priorités de la politique européenne de recherche en sécurité [Le « Groupe de personnalités » (GoP) en 2003, puis le Comité de conseil de la recherche européenne en sécurité (European Security Research Advisory Board, Esrab) en 2005. En 2007, un troisième comité est créé pour accompagner cette fois le 7e programme cadre de recherche – le Forum européen pour la recherche et l’innovation en sécurité (Esrif).]. À se demander qui, des multinationales ou des institutions élues, définit la politique de sécurité européenne ! « Ce qui intéresse les entreprises du secteur, ce n’est pas tant de surveiller les populations que de faire de l’argent », analyse Jean-Claude Vitran, de la Ligue des droits de l’homme.

Recycler les technologies militaires

C’est que le marché européen de la sécurité vaut de l’or. Entre 26 et 36 milliards d’euros. Et 180’000 emplois, selon la Commission européenne, qui estime qu’au cours des dix dernières années, la taille du marché mondial de la sécurité « a quasiment décuplé, passant de quelque 10 milliards d’euros à environ 100 milliards d’euros en 2011. » [Lire leur communiqué] Mais Bruxelles craint pour la compétitivité des firmes européennes. La solution ? Développer « un véritable marché intérieur des technologies de la sécurité », explique Antonio Tajani, vice-président de la Commission en charge des entreprises. Un marché essentiel pour consolider la position des entreprises du secteur. Pour y parvenir, Bruxelles veut exploiter les synergies « entre la recherche en matière de sécurité (civile) et la recherche dans le domaine de la défense ». Une stratégie duale : les technologies développées à des fins militaires peuvent aussi se vendre sur le marché intérieur de la sécurité civile, pour la surveillance des migrants, des citoyens, des transports et des espaces publics.

« Les industriels de la défense sont conscients que le marché militaire peut s’appliquer à la sécurité civile. Et qu’ils peuvent en faire leurs choux gras », ajoute Jean-Claude Vitran. Les entreprises du secteur profitent des fonds de soutien à la recherche, à tous les niveaux. En plus du volet sécurité du programme de recherche européen, au moins sept pays européens ont lancé depuis des programmes nationaux, dont la France, avec le programme« Concepts, systèmes et outils pour la sécurité globale » de l’Agence nationale de la recherche. Le secteur n’est visiblement pas soumis à l’austérité.

Vers un contrôle plus grand du Parlement ?

Et ce n’est pas terminé ! Ce septième programme-cadre européen prendra fin en 2013. Mais l’industrie de la sécurité n’a pas de souci à se faire. Le budget du prochain programme, Horizon 2020, valable pour la période 2014-2020, devrait augmenter. La commission de la recherche et de l’industrie du Parlement européen a adopté le 28 novembre une première proposition [Sur la base d’un premier projet de la Commission. Le texte sera voté en plénière au Parlement européen dans le courant de l’année 2013]. Le montant global alloué à la recherche dépendra des discussions entre chefs de gouvernement des pays membres. Une chose est sûre : un volet entier sera de nouveau dédié à la sécurité civile, qui devrait recevoir 2,1% du montant global du programme-cadre. Soit 1,6 milliard d’euros. L’industrie de la sécurité dispose d’un allié au cœur du processus législatif européen. L’un des rapporteurs du texte Horizon 2020, le député conservateur allemand Christian Ehler, est président du conseil d’administration de laGerman european security association (GESA), une organisation lobbyiste qui regroupe des représentants de l’industrie allemande de la sécurité, de la recherche et des politiques.

« 2 % du paquet recherche, c’est beaucoup trop. Si ça n’avait tenu qu’à nous, il n’y aurait pas eu de chapitre « sécurité » dans ce programme, souligne Philippe Lamberts, eurodéputé belge (Vert), autre rapporteur du projet Horizon 2020. Le budget européen de recherche n’est pas énorme. Il faut choisir ses priorités. Il y a d’autres domaines de recherche qui sont plus brûlants pour la sécurité européenne, comme l’indépendance en énergie ou en ressources. »

Les élus verts du Parlement européen ont réussi à introduire des critères d’impact social dans le programme. Tous les appels à projets dans le domaine de la sécurité devront être soumis à une évaluation préalable de leurs conséquences, sur les droits fondamentaux par exemple. « Auparavant, le facteur principal pour choisir les projets, c’était la croissance potentielle de la branche, rappelle le député vert Jan Philipp Albrecht. Il faut des lignes directrices, liées au respect des libertés. Nous avons des restrictions éthiques similaires dans le domaine de la recherche sur les cellules souches. Il faut que soit clairement établi dans quel cadre on a le droit de chercher pour recevoir les fonds européens, et dans quelle limite. » Et surtout permettre aux citoyens de garder le contrôle sur un ensemble de projets qui peuvent remettre sérieusement en cause les libertés publiques. À moins que la « compétitivité » des grands groupes du secteur de la sécurité ne prenne, une fois de plus, le dessus.

Rachel Knaebel – Basta ! Agence d’informations sur les luttes environnementales et sociales, 19 décembre 2012

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 12:06

CAC 40 et ONG, ensemble pour réduire la pauvreté

La grande entreprise, en partenariat avec les organisations non gouvernementales et les pouvoirs publics, part à l’assaut du marché de la pauvreté. Philanthropie ou business ?

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Depuis 2007, au Bangladesh, les yaourts Shoktidoi de Danone et Muhammad Yunus se vendent pour quelques centimes d’euros. Ici, une Grameen Lady, vendeuse en porte-à-porte.

La grande sacoche bleue à l’épaule, Rajeda démarre sa tournée de vente en porte-à-porte à travers les villages environnants du Sud du Bangladesh. Cette mère de famille gagne 19 dollars par mois en moyenne, contre 6 au début, en 2005. Car au fil des années, aux seules chaussures Bata se sont ajoutés des rasoirs Bic, des shampoings à l’unité Unilever, des yaourts Danone, des sachets de graines, des vêtements, des cartes téléphoniques… De quoi nourrir et scolariser ses enfants.

Lancée par l’ONG Care et Bata, dans le cadre d’un programme de mécénat, cette activité a pris de l’ampleur. “Aujourd’hui, 3000 femmes y participent, contre 49 aux tout débuts”, relève Fabienne Pouyadou, directrice des partenariats Care France. L’an dernier, Care a cofondé, avec danone.communities, l’entreprise sociale Jita. “D’ici 2015, notre objectif est que 12.000 femmes gagnent 20 dollars par mois, que 1000 emplois soient créés pour les hubs qui approvisionnent les vendeuses et que nous desservions 7 millions de foyers”, explique Asif U. Ahmed, directeur, chez Care, en charge des relations avec le secteur privé au Bangladesh.

Diplômé d’Harvard, il travaille en tandem avec Emmanuel Marchant, directeur général de danone.communities. Cet ancien de l’Essec explique : “Nous servons de développeur, c’est l’ONG qui a tout lancé, nous lui permettons de changer d’échelle.”

Le CAC 40 à l’assaut du BOP

Danone, comme d’autres grands groupes occidentaux, ferraille pour trouver comment faire jaillir de nouvelles sources de business du marché des très pauvres, appelé base de la pyramide (BOP). Le BOP représente 4,9 milliards des consommateurs mondiaux gagnant entre 2 et 8 dollars par jour PPA (parité de pouvoir d’achat).

Qu’il s’agisse d’accès à l’emploi, à l’eau, à l’énergie, au logement, leurs besoins restent immenses. Et si, à l’instar de la petite entreprise Jita, les forces du marché constituaient le levier manquant pour lutter contre la pauvreté en misant, non pas sur la charité, mais sur le codéveloppement avec les populations, les ONG et les pouvoirs publics ? Enième utopie ? Peut-être.

Mais, par temps de crise, la période n’a jamais été aussi propice pour rêver à de nouveaux paradigmes. Mus par une profonde quête de sens, un nombre croissant d’hommes et de femmes font leur possible pour concilier économique et social.

Loin d’être de doux rêveurs en marge du système, ils sont, au contraire, de gros bosseurs au cœur du CAC 40. Ils travaillent chez Essilor, Schneider Electric, Accenture, Veolia, BNP Paribas, Air Liquide, Lafarge, Danone, GDF Suez, Total, SFR ou encore Renault. Dans le même temps, l’entrepreneuriat social monte en puissance, au point qu’il figure, depuis peu, dans l’agenda de la stratégie Europe 2020 de la Commission européenne.

De plus, face à la baisse des subventions de l’État, les ONG se professionnalisent et se lancent dans des partenariats sophistiqués avec les entreprises. Ces trois évolutions simultanées entraînent une certaine hybridation des démarches entrepreneuriales, croisant modèle commercial et objectif social.

Redorer son image : l’unique motivation ?

“L’hybridation du business… ? Foutaises ! Les entreprises voient surtout une splendide occasion de redorer leur image, ricane en privé un vieux routard de la communication pour les grands groupes. Ils en font 3 tonnes sur leurs bonnes actions, mais cachent sous le tapis leurs amendes pour dégradation de l’environnement et mauvaises conditions de travail, les pressions dantesques sur leurs petits fournisseurs, les superbonus aux patrons. Quant aux mégadividendes aux actionnaires, ils se gardent bien de les rapprocher des salaires de l’ouvrier de base !”

Tout ce mouvement des entreprises envers la pauvreté n’est-il donc que du Social Washing ? “C’est clair, cela existe, tout le monde soigne sa réputation, mais ce n’est sûrement pas la seule motivation lorsqu’il s’agit du BOP, tempère Olivier Kayser, président du cabinet de conseil en stratégies hybrides, Hystra. Cet ancien Partner chez McKinsey ajoute : si c’était le cas, les entreprises se contenteraient de créer une fondation et de donner de l’argent. Ce serait plus simple et moins chronophage. Alors qu’en vendant à des pauvres, elles prennent le risque d’être accusées de se faire de l’argent sur leur dos, et d’abîmer leur image, justement.”

Ces grandes entreprises ont commencé à fréquenter les ONG, les entrepreneurs sociaux et les pouvoirs publics pour travailler avec le BOP, il y a une dizaine d’années. Les théories de deux figures charismatiques ont piqué leur curiosité.

D’un côté, celle de C. K. Prahalad, co-auteur avec Stuart Hart, du fameux The Fortune at the Base of the Pyramid. Eradicating Poverty through Profits (Wharton School Publishing, 2004). Ces universitaires ont osé parler des pauvres comme de clients de nouveaux marchés. Politiquement pas correct, mais séduisant. De l’autre, Muhammad Yunus — prix Nobel de la paix 2006 pour sa promotion du microcrédit — a modélisé lesocial business.

Mais, même coachées par Prahalad et Yunus, ces grandes entreprises parties chez les pauvres la fleur au fusil ont réalisé, depuis, à quel point le BOP se méritait !

Leur presse (Isabelle Hennebelle, LExpress.fr, 4 décembre 2012)


BOP : Les cinq challenges des entreprises pour vendre aux pauvres

S’attaquer au potentiel marché de la pauvreté : pas si simple pour les entreprises, qui doivent relever, au moins, cinq grands défis pour parvenir à vendre aux plus démunis.

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Grâce aux microcentrales solaires autonomes de Schneider Electric, un village peut bénéficier d’une énergie propre et abordable 24/7. Ici, en Inde.

Pour vendre aux populations les plus pauvres, le fameux “bas de la pyramide” (BOP), les grandes entreprises doivent relever au moins cinq grands challenges.

1/ Fournir à bas coût un produit de qualité

Le premier challenge consiste à fournir à bas coût un produit ou un service de qualité, un défi d’autant plus urgent que les personnes du BOP sont victimes de la “double pénalité de pauvreté” : faute d’argent, elles doivent acheter à l’unité, donc plus cher et sans avoir de choix. “Il ne s’agit pas de vendre à la baisse un produit dégradé conçu au nord, mais de réapprendre à produire de manière créative avec frugalité”, relève Bénédicte Faivre-Tavignot, directeur exécutif de la chaire Social business entreprise et pauvreté.

C’est avec ce paramètre en tête qu’en 2007, au Bangladesh, Danone et Muhammad Yunus ont démarré la production des fameux yaourts Shoktidoi, dans la petite usine de Bogra. Pour les vendre seulement quelques centimes d’euros, il a fallu repenser les process en amont. “Bien que cette unité ait une capacité de production cent fois plus petite que d’habitude — 3000 au lieu de 300.000 tonnes —, nous avons quand même réussi à y diviser par trois le coût à la tonne”, constate Emmanuel Faber, directeur général délégué de Danone.

2/ Évaluer les besoins, en concertation avec les pauvres

“Le deuxième défi est d’instaurer un vrai dialogue avec les clientèles en situation de pauvreté, afin de réellement penser avec elles les solutions adaptées à leurs besoins et usages”, relève Olivia Verger-Lisicki, spécialiste du BOP au sein d’IMS-Entreprendre pour la cité.

Toute la difficulté réside dans le fait qu’”Occidentaux et populations locales ont une vision très différente des besoins”, constate Éric Lesueur, directeur du projet Grameen-Veolia Water. Quand, en 2008, Veolia Water et la branche santé de la Grameen Bank, de Muhammad Yunus, créent une joint-venture, le but est de vendre de l’eau potable à un coût accessible aux populations rurales. Plus de 30 millions d’habitants souffrent de maladies contractées en buvant l’eau des puits emplis par les nappes phréatiques contaminées à l’arsenic.

En 2009, dans le village pilote de Goalmari, des bornes-fontaines, gérées par des Water Ladies du réseau Grameen, permettent aux habitants de se procurer de l’eau potable à des prix très accessibles. Sur le papier, l’intention est louable. Sur le terrain, “le démarrage a été bien plus difficile que prévu”, se souvient Éric Lesueur.

Pour comprendre et lever les difficultés, Veolia confie une mission à l’anthropologue Thérèse Blanchet. Après plusieurs mois de travail auprès de la population, son équipe locale dégage plusieurs explications. Elles permettent de nouvelles actions qui, depuis, permettent d’augmenter les ventes d’eau potable. “Nous avons notamment appris que les villageois cachent leurs maladies et considèrent que boire de l’eau des bornes-fontaines révèle leur état de santé au grand jour”, se souvient Éric Lesueur.

3/ Réaliser le “dernier kilomètre”

Le troisième challenge est de réaliser le dernier kilomètre, c’est-à-dire de desservir des clients des bidonvilles et des villages non reliés aux routes et aux transports. “Nous devons créer des réseaux de commercialisation ad hoc”, constate Emmanuel Léger, responsable du programme Accès à l’énergie, chez Total.

À ce jour, Total a vendu plus de 100.000 lampes solaires photovoltaïques, plus lumineuses, fiables et économiques que celles à kérosène, à l’origine d’incendies et d’intoxications domestiques. En Indonésie, Total a déjà vendu 8000 lampes, via deux coopératives rurales ; au Kenya, il en a commercialisé 35.000, via son réseau de stations-service et aussi des sakho, l’institution de microfinance pour les planteurs de thé ; au Cameroun, le groupe de Christophe de Margerie va former 250 jeunes vendeurs pour commercialiser les lampes dans les bidonvilles ou les zones rurales et assurer leur maintenance.

“Pas question de venir en coup de vent : gagner la confiance et faire comprendre l’intérêt du produit prend du temps, relate Emmanuel Léger. En Indonésie, le trentenaire a passé des heures avec le chef du village, à boire du thé et à discuter. Il faut aussi laisser deux ou trois lampes à l’essai, revenir deux semaines plus tard pour recueillir les retours des utilisateurs, et prévoir trois niveaux d’interprétation en indonésien et dans les dialectes.

En 2012, le programme Accès à l’énergie a pour objectif la vente de 150.000 lampes et l’ouverture de 5 nouveaux pays. Pour atteindre le client dans des contrées reculées, des équipes de vendeurs fidélisés et motivés sont essentielles.

Une gageure, a appris Essilor, en Inde, où des dizaines de millions de personnes sont aveugles, faute de traitement adapté par manque d’accès à des professionnels de la vue. Il y a dix ans, le groupe, alors dirigé par Xavier Fontanet, s’est associé entre autres à deux partenaires : les hôpitaux ophtalmologiques Sankara Nethrelaya et Aravind, réputés pour traiter à faible prix les patients pauvres et pour leur chirurgie de la cataracte à des tarifs accessibles.

Afin de pallier l’absence de réseaux et de laboratoires de prescription en zones rurales, “nous avons mis en place avec ces partenaires une douzaine de vans d’optique-lunetterie, qui accompagnent leur bus d’ophtalmologie sur place”, raconte Claude Darnault, directeur du développement durable chez Essilor International. Ces véhicules sont équipés d’instruments d’examen de la vue et de façonnage de verres, afin de réaliser des équipements in situ. En dix ans, environ 2 millions de verres ont été vendus par nos partenaires.”

Mais “pour nos vans, le manque de professionnels de la vue disponibles représente le principal goulot d’étranglement”, admet Claude Darnault. En effet, si les opticiens ou optométristes, souvent recrutés jeunes, acceptent de tourner dans les vans dans les contrées reculées pendant trois à six mois, ils jettent ensuite l’éponge quand ils se comparent à leurs camarades de promo restés en centre-ville, travaillent dans un beau magasin et circulent dans une belle voiture. “Même quand l’entreprise accède au client, celui-ci est en général non “bancarisé” et dépourvu d’épargne.

Pour remédier à cette situation, Veolia déploie une palette d’outils. Au Maroc, entre 2003 et 2010, près de 400.000 personnes des quartiers défavorisés de Tanger, Tétouan et Rabat ont pu disposer d’un accès à l’eau et à l’assainissement à domicile. “Pour les financements, il a fallu trouver 100 millions d’euros afin de réaliser les travaux sur la seule agglomération de Tanger, ce qui nous a menés à créer avec nos autorités locales des mécanismes utilisant des crédits sur mesure, des subventions croisées, et à expérimenter une aide appelée Output Based Aid de la Banque mondiale, bref, à faire preuve d’innovation financière”, se souvient Olivier Gilbert, délégué aux innovations sociétales de Veolia Environnement.

De même, dans certaines communes, les familles n’ayant pas encore accès aux branchements individuels se voient offrir des cartes numériques leur permettant d’obtenir de l’eau potable à une borne-fontaine, dont, chaque mois, les six premiers mètres cubes sont gratuits. Transformés en agences mobiles, des bus se rendent auprès de ces populations, afin de les aider dans leurs démarches administratives concernant l’eau, l’électricité et leur éviter d’avoir à se déplacer, chaque mois, en centre-ville…”

4/ Créer de nouvelles alliances avec les ONG et les pouvoirs publics

Le quatrième challenge pour les groupes occidentaux est de “travailler avec des partenaires parfois très inhabituels, plus variés et nombreux que d’habitude : ONG, entrepreneurs sociaux, pouvoirs publics, populations locales… Non pas dans une simple consultation, mais dans de la vraie coproduction, en abordant le sujet sous tous ses angles”, constate Olivia Verger-Lisicki, d’IMS-Entreprendre pour la Cité.

Cette cocréation n’a rien d’évident, chacun a son vocabulaire, ses habitudes, ses référentiels, sa vision du monde. “Il faut être ambidextre”, résume François Perrot, en charge du programme Logements abordables, de Lafarge, qui permet, pour quelque 2000 euros, la construction d’une pièce supplémentaire en Indonésie. Ce trentenaire est aussi à l’aise dans des réunions avec le haut management au siège parisien, qu’avec des villageois et des représentants d’ONG.

5/ Obtenir l’adhésion interne au programme BOP

Le cinquième challenge est interne à l’entreprise. Où loger le programme BOP ? Pour grandir, cet Ovni a besoin des compétences de tous, mais, en même temps, d’être dispensé des habituels objectifs de rentabilité à court terme, à deux chiffres.

“Le mieux est de lui donner un statut de projet-pilote, d’expérimentation, doté d’objectifs spécifiques, et relativement protégé durant la phase pilote”, recommande Bénédicte Faivre-Tavignot, de HEC. “Le programme doit aussi bénéficier du soutien du dirigeant lui-même”, ajoute Bernard Saincy, directeur de la responsabilité sociétale et pilier du programme GDF Suez Rassembleurs d’Énergies… dont le président est Gérard Mestrallet, numéro 1 du groupe. De quoi amadouer les actionnaires plutôt méfiants vis-à-vis de ces projets dont le retour sur investissement est seulement envisageable après sept ou huit ans.

Face à cette complexité, GDF Suez a mis sur pied une articulation sophistiquée, mêlant social, philanthropie et business. Lancée en 2011, l’initiative GDF Suez Rassembleurs d’Énergies fédère et structure trois actions sociétales en faveur de l’accès à l’énergie durable. Le groupe combine le don avec le programme Énergies solidaires, de la fondation GDF Suez ; le mécénat de compétences avec les associations de collaborateurs Energy Assistance, Codegaz et Aquassistance; et l’investissement avec le fonds d’investissement solidaire GDF Suez Rassembleurs d’Énergies. Celui-ci est logé dans le centre de recherche de Saint-Denis, donc avec les techniciens, sociologues et chercheurs qui participent souvent avec intérêt aux projets portés par des entrepreneurs sociaux.

Leur presse (Isabelle Hennebelle, LExpress.fr, 5 décembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME
2 décembre 2012 7 02 /12 /décembre /2012 18:17

Un citoyen filme en flagrant délit une opération de fraude

C’est une avalanche de « partage » sur les réseaux sociaux qu’a entrepris hier la blogosphère algérienne, au lendemain des élections locales du 29 novembre 2012.

Une vidéo montre clairement et dans les détails les plus précis une opération de fraude massive dans un bureau de vote à Bir Dheb, daïra de Morsott, dans la wilaya de Tébessa, à 650 km à l’est d’Alger.

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VOIR LA VIDÉO

Un citoyen dans un bureau de vote a pu filmer des individus frauder sans scrupules et sans inquiétude. Quelqu’un appose pêle-mêle son empreinte avec de l’encre dans les cases sur lesquelles figurent les noms des inscrits, il vote à leur place sans leur consentement. L’objectif étant de faire augmenter le taux de participation. Et dans ce genre de fraude, l’opération vise à octroyer la victoire à un candidat, certainement loin d’être innocent de ce sombre scénario.

On peut entendre des personnes dire à l’un d’entre eux : « Remplis, remplis ». En effet, le plus jeune trempait ses doigts dans l’encre pour laisser son empreinte, afin de faire croire que les « citoyens se sont exprimés ». Un véritable crime contre la volonté du citoyen qui a décidé de ne pas se rendre aux urnes. Pour démontrer la véracité des faits, l’auteur de la vidéo filme les renseignements concernant le bureau de vote en question. La fiche technique de l’urne indique qu’il s’agit du bureau de vote n° 2, dans lequel sont inscrits 229 électeurs. Ce bureau est rattaché au centre de vote n° 5, plus précisément le centre Ouled Gharbi. La date du 29 novembre 2012 mentionnée faisant foi. À noter que le bureau de vote en question est réservé aux femmes.

L’auteur de la vidéo a également capté les visages des fraudeurs. Le Parquet n’aura pas de difficulté à les convoquer, et à connaître leurs parrains. Le ministère de l’Intérieur est devant le fait accompli et devra lui aussi prendre des mesures.

La vidéo risque de battre tous les records. Rien que dans la matinée d’hier, des millions de visiteurs, en Algérie et à l’étranger, l’ont visionnée.

Presse exemplairement démocratique, libre et transparente (Bsikri Mehdi, ElWatan.com, 1er décembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans CAPITALISME

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