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12 février 2013 2 12 /02 /février /2013 13:32

Affaire Ajimi : les policiers condamnés en appel

JUSTICE – Ce lundi, la cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé les peines infligées aux policiers condamnés il y a un an à Grasse, pour la mort de Hakim Ajimi.

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Le père de Hakim Ajimi, Boubakar Ajimi répond aux questions des journalistes ce lundi à Aix-en-Provence, après la confirmation par la cour d’appel de la condamnation de trois policiers à 6, 18 et 24 mois de prison avec sursis.

Un an après le procès de Grasse, les condamnations des deux policiers de la Brigade anti criminalité et du policier municipal de la commune qui avaient participé à l’interpellation fatale à Hakim Ajimi ont été confirmées ce lundi à Aix-en-Provence. La cour d’appel a reconnu coupables d’homicide involontaire les deux fonctionnaires de police et les a condamnés à respectivement 18 et 24 mois de prison avec sursis, suivant exactement les réquisitions du parquet.

Pourvoi en cassation

“Mes clients ne s’y attendaient pas du tout, ils espéraient une relaxe, ils sont très surpris” a indiqué à Metro leur avocat niçois, Me Joël Blumenkranz. “Nous allons déposer un pourvoi en cassation, au moins à titre conservatoire, le temps de prendre connaissance des motifs car la cour à indique qu’ils n’avaient pas été condamnés pour les mêmes motifs qu’en première instance à Grasse”.

La cour a également retenu le délit de non-assistance à personne en danger à l’encontre du policier municipal de Grasse, qui voit sa peine de 6 mois de prison avec sursis confirmée.

“La famille Ajimi est enfin satisfaite, elle espère que s’en est terminé après tant d’années de procédure” a confié l’avocat de la partie civile, Me Franck de Vita.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Michel Bernouin à Nice, Metrofrance.com, 11 février 2013)

 

(…) La cour d’appel a toutefois assorti ces condamnations d’une “substitution des motifs”, qui n’ont pas encore été énoncées. En première instance, les policiers avaient été condamnés pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger. Par ailleurs, la cour a élargi le nombre de personnes pouvant bénéficier de dommages-intérêts aux oncles et tantes du jeune homme décédé. (…)

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 11 février 2013)

 

(…) Pour la famille du jeune homme de 22 ans, mort asphyxié parce que les policiers avaient pratiqué une clé d’étranglement trop fort et trop longtemps au cours de son interpellation, l’émotion était forte à la sortie de l’audience : « On est soulagés. Au moins, on sait qu’ils sont coupables, même si ce sont des coupables protégés », a déclaré à la sortie de l’audience Boubaker Ajimi, le père du jeune homme décédé en 2008, qui avait dénoncé une justice à deux vitesses lorsque le tribunal avait condamné les trois hommes à des peines de prison avec sursis le 18 janvier dernier. (…)

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Une mobilisation de soutien et en mémoire d’Hakim Ajimi à Grasse (Alpes-Maritimes), le 12 janvier 2013.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 11 février 2013)

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 12:54

Un homme est mort : nous ne laisserons jamais dire que “rien n’a eu lieu”

Mardi 12 février 2013, audience d’appel à la cour d’appel de Versailles suite à l’ordonnance de non lieu de septembre 2012.

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Photos de la premiere commémoration de l’interpellation de Abou Bakari Tandia. Parents, amis, connaissances, citoyens réunis dans la nuit et le froid le 5 décembre 2005.

Abou Bakari Tandia est mort il y a 8 ans, le 25 janvier 2005.

Homme, noir, sans papiers en règle – garde à vue – coma – mort. Cet enchaînement est-il inéluctable ? N’y a-t-il rien à revoir dans le fonctionnement de notre société à ce sujet ?

Comment est-il mort, pourquoi est-il mort ? Sans réponses, point de repos pour la famille et les proches du jeune malien.

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Pourtant mesdames Morel et Bernard, juges d’instruction au Tribunal de Grande Instance de Nanterre, ont rendu une ordonnance de non lieu le 26 septembre 2012, après des années de procédures entachées d’irrégularités : pièces du dossier médical égarées, retrouvées, vêtements absents ou ne correspondant pas à ceux de la victime, dénigrement insidieux de la victime…

Une dernière expertise médicale a été préférée aux trois premières, pourtant réalisées par les irréprochables légistes de l’institut médico légal, qui infirmaient de fait la version policière.

Cette dernière expertise a permis aux juges d’instruction de Nanterre de conclure « que le comportement et les actes effectués par les fonctionnaires de police présents lors de la garde à vue de Monsieur Tandia au commissariat de Courbevoie n’ont aucun lien avec son décès ».

La famille partie civile a fait appel de ce non lieu et l’audience d’appel se tient ce mardi 12 février à la cour d’appel de Versailles, à 9h. Maître Yassine Bouzrou y présentera son mémoire en appel.

Au sujet de ce non lieu, qui s’inscrit dans une véritable épidémie de non-lieux prononcés dans d’autres affaires de violences policières, toutes listées dans le rapport d’Amnesty International sur les violences en France, lire aussi :

- l’article d’Amnesty International Amnesty international (cliquez ici).
- l’article de Valérie Mahaut pour le Parisien (cliquez ici)
- l’article de Résistons Ensemble contre les violences policières (cliquez ici)

Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia, 10 février 2013

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 11:37

La brutalité de la police égyptienne mise à nu

Faute d’avoir été réformée [LOL - NdJL], elle poursuit les mêmes exactions que sous le règne de Moubarak.

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VOIR LA VIDÉO – Des policiers égyptiens frappent Hamada Saber Mohammed Ali après l’avoir déshabillé lors d’affrontements près du palais présidentiel, vendredi au Caire.

C’est l’histoire d’un ouvrier égyptien de 50 ans, un manifestant parmi tant d’autres, venu déverser sa colère devant le palais présidentiel. Ce vendredi 1er février, la vie de Hamada Saber Mohammed Ali a tristement basculé en l’espace de quelques minutes: sauvagement molesté par les forces anti-émeute, il est traîné au sol et dévêtu de force avant de disparaître dans un fourgon blindé. La scène, filmée en direct par les caméras de la chaîne ONTV et aussitôt relayée sur la Toile, provoque l’émoi à travers le pays. « La torture a dénudé le régime », titre deux jours plus tard le quotidien al-Masri al-Youm.

En fait, au-delà de leur caractère insoutenable, ces images ont révélé au grand jour la brutalité de la police égyptienne qui, deux ans après la « révolution du Nil », reste abonnée aux exactions dont l’ancien régime s’était rendu célèbre. « Sous Morsi, c’est même pire et plus violent que sous Moubarak. À l’époque, ça se passait en catimini. Aujourd’hui, la police n’a même pas honte de perpétuer ces pratiques en public », vocifère Manar Kamel.

L’avocate égyptienne, membre de l’ONG Egypt Initiative for Personal Rights, parle en connaissance de cause. Sur la seule journée du vendredi 25 janvier, date anniversaire de la révolution, elle a recensé une centaine d’arrestations arbitraires de personnes en marge des manifestations. Parmi elles, deux sœurs, connues sous le nom d’Amira et Sara. Ce jour-là, elles prenaient des photos depuis le balcon de leur immeuble situé à l’angle de l’avenue Qasr al-Aïni, un des terrains de bataille entre la police et les protestataires.

Amira et Sara « vivent cachées et n’osent pas rentrer chez elles »

Dans la rue, un policier les repère. Furieux, il fait irruption sur leur palier, accompagné de plusieurs gros bras. Sans préavis, ils enfoncent la porte de l’appartement, et saccagent tout sur leur passage : meubles, chaises, ordinateurs. Les deux sœurs sont emmenées au commissariat le plus proche où elles sont accusées, à leur grande surprise, de jet de cocktails Molotov, de trafic de drogue… et de prostitution – avec comme seule « preuve » le fait qu’elles vivent sans leurs parents. Libérées le lendemain contre une caution de 1000 livres égyptiennes, elles ignorent si elles seront convoquées ultérieurement au tribunal et quand. « En attendant, elles vivent cachées et n’osent pas rentrer chez elles par crainte d’être de nouveau attaquées », poursuit Manar Kamel.

Car par les temps qui courent, un « accident » est en effet vite arrivé. Comme celui, mystérieux, de Mohammed al-Guindi, ce membre du Courant populaire, le parti de l’opposant Hamdine Sabahi, retrouvé ce jeudi dans un état de mort clinique à l’hôpital Dar al-Hilal, quatre jours après sa disparition. Mais à la thèse de l’accident de la route évoquée par l’hôpital, son avocat, Mohammed Abdel Aziz, oppose celle d’actes de torture infligés par un officier de police, sur la base de témoignages d’autres personnes arrêtées. « S’il est une chose qui a changé depuis l’ère Moubarak, c’est la brutalité encore plus excessive de la police et la privatisation du ministère de l’Intérieur qui roule aujourd’hui pour les intérêts des Frères musulmans », observe, amer, Mohammed Abdel Aziz.

Humilié physiquement et psychologiquement

Pour lui, « il faut à tout prix réformer la police » face à la dissymétrie croissante entre toutes ces arrestations de civils et l’acquittement de nombreux policiers impliqués dans les actes de violence de ces deux dernières années. Si la tragique mésaventure de Hamada Saber Mohammed Ali a mis en exergue l’urgence d’une telle réforme, celle-ci est pourtant loin d’être engagée. Humilié physiquement, le pauvre homme l’a également été psychologiquement.

Actuellement alité dans un hôpital de Héliopolis rattaché aux forces de l’ordre, il a fait une brève apparition télévisée, ce samedi, pour incriminer – vraisemblablement sous la contrainte – les manifestants et non les policiers, qui l’auraient en fait « sauvé ». Après quelques cafouillages maladroits venant du bureau du président Morsi, le ministère de l’Intérieur a, pour sa part, présenté ses excuses pour la tragédie de vendredi, tout en évoquant un « acte isolé ».

Presse contre-révolutionnaire (Delphine Minoui, correspondante au Caire, LeFigaro.fr, 3 février 2013)

 

Des affrontements éclatent au siège de la sécurité d’Alexandrie
Clashes break out at Alexandria’s security headquarters

Alexandrian protesters express rage at torture case captured on camera in Cairo.

The vicinity of Alexandria’s security governorate saw fierce clashes after protesters locked horns with police forces on Saturday evening.

Protesters voiced anger after a video that showed a grown man beaten up, stripped and dragged on the asphalt late Friday near Cairo’s presidential palace.

As tensions escalated near Alexandria’s security governorate, police forces fired rounds in the air as demonstrators lit up fireworks and flares.

Both sides also exchanged stones as a number of civilians were arrested.

Egypt has been hit by turmoil since 25 January – the second anniversary of the 2011 Revolution.

Presse contre-révolutionnaire (Ahram Online, 2 février 2013)

 

Dragged man retracts previous testimony, accuses police of beating him

Hamada Saber, the man who was filmed being beaten by police outside the presidential palace, denied the statement he made to the prosecutor general, in which he said he was attacked by the protesters, and accused police of beating, stripping and dragging him, various media outlets reported Sunday.

Video footage showed that security forces dragged Saber, 48, through the streets, stripped him naked and beat him with batons before forcing him into an armored vehicle.

The attack, captured by Al-Hayat and ONtv satellite channel cameras, came amid clashes in front of the palace between security forces and opponents of President Mohamed Morsy’s rule.

The video was widely circulated through privately satellite channel and social networking websites.

On Saturday, top media outlets in the country reported that Saber denied reports that security assaulted him. Prosecutors claim he told them that protesters assaulted him, thinking he was from the security forces because he was wearing black. Channel One, the main state TV channel, interviewed Saber, who was lying on bed in a police hospital, saying police didn’t beat him.

The testimony caused public uproar, given the fact that Saber has a low income and lives in difficult conditions in the working-class area of Matariya.

Some privately owned channels visited his house, and anti-Morsy media host Wael al-Ibrashy called Saber’s son Saturday, saying police pressured his father to change his testimony.

His son Ahmed told Al-Masry Al-Youm Sunday that his father telephoned him Sunday, cried and told him that he was under pressure and terrorized. Then he asked him to get him out of the Police Hospital and take him home or to any other hospital.

“The police forced my father to lie,” he told Al-Masry Al-Youm. “He did not know the incident was filmed.”

He pledged to march with his relatives and take his father out of the hospital.

The prosecutor ordered Sunday that Mohamed be transferred to a hospital other than the Police Hospital for treatment.

On Friday, the Interior Ministry said it regretted the stripping and beating of a protester earlier in the day during the clashes in front of Ettehadiya Presidential Palace.

Saber’s treatment comes amid violence in the country that broke out after the two-year anniversary of the 25 January revolution. At least 57 people have died in the nationwide violence, according to Reuters.

Presse contre-révolutionnaire (Mohamed Hesham, EgyptIndependant.com, 3 février 2013)

 

“La colère est très forte et elle existe partout”

Depuis le 25 janvier, jour du deuxième anniversaire du déclenchement de la révolution égyptienne, la contestation n’a fait que s’amplifier. Jour après jour, des milliers de manifestants ont dénoncé la main-mise sur le pouvoir par les Frères musulmans. Les manifestations pacifiques auxquelles avait appelé le Front du Salut National, la principale force d’opposition, ont donné lieu à des scènes de guerilla urbaine. Le soir du 1er février, devant le palais présidentiel, des milliers de manifestants se sont livrés à une bataille rangée avec les forces de l’ordre. Le 2 février encore, ils étaient plusieurs centaines de manifestants à jeter des pierres et des cocktails molotov contre l’enceinte du bâtiment. En une semaine, les émeutes violement réprimées se sont soldées par plus de 60 morts. Une vidéo montrant un homme nu, battu par des policiers, n’a fait qu’aviver la colère des manifestants. Ils appellent désormais à la démission du ministre de l’Intérieur Mohamed Ibrahim qui a annoncé une enquête.

En Égypte, les organisations de défense des droits de l’homme sont des observateurs privilégiés. Ces deux dernières années, ils ont collecté d’innombrables témoignages sur les brutalités des forces de l’ordre, constaté l’immobilisme des pouvoirs politiques et la colère grandissante qui gagne peu à peu toute la société. L’Initiative égyptienne pour les Droits de la Personne est en première ligne, l’une de ses membres, Magda Boutros a accepté de répondre à nos questions.

ARTE Journal : Quelle a été votre réaction quand vous avez-vu cette vidéo ?

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/088.jpgMalheureusement nous n’avons pas été surpris. Avec notre organisation, cela fait deux ans qu’on travaille sur les violences policières. On sait que ce genre de choses arrive pratiquement quotidiennement. De la part de la police, mais aussi des militaires quand ils étaient au pouvoir. D’autres vidéos de ce genre existent. Des vidéos montrant la police en train de brutaliser des manifestants ou des individus dans d’autres circonstances. Ce qui fait que malheureusement quand on voit ce genre de vidéo, on est pas vraiment surpris. Ces violations de la police sont systématiques. Dans notre organisation, on poursuit des investigations dans des affaires de brutalités policières. On a des affaires de tortures dans des lieux de détention, que ce soit dans les prisons ou dans les postes de police, qui peuvent parfois mener à la mort. On a aussi suivi des affaires impliquant l’usage d’armes à feu. Exemple : il y a une dispute dans la rue entre une personne et un policier, le policier sort son arme à feu et tire. Il blesse ou il tue la personne. Au cours de ces 2 premières années de la révolution, ça a été très difficile pour nous de savoir exactement le nombre de violences et de brutalités policières. Mais au moins dans les affaires qu’on a pu suivre en détail, on a pu recueillir le témoignage des victimes ou des témoins, et on a pu suivre les investigations criminelles. Et on a relevé plus de 20 cas de personnes tuées de manière illégale par la police.

Est-ce que vous constatez une augmentation des violences contre les manifestants ?

Depuis la chute de Moubarak, la violence contre les manifestants est pratiquement constante. Lorsque l’armée était au pouvoir, il y a eu des violences très fortes contre les manifestants. En novembre 2011, lors de la bataille de la rue Mohammad Mahmoud au Caire, il y a eu 45 personnes tuées par la police, un mois plus tard en décembre, il y a eu 17 personnes tuées par l’armée devant le conseil des ministres. Plutôt en octobre, il y avait l’affaire Maspiro (l’attaque contre la manifestation pacifique des Coptes) où 25 personnes avait été tuées par l’armée, etc… Depuis le début de la révolution, que ce soit avant ou après Morsi, les violences commises contre les manifestants sont constantes. Et ce qu’on voit aussi et qui reste constant, c’est que les forces de police ou de l’armée nient ces faits. Même quand il y a des vidéos qui prouvent que les forces de police tirent à balles réelles sur les manifestants, même quand il y a des rapports médicaux, des rapports d’autopsie qui prouvent que ces personnes sont mortes tuées par des armes à feu, la police nie les faits.

Si vous avez suivi ce qui s’est passé pour cet homme qui a été dénudé et frappé par la police, ils ont fait en sorte qu’il apparaisse ensuite à la télévision en disant que ce n’était pas la police qui l’avait dénudé, ni frappé, que c’était les manifestants et que la police au contraire l’avait protègé des manifestants. Ce qui bien sûr au vu des images, est totalement faux. Il est apparu dans une autre vidéo où il explique que les policiers lui ont demandé de dire ça. C’est juste un exemple, mais beaucoup d’affaires sont bien plus violentes et mènent à la mort, et le ministère de l’Intérieur refuse de reconnaître les crimes commis par les officiers de police, les fautes commises par les officiers de police. On a un système judiciaire en Égypte qui protège les officiers de police et leur assure l’impunité.

Dans les affaires qu’on a suivi depuis le début de la révolution jusqu’à aujourd’hui, les affaires de la révolution et les affaires de torture ou de meurtre, dans 90% voire 95% des cas, les officiers de police sont acquittés ou les affaires n’arrivent même pas devant les tribunaux. Car le procureur général travaille à faire en sorte que la police ait une immunité et ne soit pas poursuivie. On a aujourd’hui une police qui n’a absolument pas changé ses pratiques. Les lois qui règlent le travail de la police n’ont pas changé depuis Moubarak, on est toujours avec les mêmes lois qui gouvernent l’utilisation de la force et des armes à feu. Il n’y a eu aucun changement au niveau des mécanismes de contrôle de la police et on a un système judiciaire qui depuis Moubarak et aujourd’hui encore, protège la police et l’armée, et préserve leur impunité. Et donc ce qu’on voit aujourd’hui c’est le résultat naturel de cette absence totale de réforme, de cette absence de volonté politique de changer le système sécuritaire égyptien. Et cela peut s’aggraver encore s’il n’y a pas une volonté politique de changer les choses, et il faudra un changement radical et pas seulement de belles paroles comme on en entend depuis deux ans.

Pourtant la réforme de la police et de la justice étaient des priorités pour les révolutionnaires ?

Pour commencer les manifestations, les révolutionnaires avaient choisi le 25 janvier, c’est le jour de la fête de la police en Égypte. Ce n’était pas un hasard. Ils l’ont choisi exprès pour adresser un message fort et dénoncer les violences policières. Et aujourd’hui encore, le 25 janvier est le jour de la fête de la police.

Peut-on parler d’une nouvelle révolution en cours, d’un nouveau soulèvement, cette fois contre les Frères musulmans et le régime du président Morsi ?

Moi je préfère parler d’une révolution qui continue. Des figures peuvent avoir changé, la tête du régime a peut être changé, mais le régime est toujours là. Il n’a pas changé, le régime policier, sécuritaire n’a pas changé. La révolution continue contre ce même régime pour lequel ils sont descendus dans les rues le 25 janvier 2011. Quelque soit la façon dont on appelle ça, une deuxième révolution, une deuxième vague, il y a les mêmes revendications, les mêmes problèmes qui existent encore et qui sont peut-être encore pire aujourd’hui. Donc oui, la révolution continue, comme on dit ici.

Le régime du président Morsi est-il menacé ?

La colère est très forte et elle existe pratiquement partout. Que ce soit des demandes sociales, économiques, les demandes de respect de la dignité humaine, les demandes relatives au coût de la vie, toutes ces choses là ne s’améliorent pas. La colère existe et elle est très fortement ressentie en Égypte, donc tout est possible.

Presse contre-révolutionnaire (Évelyne Herber, Arte.tv/fr, 3 février 2013)

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5 février 2013 2 05 /02 /février /2013 11:27

Petite leçon de “matricule” pour Manuel Valls

On a entendu dire que le numéro de matricule allait revenir sur l’uniforme des fonctionnaires de police. Manuel Valls veut qu’on puisse identifier les flics lors de leurs interventions. Bien entendu, il y aura juste un numéro et rien de plus. On a appris le 31 janvier que le matricule comporterait 6 chiffres sur une bande de scratch et par la suite sur une plaque. On peut allègrement s’imaginer (au vu des informations qui traînent sur les réseaux sociaux et sur les forums) que des traffics de numéros de matricule seront très vite mis en place par les flics eux-mêmes. Certains vicieux pensent déjà à mettre de faux numéros, ou ne pas mettre le scratch histoire de bien enfoncer un peu plus les personnes envers lesquelles ils auront commis des violences et retourner la situation à leur avantage.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/08.jpgEn realité, tout cela n’est qu’un coup de communication du Ministère de l’Intérieur. Un de plus. On s’imagine à peu près les réunions entre Valls, ses conseillers et les “experts” en securité (Bauer, toujours lui !) : “Bon allez, on va coller un numéro de matricule sur le torse de nos gars [sexisme oblige], ça calmera la plèbe [mépris de classe oblige] et ça pacifiera [aaah, la bonne vieille pacification sociale !] les rapports entre la police et la population”. L’auto-satisfaction est la plus grande vertu des politiciens.

On souhaite donc montrer au Ministère de l’Intérieur à quoi doit ressembler une véritable identification des fonctionnaires de police, à partir de l’exemple donné par les copwatcheurs du district Ouest de Denver (États-Unis) et dont voici le site internet.

Aux États-Unis, dans certains États la loi est très stricte au sujet de l’identification des flics : si un fonctionnaire refuse de s’identifier ou cache son “badge number” et qu’il est pris en photo, il peut être attaqué en justice par la personne qui le lui a demandé. De plus, chaque flic (quel que soit son grade) dispose d’une carte professionnelle qu’il doit présenter à la personne qui le lui a demandé. Reste à prouver qu’il le font vraiment, mais en tout cas les possibilités de recours juridiques dans le cas inverse permettent régulièrement d’obtenir gain de cause. Ce qui n’empêche pas la police de “baver”, bien évidemment.

Les syndicats de police et le Ministère de l’Intérieur de Guéant nous ont attaqué sur les éléments de précision de certaines bases de données que nous avons constituées. Le Ministère de l’Intérieur aurait pourtant dû jeter un œil aux bases de données américaines qui, on peut le dire, sont bien plus fournies que les nôtres. Car non, les copwatch américains ne sont pas les amis des flics : ils sont tous indépendants, ont leur propre réseau d’informations, de diffusions et d’avocats, défendent la population face à la police et n’hésitent pas mettre les flics en taule et à attaquer l’État. Le copwatching à l’anglo-saxonne ne fait pas de cadeaux, car derrière sa façade légaliste se cache une stratégie de lutte implacable contre les violences policières. Si la loi le permet, pourquoi ne pas en profiter ?

Voici pour exemple le cas du sergent Robert Motyka, que montre la capture d’écran ci-dessous. Le terme “identification” que nous employons souvent prend ici tout son sens. Il n’est pas seulement question d’un numéro, mais d’une fiche signalétique complète du personnage (contenant des informations non privées). Sans faire l’éloge du système américain, qui est loin d’être chouette, on pourrait néanmoins y voir une certaine transparence…

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Sergent Robert Motyka, police de Denver, 1er district.

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Exemple de carte d’identification du Lieutenant Steve Wilson.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/07.jpgOn rappelle à François Hollande sa belle promesse de campagne visant à lutter contre les contrôles au faciès (voir à ce propos la campagne du collectif Stop le Contrôle au Faciès) et diffusée à grand renfort d’affiches et d’autocollants. On se souvient très bien de la propagande populiste et coûteuse faite par les socialistes à l’époque…

Comment réagira le Ministère de l’intérieur, toujours aux petits oignons avec les syndicats de flics, lorsque ceux-ci monteront au front pour s’insurger contre l’instauration du matricule ? On les entend déjà s’écrier au sujet “des conditions catastrophiques dans lesquelles ils travaillent et du flicage dont ils sont victimes”. C’est l’arroseur arrosé !

Avec des numéros, ils seront plus faciles à compter ! Ça promet…

P.-S. : On peut même géolocaliser grâce à des scans les positions des flics de Denver.Voici le lien.

Copwatch Nord – Île de France, 3 février 2013

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 11:59

Samedi 2 février 2013, quatre anarchistes ont été arrêtés par la police grecque à la suite d’un braquage de deux banques dans la ville de Kozani. Yannis Michailidis, Dimitris Bourzoukos, Dimitris Politis, Nikos Romanos ont été ensuite longuement torturés, comme en attestent les photos suivantes.

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Dimitris Politis

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Yannis Michailidis

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Dimitris Bourzoukos

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Nikos Romanos

Les parents de Dimitris Bourzoukos ainsi que son avocat, n’ont pas pu communiquer avec lui ni prendre de ses nouvelles pendant 48 heures. Lorsqu’ils ont enfin pu le voir, ils n’ont pas pu le reconnaître tant son visage était tuméfié. Ce dernier a déclaré avoir subi, comme les autres, des tortures pendant quatre heures, menotté, agenouillé et les yeux couverts d’un foulard. Ses bourreaux l’ont frappé gravement à la tête, au visage, au ventre, lui ont arraché délibérement les cheveux… Ces tortures ont eu pour conséquences du sang dans ses urines, des vertiges, des maux de tête, des ecchymoses sur tout son visage…

Malgré tout cela, Dimitris Bourzoukos est resté solide, a conservé sa dignité et son moral n’est pas ébranlé.

En ce qui concerne les autres détenus, il n’y a aucune information sur leur état actuel, tandis que les parents de Bourzoukos ont pu dénoncer publiquement les faits.

Comme souvent lorsqu’il s’agit d’anarchistes, la police a publié sur son site les photos des quatre arrêtés. Mais comme il saute aux yeux lorsqu’on les regarde, les graphistes en herbe de la police grecque ont tenté de dissimuler le travail de leurs collègues, sans succès.

Reçu le 3 février 2013

 

Grèce : Arrestation de deux membres présumés des Cellules de Feu

Yannis Michailidis et Dimitris Politis ont été arrêté le 1er février par la police à Athènes avec deux autres personnes. Ils étaient recherchés pour participation à l’organisation révolutionnaire anarchiste la Conspiration des Cellules de Feu. La police tente de les impliquer dans deux attaques de banques dans la région de Kozani (nord de la Grèce).

Secours rouge/APAPC, 2 février 2013

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:14

 

4 nouvelles arrestations ont été effectués ce samedi matin à Kozani, ville du Nord de la Grèce. Les détenus, âgés de plus ou moins 19 ans, sont accusés d'avoir participé à deux braquages dans la région. Les deux des quatre arrêtés sont déjà accusés pour implication dans l'organisation anarchiste armée ''Cellules du feu''.

 

Ci-joint le video de leur arrivé à la préfecture, ou on voit clairement que leur arrivée se fait sous l'oeil des caméras, et que toute la mise en scène soutient activement le discours démagogique ridicule anti-terroriste des médias, qui ne mentionnent même pas le fait qu' au moins  deux des quatre personnes ont clairement été torturés pendant leur séjour chez la police. Lors de l'arrestation, un des arrêtés fut publiquement battu par la police, selon un témoin. Leurs photos ont été diffusés par la police et les médias, après traitement Photoshop, de très mauvaise qualité apparemment.

 

reçu par mail

 

 

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3 février 2013 7 03 /02 /février /2013 12:13

Abou Bakari Tandia / appel / contre non-lieu

7 ans après la mort d’Abou Bakari Tandia, Malien mort en janvier 2005, après sa garde à vue au commissariat de Courbevoie, la juge d’instruction vient de prononcer un non-lieu pour les 5 policiers présents au commissariat.

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La famille poursuit son combat, elle a décidé de faire appel.

L’audience d’appel est fixée au mardi 12 février 9h à la cour d’appel de Versailles, 5 rue Carnot, Versailles. Pour y aller : RER-C, descendre à Versailles-rive gauche, puis 12 minutes à pieds.

Venez nombreux ! Solidarité !

Infozone, 31 janvier 2013

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 11:05

Palaces et escorte de stars : les extras de la BAC de Paris

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/0124.jpgENQUÊTE. Soirées huppées dans les grands hôtels, protection de stars : des policiers parisiens mènent de très discrètes missions annexes…

Les invités n’ont rien vu. Il est 1 heure du matin, ce 28 novembre 2012, au Shangri-La, dernier-né des palaces parisiens, et la foule des VIP réunie par le joaillier Chopard dans le restaurant de l’hôtel dîne et devise comme si de rien n’était.

Sous l’imposante verrière construite à la fin du XIXe siècle pour le prince Roland Bonaparte, ex-propriétaire des lieux, des mannequins virevoltent pour présenter les dernières créations de la manufacture suisse, dont les parures ou les montres de luxe séduisent les stars et les politiques, de Tom Cruise à Sophie Marceau en passant par Bill Clinton ou le prince Charles.

Solitaires de saphir, colliers de perles ou pendentifs d’émeraude. Est-ce l’éclat des bijoux ou celui de leurs présentoirs vivants, drapés dans des robes Elie Saab ? Le chanteur Lionel Richie, vieille gloire des années 1980, semble ne se rendre compte de rien et continue d’applaudir à tout rompre.

La “police” des vigiles

Mais, dans les coulisses, c’est la panique. Des inspecteurs du Cnaps, le Conseil national des Activités privées de Sécurité, la “police des vigiles”, ont débarqué à l’improviste et passent en revue la trentaine de gardes du corps déployés pour l’occasion. Plus de la moitié sont en infraction ! Certains ne possèdent pas de carte professionnelle et d’autres, étrangers, n’ont même pas de titre de séjour… Les responsables de Startcom, la société qui sécurise la soirée, sont introuvables. L’équipe du Cnaps dresse des procès-verbaux, interroge, saisit.

À 3 heures du matin, la fête s’achève. Un à un, les invités prennent congé, sans oublier de poser pour les traditionnelles photos à paraître dans les rubriques people. Lionel Richie étreint la présidente de Chopard, la Suisse Caroline ScheufeleGruosi, il sourit sous les flashes, puis monte dans sa limousine. Dans le restaurant déserté ne restent que les extras qui
entassent verres et assiettes sur les chariots et les petites mains qui rangent les bijoux dans leurs écrins.

Branle-bas de combat chez les “bœuf-carottes”

Les inspecteurs du Cnaps observent la scène : ils attendent l’arrivée des transporteurs de fonds qui vont rapporter bagues et colliers place Vendôme, siège du bijoutier. Mais, lorsque ceux-ci arrivent, surprise ! Ce sont des hommes de la BAC de Paris en civil… Munis de leurs armes de service, quelques-uns portent même des gilets pare-balles estampillés “police”.

Le face-à-face est tendu : ne comprenant pas qu’on ose leur poser des questions, les flics rabrouent les inspecteurs du Cnaps. Jusqu’à ce que ces derniers leur mettent leurs cartes sous le nez et exigent, en retour, les papiers des vrais faux policiers… Le rapatriement des bijoux se fait dans un silence de plomb.

Lorsque le Cnaps transmet, quelques jours plus tard, à la Préfecture de Police de Paris une note résumant sa descente au Shangri-La, c’est le branle-bas de combat boulevard du Palais. L’Inspection générale des Services (IGS), les redoutés “bœuf-carottes” parisiens, lance immédiatement une enquête administrative sur ces policiers de la BAC qui arrondissent leurs fins de mois dans les grands hôtels.

Après Michel Neyret et les rackets de la BAC de Marseille

Théoriquement, les fonctionnaires ont le droit d’exercer un emploi “secondaire”. Mais après avis d’une commission de déontologie, et quand cet emploi ne nuit pas à la “neutralité” et à “l’indépendance” du service. Inutile de dire que vigile n’entre pas dans cette catégorie…

Ce délicat dossier est suivi de très près, et sans qu’à ce jour rien n’en ait encore filtré, par le préfet de police de Paris, Bernard Boucault. L’ancien directeur de l’ENA, qui a remplacé le très sarkozyste Michel Gaudin, limogé après la victoire de François Hollande, entend frapper un grand coup contre les filières de travail clandestin au sein de la préfecture parisienne, souvent qualifiée d’”État dans l’État”.

Les cadeaux des truands au commissaire Michel Neyret à Lyon et surtout le racket des dealers par la BAC de Marseille ont déjà écorné l’image de la police. Il faut absolument éviter d’ébruiter cette nouvelle affaire de “tricoche”, terme qui désigne, chez les policiers, le travail au noir (le “tricocheur” joue sur les deux tableaux : une maille à l’endroit, une maille à l’envers).

Flics “à la pige”

Selon nos informations, pourtant, pas moins de neuf sociétés et trois fonctionnaires sont aujourd’hui dans le collimateur de l’IGS. Certaines ont allègrement puisé dans les effectifs de la BAC parisienne et détourné ses policiers en civil de leur mission première (la lutte contre la délinquance) pour les “louer” à des organisateurs de fêtes et galas. Ces flics “à la pige” effectuant le plus souvent leurs prestations avec leurs véhicules de service ou même leurs scanners et autres coûteux équipements électroniques, strictement réservés à la police.

Startcom, qui sécurisait la soirée Chopard au Shangri-La, a poussé encore plus loin la “synergie” : cette société domiciliée à Villejuif est présidée par une certaine Stéphanie Bonhomme, qui se révèle être l’épouse de Thierry Bonhomme… un policier de la BAC.

À la même adresse, on trouve une autre SARL, Startcom Radiocommunication, dont le gérant, Nabil Drissi, est lui aussi fonctionnaire de la BAC. L’enquête de l’IGS est toujours en cours et, à ce jour, aucun des deux hommes n’a fait l’objet d’une sanction administrative ou pénale. Ces deux entreprises, créées à l’été 2012, n’ont même pas attendu d’avoir les autorisations nécessaires pour exercer leur activité.

“Plusieurs dizaines” de vigiles exerçant sans permis

C’est le Cnaps, établissement public placé sous la tutelle du ministre de l’Intérieur, qui délivre ce précieux vade-mecum. Le Cnaps, autorité de régulation, sans pouvoir d’enquête, a été mis en place sous la présidence de Nicolas Sarkozy et officiellement inauguré par Claude Guéant en janvier 2012, quelques mois avant qu’il ne quitte la place Beauvau. Son président n’est autre qu’Alain Bauer, un proche de l’ancien chef de l’État, dont il fut le conseiller, mais aussi un ami intime de Manuel Valls.

Quand le criminologue a ajouté à la liste de ses activités, déjà fort nombreuses, la direction du nouvel organisme censé superviser la sécurité privée, il a promis de mieux organiser “une profession en forte croissance” (près de 6.000 entreprises employant 160.000 personnes) et de la doter d’un “code de déontologie”.

Depuis, le Cnaps a effectué “près d’un millier d’inspections”, dit Bauer, et découvert “plusieurs dizaines” de vigiles exerçant sans permis. Parmi eux, combien de policiers en exercice ? Alain Bauer ne donnera pas de chiffres. Vérification faite, un seul cas de fonctionnaire travaillant au noir a déjà été instruit par le Cnaps en dix mois d’inspection.

Gros bras pour les soirées

Bonhomme et Drissi n’en sont pourtant pas à leur coup d’essai. Selon le directeur de la sécurité d’un palace parisien, les deux hommes évoluent depuis plusieurs années dans l’univers très fermé de l’hôtellerie de luxe, où ils fournissent des gros bras pour les soirées, n’hésitant pas à payer de leur personne en jouant eux-mêmes les body guards.

Celui qui leur a ouvert les portes des cinq-étoiles s’appelle Sofiane Salah Kaabi. Toujours tiré à quatre épingles, l’aimable facilitateur occupe un poste tout ce qu’il y a de plus officiel chez Chopard : event manager, en clair “organisateur de soirées”.

Il monte des galas de prestige, trouve les salles, recrute les traiteurs et surtout rameute les people, indispensables pour assurer des retombées marketing. À ses heures perdues, il fait également office de rabatteur pour les grands hôtels parisiens, leur amenant les touristes les plus fortunés, contre commission. Il a notamment tenté d’attirer dans plusieurs palaces la princesse Maha al-Sudaïri.

Princesses dispendieuses et milliardaires paranoïaques

Depuis un an, l’épouse de feu le prince héritier d’Arabie saoudite Nayef ben Abdulaziz fait la tournée des plus beaux établissements de la capitale. Cette cliente en or ne se déplace jamais sans son personnel — près de soixante personnes ! —, privatise des étages entiers, dépense à chacun de ses séjours plusieurs millions d’euros.

On ne lui connaît qu’un défaut : elle a une fâcheuse tendance à ne pas payer sa note… En délicatesse avec la famille royale — son mari l’a répudiée avant sa mort en juin 2012 —, elle n’a plus accès aux fonds inépuisables de la dynastie saoudienne. Lors d’un séjour au Shangri-La, l’an dernier, elle a même tenté de filer à l’anglaise.

Princesses dispendieuses et milliardaires paranoïaques, le monde huppé et interlope des palaces est évidemment une aubaine pour tous ceux qui se disent spécialistes de la sécurité, qu’ils soient commissaires à la retraite ou fonctionnaires toujours en activité, comme Bonhomme et Drissi.

Les dignitaires arabes, par exemple, mobilisent à chaque déplacement des dizaines de gardes du corps et exigent, moins pour des raisons de sécurité que de prestige, que leurs protecteurs soient lourdement armés. Or, à la suite d’une modification réglementaire intervenue en 2006, les “gorilles” français ne peuvent plus porter de revolvers et encore moins de fusils automatiques.

Afin d’éviter que des escouades privées à la gâchette facile ne circulent au milieu des touristes qui visitent Paris, la protection rapprochée se fait désormais “à mains nues” en France. Seule une poignée de prestataires étrangers, dûment autorisés par les services du protocole du Quai-d’Orsay, ont encore le droit d’être armés sur le territoire national.

“On laisse des Britanniques ou des Belges inconnus circuler enfouraillés à Paris ou à Cannes, alors que des Français contrôlés et agrémentés n’ont même pas droit à un pistolet d’alarme !”, peste le dirigeant d’une société de protection, qui a perdu plusieurs gros contrats avec des ambassades du Golfe au profit d’équipes étrangères.

Filière de travail clandestin à la Préfecture de police de Paris

Pour contourner cette mesure, jugée vexatoire, les représentations saoudiennes et qataries à Paris font parfois appel à de “vrais” policiers, qui opèrent en dehors de leurs heures de service. En 2007, une première filière de travail clandestin avait déjà été démantelée, en toute discrétion, au sein des Renseignements généraux (RG) de la Préfecture de Police de Paris.

C’est un vigile réclamant 2.800 euros pour douze jours de travail impayés qui a dénoncé son employeur, Thierry Ponsonnet, dont l’officine Security Consulting International était commodément installée au 5 rue des Saussaies, juste en face du ministère de l’Intérieur.

Ponsonnet était en cheville avec le responsable du syndicat policier Alliance au sein des RG, Antonio Fiori, et avec le chef du groupe “Escorte” du service de renseignement parisien, Rabah Bey. Il recrutait des policiers pour protéger des Saoudiens en goguette à Paris ou sur la Côte d’Azur, parmi lesquels le colonel Hussein al-Kahtani, ex-attaché de défense à l’ambassade saoudienne à Londres et cheville ouvrière des grands contrats d’armement dans le royaume, ou encore la princesse Latifa ben Abdulaziz, fille du roi Abdulaziz, premier roi d’Arabie.

Gyrophare et pistolet Glock 9 mm

Thierry Ponsonnet, qui fut sapeur-pompier dans sa jeunesse, aimait se présenter comme un ancien du Service de Protection des Hautes Personnalités, l’unité d’élite qui assure la sécurité des ministres et des préfets, dont il portait volontiers l’épinglette et le pince-cravate officiel, théoriquement réservés aux seuls ex-fonctionnaires du SPHP.

Exhibant parfois un brassard “police”, il faisait régulièrement usage d’un gyrophare et avait même apposé sur sa carte d’agent de protection rapprochée un liseré bleu-blanc-rouge pour qu’elle ressemble à une carte officielle. Quand faire illusion n’était plus suffisant, il produisait des faux : son autorisation de port d’un pistolet Glock 9 mm était bidon, tout comme son permis de détention et d’usage d’un gyrophare.

D’où provenaient ces documents falsifiés ? L’instruction menée par la juge Dominique de Talancé a établi que l’imprimerie de la Préfecture de Police était alors placée sous la responsabilité d’un membre de la famille du syndicaliste Antonio Fiori. Ce dernier a vigoureusement nié avoir produit le moindre faux pour Thierry, même si un port d’arme falsifié au nom de son ami a été retrouvé par les enquêteurs dans son bureau.

Faux fax à en-tête de la Préfecture de Police

Le responsable d’Alliance a en revanche admis avoir confectionné — avec une photocopieuse et du Tipp-Ex… — un faux fax à en-tête de la Préfecture de Police de Paris annonçant la venue sur la Côte d’Azur d’une “équipe officielle” dédiée à la protection de la famille royale saoudienne et conduite par Thierry Ponsonnet. Sur la foi de ce fax, le président de Security Consulting a obtenu une place de mouillage pour son Zodiac, pompeusement baptisé le “Maloca II”, dans le port de Cannes, en plein mois de juillet, la période la plus chargée de l’année.

Avec ses amis Fiori et Bey, entre les escortes de princes et princesses, il s’est détendu en faisant du ski nautique… Quand le “Maloca II” a eu une avarie, c’est la brigade fluviale de la Préfecture qui, contre quelques bouteilles de champagne, s’est chargée des réparations.

Pour payer les policiers qui travaillaient pour lui, Ponsonnet devait jongler avec les enveloppes d’argent liquide. Fort opportunément, il bénéficiait de la complicité de sa chargée de compte à la Banque populaire, qui était également sa maîtresse. Elle a été condamnée pour recel de biens provenant d’un délit.

Qui manipule qui ?

Employer des policiers pour jouer les gardes du corps peut donner lieu à des quiproquos dignes du théâtre de boulevard : on ne sait plus qui manipule qui. Ainsi, en 2005, des fonctionnaires du ministère de l’Intérieur, en quête de renseignements, ont tenté d’approcher discrètement, au Crillon, l’équipe de protection de la princesse saoudienne Latifah ben Abdulaziz, sans se douter que cette escorte était en majorité composée… de gens de la “maison”.

Sollicités, les gorilles français de la princesse ont non seulement éconduit les collègues trop curieux, mais ils ont cherché à les identifier en se procurant, après avoir soudoyé le service de sécurité de l’hôtel, les enregistrements des caméras de surveillance de l’établissement. Les bandes vidéo ont ensuite été remises au secrétaire particulier de la princesse.

Sanctions disciplinaires

Stéphane Duplan, l’avocat de Thierry Ponsonnet, répugne à évoquer la “vieille affaire” (le jugement date pourtant seulement de 2010) à laquelle a été mêlé son client. La Préfecture de Police n’est pas plus bavarde. Elle a lavé son linge sale en famille. Les policiers qui ont reconnu avoir travaillé pour Ponsonnet n’ont écopé que de sanctions disciplinaires.

Seuls Fiori et Bey se sont retrouvés devant un tribunal et ont été condamnés pour “faux et usage de faux”. Quant à Thierry Ponsonnet, il a écopé de trois ans de prison, dont deux avec sursis, et d’une amende de 100.000 euros pour “détention de faux documents”, “trafic d’influence actif” et “travail dissimulé”.

Depuis, il s’est lancé dans l’import-export d’équipement de police et a approvisionné, entre autres, la Guinée pendant l’éphémère régime de transition du général Sékouba Konaté, en 2010. Un retour à la “tradition”.

Car, dans les années 1980, c’étaient les ambassades africaines, et pas encore l’Arabie saoudite, qui permettaient aux policiers de faire de juteux extras. Jean-Pierre Fourès, un ancien des RG, était, pour ne citer que cet exemple, le correspondant à Paris de la “B2″, la sécurité militaire gabonaise. Il entretenait les meilleures relations avec ses anciens collègues et était toujours à la recherche de bonnes volontés pour assurer la sécurité d’une délégation ou fournir un tuyau sur une affaire sensible.

Quelque chose ne tourne pas rond

Reconverti dans l’enquête privée, Jean-Pierre Fourès est aujourd’hui soupçonné d’avoir, via ses nombreux contacts au sein des RG (devenus depuis la DCRI), fourni à la chaîne de meubles Ikea des informations sur son personnel et sur ses clients. Ayant obtenu de nombreux e-mails entre Fourès et la direction de la sécurité de l’entreprise, le syndicat Force ouvrière a porté plainte en mars dernier. L’affaire est actuellement à l’instruction.

Parmi les données transmises par Fourès figuraient des extraits du fichier Stic, compilations de toutes les infractions commises par un particulier, ainsi que du registre des cartes grises.

La multiplication des affaires impliquant des fonctionnaires est-elle le signe que quelque chose ne tourne pas rond dans la police française ? Au ministère de l’Intérieur, on préfère parler de “changement de culture” et souligner que, jusqu’au milieu des années 1990, personne ne trouvait à redire sur les “tricocheurs”. Ces pratiques, assure-t-on en haut lieu, sont aujourd’hui de moins en moins tolérées, y compris par les policiers eux-mêmes, qui n’hésitent plus à dénoncer les collègues qui cèdent à la tentation.

Publié par un journaliste qui frise l’outrage à l’Honneur de la police (Philippe Vasset, Le Nouvel Observateur, 25 janvier 2013)

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 12:28

Ajimi : la défense pointe la responsabilité de la victime

Les avocats des policiers de Grasse ont plaidé la relaxe de leurs clients ce mardi à Aix-en-Provence. Ils ont notamment avancé la responsabilité de Hakim Ajimi dans la violence de l’interpellation qui lui a été fatale.

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Me Gérard Baudoux et Me Joel Blumenkranz, les avocats des policiers, lors du procès en première instance à Grasse en janvier 2012.

“Qui sème le vent récolte la tempête.” Au risque de choquer la famille de la victime [sic - NdJL] , Me Gérard Baudoux a osé la formule pour résumer l’un des axes forts de la défense des deux policiers de la BAC, poursuivis pour homicide involontaire sur la personne du jeune Hakim Ajimi, décédé à la suite de son interpellation, le 9 mai 2008 à Grasse.

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Les deux policiers de la BAC de Grasse, ici en présence de leurs défenseurs lors du procès en première instance.

Leur procès en appel, à Aix-en-Provence, s’est terminé ce mardi après-midi avec les plaidoiries de leurs défenseurs. En préambule Me Joël Blumenkranz a souligné que “les policiers ont une obligation de résultat”. Or Hakim Ajimi entendait s’y soustraire… L’avocat du barreau de Nice rappelle la “lutte sauvage, terrible” qui avait opposé le jeune homme, atteint de troubles psychiatriques, aux deux policiers de la BAC, dont l’un aura une épaule luxée au début de l’interpellation.

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« L’avocat des policiers a provoqué un incident en indiquant à la barre : “Qui sème le vent récolte la tempête” en expliquant le décès du jeune homme. Il est parti sous les huées de la famille. » Publié par des larbins de la maison Poulaga (Olivier Le Creurer, cote-d-azur.france3.fr, 15 janvier 2013)

“Ce ne sont pas des surhommes !”

“Il n’y a pas de bonne méthode pour appréhender quelqu’un qui le refuse. Hakim Ajimi participe lui-même, par sa rébellion, à quitter ce monde”, estime Me Blumenkranz. Pour la défense des deux fonctionnaires de police, Hakim Ajimi aurait finalement été victime de sa propre turpitude : sa violence contre les policiers et sa rébellion en l’espèce.

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« À l’appel du comité Vérité et justice pour Abdelhakim Ajimi, une centaine de personnes se sont retrouvées [samedi 12 janvier 2013] à Grasse pour montrer que le soutien ne faiblissait pas autour de ses proches, deux jours avant le procès en appel des trois policiers condamnés dans cette affaire. “Notre colère ne faiblit pas” car trois des sept policiers mis en cause “ont été jugés coupables, mais ils n’ont pas été punis puisqu’ils travaillent toujours à Grasse”, a souligné Boubaker Ajimi, le père du jeune homme. “On espère maintenant qu’à Aix, leur peine soit augmentée et qu’ils ne travaillent plus comme policiers”, a-t-il ajouté. » Publié par des larbins de la maison Poulaga (Julie Jacquard, cote-d-azur.france3.fr, 12 janvier 2013)

Quant au fait que les gardiens de la paix n’aient pas réagi lorsque le jeune Tunisien apparaissait affaibli, ce que l’avocat général qualifiait hier comme un “entêtement” coupable, Me Joël Blumenkranz l’a écarté d’un revers de manche. “On demande [aux policiers] d’avoir un ordinateur dans la tête pour analyser l’ensemble des paramètres en temps réel ! Ce ne sont pas des surhommes !” Pour Me Gérard Baudoux : “nous soutenons qu’il n’y avait pas la possibilité, pour l’un ou l’autre d’apprécier qu’il y avait un péril pour monsieur Ajimi”. Ce qu’avait considéré, rappelle le ténor niçois, l’arrêt de non-lieu dont ses clients avaient bénéficié. La cour rendra son arrêt le 11 février.

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Mobilisation de soutien en mémoire d’Hakim Ajimi lundi 14 janvier à Grasse.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Michel Bernouin, MetroFrance.com, 15 janvier 2013)

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16 janvier 2013 3 16 /01 /janvier /2013 12:22

Affaire Ajimi : le procès des policiers s’ouvre en appel à Aix

Deux fonctionnaires de la BAC de Grasse et un policier municipal de la commune, condamnés il y a un an à des peines de prison avec sursis après la mort de Hakim Ajimi lors de son interpellation, comparaissent depuis ce lundi matin devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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Le père de Hakim Ajimi, Boubakar Ajimi (à droite), ce midi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence

Le procès en appel de trois policiers ayant participé à l’interpellation fatale à Hakim Ajimi, le 9 mai 2008 à Grasse, s’est ouvert ce lundi matin à Aix-en-Provence, dans une salle pleine à craquer. Une partie de la famille de la victime, des membres du comité “Vérité et justice pour Abdelhakim Ajimi” et des militants des droits de l’homme qui s’étaient rassemblés samedi sur les lieux du drame, mais également une dizaine de policiers ont fait le déplacement jusque dans les Bouches-du-Rhône.

“On déplore tous la fin tragique”

Il y a tout juste un an, les trois prévenus avaient été reconnus coupables. Les deux fonctionnaires de la BAC, pour homicide involontaires, avait été condamnés à 18 et 24 mois de prison avec sursis. Ils ont depuis quitté la BAC mais exercent toujours au commissariat de Grasse. L’agent de la police municipale de Grasse à 6 mois avec sursis pour “non-assistance à personne en danger”. Tous ont fait appel de ce jugement.

Qui a fait ces gestes qui ont causé la mort

“On déplore tous la fin tragique, mais je n’ai fait aucune faute aux règles d’intervention. Dans cette affaire je n’ai fait que mon métier” lance à la barre le premier policier appelé à déposer. “Quand monsieur Ajimi se rebellait je serrais, quand il se calmait je relâchais… Je fluctuais” explique le second fonctionnaire, celui qui maintenait la victime au cou, avec une clé de bras.

La défense va plaider la relaxe en développant cet argument de gestes “enseignés en école de police”. Dans une affaire similaire dans le Doubs, quatre policiers ont bénéficié d’un non-lieu le 7 janvier dernier. “Mais qui a fait ces gestes qui ont causé la mort ?” lance l’avocat d’Hakim Aijim, Me Henri Leclerc, aux trois prévenus. Silence gêné à la barre.

Leur presse (Michel Bernouin, MetroFrance.com, 14 janvier 2013)

 

Affaire Ajimi : trois policiers, condamnés à des peines avec sursis, rejugés à Aix

Trois policiers, condamnés de 6 à 24 mois de prison avec sursis pour leur implication dans une interpellation musclée qui avait conduit en 2008 à Grasse à la mort d’Hakim Ajimi, 22 ans, seront rejugés lundi par la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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Des personnes participent, le 11 mai 2008 à Grasse, à une marche silencieuse pour rendre hommage à Abdelakrim Ajimi, mort le 9 mai 2008 peu après son interpellation par la police.

Le 24 février 2012, deux policiers de la brigade anticriminalité (Bac) du commissariat de Grasse, Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin, avaient été reconnus coupables d’homicide involontaire par le tribunal correctionnel de Grasse. Le second plus lourdement condamné, était également poursuivi pour non-assistance à personne en danger.

Jim Manach, un policier municipal, avait été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger et condamné à six mois de prison avec sursis.

En revanche, quatre autres policiers, appartenant à une unité de police-secours et accusés du même chef, avaient été relaxés en première instance.

Le jeune homme de 22 ans était mort asphyxié le 9 mai 2008, les deux policiers auxquels il avait violemment résisté ayant comprimé sa cage thoracique et pratiqué une clé d’étranglement autour de son cou avec trop de force et durant trop longtemps.

Les deux policiers avaient dans un premier temps été blanchis, en mai 2010, après une ordonnance de non-lieu. Mais le procureur de la République de Grasse Jean-Michel Cailliau avait fait appel. Et la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait alors renvoyé l’affaire en correctionnelle.

L’avocat de la famille d’Hakim Ajimi, Me Franck De Vita, qualifie la décision du tribunal correctionnel de Grasse de “remarquable”, ajoutant que la famille attend “avec sérénité” une confirmation du jugement de première instance.

La famille “a eu gain de cause” et le jugement a été “motivé de manière parfaite, (…) rien n’a été laissé au hasard”, a-t-il estimé, interrogé par un correspondant de l’AFP à quelques jours du procès à Aix.

Sereine certes, mais déterminée à ne pas relâcher la pression, comme le démontre la manifestation de soutien organisée samedi après-midi à Grasse sur le “lieu du drame” par le comité Vérité et justice pour Abdelhakim Ajimi.

Le comité avait à plusieurs reprises tenté de mobiliser l’opinion en organisant des manifestations à Grasse avant le procès de première instance. Cette mobilisation ne devrait pas faiblir pendant ce procès en appel, promet le comité dans un communiqué.

“L’instruction a été une punition pour la famille Ajimi. Elle n’a jamais compris pourquoi ces policiers avaient été pendant des années placés sous le statut de témoin assisté alors qu’ils avaient commis ce délit d’imprudence caractérisée”, alors “elle ne va pas relâcher la pression maintenant”, a expliqué Me De Vita.

Les trois policiers rejugés abordent quant à eux ce procès en appel “avec confiance et détermination, a assuré au correspondant de l’AFP Me Joël Blumenkranz, l’un de leurs avocats.

“Depuis le premier jour, ils ont toujours indiqué qu’ils n’avaient fait que ce que la loi leur commandait, qu’ils n’ont pratiqué que les gestes qui leur avaient été enseignés, qu’(…)aucun signe ne leur permettait de savoir que M. Ajimi était en détresse”, a-t-il ajouté.

La défense va donc plaider leur “relaxe pure et simple”, a conclu le conseil. Le procès doit durer deux jours et la décision du tribunal être mise en délibéré.

Leur presse (Liberation.fr, 14 janvier 2013)

 

Affaire Ajimi : confirmation de peine requise contre les policiers de la Bac

AIX-EN-PROVENCE (AFP) – Dix-huit et 24 mois de prison avec sursis ont été requis lundi contre deux policiers de la brigade anticriminalité (Bac) de Grasse, rejugés par la cour d’appel d’Aix-en-Provence après la mort en 2008 d’un jeune homme lors d’une interpellation violente.

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Manifestation des proches d’Abdelhakim Ajimi en 2010 à Grasse.

Dans un prétoire bondé, le ministère public a requis pour ces deux fonctionnaires, Jean-Michel Moinier et Walter Lebeaupin, l’équivalent des peines auxquelles ils avaient été condamnés en première instance.

Le 24 février 2012, les deux fonctionnaires avaient été reconnus coupables d’homicide involontaire par le tribunal correctionnel de Grasse. Walter Lebeaupin, le plus lourdement condamné, était également poursuivi pour non-assistance à personne en danger.

Le ministère public s’est montré légèrement plus clément lundi pour un troisième policier, rejugé en appel pour non-assistance à personne en danger, Jim Manach, requérant contre lui quatre mois avec sursis, alors qu’il avait écopé d’une peine de six mois avec sursis.

Hakim Ajimi, 22 ans, était mort asphyxié le 9 mai 2008 lors de son interpellation, les deux policiers auxquels il résistait ayant comprimé sa cage thoracique et pratiqué une clé d’étranglement autour de son cou avec trop de force et durant trop longtemps.

Il a été “évacué comme un paquet encombrant”, s’est insurgé lundi le procureur Pierre Cortès dans son réquisitoire, reprochant aux policiers un “usage persistant de la force” lui semblant “illégitime”.

“Si vous relâchiez votre étreinte, que se serait-il passé ? Pas grand chose en réalité”, a-t-il asséné à leur endroit.

L’un des prévenus, Jean-Michel Moinier, a expliqué n’avoir fait “que (son) métier”. “Malheureusement, on déplore tous la fin tragique, mais je n’ai fait aucune faute aux règles d’intervention”, a-t-il estimé, interrogé en marge de l’audience.

Mais pour Me Henri Leclerc, avocat de la famille Ajimi, il y a eu, à n’en pas douter, “un usage complètement disproportionné de la force”. “Je continue à penser qu’il y a une responsabilité des policiers”, mais aussi “une responsabilité de l’État” par rapport à la formation des personnels de police, a-t-il expliqué.

“Quand quelqu’un est entre les mains de la police, la police a la responsabilité de la vie de cette personne”, a-t-il encore estimé.

Plus tôt, le père du jeune homme décédé, Boubaker Ajimi, interrogé par la presse, avait fait part de ses espoirs et témoigné de sa lassitude, cinq ans après les faits: “On attend des sanctions plus fermes. Comme ça, ça s’arrêtera là, parce qu’on est fatigué”.

Autour de lui, des membres du comité “Vérité et justice pour Hakim Ajimi”, des membres de la Ligue des droits de l’Homme et des proches s’étaient réunis. Plusieurs dizaines de personnes venues réclamer “Justice pour Hakim Ajimi”, comme en attestaient leurs banderoles installées devant la cour d’appel.

La séance a été levée en milieu d’après-midi. Le procès devait reprendre mardi après-midi avec les plaidoiries de la défense.

La décision de la cour sera mise en délibéré.

Leur presse (tempsreel.nouvelobs.com, 14 janvier 2013)

 

Ajimi : prison avec sursis requise en appel contre les policiers

La partie civile et le ministère public ont estimé, ce lundi après-midi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence, que l’interpellation s’est éternisée jusqu’à conduire au décès accidentel d’Hakim Ajimi, le 9 mai 2008 à Grasse. Le parquet demande la confirmation des peines de prison avec sursis prononcées à Grasse.

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Me Henri Leclerc, ce lundi devant la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

“Comment peut-on en arriver là [au décès d’Hakim Ajimi] sans aucune infraction pénale ?” demande Me Franck de Vita, l’un des avocats de la famille Ajimi, constituée partie civile au procès des trois policiers de Grasse jugés en appel, après leur condamnation à des peines de prison avec sursis il y a un an dans les Alpes-Maritimes. Le 9 mai 2008, ils avaient procédé à une interpellation particulièrement difficile et violente de Hakim Ajimi. Le jeune homme de 22 ans n’y avait pas survécu.

Les policiers ont “perdu la boule”

“Pourquoi maintenir la compression sur son thorax alors qu’il est entravé aux mains et aux pieds ?”, poursuit l’avocat du barreau de Nice, avant d’avancer une explication : l’épaule démise d’un des agents au début de l’interpellation, la douleur et la colère qui en résultent… “C’est le prototype de l’homicide par imprudence, par quelqu’un qui perd la boule, lâche Me Henri Leclerc. En même temps qu’ils l’immobilisaient, ils le tuaient !”

“Tout va changer d’une seconde à l’autre”

L’avocat général ne conteste pas cette analyse. “La force est légitime au départ. Il y a un délitement progressif, ce jeune homme est manifestement affaibli. L’usage persistant de la force devient alors illégitime… Tout va changer d’une seconde à l’autre”. Le magistrat du parquet parle d’”entêtement” des policiers de la BAC. En conséquence, il demande des peines identitiques a celles prononcées à Grasse contre les fonctionnaires : 18 et 24 mois de prison avec sursis. Contre le policier municipal également impliqué, il demande seulement 4 mois avec sursis. Les plaidoiries de la défense doivent débuter ce mardi 14 heures.

Leur presse (Michel Bernouin, MetroFrance.com, 15 janvier 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans FLICSPORCSASSASSINS

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