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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 11:12
« Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais me brûler à Pôle emploi. »

Djamal Chaar, Nantes, février 2013.

Djamal Chaar est mort. Il s’est immolé par le feu mercredi 13 février 2013 face à un Pôle Emploi, à Nantes. Deux jours après, un autre chômeur tentait de se donner publiquement la mort à Saint-Ouen et un autre encore quelques jours plus tard dans un Pôle emploi de Bois-Colombes. Déjà, l’été précédent, un homme était mort après s’être immolé à la CAF de Mantes-la Jolie. À l’époque, la ministre des affaires sociales et de la santé, avait « fait part de sa profonde émotion face à cet acte désespéré d’une personne que les difficultés de la vie ont manifestement conduit à un geste tragique». La ministre déléguée chargée de la lutte contre l’exclusion avait ajouté qu’« en première ligne face à ces difficultés sociales, le personnel de la CAF a rempli sa mission avec sérieux et compétence ».

Au lendemain de la mort de Djamal Chaar, le président de la République évoquera avant tout le caractère « exemplaire » du « service public de l’emploi ». Les réactions publiques, comme à chaque fois, qualifient le geste de « drame personnel », on exprime à peu de frais son émotion tout en cherchant à déresponsabiliser l’institution. Une cellule psychologique est créée pour les agents, le sale boulot de gestion de la précarité peut reprendre. Et si quelques voix s’élèvent pour faire du mort une victime, ces discours participent d’un consensus qui recouvre la dimension politique de ce qui a eu lieu.

La veille de son immolation, Djamal Chaar écrit : « J’ai travaillé 720h et la loi, c’est 610h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier ». Le ministre du travail et du dialogue social répondra : «Les règles ont été appliquées avec l’humanité qui convient, avec les explications nécessaires, mais il y a parfois des moments où on est dans une telle situation, qu’on ne comprend plus les explications ».

L’humanité qui convient. Quiconque a affaire à Pôle emploi ou à la CAF sait ce dont il s’agit. C’est l’Etat qui remet à un agent le soin de décider des moyens de subsistance d’un autre humain. Ce sont des calculs comptables qui font oublier les vies derrière les chiffres. Ce sont des règles d’indemnisation opaques, arbitraires, rarement explicitées et qui excluent plus de la moitié des chômeurs de l’allocation. C’est le mépris et le soupçon avec lesquels on traite quiconque dépend d’une institution pour ses revenus. C’est transformer les droits sociaux en dettes individuelles et réduire par-là tout horizon, toute capacité à se projeter.

L’humanité qui convient, c’est nous culpabiliser de n’avoir pas d’emploi dans cette société-là et nous forcer à jouer le jeu. C’est une logique qui transpire partout. Elle s’impose aussi à nous dans l’entreprise où chacun est contraint à grand coups de management de s’impliquer personnellement, de se réaliser en tant que capital humain, de faire corps avec son travail aussi indésirable soit-il.

Djamal Chaar a décidé de ne pas faire le grand saut dans le noir en silence. Nous ne pouvons accepter comme un « accident de parcours » l’acte d’un homme qui a décidé de mourir en accusant. S’obliger à  parler. Dire que l’institution tue. Dire qu’il ne s’agit pas de « drames personnels ». Et si son geste nous renvoie à nous-mêmes, à nos solitudes et nos découragements, il nous renvoie aussi à la nécessité de s’attaquer à cette violence qui nous est faite. Dans l’entraide et la solidarité, que nous éprouvons par bribes au présent et que nous essayons de construire jour après jour, nous voyons un des moyens pour reprendre, ensemble, prise sur nos vies.

Des collectifs de chômeurs et précaires réunis en coordination.

CAFCA Ariège, CCPL Lille, Exploités-Énervés Cévennes, CAFards de Montreuil, La C.R.I.S.E à Nancy,
Permanence Précarité CIP-IDF, CNT-UL Chelles & Marne-la-vallée, Réseau Stop Précarité.

Avril, 2013.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 11:09

TARTUFFE: «Couvrez ce sein que je ne saurais voir. Par de pareils objets les âmes sont blessées, et cela fait venir de coupables pensées.»
DORINE: «Vous êtes donc bien tendre à la tentation, et la chair sur vos sens fait grande impression! Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte. Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte, et je vous verrais nu du haut jusques en bas, que toute votre peau ne me tenterait pas.»

Molière

C'est donc du point de vue de Dorine plutôt que de celui de Tartuffe que part ma modeste réflexion sur le piètre article de Mona Chollet, Femen partout, féminisme nulle part, paru le 12 mars 2013 dans Le Monde diplomatique et qui se répand comme une trainée de poudre à travers de nombreux médias traditionnels et sociaux.

Non pas que les problèmes relevés par les détracteurs des Femen ne soient pas pertinents, mais c'est que, alignés les uns à la suite des autres sans aucune pensée critique ou objectivité journalistique de la part de l'auteure, cet article est entièrement à charge contre les Femen, jugées coupables de tout d'un bout à l'autre. Pour Mme Chollet, ce mouvement Femen ne serait qu'une ombre portée sur ces «femmes habillées» qui luttent pour leurs droits, un spectacle quasiment dégoûtant qui se conformerait et valoriserait les «critères dominants de jeunesse, de minceur, de beauté et de fermeté» et qui s'inclinerait devant la domination masculine à travers un discours creux, voire désastreux car antiféministe. Sans trop la paraphraser, les militantes Femen ne sont que des bimbos minces et blondes, commercialisables, surtout très «sottes», qui «soupirent» lorsqu'on leur demande d'écrire un véritable discours! C'est rare de lire un texte aussi méprisant. Mme Cholet semble avoir trouvé un coupable au peu d'engouement populaire actuel pour le féminisme et à la situation catastrophique des femmes dans le monde: les Femen!

Comme le pense une autre journaliste, Martine Gozlan, la vive réaction contre les Femen n'est pas uniquement une histoire de gens peu éduqués: les gestes des Femen ont eu le génie de «débusquer les blocages terribles des conservateurs comme de ceux qui se disent émancipés», même parmi les féministes. Que reste-t-il de la révolution sexuelle et du formidable essor du féminisme en occident dans les années 60-70? Peu ou pas grand chose lorsqu'on regarde d'assez près la condition actuelle des femmes dans le monde!

Le billet de Jean-François Mauger se poursuit après la galerie

Féminisme: des suffragettes aux Femen
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Tartuffe contre Dorine, deux compréhensions du mouvement Femen qui s'opposent

La première consiste à voir à travers ces seins nus un symbole de la féminité, mais surtout reliée à la marchandisation de la nudité féminine, au marché de la pornographie, à une image servile, dégradante et réductrice de la femme. Qu'on le veuille ou non, cette perception, même si elle est partagée par les femmes, n'en est pas moins une vision limitée résultant de la domination masculine... qu'une femme, qu'une poitrine de femme ne peut être autre chose qu'une matière commercialisable pour homme libidineux, qu'un homme, comme une femme, ne peut y voir que cela. Certes, c'est la vision que la plupart des médias partagent ou entretiennent et une technique de communication qu'ils utilisent sciemment pour attirer l'œil de votre pervers de mari mesdames, mais devons-nous pour autant, afin de lutter contre cela, comme Tartuffe, cacher ces seins qu'ils ne sauraient voir?

La seconde consiste à voir à travers l'image de ces seins le symbole de la féminité, mais cette fois-ci en tant que symbole de l'émancipation du corps des femmes, de leur droit d'en disposer à leur guise, sexuellement aussi, sans que cela soit dicté par un homme, ou en s'en servant comme étendard pour y inscrire leurs revendications! Il y a beaucoup de pudibonderie et d'hypocrisie autour de la dénonciation de cette nudité... Voir des seins de femme, trop souvent molestés par les opposants à ce mouvement, sur lesquelles est écrit «Non à l'esclavage des femmes!»: ça excite qui au juste mis à par les cochons impénitents et ça énerve qui mis à part les religieux et les pudibonds? Posons-nous personnellement la question avant de nous demander ce que notre pervers de voisin en penserait, émancipons-nous aussi de ce regard... Comme Dorine, je ne pense pas que nous sommes tous prompts à la convoitise sexuelle et n'en déplaise à Mme Chollet, ceci est une vision féministe... En d'autres termes, tous les hommes ne sont pas sexistes et toutes les femmes, consciemment ou non, ne sont pas exemptes de ce genre de regard et d'attitude envers les autres femmes qui sont regardées par les hommes...

Un féminisme radical et transgressif

Contrairement à ce que laisse penser Mme Chollet qui se permet de juger ce qui fait partie ou non du féminisme, ce dernier n'est pas un bloc monolithique qui détiendrait un large consensus de la part des femmes. Les Femen en sont une version radicale compte tenu de l'urgence de la situation et, au grand regret de Mme Chollet, si elles ne sont pas des «Grandes femmes de plumes», elles sont des femmes d'actions qui, je la rassure, savent lire, réfléchir et même écrire, ce qu'elle aurait pu savoir en faisant correctement son travail de journaliste au lieu d'écrire un paragraphe entier sur leur supposé illettrisme - voir Femenle livre.

Au commencement, en 2008, les Femen dénonçaient la prostitution forcée, violente, massive et mafieuse qui s'opérait dans leur pays, l'Ukraine. Leurs premiers objectifs étaient donc de promouvoir les droits des femmes et d'alerter la population à chaque fois que ceux-ci étaient bafoués. Très vite ce mouvement a dépassé les frontières de l'Ukraine et les Femen luttent maintenant aussi pour d'autres causes en faveur de la démocratie et des droits humains (notamment pour la liberté de la presse et contre la corruption, la pauvreté, la violence conjugale ou encore des formes de discriminations telles que le sexisme, le racisme ou l'homophobie), mais, surtout, elle remettent en cause la place des religions dans nos sociétés, qui véhiculent et institutionnalisent ouvertement des valeurs misogynes et certains comportements qui peuvent s'avérer être mortels pour les femmes. Outre le fait d'exposer leurs slogans sur leurs seins nus, elles brulent des drapeaux islamiques, tronçonnent des croix chrétiennes en bois - symbole selon elles de l'oppression millénaire de l'église catholique sur les femmes -ou encore habillées en nonnes, elles aspergent les extrémistes catholiques de liquide blanc à l'aide de contenants sur lesquels est écrit «sperme». Radicales et transgressives, elles sont prêtes à tout sauf à la violence sur autrui car leur consigne est «de ne jamais rendre un coup»! Elles s'en prennent aux symboles religieux ou machistes à la différence de leurs adversaires qui portent directement atteinte à leur intégrité physique.

Toute la philosophie d'action des Femen se résume et se justifie à travers ces quelques mots: la nécessité fait loi - ou encore, la fin justifie les moyens - un besoin extrême peut justifier le fait qu'on passe outre les obligations conventionnelles, les lois, généralement établies par les hommes et, a fortiori, les religieux. La condition des femmes dans le monde est à ce point désastreuse qu'il n'est plus question pour elles que la voix des femmes soit muselée, si peu entendue ou si peu prise en compte. Certes, les réalités sont multiples dans nos sociétés, mais il y en a une qui est particulièrement écrasante: la domination des institutions gouvernementales et religieuses, des médias et des grandes entreprises par les hommes. Bref, tout ce qui nourrit et influence essentiellement les valeurs de nos sociétés... Les Femen utilisent bel et bien les médias pour exister dans ce monde tel qu'il est, à défaut d'être simplement oubliées, écartées des débats, dans le seul et unique but de parler au nom de celles que la mise au silence tue chaque jour. Nous serons quasiment tous d'accord pour dire que sans l'exposition de leurs poitrines aux médias, leur mouvement n'aurait pas la force qu'il a aujourd'hui. La faute à qui?

Une paire de seins comme symbole et moyen de communication: une nudité problématique, mais pas ambigüe

Cela ne trompe personne, les Femen utilisent sciemment leur nudité pour faite entendre leur cri païen. On pourrait alors leur reprocher d'utiliser le pouvoir traditionnellement associé à leur sexe - celui de manipuler les hommes, comme les médias dont ces derniers sont les principaux propriétaires, à travers leurs seuls attributs sexuels - plutôt que de chercher à sortir de cette dynamique. Force est de constater que les marges de manœuvre des femmes sont bien plus limitées que celles des hommes qui s'octroient généralement toute la légitimité intellectuelle et le pouvoir de décision - ce phénomène est particulièrement flagrant dans les pays machistes et, plus encore, religieux. Dès lors, il ne faut pas s'étonner ou encore moins être choqué si «les femmes développent des outils militants sexués en rapport avec la place qu'on leur attribue» comme le souligne Ophélie Rillon. C'est un moyen pour elles de sortir de leurs rôles de mère nourricière et de femme objet - souvent abusée -, de sortir de la sphère domestique pour aller vers le politique et forcer les hommes non seulement à les écouter mais aussi à les considérer.

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Les Femen à Davos en Suisse
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Avons-nous déjà oublié les manifestations de femmes seins nus - ou carrément nues - qui ont eu lieu dans de nombreux pays dans les années 60 en Occident lors de la révolution sexuelle et leurs messages sur leur corps? Ces dernières réclamaient leur émancipation sexuelle, et ce, contre l'ordre bourgeois et patriarcal qui les maintenait dans leur cuisine sans mot dire et qui les rendait entièrement dépendantes de leurs maris. Ou encore ces femmes africaines maintes fois dans la rue seins nus au cours de l'histoire? «Parce qu'elles sont indignées, des femmes africaines n'hésitent ni à choquer ni à défier les autorités en exhibant une partie de leur corps. N'est-ce pas l'un des principes-phares des happening organisés par le mouvement des Femen à travers le monde?», comme le rappelle Nadéra Bouazza.

D'autres leur reprocheront de vendre le féminisme comme un produit de consommation - a-t-on reproché à Greenpeace de vendre l'écologie comme un produit de consommation pour subventionner leurs actions? - ou comme le dit la sociologue Tetyana Bureychak, de faire la promotion «de ce contre quoi on combat, lorsqu'elles protestent contre le tourisme sexuel en se déguisant en prostituées». Si le fait de s'exposer de la sorte peut tout à fait être jugé paradoxal, il ne faudrait pas pour autant être de mauvaise foi en détachant leur posture - et leurs seins - du message qui lui est intimement relié et qui enlève définitivement à cette nudité toute ambigüité. Si elles exhibent leurs seins, elles en détournent le sens et le but qu'on leur attribue habituellement: ce n'est pas pour vendre du yaourt, des magazines ou pour promouvoir la pornographie, mais au contraire pour dénoncer sans détour l'utilisation scabreuse que certains hommes font de l'image de la femme, voire, plus immonde, du corps des femmes. Comme le souligne la journaliste Mylène Wascowiski, les Femen sont «parvenues à tourner ce que certains hommes peuvent considérer comme un fantasme à leur avantage».

Qu'on se le dise, la nudité n'est pas qu'une expression d'une sexualité commercialisable, mais également de la simplicité, du naturel, de la liberté et, en ce qui concerne les Femen, de la vulnérabilité physique des femmes face à la violence de certains hommes. Pour Geneviève Fraisse, philosophe et historienne de la pensée féministe, le groupe des Femen produit «un nouveau discours, global», qui «s'inscrit parfaitement dans la tradition féministe» et où «la nudité a plutôt rapport avec la vérité. On dit dévoiler la vérité, en philosophie...».

Enfin, face à ces horreurs commises contre les femmes, réfléchissons un peu et demandons-nous aussi quel symbole autre qu'une paire de seins les Femen auraient pu utiliser pour prôner la pleine réappropriation de leur corps et de leur sexualité dans cette situation: Une fleur? Une colombe rose ou - plus conventionnel - un tablier et une poêle? Certains diront peut-être qu'elles manquent d'imagination... c'est discutable! Une chose est sûre: les Femen sont jeunes, elles jouent plus facilement avec les médias et sont moins perturbées par l'effet paradoxal de l'image que ces derniers véhiculent d'elles que nous pouvons l'être...

Coupables d'êtres belles et minces?

Les fondatrices des Femen sont belles et minces, que peut-on faire contre cela? Auraient-elles dû se fracasser le visage sur un mur, ne surtout pas se maquiller et se gaver de McDonald pendant des mois avant de prendre la parole? Qu'elles utilisent les stéréotypes de beauté pour parvenir à leurs fins, c'est leur moyen d'action, mais ça ne prend que quelques secondes de navigation sur Internet pour constater que les manifestantes de Femen ont différentes silhouettes. Ce que montrent les «journalistes» de leurs manifestations ne correspond pas à la réalité, si les gens se contentent d'avaler les informations des «gros médias machistes» sans prendre le temps de se renseigner correctement, elles n'en sont pas responsables! Avant de leur faire un procès d'intention, a-t-on un seul témoignage de femme qui aurait été exclue des Femen à cause de sa physionomie? Non! Il est certain aussi que les femmes moins complexées par les dictats de la mode soient moins réfractaires à se dénuder que les autres...

Certes, les Femen s'aliènent certaines femmes, mais il faut être courageuse pour faire partie des Femen: assumer les idées de ce mouvement, mais aussi assumer son corps de femme, quel qu'il soit, radicalement (voir photos)! Afin de contredire cette image pour le coup vraiment réductrice de leur mouvement, les Femen ne cessent d'appeler les femmes plus complexées à se libérer de l'image que les hommes attendent d'elles, cela fait partie intégrante de leur message comme le souligne Anna Houtsol, l'une des fondatrices du mouvement : «Il n'y a pas de critère de beauté pour intégrer les Femen. En russe, belle signifie plutôt ''rayonnante'', ''pleine de vie''». Ajoutons qu'elles ne forcent pas non plus toutes les manifestantes ou les supportrices à montrer leurs seins.

De la provocation gratuite et inutile?

Certain(e)s auront l'outrecuidance de dire que les Femen font ce qu'elles font dans l'unique but de faire parler d'elles - par besoin d'attention ou, pire, par plaisir - alors qu'elles risquent leur vie compte tenu des coups qui leurs sont portés lors de leurs manifestations, des séjours en prison ou des épouvantables séances de tortures que certaines d'entre elles ont dû subir, comme enBiélorussie par exemple.

Dernièrement, une pétition pour sauver Amina, la première Femen tunisienne, vient d'être créée. Pour avoir mis une photographie d'elle seins nus sur Facebook, cette jeune femme a été enlevée par sa famille, frappée par son cousin, placée dans un hôpital psychiatrique, fortement médicamentée et demeure depuis séquestrée chez ses parents après sa condamnation à mort par les fanatiques religieux. Voilà à peu près ce qu'il en coûte à ces femmes d'avoir transgressé les lois et les traditions - masculines - qui régissent la nudité et de n'avoir pas respecté «leur» culture.

LIRE AUSSI: Pourquoi ont-ils peur de FEMEN?
D'autres diront qu'elles ne font qu'attiser la haine et qu'elles ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes! Devrais-je rappeler qu'il n'y a pas de fumée sans feu et que le mouvement des Femenest né de la violence, de celle faite aux femmes. Loin de moi l'idée d'inciter à répondre à la violence par la violence, mais il faut comprendre que dire que ces femmes attisent la haine, c'est accepter implicitement que ce qu'elles font est mal - qu'elles ne disposent pas de leur corps librement - et reconnaître les valeurs et l'autorité des extrémistes religieux, les limites qu'ils imposent souvent violemment aux femmes (comme aux hommes). En d'autres mots, c'est maintenir ces femmes sous le régime de la terreur sous prétexte de ne pas vouloir déranger ces monstres ou de ne pas vouloir les exciter...

Irrespectueuses les Femen? Essayez donc de comprendre la notion de respect que partagent ces hommes (et certaines femmes) et vous serez pris d'un vertige mortel! Regardez donc quelques unes des milliers de vidéos de violences faites aux femmes comme celle de Najiba, 22 ans, exécutée car soupçonnée d'adultère en Afghanistan ou encore écoutez les commentaires des femmes de la maison qui cautionnent les actes violents de leurs maris après que l'un d'eux ait coupé le nez de sa femme parce qu'elle ne se comportait pas comme il le désirait.

Les images du Topless Jihad Day des Femen 
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Qu'est-ce qui est vraiment le plus provocant: les propos de ces hommes qui, en groupe, ont violé cette jeune femme dans un bus en Inde prétextant qu'elle n'était pas assez vêtue ou l'image des seins des Femen qu'elles adressent aux religieux névrosés qui veulent couvrir le désir que génère sur eux le corps d'une belle femme? Les Femen se servent de l'image de leurs seins pour leur rappeler leur bestialité! Il n'y a aucune ambiguïté dans leur message!

Les Femen font-elles de l'ombre aux femmes habillées? Ne soyons pas aveugles, le traitement réservé aux femmes rebelles est le même: que ce soit les Femen aux seins nus qui se font frapper le visage à coup de pieds dans les rues de Paris alors qu'elles s'opposent aux groupes chrétiens d'extrême droite lors de la manifestation contre le mariage gay ou que ce soit ces femmes afghanes voilées qui se font également tabasser et lancer des pierres pour avoir osé manifester en 2009 contre une loi qui «légalise le viol d'une femme par son mari». La vérité, c'est que les médias parlent abondamment des premières et très peu des secondes... Si les actions des Femen peuvent être discutables, elles auront au moins l'avantage de montrer à quel point ces hommes, à la vue de tout le monde et sous les projecteurs des médias, sans aucune gêne, sont de véritables monstres. Il semblerait que la violence contre les femmes - habituellement contenue derrière les murs de leurs maisons - se montre désormais dans les rues. Mais, comme Meriam, les Femen ont la ferme intention de ne pas se plier devant leurs persécuteurs et ne se laisseront pas rattraper par la peur, car la peur, elles la vivent déjà au quotidien : «Je connais les risques d'être une Femen! Je savais qu'en m'engageant, j'aurais des problèmes ! Pour l'instant, je ne reçois que des insultes et des menaces... Vous savez ça ne change pas vraiment de celles qu'on me lançait lorsque j'étais à Kasserine ou à Monastir.»

La situation catastrophique des femmes dans le monde ou l'échec d'un féminisme «conventionnel»

Aurions-nous l'inconscience de dire comme la sociologue ukrainienne Tetyana Bureychak que «cette manière de défiler seins nus est beaucoup plus choquante que les pratiques que les manifestantes sont censées dénoncer»? Vu d'ici, du Québec, où la condition des femmes s'améliore lentement, il est presque «normal» que les actions des Femen soient perçues comme excessives, mais cet «excès» n'en est plus un si on observe la situation des femmes dans le monde qui est littéralement catastrophique comme nous le rappelle une récente enquête de l'ONU: « jusqu'à 70 % des femmes sont victimes de la violence au cours de leur vie. Selon les données de la Banque mondiale, le viol et la violence conjugale représentent un risque plus grand pour une femme âgée de 15 à 44 ans, que le cancer, les accidents de la route, la guerre et le paludisme réunis. (...) Entre 500 000 et 2 millions de personnes font l'objet de traite tous les ans à des fins de prostitution, de travail forcé, d'esclavage ou de servitude, selon les estimations.

Les femmes et les filles représentent près de 80 % des victimes découvertes

Malgré des avancées certaines, globalement, le féminisme comme la laïcité est en recul constant à travers le monde, les femmes voilées n'ont jamais été aussi nombreuses depuis ces dernières années. Nos gouvernements ressemblent de plus en plus à des parodies de démocratie, pour ne pas dire que certains, comme la Russie, ne sont plus que d'immenses dictatures. Et là où la démocratie recule, les droits des femmes reculent d'abord et plus encore que ceux des hommes. Pas un jour ne passe sans que nous n'apprenions le terrible sort réservé aux femmes : une pauvreté plus accrue que celles des hommes, la prostitution forcée, les mariages forcés et les mutilations, les viols, les lapidations et les meurtres sont autant de «sports» très virils - «d'honneur» nous dit-on - qui se multiplient sans cesse dans le monde.

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Les meilleurs et les pires pays pour les femmes selon le Forum économique Mondial
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Comme dans la plupart des pays d'Amérique Centrale et d'Amérique du Sud où la situation des femmes est alarmante et les féminicides particulièrement inquiétants, comme au Mexique où 34 000 femmes ont été assassinées pour le seul fait d'être une femme au cours des 25 dernières années.

Comme en Turquie où «sans contradiction possible, les statistiques démontrent que les violences faites aux femmes suivent la même courbe que celle de l'islamisation de la Turquie. Pendant les sept premières années du pouvoir AKP, des assassins, tous du genre masculin, ont tué quatre mille cent quatre-vingt-dix femmes dans le pays. Le nombre de victimes de féminicide se situe, pour l'année 2009, à mille cent vingt-six tuées, tandis qu'il était seulement de soixante-six, il y a neuf ans... Et la courbe n'est pas prête de décliner». Ou encore en Égypte où les femmes n'ont plus le droit de manifester sous peine d'être battues ou violées (voir vidéo).

Comme en Asie où chaque année des centaines de femmes subissent des agressions à l'acide ou au kérosène. Parfois pour simple soupçon d'adultère.

Comme en occident, en France par exemple, berceau des droits de l'homme, où une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son mari...

Bref, la liste des atrocités commises contre les femmes semble aussi insoutenable qu'interminable et couvre TOUTE la planète!

Ces «putes», ces «chiennes» ou ces «femmes maudites»!

Si vous avez encore du temps, faites donc un petit tour sur le site des Femen ou sur leurs pagesFacebook pour y lire les milliers de monstruosités écrites par tous ceux et celles pour qui la nudité est exclusivement sale, révoltante, voire satanique! La virulence abjecte des commentaires et la réaction en général aux activités des Femen est un indice certain que les Femen appuient là où ça fait mal. La preuve, comme le souligne les militantes, «que la misogynie, l'homophobie et l'intolérance que nous dénonçons continue d'exister et de sévir, en France, à Kiev, et ailleurs».

Au sein des grandes religions monothéistes, leurs plus hauts représentants n'ont de cesse de prôner l'aliénation de la femme : que ce soit les chefs musulmans extrémistes qui pensent que les hommes ont un droit de vie et de mort sur leurs femmes et qui limitent considérablement leurs libertés (interdiction de conduire, de se dévoiler, de parler à d'autres hommes, de circuler dans certains lieux, etc.), ou que ce soit les catholiques dont le nouveau pape, François, a déclaré à Buenos Aires en juin 2007: «Les femmes sont naturellement inaptes à exercer des rôles politiques. L'ordre naturel et les faits (sic) nous enseignent que l'homme est l'être politique par excellence; les Écritures nous démontrent que la femme est toujours l'appui de l'homme pensant et agissant, mais rien de plus que cela».

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 10:46

US teargas shipment arrives in Suez

A shipment of teargas canisters from the United States arrived at the Abadeya Port in Suez on Sunday, according to official documents obtained by Al-Masry Al-Youm.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/018.jpg

Five containers carrying 140,000 teargas canisters were shipped to the Interior Ministry by Aramex International, a courier service based in Alexandria.

The shipping documents stipulate that only the Egyptian government may use the canisters, and that they are forbidden to re-export the shipment or sell it to third parties.

The shipment sailed from the port of Wilmington, Pennsylvania on 14 March on board the SS Jamestown. A letter of credit was forwarded without specifying the name of the bank, and the Egyptian government paid the freight fees.

In February, Al-Masry Al-Youm reported that the Interior Ministry agreed to import the canisters for US$2.463 million (LE17.241 million), to be shipped by an Egyptian military cargo plane.

Interior Ministry spokesperson Hani Abdel Latif said that the ministry imported the grenades in order to protect state facilities.

Leur presse (Al-Masry Al-Youm via EgyptIndependent.com, 8 avril 2013)

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 10:45

Commentaire / Dernière info en provenance d’Égypte

En ce moment (mardi 9 avril 2013) l’armée essaie de forcer les conducteurs à retourner au travail, essentiellement en appelant les conducteurs à faire leur service militaire et les enrôler comme conducteurs de trains (la plupart des hommes entre 18-42 en Égypte font légalement partie de la force de réserve). Les chauffeurs en grève ont fait une déclaration selon laquelle ils ne se conformera pas et ne retourneront pas au travail.

Ce matin, l’armée a essayé de faire pression sur les travailleurs en grève pour retourner au travail en mettant l’armée en état de mobilisation et donc les travailleurs devraient soit retourner au travail ou faire face à un procès militaire.
Après cet échec et que les travailleurs aient refusé de retourner au travail, l’armée leur a demandé d’envoyer des représentants pour les négociations. Les travailleurs ont envoyé 90 d’entre eux pour négocier, l’armée a arrêté les représentants, et nous nous attendons à ce qu’il ait des poursuites militaires contre eux tout moment.
La grève se poursuit, mais il est soumis à une forte pression.

Des nouvelles du front

 

Egypt’s railways see biggest strike in almost 30 years

A nationwide train conductors strike continued into its second day on Monday, in protest against the “government neglect of their demands for higher salaries.”

An official source at the National Railway Authority estimated its losses at about LE4 million due to the cancellation of nearly 1,100 train trips, and giving ticket refunds to passengers.

Since the start of the strike, passengers have been lining up at ticket booths to get their money back, while transportation police forces have spread around stations to secure the facilities and calm angry crowds.

The strike was initially scheduled for 1 April but was put on hold for negotiations between a delegation of train drivers with the Transport Ministry, Labor Ministry, the National Railway Authority and the Shura Council’s Transportation Committee. The meetings broke down on Saturday evening, leading to widespread dissatisfaction among thousands of railway worker, and on Sunday morning, thousands of train conductors launched the largest such work stoppage since the historic railway strike of 1986.

The train conductors declared that they would not call off their strike until their demands are met.

The strike has paralyzed the country’s transportation lifeline, and resulted in work stoppages for all sectors of railway employees — whether they had intended to participate in the strike or not. The NRA is said to employ around 73,000 workers nationwide.

Hussein Zakariya, director of  National Railway Authority, announced “an immediate bonus to committed train drivers who are doing their job and care for the interests of the Railway Authority and ordinary citizens.”

Legal action will be taken against striking conductors, Zakariya added. The Railway Authority has made several attempts to overcome the crisis, including refunding tickets and guiding passengers to alternative means of transportation.

“Although we’ve had some limited strikes in 2008 and 2009, this is clearly the largest and longest-lasting strike of railway workers since 1986,” says a control tower worker, who wished to remain anonymous.

On Saturday, NRA officials had offered protesting train drivers a 10 percent bonus that would come into effect in May. However, this did not appease the disgruntled drivers, who had put forth a list of clear demands and grievances.

Workers are demanding bonuses according to hours of actual work per month, a realistic pay-scale according to kilometres driven, food compensation payments and eight paid days of rest per month.

“This so-called bonus would have increased our monthly wages by a meagre LE 20 to LE70. This is not what we are demanding,” says train driver Ashraf Momtaz.

“We are demanding our basic rights. We demand bonuses according to the number of hours of work and overtime work which we contribute,” he adds. “The NRA insists on paying us only 10 piasters [about 1 US cent] for each kilometer we drive. This is beyond exploitation, as the only subunit of the Egyptian pound in circulation at the moment is the 25 piaster coin.”

Momtaz adds that train drivers are demanding eight paid days of rest per month, “just like the metro conductors receive.”

While he does agree that the NRA is cash-strapped and low on resources, he attributes this financial crisis to the “corruption and mismanagement of the NRA by its authorities.”

“We could have enough money for our demands, if there a maximum wage cap was imposed on the NRA’s leaders,” he argues.

Dissatisfied drivers claimed that the top 18 railway officials are paid an aggregate of LE1.4 million pounds per month.

NRA officials could not be reached for comment to validate this figure.

Sitting next to Momtaz in the train drivers’ lockerroom at the Ramses railway station, conductor Tareq Mahmoud comments,  “Beyond our payments and holidays, we are demanding that the NRA properly maintain its tractors, carriages, machinery, train tracks, stations and railway crossings.”

“Drivers, employees and commuters alike have their lives threatened on a daily basis by the operation of these outdated and disintegrating railway networks,” Mahmoud adds. “There’s not a single train tractor which is fit for service.”

Fellow train driver Ibrahim Abdallah believes their demands can be realised by going on strike. “We’ve tried protesting and we’ve entered into repeated negotiations, to no avail.”

Abdallah adds that metro workers embarked on a strike on 14 November 2012 and within three hours were granted increased wages, and also won the dismissal of their “corrupt chief” from the metro authority.

Some conductors also demand profit-sharing, as is the case with metro workers. However, it’s unclear how this would work, as the NRA has been reporting annual losses of millions of pounds.

However, “nobody except the top administrators of the NRA are aware of how much the railways are making or losing. There is a total lack of transparency,” claims the anonymous tower control operator.

“We control workers didn’t announce our participation in today’s strike; it is only the train drivers who launched this strike action,” he adds.

As trains piled up in Cairo’s central Ramses station, the worker explains that he, along with all other sectors of railway employees were caught up in this strike whether they agreed with it or not.

“Not all train drivers were involved in this strike. We had drivers operating trains from Upper Egypt this morning, but when they arrived in Ramses they were paralyzed by other drivers’ strikes in Cairo and the Nile Delta. As a result, everything came to a standstill, including the control towers,” he points out.

“Although we did not directly involve ourselves in this strike, I still support the right to strike … If the demands of the train drivers are met, then we also want our demands to be realized. We all want improved wages and working conditions, together with safer and more secure railway networks. We will demand equity in rights, like those of the drivers,” he continues.

Authorities and the state-owned media had claimed that the Armed Forces would take over operations in case of a train drivers’ strike, but “neither the army nor the police are capable of driving or operating these trains” claims Momtaz. “We even operate the army trains for the Armed Forces.”

In March 2012, the military had operated alternate bus services during the Delta Bus workers’ strike, but they appear unable to fill the same function of strikebreaker during this railway strike.

The Railway Authority sought to find replacements for the strikers among metro conductors, but they reportedly refused out of solidarity.

Meanwhile, chaos prevailed in numerous railway stations across the country on Sunday, as virtually all railway operations came to a complete standstill. Bus and microbus stations became overburdened as throngs of stranded commuters sought other means of transport. Crowds of commuters had to struggle amongst themselves to find spaces on these buses. In Assiut, university students blocked the streets around the main train station in protest against the strike, with some demonstrators entering the station to hurl stones at the striking conductors and demanding that they get back to work.

Railway Authority officials and security authorities have threatened to fire the conductors and press criminal charges against them if they do not end the strike.

“We are aware that the country’s railways have been negatively affected by these protests. We ourselves have been affected it, and we also know that the NRA is losing millions as a result,” Momtaz states.

“But we are doing this for the sake of our rights, and for the sake of improved trains and services for all commuters. This is our last resort, as we have exhausted all other means of negotiations with the NRA.”

Leur presse (Jano Charbel, MENA via EgyptIndependent.com, 8 avril 2013)

Jano Charbel est un journaliste du travail au Caire qui se définit comme anarcho-syndicaliste [NdJL].

 

Students protest against train strike in Assiut

Dozens of Assiut and Al-Azhar University students blocked the roads in front of the Assiut train station on Monday, protesting against the train conductor’s strike that has continued into its second day.

Clashes erupted between the students and local drivers, angry with the students for blocking the roads. Hundreds forced their way into the station and hurled stones at the train conductors, demanding that they do their job.

Several train conductors said they the railway directors and security authorities had threatened to fire them and press charges against them if they did not end their strike.

Assiut Governor Yehia Keshk said the municipality had provided 300 buses and microbuses as an alternative source of transport in the absence of trains. More vehicles would be provided across the governorate according to need, he added.

One hundred buses were also provided to transport Assiut residents to other governorates. Microbus drivers increased their fares as compensation for the extra work.

Leur presse (Al-Masry Al-Youm via EgyptIndependant.com, 8 avril 2013)

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 11:47

 

manifestation vio me

Nous publions ici le texte de présentation du site de soutien aux travailleurs de l’usine de matériaux de construction Vio.Me. à Thessalonique (Grèce), qui ont relancé la production pour sauver leurs emplois. Ils n’étaient en effet plus payés depuis mai 2011! En Grèce comme ailleurs: les patrons ont besoin des prolétaires… Mais pas l’inverse. Cette lutte en est la preuve. Un grand mouvement de soutien populaire a permis de faire connaitre cette initiative et de la défendre. Pourtant, la reprise en main des outils de production ne pourra se faire qu’à un plan plus large, les expériences récentes comme en Argentine par exemple ont mis en lumière la fragilité de ces progrès si ils ne sont pas liés à une véritable vague révolutionnaire. Le texte date de février, il est originellement paru en anglais puis a été traduit (cette version est disponible en lien). Une remarque: le féminin et le masculin n’existant pas dans la langue d’Arthur Scargill, le texte n’a semble-t-il pas été féminisé. Le site du mouvement publie également le message de solidarité envoyé par des ouvriers égyptiens en lutte. Bonne lecture!

Après 3 jours d’intense mobilisation, l’usine de Vio.Me. a commencé aujourd’hui (12.02) la production sous contrôle ouvrier! Il s’agit de la première expérience dans l’industrie auto-gérée dans la Grèce en crise, et les travailleurs de Vio.Me. sont convaincus que ce sera que le premier de toute une série.

La mobilisation a débuté par une grande assemblée des travailleurs, des organisations solidaires et des individus dans un théâtre du centre-ville dimanche soir. C’est là que déroulement de l’action du mouvement de solidarité a été discuté, tout le monde a eu la chance de prendre le micro et d’exprimer son opinion sur la lutte des travailleurs.

Le lundi soir, il y avait une manifestation dans le centre de la ville suivie d’un énorme concert-bénéfice avec plusieurs groupes folkloriques bien connus et de chanteurs. Parmi eux, Thanassis Papakonstantinou, l’un des plus importants compositeurs contemporains grecs qui fait en quelque sorte «partie du mouvement», car il donne toujours son soutient avec des paroles et en actes aux efforts de la société pour l’autodétermination. La participation a dépassé les attentes de tout le monde. Malheureusement, environ un millier de personnes n’ont pas réussi à entrer, car le stade était déjà plein. Le moment stellaire de la nuit, c’est quand les travailleurs ont pris le micro et ont expliqué leur vision d’une autre société, basée sur la justice sociale, la solidarité et l’autogestion. Cinq mille personnes ont applaudi, criant et chantant des chants de soutien. C’est alors que tout le monde s’est rendu compte que cet effort était voué au succès!

Tôt le lendemain matin la mobilisation a continué avec une manifestation dynamique vers l’usine. Les travailleurs étaient déjà à leur poste et le coup d’envoi triomphal de la production s’est fait devant les caméras des médias nationaux, locaux et alternatifs. Les travailleurs ont organisé une visite guidée de l’usine et expliqué tous les détails du processus de production pour les journalistes et les participants au mouvement de solidarité.

Il ya encore un long chemin à parcourir: Les coûts de production sont élevés, l’accès au crédit est impossible et d’obtenir une part du marché en période de récession est plus qu’incertain. Les travailleurs sont toutefois optimistes: le produit du concert de soutien et les dons de particuliers et des groupes de soutien recueillies via viome.org devraient être suffisants pour maintenir l’entreprise à flot dans les premiers mois. Et le soutien des mouvements sociaux signifie que bon nombre des produits seront distribués par le biais des structures existantes de l’économie sociale et solidaire. Les travailleurs de Vio.Me. sont déjà à la recherches de nouveaux produits de nettoyage, sur la base des ingrédients non toxiques écologiques, aptes à un usage domestique. L’usine fabrique des matériaux de construction de qualité (mortiers, plâtres, pâte colle à carrelage et matériaux de jointoiement, coulis imperméable à l’eau, etc) et les travailleurs savent très bien comment améliorer la qualité tout en réduisant encore plus les coûts de production et donc le prix. Le défi consiste maintenant à trouver un marché pour ces matériaux, que ce soit en Grèce ou dans les pays des Balkans environnantes. Certains produits peuvent être expédiés encore plus loin, afin qu’ils puissent être distribués par le mouvement de solidarité international.

Les 40 travailleurs de Vio.Me. et des centaines de participants au mouvement de solidarité ont vécu pendant trois jours une expérience inoubliable, qui n’est cependant que le début d’un chemin long et difficile. Maintenant plus que jamais, nous devons être unis et forts, déterminés à construire un monde nouveau fondé sur la solidarité, la justice et l’autogestion!

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 11:46

Tunisie : Grève générale à Zaghouan le 26 avril

Le secrétaire général de l’union régionale du Travail de Zaghouan, Ramzi Azzabi, a déclaré au correspondant de l’Agence TAP dans la région qu’une grève générale a été décidée, vendredi, 26 avril courant, dans le gouvernorat de Zaghouan, à la suite de la réunion de la commission administrative extraordinaire du bureau exécutif de l’union régionale du Travail, tenue, samedi.

Des incidents survenus à Zaghouan, suite au sit-in observé, jeudi, au siège du gouvernorat, par les ouvriers de l’usine de l’aluminium de Zriba.

Le sit-in a été levé et les protestataires ont été évacués du siège du gouvernorat vers 22h après des affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser la foule.

Presse contre-révolutionnaire (African Manager, 7 avril 2013) via Solidarité ouvrière

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 16:16

 


Commentant l’article sur la grève dans les restaurants Mac Donald de Marseille et d’Aix-en-Provence, un lecteur nous a signalé que les travailleuses et les travailleurs des Fast Foods de New York ont lancé le jeudi 4 avril une deuxième vague de grève pour leurs salaires.

Selon le New York Daily News du 7 avril, environ 400 travailleuses et travailleurs de la restauration rapide se sont mobilisés le 4 avril. On y trouvait des travailleuses et travailleurs de toutes les grandes enseignes de la restauration rapide comme Mc Donald, Burger King, Papa John, Taco Bell, Pizza Hut, KFC, Wendy et Domino Pizza. 70 restaurants de la ville ont été touchés par la grève. Les travailleurs ont protesté devant différents restaurants de la ville, comme au Mac Donald et au Burger King de Harlem ou Wendy au centre de Manhattan et à Brooklyn.

Les travailleuses et travailleurs des fast foods new-yorkais revendiquent de meilleurs salaires, dans le cadre de la campagne « We can’t survive on $ 7,25 » (nous ne pouvons pas survivre avec 7,25 $, le salaire horaire actuel de la restauration collective à New York). Les travailleuses et travailleurs revendiquent un salaire horaire de 15 $. Autre revendication dans ce secteur où les patrons se croient tout puissants, la liberté syndicale.

 

Comme le dit Martina May, une travailleuse de Taco Bell, à la presse : « Je veux le respect, un meilleur salaire, pouvoir rejoindre un syndicat sans être intimidé par mon employeur. » Disant ne plus avoir peur, elle explique qu’elle participe à cette lutte « pour ma famille et pour les futures générations de travailleurs ».En novembre dernier déjà, les salariés des Fast Foods de New York avait protesté pour les mêmes revendications. Concernant la journée du 4 avril, il s’agit de la plus grande grève des travailleurs de la restauration rapide à New York. Et les travailleuses et travailleurs de la restauration rapide comptent bien continuer à se mobiliser pour leurs droits !

tiré de http://communismeouvrier.wordpress.com

 

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 16:11

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 16:08

Tunisie : Grève générale à Zaghouan le 26 avril

Le secrétaire général de l’union régionale du Travail de Zaghouan, Ramzi Azzabi, a déclaré au correspondant de l’Agence TAP dans la région qu’une grève générale a été décidée, vendredi, 26 avril courant, dans le gouvernorat de Zaghouan, à la suite de la réunion de la commission administrative extraordinaire du bureau exécutif de l’union régionale du Travail, tenue, samedi.

Des incidents survenus à Zaghouan, suite au sit-in observé, jeudi, au siège du gouvernorat, par les ouvriers de l’usine de l’aluminium de Zriba.

Le sit-in a été levé et les protestataires ont été évacués du siège du gouvernorat vers 22h après des affrontements avec les forces de l’ordre, qui ont fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser la foule.

Presse contre-révolutionnaire (African Manager, 7 avril 2013) via Solidarité ouvrière

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 20:08

way-to-feminismImaginez un groupe de gens : vous pouvez choisir le contexte social et affectif qui vous « parle » le mieux, peu importe, car on dégagera des constantes comportementales collectives indépendantes de la CSP et du type de groupe.

Imaginez donc, à votre guise, une famille, un groupe de collègues, de potes, des couples, des forums, des sites, des blogs, une émission de télé, de radio, un repas entre amis, bref des assemblées diverses, officielles ou non, IRL ou virtuelles.

Visualisez une femme ou plusieurs dans ce groupe donné. Vous y êtes ? ok. Maintenant, visualisez-la dans trois situations précises de prise de parole, que cette parole soit orale et physiquement adressée au groupe ou écrite et mise en ligne face à ce groupe :
- Elle est en train de contrer un argument qui lui paraît sexiste
- Elle défend un argument féministe
- Elle dit simplement « Je suis féministe »

Ce n’est plus une femme : c’est une emmerdeuse. Elle n’est pas drôle (ou ne l’est plus). Elle est « lourde ». Elle est hystérique. Elle a besoin d’un bon coup de bite. Elle saoule. Sérieux, elle saoule, quoi.

Il y a peu, j’écrivais que pour briser les codes sociaux, quels qu’ils soient, il faut avoir du courage. Je le réaffirme aujourd’hui, sans qu’il soit pour autant question de nous décerner des médailles, mais toute personne qui a un jour élevé la voix contre un ordre établi sait de quoi je parle.

Briser les codes (et pas uniquement sur le web hein, on parle ici des luttes 2.0 ET des luttes de terrain, bien que le web soit lui aussi une forme de « terrain ») demande de la volonté, du cran, un mental d’acier, et de l’endurance.

Cela exige aussi qu’on soit à même d’assumer le regard des autres, très majoritairement négatif. Oui, négatif. Le soutien militant en interne ne compense pas la violence du rejet global.

Briser les codes, lutter, militer au quotidien, ça demande également de la force. Celle d’accepter que notre entourage proche, notre famille, nos collègues, nos enfants, nos amis, ne comprennent pas forcément ce qui nous pousse à refuser de nous taire, et ce qui fait de nous une personne aussi « chiante » et « pénible ».

Mais ça exige surtout, et c’est là qu’on a besoin d’être, à l’intérieur de soi, d’une solidité à toute épreuve, l’audace de l’indifférence absolue à l’opinion d’autrui tout en étant capable d’aller interpeler cette opinion rétive au changement. Être féministe n’est pas une posture passive, mais le choix de poser des actes quotidiens, au détriment de la récompense sociale que constitue l’approbation des autres.

Car briser les codes, c’est renoncer définitivement à chercher cette approbation, et accepter une fois pour toutes qu’il faut en avoir bien fini avec la démarche de réassurance narcissique, car elle ne viendra jamais du militantisme. Celle ou celui qui vous affirme que militer est une forme de narcissisme est probablement quelqu’un qui se contente de s’écouter parler face à une assemblée préalablement acquise à sa cause et à sa petite personne, et qui n’a jamais retroussé ses manches pour aller s’exprimer et lutter dans le vrai monde, celui qui n’est ni réceptif ni bien disposé à l’égard de l’égalité totale (ou, comme le prétendent nos détracteurs, du « totalitarisme égalitaire »).

Être féministe, c’est aussi l’assurance de passer pour une hystérique, une conne, une pouffiasse, une mal baisée, une emmerdeuse, une fille qui n’a pas d’humour, une mauvaise mère, une mauvaise épouse, une mauvaise travailleuse, une personne « pas corpo », une empêcheuse de régner en rond, une femme qui ne « comprend pas », qui « devrait arrêter », qui « exagère », qui « voit le mal partout », qui « veut se rendre intéressante », qui « cherche la merde ».

C’est remettre cent fois son ouvrage sur le métier en sachant parfaitement que viendront, toujours, et très très vite, les insultes, les menaces, le discrédit, l’incompréhension, le mépris, les moqueries, le rejet, la violence et la hargne.

Et être féministe, c’est ne pas avoir peur. Ni d’être seule, ni d’être plusieurs, ni d’être avec, ni d’être contre, ni d’être trop, ou pas assez, ou pas correctement.

C’est refuser de poser des actes en fonction du droit des autres à nous prescrire leur signification symbolique. C’est s’affranchir de ce regard et en être plus heureuse, plus sereine, plus forte, plus égale en somme, même sous un déluge de haine.

J’accueille aujourd’hui cette haine avec une indifférence si totale que j’ai presque du mal à me souvenir de ce que je ressentais, il y a encore 5 ans, quand on me promettait de me saigner comme une truie, ou de me violer parce que c’était tout ce que je « méritais ». Quand après une intervention publique je recevais des mails orduriers. Quand suite à un article on m’insultait copieusement. Quand ma famille me regardait avec horreur parce que j’avais repris mes études en laissant à mon mari le soin de s’occuper de nos enfants pendant que j’étais à la fac, après une journée/semaine de boulot. Quand certains de mes amis ont préféré se détourner de moi parce que j’étais devenue « pas marrante ».

Aujourd’hui tout cela me laisse froide. On me traite toujours de grosse pute, de salope, de pourriture, de connasse, de mal baisée, et dans un registre plus calme, on m’explique toujours à quel point le féminisme c’est de la merde, à quel point je me fourvoie, à quel point nous avons toutes tort, à quel point « nous exagérons ». Je ne fais même plus semblant de m’en préoccuper, j’en ai fini avec le regard des autres. Il ne m’intéresse pas.

J’ai toujours été brutale et ça me convient parfaitement. Quand j’avais 20 ans on me reprochait déjà de me comporter « comme un vrai mec » et aujourd’hui, même avec du vernis sur les ongles et du fard à paupières, mon comportement est, plus que jamais, celui d’une femme qui a choisi d’oublier la place que la société lui assigne. Je n’ai plus à me faire passer pour ce que je suis pas, et je n’ai pas besoin d’être approuvée pour valider mes prises de position.

Mais j’ai morflé plus souvent qu’à mon tour et ça, je ne l’ai pas oublié. Alors même si je suis entièrement d’accord avec cet article paru chez Reflets sur l’indignation 2.0, il n’en reste pas moins que lorsqu’on est à la fois un(e) militant(e) de terrain ET qu’on publie régulièrement, on sait à quel point la violence virtuelle peut faire mouche, et mettre à genoux. Tout autant que la violence de terrain.

Aujourd’hui, j’avais donc envie de rendre hommage à toutes les féministes de mon entourage, qui luttent ici et IRL. Et qui affrontent jour après jour les insultes et le discrédit. Celles qui, sur le web et dans leur quotidien, ont choisi de ne pas cautionner, et de se dresser contre l’ordre établi, même si la facture est souvent salée.

Celles qui ont la patience d’expliquer la convergence des luttes, le sexisme au sein de certaines communautés, le mansplainingla culture du viol, et bien d’autres choses encore. Celles qui doivent répéter, encore et encore, que lutter contre le patriarcat n’est pas lutter contre les hommes, et qui supportent patiemment (ou pas) qu’on leur rie au nez.

Celles qui continuent à se battre parce qu’elles savent qu’elles contribuent, chacune à leur façon, chacune à leur échelle, à l’évolution d’une société qui n’a pas été pensée pour elles ni par elles mais à leurs dépens. Celles qui savent que les filles de leurs détracteurs recueilleront, dans quelques années, les fruits de leurs combats, et que cette évidence justifie à elle seule de ne jamais baisser les bras.

Elles ont 20 ans, 40 ou 60, elles ont chacune une personnalité unique, elles n’utilisent pas toutes les mêmes moyens, et nous divergeons parfois sur certains points. Il arrive même que nous exprimions des désaccords frontaux sur notre façon de militer mais comme le disait Martine Storti au dernier congrès du Planning Familial, pourquoi les dissensions paraissent-elles normales au sein de n’importe quel mouvement politique tandis qu’on exige du féminisme une unité totale ?

Le féminisme n’a pas à être unique, il a simplement une raison d’être. C’est tout ce qui compte. Il n’est pas divisé, il est multiple. Je peux être allergique à OLF mais relayer avec conviction une de leurs campagnes. Puis en critiquer une autre. Je peux hurler devant un argument abolitionniste mais approuver chaudement une abolitionniste engagée contre la traite des femmes. Cela n’invalide en rien la cohésion globale.

Alors je rends hommage aux camarades qui, loin de céder à la facilité du prêche en vase clos, vont quotidiennement de l’avant en portant la parole féministe haut et fort, dans des cercles non conquis, non acquis. Elles encaissent tout, elles prennent cher, et elles y retournent. On les conspue, on les insulte, on tente de les ridiculiser, on critique leur ton, leurs mots, leur attitude, leurs parcours, leurs choix, on essaie coûte que coûte d’invalider leur action, mais elles tiennent bon.

Je vous rends hommage, je vous applaudis et je nous engage toutes à continuer. La semaine a été rude, le mois n’a pas été extra, l’année a démarré morose, mais les dernières décennies nous ont fait des promesses. Soyons fières de les tenir.

A-C Husson / (Site : Ca fait genre)
ValérieCG / (Site : Crêpe Georgette)
Mar_Lard /
ProseFTW / (Site : Prose (et quelques vers))
Mélange Instable / (Site : Mélange instable)
Tanxxx / (Site : Tanxxx)
Lauren Plume / (Site : Les questions composent)
Scolastik
Morgane Merteuil (Site : STRASS)
Just_Spleen
LesDégenreuses (Site : Les dégenreuses)
Antisexisme (Site : Sexisme et sciences humaines – Féminsisme)
Kamille (Site : La fabrique d’hirondelles)
Dame_Moustache / (Site : Égalitariste)
Ovidie / (Site chez Métro France)
Lady_Pora / (Site : Transsorceleuse)
Contrées Zinzolines / (Site : Zinzolines)
Clarisse Clirstrim
Dariamarx / (Site : Dariamarx)
Olympe / (Site : Le plafond de verre)
Koala / (Site : Le blog de Koala)
Evelyne Dahlia / (Site : Garageland)
Dame_Fanny / (Site : Café langues de putes)
Eve_Robert / (Site : Le mauvais genre)
PoulePondeuse / (Site : La Poule Pondeuse)
Johanna Luyssen / (Red chef adjointe de Causette)
Placardobalais / (Site : Les vitamines du bonheur)
Diane St Réquier / (Site : L’actu à la loupe)
_LaMarquise / (Site : Le cérébro)
Entrailles / (Site : Les entrailles de Mademoiselle)

PS : Je n’ai pas cité d’hommes, bien qu’il y ait des activistes enthousiastes dans mon entourage, mais ce billet est un temps de non mixité symbolique. Merci de votre compréhension, les gars.

PS2 : J’aurai forcément oublié des gens. Signalez-vous, je complèterai.

PS3 : Il est de notoriété publique que je manie l’arbitraire avec une aisance totale en ce qui concerne les commentaires, n’hésitant pas à les fermer quand je n’ouvre aucun débat. Aujourd’hui je vous propose autre chose : la semaine féministe a été rude pour pas mal des camarades, donc commentez si vous voulez, mais uniquement pour être SYMPAS. Sinon, je vire. Pourquoi ? Parce que.

tiré de http://www.acontrario.net

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