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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:21

Ci-après, notre communiqué suite à l’action d’aujourd’hui (29 mars 2013 à 17h) contre les bureaux de l’architecte Jacques Ferrier, qui a été choisi pour faire le design et les plans de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Jacques a dit « Sabote le hall de Ferrier ! »

Le site de Vinci Airports présente Jacques Ferrier comme « l’un des architectes les plus engagés en matière de développement durable ». Alors nous qui nous préoccupons de nature et d’espaces vierges à Notre-Dame-des-Landes, on a décidé de venir le voir à Paris pour lui rappeler qu’un aéroport, par nature, ça n’est pas très « développement durable ».

Car Jacques Ferrier a choisi, après avoir fait le design d’un premier aéroport à Toulouse, de collaborer avec Vinci pour les plans du futur aéroport Grand Ouest. C’est ça le capitalisme vert. Grand bien lui fasse, le fric n’a pas d’odeur. Pour autant, il nous tardait de lui faire part de notre mécontentement et voilà qui est fait.

Bien fait !

Il se cachait bien Jacques, au 77 de la rue Pascal, pensant que nous n’avions pas capté son jeu. Et bien non, on vous avait prévenu : la ZAD est partout ! Nous sommes donc venus repeindre son hall d’architecte avec des extincteurs remplis de peintures verte et marron. À force de concevoir des colosses de béton et de verre, il fallait bien que Jacques se mette un peu au vert…

Mais que Jacques se rassure, des architectes comme lui, il y en a beaucoup. Et nous ne nous priverons plus désormais de leur rendre visite.

Merde aux bétonneurs et aux promoteurs de l’immonde ! Merde à Vinci et à son monde !

Quelques peintres en bâtiment solidaires

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:43

Poubelles la vie : avec les glaneurs dans les rues toulousaines

Un peu avant 22h00 sur le boulevard de Strasbourg à Toulouse. Une enseigne : « le meilleur, le moins cher ». Pour sûr… Deux conteneurs sortent. Réunissent ceux qui lorgnaient leur arrivée. Deux femmes. Une autre, plus jeune. Trois hommes, la quarantaine. Ça ouvre, ça chaparde, ça trie. Ça fouille, ça glane.

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« Pizza ? Si tu veux un truc, tu me dis. » On penche l’autre benne. Deux plongent, bille en tête, entre un poulet entier, des club-sandwich au thon, des sachets de salades, des épluchures de légumes verts. On garde pour soi, chacun ses à-côtés, ou on redistribue. Regards discrets aux badauds, gestes pressés presque précis. Timides salutations, départ furtifs. Un des hommes reste pour remettre les sacs et refermer les bennes. Sous peine de bennes javellisées, sous clef ou de broyeur. Comme celles des grandes surfaces du pourtour toulousain. 22h14. Fin de la fouille. Fast-food.

Émulsion

Ce type de scène se répète chaque soir à la fermeture des supermarchés du centre-ville. Monoprix, Intermarché express, Carrefour Market. Ici, le spot est connu, plus en vue. Mardi et jeudi plutôt.

Un électricien en intérim repart sur son vélo harnaché de deux cabas pleins. Bonne récolte. « Aujourd’hui c’est pas mal, on n’est pas nombreux… Je viens une fois par mois depuis un an. Avant je travaillais mais en ce moment y’a pas trop de boulot, alors… faut bien… » Retraités, sans-abris, rsa-istes, chômeurs, étudiants précaires ou même travailleurs se laissent tenter par la récup’ alimentaire pour meubler leur frigo à moindre frais.

Effet de la crise. De la médiatisation des mouvements anti-gaspillage aussi. Comme Freegan ou Dumpster Diving venus d’Amérique du nord. « Sorte d’émulsion », constate Olivier [Les prénoms ont été modifiés], briscard de la rue. « J’ai vu toutes les classes sociales. Les gens comprennent que les trucs périmés, les dates c’est pas si grave ». Passé du « 4 étoiles au banc de la gare Matabiau », il vit de récup en tout genre. « Du bon sens : y’a énormément de gens qui ont faim et énormément de bouffe dans les poubelles. »

Économies + gâchis

Sur la fin de marché du Cristal, boulevard d’Arcole, ça grappille aussi. Un riverain occasionnel, un pépé pour ses animaux, des vielles dames, des jeunes, les primeurs ont l’habitude. Déposent les cagettes d’invendus au pied des arbres. Les éboueurs prennent les cartons mais laissent les pleines. « Ça partirait à la benne, autant que ça soit bouffé. La vie est dure. » Rut, espagnole au chômage venue chercher un travail de psychologue en France, se nourrit de récup’ avec ses cinq colocataires. En plus de quelques achats en épicerie. « On économise énormément ».

Un bon moyen d’allier économies et idées anti-consumériste, expliquent Erwan et Jeanne, étudiants adeptes du glanage et auteurs d’une étude universitaire sur la pratique. Ceux qui glanent par a priori, par idéologie, soulagent leur bas de laine et ceux qui le font par nécessité déplorent tout autant le gâchis.

« Tout ce qu’on peut faire comme repas avec ça, c’est inadmissible de le laisser. » Deux ans que Xavier, 20 ans, ramasse les fins d’étals. C’est la première fois qu’il voit autant de monde. Il termine son parcours la cagette bourrée de légumes. Artichauts, poireaux, potirons. Soupe en perspective. Ce woofer vivant en squat aide ainsi ses hôtes sans dépenser un kopeck. Tout en sélectionnant le bon produit. Idem pour Rut. Surtout marché et Biocoop. « Pas trop de supermarché parce que tu sais pas ce que tu manges. »

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Festins d’ordures

Pourtant, les bennes réservent parfois de festins d’ordures. « Cavernes d’Ali Baba ». Yaourts bio, Cabécou du Périgord, jus de fruits périmés à six mois, sodas à peine éventrés, légumes frais, brioches chocolat, sushis sous vides, kilos de merguez, escalope de poulets au fromage et à la tomate. « L’hiver dernier, j’ai récupéré 150 plaquettes de saumons. J’en distribué à tout le monde » lance Olivier. Une autre fois que des trucs chers de Noël, genre pâtés de foie… « Y’en avait pour 3000 euros de bouffe ». Jackpot en période de fêtes.

À croire les deux étudiants, le gros de la récup’ se fait sur du haut de gamme. « Ce qui est pas cher les gens l’achètent. » Jeanne : « on se nourrissait mieux dans les poubelles qu’en achetant directement dans les magasins ».

Autre bon plan, glisse Olivier, les déménagements. Pour les produits de long terme. Toujours une ou deux caisses remplies de conserves raviolis, maquereau, thé. « Quand tu le fais à mon niveau, t’as jamais besoin d’acheter de bouffe. Edmée, traductrice à la ville et récupératrice à la campagne (Gers) renchérit : « J’ai pas acheté un seul légume de l’été ». Tellement bien qu’elle vient distribuer sur Toulouse les fruits de son travail. À Myrys ou ailleurs.

De quoi s’en mettre plein les fouilles donc en plongeant dans le cul de la société de consommation. Mais au prix d’une certaine astreinte. Avoir son sac à dos-lampe, sa tenue de rechange pour ne pas se salir. « Un vrai boulot », soir et horaires fixes, repérer, pister, dénicher les lieux, trouver l’info. Car ça circule vite. Au bouche à oreille.

Jeanne admet avoir arrêté. « C’est pas plus long que faire les courses mais c’est moins agréable. »

« De vraies bêtes »

Faut dire que depuis peu c’est plutôt agité. Succès oblige. Ça arrache, ça fracasse, ça détruit. Des agressions, des rixes, des bagarres. Les glaneurs se bouffent le nez. Sous l’œil indifférent de la police. « De vraies bêtes », regrette Olivier. « Quand j’ai arrêté c’était la folie. La bouffe devenait immangeable tellement les gens se jetaient. » Il parle d’appropriation de spots et de réseaux de revendeurs. Olivier s’est fait prendre en traître un soir sans « son armure de nuit, en civil ». Son agresseur n’acceptait pas le partage du butin entre tous. Ni le rangement bien propre des bennes.

Faute d’organisation, c’est la sauvegarde du lieu qui est en jeu. Car il n’en faut pas plus aux enseignes pour broyer, javelliser ou virer les ordures. Haut-lieu de glanage, le Casino de Saint-Georges, par exemple, n’est plus.

Stéphanie, dirigeante d’un Carrefour Market toulousain tout neuf : « Ça me gêne tant de monde dans le besoin mais j’ai pas le choix, je javellise ». Poubelles vandalisées et c’est elle que la voirie municipale amende. Franchisée, elle reste soumise à l’image de la marque, dit-elle. « J’ai pas le droit de filer des trucs périmés, imaginez qu’arrive un incident, je peux fermer le magasin. » La peur du comité d’hygiène repose sur une soi-disant jurisprudence : un sdf intoxiqué suite à une fouille aurait porté plainte contre l’enseigne propriétaire des bennes. Un « vrai mythe pour légitimer leur politique », selon Erwan. Comme si la javel, elle, était inoffensive. Même en présentant une attestation les dédouanant, certains commerçants n’ont pas la sortie de poubelle facile.

La récup c’est l’avenir

Position compréhensible, pour Olivier. Le problème est que les commerces mettent ceux qui « fouillent correctement » et les autres dans le même sac. Stéphanie se dit prête au dialogue pour refiler ses invendus aux associations mais pas à J-3 comme l’impose la loi. C’est pourquoi Olivier veut monter sa structure. Nécessité pour stocker et répartir dans de bonnes conditions les aliments récupérés. Et qu’ils soient accessibles à tous. On évoque des « relais de bouffe » comme pour les vêtements ou un traitement public des invendus à l’instar des déchets.

Pas vraiment au goût du jour. Le gouvernement préfère rassurer (sic) les professionnels sur les problèmes sanitaires, bourse aux dons ou inciter au recyclage entre associations d’aide, commerçants et marché d’intérêt national.

Du court terme, selon Erwan et Jeanne. Le risque d’institutionnaliser la « fracture sociétale » entre riches qui peuvent gaspiller et pauvres qui mangent leurs restes. Alors même que les grandes surfaces « font assez de marge en en jetant la moitié ». Des prix moins élevés écouleraient mieux les stocks. Après, pour « vraiment lutter contre ça, c’est avec un système plus planifié des stocks ». En fonction des besoins des gens. À l’envers du marché. Et ce, avant que la grande distribution ne vende ses propres invendus. À écouter Olivier, l’avenir dans la récup’. « La plus grosse fortune du monde dans 30 ans sera quelqu’un qui aura su la gérer à un niveau très important ». Faudrait pas que les glaneurs se fassent aussi récupérer par une ordure.

Le paradoxe du fouilleur

« Si tu peux te permettre de payer à la caisse, fais-le. Laisse les rebuts à ceux qui n’ont pas d’autre solution que de fouiller les poubelles ou mourir de faim. » L’argument de Russel Banks est connu. Mais plus ou moins fondé. Avoir faim ne conduit pas toujours à faire les poubelles. Ne serait-ce que parce que ça nécessite un minimum de matériel pour stocker ou cuisiner. À moins de faire d’autres types de fouille. McDo, Quick, restos. Du prêt à bouffer, du direct.

Problème d’image de soi aussi. En plongeant dans les bennes, « certains, même à la rue, auraient l’impression d’aller tout en bas du bas », explique Olivier. D’autres ne sont pas en état. Came, alcool. Lui n’a aucune honte : « À New York j’ai connu des profs, des artistes qui font ça par conviction donc j’ai pas le même rapport ».

Erwan note un paradoxe : « On se sent moins emmerdé à aller fouiller parce qu’on sait qu’on pourrait s’en passer ». Petite sociologie : « Nous, on va plutôt privilégier les petits spots quitte à moins ramasser ». (Erwan fait les poubelles d’un primeur défiant toute concurrence). Et « ceux plus dans le besoin iront vers les gros spots. Quitte à se bastonner ». Olivier résume : « Y’a suffisamment de bouffe pour tout le monde ».

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VOIR LA VIDÉO

Pour en savoir plus : État d’urgence déclaré, Minimisons le gaspillage engendré par la société de surproduction  « Dumpster Diving, Plongez au cœur des poubelles de la légitimité », étude de science politique  « Les glaneurs et la glaneuse », film d’Agnès Varda, 2000  « Global Gâchis, le scandale mondial du gaspillage alimentaire », film de Tristram Stuart, 2012

Ludo Simbille, Friture Mag, Média des possibles dans le Grand Sud, 19 mars 2013

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:42

À Lyon, les Gars-Pilleurs font leurs courses dans les poubelles

Faire les poubelles pour y trouver à manger, voilà qui n’est pas nouveau pour qui connaît le mouvement des freegans. Mais organiser des distributions gratuites de récupération alimentaire pour dénoncer le gaspillage de nourriture encore bonne à manger, voilà qui renouvelle l’approche. Focus sur un mode d’activisme et de sensibilisation lancé par le mouvement des Gars Pilleurs, à Lyon.

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Récoltes urbaines

L’un fait de la récup’ pendant les fins de marchés depuis un an et demi. L’autre se nourrit aussi depuis de nombreux mois avec les déchets de supermarchés et boulangeries. Tous deux ont pris pour habitude de chercher ensemble des aliments souillés, périmés et invendables. Mais ils récupèrent tellement de nourriture encore bonne à manger dans les poubelles des supermarchés situés dans les alentours de Lyon qu’ils ont décidé de redistribuer le fruit de leur récolte urbaine.

Leurs techniques, pour récupérer les aliments ? Commencer par les fins de marché (“le plus simple”), puis les boulangeries (“entrez par le digicode ou être tôt le matin avant les éboueurs”) et enfin les supermarchés où les poubelles sont accessibles facilement.

“Nous récupérons les denrées et quelques heures après nous les redistribuons, et si la chaîne du froid est coupée, ce n’est que pendant un temps très court, ce qui n’endommage pas l’aliment”, explique les deux gars pilleurs qui ne sont jamais tombés malades à manger ainsi. Et c’est d’ailleurs une question de bons sens : au nez, à la vue et avec quelques astuces on sait dans quel état d’avancement est le produit.

Lors des redistributions qu’ils organisent dans le centre de Lyon, ils rencontrent tout type de public : “s’arrêtent les passants qu’on interpelle, mais aussi des étudiants, salariés, retraités, chômeurs, mais aussi élus, sdf, roms, etc.” expliquent les deux jeunes hommes qui constatent que les gens ont entendu parler du gaspillage alimentaire et connaissent les chiffres, mais sans avoir conscience, visuellement, de ce que cela représente.

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“Là ils peuvent même la manger !”

Des yaourts bio aux poireaux en passant par une orchidée, du lait et des croquettes pour chien, ce qu’ils ont étalé mardi 21 mars dernier lors de la distribution organisée place Ambroise-Courtois (8e) a de quoi faire réfléchir. Au total, pas moins de 230 kilos de nourriture étaient gratuitement distribués. Sur place pour 20minutes Lyon, la journaliste Anne Dory a pu interroger les personnes venues à la distribution :

“Ça nous ouvre les yeux sur la réalité d’un monde qui doit changer”, constate Nicolas, 42 ans, qui repart chez lui avec de la bière, des barres de céréales et des pâtes. Pierre, lui, avait été mis au courant de la distribution via les réseaux sociaux. “Ça m’arrive de faire les poubelles des magasins quand c’est la dèche”, confie ce chômeur de 24 ans. Il remplit son sac de nourriture à côté d’étudiants et de personnes âgées aux maigres retraites. “C’est honteux de jeter tout ça quand on voit le prix auquel on nous le vend”, s’insurge Maria, 63 ans, qui peine à vivre avec ses 1000 euros par mois.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/0516.jpgAvec leur démarche, les deux Lyonnais souhaitent sensibiliser le grand public et changer le regard sur les modes de production : “Dirigeons-nous vers la sobriété. Redéfinissons les pratiques d’achats, dirigeons nous vers les circuits-courts, les  produits sains et biologiques, les matières premières nobles et recyclables. Nous nous sommes dirigés vers la nourriture car son obtention reste assez simple, mais nous aurions pu prendre les voitures de la prime à la casse et les distribuer de la même façon…” expliquent-ils.

Comme mentionné déjà ici, chaque année, les Français mettent 1,2 million de tonnes de nourriture à la poubelle, ce qui représente environ 20 kilos de déchets par personne et par an. Sur ces 20 kilos d’aliments gaspillés, explique l’ADEME, 7 kg sont encore emballés et 13 kg sont des restes de repas ainsi que de fruits et légumes.

La récup’ dans les poubelles en pratique

Mais au fait, à qui appartiennent les déchets ? Est-ce illégal de fouiller dans une poubelle ? D’après les discussions que j’ai pu avoir avec des adeptes de la récupération, alimentaire ou non, l’enjeu est de savoir si le déchet est considéré comme res nullius, n’appartenant à personne, ou res derelictae, sans maître, puisque la volonté de leur propriétaire est clairement exprimée : il a voulu abandonner ces objets. Et donc le premier qui le récupère en fait sa propriété (code pénal)… ?

Maude Frachon, au fait des pratiques du freeganisme, de la récup et du glanage a épluché tant bien que mal les articles de lois sur le sujet. Sans certitudes sur la légalité des pratiques, elle conseille d’avoir sur soi une lettre de décharge pour dédouaner les anciens propriétaires en cas de problème (intoxication alimentaire par exemple), du type :

“Je soussigné-e …… né-e le …… à …… atteste sur l’honneur ne pas porter plainte contre les anciens propriétaires des déchets trouvés à …… et que leur ingestion relève entièrement de ma responsabilité. Je suis conscient-e que cette attestation pourra être produite en justice et que toute fausse déclaration de ma part m’expose à des sanctions judiciaires. Fait pour servir et valoir ce que de droit. Date, lieu, signature”.

“L’essentiel est de ne pas pénétrer sans autorisation sur une propriété privée, ne pas souiller de détritus l’endroit en question”, souligne la jeune femme en évoquant l’interdiction de fouille des poubelles qui a pu tenter certaines communes comme Nogent-sur-Marne par exemple, alors que le glanage est une pratique de toujours.

C’est le chiffonnage (le fait de faire de la récup’ et de la vendre ensuite) qui est interdit en revanche.

Et pour le reste alors ?

Sachez qu’il n’y a pas que la nourriture qui se gâche ! Et c’est pour sensibiliser et mobiliser les entreprises au don de leurs produits invendus que l’Agence du don en nature organise depuis lundi et jusqu’au 29 mars 2013 la première “Semaine du Don en Nature”.

L’association collecte auprès des entreprises (l’Oréal, Etam, Célio, Seb, P&G) des produits neufs invendus (fins de séries, fin de promotions, changements de packaging) afin de les redistribuer à des associations caritatives qui aident les plus démunis (Les Épiceries Sociales et Solidaires, SOS Village d’Enfants, l’Armée du Salut, les Centres d’Hébergement du Groupe SOS, les Apprentis d’Auteuil et quelques structures régionales).

“Près de 400 millions de produits qui sont détruits chaque année en France”, rappelle l’Agence qui a déjà redistribué pour 22 millions d’euros de produits neufs. “Depuis 2009, notre initiative permet de redistribuer des produits qui étaient voués à la destruction, elle évite le coût énergétique de destruction de milliers de tonnes de marchandises tout en ayant un impact social auprès des personnes en situation d’exclusion”.

Parmi les produits les plus invendus en quantité, et donc les plus collecté par l’Agence : les produits d’hygiène et entretien, les jouets et la puériculture, les fournitures scolaires.

Et les produits dont ils ont le plus besoin ? Les produits d’hygiène et entretien, mais aussi le petit électro-ménager, la puériculture, la vaisselle et le linge de maison.

Des initiatives à suivre donc, non ?

Pour aller plus loin :

• Le blog des Gars Pilleurs et leur page Facebook pour se tenir au courant des distributions hebdomadaires organisées par le collectif. Le 6 avril 2013 ils devraient organiser un événement avec les Disco Soupes.

 Alimentation : la chasse au gaspi est lancée et Grande (sur)-bouffe, les clefs pour comprendre et agir

 Un rappel sur les dates limites de consommation

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Presse-poubelle (Anne-Sophie Novel, blog du Monde.fr Même pas mal, Partage d’alternatives pour mode de vie en temps de crise, 27 mars 2013)

 

Se nourrir des denrées gaspillées

Initiative. Deux Lyonnais distribuent de la nourriture jetée par les grandes surfaces.

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Faire ses courses gratuitement, c’est possible. Il suffit de se servir dans les poubelles. Pour dénoncer le gaspillage alimentaire, deux Lyonnais ont lancé le mouvement des « gars-pilleurs ». Depuis moins d’un mois, chaque semaine, ils distribuent gratuitement aux passants le résultat de leur récolte dans les poubelles de supermarchés des alentours de Lyon.

Des emballages abîmés

« Là, il y a 230 kg, c’est notre plus grosse prise, ça représente au moins 600 euros », explique l’un des deux initiateurs du mouvement, rencontré jeudi dernier lors d’une distribution organisée place Ambroise-Courtois (8e). Yaourts bio, lait, viandes, fruits et légumes… Sur une table à tréteaux, ils étalent leur butin sous le regard interrogateur des passants. La plupart des produits ne sont pas périmés, ou alors d’un jour ou deux, beaucoup ont simplement l’emballage souillé. D’après la FAO, l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, un tiers des aliments produit chaque année dans le monde est perdu ou gaspillé. Soit 1,3 milliard de tonnes par an.

« Ça nous ouvre les yeux sur la réalité d’un monde qui doit changer », constate Nicolas, 42 ans, qui repart chez lui avec de la bière, des barres de céréales et des pâtes. Pierre, lui, avait été mis au courant de la distribution via les réseaux sociaux. « Ça m’arrive de faire les poubelles des magasins quand c’est la dèche », confie ce chômeur de 24 ans. Il remplit son sac de nourriture à côté d’étudiants et de personnes âgées aux maigres retraites. « C’est honteux de jeter tout ça quand on voit le prix auquel on nous le vend », s’insurge Maria, 63 ans, qui peine à vivre avec ses 1000 € par mois.

Et pourtant, ce n’est pas aux nécessiteux que les gars-pilleurs souhaitent avant tout s’adresser. « On distribue dans des quartiers bobos ou étudiants, explique l’un d’eux. On veut sensibiliser les gens, les pousser à privilégier une nourriture biologique et issue des circuits courts. »

Presse-poubelle (Anne Dory, 20minutes.fr, 25 mars 2013)

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 18:37

Dans une déclaration accordée à la radio Mosaïque Fm, Fathi Ditai, membre de la Ligue Tunisienne des Droits de l’Homme (LTDH) a déclaré que 17 manifestants ont été arrêtés lors d’un mouvement de protestation à M’dhilla (gouvernorat de Gafsa), hier mercredi 27 mars 2013.

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M. Ditai précise que les forces de l’ordre ont procédé à des tirs de chevrotine contre les manifestants. Chose qui nous rappelle l’intervention forcée des unités des forces de l’ordre à Siliana ayant causé des dizaines de blessures dont certains dans des parties critiques du corps.

Les protestations ayant eu lieu à M’dhila seraient motivées par les résultats de recrutement à la Compagnie des Phosphates de Gafsa.

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Presse contre-révolutionnaire (Tixup.com, 28 mars 2013)

 

(…) ­Notre correspondant dément formellement le recours au tirs de chevrotine à M­dhilla.

Presse contre-révolutionnaire (MosaiqueFM.net, 28 mars 2013)

 

Le ministère de l’Intérieur dément l’usage de la chevrotine à Mdhilla

Le ministère de l’Intérieur a démenti, dans un communiqué publié jeudi 28 mars 2013, l’usage de la chevrotine pour la dispersion des manifestants dans la région de Mdhilla.

Le ministère a spécifié, dans ce document, que les forces de l’ordre ont eu plutôt recours à l’usage de gaz lacrymogène contre des protestataires qui ont bloqué 3 bus et un véhicule de la Compagnie phosphate Gafsa (CPG).

Les unités sécuritaires ont arrêté 3 personnes parmi un groupe qui s’est attaqué à une laverie de phosphate dans la région pour interrompre son activité, toujours selon la même source. Ces 3 individus ont été libérés par la suite, avec l’accord du ministère public.

Le ministère de l’Intérieur note que des dégâts matériels (3 véhicules sécuritaires) ont été enregistrés, suite à l’intervention des forces de l’ordre et à l’usage de jets de pierre par certains manifestants.

Presse contre-révolutionnaire (Business News, 28 mars 2013)

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:37
Sophie Caillat | Journaliste Rue89

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La scierie géante, ce sera plus de mille emplois, promettent les élus. Mais dans ce coin sinistré de Bourgogne, on refuse de « laisser les politiciens décider ».

Dans l’hôtel particulier où il a installé son bureau, Pascal Jacob nous reçoit dans une vaste pièce Empire, nous priant de bien vouloir noter quelques « éléments de langage » griffonnés sur une feuille A4 :

« Ce que nous allons faire, c’est un concept global que la filière bois française attend depuis longtemps, et que tous les rapports réclament. Si on ne coupe pas les arbres, ils vont mourir. Et un arbre qui meurt c’est un arbre qui rejette du CO2 ».

Puis, il jette :

« On est une entreprise privée, on n’a de comptes à rendre qu’à nos actionnaires... et à l’Etat pour ce qui est du respect de la réglementation. »

Et tant pis pour les citoyens.

ERSCIA : DU 3 EN 1
Erscia est un pôle industriel comprenant : une scierie géante, attenante à une centrale de cogénération et un centre de fabrication de pellets, du combustible issu de la biomasse, en granules.

Cet homme d’affaires, naviguant entre Paris et Nevers, a été choisi par une holding belgo-luxembourgeoise pour monter Energies renouvelables et sciages (Erscia), un pôle industriel de 100 hectares, qui mobilise contre lui un petit bout de cette campagne perdue. Sa « Wood Valley » serait en réalité un concentré de« greenwashing » (écoblanchiment) moderne à la sauce morvandelle.

Qui sont-ils ces autochtones qui ne croient plus aux promesses ? Des « anarchistes, babas cool proches d’Europe écologie - Les Verts ou du Front de Gauche, des groupuscules qui ne comprennent pas qu’il faut exploiter la forêt », selon Pascal Jacob.

Un éleveur d’escargots ? « Pas légitime »

Prenez Jérôme Bognard, le plus bruyant d’entre eux. Il est éleveur d’escargots, un « interlocuteur pas légitime », pour l’homme d’affaires habitué à traiter avec des ingénieurs spécialistes de l’énergie.

Un jour de 2011, il a découvert que l’enquête publique sur l’installation de ce projet géant dans le bois près de chez lui venait de se terminer. Il n’avait pas pris le temps de compulser les cinq tomes, épais comme des dictionnaires, disponibles en mairie.

Depuis, les réglementations d’installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE), les taux de rejet de dioxine, les mégawatts de la cogénération et toutes les subtilités d’un projet particulièrement complexe n’ont plus de secret pour lui. « La principale activité d’Erscia, son Kbis et sa raison d’être, c’est de produire de l’électricité à partir du bois », répète-t-il. En effet, EDF rachète, à un tarif près de trois fois supérieur au prix réglementé, l’électricité issue d’un cogénérateur de biomasse, car il tourne avec une énergie renouvelable, le bois.

Une hérésie dénoncée par nombre d’écologistes et de spécialistes de la filière, comme Philippe Canal, secrétaire départemental du syndicat majoritaire de l’Office national des forêts, le Snupfen :

« Le problème est que pour faire tourner cet énorme cogénérateur, ils vont prélever plus de bois qu’il ne faudrait. Le projet ne part pas de la ressource en bois disponible mais de la nécessité de brûler de la biomasse pour obtenir les subventions. »

Bienvenue à « Notre-Dame-des-Bois »

Le 4 février dernier, quand les bûcherons accompagnés de 80 gendarmes ont débarqué dans le bois de Tronçay pour couper les arbres, Jérôme et sa bande ont compris que les événements basculaient.

Voilà un an et demi que les opposants au projet n’obtenaient que le mépris des politiques et quelques victoires judiciaires. Là, l’emploi de la force leur a rendu un gros service : depuis, l’association Adret Morvan croule sous les dons (200 euros par jour), les adhésions (dix par jour)… et la pétition a déjà reçu plus de 60 000 signatures... alors que le canton de Corbigny compte moins de 5 000 âmes.

Ce dimanche, Jérôme, Muriel, Antonio et les autres le passent sur la ZAD, la « zone à défendre » qu’ils ont créée sur le modèle de celle de Notre-Dame-des-Landes, en bordure du bois de Tronçay, à Sardy-lès-Epiry. Autour d’une tisane bio et d’un far breton, dans cette cabane bien chauffée par un poêle à bois, ils refont le monde et la filière bois en Bourgogne, tout en organisant le grand concert de soutien du 6 avril prochain.

Comme à Notre-Dame-des-Landes, les résistants à un grand projet jugé inutile occupent le terrain physiquement, et sont prêts à s’enchaîner aux arbres le jour où les gendarmes reviendront les couper.

Contrairement à Notre-Dame-des-Landes, ils ne squattent pas un terrain d’où ils risquent d’être expulsés, et ne viennent pas de toute la France, seulement de toute la région.

« Le projet ne pourra pas se faire ici »

Dans les virages incessants de la Nièvre, au volant de sa petite voiture, le président de la communauté de communes du Pays corbigeois, le docteur Jean-Paul Magnon, revient sur l’incident du 4 février.

Reportage de France 3 Bourgogne

 

PAS UN PROJET D’INTÉRÊT PUBLIC MAJEUR
Défricher le bois du Tronçay, habitat d’espèces protégées, nécessite une autorisation de destruction exceptionnelle et de prendre des mesures compensatoires. Le code de l’environnement dit que cela ne peut se faire que si l’on justifie d’un projet d’intérêt public majeur. Le juge a estimé que ce n’était pas le cas.

Il explique que les services de l’Etat ont préféré « agir vite » face aux opposants : dès que l’arrêté préfectoral autorisant la création d’unezone humide de substitution dans le bois de Tronçay a été publié, il en a décidé l’exécution immédiate.

D’où les gendarmes accompagnant les bûcherons... Et le déclenchement d’une guérilla champêtre simplement parce qu’il fallait créer une mare où seraient déplacées les espèces protégées, que l’usine Erscia va déranger. La justice doit encore se prononcer sur le fond du dossier, mais Jean-Paul Magnon s’avoue « inquiet ». D’autant qu’en face, maître Blanchecotte, l’avocat de l’association Loire vivante, qui a réussi à faire annuler trois arrêtés de suite devant le tribunal administratif de Dijon, l’affirme :

« Le projet ne pourra pas se faire ici, selon moi. On ne comprend pas le forcing des élus pour que le projet n’aille pas ailleurs dans la Nièvre. »

Depuis son bureau de l’Assemblée nationale, Christian Paul, figure du PS local, ancien ministre (de l’Outre-mer) et père de la Wood Valley, s’emporte quand on lui demande pourquoi le projet n’est pas déplacé puisqu’il pose un problème légal de protection de la nature :

« Nier le potentiel de création d’emplois de ce projet c’est vivre hors sol.

Il faut se demander si les installations industrielles doivent exclusivement être positionnées aux abords des grandes agglomérations, ou a-t-on une chance d’en avoir dans les territoires ruraux ? Moi je dis que la réindustrialisation de ce département est d’un intérêt national majeur. »

Les héritiers de Mitterrand tremblent

Cette histoire est en train de prendre des proportions d’« affaire Dreyfus », estime Régis, graphiste à Paris la semaine, Morvandiau le reste du temps. Lui ne met plus les pieds chez les commerçants qui soutiennent le projet Erscia, et ne parle plus à une partie de ses voisins.

Mobilisé contre un projet qu’il juge « symptomatique du mensonge des élus », Régis est écœuré de les voir promettre avec démagogie que l’immobilier va prendre de la valeur, que les classes et des maternités vont rouvrir… pendant que lui se fait traiter de « défenseur des grenouilles ». Il assure que pas mal de gens « sont contre le projet mais n’osent pas le dire », tandis que le maire de Corbigny, Jean-Paul Magnon, jure qu’« une grande majorité est pour ». Pour en convaincre le passant, il a d’ailleurs affiché sur la porte d’entrée de l’hôtel de ville : « Des emplois, vite Erscia. » Car, rappelle-t-il au volant de sa voiture :

« Ce coin de la Nièvre est, en terme de revenu par habitant, plus pauvre que la moyenne de la Bourgogne, elle-même plus pauvre que la moyenne française. »

Daniel, informaticien néorural, s’étonne encore de voir des bleds comme Lormesdotés d’autant de services publics. Ici, les socialistes ont été biberonnés aux méthodes mitterrandiennes, « et dans la galaxie PS, ou au Parc naturel régional du Morvan, ceux qui sont réservés ne le disent pas ».

Pourtant, les potentats locaux commencent à trembler et si la région est acquise à la gauche, il est arrivé, lors de la dernière législative, « ce qui n’arrive jamais : Christian Paul a eu besoin d’un deuxième tour pour être élu ».

Daniel est entré en opposition contre cette classe politique pour laquelle il ne votera plus et estime qu’en rejoignant le combat d’Adret Morvan, il dit :

« Il n’est plus possible de laisser les politiciens décider pour nous. »

Elements de langage, face A et face B

Alors que le soir tombe sur la ZAD, qu’on entend au fond du pré la cabane « boîte de nuit » faire vibrer ses enceintes, Jérôme l’éleveur d’escargots, sort lui aussi ses éléments de langage. Sur une feuille, il fait une colonne « déclare » et une autre « écrit », et commence à pointer les « mensonges » des autorités et des entreprises, mises dans le même sac :

  • « Le rapport d’enquête publique dit que 27 camions passent chaque jour en provenance de la carrière d’à côté, en fait c’est entre 75 et 100. Ils veulent en ajouter 200 de plus chaque jour, ça fera un toutes les trois minutes. »
  • « L’incinérateur est autorisé à brûler 75% de bois “non assimilable à la biomasse”, soit des bois contenant des colles, vernis, peintures, donc des déchets ménagers. »
  • « Quand ils sont venus couper les arbres le 4 février, la préfecture a déclaré qu’ils n’en avait coupés que huit, en fait ils ne comptaient que les gros, mais 80 à 100 sont par terre. »
  • « Erscia dit qu’elle prendra des arbres à 300 km alentour, mais c’est juste pour nous calmer car il aura tout intérêt à se servir dans le Morvan. »
  • « Jacob annonce 5% de subventions mais avec les financements européens, il pourrait aller jusqu’à 15%. »
  • « Les scieries industrielles alentour seront menacées à terme parce que la ressource manquera, ce sera donc autant d’emplois détruits. »
  • « Le cogénérateur n’alimentera pas 24 500 foyers mais 14 000 maximum. »

De son côté, l’industriel estime que les arguments des opposants témoignent qu’ils « vivent dans une bulle », et Pascal Jacob jure :

  • « que la centrale ne brûlera pas de déchets, toxiques, mais des résidus forestiers et des bois en fin de vie collectés en déchetterie, qu’il ne faut pas appeler déchets ;
  • que les filtres à particules existeront à la sortie de l’incinérateur et que la réglementation sera respectée ;
  • qu’il utilisera le train à 30% ;
  • qu’il créera 617 emplois directs et 1 050 au total ;
  • que la ressource en bois est largement disponible et qu’il ne prélèvera que 60 000 m3 par an en Morvan, alors que les trois principales scieries y prélèvent déjà 660 000 m3 ;
  • que l’actionnaire ayant déjà dépensé près de 3 millions d’euros, il ne compte pas se retirer même s’il en reste 113 à trouver auprès des banques (37 étant apportés par les actionnaires et 5 acquis en subventions). »

Du « mieux », plutôt que du « toujours plus »

Dans cette atmosphère technique et délétère, il faut revenir au sujet principal, le bois du Morvan. Et comprendre de quoi est composée cette forêt :

  • une moitié de feuillus, surtout du chêne, du hêtre qui met plus de temps à pousser. On en fait du bois de chauffage et des palettes ;
  • une moitié de résineux, épicéa, douglas, pins sylvestre et maritime.

Cette dernière catégorie est issue de plantations réalisées entre l’après-guerre et les années 70. Ce sont les sapins, qui commencent à arriver à maturité, mais peuvent vivre jusqu’à 100 ans et qu’il n’est donc pas urgent de couper. C’est ce que demande le marché, et ils sont taillés de plus en plus jeunes, pour le satisfaire.

Or, explique Philippe Canal, l’employé de l’Office national des forêts (ONF), à l’heure où les forêts françaises sont en train d’être vues comme des usines dotées d’un combustible, on ne va pas pouvoir tout demander à la forêt.

« Les services rendus par la forêt sont aussi l’eau, la fertilité des sols, la biodiversité, tout cela n’est pas compatible avec une vision industrielle de la forêt. Un douglas puise dans le sol pendant 60 ans, puis l’enrichit, si on coupe à 45 ans, il l’aura appauvri. »

Il fait valoir que 600 hectares (l’équivalent de six terrains de foot) sont coupés par an en Bourgogne, et que si Erscia se fait, il lui en faudra 2 500 à 3 000... « On aura donc un problème dans dix ans. »

Pascal, éleveur de vaches charolaises (en bio) se demande si les élus ne veulent pas « une ruralité sans nous, avec seulement des agrimanagers, comme ils ont fait avec l’agriculture ».

Finalement, se dit Philippe Canal, derrière la défense affective de la forêt et des paysages du Morvan, il y a peut-être aussi « les idées de la décroissance qui gagnent les esprits : les gens ne veulent pas de toujours plus, mais du mieux 

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:26

Interview d’un militant syndicaliste de l’usine Titan de Bryan, 
en Ohio (Etats-Unis) réalisée par laCGT Goodyear Amiens le 27 mars 2013.

Il y a un mois, le pdg de Titan international, insultait les salariés de Gooyear Amiens nord, « de soi-disant ouvriers » menés par des « barjots du syndicat communiste ». Le président du syndicat United Steelworkers of America (USWA), John Vanover, se démarque des élucubrations du PDG de Titan sur les salariés d’Amiens. Dans l’Ohio, les métallos ont écrit « Vive la France » sur leurs casques.

Qu’avez-vous pensé de l’échange de courriers qui a eu lieu entre Maurice Taylor et Arnaud Montebourg ?

John Vanover. On a beaucoup rigolé quand on a vu les lettres de Maurice « Morry » Taylor au gouvernement français. Nous qui travaillons pour lui, nous savons que la réalité est légèrement différente de ce que disent les journaux. Il y a des gars dans l’usine qui ont collé du sparadrap sur leurs casques et ont écrit dessus, au marqueur: «On aime les Français.» Des gars veulent aller acheter des tee-shirts où il y a écrit « Vive la France ». Morry Taylor est le genre de mec à dépenser 200 000 dollars pour vous en voler 10, l’argent n’est pas un problème pour lui. Il dit toujours: «Je ne fais pas de l’humanitaire, je fournis des emplois.» Et il fournit des emplois, en effet, mais parfois il faut se battre pour obtenir un semblant de dignité avec lui. Que ce soit avec General Tire ou Continental ou Titan, on entend ces menaces de produire ailleurs à chaque fois qu’on négocie : « On va vous fermer. Vous n’êtes pas rentables. Je peux produire la même chose pour moins cher au Mexique ou en Chine ! » Ça fait juste partie des lois du marché mondialisé…

 

Pouvez-vous nous décrire la situation sociale dans l’usine Titan de Bryan, 
en Ohio ?

John Vanover. Il y a deux ans, juste avant Noël 2010, Morry Taylor a imposé un lock-out aux 235 salariés pendant une semaine. Il avait même embauché une société de vigiles pour nous sortir de l’usine. Nous refusions les termes de l’accord qu’il proposait et il ne voulait plus négocier avec nous. Il voulait nous enlever deux semaines de congés payés sans compensation, refusait toute augmentation, voulait nous forcer à faire des heures supplémentaires pour effectuer jusqu’à douze heures de travail par jour avec seulement 40 minutes de pause, trois fois par semaine, et nous forcer à travailler le samedi. Ce qui nous aurait amenés à faire des semaines de 60 heures. On n’était pas prêts à accepter tous ces reculs et on voulait négocier. Mais il a préféré organiser un lock-out, et, au bout d’une semaine, décréter que la négociation avait abouti à une impasse, pour nous faire retourner au travail. On aurait pu se mettre en grève, mais à l’époque la situation économique était terrible : dans notre comté, le taux de chômage atteignait 19 %, soit 9 % de plus que la moyenne nationale.

Un an plus tard, le PDG est revenu avec une nouvelle proposition d’accord, mais les salariés ont voté contre. Nous avons porté le cas devant le National Labor Relations Board (agence indépendante du gouvernement fédéral américain chargée de conduire les élections syndicales et d’enquêter sur les pratiques illégales dans le monde du travail – NDLR) de la région et nous avons gagné l’année dernière: ils ont annulé l’accord et ordonné qu’un nouveau texte soit négocié, et que, en attendant, nous devions travailler sous le régime de l’accord précédent. Morry Taylor a fait appel, on attend la décision. Depuis octobre, nous sommes en négociation avec le PDG. Nous avons obtenu des avancées mais à la condition d’abandonner notre plainte. La pilule est un peu dure à avaler mais si l’accord est accepté par les salariés, nous abandonnerons la plainte. Certains points ne sont pas aussi bons qu’on l’espérait, mais il y a suffisamment d’améliorations sur les salaires et la protection sociale pour qu’on le soumette au vote des salariés et qu’ils l’acceptent majoritairement, le 15 mars dernier. Le boulot est bien payé, alors on apprend à prendre les mauvais côtés – des heures supplémentaires de dingues – avec les bons – le salaire. Même si, avant l’arrivée de Taylor, les salaires allaient de 21 à 25 dollars de l’heure et si, aujourd’hui, ils commencent à 15 dollars…

En tant que syndicaliste, quelle a été votre expérience chez Titan ?

John Vanover. L’usine m’a viré il y a environ seize mois. Je suis un militant actif du syndicat. Je ne faisais pas partie de la délégation qui négociait l’accord, mais j’étais du genre à convaincre tous les gars de ne pas rentrer dans l’usine, à hisser le drapeau américain et à scander: «Qu’est-ce qu’on veut? Un accord juste! Quand? Maintenant!» Je suis une grande gueule, qui relève la tête et qui se bat. Ils pensaient qu’en se débarrassant d’une figure, ils pourraient faire peur aux autres travailleurs, mais ça n’a pas marché. Ils ont pensé pouvoir se débarrasser de moi comme ça, mais j’ai été élu président local du syndicat, donc ils ont toujours affaire à moi. J’ai été en « arbitrage » pour essayer de récupérer mon boulot. J’espère le retrouver d’ici quelques mois. Morry Taylor est allé se répandre dans les médias pour dire que Bryan était un canard boiteux, que le problème était le syndicat, à Bryan comme à Freeport. Ce n’est jamais de sa faute ou de celle du management, c’est toujours de la faute du syndicat. Wall Street l’a surnommé le Grizzly, pour la manière dont il traite les syndicats. La plus longue grève (trois ans – NDLR) de l’histoire du caoutchouc a eu lieu dans une usine Titan à Des Moines, Iowa. Un autre syndicaliste dans une usine de Morry Taylor a été viré.

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:24

L’Economiste Maghrébin, 28 mars 2013 :

La production de plus de 50 mille barils de pétrole par jour pourra être interrompue, dans le Sahara du gouvernorat de Tataouine, à partir du vendredi 29 mars 2013 et jusqu’au 31 du même mois, « s’il n’y a pas une solution pouvant satisfaire tous les travailleurs des différents champs de pétrole ».

Le secrétaire général de l’Union régionale du travail (URT) de Tataouine a précisé que l’organisation syndicale avait reporté à maintes reprises cette grève qui, reconnaît-il, « portera un coup dur à l’économie tunisienne ».

 

Le responsable syndical a, en outre, critiqué « les tergiversations du gouvernement pour la création d’une société du sud pour les services qui aurait dû, en principe, être lancées à la fin du mois de juin 2012″, ainsi que « les tentatives de quelques sociétés de mettre fin aux contrats de travailleurs et de syndicalistes ».

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 10:01

Une réponse de plus au texte « y en a marre de la non-mixité », publié il y a quelques jours sur indymedia nantes.

… Dur dur d’être un militant anti sexiste quand on est un mec. Oui hein, on a beau faire des efforts, ces grincheuses de féministes sont toujours là pour jouer les troubles fêtes et imposer proposer des pratiques de non mixité !

Un peu de paternalisme…

Parce que les auteurs sont sympas, ils ne font pas que critiquer, ils nous donnent des conseils pour nous améliorer, chouette ! En début de texte, ils prennent quand même la peine de nous dire qu’il y a aussi des filles qui exercent des rapports de domination, et ce même au sein des réunions non-mixtes. Sans blague ?!? Mes illusions volent en éclat : toutes les nanas ne sont donc pas des gentilles filles bienveillantes les unes avec les autres ? Les nanas classistes/lesbophobes/transphobes/racistes… ça existe ? J’aurais pas cru tiens.

Mais le mieux c’est quand même vers la fin, quand ils reconnaissent, grands seigneurs, que la « non-mixité a des effets bénéfiques pour [nous] ». Comme ils ont bien réfléchi, ils savent qu’il y a des sujets plus faciles à aborder entre meufs, et dans cette perspective là, ils nous accordent le droit de nous réunir en non-mixité. « Mais pour le reste, non !La Non-Mixité n’est pas la réponse à tous [nos] problèmes. » Comme ils ne précisent pas dans quelle mesure les réunions non mixtes sont légitimes ou non, je dirais simplement que ces messieurs sont quand même culottés de prétendre nous expliquer comment nous devons lutter, quand nous avons le droit de nous auto organiser et quand ça n’est pas pertinent. Mais ça doit être pour notre bien, puisque le texte se termine sur une note positive, les auteurs nous donnent plein de pistes pour déjouer les logiques patriarcales du militantisme :

« Alors qu’est ce que vous attendez ? » Oui, c’est vrai ça, qu’est-ce qu’on attend ?

« Forcez la main ! Imposez des discussions et des réflexions sur les rapports de genre entre nous ! Prenez la parole ! » C’est tellement facile quand il faut crier plus fort que tout le monde pour être écoutée !

« Faites taire ces mecs qui parlent trop et ne laissent pas de place aux autres ! » Mais alors pourquoi tu ne te tais pas ?

« Envoyez chier ces connards qui vous paternalisent ou vous poussent au virilisme sur les chantiers ou autres activités ! » Le sexisme vient moins du fait qu’on nous pousserait au virilisme que de la tendance de certains militants à nous voir avant tout comme des meufs, et du coup à nous infantiliser, nous couper la parole, nous déconseiller les travaux de force ou les actions dangereuses…

« Rendez visible, ceux qui par leur comportement vous ont heurter, agresser !Et là je vous assure, vous en serez peut-être surprises, mais vous trouverez des gens qui vous soutiendront… des MECS ET DES FILLES ! » Eh bien, c’est marrant, mais la dernière fois qu’une camaradE (je dis une camaradE mais en fait je pense à plein de camaradEs) a rendu visible celui qui l’avait agressée, elle n’a pas trouvé tant de soutien que ça…

Les féministes, ces pleurnicheuses misandres…

Les auteurs de ce texte ne doivent pas parler souvent avec des féministes, ou alors ils ne les écoutent que d’une oreille peu attentive. D’abord, dire que les « adeptes de la non mixité » défendent « l’idée qu’une fille est dans tous les cas une dominée tandis qu’un mec est dans tous les cas un dominant », c’est extrêmement réducteur. Oui, dans les rapports de genre, un homme sera toujours en position de domination. Ce qui ne veut pas dire qu’il profite de cette position, mais qu’il le veuille ou non, qu’il en ait conscience ou pas, par rapport à sa camaradE il est en position de domination. La plupart des féministes n’accusent pas leurs camarades d’être en position de domination, mais de profiter de cette position, ou de ne pas vouloir y réfléchir. C’est quand même une nuance de taille : mais ça, les auteurs n’ont pas l’air de l’avoir compris car ils sont fatigués de voir que les féministes renvoient tous les mecs « à la même image, la même représentation, les mêmes attitudes dégueulasses de ce « mâle alpha » » dans laquelle ils ne se reconnaissent pas. Merci les gars de contribuer à la propagation du mythe de la féministe misandre qu’on essaie de combattre !

Au milieu du texte, les auteurs écrivent que « ce [qu'ils trouvent] tout aussi choquant, c’est que vous, chères adeptes de la non-mixité, semblez vous complaire dans ce statuts de dominées. Ce repli qu’on peut voir en ce moment dans tous les lieux collectifs en lutte (ZAD, Grange de Montabot, Rennes, Nantes, Brest…) vers la non-mixité en est la preuve. » Donc, si des espaces de non mixité au sein de milieux militants se multiplient, c’est parce que les femmes se complaisent dans leur malheur, et pas parce que le sexisme ambiant de ces milieux rend nécessaires des espaces de non mixité, justement pour s’émanciper collectivement de ce statut de dominées ? La non-mixité est complètement dépolitisée, à lire ce texte on a l’impression que les réunions non-mixtes sont de simples exutoires, on imagine déjà des groupes de nanas en train de soupirer sur leur dure condition de femmes au milieu de tous ces méchants hommes (bon d’accord j’exagère, mais pas vraiment en fait). C’est assez révélateur du sexisme ambiant dans les milieux militants-plus-radical-que-moi-tu-meurs, où on voudrait nous faire croire que des meufs qui se réunissent, ça ne peut pas être politique et ça ne peut pas être un outil de lutte intéressant.

L’hégémonie de la non-mixité et la culpabilisation des féministes

La non mixité apparaît comme totalitaire et incompatible avec d’autres actions en mixité. Vers la fin du texte, les auteurs écrivent que les questions de genre « méritent des combats, des luttes, de tous les jours… Mais pas comme ça, pas en non-mixité ! ». Peut-être que vous préférez la mixité. Soit dit en passant, c’est le cas de beaucoup de nanas. Les réunions non mixtes n’entravent en rien la possibilité d’organiser des actions en mixité ; ces deux modes d’organisation peuvent se compléter, selon les envies et les besoins de chacun-e. D’ailleurs, sur Nantes, il existe un super collectif anti sexiste qui est mixte, et il y a des projections féministes ouvertes à tous-tes régulièrement.

La non-mixité est un outil, qu’on a tout à fait le droit et raison d’utiliser. D’ailleurs, c’est pour certaines meufs la seule possibilité de se sentir à l’aise dans des espaces politiques. Rien que pour ça, on doit pouvoir discuter, lutter et mener des combats, comme ça, en non-mixité, tous les jours.

Mais dans la tête des auteurs, la non-mixité ne semble pas être une possibilité d’action parmi d’autres. En lisant leur texte on a l’impression que les réunions non mixtes prennent tout l’espace, que les meufs l’imposeraient à tous-tes, tout le temps et sans laisser d’autres possibilités d’actions. Il [leur] apparaît intolérable que vous [les adeptes de la non-mixité] rameniez partout vos pratiques, sans d’abord discuter de leur pourquoi, de leur nécessité et de leur utilité avec TOUS-TES celleux qui vivent dans ces lieux. ». Un peu plus haut, ils parlent de « la domination de la non-mixité dans le féminisme ». On ne doit pas vivre sur la même planète, parce que ces pratiques ne sont pas du tout majoritaires, elles sont très souvent contestées (par des mecs ET des meufs ; d’ailleurs la dernière fois qu’on a voulu organiser une réu en non mixité à B17 ça a fait quelques grosses vagues) et surtout, elles ne s’imposent à personne. Les meufs qui organisent des réunions non mixtes n’obligent personne à y venir, n’obligent pas les mecs à faire des réunions non mixtes de mecs et ne punissent pas les nanas qui n’y prennent pas part.

Et puis, cet amalgame entre non-mixité et ségrégation, franchement c’est foireux. Je cite : « Ce qui nous chagrine le plus, c’est que vous, camarades de lutte la plupart du temps, récréez exactement les mêmes logiques de ségrégations que le pouvoir et les classes dirigeantes vis-à-vis des pauvres, des immigrés et autres indésirables dont nous faisons également partie (parfois d’ailleurs dans plusieurs catégories). ». Pour information, la ségrégation dont tu parles c’est le fait de reléguer certaines catégories de la population (les immigréEs, les indésirablEs) dans des espaces d’habitation, de travail, de loisirs, assignés par les classes dominantes et dont ces populations ont du mal à sortir (parce qu’on leur interdit l’accès aux espaces occupés par les classes dominantes). Le fait qu’il y ait des espaces de non-mixité dans des lieux militants n’empêche personne d’aller et venir à sa guise dans ce lieu, à l’exception du lieu réservé à la non-mixité pour, dans la grande majorité des cas, un temps limité. Contrairement aux personnes ségréguées par l’état, les mecs qui ne peuvent pas aller dans des réunions non mixtes ne subissent pas d’atteinte à leurs droits, ni de discrimination dans tout le reste du milieu militant.

On en est déjà là à un stade assez élevé de la culpabilisation des féministes, mais ça empire à la fin du texte. On y lit que « Il y a pourtant pire que tout cela dans la non-mixité érigée en dogme. En créant cette division, vous vous coupez de nous, vous introduisez des fractures dans nos communautés de lutte, vous donnez à notre ennemi commun, le pouvoir, un biais pour nous diviser, mais surtout vous ôtez toutes perspectives de dialogue et de discussions pour faire avancer les choses. ». Reprenons : non, on ne se « coupe pas » de vous, on crée un entre-soi, pour un temps limité. Et, comme je l’ai déjà écrit plus haut, on n’enlève aucune perspective de dialogue puisque la non-mixité à un moment et à un endroit n’empêche aucunement la mixité à d’autres moments et à d’autres endroits.
On n’introduit pas plus de fractures dans les « communautés de lutte », on essaie juste de se donner des armes pour combattre le sexisme, dans nos milieux militants et ailleurs. Mais peut-être que les auteurs sous entendent qu’en s’auto organisant contre le patriarcat, on met de côté la seule lutte légitime en ce bas monde, à savoir la *lutte des classes* (à prononcer solennellement et la main sur le cœur). Ou alors, les auteurs pensent qu’ils ne faut surtout pas questionner nos attitudes et celles de nos camarades de lutte, parce que la division, c’est la mort… Si le militantisme va mal, c’est bien à cause de ces chieuses de féministes qui veulent (parfois) s’organiser de leur côté.

Et puis, tout au long du texte, on peut lire des reproches adressées aux féministes qui reconnaissent pas à leur juste valeur les efforts que font les mecs anti sexistes : « On entend très peu dans vos discours la description du camarade, du copain, de l’ami, de celui qui lutte avec nous, de celui qui sait rendre service, prendre sur lui parfois, qui tente de partager ses savoirs et de les apprendre de vous, de celui qui, comme vous, à encore tant à apprendre, tant à réfléchir, tant à remettre en cause, tant à changer. ». Je rêve ou ils veulent des cookies pour ne pas être des gros cons sexistes ?? Un peu plus loin, quand ils accusent les féministes de mettre tous les militants dans le même panier, nos gentils auteurs nous mettent en garde : « Ne vous étonnez pas donc que certains se mettent à cultiver des rancœurs à vos égards… ». Est-ce que c’est une menace ? C’est vraiment chiant, cette manie de dire que si les gens sont sexistes, c’est parce qu’il y a des féministes qui ne sont pas assez gentilles avec les machos et qui veulent s’organiser sans eux. Ça me rappelle les fois où je me suis faite doublement insulter par un mec à qui je n’ai pas répondu gentiment quand il m’a dit qu’il me trouvait bonne et qu’il me baiserait bien.

Bref, tout ça pour dire que y en a marre des mecs qui se découvrent anti sexistes quand ils ne peuvent pas aller à une réunion parce qu’elle est non mixte. Y en a marre de voir la légitimité du féminisme tout le temps remise en question, alors que l’attitude machiste de certains militants n’est elle presque jamais questionnée. Y en a marre que les mecs passent leur temps à nous dire comment on devrait lutter contre notre oppression. S’il n’y avait qu’un slogan féministe à retenir ce serait celui-là : Patriarcat, ne me libère pas, je m’en charge !

———————

Et pour toutes celles qui ont envie de continuer de discuter, de lutter mais aussi de s’amuser, il y a une semaine sur la ZAD, à la chatte-teigne proposée par un collectif non-mixte meufs gouines trans (MGT) le programme est ici

VU SUR http://combiendefois4ans.wordpress.com

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 09:39

panorama

La France semble atteinte d’un étrange syndrome, qui fait que ses frontières semblent la protéger de tous les maux. Il en a été ainsi du nuage radioactif de Tchernobyl, qui a survolé tous les pays voisins, mais qui a eu le bon goût de contourner l’hexagone. De même la crise qui touche nos amis grecs, italiens, espagnols, anglais… nous épargne étrangement, malgré quelques remous ici et là – mais on sait que nos chômeurs sont des fainéants, nos ouvriers de mauvais coucheurs, nos amis étrangers et roms des égoïstes qui n‘ont aucune reconnaissance pour les gouvernants, et nos taulards des gens de mauvaise fois.
Ainsi, d’après ce qu’on nous dit, pendant les « années de plomb », si des mouvements révolutionnaires armés se sont propagés en Allemagne, en Italie et un peu partout en Europe, il n’y aurait rien eu de particulier en France. Enfin rien de réellement notable. Même pas de quoi en écrire l’histoire. Dixit les July, Glucksmann, Castro, BHL, et tant d’autres, aujourd’hui occupant des postes de pouvoir dans la presse, la culture, la politique que l’économie…
Toutes les politiques institutionnelles de ce pays semblent fonctionner désormais avec, comme base affirmée, la négation du mouvement armé. Une des tâches de l’antiterrorisme est d’ailleurs de fabriquer de l’unanimité autour de la dépolitisation et de la criminalisation des résistances du mouvement révolutionnaire.
Et force est de constater qu’en France, l’extrême gauche, pour l’essentiel, a participé à ce large consensus.
Alors quoi, renégats, repentis ou simplement amnésiques ?
Pourtant, si nous nous bornons à comparer le nombre d’attentats entre 1968 et 1976 en Italie et en Allemagne – désignés pour être le creuset de la lutte armée européenne – avec ceux perpétrés pendant la même période en France, nous sommes en droit de remettre en question cette négation : on constate en effet que, durant ces huit années, trois fois plus d’actions politiques violentes sont commises sur ce territoire que dans les deux autres pays réunis… Alors qu’en est-il vraiment ?
Ce livre propose une chronologie commentée des mouvements révolutionnaires armés français de 1968 à 2000 et retrace une histoire qui, de la Gauche Prolétarienne à Action Directe en passant par les Groupes d’Action Révolutionnaire Internationaliste, les Brigades Internationales, les Noyaux Armés pour l’Autonomie Populaire et la guérilla diffuse du mouvement autonome, est lisible et a sa logique.
Ce panorama du mouvement armé en France, loin de vouloir clore le débat, cherche au contraire à l’ouvrir en rompant avec les vulgates et les critiques préfabriquées de la psalmodie anti-terroriste, qu’elles soient prononcées par les historiens, les journalistes ou certains militants eux-mêmes.

Résumé:

Aux lendemains de mai 1968, et dans la suite de la lutte anti-franquiste, en France, comme un peu partout en Europe et ailleurs, des militants d’extrême gauche décident de se séparer radicalement de la politique des syndicats et des partis pour développer l’idée d’une alternative anti-capitaliste et anti-étatique, en défendant le projet d’une autonomie prolétarienne, qui fonctionnerait sous la forme d’une fédération de comités d’ouvriers et d’assemblées populaires.
Parmi ces militants, qui se comptaient dans les milieux se revendiquant de l’anarchisme et du marxisme, certains pensent que seul le passage à l’acte peut permettre l’établissement de cette séquence politique et sociale salutaire, et décident de répondre à la guerre civile par la lutte armée. Parmi les principaux groupes français qui firent le choix des armes, il y a eu les NAPAP, les Brigades Internationales, le Collectif communiste révolutionnaire, Gdansk-Bakounine, BlackWar, les FTP… et, bien entendu, l’historique Action Direct.
Cet ouvrage propose une recension commentée de ces différents groupes, une analyse de la situations politique française et internationale dans laquelle ces différents groupes sont nés, mais également des documents (tracts, photographies …) et des entretiens (dont beaucoup sont inédits) avec les principaux acteurs de ces groupes armés. Ce livre revient sur une histoire récente qui fut en grande partie occultée par les médias et par l’édition.
Et alors qu’actuellement, un peu partout dans le monde, les peuples se soulèvent et prennent conscience de l’importance à réinventer la pensée et l’action politique, un tel ouvrage se pose comme un indispensable outil de réflexion.

Hazem el Moukkadem, Panorama des groupes révolutionnaires français – 2012

tiré de http://feudeprairie.wordpress.com

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 14:15
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Tawa fi Tunis


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La révolution n’est pas terminée en Tunisie. Les graffeurs du collectif Zwewla se battent pour exprimer la cause des oubliés de la révolution. Ils ont été interpellés début novembre pour trouble à l’ordre public. Sur Internet, les Tunisiens se mobilisent pour leur cause.

Le Z noir des graffeurs bazardé sur les murs des villes tunisiennes n’est pas sans rappeler le Z vengeur du héros Zorro. Comme le personnage, l’histoire d’Oussama Bouagila et de Chahine Berriche est celle d’un engagement en faveur des plus défavorisés, des oubliés de la révolution. Excepté que la réalité a vite rattrapé ces deux jeunes étudiants tunisiens, membres du mouvement «Zwewla»La nuit du 3 novembre, ils ont été interpelés par la police en train de faire des graffitis sur les murs de Gabès. Ils sont accusés, d’avoir diffusé de fausses nouvelles portant atteinte à l’ordre public. Leur procès se déroulera le 5 décembre avec plusieurs accusations qui criminalisent l’art de la rue.

Les deux jeunes tagueurs sont aussi accusés de taguer sans autorisation sur les murs de bâtiments publics, d’avoir violé l’Etat d’urgence. Ces trois accusations s’inscrivent sous l’article 303 du code pénal, (Modifié par le décret du 6 juin 1946), le décret de loi 50 (promulgué en janvier 1978) celui sur l’ l’Etat d’urgence, et les deux articles 50-54 du décret- loi n°115 de l’année 2011 qui concernent le délit des fausses nouvelles portant atteinte à l’ordre public (fortement critiqué par les défenseurs de la liberté d’expression comme l’ONG RSF). Les peines pour ces trois chefs d’accusation peuvent aller jusqu’à deux ans et trois mois de prison et jusqu’à 17 500 dinars d’amende.

Depuis quelques semaines, les réseaux sociaux et des activistes tunisiens expriment leur soutien à la cause du mouvement «Zwewla». Le réseau rassemble de jeunes étudiants, chômeurs et même travailleurs tunisiens de différentes régions en Tunisie. Ils se considèrent«marginalisés»«oubliés» ou plutôt «trahis» par les élections. Elles n’ont pas mené, d’après eux, à une transition politique véritablement démocratique et en faveur des classes sociales les plus défavorisées.

La signature Zwewla qui signe des slogans contestataires. Crédits Photos: Page Facebook Zwewla

Oussama, étudiant en Master de Droits des Affaires, et initiateur du mouvement «Zwewla»explique que derrière le graffiti, s’exprime clairement une revendication sociale:

«Nous avons fait ce mouvement de graffiti parce que personne ne parle de nous, de nos problèmes de chômage, de pauvreté et de marginalisation.  Nous avons donc décidé de parler par nous-mêmes. Pourquoi le graffiti? Parce que le graffiti est plus accessible au tunisien qui n’a pas Facebook par exemple.» Le graffiti, accessible à tous selon l’auteur, simplifie aussi le message à faire passer.

Pour Chahine, originaire de Gabès et deuxième accusé dans cette affaire, l’affaire touche aussi à la liberté d’expression: 

«Le problème, ce n’est pas la police qui a essayé de nous arrêter ou qui nous a confisqué notre matériel. Le vrai problème, c’est la loi qui s’applique pour les uns et pas pour les autres. Et la loi en elle-même ne garantie par la liberté d’expression et continuer de réprimer avec les mêmes méthodes des anciens dictateurs, les activistes et militants».

Les deux jeunes graffeurs ne comprennent pas comment des graffitis peuvent-elles toucher à l’ordre public. Après la révolution, beaucoup de graffitis et tags sont apparus sur les murs des villes, avec des slogans révolutionnaires. Traces du mouvement social, ces images ont symbolisé aussi un nouvel art qui prenait son essor en Tunisie comme l’a montré la manifestation Kif Kif international en mars 2012 où les tagueurs ont pu dessiner une fresque sur les murs de Tunis. Des graffeurs sont même entrés dans la maison des Trabelsi pour« redécorer » à leur façon la maison du clan déchu. Aujourd’hui, les membres de Zwewla se servent du tag pour interpeller l’opinion public et les politiques sur les promesses de la révolution. Des slogans tels que «ils t’ont oublié zaweli», «Le peuple veut les droits du zaweli» ou «où est la constitution? » peuvent-ils vraiment toucher à l’ordre public? Ou même peuvent-elles être des «fausses informations ?»

L’ONG Reporters Sans Frontières, a précisé, dans un rapport, publié le 14 février 2012, que «L’application de ce texte (l’article 54) doit se faire avec précaution pour garantir le libre débat sur les questions d’intérêt général, lequel peut, s’il est trop passionné, véhiculer des informations insuffisamment vérifiées ou déformées.  Elle doit exclure de son champ d’application la simple diffusion d’opinions participant de la libre discussion en démocratie.»

 

 

 

 

Graffiti à Regueb

 

 

 

Dans certains pays comme la France, le graffiti est illégal car il est considéré comme une«dégradation d’un bien d’autrui» mais en Tunisie, aucune loi n’existe pour réglementer l’art urbain et le recours au «trouble de l’ordre public» peut entraîner une peine trop lourde par rapport au délit initial. Cette affaire rappelle, l’affaire des deux internautes de Mahdia, condamnés à sept ans de prison à a suite à de la publication de quelques photos et livres sur Facebook où ils revendiquaient leur athéisme. La sévérité des chefs d’accusations tout comme la peine finale avait choqué l’opinion internationale.L’article sur la liberté d’expression dans la constitution sur la liberté d’expression n’a pas été encore approuvé. Le flou juridique mène alors à des recours trop radicaux selon certains comme pour les deux tagueurs,. Selon ces derniers, l’utilisation répressive de cette loi va à l’encontre de la liberté d’expression

«Nous ne sommes pas des criminels. Nous sommes des simples citoyens qui essayons de communiquer, de revendiquer et de militer d’une façon pacifiste. Je demande à tous les tunisiens de venir nous soutenir le jour du procès et même avant pour montrer au monde entier que la révolution tunisienne est loin d’être finie » explique Oussama avant que Chahine ajoute avec amertume «au lieu de nous mettre en prison, l’État aurait du nous préparer des murs abandonnés ou des lieux spécifiques pour le graffiti, c’est un art reconnu dans le monde entier. Pourquoi pas en Tunisie?»

A Gabès, la ville où ils ont été arrêtés, le graffiti est pourtant reconnu comme un art à part entière. Un autre graffeur, El Seed avait réalisé un graffiti mélangé à de la calligraphie sur la Mosquée principale de la ville. L’œuvre avait été commandée et approuvée par la municipalité.

Les jeunes de «Zwewla» ne resteront pas les bras croisés jusqu’au procès. En effet, une pétition circule sur Internet sous le titre «le Graffiti n’est pas un crime», elle a regroupé pour le moment 345 signataires. Une manifestation a été organisée, le jour de l’ouverture des Journées Cinématographiques de Carthage, pour revendiquer la liberté d’expression. D’autres actions de Graffiti se tiendront à Tunis et même à l’étranger pour sensibiliser l’opinion publique.

Henda Hendoud

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tiré de http://blog.slateafrique.com

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