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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:08

Tunisie : nouveaux heurts entre manifestants et policiers près de la Libye

Ben Guerdane (Tunisie) – De nouveaux heurts ont opposé des manifestants à la police samedi à Ben Guerdane, près de la frontière libyenne, des violences nourries par les frustrations sociales en Tunisie qui fêtera lundi les deux ans de sa révolution dans un climat de tensions.

Des dizaines de jeunes, excédés par leurs conditions de vie et le chômage, se sont rassemblés dans la matinée face au commissariat qu’ils avaient incendié jeudi et ont lancé des pierres en nombre sur les policiers qui ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogène, selon un journaliste de l’AFP sur place.

En fin d’après-midi, les policiers ont quitté le poste pour se réfugier dans les locaux de la garde nationale, l’équivalent de la gendarmerie, et un semblant de clame est revenu dans cette ville du sud de la Tunisie.

Les slogans des émeutiers visaient en particulier le parti islamiste Ennahda qui dirige le gouvernement et dont le siège dans la ville a aussi été saccagé et pillé cette semaine.

“Ben Guerdane est libre”, (le Premier ministre islamiste Hamadi) “Jebali dehors !”, scandaient ces manifestants, masqués pour la plupart, alors que de tels heurts éclatent presque quotidiennement depuis dernier dimanche.

Une réunion de conciliation pour tenter de trouver une solution à la crise a échoué en milieu de journée, selon Amar Hamdi, le dirigeant de la branche locale de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), principal syndicat du pays.

Les autorités présentent les évènements comme un problème sécuritaire alors que nous réclamons des projets de développement, a-t-il dit, dénonçant le fait qu’aucun membre du gouvernement n’est venu à Ben Guerdane pour essayer de résoudre le problème.

Les violences y ont éclaté dimanche après une manifestation réclamant la réouverture de la frontière tuniso-libyenne, fermée depuis début décembre à l’initiative de la Libye et bloquant le commerce transfrontalier, une source de revenu importante pour la région.

Le Premier ministre tunisien a obtenu la réouverture jeudi du point de passage voisin de Ras Jdir, mais la contestation ne s’est pas pour autant essoufflée.

Le commissariat, le siège de la douane, les locaux d’Ennahda ainsi qu’un marché ont été saccagés, alors que les jeunes manifestants réclament des mesures de lutte contre le chômage et la misère.

Nous ne voulons pas que la réouverture de Ras Jdir, nous voulons des projets de développement, a dit à l’AFP l’un des manifestants.

Les mouvements sociaux dégénérant en violences se sont multipliés ces derniers mois en Tunisie, compte tenu des espoirs socio-économiques déçus après la première des révolutions du printemps arabe qui fêtera lundi ses deux ans.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer,12 janvier 2013 – 18h40)

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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 09:07

Une situation quasi-insurrectionnelle règne à Thala, ville du gouvernorat de Kasserine qui avait payé le plus lourd tribut à la révolution. Depuis le 8 janvier, jour anniversaire de la mort de cinq jeunes de la localité tombés en moins d’une heure sous les balles des forces de l’ordre, il y a deux ans, les manifestations succèdent aux manifestations et la ville est paralysée par une grève générale, en l’absence d’une présence policière suffisamment dissuasive.

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Photos : page Facebook de Nabil Sayhim

Des vidéos amateurs qui circulent sur les réseaux sociaux montrent d’imposantes manifestations de la population locale sur fond de revendications sociales et d’expression des impatiences qui s’exacerbent de plus en plus à l’approche des célébrations du 14 janvier. Partout, notamment sur toute la longueur de l’artère principale de la ville en forte déclivité, des barricades sont dressées et des pneus brûlent au milieu des clameurs d’une foule qui, sans cesse se reforme. Les accès nord et sud de Thala sont bloqués par d’énormes amas de pierrailles. Les slogans qui reviennent le plus dans les cris des manifestants et sur les banderoles réclament plus d’emploi, plus de développement et surtout, plus d’écoute des pouvoirs publics aux préoccupations immédiates de la population.

Certains ont même appelé à la désobéissance civile, ce qui a contribué à ajouter à la tension.

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Publié par des ennemis de la révolution (Leaders, 12 janvier 2013)

 

Thala célèbre toute seule ses martyrs

Thala (Gouvernorat de Kasserine) a célébré ce mardi 8 janvier, la journée du martyr. Les habitants de la ville semblaient bien isolés dans leur ferveur à commémorer leurs héros. En effet, la commémoration a été marquée par l’absence totale de tout représentant du gouvernement et de l’Assemblée Nationale Constituante, des composantes de la société civile et des médias.

C’est ce qu’a déploré Fathi Sayhi, le frère de l’un des martyrs de la ville sur les ondes de Mosaïque FM.

Commentaire :

Dora Saihi · Travaille chez Guide Touristique
Personne ne peut se présenter à Thala car ils savent tous que la colère et la douleur de ses habitants est à son paroxysme. Gouvernement de menteurs, de voleurs d’opportunistes… Les habitants de ce village méritent la reconnaissance totale car ils sont restés plus de 10 jours à faire face à la répression sans aucun recours et ce jusqu’à l’arrivée des militaires. THALA LA REBELLE, n’en est pas à son dernier mot !

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 8 janvier 2013)

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13 janvier 2013 7 13 /01 /janvier /2013 13:41

 

kurdistan

Voici le communiqué publié par une cellule de la Jeunesse Communiste Marxiste-Léniniste. Nous le publions car il apporte des éléments intéressants pour comprendre ce qui se passe et rappelle des faits qui ne doivent jamais être oubliés. Les révolutionnaires de France ont pour mission d’être solidaires de leurs camarades turcs et kurdes, ici et ailleurs, dans toutes leurs légitimes luttes. D’autant plus que le moment est crucial, avec une intensification de la répression contre le peuple kurde, qui a des répercussions en Europe (on n’oublie pas tous ceux qui ont été arrêtés par les polices du continent et livrés à l’état Turc pour y être emprisonnés, torturésou exécutés!). D’autre part le vieil état français est actuellement entrainé dans une fuite en avant; il est en pleine décadence, incapable de se sortir de la crise qui l’affecte à tous les niveaux. Et cela entraine une explosion de la barbarie, avec le racisme bien sûr – et toutes les autres façons de diviser le peuple, mais aussi avec les offensives impérialistes au Mali et dans d’autres pays considérés comme une « zone d’influence ». Le combat pour la libération totale n’a pas de frontières. Il est aujourd’hui urgent de s’informer, de s’organiser sur des bases de classe, pour être capables de frapper fort.

Trois militantes kurdes ont été froidement exécutées mercredi après-midi alors qu’elles se trouvaient dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan (CIK). Il s’agit de Sakine CANSIZ, une des co-fondatrices du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ; Fidan DOGAN, présidente du CIK ; Leyla SOYLEMEZ.

Pour nous, les slogans lancés par les centaines de Kurdes venus protester cet acte terroriste se suffisent (« Turquie assassin ; Hollande complice ! ») En effet, les circonstances qui entourent cet assassinat nécessitent une attention particulière.

En ce début d’année 2013, les autorités turques poursuivent pas-à-pas les pourparlers engagés fin décembre avec Abdullah ÖCALAN, chef du PKK emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999. Le dialogue entre le leader kurde et les services de renseignements turcs, est présenté comme intégrant « un processus de paix » devant mettre fin aux affrontements armés. Ce processus de paix a été initié suite à la grève de la faim de 10 000 prisonniers politiques en Turquie qui dénonçaient les conditions d’incarcération d’Abdhullah ÖCALAN. L’accord de principe étant le désarmement du PKK en échange de droits accordés à la minorité kurde par une refonte de l’Etat (nouvelle constitution). Or ni les Kurdes ni les forces progressistes et communistes de Turquie ne sont dupes : chacun est conscient des manœuvres de l’Etat turc en vue d’éradiquer une bonne fois pour toute le mouvement kurde de libération nationale que nous soutenons. C’est pourquoi la vigilance est de mise côté kurde sachant que 14 guérilleros ont encore péri dans des opérations menées par l’armée turque ce lundi.

L’entrée en pourparlers ne signifie pas l’arrêt de la répression de la part de la bourgeoisie, comme nous l’apprend l’exemple basque. Nous rappelons que des militants basques continuent d’être arrêtés et incarcérés en France et en Espagne via une étroite collaboration des services de polices des deux pays. D’ailleurs, le Premier ministre turc, Recep Tayyip ERDOGAN, exclue toute hypothèse de libération du leader kurde de même qu’une amnistie générale au profit des prisonniers politiques kurdes.

L’assassinat des trois militantes kurdes en plein Paris soulève toutefois des questions cruciales. A l’heure actuel, tout l’appareil d’Etat turc pointe du doigt un supposé règlement de compte au sein du PKK, entre partisans des négociations – à l’issue incertaine – et une branche radicale qui viendrait « saboter » ledit processus de paix. Pour nous, cet acte terroriste vise la communauté kurde. Les exécutions sommaires de militants communistes turcs ou kurdes d’une balle dans la tête ont déjà maintes fois eu lieu par le passé et rappellent de près les attentats revendiqués par l’extrême droite turque. Il est fort probable que ce soit là un moyen de faire pression sur le PKK pour qu’il cesse la lutte armée sans engagements politiques conséquents de la part du gouvernement.

Nous savons aussi que la France s’est rapprochée de la Turquie aussi bien sur le plan des échanges économiques et industriels que sur le plan de la répression. Un accord de coopération policière entre les deux pays a vu le jour le 7 octobre 2011 sous la présidence Sarkozy et continue de sévir à l’encontre des opposants turcs et kurdes en France (cf. l’augmentation des procès de militants passés sous silence ainsi que les perquisitions de locaux appartenant à des associations kurdes). Plusieurs militants du DHKP-C ont été condamnés le 20 décembre à entre 7 et 5 ans de prison. Le fait que la France réprime pour le compte de la Turquie peut laisser penser que fascistes et services secrets turcs peuvent agir en toute impunité sur le territoire.

Nous demandons à ce que la lumière soit faite sur cet assassinat et affirmons une fois de plus notre soutien au peuple kurde. Nous appelons toutes les forces communistes et progressistes à se joindre aux initiatives qui ont lieu depuis ce matin afin de protester cet acte barbare. Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais. A bas les crimes fascistes ! Vive le mouvement kurde de libération nationale !

JCML 69

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:38

Ben Guerdane – Les unités sécuritaires sont de nouveau déployées en nombre d’après le MI

Le porte-parole de la direction générale de la sûreté nationale (ministère de l’Intérieur), Mohamed Ali Aroui, a assuré ce vendredi 11 janvier que les unités sécuritaires sont de nouveau déployées en nombre dans la délégation de Ben Guerdane (gouvernorat de Médenine), au lendemain de leur retrait.

Mohamed Ali Aroui a renchéri en disant que les forces de sûreté sont épaulées par les unités de la garde nationale et de l’armée devant le siège du secteur de police de Ben Guerdane. Des patrouilles sont également présentes sur le terrain pour protéger les personnes et les biens.

Le porte-parole de la direction générale de la sûreté nationale a expliqué que le retrait opéré hier soir par les unités sécuritaires après les affrontements avec un groupe de citoyens a été décidé pour éviter que des dégâts soient commis.

Mohamed Ali Aroui a insisté sur le fait que l’institution sécuritaire n’est en aucun cas responsable des évènements survenus à Ben Guerdane ou de la fermeture du point de passage de Ras Jdir.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 11 janvier 2013 – 8h06)

 

L’armée nationale prend place à Ben Guerdane après le retrait des forces de sécurité

Suite aux affrontements entre les forces de l’ordre et les habitants de Ben Guerdane, l’incendie du district et celui du local d’Ennahdha, l’armée nationale s’est positionnée dans la délégation après le retrait des forces de sécurité.

Les incidents de ce jeudi 10 janvier se sont soldés par le vol de 6 voitures saisies par la douane dans un local à proximité du district de sécurité, le vol d’une arme et de munitions et l’incendie d’un entrepôt.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 10 janvier 2013 – 23h03)

 

Ben Guerdane : Le bureau d’Ennahdha incendié

Le bureau d’Ennahdha dans la délégation de Ben Guerdane du gouvernorat de médenine a été incendié dans la soirée de ce jeudi 10 janvier.

Selon le secrétaire général du mouvement Mohamed Jendoul, les agresseurs ont saccagé le local avant d’y mettre le feu.

Des renforts sécuritaires ont été envoyés à Ben Guerdane à cause des tensions qui se sont accentués.

Presse contre-révolutionnaire (ShemsFM.net, 10 janvier 2013 – 22h20)

 

Le district de Ben Guerdane incendié par les manifestants

En début de soirée du 10 janvier, les affrontements entre les manifestants et les forces de l’ordre se sont intensifiés à Ben Guerdane. L’utilisation du gaz lacrymogène a été constatée et même le recours à des tirs à balles réelles a été réclamé ; toutefois, le ministère de l’Intérieur a refusé ce recours.

Ce témoignage a été apporté par Ammar Mhamdi, secrétaire général de l’Union Régionale du Travail de Ben Guerdane sur les ondes de radio Mosaïque FM, qui déclare, en outre, que des manifestants ont pris d’assaut le district de Ben Guerdane et l’ont incendié.

M. Mhamdi ajoute que les forces de sécurité se sont retirées laissant place à l’armée qui devait intervenir. D’autres sources dont un reportage sur Ettounissiya TV évoque d’autres incendies des locaux du poste de police et de la douane, ainsi que le vol des véhicules de ces organismes ainsi que les actes de saccage touchant le siège du parti d’Ennahdha dans la même localité frontalière.

Presse contre-révolutionnaire (BusinessNews.com.tn, 10 janvier 2013 – 21h52)

 

Journée de colère et de troubles à Ben Guerdane

Plusieurs protestataires ont fait irruption dans le siège de la sécurité de Ben Guerdane ce jeudi 10 janvier et y ont mis le feu.

Les forces de sécurité ayant déserté la ville en raison du manque de munitions et de gaz lacrymogènes pour faire face aux manifestants.

Les affrontements entre les protestataires et les forces de sécurité ont fait 3 blessés qui ont été transportés à l’hôpital régional de Ben Guerdane.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 10 janvier 2013 – 21h21)

 

À quelques jours de l’anniversaire de la révolution
Ben Guerdane pleure lacrymogène

La grève générale à Ben Guerdane finit en … larmes : bombes lacrymogènes, pierres et matraques ont mis fin à la grève générale organisée aujourd’hui par l’Union générale des travailleurs tunisiens.

Un journaliste sur place nous raconte que « vers 14h, alors que tout paraissait calme, tous les commerces étaient fermés. Après la manifestation officielle organisée par l’UGTT le matin, les rues étaient pratiquement vides.

Et puis, des jeunes sont apparus. On sentait que l’atmosphère devenait lourde et la première bombe lacrymogène a surgi.

On nous dit que c’est ainsi depuis quelques jours. Notre témoin sur place nous fait valoir, à ce propos, une certaine tension qui persiste à Ben Guerdane malgré l’ouverture ce matin même du point de passage avec la frontière libyenne. « Le malaise est plus profond de ce qu’on dit. Il ne s’agit pas seulement de la fermeture du point de passage. C’est vrai que pratiquement tout le monde ici vit grâce au commerce avec la Libye, mais ce qu’on sent ici, c’est une sorte  de révolte contre la marginalisation de la région. Les habitants de Ben Guerdane réclament leur droit à l’emploi et au développement. De manière plus subtile encore, on sent aussi une certaine révolte contre les Libyens qui deviennent, paradoxalement, indésirables ici ». Rappelons que ce sont les camionneurs libyens qui bloquent, depuis hier, le passage frontalier.

L’UGTT dépassée par les événements

Comment se fait-il que la grève générale annoncée pacifique par l’Ugtt dégénère surtout qu’on entend  parler de blessés aujourd’hui ? Omar Mhamdi, secrétaire général du bureau régional de l’UGTT à Ben Guerdane, clarifie les  choses : « Nous avons voulu cette grève générale pour, précisément, calmer les esprits. Cela fait deux jours que les forces de sécurité réagissent avec violence aux manifestations des jeunes dans la région. À travers la grève générale nous avons voulu alerter les autorités quant à la gravité de la situation. Mais hélas personne ne nous a entendus et les conséquences on les constate aujourd’hui sur le terrain »,  affirme-t-il.

Mais indépendamment de ce que disent les uns et les autres, le résultat est le même. Au final, on a une situation qui dégénère, des tensions qui s’amplifient, une  ville entière en ébullition. À faire la liaison avec ce qui se passe parallèlement au Kef,  on peut légitimement s’interroger sur  l’issue des troubles actuels. Une deuxième révolution est-elle en train de se préparer, à quelques jours de l’anniversaire de la première ?

Presse contre-révolutionnaire (LEconomisteMaghrebin, 10 janvier 2013)

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 11:31

La lutte des classes existe bien, c’est l’opinion de 64% des Français, selonl’enquête de l’Ifop pour L’Humanité. En 1964, seuls 40% des Français interrogés jugeaient qu’elle était une réalité, et 44% en 1967.


Les résultats du sondage sur la lutte des classes (L’Humanité/Ifop)

En revanche, seuls 56% des personnes interrogées ont le sentiment d’appartenir à une classe sociale, contre 61% en 1964.

Retour des structures de classes plus proches du XIXe

Récusée par Jérôme Cahuzac lundi soir face à Jean-Luc Mélenchon, la réalité de la « lutte des classes » est depuis quelques années portée par des artisteset la gauche de la gauche. Ou brandie comme un épouvantail que legouvernement Ayrault agiterait contre le patronat et les « riches » via des mesures comme la taxe à 75%.

Que signifie aujourd’hui ce concept marxiste ? Thomas Piketty nous expliquait :

« On a aujourd’hui une structure de classes qui est tout de même un peu plus méritocratique, plus fondée sur la liberté individuelle et la justice que sur la filiation. Mais, par rapport à l’immense espoir méritocratique sur lequel sont fondées nos sociétés démocratiques, les transformations ont été plus limitées qu’on ne l’imagine souvent.

Et surtout, on assiste aujourd’hui à une vraie régression. Les privilèges de naissance et le patrimoine viennent concurrencer le capital humain, le mérite. C’est un type d’inégalité violent, que l’on croyait avoir dépassé. Je pense possible un retour des structures de classes plus proches du XIXe siècle que de celles des Trente Glorieuses. »

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 15:07

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 14:05

Dans la nuit du Jour de l’An, à Dee Why (banlieue du nord-est de Sydney), un cocktail Molotov a été jeté dans la cour intérieure du commissariat de St-David Avenue, mettant le feu à l’arrière d’un véhicule de police.

Des flics ont entendu comme une explosion depuis l’intérieur du comico et sont sortis éteindre le feu. Si le véhicule a été endommagé, personne n’a été blessé. Les flics, à l’aide d’un chien policier, ont cherché des coupables dans les rues du voisinage, en vain.

Ailleurs, dans le quartier de Woolloomooloo (à l’est du centre-ville de Sydney), deux hommes de 22 ans ont été arrêtés après avoir pointé un laser vers un hélicoptère de la police. Ils sont accusés d’avoir menacé la sécurité d’un hélicoptère de la police en faisant usage d’armes interdites.

Traduit de l’anglais (Disaccords, 2 janvier 2013)

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:13

La « semaine de la colère » qui se poursuit depuis le début a été marqué ce lundi par un brusque accès de violence. Des dizaines de protestataires, pour la plupart des ouvriers précaires et des « blessés de la révolution » ont investi en force le siège du gouvernorat, symbole de pouvoir, détruisant presque tout sur leur passage, avant de faire irruption dans le bureau du gouverneur qui était en réunion avec le chef du district de la sûreté nationale. Les deux hauts responsables ont été copieusement invectivés et même failli être agressés physiquement.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/036.jpg

 

Emportés par leur furie, les manifestants se sont déchaînés contre le mobilier du bureau du gouverneur qu’ils ont totalement saccagé avant de mettre le feu à la salle d’attente. Les grilles extérieures de l’immense complexe à l’entrée sud de la ville et la porte principale du bâtiment avaient été fracassées.

Le personnel du gouvernorat a décidé d’entamer ce mardi une grève ouverte en signe de protestation contre les « agressions répétées des manifestants contre l’administration régionale », réclamant le placement de l’ensemble du complexe sous la protection de l’armée.

 

Presse contre-révolutionnaire (Leaders.com.tn, 8 janvier 2013)

 

Kasserine : Des manifestations observées dans plusieurs villes

Des manifestations ont parcouru, mardi 8 janvier, les rues de plusieurs villes dans le gouvernorat de Kasserine.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/02.jpeg

Des manifestations rappelant les revendications des habitants de Kasserine, ont été observées. Ces manifestations ont été conduites par des partis politiques, notamment le Front Populaire, et par des Associations.

Par ailleurs, une marche de protestation a été observée à Thala, et à travers laquelle les habitants ont exprimé leur intention de boycotter la célébration du deuxième anniversaire de la révolution Tunisienne.

Presse contre-révolutionnaire (Tuniscope.com, 8 janvier 2013)

 

Semaine de la colère à Kasserine

Les habitants du gouvernorat de Kasserine ont annoncé lundi 7 janvier 2013, le deuil pendant une semaine. Ils ont baptisé cette semaine : « la semaine de la colère ». Ils entendent par là, attirer l’attention du gouvernement provisoire sur les exigences de la région [« et les revendications de ses habitants qui appellent à la distribution équitable des ressources et le développement de la région pour améliorer leur situation sociale. Le gouvernorat du Kasserine est l’un des régions les plus touchées par le chômage en Tunisie avec un taux aux alentours de 35%. » (Tixup.com, 7 janvier 2012)], et condamner la marginalisation qui perdure deux ans après la révolution.

Les organisateurs de cette manifestation ont déclaré qu’ils ne fêteront pas cette année, la journée du martyr !

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 7 janvier 2013)

 

Lors de la marche protestataire à Kasserine, mardi 8 janvier 2013, les habitants de la région ont levé des slogans  revendiquant le développement, l’emploi et la lutte contre la corruption.

L’UGTT a annoncé à son tour d’organiser une marche protestataire le 12 janvier 2013.

Presse contre-révolutionnaire (MosaiqueFM.net, 8 janvier 2013)

 

Commémoration des martyrs de Telah

La Maison de la Culture de Telah organise la deuxième édition de manifestation “La loyauté envers les martyrs” de 8 jusqu’au 14 Janvier à l’honneur des martyrs de la ville de Telah qui ont été tués dans les événements de la révolution, le 8 et le 12 Janvier 2011.

De nombreux partis à Thala ont appelés à boycotter la manifestation et l’annuler, à cause de leur insatisfaction de déroulement des procès contre les tueurs des martyrs. Le directeur de la maison a indiqué que la manifestation ne sera pas festive.

Dans le programme, des filmes documentaires, des soirées d’art et du rap des spectacles de théâtre, une exposition documentant la révolution et une conférence sur la contribution de Telah à la révolution.

Selon la Ministère des droits de l’homme et la justice transitionnelle Kasserine compte 21 martyres.

Presse contre-révolutionnaire (RadioMFM.tn, 8 janvier 2013)

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 11:58

Dernière Sommation

Ce texte est l’œuvre de quelques personnes présentes lors de moments d’affrontements avec la police sur la ZAD. C’est un retour d’expériences qui a pour vocation d’informer toutes celles et tous ceux qui sont prêts à venir en renfort pour défendre des lieux, des expériences grandeur nature au moment des opérations policières lorsqu’on est nombreu-ses-x à résister sur un secteur précis. Il aidera notamment toutes celles et tous ceux qui n’ont pas suffisamment d’expérience de ce genre de chose à mieux se préparer pour faire face à la violence des « forces de l’ordre » et surtout à pouvoir les ralentir efficacement. Il a pour but d’enrichir le savoir collectif en matière d’auto-défense face à la police afin d’éviter de prendre des risques inutiles et d’être victime des brutalités policières. Ce n’est pas un manuel de guérilla ni un guide légal, d’autres que nous ont déjà fait ce travail mieux que nous ne pourrions le faire. Nous avons donc essayé d’éviter de répéter ce que nous avons lu dans la documentation déjà accessible sur le sujet, à laquelle nous renvoyons expressément le lecteur désireux d’en savoir plus. On n’y trouvera donc pas de conseils du type « ayez toujours du sérum physiologique et le numéro d’un avocat sur vous » ni de recettes pour cocktails Molotov. C’est plutôt une somme de réflexions diverses, de conseils sur les bons réflexes et les erreurs à éviter, individuellement et collectivement lors d’une confrontation avec la police à émeutes (et non pas anti-émeute, conception orwellienne s’il en est) sur la ZAD.

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Nous avons tou(te)s choisi des moyens divers de résistance face au monopole de la violence d’État et tous ces moyens sont les bienvenus, étant donné qu’ils garantissent notre imprévisibilité et qu’ils constituent donc notre plus grande force face aux troupes trop disciplinés de l’Empire. Il est clair que celui-ci tolère de moins en moins les expériences alternatives et les mouvements d’opposition active à ses projets technocratiques, et qu’il n’a toujours que la violence comme seule forme de dialogue à nous proposer dès lors qu’il n’est pas possible de nous acheter ou de nous convaincre. La guerre est la continuation de la diplomatie par d’autres moyens, disait Clausewitz. Voilà pourquoi le débat entre violence et non-violence est et demeurera stérile dès lors que nous sommes confrontés aux robocops, au gaz et aux matraques. Il y a un temps pour s’asseoir à une table et discuter, mais il viendra toujours un moment où nous devrons défendre nos lieux, nos combats face aux chiens de garde du capital et où toutes les tactiques, dès lors qu’elle n’augmentent pas le degré d’une violence déjà présente à cause de la police et ne mettent pas directement en danger les camarades seront les bienvenues, comme en ce moment sur la ZAD. Voilà pourquoi il importe de faire face et d’éviter les erreurs et les divisions qui nous ont trop souvent causées du tort.

Sortons-là du débat comme nous y sommes rentrés, et passons au côté pratique des choses, quand elles dégénèrent…

La route ne nous appartient pas. Il faut s’en méfier dès qu’une opération policière est en cours, l’éviter le plus possible si on est seul ou en petit groupe, se considérer en terrain ennemi dès qu’on y met les pieds, d’autant plus que sur la ZAD elles constituent un véritable piège puisqu’on ne peut souvent pas s’en échapper sur les côtés à cause des haies, des fossés et des barbelés. Si vous devez emprunter la route, regardez autour de vous au fur et à mesure que vous avancez pour repérer les « sorties de secours » en cas de rencontre avec la police. Ayez également une bonne connaissance préalable du terrain, car c’est la clé du succès dans toute guérilla. Si vous ne connaissez que les routes sur la ZAD, le jour de l’opération vous serez complètement perdu puisque contraint de les éviter, et vous perdrez un maximum de temps à contourner les innombrables obstacles du bocage et à vous orienter.

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La route permet une charge rapide des fantassins et une mobilité maximale des véhicules, ce qui constitue le pré-requis obligatoire à une intervention efficace de l’infanterie mécanisée, c’est-à-dire transportée par camions. Celle-ci est tributaire des routes, d’où l’utilité des barricades pour ralentir les troupes ennemies, mais sûrement pas pour les stopper durablement dans leur offensive. De là le précepte souvent entendu : « on ne peut pas tenir une barricade face aux flics ». Ce n’est pas une raison pour se barrer en courant dès qu’ils arrivent, puisqu’on a généralement un délai de plusieurs minutes entre le moment où une section se place devant la barricade et la charge proprement dite. Il faut mettre ce temps à profit, ce temps gagné grâce à la présence d’une barricade pour préparer la défense et impressionner l’adversaire en lui montrant notre détermination, pour l’obliger à combattre là où nous avons choisi de le combattre, c’est-à-dire le plus loin possible du lieu à défendre sur un chemin qu’il sera forcé d’emprunter. Cette défense doit se faire dans l’esprit d’un recul inéluctable face à l’ennemi, étant donné que l’esprit n’est pas au corps à corps, puisque la plupart d’entre nous en a peur et n’a pas un profil de guerrier, et que les flics feront tout pour l’éviter, employant pour ce faire leurs fameuses grenades lacrymogènes qui vous forceront à reculer. Certain(e)s, il s’agit souvent des éléments les plus « chauds » du groupe ont tendance à l’oublier par bravade. Il faut donc un point de repli hors de la route, suffisamment large pour permettre le passage rapide de dizaines de personnes en quelques secondes. Les larges fossés suivis de talus bordés de barbelés sont donc à proscrire. Ils permettront votre passage, mais pas celui de tou(te)s les camarades en même temps lors de la fuite face à la charge. Un champ facilement accessible par une large ouverture pour le passage des tracteurs sera idéal pour ça. Il faut garder à l’esprit que ce qui nous importe est la défense du terrain hors de la route, car c’est la seule que nous pouvons réussir efficacement. En l’état actuel du rapport de force, nous sommes condamné(e)s à perdre les routes lors d’une opération policière, mais nous pouvons non seulement stopper mais même faire reculer l’ennemi dans les champs, les forêts et les chemins. Les flics s’éloignent rarement de leurs véhicules, donc des routes. C’est quand ils sont forcés de le faire qu’ils sont les plus vulnérables. Il ne faut donc pas chercher à s’interposer passivement trop longtemps face aux flics sur une route, surtout si elle est dégagée. Mieux vaut profiter du terrain autour, se disperser un peu pour ne pas constituer de cible trop compacte, sinon les flics n’ont plus qu’à charger dans le tas. On ne peut tenir une barricade sans trop de risques que si on est sûr de pouvoir s’échapper hors d’atteinte des flics dès qu’ils chargeront.

Il est arrivé que des dizaines de personnes massées entre deux barricades sur la route se retrouvent pris en tenaille par les forces de l’ordre, le chemin qui constituait l’issue de secours ayant été lui aussi barricadé. Des personnes ont été arrêtées à cette occasion et ont écopées de peines de prison ferme. Cela n’avait rien d’une fatalité. Les camarades avaient eu plus d’une demi-heure pour se préparer à l’assaut et n’ont strictement rien fait pour y faire face. Il aurait même pu y avoir des gens piétinés. La seule issue de secours lors de l’assaut était un fossé suivi d’un talus sur lequel avaient été posé une ou deux palettes en guise de pont. Ça ne suffisait manifestement pas à permettre le passage de la cinquantaine de personnes présentes. Nous aurions pu être plus efficaces si les gens s’étaient positionnés dans les champs alentours, ne laissant que le nombre de personnes nécessaires pour faire face et pouvant s’échapper rapidement ensuite, en l’occurrence moins de 20 personnes. Des projectiles volant de part et d’autres sur la route auraient obligés les flics à regarder sur les côtés et à parer avec leur bouclier, les ralentissant efficacement. Il aurait pu ne pas y avoir d’arrestations, seuls les « traînard(e)s » ayant été interpellé(e)s, victimes du sauve-qui-peut général.

Autre souvenir qui jette une lumière un peu particulière sur l’opportunité du dialogue avec les flics, les sit-ins et autres tentations de faire baisser la pression : les seules arrestations dont nous avons été témoins sur la ZAD, outre celles racontées précédemment ont eu lieu à l’occasion d’un autre face à face, toujours sur une route.

Cette fois-ci, une trentaine de personnes s’étaient laissées progressivement endormir par l’apparente décontraction et le comportement passif des gardes mobiles assez peu nombreux qui leur faisaient face. Certain(e)s se sont assis(e-s) sur la route, d’autres se sont mis à haranguer longuement les flics, façon moraliste, d’autres encore à jouer de la musique. Seule issue pour tous ces gens, dont bon nombre avaient dépassé la cinquantaine d’années : un petit trou dans la haie, de l’autre côté du fossé qui séparait la route du champ adjacent. Une seule personne pouvait passer à la fois, et non sans difficulté. Après analyse de la situation, nous y retrouvons la même absence de sortie de secours adaptée que la fois précédente. Nous avons décidé de ne pas rester là, et de revenir dans le champ d’à côté. Ça n’a pas raté, les flics ont chargé brusquement et ont maîtrisé 3-4 personnes. On a pu obtenir leur libération une heure plus tard, mais de nombreuses personnes ont été gazées, ont fait des chutes, ont pris des coups… Encore une fois, pas de fatalité ; il suffisait de jauger la situation calmement comme nous l’avons fait pour réaliser qu’elle n’était pas à notre avantage. Notre grand regret est, dans les deux cas cités de n’avoir pas osé(e)s élever la voix pour prévenir les camarades d’un danger qui malheureusement n’était pas immédiatement perceptible pour toutes/tous.

La route est un terrain où nous n’avons jamais l’avantage. Par contre, des flics ont été légèrement blessés par des pavés ou des bouteilles jetés depuis le champ ou le bois d’à côté, sur lesquels ils n’avaient pas de visibilité. Cela les a forcé à s’arrêter et à envoyer de petits détachements pour reconnaître le terrain. Ceux-ci étaient vite forcés de rebrousser chemin à cause de la résistance active qu’ils y ont rencontré, retardant leur décision de charger pour prendre pied dans le champ de plusieurs heures (oui, plusieurs heures de face à face et ça n’a rien d’exceptionnel). Nous avons donc constaté l’efficacité d’une résistance à la fois passive et active venue de plusieurs côtés à la fois, provoquant constamment les flics pour les empêcher de se sentir en terrain conquis. Également notable est le fait que la résistance passive, pacifique et frontale est toujours la plus dangereuse pour celles et ceux qui y prennent part, puisqu’ils/elles s’exposent directement à la répression, souvent sans y être préparé(e)s.

Il est clair que bien plus de personnes « non-violentes » se font arrêter sur la ZAD lors des affrontements avec la police que de personnes ayant eu des gestes offensifs envers elle, tout simplement parce que croyant n’avoir rien à se reprocher, elles ne réalisent pas le danger, ou alors trop tard. Ça ne changera pourtant rien, les flics les accuseront souvent de violences, d’outrage ou de rébellion, faux témoignages des leurs à l’appui. Au risque d’énoncer des évidences, rappelons tout de même que la police n’est pas là pour maintenir l’ordre mais pour provoquer l’affrontement avec ceux qu’elle juge dangereux pour la sécurité de l’État. Elle n’est pas là pour attraper les criminels, mais pour faire du chiffre à l’aide de toute personne s’étant trouvé au mauvais endroit, au mauvais moment, comme le type assis devant eux par exemple.

Il n’y a pas de dialogue possible autre que celui du rapport de force, et donc de l’intimidation face à des gens lourdement armés, astreints au silence et se considérant en terrain ennemi à reconquérir y compris « en faisant usage de la force ». S’ils doutent de notre détermination, ils feront un carton et pas de quartiers. S’ils croient avoir affaire à une véritable opposition qui n’hésitera devant rien pour les repousser, ils avanceront en prenant plus de précautions, car malgré l’impunité dont ils jouissent ils chercheront à éviter les bavures qui pourraient rendre la situation incontrôlable. Nous pensons qu’il n’y a donc pas d’utilité à vouloir faire baisser la pression par des manifestations de bonne volonté si nous voulons conserver nos acquis, cela ne sert qu’à se faire endormir. La demi-heure de préparation que n’ont pas mis à profit les gens dont il a été question dans le premier exemple pour se préparer à l’assaut avait été obtenue par une brève négociation avec les flics afin de faire partir ceux qui ne voulaient pas assister à l’affrontement. Le seul résultat visible a été l’endormissement des gens présents, qui n’ont pas su faire face à l’assaut dans les bonnes conditions, occasionnant la retraite en désordre que souhaitait la police à ce moment-là afin de faire des arrestations. Nous pensons que le dialogue courtois avec la police n’a qu’une seule utilité : instaurer le doute et calmer les éléments trop bouillants des deux côtés. Il est important que le troufion de base sache qu’il n’a pas affaire à des « ultras » terroristes, mais à des gens réfléchis en situation de légitime défense face à l’arbitraire de l’État dont lui, troufion est le représentant légal. Ce dialogue n’en est en fait pas un, étant donné le devoir de réserve et la pression des officiers sur leurs troupes pour ne pas qu’ils parlent avec les opposants. Parlez donc aux flics si vous le voulez, mais ne prenez pas de risques inutiles et restez vigilant(e)s.

Lorsque vous voyez un officier faire le tour de ses petits gars en leur glissant quelques mots à l’oreille à chaque fois, c’est probablement les ordres pour la charge qui va suivre. Celle-ci ne devrait donc pas trop tarder, et ne sera pas toujours précédée des sommations d’usage. Cependant, il y a souvent des tirs de grenades lacrymogènes avant. En effet, la procédure veut que 1) les sommations soit effectuées, 2) on disperse les opposants à coups de grenades lacrymogènes et assourdissantes, puis 3) on prend possession du terrain ainsi dégagé à l’aide d’une bonne charge. C’est ce qui se produit dans peu ou prou 90% des cas, du moment que les flics ont l’initiative. Dès que celle-ci change de camp, attendez-vous à beaucoup moins de précautions et de savoir-vivre de leur part.

Le bluff, l’intimidation est une tactique toujours payante, quelle que soit la situation. Peu de lanceur(euse)s de pavés sont des gens « violents ». Peu d’entre elles/eux espèrent blesser un flic, mais toutes et tous veulent faire peur. À tel point qu’il font parfois peur, à tort, àceux qui se revendiquent de la « non-violence ». Ceux-là doivent comprendre que cette tactique là aussi est nécessaire, car rien ne ralentit mieux une escouade qu’une bonne pluie de projectiles, et celle-ci les obligent à s’arrêter à distance respectueuse avant de charger, plutôt qu’à jouer le rouleau compresseur imperturbable. C’est aussi un bon moyen de prendre conscience de notre force et de ses limites. Il est peu probable que vous mettiez hors de combat un flic avec un pavé. Dans la plupart des cas, celui-ci n’atteint pas sa cible, ou bien il est paré, ou bien il ne fait pas grand dégât à ces gaillards cuirassés de la tête au pied. On ne peut cependant pas écarter la possibilité d’un coup au but occasionnant une blessure grave, même si à notre connaissance cela ne s’est jamais produit sur la ZAD. Voilà pourquoi la boue, la peinture et le fumier sont à privilégier, car ils rajoutent l’humiliation au tableau et indisposent moins les « pacifistes », tout en aveuglant le flic qui le reçoit sur la visière. Le cocktail molotov, lui, est un véritable joker. Dans chaque intervention policière, il y a un avant et un après cocktail. Dès lors qu’un molotov atterrit devant eux, les flics changent d’attitude et deviennent beaucoup plus prudents, voir lâches. Il ne faut jamais oublier de quel côté est le courage. Le courage est de notre côté. Sans armure et pratiquement sans armes, sans discipline et sans la protection de la loi et de l’État nous affrontons une armée ayant toute latitude pour agir de manière violente, y compris lors d’une « bavure », vu que celle-ci n’est jamais sanctionné par la hiérarchie ou les tribunaux. Si vous en doutez, nous vous conseillons la lecture de l’excellent rapport d’Amnesty International. Ce rapport examine entre autres des cas de décès en garde à vue. Avis aux amateur(ice)s…

Bref, soyez conscient(e) de la lâcheté de l’adversaire et de son manque de motivation préalable pour mieux l’impressionner. La guerre que nous menons face à lui est avant tout psychologique. Le simple fait de hurler fonctionne, soyez donc vous aussi une grande gueule face aux flics, en évitant bien entendu les insultes qui pourraient heurter les camarades, tel que « cassez-vous bandes de pédales » ou autres « ta femme eh ben moi je la suce, t’entends, j’l’encule bien profond » qu’on a parfois entendu. Ce genre de propos a déjà occasionné des prises de becs entre camarades devant les flics, ce qui est bien entendu contre-productif. Montez sur les barricades, faites croire aux flics que vous êtes bien plus nombreu(ses)x que vous ne l’êtes, par exemple en allant les harceler par petit groupe si vous pouvez le faire depuis la forêt ou derrière des buissons, ça marche très bien et permet en plus d’écouter ce qui se dit de leur côté moyennant un peu plus de discrétion. Faites un maximum de bruit en tapant sur tout ce qui traîne. Soyez déroutant(e)s. Imaginez que ces braves policiers qui se lèvent de bon matin pour aller faire ce qu’ils appellent leur travail font face à une foule bigarrée, d’où sortent tour à tour des gens venus s’asseoir devant eux, leur offrir des fleurs, se mettre à poil, les haranguer longuement ou bien les insulter, leur jeter des pierres, des engins incendiaires ou de la merde au visage. De quoi être sacrément perturbé. César en perdrait son latin.

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L’humour est une arme redoutable, et souvent absent de ces moments de tension. Il est pourtant très important afin d’alléger l’atmosphère et de redonner le moral aux camarades. On ne saurait en abuser tant ses vertus sont grandes. Moquez-vous des flics dès que c’est possible.

Quant au matériel (cailloux, nourriture, eau, boucliers, etc…), il est souvent oublié lors des charges et saisi par la police. Prenez-donc le temps de le mettre en sécurité plus en arrière lorsque vous sentez que la charge est proche, il est indispensable car la confrontation peut durer toute la journée, voire plus. Si vous vous en sentez le courage, n’hésitez pas à venir apporter des projectiles en première ligne s’il y a du monde pour s’en servir, vous rendrez ainsi un grand service. Transmettez alentour toutes les informations utiles dont vous prenez connaissance, par rapport à ce qu’il se passe plus loin, à la répartition des effectifs de police, les actions de soutien, qui sont les R.G, flics en civil ou indics présents, etc… si vous êtes en recherche d’infos fiables pour confirmer une rumeur, allez voir le porteur ou la porteuse de talkie-walkie ou de radio le/la plus proche. La circulation de l’information est un facteur crucial dans ces moments-là, elle aide à la cohésion du groupe et à la prise de décisions informelle et collective. Côté flics, ils agissent toujours sur ordre et il y a des choses à savoir : autorisation ou non d’employer les gaz, objectifs de l’opération, quota d’arrestations, démonstration de force ou bien ordre de “calmer le jeu”, etc… Si vous apercevez un blessé, réconfortez-le et appelez tout de suite un « médic », il y en a toujours un dans le coin. Ne prenez pas en charge vous-même les soins si ce n’est pas immédiatement nécessaire, comme dans le cas d’une hémorragie importante que vous pouvez tenter d’arrêter en comprimant la plaie, événement peu probable quand-même. Criez “flashball” si vous voyez un flic en épauler un avec l’intention de tirer sur quelqu’un. Surveillez les gens inconscients qui se mettraient à pique-niquer alors que la situation est précaire, et avertissez-les calmement du danger s’il existe. Soyez toujours extrêmement attentif aux autres, ils sont votre principale protection, et vous êtes la leur. Si vous sentez que certains se mettent en danger, ou bien font courir des risques aux autres de par leur inconscience, ne soyez pas timide et dites-leur franchement. Il arrive que des provocateurs cherchent à mettre les gens en situation de se faire attraper par les flics, soyez attentif à cela sans tomber pour autant dans la parano. Un type très motivé qui veut “casser du flic” n’en est pas forcément un, ni plus que celui qui joue au chef. Tout deux sont par contre nuisibles à l’esprit de groupe, il faut les remettre à leur place ou s’en inquiéter auprès des autres. Ne cédez jamais à la panique, c’est extrêmement contagieux et crée facilement un effet de troupeau qui peut faire prendre des décisions stupides, ou n’en faire prendre aucune lorsque cela s’avérerait pourtant nécessaire. Lorsque les lacrymos sont de sortie, passez-donc entre les gens leur proposer du sérum physiologique, beaucoup n’y pensent pas à temps. À titre individuel, restez sur les bords du groupe, sur les côtés et non pas à l’avant ou au milieu, vous avez de meilleure chance de pouvoir vous échapper rapidement en cas d’assaut, et vous aurez une meilleure vue d’ensemble sur ce qu’il se passe. Ayez toujours une sortie de secours en tête, vous éviterez d’hésiter au moment critique. De manière générale, éloignez-vous à l’arrière dès que vous ne comprenez plus la situation ou dès que vous êtes inquiet(e). Si vous êtes du genre à lancer des trucs pour toucher votre cible, lancez-les prioritairement lors des charges sous réserve que vous soyez bon(ne) coureur(euse), vous aurez de meilleures chances de succès, l’ennemi étant moins attentif, moins couvert par son bouclier et en train de foncer vers vous. Le top est d’être embusqué sur les côtés si le terrain le permet. Ne vous isolez jamais entre les flics et le groupe, ni à fortiori derrière les lignes ennemies. Vous pouvez tenter des actions de ce type à plusieurs, c’est risqué mais ça peut en valoir la peine. Ayez un(e) binôme, un groupe de potes qui va veiller sur vous et savoir qui vous êtes en cas d’arrestation. Autrement, ce n’est pas grave mais ne prenez pas de risques. Sachez que si vous n’avez pas ni cheveux longs ni vêtements trop cool et que vous êtes un homme seul, vous risquez d’être pris pour un flic, ce qui n’est jamais très agréable.

Pensez à vous munir de miroirs, vous pouvez aveugler les flics avec lorsque le soleil est de la partie ou mieux lorsque ils utilisent des projecteurs la nuit. Dans ce dernier cas de figure ce n’est vraiment pas un extra, ceux-ci vous aveuglant complètement, rendant toute action difficile à mener alors que le contexte y est très favorable. Les flics lâchés de nuit sur la ZAD ont peur, ils ne voient pas forcément venir la menace et elle peut toujours leur tomber dessus.

Pour en revenir aux projectiles, n’oubliez pas que les flics ne peuvent pas parer de tous les côtés à la fois. Ce qui fait que si en même temps il en prennent par devant depuis la barricade et depuis les côtés ils vont être obligés de se replier s’ils n’arrivent pas à chasser les assaillant(e)s plus loin. Lorsqu’on en arrive à un cas de figure semblable, où les charges policières alternent avec les contre-charges et les lancers de projectiles, n’oubliez pas de ne jamais vous approcher trop près des flics, à moins d’avoir une excellente raison de le faire, car vous pouvez être victime du « friendly fire », c’est à dire d’un tir venu de votre propre camp et aussi parce qu’en cas d’arrestation vous allez prendre pour tous les autres, y compris si vous êtes « pacifique ». Après tout, pour eux vous aurez pris part à un attroupement armé et masqué ayant refusé de se disperser après sommation. Les robocops sont lourds et bardés d’équipement divers, ce sont donc de piètres coureurs. Surveillez les quelques flics non cuirassés du coin de l’œil, soyez toujours prêt(e) à courir et vous n’avez pas de raison de vous affoler. En règle générale, une charge policière ne parcourt pas plus d’une trentaine de mètres avant de s’arrêter. Regardez donc derrière vous et ne courez pas trop loin, au risque de laisser des camarades seuls et d’inciter les flics à avancer pour venir les choper. Un bon moyen pour ne pas trop se fatiguer, sans se faire arrêter ni laisser trop de camarades derrière est de faire un bon sprint dès le début de la charge sans attendre que les flics se rapprochent mais sur une courte distance, puis de continuer à courir normalement en se retournant à ce moment-là. Lorsque vous voyez les flics s’arrêter après leur charge, retournez immédiatement vers eux, en restant à la distance qui vous semblera bonne, jamais moins de 15 ou 20 mètres, en tout cas dans un premier temps. Pensez à prendre un bouclier quelconque dans votre avancée si vous en trouvez un afin de vous protéger vous-même ainsi que les autres. Cela redonne du courage à ceux qui vous entourent de vous voir avancer et envoie un signal fort aux flics, tout en les ralentissant. En effet, comme c’est généralement ce que font les gens après une charge, les flics gagnent peu de terrain au pris d’une dépense physique considérable et réalisent qu’ils ne font pas très peur à leurs adversaires.

Toujours essayer de regagner du terrain sur les flics, sans prendre de risques inconsidérés mais avec obstination, sinon autant rentrer à la maison. Vous observerez de toute façon qu’ils ont un rituel bien rodé et facilement prévisible, et qu’ils ne prennent jamais le risque de s’isoler délibérément de leurs collègues pour frapper ou bien procéder à une arrestation. Le moment précis de la charge est quant à lui plus difficile à prévoir, ce qui fait que si vous êtes à moins de 50 mètres des flics soyez très vigilant(e) par rapport à leurs manœuvres, et restez éloigné(e) si vous n’êtes pas bien réveillé(e). Cependant, il faut remarquer que les flics procèdent généralement à peu d’arrestations, en tout cas dans le cadre d’une lutte hors zones urbaines, car la présence d’un véhicule est nécessaire pour évacuer au plus vite le ou les interpellés, sans quoi ceux-ci constituent un facteur d’emmerdement maximal pour les flics, qui ont d’autres chats à fouetter dans ces moments-là. Il arrive régulièrement que des personnes maîtrisées par les flics soient relâchés peu de temps après à cause de ça. Vous avez donc mathématiquement beaucoup plus de chance d’être arrêté(e) si vous êtes sur une route ou à proximité d’une route. En tout cas, ne perdez pas de temps et profitez du premier moment de calme relatif pour gueuler franchement et plusieurs fois « libérez nos camarades » avec motivation si vous apprenez que des arrestations ont eu lieu. À tous les coups, les gens autour de vous reprendront le slogan et foutrons la pression aux flics tout en se rappelant immédiatement ce pourquoi ils sont là. Ce simple « libérez nos camarades » est une telle manifestation de solidarité que tous les cœurs en sont immédiatement réchauffés.

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Hors des charges, il y a un endroit dangereux et un moment dangereux. L’endroit dangereux, c’est juste derrière la première ligne, c’est-à-dire les quelques braves qui provoquent les flics, s’abritent derrière des boucliers improvisés et jettent des pavés ou autres. Juste là, à 10 ou 15 mètres derrière elles/eux, c’est le spot précis que vont viser les flics s’ils balancent des grenades assourdissantes, des grenades lacrymos ou s’ils tirent au flashball sans intention de faire mouche, ce qui arrive lorsqu’on à affaire à des humains, après tout. Soyez d’autant plus prudent(e) lorsque vous vous aventurez dans cette zone. Si vous remarquez un flic en train de vous pointer avec une arme, c’est un flashball, et dans ce cas-là si vous voyez qu’il ne vous lâche pas avec son canon, ne faites pas le héros/l’héroïne, reculez à plus de trente mètres (c’est à peu près la distance où le flashball cesse d’être efficace et précis) et faites vous oublier quelques minutes. Si vous entendez les lacrymos (pop-pschiiiiiiit), levez la tête et éloignez vous du point de chute, ça peut brûler. Mieux vaut être bien couvert et avoir le visage propre, cela diminuera l’effet des gaz. Sachez également que ceux-ci peuvent occasionner des dommages irréversibles à l’appareil respiratoire et digestif, bien que ce soit rarement le cas dans des espaces ouverts. Évitez-les donc un maximum. Si une grenade tombée à proximité n’explose pas tout de suite, courrez, c’est peut-être une grenade assourdissante. Vous pouvez essayer de renvoyer les grenades, mais utilisez de préférence une raquette pour ça et ne vous précipitez pas trop : il est possible de prendre une grenade à éclats pour une grenade lacrymo dans le feu de l’action, et votre main ou votre pied s’en souviendrait, vos oreilles aussi. Dans tous les cas, ne paniquez pas : même à moins de 5 mètres du point de chute d’une lacrymo, du moment que le vent ne pousse pas le nuage dans votre direction et n’est pas trop changeant ni trop faible, vous êtes tranquille pendant un moment avant de commencer à sentir les gaz, le temps qu’ils se dispersent. Cependant, restez proche du groupe car c’est au moment où ces foutues grenades tombent ou que les flics chargent que vous êtes le plus susceptible d’être lâché(e) par les autres. N’ayez jamais une trop grande confiance dans le courage de vos camarades, c’est le meilleur moyen d’être arrêté bêtement. C’est triste à dire, mais réaliste. Jaugez tout le temps l’état d’esprit et des flics et des vôtres, et modelez votre conduite là-dessus. Méfiez-vous de l’esprit de troupeau qui fait parfois rester groupés à des endroits dangereux pour tout le monde, sachez prendre du recul sur les événements. Pour en revenir aux gaz, leur effet semble être cumulatif, c’est-à-dire qu’on peut en prendre une bonne grosse bouffée et ne pas trop en sentir les effets, et être vraiment indisposé un peu plus tard par seulement de petites quantités résiduelles, bien après la chute des grenades. Ce qui fait qu’il est important dès le départ de contourner le gros du nuage, pour pouvoir ensuite supporter des quantités plus faibles pendant plus longtemps. Il ne sert à rien de supporter stoïquement le gaz pendant que tout le monde fuit, pour ensuite être hors-combat à la moindre approche d’un nuage. Lorsque les gaz sont utilisés massivement, c’est quelque chose qu’il faut garder à l’esprit, en même temps qu’il faut toujours se placer par rapport au sens du vent, lorsque c’est possible.

Le moment le plus dangereux, c’est lorsque les flics se replient, car c’est dans ces instants qu’ils sont les plus vulnérables, et ils le savent. C’est le temps pour eux d’envoyer le bouquet final, de vider les chargeurs et la peur peut alors les rendre plus agressifs et moins disciplinés. Ils auront alors la gâchette facile et auront plus souvent recours aux tirs tendus. C’est aussi le moment où le courage renaît dans nos rangs, incitant bon nombre de gens à prendre des risques supplémentaires. C’est souvent un moment très marrant, voire grisant, mais évitez tout de même d’être la dernière victime du peloton. N’oubliez pas : il y a toujours un moyen approprié selon le moment d’être efficace contre les flics sans prendre beaucoup de risques, à vous de le trouver. Soyez toujours conscient que si vous avez peu de chance de sympathiser avec l’ennemi, peu de flics souhaitent faire autre chose que leur boulot et aller au delà des ordres directs en faisant du zèle. C’est avec leur trop grande discipline la grande faiblesse des forces de l’ordre, celle qui devrait vous inciter à ne pas vous laisser intimider. Au contraire, intimidez-les à votre tour, ça mange pas de pain comme on dit. C’est frappant de constater leur peu d’efficacité vu tous les moyens dont ils disposent. On a vu lors d’une énième opération de dégagement de route, lorsque la lutte s’est déplacée dans les champs autour un guerrier viking défier avec courage, que dis-je, avec une témérité insensée les flics qui venaient de nous repousser plus loin dans le champ. Avec son casque à cornes et son épée en plastique il a carrément chargé tout seul 2-3 flics un peu isolés, et les a fait reculer (!). La vidéo a été publiée sur le web. Le guerrier en question ne devait même pas mesurer 1m70, et n’avait rien d’un monstre… C’est une belle leçon d’audace et d’humour qu’il nous a donné, en tout cas. Sortez de votre tête l’image des guerriers invincibles et surentraînés ayant tout prévu que beaucoup associent aux gardes mobiles. Lorsqu’on leur laisse l’initiative, leurs tactiques sont excellentes, mais dès qu’ils font face à une résistance déterminée ils temporisent immédiatement, car eux non plus ne souhaitent pas le corps à corps ni faire de martyrs. Ils ne faut ni les sous-estimer ni les surestimer ; la légitimité, le courage sont de notre côté, et eux le savent, quoiqu’ils en disent, ce qui abaisse considérablement leur moral. Ainsi avons-nous souvent affaire à de simples pions que déplacent les officiers à grand peine sur un terrain qui ne leur est pas favorable, face à des camarades qui prennent toutes sortes d’initiatives personnelles et imprévisibles, ce qui je le répète constitue notre grande force. En conséquence, la police est souvent dépassée par les événements si vous restez mobiles et réactif(ve)s. Nous ne devrions pas chercher à nous discipliner, ou adopter de tactiques communes trop prévisibles, hors celles que dicte le bon sens tel que se masquer le plus souvent possible, ne serait-ce que pour atténuer l’effet des gaz. Les flics aiment beaucoup les photos-souvenirs et les films de vacances, ils sont très souvent en train de nous filmer lorsqu’ils interviennent. Se masquer permet d’éviter à certaines personnes un peu trop motivées de se faire identifier et cibler, ou d’être reconnues comme ayant déjà participé à des actions semblables. Si vous êtes là, c’est que vous êtes solidaires avec eux, quoi qu’ils fassent et même si vous n’approuvez pas leurs méthodes. Alors masquez-vous, même et surtout si vous n’avez rien à vous reprocher. Vous pourrez toujours discuter avec les camarades ensuite si certaines choses ne vous conviennent pas.

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Définition de guérilla (source : toupie.org) :

Étymologie : de l’espagnol guerrilla, petite guerre, qui est un diminutif de guerra, guerre. Son utilisation remonte aux tactiques utilisées par les Espagnols pour lutter contre le régime imposé par Napoléon Bonaparte au début du XIXe siècle.

Le terme “guérilla” est employé pour désigner des combats réalisés par de petits groupes menant une guerre de harcèlement, de coups de main, d’embuscades et de sabotages contre une armée régulière. Contrairement au terrorisme, elle ne vise pas les civils. Elle a pour objectif de renverser une autorité en place en la déstabilisant par des confrontations peu intense mais de longue durée. Le terme “guérilla” est plutôt réservé à des combats politiques menés par des groupes de partisans qu’à des missions militaires de commandos conduites par des corps francs (détachement d’une armée chargé d’opérations de sabotage ou de la réalisation de coups de main). Par extension, “guérilla” désigne aussi les groupes qui mettent en œuvre ce type de combats.

Caractéristiques de la guérilla :

- asymétrie des forces en présence (nombre, armement, organisation),
- effet de surprise des attaques,
- terrain d’action étendu et difficile d’accès,
- mobilité, dispersion et flexibilité des guérilleros,
- absence de ligne de front,
- un lien fort avec la la population locale.

ZAD, 7 janvier 2013

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 13:42

Ouargla : Nouvelles émeutes des chômeurs

Malgré la réouverture des axes principaux de la ville, Ouargla reste dans un calme précaire en cette fin d’après-midi.

Les restes de pneus brûlés sont visibles et la coupure du téléphone et d’Internet prouvent que la mise à feu des armoires de fibre optique a été mise à exécution du moins pour la nouvelle ville.

Ouargla a renoué avec les émeutes dévastatrices d’il y a huit ans avec une journée houleuse ou des affrontements avec les forces de l’ordre ont été enregistrés sur deux fronts, l’un sur la RN49 à l’entrée de la ville ou les héritiers de propriétaires de terrains dénoncent une expropriation illégale de la part des pouvoirs publics tandis que les chômeurs sont revenus à la charge en ce début d’année bloquant l’accès à l’avenue Che Guevara en plein cœur de Ouargla. Ces derniers réclament la mise en place d’une cellule de crise pour régler le problème de l’embauche dans le secteur pétrolier et rétablir le dialogue avec les vrais chômeurs.

Dès le matin des jeunes et moins jeunes se sont mis de concert à amasser des pierres et des pneus pour fermer les routes à la circulation requérant une prise en charge immédiate des problèmes récurrents de la mauvaise gestion du foncier urbain ainsi que l’embauche.

Des citoyens qui s’estiment peu ou pas assez pris au sérieux par les autorités locales qui, malgré les promesses datant de la dernière visite du premier ministre en novembre dernier, n’ont rien fait pour démontrer leur bonne foi.

La journée de mercredi a également connu des arrestations massives au sein des chômeurs dont Tahar Belabess, porte parole du comité de défense des droits des chômeurs qui n’a eu de cesse de mettre en garde contre une nouvelle vague de protestation après une série de sit-in et de marches pacifique ainsi que de vaines tentatives de convaincre les gestionnaires de l’ANEM à changer d’attitude envers les jeunes.

Leur presse (Houria Hadji, ElWatan.com, 2 janvier 2013)

 

DES CHÔMEURS BLOQUENT LE CENTRE-VILLE DE OUARGLA
Le volcan du Sud en éruption…

Ce ne sont pas les premières révoltes sociales du genre dans la ville. En 2011, pareilles émeutes avaient failli « embraser » tout le Sud algérien.

Et ça recommence ! Les manifestations populaires reprennent dans le Sud algérien. Plusieurs centaines de jeunes ont bloqué hier le centre-ville de Ouargla. Cette action populaire a débuté hier matin et s’est poursuivie tout au long de la journée. Les raisons de cette protesta sont encore une fois dues à la gestion de l’emploi dans cette ville pétrolière du sud du pays, a expliqué Tahar Belabès du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Cnddc). « Les routes ont été coupées à la circulation et la majorité des magasins et cafés sont actuellement fermés. Nous revendiquons le départ de tous les responsables locaux du secteur de l’emploi et même celui du ministre Tayeb Louh », a-t-il précisé. « Nous demandons au gouvernement la mise en place d’une cellule de crise pour instaurer le dialogue avec les chômeurs », a-t-il ajouté. Ouargla est donc sur une poudrière qui risque d’exploser.

Et ce ne sont pas les premières révoltes sociales du genre dans la wilaya la plus riche d’Algérie. En 2011, de pareilles émeutes ont failli « embraser » le Sud algérien en général et Ouargla en particulier. Cette ville pétrolière a connu de violents affrontements à coups de pierres et de bombes lacrymogènes entre les chômeurs et les forces de l’ordre. Ces affrontements, qui ont duré plusieurs jours, ont été causés par des dysfonctionnements dans le pôle emploi de la région.

Les jeunes de la ville s’étaient mobilisés contre le chômage qui les touche de plein fouet au moment où les entreprises activant sur place ramènent la main-d’œuvre des villes du nord du pays. C’est alors que les autorités avaient pris des mesures exceptionnelles pour éviter l’irréparable. Mais il semble que ces réformes, censées ramener le calme, n’ont servi à rien. Trois ans après, revoilà les émeutes de l’emploi qui perturbent la sérénité de cette ville du Sud. Depuis ces dernières années les causes du mécontentement se sont multipliées et les populations du Sud, habituellement sereines et calmes, l’expriment de manière éclatante. Ainsi, le Grand-Sud a connu, l’été dernier, les émeutes de l’électricité.

Biskra, Ouargla, El Oued et Adrar ont été les précurseurs des émeutes de l’électricité qui s’étaient propagées par la suite aux autres régions du pays. Cette région autrement sensible et stratégique, qui est le Sud se retrouve encore une fois en … feu. Voilà donc le sud qui souffle sur le feu.

La stabilité sociale du Sud est le seul moyen d’empêcher l’explosion de cette poudrière… Les autorités doivent sauver le Sud pour ne pas perdre le « Nord » !

Leur presse (Walid Aït Saïd, LExpressiondz.com, 3 janvier 2013)

 

Ouargla : affrontements entre manifestants et policiers

Le centre-ville de Ouargla a été durement secoué, hier, par de violents affrontements entre les forces du maintien de l’ordre et des manifestants venus réclamer du travail.

Rassemblés dès la matinée au niveau du carrefour principal de la ville, les manifestants, des chômeurs venus des quatre coins de la wilaya, ont été encerclés par les forces antiémeute. « Au fil des heures, la tension était palpable. Et le ton est monté entre certains protestataires et des policiers et tout s’est embrasé », raconte un riverain. Les affrontements entre protestataires et policiers ont commencé en milieu de journée et ont duré plusieurs heures. Les forces de l’ordre ont usé de gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Mais les échauffourées ont vite gagné les quartiers limitrophes du centre-ville, ajoute notre source. Plusieurs protestataires ont été arrêtés et conduits au commissariat de la ville. Parmi eux Tahar Belabès, porte-parole du comité local de défense des droits des chômeurs. Contacté par nos soins, M. Belabès a affirmé être retenu au commissariat avec quelques autres dizaines de manifestants. « Je ne sais pas si on va nous libérer ou nous retenir pour nous déférer directement devant le procureur demain. Tout ce que je peux vous dire pour le moment, c’est que nous sommes au commissariat », nous a-t-il indiqué.

Le centre-ville n’a retrouvé son calme qu’en fin d’après-midi. La ville de Ouargla a connu plusieurs manifestations de chômeurs ces dernières années. Ces affrontements reflètent le ras-le-bol des chômeurs de la région, qui se sentent floués par le gouvernement qui leur a promis une prise en charge rapide de leurs problèmes, en vain. La tension qui régnait hier dans la ville de Ouargla n’augure rien de bon pour les jours à venir. À moins que le gouvernement Sellal ne décide d’agir vite pour désamorcer la situation. Ouargla compte plus de 200’000 habitants ; le taux de chômage officiel y est de 9,4%. Mais les jeunes sont en grande majorité sans emploi. D’où ces protestations récurrentes pour réclamer du travail dans cette grande wilaya qui regorge de ressources pétrolières.

Leur presse (Mokrane Ait Ouarabi, ElWatan.com, 3 janvier 2013)

 

ÉMEUTES ET MANIFESTATIONS RÉAPPARAISSENT
Une fin d’année mouvementée à Tiaret et Ouargla

Les demandeurs de logement et les chômeurs tentent de se faire entendre en sortant dans la rue.

Les mouvements de protestation nourris par des revendications sociales font leur réapparition dans certaines villes. À Tiaret, ce sont des centaines de citoyens qui se sont rassemblées lundi dernier [31 décembre] pour réclamer des logements. C’est le deuxième jour consécutif de ce mouvement de protestation qui a eu lieu devant le siège de la daïra, situé place Regina, en plein cœur de la ville.

Les forces antiémeutes ont tenté de disperser les manifestants composés d’hommes et de femmes accompagnés de leurs enfants. Sur place, ils ont réclamé une audience auprès du chef de daïra pour appuyer leur demande consistant en l’obtention de logements. Les fonctionnaires ont fait savoir que le chef de daïra se trouvait en congé.

Le mouvement s’est tout de même poursuivi et les manifestants ont fermé la trémie située près de la résidence du wali. La circulation s’en est trouvée perturbée et les automobilistes ont été obligés d’emprunter d’autres voies, ce qui a provoqué des encombrements importants. Les manifestants dénoncent aussi le fait qu’aucun responsable de la ville ne les ait rencontrés.

Des chefs de familles déclarent qu’ils attendent un toit décent depuis 16 ans. Le logement n’est pas la seule cause d’attroupement des populations. L’emploi en est une autre. À Ouargla, des chômeurs ont manifesté devant le siège de l’Agence nationale de l’emploi et réclament le départ de son directeur. Ils étaient plusieurs dizaines à bloquer, dès la matinée de lundi dernier, la route menant au nouveau siège de l’Agence de la wilaya de Ouargla.

Selon Tahar Belabès, membre du Comité national pour la défense des droits des chômeurs, l’ouverture d’une enquête est inévitable. Selon lui, les chômeurs réclament le départ des responsables de l’agence dont le premier, le directeur régional. Le directeur de wilaya est aussi dans le collimateur des manifestants. Ces personnes sont soupçonnées d’accorder des emplois de façon illégale et sans se conformer aux procédures prévues. Là aussi, la police est intervenue pour rétablir l’ordre, mais le problème reste entier.

En effet, les jeunes protestent depuis une semaine. Ils ont été reçus par le wali de Ouargla dimanche dernier. Leurs espoirs ont vite été déçus. Le wali avoue son incapacité à régler le conflit étant donné que l’agence ne relève pas de son autorité. C’est suffisant pour provoquer le courroux des chômeurs. Il est annoncé que de grandes manifestations auront lieu aujourd’hui à Ouargla. Comme d’habitude dans pareils cas, la paralysie de la circulation risque d’être totale. (…)

Leur presse (Ahmed Mesbah, LExpressiondz.com, 2 janvier 2013)

 

[5 décembre 2012] Ouargla : Des centaines de chômeurs protestent contre la Hogra

Des centaines de chômeurs dénonçant la Hogra ont recouru à la rue hier à Ouargla pour dénoncer la non-tenue des promesses d’embauche faites par Abdelmalek Sellal. Ils étaient nombreux à répondre activement à l’appel du comité local des chômeurs pour une marche pacifique et un rassemblement devant le siège de la wilaya. Les chômeurs ont ainsi vivement interpellé le wali d’Ouargla en lui rappelant les promesses du Premier ministre qui attendent d’être concrétisées sur le terrain. Les protestataires revendiquent des quotas d’embauche dans le secteur pétrolier. « Une revendication à laquelle a répondu favorablement le gouvernement sans pour autant prendre des mesures concrètes sur le terrain », dénoncent les manifestants qui se sentent « trahis ». Par leur action de protestation, qui n’est ni la première ni la dernière du genre, les protestataires veulent obtenir « un signal politique fort » de la part du gouvernement Sellal. Un mini-conseil interministériel a été tenu au début du mois de novembre en présence de représentants de la société civile pour trouver des solutions raisonnables au problème posé par les chômeurs, de plus en plus nombreux dans cette région riche en or noir.

Leur presse (Reflexiondz.net, 6 décembre 2012)

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES

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