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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:41

Grèce : 3 militants d’Aube Dorée arrêtés

La police grecque a annoncé aujourd’hui avoir arrêté trois jeunes militants néonazis accusés d’avoir à l’aube vandalisé une agence de la banque chypriote Bank of Cyprus à Volos, au nord-est.

Au domicile de deux des suspects, âgés de 17 et 21 ans, les enquêteurs ont découvert de la propagande néonazie, un T-shirt et une écharpe du parti néonazi grec Aube Dorée, ainsi que des battes de base-ball et des poing américains. La police a aussi arrêté les parents du mineur, alors qu’ils tentaient à leur arrivée de dissimuler deux revolvers et une carabine.

Les trois jeunes ont été interpellés alors qu’ils fuyaient en moto après avoir incendié avec des cocktails Molotov le distributeur automatique de l’agence, dont ils avaient auparavant tenté en vain de briser les vitres. Utilisé ces dernières années en Grèce pour des dizaines de mini-attentats contre des cibles économiques, politiques ou diplomatiques, ce mode opératoire est en général imputé par la police à la mouvance anarchiste grecque.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 28 mars 2013)

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:40

Mardi 24 mars. Ce matin-là, nous arrivons à la fac de Lettres vers 9h et une fois de plus, comme c’est le cas depuis plusieurs semaines, des dizaines de tags à caractère raciste et fasciste sont apparus dans la nuit sur notre campus. Les signataires sont clairement identifiés : Les rats du GUD (Groupement union défense) qui sont réapparus sur Nancy depuis juin 2012 et qui sont les héritiers du mouvement ultra violent d’extrême droite Autonome Lorrain qui feront l’objet d’un procès prochainement pour une série d’une quinzaine d’agressions à caractère discriminatoire commises entre 2010 et 2011 sur Nancy. Photos des tags : Croix celtiques, France aux Français, Signe SS, menace directe sur les locaux syndicaux « un bon gauchiste est un gauchiste à l’hôpital ».

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0031.jpg

Cette fois-ci, c’en est trop pour les millitant-e-s antifascistes. Nous décidons d’appeler les étudiant-e-s à se mobiliser le jour même dans la fac. Nous battons donc le rappel dans les cours, le rendez-vous est pris. L’assemblée populaire spontanée se tient donc à 13h au centre de la faculté avec environ 80 étudiant-e-s.

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Parallèlement à l’assemblée générale, un groupe d’étudiant-e-s demande à l’administration de pouvoir accéder à du matériel afin de repeindre les murs de la fac où apparaissent les tags. La demande est acceptée et les étudiant-e-s volontaires ont effacé les tags aux environs de 16h. Lors de l’assemblée populaire, nous informons les étudiant-e-s sur les personnes qui ont réalisés ces tags et le danger qu’elles représentent . Nous débattons ensuite des modalités de la contre attaque à mener. Plusieurs ressortent de l’assemblée générale :

• Dissolution et interdiction du GUD sur les facultés de l’université de Lorraine (entre autres les facs de Droit et de Lettres de Nancy) ;

• Exclusion du chef du GUD, étudiant en deuxième année de Droit à l’université de Lorraine, connu de l’administration et poursuivi actuellement par le procureur de la République de Nancy pour incitation à la haine raciale suite à un tract disponible sur leur site (Stylo plume et manche de pioche) ;

• Si des tags du même ton réapparaissent, nous souhaitons une réaction immédiate de l’administration et un nettoyage rapide ;

• Proposition de collaborer avec l’université de Lorraine afin d’organiser deux jours antifascistes sur la faculté avec une conférence, un tournoi de foot et un repas populaire.

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Suite à ces revendications, l’assemblée décide d’une manifestation spontanée. Dans un premier temps, nous nous sommes redus à la fac de Droit où étudie le leader du GUD, afin de faire connaître son identité et ses actions aux étudiant-e-s de cette faculté. Nous étions alors une quarantaine. Pour finir, nous nous sommes rendus devant la Présidence de l’université de Lorraine pour faire connaître nos revendications et faire comprendre notre détermination à continuer nos actions le temps qu’elles ne seront pas entendues.

No Pasaran,

Des antifascistes nancéin-e-s, 28 mars 2013

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:43

 « A la manif anti-mariage pour tous, la police gaze les enfants, écrase  une femme » : nombreux bobards mais  vraie tentative  de coup de force.

Après les incidents de la manif anti-mariage  homos du dimanche  24 mars à Paris,  quasiment toutes les droites, cataloguées « classiques » ou « extrêmes », entonnent le même refrain: la police aurait fait preuve d’une brutalité terrible ! (voir par ex cette pétition  « Le gouvernement bafoue les libertés et la dignité des Français » ).   Ce serait donc la dictature de l’Etat PS, avec ses hordes de CRS et gendarmes.  Et de demander pas moins que  la démission du Préfet de Police, de Manuel Valls, du Premier Ministre, de F. Hollande, comme ici sur Twitter :

Présidente du Parti Chrétien-Démocrate (Compte officiel) Ancien ministre

Usage des gaz lacrymogènes sur des familles , d’enfants (Lancelot 14ans) d’élus,de moi même,démissions préfet police et M VALLS obligatoires

A l’appui de cette campagne, outre « l’évanouissement » de Christine Boutin qui fait la risée du Web,  des « témoignages » colportés  sur la facho/droito-sphère, toujours aussi anonymes et invérifiables, souvent bidonnés de façon flagrante. Exemples :

GUD 3GUD 4

 

Bizarre : alors qu’on nous parle de « sauvagerie policière »,  il ne circule aucune photo de manifestant ensanglanté, aucune photo d’ambulance, … comme cela arrive parfois lors de manifestations de gens d’un bord très différent.

Mais alors que  de nombreux bobards sont diffusés, il est un fait  évident :  parmi les droites qui manifestaient non loin de l’Elysée et de l’Assemblée Nationale, on rêvait beaucoup à une réédition -modernisée – du « 6 février 1934″, au cours duquel les partis fascistes avaient tenté de prendre de force l’Assemblée et l’Elysée…

 

Mercredi 27 mars, 21 h 30 : cet article des Debunkers,  déjà fort copieux, pourrait bien recevoir de nouveaux compléments…

___________________________

Bobard 1 :  « une femme sciemment renversée par un véhicule de la police »

Il s’agit d’une vidéo postée sur Youtube , amplement  « twittée » par la fachosphère. On y voit de nombreux fourgons de police dans le haut des Champs Elysées, des gens qui circulent, plus  ou moins énervés, des secouristes de la Croix-Rouge qui s’affairent autour d’une jeune femme allongée sur la chaussée.    La plaque d’un fourgon de la police est filmée en gros plan, sur fond de cris « Relevez le numéro! ».

 Un manifestant s’écrie devant la caméra, tenue selon toute probabilité par un autre manifestant :  » Ils l’ont sciemment écrasée !  Nous l’avons vu ! ».  Il ne dit  pas « Je l’ai vu ! » : est-ce l’homme qui a vu l’homme qui a vu l’homme… ?

La caméra s’approche ensuite  de la « femme écrasée« . On ne voit pas la moindre blessure, pas la moindre trace de sang, pas de vêtement abîmé. La jeune femme est tout à fait  consciente, un secouriste lui masse la cheville qui paraît douloureuse.

Un internaute , Raymond Courbet, commente sur Youtube :  C’est un concours de circonstances.. J’y étais… La nana a couru et s’est faite une entorse. Les pompiers ont voulu l’emmener faire des radios, et c’est à ce moment là qu’elle s’est relevée et est repartie avec deux de ses copines.

Alors,  simple petite entorse ou non ? Banale chute ?  En tout cas, on peut être certain qu’au cas où cette jeune femme aurait été volontairement renversée par un véhicule de la police, les organisateurs de la manif – très doués pour faire du ramdam médiatique – n’auraient pas manqué de pousser encore plus fort le buzz.

Autre commentaire sous cette vidéo,  qui donne un aperçu de l’esprit de certains participants à cette manif,  signéTheOnikobushi :    « La police est aux ordre des juifs,comme la majorité de la population,eliminez ces 1% et le reste (gay,africains,meteques,moutons du système) sera rendu beaucoup plus facile »

 

Bobard 2 :  « Un policier gaze une poussette, il est suspendu. Enquête de l’IGPN en cours »

GUD 8 policier suspenduLà, c’est un site très connu de  la réac-sphère, « Le Salon Beige » qui fait la « révélation ».

Sauf que … on lit en petit la source : « D’un lecteur ».   Sauf que…  pas la moindre ligne au sujet de ce « policier suspendu » dans des médias comme Le Figaro. Et  même remarque que précédemment :  s’il y avait un quelconque début  de réalité à cette histoire, on serait déjà submergé de réactions indignées des organisateurs et de l’UMP.

 

Bobard 3 :  « Les images de la manif prises par l’hélicoptère de la police  confisquées »

 C’est encore le « Salon Beige » qui fournit le « scoop »:  « D’après les informations recueillies depuis hier soir, via différentes sources, après son atterrissage, les forces de l’ordre ont confisqué les images recueillies. A partir de ces images, la police a estimé la participation réelle du rassemblement à 1,8 millions de personnes. »

Ainsi, la police (qui estime officiellement les manifestants au nombre  de 300 000)  se censurerait elle-même ?  Une fois de plus, « les sources » sont parfaitement invérifiables.    Sauf que… le JT du soir de France3, lundi 25 mars, diffuse ces images -soit disant confisquées-  prises par l’hélicoptère de la police !  (à partir de 3’50 »).

Et France3 de se livrer à cette démonstration implacable : le parcours de la manifestation s’étirait sur 3,5kilomètres,  sur une chaussée de 50 mètres de largeur, occupant donc un espace total de 175 000 mètres carrés.  Le premier chiffre annoncé par les organisateurs, (1,4 million de manifestants) est tout bonnement impossible : cela signifierait 6 personnes entassées  par mètre carré ! De plus, les images prises par hélicoptère montrent  des rangs distendus dans la manif…

Un journaliste du Monde, Samuel Laurent,  a fait un autre calcul, plus favorable aux manifestants, car  estimant la largeur de la chaussée à 70 mètres. En tenant compte de ces mêmes 1,4 million manifestants revendiquées par Frigide Barjot et Cie, on aboutit alors à 4 personnes par mètre-carré. Un chiffre tout aussi impossible.

Banale querelle de chiffres, comme après toutes les manifestations ? Pas vraiment. Car les droites voudraient faire passer l’idée d’un vaste mouvement représentatif de tout le pays, alors que tous les sondages indiquent une très ample approbation du droit au  mariage pour tous, alors que la loi Taubira a obtenu un un premier vote très majoritaire à l’Assemblée. Car les droites voudraient faire croire à une opposition de toute la population et à la légitimité de leur tentative de coup de force sur les Champs Elysées, voir les suites de notre article.

 

Bobard 4 : « Nous étions 1, 8 million. La preuve : cette  photo secrète de la police »

Puisque le « Salon Beige » et d’autres voudraient nous faire avaler ce bobard d’images de la police confisquées… par la police et poussent l’inflation de 1,4 million à 1,8 million de personnes, il faut bien qu’ils nous trouvent une preuve.

Plus exactement, il faut bien qu’ils fabriquent une « preuve ». Sur Facebook, une page assez lue, « Non au PS », nous la fournit :  c’est une « photo secrète  confisquée par la police » .

Sauf que…  il s’agit d’une très grossière substitution de photo (rapidement débusquée par les Debunkers et de nombreux internautes) : les soit-disant 1,8 million de manifestants de 2013 sont en fait les supporters de foot de la Coupe du Monde de 1998 !

Mise à jour 28 mars, 8hoo . Voici les « photos secrètes de la police confisquées par la police ». Publiées sur le site de … la Préfecture de Police de Paris.

 

 L’extrême-droite à la manoeuvre …..

Bobard 5 : « Des enfants gazés »…  en réalité, l’extrême-droite qui cherche la baston

Des enfants bien étranges, en réalité ! Des types de 25 ans, cheveux bien courts, qui font des saluts nazis, et qui cherchent la baston avec les CRS…

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Ci-dessus, un homme porte un tissu jaune dans le dos : c’est le drapeau du Bloc Identitaire, extrême-droite

http://americablog.com/wp-content/uploads/2013/03/white-supremacist-flag.jpg

Ces photos sont issues d’une vidéo réalisée par des journalistes états-uniens. Elles ont été publiées sur un site des USA, qui titre son article : En France, à l’occasion du mariage gay, des émeutiers de droite et intégristes font des saluts fascistes, puis s’en prennent à la police.

Ces images, comme toutes les autres qu’on peut voir ailleurs, témoignent des mêmes faits : des réactions policières très mesurées.  Aucun tir de grenades lacrymogènes ni de flash-ball (autrement plus violents et dangereux, que la police emploie parfois quand il s’agit d’ouvriers en grève ou d’opposant à un aéroport à Nantes) mais des sprays,  d’un  produit dont nous ne connaissons pas la composition,  contre ceux qui s’obstinent à aller au contact,  …, pas d’acharnement ni de tabassage contre des manifestants, des coups de matraque qui ne semblent pas si appuyés contre les plus excités ….

Certes, il circule aussi des photos d’enfants ou de femmes aux yeux rougis, aux abords de ces affrontements provoqués volontairement par les groupes d’extrême-droite. Le Nouvel Obs indique une autre vidéo, où un homme lance tout bonnement aux autres manifestants : « On va mettre les enfants devant ».

 

  •  Des groupes d’extrême-droite revendiquent être à l’origine des incidents

Les sites de la presse ont publié des messages de revendication diffusés via Twitter ou Facebook,  envoyés par des groupes d’extrême-droite à la violence bien connue, plus ou moins à la  marge du Front National. Des messages indiquant clairement leur volonté de provoquer des troubles sur les Champs Elysées.  Chez les Debunkers aussi,  nous avons fait des captures d’écran… :

exclusif-le-gud-a-poils

Pour ceux qui ne connaîtraient pas le GUD, « Groupe Union Droit », essentiellement implanté à Paris et à Lyon, voir ci-contre  comment ils posent pour faire leur publicité sur l’internet.

Devant les micros, Le Pen (fille) nie toute relation avec le GUD. Pourtant ses leaders ont  bel et bien été accueillis à la « Convention présidentielle Marine Le Pen » en février 2012 à Lille (voir ici Le Monde) .  Et plus récemment, cet automne,  lors de la soirée du FN pour célébrer les 40 ans du parti,  le GUD était de nouveau de la fête (voir le site REFLEXes).

 

Le GUD entretient aussi des relations très étroites, quand ce n’est pas un pur et simple changement d’étiquetage de ses membres,  avec les « Jeunesses Nationalistes ». Interviewé par BFM-TV, Alexandre Gabriac le leader des Jeuness Nationalistes revendique sa participation dans le déclenchement des incidents. : « Ce n’était pas à Valls, à Taubira ou au préfet de décider si nous pouvions manifester ou non, et où nous pouvions manifester. Nous, nous voulions imposer l’adage qui veut que nous soyons maîtres chez nous. Par conséquent nous avons tenté de passer ».

Les Jeunesses Nationalistes, filiale de l’Oeuvre Française, se disent ouvertement inspirées par le fascisme et par Pétain, ne cachent  ni leur antisémitisme, ni leur haine anti-arabe, ou contre tout ce qui leur semblent non-conforme. Ce groupe, comme d’autres, rêve d’importer en France les méthodes ultra-violentes des néonazis grecs d’Aube Dorée.

Le Front National avait été contraint de se séparer d’ Alexandre Gabriac et de quelques uns de ses amis, en raison de leur habitude  de faire des saluts fascistes trop visibles. Un exemple parmi d’autres, avec la photo ci-contre, Gabriac en pleine action en 2012, lors d’un rassemblement en hommage à Mussolini en Italie.    (voir aussi raslfront-isere ici et ici )

 

Ci-dessus, capture d’écran du reportage de BFM : de gauche à droite, autocollant des Jeunesses Nationalistes, blouson  « Lonsdale » ( marque prisée par les néofascistes car elle rappelle les initiales du parti d’Hitler- LonNSDAPle), et à droite autocollant du GUD.


Image
Militant de Génération Identitaire (càd. le Bloc Identitaire)  faisant le malin devant les forces de l’ordre…

Que les autres mouvances d’extrême-droite présentes lors de cette manif du 24 mars nous pardonnent de ne pas les citer en détail, la place nous manque. Renouveau Français, Bloc Identitaire, Ligue du Midi, Ligue du Sud, etc….,  sans oublier le Front National bien sûr. Liste à laquelle il faudrait ajouter une kyrielle de groupes catho-intégristes, qui ne cachent pas leurs amitiés avec les précédents.

Nous rendrons juste un hommage à Samuel Lafont, délégué national UMP, ancien dirigeant de l’UNI, « syndicat » étudiant très très à droite et courroie de transmission de l’UMP.   Samuel Lafont que les Debunkers avaient déjà pris en flagrant délit de trucage : Montage photo anti-mariage pour tous : encore 1 de chopé !   Voici l’un des ses « twitts » du 24 mars , publié par Le Monde :

Le barrage des forces de l’ordre ne tiendra pas longtemps ! #TousAuxChamps #24Mars #RetraitLoiTaubirapic.twitter.com/gXMQ3FdVWe
 Pour finir cette  revue sommaire des agissements des ultras de  l’extrême-droite lors de ce 24 mars, voici une vidéo: Charge du GUD sur les Champs-Elysées . C’est le GUD lui-même qui l’a publiée et titrée ainsi  (révélation du Nouvel Obs)

 

 

…. et la droite se met à la remorque de l’extrême-droite

  • Un mouvement où les droites se radicalisent

Mediapart dans un article (payant)  titré Dans la «manif pour tous», le «peuple de droite» et l’extrême droite analyse le contexte de cette manif du 24 mars. Il est évident que cette nouvelle manifestation a été marquée par une radicalisation, des organisateurs comme des manifestants. .

On a vu  moins de pancartes s’inquiétant du sort des petits nenfants, « Un papa, une maman, … » etc, mais sont apparus beaucoup plus nombreux des slogans s’en prenant au gouvernement Hollande, à la gauche en général. Les ténors de l’UMP étaient encore plus nombreux à défiler qu’à la manif précédente: autour de Jean-François Copé, Christian Jacob, le patron des députés UMP , les ex-ministres Claude Guéant, Laurent Wauquiez, l’ancien premier ministre Jean-Pierre Raffarin, qui est carrément monté à la tribune, les députés Hervé Mariton (qui a porté le combat contre le mariage pour tous à l’Assemblée), Éric Ciotti, Lionel Tardy, Sébastien Huyghe, la déléguée générale adjointe de l’UMP Valérie Debord, l’ex-FN Jacques Bompard.

Et surtout : alors qu’en novembre, il y avait eu 3  cortèges séparés, cette fois-ci les groupes ultras de l’extrême-droite, le Front National, la soixantaine d’associations regroupées derrière le blond panache de Frigide Barjot, l’UMP,  ont fait organisation et manif commune.

 

  • La volonté de prendre les Champs Elysées

Ces droites caressent un rêve, et ont essayé à toutes forces de le réaliser : faire une démonstration de force sur les Champs Elysées. Pour les uns, la référence est la manif pour le maintien de De Gaulle à l’issue de Mai 68, pour d’autres c’est plutôt la tentative de coup de force des ligues fascistes de février 1934. Et pour tous, c’est sans doute un mélange des deux souvenirs.

Les organisateurs savaient pertinemment que toute demande de manifestation revendicative en ces lieux hautement symboliques et stratégiques, à proximité de l’Elysée et de l’Assemblée Nationale,  est systématiquement refusée, que ce soit la droite ou la gauche qui soit au pouvoir. Un refus encore plus évident en période de plan Vigipirate. Refus justifié aussi par la présence de groupes radicaux d’extrême-droite se déguisant à peine  parmi les organisateurs.

De plus, en appelant  dès la fin-février sans la moindre concertation avec les responsables de l’ordre public ses troupes à une manifestation sur les Champs Elysées, « Frigide Barjot » et les mouvements qui gravitent autour d’elle ont bien montré leur  tentative de mettre la Préfecture de Police devant le fait accompli.  

Le Monde, dans son article Comment une partie de la « Manif pour tous » a voulu occuper les Champs-Elysées  fait l’historique :

 [.......]  A partir du 22 février, la « Manif pour tous » communique sur la prochaine manifestation, qu’elle annonce déjà comme prévue sur les Champs-Elysées. Mais l’annonce est quelque peu prématurée : au même moment, les organisateurs se heurtent en effet au refus de la préfecture de police de Paris, qui ne veut pas de manifestation sur l’avenue.

Comme l’a relaté le préfet de police au Conseil de Paris le 25 mars, « c’est le 20 février dernier que les représentants de l’association ‘La manif pour tous’ ont fait connaître leur intention d’appeler à se rassembler le 24 mars sur l’avenue des Champs-Elysées et la place de la Concorde ». Or, « dès le 22 février, soit 48 heures après, j’ai personnellement écrit aux organisateurs pour les informer de l’impossibilité, pour des raisons impérieuses d’ordre public, de se rassembler sur ce secteur ».

La préfecture évoque la proximité de l’Elysée, le plan Vigipirate renforcé et la fréquentation touristique de l’avenue, et rappelle qu’il n’y a quasiment pas de précédents de manifestations sur les Champs-Elysées. Mais les organisateurs font la sourde oreille, et ne répondent pas au préfet. Une réunion le 8 mars débouche sur un nouveau désaccord, la « Manif pour tous » ne voulant pas envisager d’autre solution. Le 12 mars, le préfet rend public le désaccord persistant, dans un communiqué envoyé aux médias, et finit par prononcer une interdiction formelle. [.........]

Et les organisateurs accentuent la pression, font état de leurs intentions, préparent  leur occupation des Champs Elysées, en prenant la dénomination de « Printemps français.  Nombreux sont ceux qui comprennent de quoi il s’agit : en référence aux printemps arabes, faire dégager Hollande, tout comme les peuples se sont soulevés pour se débarasser de dictateurs comme des Ben Ali ou des Moubarak.

Certains ne masquent aucunement leur objectif , « faire tomber le gouvernement« . Ainsi ce twitt de Michel Janva, le principal animateur, selon Le Monde,  du « Salon Beige »

Ce gouvernement méprisant n’a pas encore compris que la #manifpourtous c’est le printemps français. S’il continue, il va tomber.

Sur certains blogs, on parle de  ce « printemps français » comme annonce d’une prochaine guerre civile. Tel celui-là, ci-contre, lepéniste, que les Debunkers ont déjà épinglé à plusieurs reprises, ainsi ce texte qui y est publié, un appel  aux militaires à préparer un Coup d’Etat (en bas de notre article sur les intox visant J.L.  Mélenchon)

Pendant ce temps,  voir encore ce même article Le Monde, se concrétise l’idée de déborder la police, d’occuper les Champs Elysées, d’y installer des tentes. On se prépare activement, de tous côtés…  Le Monde nous révèle encore un  message très explicite émanant d’une  mailing-liste d’une  paroisse, là aussi on appelle à occuper les Champs Elysées, à forcer les barrages de la police.

Pendant ce temps encore , « Nouvelles de France » un site de la droite catholique fait référence au Général Boulanger,qui au 19ème siècle avait renoncé au dernier moment à  faire un Coup d’Etat, et invite manifestants et organisateurs à ne pas faire marche arrière cette fois, à aller jusqu’au bout dans leur projet de coup de force et d’occupation des Champs Elysées….

 

Christine Boutin, pourtant ex-Ministre de la République, s’associe à ce mouvement fort douteux, mêle sa voix à celle à  de groupes fascistes descendants des ligues factieuses qui avaient tenté le coup du  6 février 1934 comme par ex,   ici l’Action Française . C’est ainsi qu’on trouve sur le sur le  site de Ch. Boutin , la dirigeante  Parti chrétien-démocrate,  cet  appel : « Afin d’amplifier ce mouvement de protestation du grand printemps français, je vous invite à venir avec une tente si vous en possédez une. Nous vous ferons parvenir des informations complémentaires dans les heures àvenir. »

Et le jour de la manif, Christine Boutin  a trouvé « rigolo »  de tenter de forcer les barrages policiers, à la suite des militants d’extrême-droite… ! 

Et les députés UMP en rajoutent une louche dans la collusion avec les radicaux, demandent à présent une commission d’enquête sur le comportement de la police, faisant mine de s’étonner de l’interdiction de manifester sur les Champs Elysées,  cherchant donc à justifier l’action de tous ces groupes d’extrême-droite / droites extrêmes.

Et notre inénarrable Boutin (ou son entourage immédiat)  de persister encore plus fort dans le bidonnage et  ses incitations à l’insurrection,  comme le révèle RUE89 le 27 mars :

Les « escadrons de la mort » de Valls : Boutin renie « son » discours

Le texte a été posté mardi soir sur Le Salon beige, blog de référence dans les cercles catholiques ultra. Il est présenté comme un « discours de Christine Boutin, lu en son absence, à la grande marche pro-famille à Washington, au nom de la France ».

Intitulé « La résistance s’est dressée contre la folie de certains hommes », ce discours compare le comportement des forces de l’ordre lors de la manif du 24 mars à celui des « escadrons de la mort » :

« J’ai moi-même été victime de cette violence inadmissible et monstrueuse des forces de l’ordre, envoyées comme des escadrons de la mort par le gouvernement français contre les familles françaises, contre le peuple français. Forces de l’ordre qui n’ont pas hésité sur ordre du ministre de l’Intérieur, monsieur Manuel Valls, à gazer des enfants jusque dans leurs poussettes ! »

Quelques lignes plus loin, on lit que la France est « entre les mains de véritables dictateurs, qui n’hésitent plus à gazer les enfants comme dans les pires régimes de l’Histoire ».  [.............]

 

  •  Et « Frigide Barjot » ?
 Elle affirme avoir été débordée, la pauvre. Alors que les journalistes, (les Debunkers aussi),  ont relevé ses appels, ou ceux de la « Manif pour tous »,   à investir les Champs Elysées. Alors qu’elle appelle à une autre manifestation anti-Hollande pour jeudi 28, devant les locaux de France2, où F. Hollande doit se rendre pour son interview. Alors qu’elle sait pertinemment la volonté de « débordements » de ses troupes…. Nous en resterons-là.
Mais si vous souhaitez en savoir plus ses fréquentations  politiques, voir ce blog : Mariage pour tous vs Manif Pour Tous : Frigide Barjot cheval de Troie de l’extrême-droite
VU SUR http://planete-en-danger.net/
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21 mars 2013 4 21 /03 /mars /2013 12:08

Dossier – Adsav-PPB, Jeune Bretagne et Génération Identitaire

43 pages pour faire le point sur la mouvance identitaire en Bretagne, entre le printemps 2012 et début 2013.

Focalisé sur les trois organisations concernées, le dossier revient sur les tentatives d’union et les scissions qui ont émaillées l’année écoulée, et sur les inflexions que cela entraînera sur leur politique courant 2013.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0612.jpg

TÉLÉCHARGER LE DOSSIER

Collectif Antifasciste Rennais, 21 mars 2013

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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 11:19

Entre mythomanie et défouloir collectif. Le mouvement de Serge Ayoub Troisième Voie a publié le 12 mars un communiqué indiquant qu’un militant de son mouvement avait été lâchement assassiné par des militants « d’extrême gauche ». L’information s’est révélée être fausse. Pour autant elle a fait la joie d’Alexandre Gabriac et du GUD Lyon qui se sont empressés de la diffuser histoire de chauffer leurs petits copains d’internet.

Mardi 12 mars, le mou­ve­ment soli­da­riste [1] Troisième Voie de Serge Ayoub publie un com­mu­ni­qué sur son site Internet :

Il annonce la mort d’un mili­tant membre d’une sec­tion du sud-ouest, un cer­tain « Anthony », 20 ans, « lâche­ment assas­siné » par « une quin­zaine de mili­tants antifa », « poi­gnardé » dans le dos alors qu’il se bala­dait tran­quille­ment dans la rue.

Très rapi­de­ment, cette « infor­ma­tion » est reprise à vitesse grand V sur les réseaux sociaux, Facebook et Twitter. Avec les efforts d’un bon nombre de mili­tants et sym­pa­thi­sants des dif­fé­ren­tes cha­pel­les natio­na­lis­tes, le prénom de la sup­po­sée vic­time, « Anthony » est même hissé au rang des top ten­dan­ces Twitter, assu­rant ainsi à ce com­mu­ni­qué une visi­bi­lité ines­pé­rée.

Alexandre Gabriac, petit leader maximo des Jeunesses Nationalistes, et le GUD Lyon repren­nent également en cœur cette « infor­ma­tion » sur leur page Facebook res­pec­tive, « un des leur a été lâche­ment assas­siné par 15 anti­fas » :

Pourtant, aucun autre arti­cle, dépê­che ou brève rela­tant ce drame n’est dis­po­ni­ble dans les médiats. Seul existe le com­mu­ni­qué publié sur le site de TV.

C’est cette recher­che d’infor­ma­tions sur la véra­cité de cette annonce tra­gi­que qui inci­tera d’ailleurs un cer­tain Bruno Larebière (un ex-res­pon­sa­ble du jour­nal Minute et du Bloc Identitaire) à la démen­tir :

Quelques heures après, c’est au tour de Troisième Voie, non pas de démen­tir les faits, mais d’affir­mer que fina­le­ment « Anthony » n’est pas mort, mais est gra­ve­ment blessé.

Alexandre Gabriac et le GUD Lyon, trop contents d’avoir un os à ronger, conti­nuent de le par­ta­ger et repren­nent bête­ment :

 

Depuis, Rue89 a publié un arti­cle confir­mant l’inexis­tence d’une telle agres­sion recen­sée par les ser­vi­ces de police de la région. Dans cet arti­cle Serge Ayoub confirme même qu’il s’agis­sait en fait d’une simple bagarre sans gra­vité puis­que le Anthony en ques­tion « devrait repren­dre le boulot demain ».

Encore une fois, internet comme grand défouloir

Le GUD Lyon a sup­primé la men­tion de cet événement de sa page Facebook. Mais n’a pas indi­qué à ses lec­teurs que tout cela était faux. Gabriac, lui, laisse car­ré­ment l’info. Il n’est pas à ça près.

Par contre, en dif­fu­sant ce qui s’appa­rente à une rumeur selon laquelle « des racailles d’extrême gauche » ont assas­siné ou tenté d’assas­siné un des leurs, il n’est pas étonnant de voir les plus naïfs et bas-du-front se monter le bour­ri­chon... avec les consé­quen­ces réel­les, cette fois-ci, que cela pour­raient avoir, au vu de l’attrait pour la vio­lence dont font preu­ves depuis quel­ques mois cer­tains jeunes appren­tis nazillons lyon­nais, le GUD Lyon en tête.

En témoi­gne la viru­lence des réac­tions, les appels à la ven­geance et au meur­tre sus­ci­tés par cette intox sur les pages de Bricabrac et du GUD Lyon :

La grande mas­tur­ba­tion col­lec­tive fan­tas­ma­go­ri­que fonc­tionne à fond, les esprits s’embal­lent et s’enflam­ment der­rière les écrans d’ordi­na­teurs. Rien de tel pour unir les « trou­pes » qu’un peu de dra­ma­tur­gie et de sen­sa­tion­na­lisme.

Le GUD Lyon, bien que sachant par­fai­te­ment que l’infor­ma­tion est fausse, conti­nue d’exci­ter ses ouailles :

Si cette anec­dote peu nous éclairer sur une chose, c’est bien sur ce qui anime au fond les mili­tants et sym­pa­thi­sants de cer­tains grou­pus­cu­les fas­ci­sants :

  1. Le goût pour la violence et la violence comme une fin en soi.
  2. Le néant politique, la suprématie du folklore et de la posture.
  3. Le goût pour la dramaturgie et les martyrs. Les plus « tradis » doivent même être déçus : avant le 9 mai à Paris il y aurait eu le 12 mars à Lourdes, dommage...

Pauvre Maurras... s’il les lisait...

Portfolio

Notes

[1] Branche idéologique du nationalisme-révolutionnaire

tiré de http://rebellyon.info

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 09:44

Le Réseau de Solidarité et d’Information pour l’Action Antifasciste et Antirépressive en Grèce

présente

une … (Télé-)Réalite:

L’Aube Dorée, sa promotion par les Médias, sa collaboration avec la police et la lutte anti-fasciste en Grèce.

 

 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:33
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Jorge Bergoglio et Rafaele Videla

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Jorge Bergoglio pardonne au bourreau Videla

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Rafaele Videla, assassin, voleur d’enfants

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 09:27

Le jésuite Jorge Mario Bergoglio était le chef d’une Église argentine contestée

(…) l’Église d’Argentine, dont Bergoglio était le primat avant de devenir le nouveau pape, est une des plus contestées d’Amérique latine pour sa passivité, voire sa complicité, à l’égard de la dernière dictature militaire (1976-1983). Le national-catholicisme était l’idéologie dominante des forces armées, qui comptaient avec la bénédiction de la hiérarchie de l’Église.

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Contrairement aux Églises du Brésil et du Chili, qui ont joué un rôle capital dans la défense des victimes de la répression et dans la lutte pour les libertés, la hiérarchie argentine a montré une indifférence coupable face aux horreurs commises. Elle fermait la porte aux proches des victimes et refusait de s’impliquer dans des démarches humanitaires. Les religieux et religieuses solidaires des Mères de la place de Mai étaient des francs-tireurs, qui n’étaient pas soutenus par leurs supérieurs, et qui ont payé parfois avec leur vie leur compassion et leur fraternité. (…)

Presse à scandales (Paulo A. Paranagua, blog du Monde America latina (VO), 13 mars 2013)

 

Le pape François Ier succède à Benoît XVI
Quelle était la position du cardinal Bergoglio durant la dictature argentine ?

Des médias internationaux ont fait état de soupçons quant à l’attitude du cardinal Jorge Mario Bergoglio, devenu le pape François, durant les années de la dictature en Argentine (1976-1983).

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Le cardinal Bergoglio prononce une homélie à l’église San Cayetano, à Buenos Aires en 2009.

Le journal britannique The Guardian rapporte qu’un livre, Le silence, écrit en 2005 par le journaliste argentin Horacio Verbitsky, a mis en lumière un rôle qui pourrait être qualifié de trouble joué par le cardinal Bergoglio dans l’emprisonnement de deux prêtres qui œuvraient auprès des démunis dans les bidonvilles.

Le cardinal Bergoglio n’aurait pas protégé les deux hommes après qu’ils eurent refusé d’arrêter de travailler dans les bidonvilles.

L’auteur du livre s’est basé sur le témoignage de l’un des prêtres, Orlando Yoro, qui est décédé en 2000.

Par ailleurs, le livre avance que les autorités cléricales de Buenos Aires ont aidé la dictature à dissimuler les prisonniers politiques aux enquêteurs des droits de l’homme.

Le cardinal Bergoglio a démenti ces accusations et a affirmé qu’il avait aidé plusieurs opposants durant la dictature des militaires.

Les évêques argentins ont toutefois présenté leurs excuses l’année dernière pour avoir échoué à protéger la population contre la dictature.

Dans un jugement du 7 décembre dernier contre trois militaires, le tribunal de La Rioja, dans le nord-ouest de l’Argentine, a souligné « l’indifférence » et aussi « la complicité » de l’Église avec l’appareil répressif des généraux argentins.

Le tribunal a affirmé également que la hiérarchie catholique argentine faisait la sourde oreille aux rapports faisant état de persécution des membres du Mouvement des prêtres pour le tiers-monde, une des bêtes noires du régime.

Par ailleurs, le quotidien français La Croix a rapporté sur son site Internet qu’une juge française souhaiterait entendre le cardinal Bergoglio au sujet de l’assassinat du prêtre français Gabriel Longueville, survenu au début de la dictature.

La juge voudrait savoir s’il existe à l’archevêché de Buenos Aires ou au Vatican des archives sur le dossier.

Presse à scandales (Radio-Canada.ca, 13 mars 2013)

 

(…) même en Argentine, certains restent persuadé qu’il a joué un rôle trouble. « Bergoglio est un homme de pouvoir et il sait comment se positionner parmi les puissants. J’ai encore beaucoup de doutes sur son rôle concernant les jésuites qui ont disparu sous la dictature », a témoigné mercredi à une radio argentine Eduardo de la Serna, représentant d’un groupe de prêtres de gauche. L’agence de presse Reuters a rappelé des propos de Fortunato Mallimaci, l’ancien doyen des sciences sociales à l’Université de Buenos Aires, selon lequel « l’histoire le [Jorge Mario Bergoglio, ndlr] condamne ». « Il s’est opposé à toute innovation dans l’Église et, surtout, pendant la dictature, il s’est montré proche des militaires », a-t-il ajouté.

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Une photo de Jorge Bergoglio, le 3 mars 2013, avant qu’il ne devienne le pape François 1er.

En France, Christian Terasse, le rédacteur en chef de la revue Golias, hebdomadaire catholique progressiste, est revenu longuement sur France info sur le rôle qu’aurait tenu le nouveau pape durant la dictature de Videla. « Cet homme n’a pas eu les paroles, les attitudes qui convenaient pour protéger certains de ses confrères engagés contre la dictature militaire de Videla. (…) J’ai un document qui montre que l’Église d’Argentine [dont le nouveau pape était l’un des responsables, ndlr] se réunissait avec la dictature pour consigner un certain nombre de dispositions par rapport à des opposants catholiques jugés marxistes parce que subversifs par rapport à l’ordre chrétien qui soutenait le général Videla ». Pour ce spécialiste, cela ne fait aucun doute, « la soutane blanche de Bergoglio est entachée symboliquement : à la fois au niveau de son positionnement personnel qui n’a pas été très courageux parce qu’il n’a pas protégé certains de ses confrères mais aussi de ce qu’il représente du rôle politique qu’a joué l’église d’Argentine dans sa complicité avec la dictature ». (…)

Presse à scandales (20minutes.fr, 14 mars 2013)

 

En Argentine, un tribunal affirme la complicité de l’Église sous la dictature

Pour la première fois un tribunal argentin a accusé l’Église catholique de complicité avec la dictature militaire argentine de 1976 à 1983. Dans son édition du mercredi 13 février 2013, le quotidien Pagina 12 publie un article intitulé « Une complicité qui se maintient au fil des ans ».

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L’auteur cite une partie de l’arrêt du 7 décembre dernier du tribunal federal de La Rioja (nord-ouest de l’Argentine). Celui-ci, long de 417 pages et signé par quatres juges a condamné à la prison à vie trois responsables du 3e corps de l’Armée : son chef Luciano Benjamin Menendez, le lieutenant-colonel Luis Fernando Estrella et l’ancien commissaire Domingo Benito Vera.

« Les juges ont souligné “l’indifférence”, mais aussi la complicité de la hiérarchie avec l’appareil répressif, et même dans l’attaque menée contre des membres du Mouvement des prêtres pour le Tiers-Monde », souligne l’article. « Ils rappellent que les rapports de Mgr Enrique Angelelli, évêque de La Rioja, concernant la persécution de plusieurs membres de son équipe pastorale, aux autorités de l’Église ont été ignorés à l’époque. » Selon les juges, aujourd’hui encore, une certaine « réticence des autorités ecclésiastiques et même du clergé pour résoudre les crimes » perdure.

Une hiérarchie indifférente voire complice

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Le tribunal de la Rioja jugeait l’assassinat en 1976 de deux prêtres : l’Argentin Carlos de Dios Murias et le Français Gabriel Longueville. Le P. Longueville et son vicaire le P. Murias avaient été enlevés le 18 juillet 1976 dans la paroisse d’El Salvador d’El Chamical. Leurs corps criblés de balles avaient été retrouvés, les yeux bandés, dans un terrain vague de la ville. Le P. Longueville — l’un des 18 Français assassinés ou disparus durant la dictature — faisait partie du Mouvement des prêtres pour le Tiers monde, une des bêtes noires du régime. Un procès pour la béatification des deux prêtres a été ouvert par le diocèse en 2010.

Quelques jours plus tard, l’évêque de La Rioja, Mgr Enrique Angelelli, fut tué dans un accident de voiture provoqué. Il venait de constituer un dossier sur l’assassinat des deux prêtres. Le procès a permis de démontrer que Mgr Angelelli, ainsi que d’autres prêtres, avaient bien informé la Conférence des évêques sur la situation dans la région.

Selon les organisations des droits de l’homme, un évêque, au moins dix prêtres, deux séminaristes et cinq agents pastoraux ont été tués pendant la dictature. Dix autres prêtres, sept séminaristes et 45 agents pastoraux sont considérés comme disparus. Environ 30’000 personnes ont disparu pendant la dictature argentine entre 1977 et 1983.

Presse à scandales (La-Croix.com avec Apic, 14 février 2013)

 

L’Église argentine face aux fantômes de la dictature

L’Église argentine se défend dans la tourmente. Elle répond à ceux qui lui reprochent sa prétendue complicité avec les horreurs la dictature, dans les années 70, niant avec fermeté les accusations de collaboration lancées contre des évêques de l’époque. La polémique a ressurgi il y a quelques mois lors de la publication d’une interview de l’ex-dictateur Jorge Videla. Condamné pour crimes contre l’humanité, ce dernier a affirmé que la hiérarchie catholique de l’époque était au courant des assassinats de disparus.

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Jorge Rafael Videla

La réponse de l’épiscopat à cette nouvelle affaire embarrassante est contenue dans une lettre publiée au terme de leur récente Assemblée plénière. L’Église revient sur le contexte sociopolitique de l’époque ; elle rappelle ses nombreuses interventions en faveur des disparus, des victimes de la torture, des personnes incarcérées sans jugement, des enfants nés en captivité et arrachés à leurs mères, victimes du terrorisme d’État. Elle évoque son mea culpa à l’occasion du Jubilé de l’An 2000, dans lequel elle regrettait de s’être montrée indulgente à l’égard de certaines dérives totalitaires et de ne pas avoir fait assez pour défendre la démocratie.

Des accusations qui ne correspondent pas à la vérité

Aujourd’hui, elle comprend la douleur et le scepticisme face à une justice incomplète. En revanche, elle rejette catégoriquement les récentes affirmations de l’ex-chef de la junte Videla accusant quelques évêques de l’époque d’avoir été informés de la méthode de disparition des opposants politiques appliquée par son régime. Certes, l’Église connaissait la réalité de la répression et elle a payé son tribut. Des prêtres catholiques qui critiquaient le régime ont été eux aussi victimes des escadrons de la mort. Un évêque auxiliaire a été assassiné en 1976. Un an plus tard, des religieuses françaises ont été enlevées et assassinées par des militaires argentins.

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La liste est longue. Mais les évêques reconnaissent que si les années passent, des interrogations demeurent quant à la responsabilité des personnes et des institutions. Une tâche sombre qui pèse sur leur crédibilité. Ils se disent disposés à engager une enquête approfondie : cette recherche de la vérité, longue et douloureuse — écrivent-ils — nous rendra libres. (…)

Presse à scandales (Radio Vatican via News.va, 12 novembre 2012)

 

EXCLUSIVO DIALOGO SECRETO DE LA IGLESIA CON VIDELA SOBRE EL ASESINATO DE LOS DETENIDOS-DESAPARECIDOS
Preguntas sin respuesta

Videla le confesó a la Iglesia Católica en 1978 lo que recién hizo público 34 años después: que los detenidos-desaparecidos habían sido asesinados. La Comisión Ejecutiva le transmitió el pedido de Massera de informar sobre el tema. Videla respondió que era imposible, por las inevitables preguntas sobre cada asesinato, el responsable y el destino de los restos. Un diálogo sobrecogedor, contenido en una minuta para el Vaticano que se conserva en el archivo secreto del Episcopado.

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El documento de 1978 que el Episcopado aún mantiene en secreto. Videla admite ante la Iglesia que los detenidos-desaparecidos han sido asesinados.

La política de desaparición forzada de personas que el ex dictador Jorge Videla acaba de admitir en varios reportajes y ante la justicia fue reconocida en 1978 ante la Comisión Ejecutiva de la Iglesia Católica. Videla dijo que le gustaría brindar la información pero que en cuanto se comunicara que los detenidos-de-saparecidos habían sido asesinados comenzarían las preguntas acerca de quién mató a cada uno, cuándo, dónde y en qué circunstancias y qué destino se dio a sus restos. La respuesta a esas preguntas sigue pendiente 34 años después. En el diálogo con el periodista Ceferino Reato, quien anuncia que no importa “tomar partido a favor o en contra del entrevistado”, Videla dice que la desaparición de personas no se debió a excesos o errores sino a una decisión de la pirámide castrense que culminaba en él. Pero también da a entender que la imposibilidad de informar sobre los desaparecidos obedece a que la información nunca estuvo centralizada, que cada jefe de zona sólo sabía lo sucedido en su jurisdicción y que muchos han muerto. “Los listados eran la puerta a un debate que conducía a la pregunta final: ¿Dónde están los restos de cada uno?, y no teníamos respuestas para ese interrogante, con lo que el problema, al dilatarse, se agravaba día a día y aún persiste.” Pero en su reunión con la Iglesia Católica Videla habló con mayor franqueza, como se hace ente amigos: dijo que “el gobierno no puede responder sinceramente, por las consecuencias sobre personas”, un eufemismo para referirse a quienes realizaron la tarea sucia de matar a quienes habían sido secuestrados y torturados y se encargaron de que de-saparecieran sus restos. Al elegir esa política que Videla calificó de cómoda, porque eludía las explicaciones, la Junta Militar puso bajo sospecha a la totalidad de los cuadros de las Fuerzas Armadas y de Seguridad, algo que recién comenzó a disiparse con la reapertura de los juicios, donde con las garantías del debido proceso se establecen las responsabilidades que la Junta ocultó. Hasta hoy se han pronunciado 253 condenas y veinte absoluciones, lo cual muestra que en democracia nadie está condenado de antemano y que puede ejercer su derecho a defensa. En el documento secreto sobre este diálogo, que el Episcopado conserva en su archivo, la afirmación de Videla sobre la protección a quienes cumplieron sus órdenes criminales está agregada a mano por el cardenal Raúl Primatesta, que presidía la Conferencia Episcopal y que fue acompañado en la reunión por sus dos vicepresidentes, Vicente Zazpe y Juan Aramburu. En abril de este año la jueza Martina Forns, titular del juzgado federal Nº 2 en lo Civil y Comercial y Contencioso Administrativo de San Martín interrogó a Videla en forma exhaustiva, a solicitud del abogado Pablo Llonto, quien representa a Blanca Santucho, hermana del jefe del ERP abatido en julio de 1976 por un pelotón del Ejército, y cuyos restos nunca fueron entregados a la familia. Un paso previsible en la investigación es solicitar a la Iglesia Católica acceso a los documentos que atesora sobre el tema. El que contiene las explicaciones de Videla lleva el número 10.949, lo que da una idea del volumen de la información que el Episcopado sigue manteniendo en secreto. Está guardado en la carpeta 24-II del Archivo de la Conferencia Episcopal. La Iglesia Católica eligió silenciar el contenido de la conversación en la que Videla les reveló que todos los desaparecidos habían sido asesinados. A continuación, la historia de ese encuentro público pero de contenido secreto.

Carta al cardenal

El 10 de abril de 1978, el diario Clarín tituló su página 3 “El presidente de la Nación almorzará hoy con la cúpula del Episcopado”. Emilio Fermín Mignone, cuya hija Mónica Candelaria había sido secuestrada en mayo de 1976, redactó sin pausa tres densas carillas a un solo espacio y las envió con un mensajero a la sede de la Conferencia Episcopal. También esa carta se conserva en el archivo secreto que el Episcopado guarda en su sede de la calle Suipacha, en la carpeta titulada “Personas detenidas y de-saparecidas, 1976-1983”. Mignone escribió que a dos años y medio del golpe, era indudable que la desaparición forzada de personas constituía “un sistema y no excesos aislados”. El fundador del CELS describió ese sistema: el secuestro, el robo, la tortura y el asesinato, “agravado con la negativa a entregar los cadáveres a los deudos, su eliminación por medio de la cremación o arrojándolos al mar o a los ríos o su sepultura anónima en fosas comunes”. Y se realizaba en nombre de “la salvación de la ‘civilización cristiana’, la salvaguardia de la Iglesia Católica”, colocando “como valor supremo la denominada ‘seguridad colectiva’ sobre cualquier otro principio o valor, incluso los más sagrados”. Añadió que “sobre la mentira nada perdurable puede fundarse”. Mignone insistió en la necesidad de que el gobierno informara “cuál ha sido la suerte de cada ‘desaparecido’, la inmensa mayoría de los cuales, todos lo sabemos y también los obispos, han sido arrestados por organismos de las Fuerzas Armadas o de Seguridad. Y esto, monseñor, es lo que le pedimos que ruegue, exija, obtenga del Presidente de la República esta mañana”.

La desesperación y el odio

Mignone decía que la desesperación y el odio iban ganando muchos corazones y que las exigencias de justicia impedirían cualquier intento de evolución democrática pese a que muchos dirigentes políticos, ansiosos por subirse al barco oficial, querrían echar un manto de olvido sobre lo ocurrido. También le informó a Primatesta que en marzo Emilio Massera le había dicho que la Armada exigía que se diera a conocer la suerte de cada desaparecido y preso no declarados, pero que el Ejército se oponía. “Nos pidió que solicitáramos a usted, al señor nuncio, a monseñor Tortolo, que insistieran ante el Presidente y comandante en Jefe del Ejército en el mismo sentido.” Mignone no ignoraba las tensiones internas en la Junta Militar y no experimentaba la menor simpatía por ninguno de sus integrantes. Pero trataba de explotar esas contradicciones para abrir una brecha en el muro de silencio sobre el destino de su hija y de miles como ella. También advirtió a Primatesta que la táctica del silencio, de la que el Episcopado participaba por sus propias razones, no era admisible. “El Pueblo de Dios necesita participar y ser informado. Necesitamos conocer lo que el Episcopado expresa al gobierno en sus comunicaciones. De lo contrario de nada sirven.”

Un diálogo franco

Al día siguiente, Zazpe le informó a Mignone que la Comisión Ejecutiva le había transmitido a Videla “todo lo que dice su carta”. Dijo que habían sido “tremendamente sinceros y no recurrimos a un lenguaje aproximativo” pero le advirtió, como si se tratara de una accesoria cuestión técnica, que había una “divergencia con su carta” acerca de la publicidad o reserva de esta entrevista. “En esta ocasión volvió a recurrirse a la reserva.” Primatesta informó luego a la Asamblea Plenaria que los obispos le plantearon a Videla los casos señalados en su carta por Mignone, de presos que en apariencia recuperaban su libertad pero en realidad eran asesinados; que se interesaron por sacerdotes desaparecidos, como Pablo Gazzarri, Carlos Bustos y Mauricio Silva, y por otros detenidos de los que pidieron la libertad y/o el envío al exterior. Pero el desarrollo completo de la reunión sólo está contenido en una minuta preparada por la propia conducción episcopal para informar al Vaticano y que nunca fue publicada. Primatesta, Zazpe y Aramburu la redactaron en la sede de la Conferencia Episcopal al terminar el almuerzo antes de que los detalles se desvanecieran en su memoria. El gobierno negaba que hubiera presos políticos porque todos los detenidos eran “delincuentes subversivos y económicos”, incluso los sacerdotes arrestados. Las desapariciones de personas eran obra del terrorismo para desprestigiar al gobierno, que compartía las inquietudes de los obispos. Los tres agradecieron a Videla por haber reconocido la existencia de excesos en la represión pero dijeron que no conocían que se hubiera castigado a los responsables, que era otra de las reflexiones de Mignone. En un clima que Aramburu describió como cordial, Primatesta lamentó que Videla no pudiera tomar “todas las medidas que quisiera”, con lo cual lo exculpaba de los hechos por los que le reclamaban. En un tono lastimero, Videla dijo que no era fácil admitir que los de-saparecidos estaban muertos, porque eso daría lugar a preguntas sobre dónde estaban y quién los había matado. Primatesta hizo referencia a las últimas desapariciones producidas durante la Pascua, en San Justo, “en un procedimiento muy similar al utilizado cuando secuestraron a las dos religiosas francesas”. La minuta redactada al concluir el almuerzo reconstruye la réplica textual de Videla ante la solicitud: “El presidente respondió que aparentemente parecía que sería lo más obvio decir que éstos ya están muertos, se trataría de pasar una línea divisoria y éstos han desaparecido y no están. Pero aunque eso parezca lo más claro sin embargo da pie a una serie de preguntas sobre dónde están sepultados: ¿en una fosa común? En ese caso, ¿quién los puso en esa fosa? Una serie de preguntas que la autoridad del gobierno no puede responder sinceramente por las consecuencias sobre personas”, es decir los secuestradores y asesinos. Primatesta insistió en la necesidad de encontrar alguna solución, porque preveía que el método de la desaparición de personas produciría a la larga “malos efectos”, dada “la amargura que deja en muchas familias”. Videla asintió. También él lo advertía, pero no encontraba la solución. Este diálogo de extraordinaria franqueza muestra el conocimiento compartido sobre los hechos y la confianza con que se analizaban tácticas de respuesta a las denuncias que ambas partes sentían como una amenaza. Primatesta también habló “sobre la actitud de alguna Fuerza Armada que urgía la publicación de las listas de presos, v.g. el almirante Massera”. En realidad, Mignone le había escrito que la lista de presos no tenía valor alguno, porque los familiares la conocían, y lo que Massera reclamó fue una lista de detenidos-desaparecidos. Videla se alzó de hombros. Aunque presidía la Junta y el gobierno, no tenía todo el poder y había fuerzas que no controlaba, dijo. Las actitudes de los eclesiásticos tenían sutiles matices. Zazpe preguntó: “¿Qué le contestamos a la gente, porque en el fondo hay una verdad?”. Según el entonces arzobispo de Santa Fe, Videla “lo admitió”. Aramburu explicó que “el problema es qué contestar para que la gente no siga arguyendo”, lo cual parece una fiel interpretación del propósito de Massera. Los jefes del Ejército y de la Armada descargaban su responsabilidad, cada uno en el otro, y la Iglesia les seguía el juego. Según Aramburu, cuando Videla repitió que “no encontraba solución, una respuesta satisfactoria, le sugerí que, por lo menos, dijeran que no estaban en condiciones de informar, que dijeran que estaban de-saparecidos, fuera de los nombres que han dado a publicidad”. Primatesta explicó que “la Iglesia quiere comprender, cooperar, que es consciente del estado caótico en que estaba el país” y que medía cada palabra porque conocía muy bien “el daño que se le puede hacer al gobierno con referencia al bien común si no se guarda la debida altura”. Tal como le dijo Videla al primer periodista que lo entrevistó, el español Ricardo Angoso, “mi relación con la Iglesia Católica fue excelente, muy cordial, sincera y abierta”, porque “fue prudente”, no creó problemas ni siguió la “tendencia izquierdista y tercermundista”. Condenaba “algunos excesos”, pero “sin romper relaciones”. Con Primatesta, hasta “llegamos a ser amigos”. Sobre el conflicto interno, que Videla llama guerra, “también tuvimos grandes coincidencias”. Zazpe murió en 1984, Aramburu en 2004 y Primatesta en 2006. Pero los documentos sobre ese diálogo entre amigos siguen hasta hoy en el archivo secreto del Episcopado.

Presse à scandales (Horacio Verbitsky, Pagina12.com.ar, 6 mai 2012)

 

Bébés enlevés sous la dictature argentine : des victimes demandent l’audition du cardinal Bergoglio

L’avocat argentin Martin Niklison et l’association des Grands-mères de la Place de Mai ont demandé à ce que le cardinal Jorge Maria Bergoglio, archevêque de Buenos Aires, soit entendu comme témoin dans le procès pour vol de bébés durant la dictature argentine.

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Le cardinal Bergoglio, le 14 septembre 2008 à Buenos Aires

Deux anciens dictateurs, Jorge Videla, 85 ans et Reynaldo Bignone, 83 ans, ainsi que six officiers, comparaissent depuis le 28 février pour le vol de plus de 500 bébés enlevés à leurs mères détenues dans plusieurs prisons clandestines de la dictature militaire.

Au cours des débats, Estela de la Cuadra, fille d’Alicia de la Cuadra, une des fondatrices des Grands-mères de la Place de Mai, morte en 2008 à 93 ans, a raconté comment elle avait demandé l’aide du P. Bergoglio, alors provincial des jésuites, pour l’aider à retrouver la trace du bébé de sa sœur Elena, emprisonnée alors qu’elle était enceinte.

Il revient aux juges de déterminer les suites à donner à cette demande d’audition.

Entendu dans une autre affaire en 2010

Le cardinal Bergoglio avait déjà été entendu en novembre 2010 dans le procès de la sinistre École de mécanique navale (Esma). Le tribunal s’était alors rendu à l’archevêché de Buenos Aires pour entendre ses explications sur la disparition en 1976 de deux jésuites internés à l’Esma une semaine après qu’il leur a retiré la permission de prêcher.

Aucune charge n’avait été retenue contre lui.

Le 21 avril dernier, une juge d’instruction du tribunal de grande instance de Paris a annoncé qu’elle souhaitait entendre le cardinal Bergoglio sur le meurtre du prêtre français Gabriel Longueville survenu au début de la dictature.

Presse à scandales (La-Croix.com, 3 mai 2011)

 

Retour sur la dictature : l’Église catholique, responsable ou coupable ?

Entre 1976 et 1983, la dictature militaire menée par le général Videla a entraîné 30’000 disparus et 1,5 millions d’exilés. Encore aujourd’hui, l’Église catholique est montrée du doigt pour ses agissements. Soutien délibéré aux militaires ou silence coupable, en tout cas, elle n’a jamais fait son mea culpa.

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La prison à perpétuité. C’est la peine qu’a reçu en octobre 2007 Christian Von Wernich, l’ex-aumônier de la police de Buenos Aires, pour sa participation aux enlèvements et aux meurtres commis pendant les « années de plomb ». Ce verdict a relancé les débats sur le rôle de l’Église, et les demandes d’excuses officielles sont de plus en plus pressantes. La Confédération épiscopale argentine, dans un communiqué suivant le procès, a affirmé que le curé a agi « selon sa volonté personnelle ». Elle se dédouane ainsi de toute responsabilité.

Les prêtres bénissaient les tortionnaires

Pourtant, l’Église argentine aurait bien été complice de la répression. Selon Horacio Verbitsky, du Centre d’études légales et sociales de l’Argentine, l’Église et l’armée, avec des discours d’ordre et de hiérarchie, étaient les deux piliers de la dictature. D’après les témoignages des Mères de la Place de Mai, les prêtres bénissaient les tortionnaires des camps de détention pour les décharger de toute culpabilité.

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Adolfo Scilingo, un officier de marine repenti  jugé coupable de crimes contre l’humanité en 2005, a rappelé lors de son procès les « vols de la mort » : des prisonniers étaient jetés encore vivants dans l’océan. Les pilotes, à leur retour, recevaient la bénédiction des chapelains. Ils leur assuraient que leur mission était de lutter contre le communisme, et qu’ils avaient donné « une mort chrétienne pour le bien de la Patrie ».

« L’Église ne se mêle pas de politique »

Adolfo Perez Esquivel, prix Nobel de la Paix 1980, est partagé. Lors d’une conférence au Sénat français en mars 2008, il déclare qu’il n’est « pas possible de parler de l’épiscopat argentin comme si tous les évêques avaient eu alors une seule façon de penser. » Parmi les coupables de soutien réel, il cite des noms précis. Il dénonce ensuite la masse innombrable de religieux qui a fermé les yeux sous prétexte que « l’Église ne se mêle pas de politique ».

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Son entretien avec le Nonce apostolique en Argentine, auquel il demande à l’époque de réagir, le laisse perplexe.  « Que voulez-vous que je fasse ?, aurait-il répondu. Je ne peux pas faire ce que les évêques argentins ne veulent pas faire. » Au plus haut niveau, c’est avec le Pape qu’Adolfo Perez Esquivel s’entretient en 1981. Il lui remet un dossier avec 84 photos d’enfants disparus. « Vous devriez aussi vous préoccuper des enfants des pays communistes », aurait rétorqué Jean-Paul II. Mais la semaine suivante, le Pape évoquait dans un discours au Vatican le sort de ces enfants.

Certains religieux ont résisté

Le Prix Nobel nuance son accusation, en citant des religieux qui ont résisté, et parfois payé de leur vie leur engagement pour une Église « engagée auprès du peuple ». Des prêtres comme Enrique Angelelli ou Horacio Ponce de Leon sont morts dans de mystérieux accidents de voiture en 1976 et 1977. Les membres du Mouvement des Prêtres pour le Tiers-Monde ont été systématiquement torturés ou contraints à l’exil. Le théologien Ruben Dri a dû se défroquer en 1974 pour échapper à l’armée.

À l’issue du procès Von Wernich, l’Église argentine a appelé le pays à « s’éloigner autant de l’impunité que de la haine ou de la rancœur » et a demandé « la réconciliation ». Elle a manqué, encore une fois, une occasion d’améliorer son image, selon les associations de victimes qui ne comptent pas abandonner leur combat.

Leur presse (Yona Helaoua, L’Argentine sans messie, La 32e promo de l’IPJ va à rebours de l’actualité, 17 novembre 2010)

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 09:47

Mieux vaut être au RSA que travailler, selon un tableau posté sur Facebook et partagé 100 000 fois en deux jours. Sauf que le tableau est truffé d’erreurs.

L’auteur du tableau, « Reynald Pais », précise qu’il l’a réalisé « à partir d’infos brutes trouvées sur le site du gouvernement ».


Le tableau comparatif

Il compare la situation financière d’une famille de cinq personnes gagnant un très petit salaire à une autre famille de même taille vivant du RSA. Sa conclusion : la seconde famille, celle qui vit du RSA, s’en tire mieux, avec 500 euros par mois de plus.

Une connerie pour faire rire les copains

Le tableau a été fait sans réfléchir, il est donc complètement faux, comme on va le voir plus loin. Mais apparemment tout le monde s’en fiche : les idées reçues sur le RSA se sont offertes une belle pub grâce à « une connerie destinée à faire sourire quelques amis Facebook », selon l’auteur de cette campagne de désinformation, premier surpris de son succès.

L’idée qu’on peut mieux s’en sortir « sans travailler » n’est pas nouvelle. Il y a deux ans déjà, Laurent Wauquiez déclarait sur BFM :

« Aujourd’hui, un couple qui ne travaille pas, qui est au RSA, en cumulant les différents système des minima sociaux, peut gagner plus qu’un couple dans lequel une personne gagne un smic. Ce n’est pas logique, c’est la société française qui tourne à l’envers. »

LAURENT WAUQUIEZ SUR BFM

Et ça énerve Martin Hirsch, le père du RSA, auquel nous avons soumis le tableau :

« Ce sont toujours les mêmes conneries. Ça marche parce que les gens ont envie d’entendre ce genre de choses. Ça arme leur aigreur. »

Ça ne pas fait rire non plus Jean-Christophe Sarrot, de l’association ATD Quart-Monde. Il estime que l’on « tape sur les pauvres », leur infligeant ainsi une « double peine » :

« Ça fait souffrir beaucoup de gens. Ils n’arrivent pas à joindre les deux bouts à partir du 15 du mois et on leur dit qu’ils gagnent plus que les gens qui travaillent. »

Jean-Christophe Sarrot prévient : il n’est pas facile de calculer le montant du RSA. C’est d’ailleurs un problème pour les familles. Mais il a essayé quand même, et nous aussi. Et sans surprise, les résultats ne sont pas les mêmes que ceux qui ont été partagés sur des dizaines de milliers de pages Facebook.

1

Les revenus

 

  • L’oubli du RSA activité

Première ligne, première erreur. Et elle est de taille : avec un salaire de 1 200 euros par mois pour un ménage de cinq personnes, la famille est en droit de toucher le RSA activité. Un revenu créé justement « pour que dans tous les cas, on ait un intérêt à travailler », explique Jean-Christophe.

La famille gagnerait donc 18 132 euros par an au lieu de 14 400.

  • Le RSA prend en compte les allocations familiales et logement

Les allocations, dans l’esprit de l’auteur, ce seraient donc le RSA + les allocations familiales. A noter aussi que l’allocation au logement entraîne une réduction de 143 euros du RSA.

La famille touchera donc 1 065 euros par mois de RSA , soit 12 780 par an au lieu de 14 496.

  • La prime de Noël est plus élevée que prévue

Il faut croire que la famille de « fainéants » a été sage, puisque ce n’est pas 154 euros qu’elle touchera à Noël mais 380 euros...

  • Allocations logement : un peu plus pour les uns, un peu moins pour les autres

L’allocation logement est relativement difficile à calculer, et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une famille hypothétique dont on ne connaît ni le lieu d’habitation, ni la superficie du logement. Jean-Christophe Sarrot a quand même fait son estimation sur le site de la CAF, avec un logement en province au loyer de 500 euros (comme dans le tableau Facebook).

Pour la famille au RSA, ce serait donc 450 euros d’allocations logement (au lieu de 500 euros) et pour les salariés, 350 euros (au lieu de 200).

  • Au total, les revenus annuels de la famille salariée seront de 25 812 euros (au lieu de 20 280) et ceux de la famille au RSA de 18 560 euros (au lieu de 20 650).
2

Les dépenses

 

  • Loyer : 500 euros chacun. Pour cette donnée arbitraire, pas d’erreur.
  • La complémentaire universelle pour tous

Selon l’auteur du tableau, la famille de salariés payerait 50 euros par mois pour leur mutuelle santé. Pour la seconde famille, on leur offre la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C), et donc, c’est gratuit.

Mais là encore, il n’a pas bien fait ses devoirs : la famille de salariés est en droit de demander la CMU-C puisqu’elle se trouve en dessous du plafond de 19 835 euros pour un foyer de 5 personnes (tous les revenus n’étant pas pris en compte).

C’est donc 0 euro pour les deux familles pour l’assurance complémentaire.

  • Impôts locaux et redevance télé

La famille qui touche un smic plus le RSA activité peut être exonérée de ces frais, puisqu’elle se situe en dessous du plafond de revenus.

0 euro encore, pour les deux familles.

  • Cantine des enfants et transports

Pas de frais de cantine, ni de frais de transport (« pas de boulot ! », précise l’auteur), pour la famille au RSA.

Là encore, les données sont arbitraires, et pas forcément justes. L’exonération des frais de cantine dépend non pas de l’attribution du RSA mais de la volonté d’une commission académique. Les deux familles sont donc susceptibles ou non de bénéficier d’un tarif. Pour notre exemple, nous avons donc gardé l’hypothèse d’une exonération totale de cantine pour les deux familles.

Quant au transport, même sans travail, il faut se déplacer : pour chercher du travail, pour accompagner ses enfants à l’école, pour faire ses courses... Nous avons donc rétabli une dépense transport pour la famille RSA.

 

  • Electricité, eau, gaz

Les tarifs sociaux pour l’énergie sont calés sur l’éligibilité à la CMU-C. Les deux familles en bénéficient de la même façon.

3

Conclusion

 

La famille vivant du smic et du RSA activité gagne 25 812 euros et ses dépenses contraintes (en considérant qu’elle ne paye pas la cantine) sont de 8940 euros environ par an. Il lui reste donc, après paiement des factures, 16 872 euros par an (1406 euros par mois) pour se nourrir, se vêtir et de divertir.

Pour celle vivant uniquement du RSA, le revenu annuel est de 18 560 euros pour les mêmes dépenses contraintes. Il lui reste donc 9620 euros (soit 801 euros par mois) pour les autres dépenses.


O/20 !

PS : Martin Hirsch a de son côté refait les calculs, à notre demande. Il arrive au résultat suivant, très proche de celui d’ATD Quart-Monde dans son versant « revenus » :

Famille Salariés :

  • 26 256 de revenus ;
  • 12910 de dépenses contraintes ;
  • 13346 de dépenses autres ;

Famille RSA :

  • 18 810 de revenus ;
  • 7300 de dépenses contraintes ;
  • 11310 de dépenses autres.

Voir le tableau détaillé ci-dessous. Son commentaire :

VOIR LE DOCUMENT

(Fichier PDF)

« Le calcul est complètement faux :

  • La famille “ salarié ” a le droit à 300 euros par mois de RSA activité ;
  • le RSA de la famille “ RSA ” a été surévalué (oubli de la déduction du forfait logement) ;
  • l’allocation logement de la famille “ salarié ” est largement sous-évalué (j’ai vérifié en faisant des simulations sur le site de la CAF) ;
  • la comparaison part du principe que la famille “ salarié ” n’a droit à aucun droit connexe ; hors étant donné son bas niveau de ressources, elle ne paye surement pas la cantine à taux plein par exemple. »

Elsa Ferreira | Rue89

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 08:52

Ce titre pourrait être une blague mais il reflète malheureusement un cas bien réel. Il s’appelle Malik [Foucquart - NdJL], et pourtant il vient d’être condamné pour incitation à la haine raciale. Et non à cause de la fameuse forme fantasmée d’un mépris antiblanc qui se matérialiserait soudainement, car ce jeune de presque vingt ans, dont le cas politique en devient typique en ruralité, se bat bien pour la suprématie aryenne. Une énième histoire de néonazisme en région Franche-Comté, qui en deviendrait presque lassante tant la poignée d’énergumènes qui s’en réclament s’adonnent inlassablement à ce genre d’actions pour exister.

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Malik (à droite) exhibant un de ses tatouages.

Il va avoir vingt ans dans quelques jours mais est déjà bien connu dans le département du Jura. Habitant dans un petit village à deux pas du charmant secteur de Poligny, Malik n’en est pas à son coup d’essai en ce qui concerne ses positions politiques. Un cas à la Serge Ayoub qui ne peut que poser question, car ce jeune issu de la diversité est bel et bien engagé dans une extrême droite pour le moins radicale. Sa mère fait partie d’une famille originaire de Khenchela éminente dans la région, alors que son père est un Jurassien pur jus. Un conflit familial les séparant et un terreau rural fertile aux mouvances nationalistes passant par là, le jeune subit un complexe identitaire qui le décide à rompre avec la culture de sa mère au point d’en devenir profondément raciste. Seul ou avec ses copains, Malik débute alors un périple politique qui le mène tout droit dans une pente dangereuse. Il pourrait d’abord avoir participé à l’inscription de nombreux graffitis xénophobes et néonazis dans les rues de Poligny et alentours à partir de 2010 et même avant.

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Le président de l’association gérant la mosquée de Champagnole devant les dégradations.http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0210.jpg

La dégradation de plusieurs bâtiments de la ville avait d’ailleurs ému la population, de même que l’attaque d’une mosquée le 18 mai 2011 à Champagnole avec des inscriptions du type « la France aux Français » ou encore « à mort les Arabes » signées de croix gammées. Mais malgré de forts soupçons de la plupart des habitants du secteur, il ne sera pas inquiété [« Reconnus coupables de dégradations et de tags nazis sur la salle de prière de Champagnole et à Foncine-le-Haut et de provocation à la haine raciale, au printemps dernier, un agriculteur de 39 ans et un mécanicien de 18 ans ont été condamnés hier à un an de prison avec sursis. » (Delphine Givord, Le Progrès, 11 janvier 2012) - NdJL]. Il fut cependant condamné pour des faits similaires en tant que mineur, après avoir tagué des symboles et slogans néonazis. Parallèlement les traditionnels collages et autres actions moindres deviennent le train-train quotidien, généralement pour le compte du Front national et des mouvances radicales émergentes telles que le Front comtois. De nombreuses soirées alcoolisées sont aussi à l’ordre du jour, tout à fait normales surtout en milieu rural, mais avec un thème bien sûr axé sur le glauque pour lui et les siens : la haine des étrangers et de l’islam.

Un article du site « Voix du Jura » indique d’ailleurs que la mouvance ultranationaliste notamment de Poligny apprécie particulièrement intégrer les petites fêtes, pour y faire de la propagande et parfois se battre contre les participants dont les origines ou les idées ne sont pas tolérées. Ce fut le cas d’un jeune d’origine malgache dans la nuit du 3 au 4 juillet 2011, au bal du village limitrophe de Grozon, malmené pour sa couleur sous les termes de « sale négro » et dont la petite-amie blanche sera sermonnée plusieurs heures sur les « risques de maladie des noirs » avec la sommation de le quitter. Un ami tentera de le défendre et sera frappé pour avoir « désapprouvé l’idéologie racialiste ». Lui et le tuteur du discriminé porteront plainte, malgré les menaces ultérieures par téléphone. Aucune condamnation pour le moment. Malik ne semble pas exempt de ces actes, exposant régulièrement sur son second profil Facebook (son premier ayant été cloturé début août 2010 pour de multiples injures raciales) des photos de lui en soirée. Il y exhibe parfois ses tatouages, une croix celtique au torse et une croix nazie à l’avant-bras droit comportant un W.P. (pour « white power », suprématisme blanc) et « wer will der kann » (vouloir c’est pouvoir).

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Le tatouage au bras et l’inscription Frakass (Malik est au milieu).

Une autre fois il se marque sur le front et d’autres parties du corps le nom de ses groupes de musique préférés, telle que la formation R.A.C. (rock anticommuniste) « Frakass » en stylisant la fin du nom de manière à rappeler le sigle des Schutzstaffel (S.S.). En continuant d’arpenter son profil, plusieurs autres publications inquiétantes apparaissent. Des liens comme celui sur un site anti-musulman, puis des photographies où il prend la pose avec une barre en fer sur le point de frapper un chariot, d’autres de graffitis d’une croix celtique et d’un W.P. sur une vieille voiture et par la suite incendiée avec des copains, ou encore une où il apparait avec un tee-shirt comportement le logo des S.S. On y trouve aussi une amitié avec Quentin B. et de nombreuses conversations avec cet individu, sur lequel je reviendrais dans quelques lignes.

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Malik sur une de ses motos.

Passionné des scooters et des motos, il s’investit beaucoup dans la confection et la réparation de véhicules, étant même apprenti à Besançon et dans plusieurs entreprises dès 2009 [Il travaille actuellement en fromagerie à Poligny - NdJL]. Malheureusement, malgré cette volonté sincère de s’intégrer enfin dans un cadre sain, cela ne suffira pas. On le retrouve à soutenir les auteurs d’une agression raciste à Poligny survenue le 14 juillet 2010 place des Déportés. Smahine, un militaire de 36 ans et d’origine maghrébine, est soudainement pris à partie par deux hommes munis d’un poing américain et d’une matraque télescopique qui le frappe au visage. Il aura la mâchoire fracturée et perdra connaissance. Cette affaire eut un large retentissement et les auteurs seront identifiés par des témoins, dont un certain Quentin B. [Quentin Boisson - NdJL] connu pour être le leader des néonazis polinois, et qui fut sur la liste des régionales de 2010 du Front national.

Pas étonnant alors de retrouver Malik au tribunal de Dole soutenir son ami, qui sera condamné à deux ans de prison dont dix mois avec sursis. Mais comme de nombreux ultranationalistes, il décide un temps de rompre au moins en apparence avec cet environnement violent et s’engage enfin au Front national. Cette adhésion fera d’ailleurs l’objet d’un article sur la Gazette de Besançon le 15 février 2011 où Malik explique et assume son choix « lepeniste. » Les élections passées ses vieux démons refont surface. C’est le journal Le Progrès [PuiL'Est républicain du 5 mars 2013 - NdJL] qui nous apprend sa participation à un fait divers minable le 14 juillet 2012 au bal des pompiers deVoiteur. Ils étaient une quinzaine en fin de soirée vers 2h30, à demander au D.J. de passer la Marseillaise, ce qu’il fera. Au moment des premières paroles, les gaillards entonnent des chants néonazis et autres « Sieg Heil » le bras tendu devant une centaine d’autres personnes médusées devant la scène. Les pompiers séparent alors les provocateurs du reste de la foule. L’affaire fait grand bruit et la machine judiciaire se met en place, mais au final seulement deux personnes seront identifiées : Malik, et un jeune mineur.

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Exemple de ses amis Seb et Manon, avec Bruno Gollnisch – et Yvan Benedetti en fond – (en haut), Jean-Marie Le Pen (au milieu à gauche), une soirée avec une pancarte de Marine Le Pen (au milieu à droite) et un culte au Front national (en bas).

Ce dernier fut jugé en tant que tel, alors que le majeur passe pour incitation à la haine raciale ce mardi [La présidente l'interroge sur ses motivations : « La France devient n'importe quoi. Il faut faire quelque chose. » Elle lui demande d'expliquer son comportement : « Il n'y a rien à expliquer. » Pourquoi les chants et salut nazis sont interdits ? « J'en sais rien. » Qu'est-ce que le nazisme ? « Une grosse guerre, six millions de morts pour exterminer une race. Ça n'a plus le même sens, c'est plus le même mouvement, on n'est pas extrémistes à ce point-là. » Après qui il en a : « Ceux qui détruisent la France, les phénomènes de cité. » Comment en est-il arrivé là ? « Des gens qui m'ont entraîné. Des bagarres, des choses qui ne regardent que moi. » C'est encore vos idées aujourd'hui ? « Non, penser ce qu'on veut et rien dire. » Si il connaissait ses acolytes : « Oui et non. » - NdJL]. Seul au tribunal [Il n'avait pas d'avocat - NdJL], il vient d’être condamné à quatre mois de prison ferme et un travail citoyen [Un « stage de citoyenneté » - NdJL]. C’est au moins le troisième délit qu’il commet et pour lequel il est reconnu : dégradation simple étant mineur pour des graffitis, un autre statué le 9 février 2012 pour conduite en état d’ivresse où il s’était retourné avec son scooter en tapant de la roue, occasionnant des blessures et une peine de 5500 euros d’amende et la suspension de son permis durant six mois [Lors de l'audience, la présidente du tribunal a évoqué cinq condamnations (amende, travail d'intérêt général, prison avec sursis, obligation de soin…) inscrites à son casier judiciaire de septembre 2011 (juge des enfants) à septembre 2012 : port d'arme (deux fois), conduite sans permis/défaut d'assurance, rébellion/outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. - NdJL], et celui-ci. Pas sûr que cette peine fasse plaisir au Front national, mouvement qui tente de se forger une bonne image auprès des Français et dont au moins deux militants locaux sont mouillés dans des travers peu glorieux. Malik a-t-il été exclu préalablement ou le sera-t-il sous peu ? Pas d’informations de ce côté [Au Front national, on en parle en ces termes : « Un chanteur néonazi au tribunal correctionnel de Lons-le-Saunier / Lors du bal des pompiers du 14 juillet dernier à Voiteur une dizaine de jeunes gens ont envahis la piste de danse et ont entonné des chants néonazis en tendant le bras… Deux d'entre-eux seront inquiétés pour cet acte extrêmement dangereux pour notre société. L'un, majeur sera jugé par le tribunal correctionnel de Lons pour provocation à la haine raciale le 12 mars tandis que l'autre, mineur, aura un traitement adapté à son âge d'après le procureur de la République. / C'est bien sûr un acte complètement idiot et irréfléchis commis ce soir de fête nationale alors qu'une centaine de personnes étaient présentes à Voiteur. La personne majeure démontre là une irresponsabilité politique, morale et sociale qui frôle le zéro, mais… / Dans le même temps, on ne peut pas ne pas penser que d'autres jeunes gens — qui manifestement sont proches eux aussi du zéro —, n'hésitent pas vraiment à cracher sur notre pays, son peuple — par l'intermédiaire d'enregistrements musicaux de rap en accès totalement libre — sans se voir inquiétés d'aucune façon. » (Guillaume Schirer, sur Le blogue de Yann Redekker, blogue de soutien au FN et au Rassemblement Bleu Marine, le 4 mars 2013) - NdJL]. Mais le profil Facebook indique toujours une adhésion. Et nombreux sont ses petits copains potentiellement présents au bal qui prennent la pose avec Jean-Marie Le Pen, Bruno Gollnisch, ou qui ont comme papier-peint Marine Le Pen.

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Pour autant malgré la sentence, la réjouissance n’envahit pas le cœur des antifascistes. Nombre d’exactions, graffitis néonazis et tabassages en tête, restent encore mystérieusement impunis. La rumeur court que plusieurs personnes proches du milieu de la gendarmerie [À commencer par des fils de gendarmes - NdJL] pourraient être impliquées d’où un cruel manque de volonté d’interpeller les individus notoires qui y seraient mêlés [Il est à noter que si les néonazis avaient renoncé à leur manifestationprojetée à l'Oppidum de Champagnole en réponse à celle du 25 septembre 2010 à Poligny, c'est que les gendarmes avaient alors appelé les parents un par un ; et que d'autre part on n'a pas permis à SOS Racisme de se porter partie civile dans l'affaire Quentin Boisson - NdJL]. Cette histoire nous enseigne cependant deux choses : la haine n’a pas de visage et peut frapper n’importe qui, y compris un jeune d’ascendance maghrébine tombant dans ces délires aryens [« Ils ont pris l'Arabe de service, Malik Bouffon ! » - NdJL]. Et, ensuite, que la vigilance est encore une fois de mise à la vue de cette énième affaire de néonazis en Franche-Comté. Ces sinistres individus sont marginaux et tentent d’obtenir une existence médiatique et populaire par ces faits graves, mais ceci ne doit pas être un prétexte pour les passer sous silence et sont bien au contraire une raison supplémentaire de prendre conscience et de s’insurger face à ces cloportes qui souhaitent gangréner par leurs idées nauséabondes nos rues et nos villages.

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« Le radar de la déviation de Champagnole situé sur la RN5 a été victime de dégradations empêchant le fonctionnement de l’appareil. Ce radar aurait été bombé de peinture noire durant le week-end [des 22 & 23 septembre 2012 - NdJL]. Ce n’est que lundi que la brigade de gendarmerie de Champagnole a constaté le délit. Le radar a été couvert de croix gammées noires (…) La brigade de Champagnole n’a pu détecter d’empreintes, ni retrouver les bombes de peinture à proximité. » (LeProgres.fr, 27 septembre 2012)

Toufik de Planoise, 12 mars 2013

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