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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 19:51

Près de 4.000 Roms ont dû quitter leur lieu de vie depuis janvier, selon une étude

Près de 4.000 Roms ont dû quitter leur lieu de vie depuis le 1er janvier, dont un millier après une agression contre leur campement ou un incendie, selon une étude transmise vendredi à l’AFP qui déplore une “radicalisation du rejet” de ces populations.

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TÉLÉCHARGER L’ÉTUDE

Cela correspond à un cinquième des quelque 20.000 Roms, principalement originaires de Roumanie ou Bulgarie, qui vivent en France.

Vingt-huit campements, abritant 2.873 personnes, ont été évacués par les forces de l’ordre au premier trimestre, selon un recensement réalisé par Philippe Goossens de l’Association européenne pour la défense des droits de l’Homme (AEDH), en recoupant les témoignages d’associations et les articles de presse.

Ce chiffre est en forte hausse par rapport au trimestre précédent (1.582 personnes), mais inférieur à l’été dernier marqué par 40 sites démantelés (4.630 personnes).

En revanche, il y a une nette augmentation des lieux de vie évacués suite à un incendie ou une agression: dix sites depuis janvier (1.007 personnes concernées), contre trois au dernier trimestre 2012, un au 3e trimestre, souligne M. Goossens.

En hiver, il y a davantage de feux dans ces camps, en raison des moyens de chauffage artisanaux employés. Mais, le nombre de sinistres reste plus élevé cette année qu’au premier trimestre 2012 (6 incendies, 777 personnes délogées).

À la fin août, le gouvernement avait adopté une circulaire pour encourager la recherche de solutions de relogements. Sur les 40 évacuations, “une solution partielle de relogement a été proposée 15 fois”, selon le rapport de l’AEDH.

Mais “les propositions de relogement sont temporaires (deux à trois jours) dans des hébergements d’urgence (…) et elles ne sont adressées qu’à une partie de la population du lieu de vie”, écrit son auteur, qui en conclut : “La mise en application de la circulaire reste très rare et hétérogène”.

Pour lui, “les autorités continuent d’appliquer une politique intolérante et dangereuse vis-à-vis des Roms” et “ce discours attise des réactions d’intolérance de plus en plus fréquentes et qui se traduisent par la montée de la violence de la part des riverains et la radicalisation du rejet.”

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 5 avril 2013)

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:04

Tu es Égyptien ou Ikhwan ?

Au Caire depuis quelques jours, la tension monte ; outre la fronde des Frères contre l’institution de l’Azhar et son vénérable Cheikh, le maintien du procureur général des Ikhwans à son poste en dépit du verdict du tribunal administratif qui l’a destitué, la situation économique se détériore de plus en plus.

À la pénurie du fuel s’est ajoutée l’augmentation du prix de la bonbonne de gaz qui est passée de 5 LE à 35 ; ce qui va se répercuter sur le prix de la nourriture essentielle du petit peuple, l’assiette de Kouchari et les sandwich de fèves et de Tamya. Les coupures d’électricité sont de plus en plus nombreuses, cela peut durer 4 heures par jour dans les quartiers riches et moyens pour atteindre 8 heures dans les quartiers informels. Le gouvernement nous annonce des coupures régulières de 4 heures et plus en été.

Samedi 6 avril, une grande manifestation est prévue pour fêter le premier appel à la grève générale lancé par le mouvement du 6 Avril en 2008, à Mahalla El Kobra une journée de grève est prévue.

Aujourd’hui j’étais dans un taxi, et j’ai remarqué que le chauffeur avait une barbe, je lui ai demandé s’il était Ikhwan, il m’a dit non je suis Égyptien. La détestation des Frères est générale ; même dans le villages les plus reculés d’après certains activistes. Ceux-ci, en plus des jeunes des partis commencent à focaliser leurs actions dans les provinces du sud, et touchent les populations locales en mobilisant leurs patrimoines artistiques. Il s’agit de ressusciter les traditions musicales et de chant basées sur l’improvisation et la participation du public sur fond de l’actualité politique et sociale. Cette nouvelle forme de résistance, de sensibilisation et de mobilisation par le chant populaire a eu un impact très positif à Assouan. Elle se reproduira dans d’autres gouvernorats tels que Luxor et Qena, très touchées par le chômage à cause de la disparition du tourisme. Les jeunes activistes collaborent de plus en plus avec la jeunesse des partis politiques et inventent plein de formes de sensibilisation et de résistance adaptés aux contextes locaux, ce qui commence à inquiéter les Frères ; qui, après avoir perdu leur crédibilité commencent à perdre la tête. Aujourd’hui, des inconnus ont mis le feu dans le tribunal du sud du Caire, on y voit les doigts des Ikhwans, tant les dossiers en cours de traitement dans cet organisme les accablaient.

La révolution continue.

Galila El Kadi – mailing, 4 avril 2013

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:03

China: Suicide and strike at Foxconn

Labour unrest has erupted again in the world’s largest outsourcing manufacturer, Foxconn. It is a sharp sign that the working class in China is now under enormous economic pressure.

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Last Thursday, a dissident Chinese language web site, China Jasmine Revolution, reported that several thousand workers at a Foxconn plant at Fushan city, in southern Guangdong province, began a strike against management’s secretive redundancy plan. Foxconn is shifting the facility to Yangtai, in Shandong province, where wages are lower.

The Foshan Pulihua Technology plant was originally a Taiwanese operation, established in 1990. Foxconn, another Taiwanese company, took over in 2006 and became one of the largest manufacturers of digital cameras and projectors for global brands such as Konica, Minolta and Nikon. With 20,000 workers in this plant, it is estimated that one in every 7 or 8 digital cameras in the world is made there.

China Jasmine Revolution reported that because of global economic slump, orders for the plant were falling, forcing Foxconn to retrench workers in groups, starting with an initial batch of 5,000. Workers threatened to continue to strike until the company outlined its whole relocation plan. Police were deployed to confront striking workers.

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Another dispute over job cuts erupted at Foxconn’s giant Longhua complex, in the manufacturing centre of Shenzhen city, also in Guangdong province. The AppleInsider web site, citing accounts on China’s micro-blogging service Weibo, reported that last Friday morning a worker tried to commit suicide by jumping off the factory roof, but survived. Later three more workers climbed onto the roof and threatened to jump.

Foxconn issued a media statement, saying: “We can confirm that on March 29, three employees at our campus in Longhua, Shenzhen were involved in a workplace dispute over the company’s decision to offer them an opportunity to relocate to another Foxconn China facility as part of a shift in production linked to their business group.”

China National Radio reported last Friday that orders at the Foxconn plant were falling. The corporate giant was forcing workers to resign by “provoking discontent.” The report added that at another Guanlang complex in Shenzhen, workers were forced to take long stretches of leave on rotating basis, in order to encourage to them to resign. Those who took up retrenchment were offered just 600 yuan ($US96) as “compensation.”

After the Chinese New Year holiday in February, Foxconn did not follow its usual practice of hiring more workers, as there was no overtime work for the existing workforce. Without overtime pay, the wages paid to experienced workers are less than 2,000 yuan a month. After deductions for accommodation, meals and superannuation, “there is not much left for workers, it is hard for workers to stay even if they want to,” China National Radio stated.

Since 2010, Foxconn has been rocked by the suicide of 14 employees, mainly in Shenzhen, resulting from onerous sweatshop conditions and military-style management. Under pressure from its Western corporate clients, such as Apple, Foxconn’s billionaire chairman Terry Gou promised to give wage rises and other minor concessions to workers.

At the same time, however, the company initiated a massive plan to relocate production facilities to inland Chinese provinces and other Asian countries where wages are even lower. Foxconn’s profits in 2012 jumped by 16 percent to $3.2 billion—the highest level since 1995.

Chinese companies are also facing greater competition from advanced industrialised economies. According to Miami-based consulting company Hackett Group, the gap between manufacturing costs in the US and China has almost halved the past eight years and is likely to fall to just 16 percent this year. Huge wage cuts have been imposed on American workers in the wake of the 2008 financial crisis.

Other export companies in China are also being hit by the global economic slump, leading to protests and strikes.

A thousand workers at the Second Division Factory of Liangneng Technology in Shenzhen, owned by Taiwanese-owned Unimicron, stopped work last week over plans to reassign them to other facilities, without compensation, and unpaid overtime wages. On April 1, hundreds of workers marched to raise their demands, prompting local authorities to deploy large numbers of police.

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In online comments, striking workers explained that they had been locked inside the factory, under the supervision of government officials and police. Management refused to provide food to hundreds of striking workers, until reporters arrived. Another worker wrote that they worked 12 hours a day, plus 2.5 hours overtime, with only quarter of an hour for lunch.

Shipbuilding has also been affected. Last Thursday and Friday, 2,000 workers at the South Korean-owned STX shipyard in Dalian in eastern China took strike action. They gathered in front of the government office in the Changxingdao Technology Zone to protest against unpaid wages, and called for a ban on the transfer of assets by the company. A large number of police was deployed to guard the building.

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STX’s Chinese operation, which was only established in 2008, as part of STX’s aggressive global expansion, now has 30,000 workers. But the global financial crisis has sent the company into debt because of a rapid fall in ship orders. Workers posted “insider” information online, saying STX was unable to pay major Chinese banks debts of 5.89 billion yuan ($950 million) that matured on March 21. STX’s overall debt is estimated to be 200 percent of its assets.

The ongoing labour unrest in export enterprises indicates that slowing Chinese economic growth is intensifying sharp social tensions, which are set to worsen in the coming weeks and months.

John Chan, World Socialist Web Site, 4 avril 2013

 

Nouvelle vague de suicides chez Foxconn

Les suicides en série dans les usines du premier fabricant mondial d’électronique grand public ont agité l’opinion publique à partir de 2010. Le rythme de ces tragédies semblait avoir ralenti en 2012. Ces jours-ci, quatre tentatives de suicides à Shenzhen relancent la polémique.

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Réduction de la masse salariale

La plus grande usine du groupe Foxconn, qui fabrique la plus grande partie des produits d’Apple, d’Acer, les tablettes d’Amazon, … est située dans le quartier de Longhua à Shenzhen. C’est la fameuse ‘Foxconn City’, où travaillent 300 à 400’000 personnes. Le mode de vie des ouvriers y est assez mystérieux : des journalistes d’investigation étrangers font régulièrement des révélations fracassantes, comme la présence de travail infantile, des horaires incroyables (70 heures par semaine,…). ‘Scoops’ souvent réfutés rapidement.

Cependant, les conditions de travail dans la Foxconn City en ce début d’année 2013 ne sont certainement pas des plus réjouissantes. La faute à la crise économique, qui voit les ventes de produits d’électronique stagner au mieux, et donc les commandes des grandes marques mondiales se réduire. Alors que Foxconn recrutait chaque année des dizaines de milliers d’employés pour compenser un turn over important et assurer la croissance de ses activités, la situation a nettement changé cette année. Foxconn doit réduire sa masse salariale. Pour le faire, tous les moyens sont bons. Selon des anciens employés fraîchement débarqués, le management offrirait une prime de 600 yuans (environ 75 euros) à ceux qui acceptent de démissionner. Une option encore plus avantageuse pour l’entreprise que d’avoir recours à des licenciements, puisque plusieurs mois de salaire doivent être réglés à un ouvrier licencié.

Des travailleurs poussés à bout

La situation économique semble malheureusement relancer la vague de suicide à Shenzhen. En deux journées quatre personnes ont tenté de se suicider. Le 28 mars, une jeune employée d’un peu plus de 20 ans, s’est jetée par la fenêtre de son petit dortoir. Elle est gravement blessée mais ses jours ne sont pas en danger malgré la lenteur d’arrivée des secours dénoncée par les témoins. Le lendemain, ce sont 3 ouvriers qui ont occupé le toit d’une usine en menaçant de sauter. Ils protestaient contre les bas salaires et les pressions exercées pour pousser les travailleurs à démissionner.

Selon certaines sources, les salaires à l’embauche ne sont pas mirobolants : 1800 yuans (225 euros) auxquels sont soustraits des ‘frais d’hébergement et de cantine’ de 500 yuans (62 euros). Alors qu’auparavant les employés pouvaient gagner beaucoup plus en faisant des heures supplémentaires, le faible niveau de production rend impossible cette éventualité. Vivre avec ce salaire de base de 160 euros dans une ville de Shenzhen, où les prix se rapprochent toujours plus de ceux de la voisine Hong-Kong, semble relever de l’exploit.

Le ralentissement de l’économie rend les troubles sociaux presque inévitables. C’est ce que veut à tout prix éviter le gouvernement. L’administration fera donc tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir un niveau de croissance satisfaisant. Même si cela entraîne l’adoption de mesures protectionnistes qui risquent de ne pas améliorer la situation en Europe…

Presse esclavagiste (Greenetvert.fr, 4 avril 2013)

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 12:00

 

Cela fait plusieurs décennies que la France est engagée dans une chasse aux sorcières qui se fait chaque jour plus insidieuse, plus implacable.

Le récent scandale provoqué par l’arrêt de la Cour de cassation, dans le litige qui oppose à son employeur une femme licenciée d’une crèche pour avoir refusé d’enlever son voile, n’en est que le dernier rebondissement.

Comme dans chacun des épisodes précédents, la réaction dans les médias est quasi unanime et présente la laïcité comme une citadelle assiégée par l’islam.

L’ex-présidente de la Haute autorité contre les discriminations et pour l’égalité (Halde), Jeannette Bougrab, estime que « la dernière digue a cédé » et que la république est menacée.

Un groupe d’intellectuels réclame déjà à cor et à cri un aménagement du droit pour étendre la laïcité au secteur privé (sic) et interdire aux femmes dites voilées l’accès aux professions de la petite enfance. Comme en écho, le Défenseur des droits réclame une « clarification » de la loi et le gouvernement s’est dores et déjà dit prêt à en examiner l’opportunité. Une loi de plus sur le voile ?


Une femme voilée à Vénissieux, en 2009 (JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP)

Des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires

L’acharnement dans la traque du voile ressemble au jeu cruel d’un enfant qui arrache une à une les ailes d’une mouche. Après que l’on eut exclu des jeunes filles des collèges publics et incité – au nom de la laïcité et du refus du communautarisme – à les enfermer dans des écoles musulmanes, des mères ont été interdites d’accompagnement des sorties scolaires, puis décrétées indésirables à la porte des écoles.

Le foulard a été proscrit des photos des pièces d’identité, signe s’il en est de l’appartenance nationale. Ecoles, crèches, hôpitaux, police, administrations, services parapublics doivent être purgés de leurs femmes voilées et le secteur privé emboîte le pas.

Ces femmes voilées devraient disparaître de la vue du public, et particulièrement des jeunes enfants, comme si elles constituaient une intolérable obscénité. Les universités ne sont pas en reste, qui déjà sont tentées de faire enlever leur foulard aux étudiantes.

La burqa a été bannie de l’espace public au terme d’un gigantesque emballement médiatico-politique pour quelques centaines de cas recensés : une unanimité facilement acquise derrière un gouvernement engagé dans la promotion de l’identité nationale.

Une chanteuse (Diams) a été traînée dans la boue par la presse pour avoir discrètement posé un bonnet sous sa capuche de rappeuse, et les dénigrements les plus virulents émanaient d’une secrétaire d’Etat l’accusantd’être « un vrai danger pour les jeunes filles des quartiers populaires ».

Une militante du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a subi la même campagne houleuse qui a tenté de l’empêcher de présenter sa candidature à des élections… La liste continue à s’allonger des femmes dont on dénie les droits les plus élémentaires – droit à la scolarisation, droit au travail, droit d’accompagner leurs enfants à l’école, éligibilité – pour une pièce de tissu recouvrant leurs cheveux.

Derrière le voile, une religion : l’islam

Derrière le voile, une religion : l’islam. La laïcité ne serait plus la séparation de l’Etat et de la religion, elle ne serait plus la neutralité de l’Etat vis-à-vis des religions, ni ce principe visant à garantir le droit de pratiquer le culte de son choix et le droit d’exprimer librement ses convictions.

Dans son nouvel habillage, la laïcité devrait extirper toute manifestation de la religion (c’est-à-dire de l’islam) d’une sphère publique qui s’avère à géométrie variable, puisqu’il s’agirait non plus seulement de l’extirper de l’Etat, mais de l’espace public (pourtant lieu par excellence de l’expression de la liberté d’expression) et désormais du secteur privé.

Le droit ne le permet pas ? Il n’y a qu’à le détourner. « Aux élus de nous sortir de la confusion » dit l’appel « pour une loi sur les signes religieux ». « Notre loi doit impérativement être modifiée […] nous en appelons au législateur. »

Par petites touches, en prenant le prétexte des signes religieux, qui fait illusion malgré son caractère ouvertement fallacieux, une législation dérogatoire pour l’islam se fabrique, comme au temps des colonies, lorsqu’il fallait surseoir au principe fondateur du droit français depuis l’abolition des privilèges en 1789 – l’égalité de tous devant la loi – pour doter les « indigènes » d’un statut particulier.

L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une république laïque

Faut-il rappeler que la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’est jamais appliquée dans les trois départements de l’Algérie « française » et que la « république laïque » a substitué à la catégorie « indigène » celle de Français musulman d’Algérie (FMA) pour restreindre les droits de ceux qu’elle désignait ainsi jusqu’à la fin de la guerre d’Algérie et au-delà ?

Cette histoire n’est pas si ancienne. C’était alors la République qui imposait une censure sévère sur toute expression critique de sa politique coloniale. Alors que la question du foulard n’en finit pas de rebondir pour servir de prétexte à de continuelles restrictions de l’expression de l’islam dans la société française, c’est l’islam qui est très directement accusé de constituer une menace pour la liberté d’expression.

Une telle rhétorique fondée sur l’inversion fantasmatique des rapports réels est une caractéristique récurrente des politiques d’oppression. L’idée d’une incompatibilité de l’islam avec une République laïque était il y a trente ans portée, au mieux, par quelques dizaines d’intellectuels qui s’exprimaient constamment dans les médias. Ils partageaient en cela parfaitement les idéaux des mouvements intégristes qui prenaient de l’ampleur dans le monde à la même période.

L’idée a gagné les médias

C’est une idée qui a largement gagné les médias, et ceux-ci multiplient les sondages visant à montrer qu’elle est désormais répandue dans les deux tiers, voire les trois quarts de la population française. Depuis trente ans cependant, toutes les études sérieuses ont montré que les musulmans en France ne se distinguaient pas par leurs opinions des autres citoyens et adhéraient en particulier massivement au principe d’un Etat laïc.

N’est-ce pas la « République », par la voix de ceux qui s’en revendiquent les défenseurs, qui proclame son incompatibilité avec l’islam, avançant chaque jour d’un cran dans la violence verbale et symbolique, exigeant sans cesse de nouveaux dispositifs juridiques ? Que l’islam soit une menace pour la France était jadis l’un des slogans du Front national. Ce temps semble déjà très loin.

Des intellectuels ont depuis largement pris le relais pour accréditer cette idée, avec une efficacité bien plus redoutable, et une agressivité qui ne cesse de s’amplifier.

Sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes

Certains de ses mouvements, de ses courants et de ses figures intellectuelles tentent de faire du féminisme un appareil idéologique d’Etat, pièce maîtresse de l’idéologie de l’identité nationale qui s’érige sur le culte de la république et le rejet symétrique de l’islam. La sacralisation de la laïcité et sa production en slogan politique déconnecté de ses ancrages juridiques historiques est le dispositif central de cette collusion.

Par les exclusions qu’il prononce, cet ordre nationaliste du « genre » qui se construit n’est pas moins sexiste et violent que le vieil ordre sexuel qu’il a remplacé ni que le machisme qu’il prétend aujourd’hui combattre en arrachant leur voile aux musulmanes.

Car derrière le voile, l’islam, mais sous les foulards, les bonnets et les hidjabs, ce sont des femmes. Ce sont des femmes que l’on regarde de travers, que l’on montre du doigt, que l’on érige en menace, en souillure dont il faut préserver les enfants, des femmes dont on restreint chaque jour un peu plus les droits.

Ce sont des femmes – et non des hommes – qui sont expressément visées, qui subissent l’opprobre le plus violent et qui se voient interdire l’accès aux espaces publics, de l’école, du travail… et sans doute bientôt des élections.

Si ce sont des femmes que l’on persécute de la sorte, c’est qu’elles sont perçues comme vulnérables et doublement inférieures parce que femmes et parce que porteuses d’une religion considérée comme étrangère.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates ?

Le féminisme des années 70 se donnait comme objectif d’émanciper les femmes, toutes les femmes. Ce n’est plus le cas de certains courants du féminisme contemporain qui, en s’adossant à l’Etat, prononcent des excommunications et secrètent des figures de sorcières malfaisantes.

Ne comprennent-elles pas qu’on veut faire leur bien, ces ingrates, ces salopes ? Les prises de position médiatiques se déchaînent : lorsqu’elles ne sont pas victimes ou aliénées, c’est qu’elles sont comploteuses, manipulatrices, dangereuses.

De la femme qui refuse de se soumettre à la salope, la prostituée, il n’y a jamais qu’une frontière ténue, car la femme scandaleuse est par définition celle qui échappe aux prescriptions et ne se cantonne pas à la place qui lui est assignée.

Et dans les campagnes médiatico-politiques qui se déploient, il en va effectivement des femmes voilées comme des prostituées : au nom de la laïcité, au nom de l’égalité homme-femme, au nom de la république, cette nouvelle Trinité du « bien », la frénésie qui tente de les faire disparaître de la vue en prétendant les arracher à leur soumission, cette frénésie ne semble connaître aucune limite.

Ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits

Cette frénésie a un nom, et ce nom est particulièrement inquiétant : c’est une véritable entreprise de purification nationale qui peu à peu s’est mise en place à partir de la première « affaire du voile » des années 90. Et il serait temps d’en prendre conscience, car il ne peut y avoir aucune limite à une telle entreprise de purification.

Son objet étant fantasmatique, la poursuite de son éradication ne pourra trouver aucune borne. A l’invention de quel genre de bûcher va-t-on assister demain pour brûler ces sorcières du temps présent dans leurs voiles maudits ?

Laurent Bazin | Anthropologue au CNRS

 

 

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 13:49

Un chômeur portugais refuse de payer ses impôts pour nourrir sa famille

Il accuse le gouvernement portugais de mener une politique de “promotion du chômage”.

Un Portugais âgé de 46 ans, vivant à Moita, au chômage depuis deux ans et qui ne touche plus d’allocation depuis un mois, a annoncé publiquement qu’il ne payerait plus ses impôts tant qu’il n’aurait pas retrouvé de travail, afin de pouvoir nourrir sa famille.

Dans une lettre au Médiateur de la Justice, Alcides Santos a déclaré ne plus pouvoir en même temps payer ses impôts et nourrir ses deux fils et qu’il avait choisi de donner la priorité à ses enfants. “Je suis obligé de le faire [ce choix]. Dès que je pourrai toucher une forme de revenu, je paierai mes impôts dans la mesure du possible”, écrit cet informaticien.

“Avec cette lettre je souhaitais rendre mon cas public, rien de plus. Je ne m’attends pas à ce qu’on m’autorise à ne plus payer mes impôts. J’assumerai ma décision face à l’État”, explique Alcides Santos tout en précisant qu’aucun représentant de l’État n’était encore entré en contact avec lui.

Le chômeur a justifié sa décision en s’appuyant sur un article de la Constitution, selon lequel “toute personne a le droit de résister à un ordre qui porte atteinte à ses droits”.

Dans sa lettre, Alcides Santos accuse le gouvernement de mener une politique de “promotion du chômage” et de ne pas respecter le “droit au travail”.

Le gouvernement portugais a décrété une hausse généralisée des impôts pour l’année 2013, dans le cadre de sa politique d’austérité qui a aggravé la récession et le chômage qui touche actuellement près de 17% de la population active.

Presse esclavagiste (SudOuest.fr avec l’Agence Faut Payer, 3 avril 2013)

 

À Bergerac, deux salariés se servaient dans la caisse de leur magasin

Les employés n’étaient plus payés. Ils ont été condamnés pour vol.

Deux anciens salariés du magasin Troc de l’Île de Bergerac, placé récemment en liquidation judiciaire, étaient cités à comparaître, ce mardi après-midi, devant le tribunal correctionnel de la ville. Un seul, le plus jeune, s’est présenté. Le plus âgé ne s’est pas déplacé. A-t-il seulement compris ce que la justice lui reprochait ? À la barre, son cadet, un grand gaillard de 30 ans, avait tout l’air de penser que les magistrats bergeracois s’étaient trompés d’affaire.

Le parquet, qui a choisi de donner suite à une plainte déposée par leur employeur, leur reproche d’avoir dérobé de l’argent dans la caisse du magasin. C’est un point de vue. Le prévenu estime qu’il était dans son bon droit en prenant dans la trésorerie l’équivalent du salaire qui ne lui avait pas été versé depuis plusieurs semaines. « On ne voyait plus la patronne au magasin, explique l’ancien salarié de Troc de l’île, qui a fait depuis l’objet d’une procédure de licenciement. Les rares fois où elle passait, elle nous disait ne pas nous inquiéter, que nos salaires nous seraient bientôt reversés. Il n’en était rien. »

« Il fallait manger »

N’y tenant plus — son compte était à découvert, « il fallait manger » — le prévenu s’est résolu à prendre 1100 euros dans la caisse, retrait dont il dit avoir fait état sur un cahier de la société qui a depuis disparu. La justice soupçonne son coprévenu d’avoir volontairement détruit le document comptable en question.

Le ministère public « veut bien admettre » qu’il y ait des circonstances atténuantes, mais « celles-ci n’excusent en rien les agissements des deux prévenus ». « Vous avez choisi de vous payer vous-mêmes, mais il fallait au contraire en appeler à la justice pour régler vos problèmes ».

Les juges ont condamné les deux anciens salariés à un mois de prison avec sursis simple.

Presse esclavagiste (Émilie Delpeyrat, SudOuest.fr, 3 avril 2013)

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 13:37

Expropriation du supermarché Extra

Le jeudi 14 mars, vers environ 16h00 de l’après-midi, s’est déroulée l’expropriation du magasin de la chaîne de supermarché Extra dans la rue Ethnikis Adistaseos à Kaissariani [quartier d'Athènes].

La lettre qui a été distribué et jeté lors de l’action :

La situation capitaliste d’aujourd’hui ordonne notre misère et l’extermination de ceux qui sont superflus. Les dominants parlent de salut national et invoquent que la seule façon de sortir de la crise est le développement. Développement qui signifie très exactement la procédure de notre dégradation en des existences meilleurs marchés, simplement en une main-d’œuvre meilleur marché, dévalorisée, pour les patrons. Les heures exténuantes, la menace du licenciement, la peur du chômage, les coupes continues dans les salaires et les prestations, ciblent à la transformation des travailleurs en une machine bien huilée de production de profit qui, sous la forme d’argent, va se retrouver encore une fois dans les mains de quelques-uns.

Cette course continue par ceux d’en-haut au profit est toujours passée sur les corps des parties les plus sous-évaluées de la société, comme les immigré-e-s, pour saccager sur son chemin nos vies et notre environnement naturel.

Le lieu des supermarchés, plus précisément, qui est un endroit en tous point relié avec la satisfaction de nos besoins premiers et quotidiens, qui constitue un des lieux de travail les plus dévalorisés. Les travailleur-se-s dans les chaînes de supermarchés, comme Extra, sont forcés de se discipliner à suivre des rythmes de travail épuisants avec une faible rémunération. Le phénomène des grands patrons des chaînes de supermarchés qui procèdent à des restructurations de leurs entreprises en la déclarant en redressement judiciaire et afin de maintenir leurs profits est caractéristique. Ils s’affranchissent ainsi du “fardeau des indemnités”. Chaque tentative d’organisation des travailleurs pour exiger des choses élémentaires est punie de licenciement. Ces travailleurs sont condamnés à l’invisibilité, tandis que les chaînes de supermarchés sont classées parmi les entreprises qui font les plus grands profits, aux côtés des compagnies pétrolières, de la construction et des succursales bancaires.

Le profit de ces entreprises est maximalisé par le coût de production extrêmement bas des produits. Un coût bas qui est atteint grâce à la sur-exploitation et la dévalorisation des travailleur-se-s dans les bagnes des chaînes de production dans le pays grec mais encore plus dans les pays du “tiers-monde”.

Les prix dans les rayons des supermarchés correspondent d’un côté aux salaires des travailleurs et d’un autre côté sont hors de portée pour de plus en plus de parties de la société. Nous, en tant que parties des opprimés et exploités, nous ne nous asseyons pas à attendre les bras croisés d’être amené à la misère. Nous ne sommes pas satisfait de subir avec fatalisme les queues de l’OAED [Structure étatique qui correspond à notre Pôle Emploi], de s’humilier devant les exigences des patrons. Nous ne permettrons à aucun de nous tuer, ou de tuer ceux à nos côtés avec la fumée des poêles improvisés [À cause de la paupérisation grandissante et donc de l'impossibilité de payer ou l'électricité ou le plein de fioul, de plus en plus de familles se chauffent aujourd'hui en Grèce avec des poêles où ils brûlent n'importe quel type de bois. Les médias font tout un battage autour des questions environnementales et évitent ainsi la question économique.], nous ne permettrons à aucun de nous affamer. Nous n’abandonnons pas notre vie et dignité à la chance.

L’organisation des résistances et des luttes communes que nous menons est une partie inséparable d’une réalité antagoniste au sein de laquelle nous luttons pour reprendre tout ce qui nous appartient. Nous ne laisseront pas dans les mains des exploiteurs la richesse que nous, tous ceux d’en-bas, produisons, mais nous la reprendrons pour satisfaire nos besoins.

Les structures collectives que nous construisons refusent les parrainages caritatifs polis des ONG, des églises et de tous types d’appareils politiques, elles sont fondées uniquement sur nos forces. Une expression de notre force est le sabotage et l’action directe, quand nous envahissons les temples de la marchandise, en expropriant et socialisant tous ce dont nous avons besoin. Nous rendons réalisable la réappropriation qui sera totale tandis que nous marchons de plus en plus vers la collectivisation de nos besoins et la création de structures de solidarité.

Les lieux auto-organisés, les stekis [Lieux dans les universités, les quartiers et a visée politique. La plupart d'entre eux sont autonomes, occupés et tenus par des anarchistes/anti-autoritaires.], les squats, les assemblées de quartier, les cuisines collectives, les leçons d’auto-éducation, les centres sociaux de santé et les bazars de troc sont des endroits d’autonomie dans le monde des dominants. Endroits où nous réalisons le collectif, en reconquérant notre vie.

REPRENONS LA RICHESSE QUI NOUS EST VOLÉE,
LA DIGNITÉ QU’ILS NOUS BRISENT, LA VIE QU’ILS NOUS SACCAGENT.
ATTAQUE CONTRE LES SUPERMARCHÉS !

Les gamins sensés exproprient avant d’avoir faim [La signature vient d'un proverbe grec "των φρονίμων τα παιδιά πριν πεινάσουν μαγειρεύουν" qui signifie en français "les gamins sensés cuisinent avant d'avoir faim" (dans le sens de "mieux vaut prévenir que guérir").]

Traduit du grec (Indymedia Athènes) – Indymedia Nantes, 3 avril 2013

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 13:46

Journée d’info sur l’exploitation des animaux

Ce mercredi 3 avril 2013, une journée contre l’exploitation animale se tiendra au forum de la fac de Lyon2 sur le site de Bron. Au programme : tables d’info antispéciste, No Tav, féministe, libertaire mais aussi bouffe vegan à midi, zone de gratuité (ramène tes  fringues et viens en chercher d’autres !), café/thé, crêpes en continu. À 13h il y aura une session Hip-Hop et graf ouverte à tous.tes.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/201.jpg

Nous sommes vegan parce que les animaux sont des êtres sensibles ayant des intérêts comme ceux de vivre, ressentir du plaisir, évoluer en accord avec leur nature sociale, et que les en priver sous le prétexte de notre différence d’appartenance à une espèce n’est pas légitime et constitue une discrimination arbitraire. Terroriser, exploiter, tuer des êtres fragiles et sans défense pour notre plaisir culinaire, vestimentaire ou autre, est une idée qui nous révolte. Il n’y a pas de hiérarchie dans les luttes, battons-nous contre toutes les dominations !

Les bénéfices de cette journée iront à la création prochaine d’un Food Not Bombs sur Lyon. Toute aide est la bienvenue, n’hésitez pas à nous contacter pour plus d’infos !

Des individus.es

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 13:46

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/012.jpg

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:48
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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:46
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