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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:58

Le 1er Mai est cette journée où, aux quatre coins du monde, la classe ouvrière se mobilise et manifeste pour ses revendications. C’est une journée où la conclusion du Manifeste Communiste « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous » prend tout son sens, et faire un petit tour d’horizon des manifestations du 1er Mai permet de donner un aperçu des forces et des revendications principales de notre classe sociale. Bien sûr, les contextes sont différents, dans plusieurs pays le 1er Mai n’est pas un jour férié et il y a aussi des pays où toute manifestation ouvrière est violemment réprimée. Par contre, dans le contexte de la crise du capitalisme, ce 1er Mai a été dans bien des pays à la fois par les revendications ouvrières contre le chômage et l’austérité, comme en Europe du Sud, au Chili ou au Maghreb, mais aussi de la lutte contre le racisme et autres divisions et discriminations comme en Allemagne, aux Etats-Unis, à Tunis ou à Hong-Kong.

1er Mai à Athènes

Commençons ce tour d’horizon par la France. La police a annoncé 97.300 manifestants et la CGT 160.000 manifestants pour ce 1er Mai. Certes ce n’était pas un 1er Mai historique, mais, surtout dans les villes où le temps était favorable, on a pu voir de belles manifestations comme à Caen avec 2.000 manifestants, à Bordeaux avec 8.000 manifestants ou à Besançonavec 1.400 manifestants. Ceci est d’autant plus à souligner que la CFDT, qui reste le deuxième syndicat en France, appelait à ne pas manifester. Partout, les manifestants ont souligné leur dégoût de la politique du PS qui est la même que celle de l’UMP, leur refus de l’application de l’ANI, et de la lutte contre les licenciements comme à Paris avec les ouvriers de PSA Aulnay ou à Florange avec les travailleurs d’ArcelorMittal. Surtout, ce qu’il convient de souligner c’est que si la presse a mis en avant le rassemblement parisien de Marine Le Pen, les manifestations syndicales ont rassemblé au moins dix fois plus de monde que l’extrême-droite. En France comme ailleurs, le 1erMai appartient aux travailleurs, français ou immigrés, avec ou sans-papiers, pas à une fille de millionnaire raciste ! A noter qu’à Paris, des nervis de l’extrême-droite ont agressé des militants anti-racistes qui rendaient hommage à Brahim Bouarram, jeune marocain assassiné le 1erMai 1995 par des sympathisants du Front National. Cette violence des brutes d’extrême-droite, la bourgeoisie saura l’utiliser demain, si elle en a besoin, contre le mouvement ouvrier organisé.

En Allemagne, la DGB a comptabilisé 439 manifestations et rassemblements, mobilisant au total 425.600 travailleurs. Au cœur des revendications, la lutte contre les bas salaires, et dès le 2 mai ce sont 50.000 métallos qui se sont mis en grève pour des hausses de salaires. Ce 1er Mai 2013 a aussi été l’occasion pour les organisations ouvrières et les antifascistes de se mobiliser contre les tentatives de l’extrême-droite néo-nazie de défiler et de crier ses appels à la haine. A Dortmund par exemple, la manifestation syndicale et antifasciste a rassemblé 3.500 personnes, alors que les néo-nazis étaient à peine 400. A Francfort (Main), entre 2.000 et 3.000 antifascistes ont bloqué et empêcher le défilé de 150 néo-nazis. A Berlin, ce sont 5.000 manifestants qui se sont rassemblé à Schöneweide face à 200 fascistes du NPD. A Erfurt, ce sont plus d’un millier d’antifascistes qui se sont opposés à la marche de 300 néo-nazis.

Dortmund

En Suisse, la manifestation à Genève a rassemblé 3.500 personnes tant sur des revendications ouvrières comme un salaire minimum à 4.000 francs que pour la défense du droit d’asile, revendications défendues aussi en allemand à Zurich ou en italien à Lugano. A Aarhus (Danemark), la foule a montré son ras-le-bol des politiques d’austérité face à Helle Thorning-Schmidt, chef du gouvernement social-démocrate danois. Un jeune homme qui avait tenté de tirer sur la ministre avec un pistolet à eau a été arrêté. Dans toute l’Europe du Nord, des manifestations ont rassemblé des milliers de travailleurs comme en Suède, en Finlande ou en Norvège. Dans ces pays, comme en Allemagne et en Grande-Bretagne, nos camarades du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran ont organisé des cortèges.

Malmö (Suède)

En Europe du Sud, le 1er Mai a été l’occasion pour les travailleurs de manifester leur refus des violentes politiques d’austérité imposées par les gouvernements. En Espagne, ce sont 40.000 personnes qui ont manifesté à Madrid, ainsi que dans toutes les villes du pays. Selon les syndicats, ce sont en tout 160.000 personnes qui ont manifesté en Espagne ce 1er Mai, soit 60.000 de plus qu’en 2012. Au Portugal, des milliers de personnes ont manifesté à Lisbonne ainsi que dans les autres villes. En Grèce, on a observé de fortes manifestations à Athènes et Thessalonique ; ce 1er Mai n’ayant pas été un jour férié, des appels à la grève ont été particulièrement bien suivis comme chez les marins ou dans la presse et les médias où la grève été totale. A noter à Athènes, un cortège de travailleurs immigrés, en particulier du Bangladesh, qui protestaient suite aux tirs de milices patronales contre des ouvriers agricoles. Dans les Balkans aussi, la classe ouvrière s’est mobilisée. A Zagreb (Croatie), ce sont 20.000 travailleurs qui ont manifesté à l’appel des différents syndicats contre les politiques d’austérité, alors qu’à Belgrade (Serbie), 1500 personnes ont manifesté dans les rues. A Tirana (Albanie), la Place Skanderbeg était noire de monde et les manifestants ont scandé des slogans comme « Liberté des travailleurs, liberté sociale » et « Vive le 1er Mai, à bas le capitalisme ».

Zagreb

Il serait trop long d’énumérer toutes les manifestations du 1er Mai en Europe où l’on a manifesté de Dublin à Vladivostok, en passant par toutes les villes importantes comme Wroclaw, Varsovie, Budapest, Prague, ou Kiev. A Tbilissi (Géorgie), la police est intervenue pour disperser la marche pacifique des travailleurs et trente personnes ont été arrêtées. A Saint-Pétersbourg (Russie), on a noté au sein de la manifestation un fort cortège de travailleurs gays et de travailleuses lesbiennes contre les discriminations homophobes.

Saint-Pétersbourg

En Turquie, les autorités turques ont voulu interdire l’accès à la Place Taksim d’Istanbul aux manifestants pour ce 1er Mai 2013, d’où des affrontements entre ouvriers et forces de répression. Plusieurs manifestants ont été gravement blessés. Les travailleurs ont aussi manifesté à Ankara et dans la plupart des villes du pays.

Istanbul

Plus au sud, des manifestations ont eu lieu dans la plupart des villes du Moyen-Orient. On a noté par exemple une belle manifestation à Beyrouth (Liban), 2.000 personnes dans les rues d’Amman (Jordanie), ainsi que des manifestations en Irak comme à Bagdad et à Bassora. Le 1er Mai n’étant pas un jour férié en Israël, des milliers de travailleurs, Juifs et Arabes, ont manifesté le 27 avril à Nazareth. Le jour du 1er Mai, des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes comme Tel Aviv, Haïfa et Beer Sheeva. A chaque fois, les manifestants ont dénoncé les politiques d’austérité, les divisions racistes et le militarisme. A Tel Aviv par exemple, la banderole de tête reprenait en hébreux et en arabe la célèbre phrase « travailleurs de tous les pays, unissons-nous ». De l’autre côté du mur, en Palestine, les travailleurs ont aussi manifesté comme dans le centre de Gaza. AuBahreïn, les ouvriers ont manifesté dans des villes et villages contre la dictature et le chômage, affrontant à plusieurs endroits les forces de répression aidées de militaires saoudiens.

Tel Aviv

En Iran, malgré la répression, les militants ouvriers ont pu organiser unemanifestation à Sanandaj (Kurdistan) déployant des banderoles rouges et scandant des slogans comme « Travailleurs de tous les pays, unissons-nous » ou « liberté pour les prisonniers politiques ». A Téhéran, des centaines de travailleurs se sont rassemblés devant le parlement avant d’être dispersés par les forces de répression et les conducteurs de bus ont tenu une réunion sur leur lieu de travail pour célébrer le 1er Mai. Depuis la prison Evin de Téhéran, le militant ouvrier Reza Shahabi a transmis unedéclaration pour ce 1er Mai 2013 où figure une liste de revendications concernant les salaires, l’emploi, le droit de grève, mais aussi la libération des prisonniers politiques, l’abolition de la peine de mort et la lutte contre les discriminations, que ce soit contre le racisme à l’encontre des travailleurs immigrés afghans et contre les discriminations sexistes à l’encontre des femmes.

Sanandaj

Dans l’ensemble du sous-continent indien, des manifestations importantes ont eu lieu comme au Pakistan, en Inde, au Sri Lanka ou au Népal. Après le terrible accident de travail qui a causé la mort de plus de 500 travailleuses du textile au Bangladesh, c’est à Dacca qu’a eu lieu la plus forte mobilisation. Ce sont des dizaines de milliers de manifestantes et de manifestants qui ont défilé sous les drapeaux rouges dans les rues de Dacca, réclamant des conditions de travail décentes et sécurisée pour les ouvrières, lançant aussi des slogans de colère comme « Pendez les propriétaires d’ateliers », « Action directe ! » ou « Mon frère est mort, ma sœur est morte, leur sang ne restera pas sans réponse ». En Indonésie, 55.000 travailleurs ont manifesté à Jakarta. Au Cambodge, près de 10.000 ouvriers et les ouvrières du textile se sont mobilisés dans les rues de Phnom Penh pour une hausse du salaire minimum à 150 dollars. Aux Philippines, des milliers et des milliers de travailleurs ont manifesté à Manille scandant des slogans comme «A bas les privatisations et la sous-traitance», ou « Hausse des salaires ! ». Les ouvriers philippins revendiquent en effet une revalorisation de trois dollars du salaire minimum aujourd’hui fixé à 11 dollars.

Dacca

A Taïwan, ce sont plus de 20.000 travailleurs qui ont manifesté dans les rues de Taipeh contre l’austérité et les attaques contre les retraites. EnChine, une importante manifestation du 1er Mai s’est déroulée à Hong Kong où les travailleurs ont manifesté en solidarité avec les dockers en grève. Toujours en Extrême-Orient, on note une forte mobilisation à Tokyo (Japon) avec plus de 21.000 manifestants pour l’emploi et les salaires ainsi qu’à Séoul (Corée du Sud) avec plus de 10.000 travailleurs mobilisés.

Taipei

En Afrique aussi, la classe ouvrière s’est mobilisée pour ce 1er Mai 2013. AuMaroc, la presse note une forte mobilisation en particulier à Rabat et à Casablanca. Les travailleurs marocains ont manifesté contre les politiques d’austérité et pour la défense des libertés syndicales. A Rabat, des violences policières ont été commises à l’encontre de syndicalistes de l’UMT. D’autres manifestations ont été organisées à travers le pays comme àTanger où des militantes et militants communistes ont fait flotter les drapeaux rouges. En Algérie, militants syndicalistes, défenseurs des droits humains, chômeurs et trotskistes du PST ont manifesté dans les rues de Bejaïa contre le pouvoir maffieux et pour les revendications ouvrières. EnTunisie, on note une forte mobilisation à l’appel de l’UGTT à Tunis pour la défense des libertés syndicales menacées par le gouvernement, mais aussi contre la vie chère et le chômage dans ce pays où deux ans après la chute de Ben Ali aucune des revendications ouvrières n’a été satisfaites. Ce 1er Mai a aussi été l’occasion pour les citoyens noirs de Tunisie demanifester contre le racisme dont ils sont victimes. Au Maghreb toujours, des milliers de manifestants sont descendus dans les rues de Nouakchott et d’autres villes de Mauritanie pour défendre leurs revendications comme la titularisation des travailleurs précaires ou la hausse des salaires.

Tanger

Et pour finir avec l’Afrique du Nord, les travailleurs se sont mobilisés au Caire, à Alexandrie, Mahalla et dans les autres villes d’Egypte tant pour leurs revendications économiques que pour défendre le droit de grève et de manifestation. Dans une déclaration pour le 1er Mai commune de 26 organisations syndicales, politiques ou de défense des droits humains, les ouvriers égyptiens ont fait connaître leurs revendications principales comme la hausse du salaire minimum et son indexation sur l’inflation, une politique d’embauche massive des jeunes chômeurs, la garantie de la liberté de grève et d’organisation ainsi que l’amnistie et la libération des travailleurs emprisonnés suite à des mouvements revendicatifs.

Le Caire

A Lomé (Togo), la manifestation du 1er Mai était une manifestation de deuilen mémoire de deux élèves tombés l’un sous les balles et l’autre battu à mort par les forces de sécurité lors de manifestations de soutien à leurs enseignants en grève à Dapaong dans le nord du pays le 15 avril dernier. ADaola (Côte d’Ivoire), les travailleurs ont manifesté sous le mot d’ordre « Tout bouge sauf nos salaires ». Même chose au Burkina Faso, où, àBobo-Dioulasso comme à Ouagadougou, les ouvriers ont dénoncé la hausse des prix et les salaires trop bas. Au Nigéria, le régime avait déployé de nombreuses forces de répression autour des manifestations du 1er Mai pour empêcher toute critique trop radicale du gouvernement. C’est ainsi qu’en tout, dans différentes villes du pays, douze membres du Mouvement Socialiste Démocratique ont été arrêtés et libérés le 3 mai. A Djouba (Soudan du Sud), il est à noter que cette année c’est la première fois que les travailleurs ont manifesté à l’occasion du 1er Mai. Dans l’Océan Indien, à l’appel de la CGTR, c’est 2.000 travailleurs, essentiellement des dockers et des ouvriers du BTP, qui ont manifesté dans les rues de Saint-Denis à La Réunion pour des revendications similaires à celles des travailleurs de métropole. En Afrique du Sud, l’Association of Mineworkers and Construction Union a organisé un rassemblement à Marikana où en août dernier la police avait ouvert le feu sur les mineurs en grève. Même dans les rassemblements organisés à travers le pays par la COSATU, le principal syndicat lié à l’ANC au pouvoir, ce 1er Mai a été marqué par les revendications ouvrières face au gouvernement, en particulier celles des mineurs et des ouvriers agricoles.

Nouakchott

De l’autre côté de l’Atlantique, en Amérique, le 1er Mai a été célébré du Canada à l’Argentine. Au Canada des manifestations ont été organisées dans la plupart des grandes villes. Nos camarades du Parti Communiste-Ouvrier d’Iran ont ainsi manifesté à Vancouver par exemple. A Montréal, la police a dispersé la manifestation et procédé à 447 arrestations. AuxEtats-Unis, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté pour le 1erMai 2013. Depuis 2006, traditionnellement, le 1er Mai est aussi une journée de lutte des travailleurs immigrés pour leur régularisation. Cette année, on a compté des manifestations dans une centaine de villes de New York à Los Angeles. Rien qu’à Los Angeles, la manifestation a rassemblé 50.000 personnes avec des slogans tant en anglais qu’en espagnol, comme »Legalización! No depertacion! » (« Régularisation, pas d’expulsion ! »). A Seattle, la manifestation a rassemblé 10.000 personnes. La manifestation s’est déroulée pacifiquement jusqu’en fin d’après-midi où des provocations policières ont conduit à des affrontements. 17 manifestants ont été arrêtés.

Washington

A travers toute l’Amérique Latine, les travailleurs sont descendus dans la rue ce 1er Mai. Au Mexique, on note une forte mobilisation à Mexico où les manifestants ont brûlé des images du président Enrique Pena Nieto. A Guerrero et Oxaca, c’est principalement contre la privatisation de l’éducation que l’on s’est mobilisé. A noter qu’à Oxaca, la manifestation s’est terminée en affrontements avec les forces de répression. Au Costa Rica, les manifestants ont protesté à San José contre la venue vendredi 3 mai d’Obama et une émeute a éclaté devant les locaux de l’Assemblée Législative. Vingt manifestants ont été arrêtés. Des affrontements ont aussi opposé manifestants et forces de répression à Bogota (Colombie). A Port-au-Prince (Haïti), les manifestants ont profité du passage du cortège présidentiel qui allait à une foire gastronomique pour crier tout le mal qu’il pense de la politique anti-ouvrière. En Martinique, la manifestation appelée par la CGTM a rassemblé un millier de travailleurs à Fort-de-France. En Guadeloupe, c’est dans l’unité que 2.500 travailleurs se sont rassemblés au Gosier contre le chômage et la vie chère.

San Salvador

Au Brésil, plusieurs dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées à São Paulo à l’appel des syndicats ouvriers et des associations étudiantes. D’autres rassemblements similaires ont eu lieu dans les autres villes du pays. En Bolivie, la Confédération Ouvrière Bolivienne (COB) a annoncé n’avoir rien a fêté en ce 1er Mai et a annoncé une journée de grève nationale contre la politique anti-sociale de Morales pour le lundi 6 mai. A Asuncion(Paraguay), on peut noter un cortège de travailleuses lesbiennes au sein de la manifestation du 1er Mai sous la banderole « Travailleuses lesbiennes contre les discriminations ». Tout au sud du continent, ce sont des milliers de personnes qui se sont mobilisées à Buenos Aires (Argentine) contre le travail précaire. Des manifestations ont aussi eu lieu dans d’autres villes du pays comme à Cordoba où la principale revendication était la libération de 21 personnes arrêtées ces derniers jours dans le cadre de la lutte pour la possession de terres.

Bogota

A Santiago (Chili), plus de 150.000 personnes ont répondu à l’appel de la manifestation pour des revendications comme des salaires décents, ou l’éducation et la santé gratuites. Sans même faire de sommation, la gendarmerie est intervenue pour disperser très violemment les travailleuses et les travailleurs.

Santiago

Enfin, pour terminer ce petit tour du monde des manifestations du 1er Mai 2013, notons qu’en Océanie, des manifestations ont été organisées à l’appel des organisations syndicales comme à Cambera ou le 5 mai (le 1er Mai n’est pas férié en Australie) à Sydney en Australie.

Sydney

Voir aussi les séries de photos du 1er Mai 2013 à travers le monde : lapremière, la deuxième, la troisième, la quatrième, cinquième et sixièmeséries de photos).

tiré de

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:56

CONTRE LA LEO, OCCUPONS LE FLEO

Le 4 mai depuis le FLEO
Chemin de la transhumance
84000 Avignon

Depuis 40 ans, décideur-euses et bêtonneur-euses planchent sur un projet de rocade à Avignon, la LEO – pour Liaison Est-Ouest. Cette 2×2 voies, passerait en ceinture verte, dernière zone agricole aux portes de la ville, étonnamment préservée jusqu’ici.

GRAINE DE RÉSISTANCE

À la suite de l’appel lancé par des individus luttant contre la LEO et son monde, des collectifs locaux et du réseau Reclaim the Field, 300 personnes environ ont participé à une manif-occupation du 27 avril au 1er mai 2013.

Durant ces rencontres, ont eu lieu : la construction d’un poulailler, l’installation d’un rucher et d’une serre, la plantation d’un champ de patates, le défrichage d’un terrain pour la réinstallation d’une maraîchère déplacée par le projet de la LEO, la taille d’un verger abandonné à cause de la LEO, la préparation de la terre pour des jardins potagers.

Plusieurs discussions se sont déroulées sur des thèmes variés tels que « l’occupation comme pratique de lutte », « les mouvements sociaux en Grèce » ou encore des échanges avec les acteurs des luttes locales. Un chantier de rénovation de la maison de la lutte, baptisée maison LEOpart, s’est déroulé dans une ambiance de partage de savoirs faire. De nombreux habitants de la ceinture verte ont réagi positivement face au mouvement d’occupation. Des voisins sont venus donner un coup de main et ont fait des dons de nourriture, de matériel, d’un âne, d’un bouquet de muguet, de fumier pour les culture et ont proposé des douches aux occupants.

LE FLEO PREND DU TERRAIN

Suite à la manif-occupation, nous avons décidé d’occuper un terrain d’un hectare que nous avons baptisé le FLEO – Fabuleux Laboratoire d’Expérimentation et d’Occupation. Ce lieu se veut une zone d’accueil des nouveaux occupants et un espace de création de nos utopies. Une yourte dortoir, une serre et un poulailler sont déjà installés. Une deuxième yourte, une cuisine collective, des cabanes et une salle de bain sont en chantier.

Parallèlement la maison LEOpart qui se veut être une base d’organisation de la lutte accueillera un dortoir, une cuisine et une salle de réu/concert/projections/infokiosk… Elle sera inaugurée le 25 mai. Enfin, la GanGGRaine, une maison squattée depuis février abrite un collectif d’habitants.

D’autres lieux sont potentiellement squattable, d’autres maisons sont en phase d’être expropriés.

APPEL À OCCUPATION

Le samedi 11 mai aura lieu la première Assemblée Générale du mouvement LEOpart. Cette assemblée sera ouverte à toutes et tous celleux qui souhaitent s’investir dans le mouvement. Elle sera suivie d’une journée de chantier collectif le dimanche 12 mai.

Ici, la résistance s’organise avec enthousiasme. Nous appelons les individus qui se reconnaissent dans la lutte contre les projets inutiles et leur monde à nous rejoindre pour construire, faire vivre et grandir cette occupation.

Face à la LEO, semons le FLEO.

Les LEOpartes et LEOparts (contact), 4 mai 2013

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:56

Il n’y a pas un jour en Égypte sans de multiples luttes, grèves, manifestations, sit-in,blocages de routes et voix ferrées, grèves de la faim, blocages ou occupations de bâtiments et usines, affrontements avec la police ou les Frères Musulmans.

Le “Centre International de Développement”, une organisation égyptienne pour la défenses des droits, a noté un record de luttes en avril 2013 après déjà un nombre important en mars.

En avril il a été ainsi enregistré 1462 conflits sociaux ou politiques contre 1354 en mars et 864 en février. Ce qui signifie en avril 48 mouvementspar jour, un record mondial d’après l’association égyptienne.

Les mois de février et mars avaient déjà été marqués par les fortes mobilisations contre le pouvoir des Frères Musulmans autour des villes du canal de Suez, notamment Port Saïd, ainsi qu’à Mahalla et Mansoura, où des embryons symboliques de pouvoirs populaires avaient vu le jour. En avril la révolution s ‘est déplacée vers les conflits sociaux avec l’objectif initial de la révolution de 2011 : la justice sociale.

Beaucoup pensent, avec la hausse des prix importante et les hausses de taxes et baisses de subventions étatiques aux produits de première nécessité programmés par le gouvernement, que les mois à venir vont être encore plus chauds.

Mais si les conflits sociaux sont de plus en plus importants et encore à venir (les médecins menacent d’une nouvelle grève générale illimitée, les étudiants sont dans un affrontement quasi permanent, les cheminots ont entamé une première grève générale de quelques jours début avril mais sont prêts à recommencer…), si l’expérience de ceux qui y participent grandit de manière proportionnelle, les conflits politiques ne cessent pas pour autant. Chaque vendredi, jour de repos, des affrontements violents éclatent entre manifestants qui réclament la chute du gouvernement, le départ des Frères Musulmans et ces derniers ou les forces de police, faisant à chaque fois des dizaines ou centaines de blessés, des morts et des centaines d’arrestations.

Deux faits significatifs de la situation :

Le plus grand quotidien libéral égyptien Al Masry al Youm, né en 2004, (un peu Le Mondeégyptien) un des journaux symboles de la contestation du régime de Moubarak et artisan de sa chute, mais aussi propriété d’hommes d’affaires, vient de fermer ses portes. L’argument de ses propriétaires est de dire que si le journal a été utile pour faire tomber Moubarak, aujourd’hui où les libéraux ont choisi de s’allier avec les Frères Musulmans, l’information sérieuse ne peut servir qu’à la classe ouvrière. Il n’est donc plus utile. Pour le dernier numéro, ses journalistes ont fait un numéro spécial dans lequel ils ont raconté ce point de vue en long et en large, déclarant clairement que l’avenir de la révolution égyptienne est dans la justice sociale, et pour cela, passe par la révolution sociale. Ce qui traduit une sacré évolution pour des journalistes qui ont fait tourner un quotidien libéral pendant des années.

Deuxième fait : lors du premier mai, un des thèmes porté par les manifestants, repris par une partie de la presse, était que la révolution ouvrière allait sauver la révolution égyptienne…

La révolution ne fait que commencer…

Jacques Chastaing, le 5 mai 2013

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 10:39

[18 juin 2012]
Dans la peau d’un maton

En moyenne tu as 30 piges après avoir loupé ton entrée chez la police pourtant dévoué pour la patrie chômeur de longue durée tu postules pour la trentième fois à un concours bingo tu es pris enfin à ta plus grande surprise trois semaines de stage et te voilà surveillant trois semaines pour confirmer ton intégration à la pénitentiaire on t’a appris comment régler les problèmes que la société n’a pu régler, trousseau de clés à la ceinture te voilà plongé dans l’univers carcéral, tu ne peux plus reculer, tu voulais servir la société te voilà servi, chaque cellule que tu ouvres te confronte à un drame un écorché vif une personne pas un numéro d’écrou pourtant on t’avait dit de laisser tes convictions de côté pour exercer un boulot formaté comme un robot sans âme.

Brisé ta femme ne peut comprendre ton désarroi donc le fossé se creuse certains de tes collègues prennent plaisir à humilier déshumaniser parlent des détenus comme du bétail des microbes le cul entre deux chaises entre ta morale et ton boulot.

7 heures du matin à l’ouverture d’une cellule tu trouves un détenu pendu à sa fenêtre un choc tu réalises que tout ce qu’on t’avait appris était faux que les numéros d’écrou sont des êtres humains bel et bien vivants à partir de ce jour tu te fais la promesse de faire ton taf avec considération envers ceux que tu gardes.

Deuxième cas de figure plus contestable :

La cinquantaine, vie de famille pitoyable inexistante femme et enfants t’ont quitté trouve refuge dans l’alcool le FN tu es adhérent le travail de surveillant pénitentiaire est le boulot idéal pour exercer et déverser ta haine sur les autres cinquième tentative de suicide tu excelles dans les fouilles qui te procurent jubilation souiller détruire le bien de ceux qui ont déjà plus rien, mais pour toi c’est déjà trop, tu organises des passages à tabac impunité totale couvert par tes supérieurs qui ne veulent pas que tout ça s’ébruite je compte plus les décès causés direct ou indirectement par des agents.

Troisième cas :

Parents étrangers mais tu es né ici donc Français chômeur chômeuse depuis toujours discrimination à l’embauche tu es victime, tu vois une annonce à la TV pour devenir surveillant pénitentiaire tu postules pour devenir fonctionnaire du système qui te discriminait jadis, mais tu crois dur comme fer que en les intégrant tu vas faire évoluer changer les mentalités qui existent depuis toujours.

Tu portes l’uniforme comme on porte un treillis.

Tes premiers pas de maton sont mal vus mal vécus par tes proches et ta famille, tu es vu comme un traître un vendu tu es accusé de pactiser avec le diable, tu te fais insulter par les détenus de porte-clés, ton intention en entrant dans la pénitentiaire était bonne mais tu as sous-estimé l’ampleur des dégâts.

Incompris sous tension tu rends les coups que l’on te donne.

Une fois de plus tes origines te ramènent à ce que tu es vraiment un fils d’immigrés quel que soit ton déguisement LOL.

Impro : Mardi gras n’a lieu que une fois par an, fonctionnaire quelle que soit ta fonction parle-nous sur un autre ton y a pas de sous-métier OK OK donc pas de sous-homme menotté ou pas respecte-moi.

Texte volontairement à charge caricature de ma réalité… Vis nos vies et tu changeras vite d’avis.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuitsur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:39

Tirs sur des carabiniers : un acte isolé

ROME – Les coups de feu tirés dimanche contre des carabiniers devant le siège du gouvernement peuvent être considérés comme un acte isolé, selon le ministre de l’Intérieur, mais l’auteur voulait s’en prendre à des politiciens, a indiqué le procureur qui a entendu ses aveux.

L’affaire peut être considérée, sur la base d’un premier examen, comme un geste isolé, a déclaré devant la presse le ministre Angelino Alfano, peu après avoir pris ses fonctions.

Selon M. Alfano, six coups de feu ont été tirés et l’auteur des tirs Luigi Preiti a manifesté, tout de suite après, l’intention de se suicider mais il a affirmé n’y être pas parvenu car son chargeur était vide.

Le procureur de Rome Pierfilippo Laviani qui a recueilli dans l’après-midi la déposition de M. Preiti a évoqué un homme plein de problèmes qui a perdu son travail, a tout perdu, et a dû retourner vivre dans sa famille en Calabre. D’une manière générale, il voulait tirer sur des hommes politiques mais comme il a vu qu’il ne pouvait pas les atteindre, il a tiré sur les carabiniers, selon le magistrat qui a estimé que l’agresseur ne semble pas une personne déséquilibrée.

M. Preiti, qui était bien habillé et arrivait du Palais de Montecitorio, siège de la Chambre des députés, a tiré à l’improviste sur des carabiniers en faction devant le Palais Chigi, le siège du gouvernement, au moment-même où les ministres du nouveau gouvernement d’Enrico Letta prêtaient serment, à 1 km de là, au palais présidentiel du Quirinal. Les ministres devaient ensuite se réunir au Palais Chigi pour leur premier conseil sous la présidence de M. Letta.

M. Alfano a souligné devant la presse que la situation générale de l’ordre public même après cet incident ne suscite pas de préoccupations, tout en indiquant que la surveillance des objectifs à risque a été renforcée.

Deux carabiniers ont été blessés, l’un au cou, l’autre aux deux jambes et l’agresseur souffre de contusions après avoir été jeté au sol par les forces de l’ordre alors qu’il tentait de s’enfuir. Le pronostic est réservé pour le carabinier blessé au cou tandis que l’état du deuxième n’inspire pas d’inquiétude.

Les médias italiens ont indiqué que Preiti est un maçon au chômage qui avait quitté sa Calabre natale pour le Piémont il y a 20 ans.

Il s’était séparé il y a deux ans et demi de sa femme et traversait des difficultés économiques. Il était retourné en Calabre pour vivre chez ses parents à Rosarno, laissant dans le Piémont sa femme et leur fils de 10 ans.

Selon certaines sources, il se serait mis récemment à jouer au vidéopoker et aux machines à sous — présentes dans tous les bureaux de tabac en Italie — dilapidant les économies familiales et accumulant des dettes.

M. Preiti était arrivé samedi soir à Rome avec l’intention d’accomplir un geste éclatant, et logeait dans un hôtel, ont indiqué des enquêteurs cités par l’agence Ansa. Il détenait illégalement l’arme qu’il a utilisée, un pistolet Beretta semi-automatique de calibre 7,65.

Presse pousse-au-crime (Agence Faut Payer, 28 avril 2013)

Spari P. Chigi : Padova, scritte pro Preiti

‘Luigi Preiti uno di noi’ tracciato in centro con spray rosso

(ANSA) – PADOVA, 29 APR – Due scritte tracciate con spray rosso inneggianti a Luigi Preiti, il muratore calabrese che ha sparato ieri davanti Palazzo Chigi ferendo due carabinieri, sono comparse stamane sui muri del centro di Padova. Sul fatto sta indagando la Digos. ”Luigi Preiti sei uno di noi, pagherete caro”, e’ lo slogan, seguito da una A cerchiata malamente, vergato da ignoti sui muri di due edifici, uno in Riviera Ponti Romani, in pieno centro, l’altro in via Paolotti, nel quartiere universitario.

Presse pousse-au-crime (Tuttosport.com, 29 avril 2013)

Les coups de feu sont pour vous

Si Luigi Prieti s’était suicidé, en se pendant dans la cave de la maison de ses parents (car de maison il n’en n’avait plus), il aurait tout simplement été un nombre supplémentaire dans une statistique qui tend à augmenter semaine après semaine : celle des désespérés qui remettent au geste ultime l’impuissance de se procurer un revenu avec lequel vivre, coincés entre un sens de faillite personnelle et l’anomie d’une solitude créée par une vie entièrement consacrée au travail, alors que les personnes chères s’enfuient et on ne comprend plus pourquoi exactement on se démène autant.

S’il s’était immolé avec de l’essence et donné feu, sur cette même place où il a déchargé le chargeur de son pistolet, il aurait peut-être suscité une grande clameur et pendant 1 jour et demi on aurait parlé de lui : les médias et les hommes politiques auraient proféré des paroles de douleur, idiotes et hypocrites, pour un homme « désespéré », invitant les Italiens à être solidaires, dans la douleur profonde, ils auraient peut-être même parlé de quelques nécessités d’autocritique et de remise en question, en s’invitant eux-mêmes à des comportements plus sobres pour donner l’exemple pendant que les Italiens et les Italiennes se serrent la ceinture. (Les conditions subjectives italiennes ne peuvent pas encore nous faire espérer une réaction « à la Tunisienne »).

Mais Luigi Prieti n’a opté pour aucune de ces alternatives et avant de mettre fin à ses jours, (s’il est vrai que ceci aurait été l’épilogue – comme nous informent les sites mainstream), il avait l’intention de toucher un Ministre… pour passer toute sa colère, pour donner un sens à un geste aussi désespéré, envoyer un dernier message à beaucoup d’Italiens qui sont dans les mêmes conditions. On peut faire toutes les considérations politiques qu’on veut sur l’inadéquation et l’erreur de ce geste, mais, humainement, il est difficile de ne pas se déclarer proche, d’une façon ou d’une autre, à Luigi. N’importe quel sondage honnête démontrerait que des pourcentages embarrassants témoigneraient un mouvement de sympathie et de compassion pour cet homme. Et peut-être vaut-il le coup de commencer à dire à voix haute que cet homme ne devrait pas rester en prison (comme personne ne devrait y être, et certainement pas ce 90% et plus, en cage pour crimes contre la propriété, l’immigration clandestine ou la consommation de substances stupéfiantes).

D’une chose nous pouvons être vraiment contents : que Luigi Prieti n’ait pas réussi à se tuer, et ainsi il a donné un nom à sa propre colère : « je voulais tuer les hommes politiques » aurait-il dit aux Carabiniers qui l’ont immobilisé après la fusillade. Un peu dur de le faire passer pour un « déséquilibré », ou non, Repubblica, Corriere, Presse, Rai, Mediaset…? alors on est passé à une description lombrosienne : « un Calabrais »… qui cependant n’avait pas rapports avec la ‘ndrangheta (mais la ‘ndrangheta n’aurait jamais pensé et ne pensera jamais à frapper les institutions centrales, elle se contente de manger grâce aux institutions periphériques). Un pauvre gars, détruit par le video poker… dommage qu’aujourd’hui le video poker soit une dévastation sociale de masse pour les prolétaires, comme ça a été le cas avec l’héroïne dans les années ’80 (et ce n’est pas dit que cette merde ne reviendra pas également, il suffit de voir la nouvelle diffusion de masse en Grèce). Les médias de régime savent bien que dans les quartiers dans lequel Luigi vivait (là où vit le plus grand nombre de nous), le panorama urbain est désormais plein d’acheteurs d’or, de locaux pour le jeu de hasard et d’activités qui ne cessent de fermer une derrière l’autre ? Non, eux ne le savent pas car ils vivent dans les centres ville, là où ces tristes et misérables spectacles n’arrivent pas à défigurer le paysage qu’ils admirent.

L’image d’aujourd’hui est celle des hommes politiques qui sourient et qui se donnent des tapes sur les épaules après l’énième le plus scandaleux partage de fauteuils que l’histoire nous rappelle, alors que dehors résonnent quelques coups et un peu de vraie réalité commence à entrer aussi dans leurs palais…

Traduit de l’italien (Infoaut, 28 avril 2013) par Solidarité ouvrière

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:37

Représentation luttes italiennes de 70′s

Bonjour,

Le Resto-Trottoir vous invite à venir découvrir l’INTERVENTO.

L’INTERVENTO c’est une compilation de textes, chants, images, témoignages sur les luttes autonomes italiennes dans les années 70.

Ça se passe :
le DIMANCHE 12 MAI à 16H dans les locaux de RADIO BIP 14 rue de la Viotte (la petite rue juste en dessous de la gare. ENTRÉE LIBRE

La représentation sera suivie d’un apéro grignotage puis d’une discussion sur les liens entre les luttes des années 70 et les luttes actuelles.

Merci de faire tourner l’info.

À bientôt

Présentation de l’INTERVENTO

Le mouvement autonome italien est peut-être l’un des mouvements de lutte les plus puissants de l’histoire récente occidentale. Fort de ponts exceptionnels entre étudiants et ouvriers, “autonome” des partis et des syndicats, massif et violent dans ses modes d’actions, il fera durer mai 68 pendant dix ans. Ce sont les “hordes païennes” de jeunes immigré-e-s du Sud qui paralysent les usines, revendiquant le refus du travail, remettant à l’ordre du jour les pratiques d’action directe qui avaient secoué les mêmes industries en 1920 avant de s’endormir sous le fascisme. Ce sont des quartiers entiers qui, face à l’inflation, refusent de payer les loyers ou les factures. C’est une irruption tonitruante des femmes, homosexuel-le-s, jeunes et chômeurs-ses sur la scène politique. Ce sont des analyses précises et originales de la transformation de l’économie occidentale. C’est une explosion des radios libres qui se font “la voix des sans-voix” tout en jonglant avec l’ironie et la philosophie. C’est enfin le tournant de 1977, les émeutes, les chars blindés à Bologne, une répression féroce : un mouvement étranglé qui n’a plus d’autres issues que la fuite, l’héroïne ou la clandestinité. Beaucoup “d’autonomes” passeront des années en prison, sans manquer d’en faire encore un lieu de luttes.

Des lectures tirées de plus de 15 ouvrages différents et entrecoupées de sons et d’images permettront, chapitre après chapitre, d’avoir un aperçu de l’atmosphère brûlante de l’époque et d’approcher les questions qu’elle nous pose aujourd’hui.

Resto Trottoir

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 10:55

emission radio zapzalap luttes sociales lahoucine mort sous les balles des keufs a Montigny(59) Class war et rage au ventre

lahoucine mort sous les balles des keufs a Montigny(59)
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 10:52

Avant l’effervescence de l’Autonomie italienne, l’opéraïsme tente de renouveler la pensée marxiste pour réfléchir sur les luttes ouvrières. Ce mouvement politique et intellectuel se développe en Italie dans les années 1960. Il débouche vers une radicalisation du conflit social en 1968, et surtout en 1969 avec une grève ouvrière sauvage. Si le post-opéraïsme semble relativement connu en France, à travers la figure de Toni Negri et la revue Multitudes, l’opéraïsme historique demeure largement méconnu.

Mario Tronti revient sur l’aventure de l’opéraïsme, à laquelle il a activement participé. Son livre articule exigence théorique et témoignage vivant. Il décrit ce mouvement comme une « expérience de pensée - d’un cercle de personnes liées entre elles indissolublement par un lien particulier d’amitié politique ». La conflictualité sociale et la radicalisation des luttes ouvrières doit alors permettre d’abattre le capitalisme.

Un communisme hétérodoxe en marge du Parti

A l’inverse des intellectuels académiques et de la banale critique universitaire, les théoriciens de l’opéraïsme estiment que leur réflexion doit servir la lutte collective et le mouvement ouvrier. Mario Tronti évoque « une révolution des formes intellectuelles ». Ses théoriciens communistes tentent se lier au prolétariat qui, en s’émancipant lui-même, doit émanciper l’humanité toute entière selon Marx.

L’année 1956 marque un tournant qui fait vaciller les certitudes des intellectuels communistes. Les dirigeants de l’URSS reconnaissent les crimes de Staline. Surtout, une révolte ouvrière éclate en Hongrie avant de subir la violente répression du pouvoir bolchevique. La mascarade du « communisme réellement existant » s’effondre brutalement. Au sein du Parti communiste italien (PCI), des intellectuels contestent la ligne politique. Le rôle du Parti pour diriger la classe ouvrière est remis en cause. Ce sont les luttes ouvrières qui doivent directement déboucher vers la révolution sociale.

Bien que partisan de l’autonomie ouvrière, Mario Tronti décide de rester malgré tout militant du PCI. Il conserve probablement l’illusion de pouvoir faire infléchir la ligne du parti en sa faveur. Mais des groupes se forment pour développer une réflexion propre. Les revues Quaderni Rossi et Classe operaïa incarnent cette ébullition politique et intellectuelle en marge du PCI. Dans ses petits groupes Mario Tronti côtoie des luxemburgistes proches du communisme des conseils, des syndicalistes révolutionnaires et divers penseurs libertaires. Raniero Panzieri incarne ce marxisme hétérodoxe et anti-autoritaire. Le concept de « contrôle ouvrier » rassemble ses divers intellectuels. Mario Tronti décrit une ambiance de débats et de joie de vivre. « Lors de nos rencontres, nous passions la moitié du temps à parler, l’autre moitié à rire », témoigne Mario Tronti. Comprendre le monde doit alors permettre de renverser l’ordre social.

Contre les partis et les syndicats, les luttes ouvrières à la base sont privilégiées. Le PCI, loin de se référer au communisme révolutionnaire, assume pleinement son réformisme. De plus, ce parti semble déconnecté des véritables aspirations de la classe ouvrière. Contre ce communisme frelaté, l’opéraïsme tente d’inventer une nouvelle culture de lutte.

Les luttes sociales comme moteur

Pour le mouvement opéraïste, la lutte prime sur l’analyse du capitalisme. « Une explosion de subjectivité, un saut politique dans le sujet : c’est ainsi que nous lisions les évènements des années soixante qui allaient se produire 1968-1969 », décrit Mario Tronti. La crise du capitalisme ne peut provenir que d’un renversement du rapport de force.

Mario Tronti revient sur la révolte de 1968, « quand l’histoire surgit dans la vie même, quand la politique s’impose à l’existence ». Les étudiants se révoltent en 1968. Mais, dans les usines, les jeunes émigrés du Sud de l’Italie semblent particulièrement contestataires.

Pourtant, la révolte de 1968 ne débouche pas vers une perspective de rupture révolutionnaire. « Une fois encore : ce qui a manqué c’est l’intervention décisive d’une force organisée. Cette force ne pouvait être que le mouvement ouvrier, dans la figure et forme de sa composante communiste post-stalinienne », estime Mario Tronti. Surtout, le mouvement étudiant n’invente aucun projet de société alternatif au capitalisme. Aucune nouvelle organisation sociale ne se dessine. « Ne pas porter l’imagination au pouvoir, mais donner du pouvoir à l’imagination, en évoquant une forme sociale et d’autres formes de la politique par rapport aux capitalismes et aux socialismes réalisés. Alors, un autre monde était possible », analyse Mario Tronti. Ce mouvement de 1968, limité au milieu étudiant, semble alors éloigné des aspirations de l’opéraïsme finissant. « Étudiants et ouvriers unis dans la lutte » devient le mot d’ordre de l’automne chaud de 1969. Cette perspective enthousiasme davantage les opéraïstes.

Mario Tronti précise ensuite le contenu politique de l’opéraïsme. Ce mouvement se réfère constamment à la classe ouvrière, non pas pour exalter un certain misérabilisme, mais pour généraliser des pratiques de refus du travail. « Ce qui nous motivait n’était pas la révolte éthique contre l’exploitation que les ouvriers subissaient, mais l’admiration politique pour les pratiques d’insubordination qu’ils s’inventaient », souligne Mario Tronti. Ses intellectuels s’attachent à la guerre de classe qui oppose ouvriers et capital dans la grande usine. « Dans la lutte des classes, ce qui nous enthousiasmait c’était la classe en lutte », résume Mario Tronti. Les opéraïstes sont particulièrement séduits par la contestation de la hiérarchie et de l’autorité dans l’entreprise, par la critique des cadences et du travail à la chaîne avec son aliénation à la machine. Le sabotage, la grève sauvage et le refus du travail deviennent alors des armes privilégiées par les ouvriers. « La lutte ouvrière contre le travail est le grand thème évoqué par l’opéraïsme », souligne Mario Tronti.

Le bilan du mouvement ouvrier révolutionnaire

Le théoricien marxiste revient ensuite sur les raisons de la défaite du mouvement ouvrier. Aucune structure autonome par rapport au capital ne permet aux ouvriers de s’organiser. Les soviets et les conseils doivent permettre de sortir du capital, mais ses formes d’organisations ne perdurent pas. Ensuite la société marchande, avec son aliénation, semble beaucoup plus forte que la culture de lutte des ouvriers. Les travailleurs sont également soumis à la technique et à la machine. Les traditions, les croyances religieuses, les appartenances ethniques contribuent à diviser la monde ouvrier et l’identité de classe.

Les usines et le monde industriel ont été démantelés. Pourtant, Mario Tronti s’attache à préserver et à faire vivre la mémoire des luttes ouvrières. « S’y trouve le patrimoine d’un héritage historique qu’il faut récupérer et réinvestir dans un autre agir pour cette même fin », estime Mario Tronti. Le mouvement ouvrier révolutionnaire demeure un vivier de lutte et de réflexion critique indispensable pour réinventer la révolution sociale.

La figure de l’ouvrier-masse, valorisée par l’opéraïsme ne semble plus aussi importante et centrale. La concentration des travailleurs dans les usines permet de former une classe ouvrière qui, même si elle ne comprend qu’une minorité de la population, lutte pour ses intérêts qui débouchent vers une émancipation de toute la société. Les usines ont aujourd’hui disparu, remplacées par des déserts existentiels et des espaces cloisonnés. « La grande usine est le contraire de ses non-lieux qui configurent la consistance, ou mieux l’inconsistance du postmoderne », souligne Mario Tronti.

L’auteur définit l’opéraïsme. « C’est une expérience qui s’est efforcée de réunir pensée et pratique de la politique dans un cadre déterminé, celui de l’usine moderne », résume Mario Tronti. La classe ouvrière apparaît alors comme le seul sujet révolutionnaire capable de renverser le mode de production capitaliste. Les années 1960 en Italie se caractérisent par une forte industrialisation. Les jeunes paysans du sud migrent vers le nord industriel. Le fordisme s’appuie sur une production de masse qui s’accompagne d’une consommation de masse.

Combattre l’aliénation moderne

L’ouvrier à la chaîne apparaît comme une figure centrale pour les opéraïstes. « Là où l’aliénation du travailleur atteignait son plus haut niveau. Non seulement l’ouvrier n’aimait pas son travail, mais il le détestait », précise Mario Tronti. Lerefus du travail menace alors directement le rapport de production capitaliste. La lutte contre le travail distingue l’opéraïsme dans le mouvement ouvrier traditionnel, pour en devenir un courant singulier voire hérétique. Pour les opéraïstes, comme pour Marx, le prolétariat en s’émancipant lui-même doit émanciper toute l’humanité. Aujourd’hui la classe ouvrière demeure une partie importante de la société, mais n’apparaît plus comme un sujet politique. Pourtant le mouvement ouvrier et le communisme demeurent un spectre toujours menaçant. Si les capitalistes ont accueillis la gauche dans les palais du pouvoir, ils se sont acharnés à liquider le mouvement ouvrier.

L’opéraïsme connaît un regain d’intérêt aujourd’hui. Ce mouvement s’appuie sur un point de vue ouvertement partial et exprime la subjectivité ouvrière. Il s’attache également à articuler pensée et action. Surtout, les opéraïstes insistent sur la dimension essentielle du conflit. Dans la société moderne, c’est le règne de la pacification et de la vie aseptisée. « Il y a une mythologie de l’opéraïsme dans toutes les expériences du mouvement contestataire, dans ses expériences où est identifiée, de manière forte, l’exigence d’une reproposition de la pratique du conflit», observe Mario Tronti. Dans une période de normalité réformiste, l’opéraïsme permet surtout de raviver l’exigence du conflit, liée à la tradition révolutionnaire du mouvement ouvrier. Le conflit permet de refuser l’assimilation et l’intégration à la société marchande.

Dans la société moderne, les normes néolibérales colonisent tous les domaines de la vie. Dans ce contexte, l’affirmation d’une subjectivité de lutte et du conflit avec l’ordre existant deviennent des armes indispensables. L'Autonomie italiennepropose ensuite d'affirmer une subjectivité radicale pour bouleverser tous les aspects de la vie.

Source: Mario Tronti, Nous opéraïstes. Le « roman de formation » des années soixante en Italie (traduit de l’italien par Michel Valensi), Éditions d’en bas et Éditions de l’éclat, 2013

Articles liés :

Insurrection des désirs dans l'Italie des années 1970

Lutter et vivre dans l'autonomie italienne

Témoignages sur la lutte armée en Italie

Pour aller plus loin :

Jacques Wajnsztejn, "A nouveau sur l'opéraïsme", publié sur le site de la revueTemps critiques en juillet 2010

John-Samuel McKay, "L'opéraïsme italien", publié dans la revue Que Faire ? n°4 août / septembre 2004

Michele Filippini, "Mario Tronti et l'opéraïsme italien des années soixante", publié sur le site Europhilosophie le 5 août 2010

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES TOTO
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 10:52
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 10:51

Ça y est, la « loi Taubira » accordant le droit de mariage aux couples homosexuels est passée, et dans un même temps, le droit du travail connait une des pires attaques qu’il ait subi dans les dernières décennies avec l’ANI (accords écrits par le MEDEF, signés par le PS). Le climat qui règne dans l’état français mérite donc quelques éclaircissements et réflexions car la logique de l’époque entraine une série d’évènements qui aura des conséquences graves sur nos vies.

Tout d’abord, concernant le mariage homosexuel. C’est bien sûr une cause à défendre, sur des bases claires et simples: il n’est pas question de renforcer l’institution du mariage, qui doit être naturellement critiquée (à ce sujet, les réactionnaires ont beau jeu de défendre le « mariage traditionnel » qui institutionnalise le patriarcat et qui de toute façon recoupe à l’heure actuelle des réalités très variées). Pour autant, le mariage pour tou-te-s signifie l’égalité des couples reconnue dans la société, notamment sur le plan économique. C’est un pas en avant important pour combattre les divisions dans le peuple. Et pourtant! Cette question, instrumentalisée par la bourgeoise, a servi non pas à mobiliser sur des thèmes progressistes mais à diviser encore plus, à faire ressurgir l’homophobie de masse des classes dominantes.

Le processus est simple: actuellement, dans une phase d’effondrement progressif du système économique capitaliste, la bourgeoisie – de droite comme de gauche – n’a plus aucun rôle social positif pour les classes populaires. Il est probable que le PS ait voulu « bien faire » avec cette loi, mais sa gestion désastreuse du processus en a fait un exutoire pour les homophobes (pouvait on attendre autre chose du PS?). Ceux ci se victimisent constamment. Alors qu’ils ont organisé des manifestations de masse allant de la frange conservatrice de la grande bourgeoisie jusqu’aux néofasciste « révolutionnaires », dont les débordements ont donné lieu à une passivité étrange des forces de répression, ils crient au scandale et à la « dictature socialiste ». Le PS et ses défenseurs servent d’idiots utiles à une sinistre farce, avec la radicalisation de la bourgeoisie conservatrice qui voit de plus en plus le fascisme comme une option envisageable. Les quelques dispersions par les CRS opérées contre les « manifs pour tous » sont d’une mollesse hallucinante pour toute personne ayant participé à un mouvement social, pendant lesquels l’état blesse, emprisonne, humilie voire assassine. Normal: les forces de police sont dans le même camp que le lobby bourgeois Ichtus ou que l’institut réactionnaire Civitas. L’ordre du jour pour ces gens là, c’est la prise de pouvoir, l’organisation de l’insurrection, de la révolution conservatrice, et les « forces de l’ordre » ont un rôle à y jouer.

Car dans le même temps, la bourgeoisie « progressiste » (enfin, socialement), c’est à dire le PS, assume en fait un rôle de restructuration du système économique, avec les politiques d’austérité et les accords comme l’ANI, qui contente seulement une partie des classes dirigeantes mais ne vas pas assez loin pour une autre. En bref, avec le PS, les plus réactionnaires ont peur de voir le système se fissurer, de voir les contradictions apparaitre au grand jour. Ainsi dans les manifestations homophobes, on a des slogans comme « CRS en banlieue », « la police avec nous », « dictature socialiste »… Cela témoigne d’une volonté répressive incroyable, seule la mobilisation pour empêcher d’autres personnes d’avoir des droits égaux serait justifiée! N’oublions pas non plus le rôle de l’église et des pontes de l’armée dans l’organisation de ces démonstrations de force. Les choses sont de plus en plus claires… Et quand les sociaux-démocrates radicaux du Front de gauche demandent une timide amnistie des militants condamnés lors de mouvements sociaux, le PS emboite le pas à la réaction en se scandalisant. Ses représentants disent que cela « légitimerait les violences« . L’ex-premier ministre Raffarin (UMP) dit également qu’une amnistie donnerait « le sentiment qu’il n’y plus d’autorité, de respect du bien commun, du bien de tous, y compris de l’entreprise« .

Mais oui, Jean-Pierre, c’est exactement ça! Ton respect de l’autorité et du bien de tous incarné par la défense ultra-autoritaire du « bien de l’entreprise », bref du rapport de classe en faveur de la bourgeoisie, que tu incarnes comme Montebourg, les ouvriers n’ont ont plus rien à carrer! Et avec l’ANI qui passe, ils ont raison de se révolter, c’est légitime de s’en prendre à la sacro-sainte entreprise patronale (construite pas qui? Fonctionnant grâce à la force de qui?). Et dans le même mouvement, il est logique et légitime de poser la question du pouvoir, de la propriété collective des moyens de production, qui est la seule voie possible de sortie de la crise, contrairement à ce que martèlent nos dirigeants… Et quand les CRS gazent les travailleurs, on sait de quelle côté est la violence!

D’autre part, on peut s’étonner de la passivité de certaines parties de « l’extrême gauche » (on se comprend) refusant de défendre clairement un camp et d’agir pour défendre une stratégie révolutionnaire. Avec par exemple des articles comme celui de Rebellyon – un média faisant pourtant un très bon travail sur certaines questions – annonçant une « défaite des homophobes » (on croit rêver…) où celui de Voie Lactée profitant de la question avec un opportunisme désespérant pour tacler le silence des médias progressistes (quand on refuse d’avoir une pratique et qu’on se contente de faire de l’arrière-gardisme médiatique ou culturel, ce n’est pas très difficile). La situation explosive d’aujourd’hui nécessite le développement de solidarités à la base pour construire sans concessions nos analyses et nos organisations.

Car en face la bourgeoise s’organise vite: les médias ont très peu relayé les menaces de mort envoyées à différentes personnalités par le groupe « interaction des forces de l’ordre », dénonçant un supposé « complot stalinien »… L’extrême droite suit la même pente puisqu’elle est objectivement et au quotidien du côté du système en place, contre les combats des classes populaires, pour ceux des classes dirigeantes. Et que ses factions luttent pour gagner en crédibilité et être soutenues par ces mêmes classes.

Pour ne pas être dépassés, il n’y a donc pas de temps à perdre: aucun espoir ne peut être placé dans le PS et ses soutiens, ni dans le jeu parlementaire ou les mobilisations réformistes défaitistes. Il faut rompre avec les vieux schémas de la social-démocratie et du simple syndicalisme économiste pour renforcer les organisations et réseaux de classe capables de mener une lutte radicale, avec un but clairement défini, révolutionnaire.

D.

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