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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:44

Maroc : des milliers de personnes manifestent pour les “droits et libertés”

RABAT — Plusieurs milliers de personnes ont manifesté dimanche à Rabat “pour l’ensemble des droits et des libertés”, affichant leur mécontentement à l’égard du gouvernement islamiste, à l’appel notamment de deux organisations syndicales, a constaté un photographe de l’AFP.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/021.jpg

D’après la même source, les manifestants, qui ont achevé à la mi-journée leur marche devant le Parlement, dans le centre de la capitale, étaient entre 5.000 et 10.000. La police a pour sa part évoqué le chiffre de 3.000 participants.

Organisée sous le signe “des droits et des libertés”, cette manifestation s’est déroulée dans le calme, le cortège brandissant des pancartes et scandant des slogans anticorruption, “contre la vie chère et pour l’emploi”, et plus généralement contre la politique du gouvernement.

“Le Maroc vit une régression sociale”, Abdelilah “Benkirane (le chef du gouvernement, ndlr) nous emmène dans un ravin”, ont clamé des manifestants, parmi lesquels des membres du mouvement pro-réformes du 20-Février.

D’après l’agence MAP, des partis de l’opposition ainsi que des associations et des organisations actives dans les domaines des droits de l’homme et de la société civile s’étaient également joints au cortège.

Cette manifestation constitue une “mise en garde” au gouvernement, a déclaré le vice-président de la Confédération démocratique du travail (CDT), Abdelkader Zaïra, déplorant une absence de prise en compte des revendications sociales.

Cité par l’hebdomadaire Tel Quel, le secrétaire général de la Fédération démocratique du travail (FDT), Abderrahmane Azzouzi, a lui prévenu qu’une “grève nationale et générale” était “envisageable”. “Nous ne le souhaitons pas”, a-t-il toutefois ajouté.

Le parti islamiste Justice et développement (PJD) d’Abdelilah Benkirane, qui dirige le gouvernement, est arrivé au pouvoir à la suite de son succès historique aux législatives de fin 2011, dans le tumulte du printemps arabe.

Confronté à un ralentissement de la croissance (moins de 3%) l’an dernier ainsi qu’à un creusement du déficit public, il doit mener au cours des prochains mois d’importantes réformes sociales, concernant les retraites mais aussi la caisse de compensation, qui subventionne des produits de grande consommation.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 2 avril 2013

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 12:06

« L’humanité qui convient »

« Les règles ont été appliquées avec l’humanité qui convient, avec les explications nécessaires mais il y a parfois des moments où on est dans une telle situation, qu’on ne comprend plus les explications. »

M. Sapin, ministre du Travail à propos de l’immolation de Djamal Chaab devant un Pôle emploi de Nantes le 13 février 2013.

Alors que la mort par immolation devant les locaux d’une administration ou sous les coups de la police devient coutumière, les discours créent un consensus qui en cache la signification possible par des phrases convenues. La bienveillance humanitaire des hommages ou les déclarations des agent-e-s de l’institution use immédiatement le sens du geste de Djamal Chaab (dont on tait systématiquement le nom, qui signifie « peuple »).

L’humanisme des représentant-e-s de l’État comme celui de leurs cogestionnaires « sociaux », (ici les représentant-e-s traditionnels des allocataires de prestations sociales) « explique » ainsi la vie d’un « individu » en l’excluant d’une situation. Cette situation est politique. Pourtant aucune signification politique ne résonne. L’invocation abstraite de la misère comme le calcul cynique des responsabilités créent ce silence. On dit qu’il était fou et pauvre, on va jusqu’à recalculer ses droits pour lui donner tort.

On masque mal que c’est la logique même de l’institution de mettre à mort par le droit. C’est en tout cas cette institution que Djamal Chaab a désignée comme son lieu de mort.

L’État a remis à un-e « agent-e» le soin de décider des moyens de subsistance d’un autre homme. Cet-te agent-e est sans doute lui/elle-même ignorant-e du droit, son rôle est de suivre des procédures et d’exercer un contrôle. La finalité de ces actes lui est rarement rendue visible comme les conditions d’existence qui en dépendent. C’est ainsi, silencieusement, que la société transpire le fascisme.

Ce dispositif entame nos vies dans les nécessités les plus brutes mais aussi sous l’aspect moins discernable de l’image que l’on se renvoie. Cette image est celle de la honte et de la mauvaise conscience. On nous fait croire que nos droits sont des dettes et par là on réduit notre horizon d’action, nos projections dans le monde. De même, on réduit notre action au sein de notre travail à une activité sans sens et parfois assassine. Enfin, on continue d’affirmer que ces activités ont une valeur et nous sont désirables.

Nous ne voulons pas définir la volonté de Djamal Chaab ; sa vie, comme le montre assez son suicide, lui appartenait. Mais nous ne voyons pas comment nous pourrions donner un visage à cet homme sans déclarer la guerre à ces institutions.

Sa vie était réfractaires aux projets calculés. Comme le sont les nôtres.

Collectif de chômeurs-euses et précaires de Lille (contact)

Groupe antifasciste de défense et d’entraide face au dispositif bureaucratique (caf, pôle emploi, cpam, huissier, banques etc…).

Permanences les premiers vendredi de chaque mois au 32 rue d’Arras à Moulins.

(Tract que nous diffusons actuellement sur Lille) – 13 mars 2013

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 12:27
Le gène de la baston

Publié le 1er avril

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Augmenter police 
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impression

- Tu te bats comme une gonzesse, 
- Don’t be such a pussy [1
- Non mais les filles c’est doux et gentil...

et tel­le­ment d’autres… il y a aussi ces injonc­tions :

- Ne sors pas seule le soir, 
- T’as pris ta bombe au poivre ? 
- T’es sûre que tu veux pas que je te rac­com­pa­gne ? 
- Tu vas sortir habillée comme ça, c’est de la provoc’ quand même !

Alors oui je vais sortir habillée comme ça ce soir, oui je vais ren­trer seule et oui je sais me défen­dre.

Il sem­ble­rait que le fait d’avoir un ori­fice sup­plé­men­taire, des ovai­res et une paire de seins plutôt qu’une paire de couilles ren­dent les filles moins dis­po­sées à se défen­dre. 
Ainsi donc dès notre plus jeune âge nous appre­nons que contrai­re­ment à Samson la force se trouve dans la bite et les couilles. 
En tout cas c’est ce que ne ces­sent de nous répé­ter notre entou­rage proche, la famille, l’école, l’État, les grou­pes sociaux dans les­quels nous évoluons et pour par­faire ce dis­cours per­ma­nent rien de tel que la peur du viol, le meilleur moyen de coer­ci­tion contre le sexe dit faible. 
La société, au sens large, veut donc main­te­nir et main­tient les filles dans un sys­tème patriar­cal, qui les rend infé­rieu­res aux gar­çons, infé­rieu­res par le salaire, infé­rieu­res par le tra­vail (mais supé­rieu­res quand il s’agit du tra­vail dit ’à la maison’), infé­rieu­res vis à vis des retrai­tes, infé­rieu­res vis à vis de l’éducation (oui l’État et ses agents orien­tent sou­vent les filles vers les filiè­res dites lit­té­rai­res plutôt que scien­ti­fi­ques, oui il y a plus de gar­çons qui par­vien­dront à un master 2 voire une thèse que de filles) et sur­tout infé­rieu­res par la force phy­si­que.

Qui n’a pas entendu en pri­maire ’Ho mais elle c’est un garçon manqué’, parce qu’elle ne se lais­sait pas mar­cher sur les pieds et que jouer la prin­cesse dans la cour ne l’inté­res­sait pas. 
En réa­lité les filles, au même titre que les gar­çons, savent se défen­dre et se battre. Il n’y a pas dans le chro­mo­some Y un gène spé­ci­fi­que à la baston. Il y a seu­le­ment une société qui veut main­te­nir un sys­tème pyra­mi­dal de pri­vi­lè­ges et qui com­mence par celui du sexe pré­sumé. Alors pour sortir de ça, les beaux dis­cours ne suf­fi­sent pas, les livres qui nous disent que nous sommes tous et toutes égaux, les recher­ches scien­ti­fi­ques non plus, les soi­rées non mixtes où l’on s’énerve après ce sys­tème patriar­cal non plus, pour sortir de ça il y a aussi l’auto­dé­fense.

Présenté comme ça, on pour­rait penser que la pre­mière chose dans l’auto­dé­fense c’est la fight, pas néces­sai­re­ment. 
Notre auto­dé­fense est poly­mor­phe car nos agres­sions le sont aussi. Il y a l’auto­dé­fense ver­bale. 
Oui les bla­gues sexis­tes ne nous font pas rire, même si c’est un pote qui la raconte et nous fait un clin d’œil parce qu’on est la fémi­niste de ser­vice et qu’on va jouer les ’rabat joie’. ’Ta blague est sexiste et non elle ne me fait pas rire’, pour­quoi conti­nuer à les subir alors qu’elles nous déva­lo­ri­sent ? 
Les agres­sions ver­ba­les sont mon­naie cou­rante, toutes ces phra­ses qui com­men­cent par ’vous les filles …’ , en réa­lité toutes les remar­ques qui nous limi­tent à notre seul sexe dési­gné. A toutes ces remar­ques, ces moments de condes­cen­dance, ces phra­ses pater­na­lis­tes soit disant bien­veillan­tes, nous nous devons de répon­dre. Chacune à sa façon, par l’humour, en disant ’non’, etc…

Notre auto­dé­fense est dans notre atti­tude phy­si­que. Récemment une étude a mis en évidence que la rue était ’mas­cu­line’, que nous la fuyions, l’évitions autant que pos­si­ble. Souvent en uti­li­sant cette rue, nous sommes recro­que­villées sur nous, la tête enfon­cée dans les épaules, regar­dant le sol plutôt qu’en face de nous, bref pas à l’aise. Mais la rue nous appar­tient autant qu’à l’autre moitié de l’huma­nité. Étrangement, moins on a l’air sûre de nous, plus on se fait emmer­der, plus les relous se mul­ti­plient. Le regard droit, la démar­che assu­rée (en talons ou en bas­kets) est là aussi un moyen d’auto­dé­fense, le mes­sage est clair, ’je suis dans la rue et j’ai pas envie de me faire emmer­der’. Malheureusement il arrive que cet ensem­ble de choses, nos mots, notre atti­tude, ne soient pas suf­fi­sants, il faut donc en venir aux mains (ou aux pieds). Pas besoin d’être cein­ture noire de karaté, d’avoir passé une année à se bour­rer de pro­téi­nes et pous­ser de la fonte pour savoir se défen­dre. Il existe des gestes sim­ples pour ripos­ter à l’autre (l’autre étant sou­vent un ou une par­te­naire de vie, un ou une membre de la famille, même s’il arrive que des inconnues s’en pren­nent à nous, les actes de vio­len­ces contre les femmes sont dans la majo­rité des cas liés à une per­sonne proche, amies/famil­les/patrons/ensei­gnants). Pour appren­dre un cer­tain nom­bres de ces gestes et aussi des mots et atti­tu­des que nous pou­vons adop­ter face à un com­por­te­ment intru­sif voire vio­lent il existe des stages d’auto­dé­fense fémi­niste.

Il est temps pour nous toutes de virer ce carcan patriar­cal et cela passe aussi par notre auto orga­ni­sa­tion et notre auto­dé­fense. Non nous ne sommes pas des peti­tes fleurs qui pous­sons le long du chemin et que d’aucuns peu­vent fouler au pied sans même y penser. Nous avons en nous toutes cette capa­cité d’empo­wer­ment (c’est à dire le ren­for­ce­ment de notre pou­voir d’action par la créa­tion de mou­ve­ments auto­no­mes et le tra­vail col­lec­tif de cons­cien­ti­sa­tion), il est temps pour nous d’en pren­dre cons­cience et d’agir en consé­quence.

SuperFéministe

Notes

[1] pussy : mot désignant de façon argotique et vulgaire le sexe féminin, ici l’expression serait traduite par ’ne fais pas ta chochotte ’

 

tiré de http://rebellyon.info

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 11:56

Des milliers de chômeurs marchent à El Oued
« Nous sommes pour un dialogue sérieux »

Des militants du Comité des chômeurs sont venus de Ouargla, Laghouat, Ghardaïa, Adrar, Djelfa… pour participer à la manifestation.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/01.jpg

En dépit des manœuvres et autres moyens utilisés par les autorités quelques jours auparavant pour déjouer le mouvement de protestation des chômeurs, la marche pacifique de « l’instauration de l’État de droit » organisée hier à El Oued, a connu une réussite totale. C’est ce qu’ont déclaré les organisateurs et des militants des droits de l’homme. Ainsi, après le succès médiatique et politique de la manifestation des chômeurs à Ouargla et à Laghouat, c’est au tour d’El Oued d’en abriter la troisième.

Quelques milliers de personnes se sont rassemblées, hier, à la place Hamma Lakhdar, au centre-ville d’El Oued, où se trouve le Monument aux martyrs, pour revendiquer leur droit au travail et au développement et l’instauration de l’État de droit. Des représentants du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) et ceux de la Ligue algérienne des droits de l’homme, venus des wilayas de Ouargla, Ghardaïa, Laghouat, Adrar, Djelfa et El Bayadh, ont pris part à ce rassemblement qui a eu lieu suite à l’appel du CNDDC.

Les manifestants ne cessaient de scander : « Non à la hogra, non à la marginalisation, non à l’exclusion », « M. Sellal, où est notre droit au travail  ? », « Nous voulons des institutions justes et honnêtes », « Relâchez les personnes arrêtées ». Les représentants du CCNDC ont accusé les pouvoirs publics d’essayer de déstabiliser leur mouvement de revendication pacifique. Mais c’est « peine perdue », disent-ils. Et de préciser que le coordinateur du CNDDC de la wilaya de Sétif et celui de la wilaya de Laghouat ont été arrêtés, vendredi dernier, par les services de sécurité, et ce, selon eux, « pour semer la terreur parmi les jeunes ».

De plus, d’importants renforts sécuritaires avaient afflué vers la région d’El Oued. Concernant les « manœuvres » du pouvoir, le chef de la section du CNDDC d’El Oued, Rachid Aouine, qui avait été arrêté il y a trois jours, puis relâché, nous a déclaré que l’administration avait ordonné à des pseudo-représentants de la société de diffuser des communiqués pour contrer le CNDDC.

Et de préciser : « Le wali d’El Oued a tenu jeudi dernier une rencontre avec les associations des quartiers de la ville pour discuter des problèmes du développement de la commune du chef-lieu. Ce propos du wali qui a qualifié notre mouvement pacifique de désordre n’était qu’une action visant à nous déstabiliser. »

Concernant son arrestation, il a affirmé : « L’opération d’arrestation nous a beaucoup servis en renforçant les liens entre nous. » Par ailleurs, le coordinateur national du CNDDC, Tahar Belabès, nous a déclaré que son comité revendique un dialogue sérieux avec ceux qui décident réellement. Et d’ajouter : « Nous sommes en train de mobiliser les jeunes dans toutes les wilayas du pays pour que le pouvoir accepte de dialoguer avec nous et qu’il trouve des solutions sérieuses à nos problèmes. » Il a également indiqué que sa coordination voudrait être un partenaire incontournable, ajoutant que si le pouvoir continue de manœuvrer, « les choses nous échapperont et nos revendications seront d’ordre politique ». Et d’insister : « Le CNDDC exige l’ouverture immédiate d’un dialogue avec les représentants de la coordination, et ce, pour faire échouer toutes les manœuvres et manipulations. Nous savons que le pouvoir refuse toujours de nous voir comme interlocuteurs. Que l’on ne compte pas sur nous pour baisser les bras et nous décourager. » Par ailleurs, des membres du CNDDC ont indiqué dans leur discours que les portes du dialogue avec les responsables locaux sont toujours closes.

Selon les organisateurs de ce mouvement de protestation, une marche pacifique aura lieu le 9 avril prochain à Ghardaïa chapeautée par la Ligue algérienne de défense des droits de l’homme pour dénoncer l’arrestation et la détention de 10 membres de cette ligue. Les mêmes représentants ont insisté sur le fait que les démonstrations se feront dans la rue jusqu’à ce que le pouvoir accepte de dialoguer avec les représentants du CNDDC.

Leur presse (Youcef Rezzag Salem, ElWatan.com, 31 mars 2013)

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[Poitiers] « Pire que le bruit des bottes, le silence des pantoufles »

Poitiers. Tags antimilitaristes à l’Armée de l’Air

La façade du bureau d’information de l’Armée de l’Air, avenue de la Libération à Poitiers, a été couvert d’inscriptions antimilitaristes dans la nuit de jeudi à vendredi. Une enquête est en cours pour tenter d’identifier les auteurs de ces tags. Selon la police, aucun autre établissement militaire n’a été visé.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/219.jpg

Toute la façade de l’immeuble a été maculée.

La même nuit, d’autres tags, hostiles ceux-là à l’aéroport nantais de Notre-Dame-des-Landes ont été peints sur des murs de l’hôtel-de-ville de Poitiers. Ils ont été effacés par les services municipaux.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (lanouvellerepublique.fr, 30 mars 2013)

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:41

PSA proposerait aux syndicats d’augmenter la durée du travail dans ses usines

La direction de PSA envisage de proposer dès le mois de mai aux syndicats d’augmenter la durée du travail dans certaines usines, après la ­validation de son plan de restructuration, qui inclut la fermeture de l’usine d’Aulnay, écrit vendredi 29 marsLe Figaro.

“La direction souhaiterait augmenter le temps de travail dans la journée et, le cas échéant, supprimer le travail de nuit, qui coûte de 20 % à 30 % plus cher”, affirme une source interne au Figaro. Ces mesures pourraient être proposées dans l’usine de Poissy (Yvelines), spécialisée dans la construction de petites voitures (208, C3).

Confronté à la baisse des ventes sur son principal marché, le groupe a prévu de supprimer plus de 11’200 postes entre 2012 et 2014 en France. À la fin de mai 2012, les effectifs dans l’activité automobile du groupe s’élevaient à 67’112 postes. Ils devraient fondre en dessous de 56’000 d’ici à la mi-2014.

BAISSER LES COÛTS DE REVIENT PAR VOITURE

Selon Le Figaro, le dernier comité central d’entreprise portant sur le plan de restructuration devrait avoir lieu le 19 avril. Les départs pourraient commencer immédiatement après, imagine le groupe, tout en gardant à l’esprit les actions en justice menées par la CGT et SUD.

La direction a déjà fait part aux syndicats de manière informelle, selon le quotidien, de sa volonté de mener ces discussions. “Plutôt que d’alourdir le plan de restructuration, la direction va continuer à réduire les effectifs par des départs non remplacés et veut baisser les coûts de revient par voiture”, dit un syndicaliste au Figaro. Il s’agirait de baisser de 600 euros le coût de production d’une voiture en France, en augmentant la durée de travail des équipes de jour, d’une heure ou une heure et demie dans le cas de Poissy, et en ouvrant les usines le samedi.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr, 30 mars 2013)

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:40

Pourquoi le mouvement des chômeurs est passé aux menaces

Après les violences de la semaine, Yahia Bounouar, journaliste indépendant qui suit le mouvement des chômeurs depuis plus d’un an, raconte de l’intérieur les évolutions qui conduisent la Coordination à hausser le ton face aux autorités.

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Jeudi 5 juillet 2012. Avec une trentaine de ses camarades venus de plusieurs wilayas du pays, Tahar Belabès organise un rassemblement sur la place du 1er Mai à Alger. Malgré le surprenant et imposant cordon sécuritaire, les manifestants s’installent sur la place et tiennent leur sit-in pendant près d’une heure. Ils seront ensuite interpellés et passeront la journée dans différents commissariats de police de la capitale. Cet événement marquera la véritable naissance de la Coordination nationale pour la défense des droits des chômeurs. En effet, jusqu’à cette date, la CNDDC fonctionnait sous l’aile du Syndicat national autonome des personnels de l’administration publique (Snapap).

Le rassemblement du 5 juillet est la première action organisée, contre l’avis du Snapap. Le scénario se répétera une seconde fois en février 2013. Fin janvier, le syndicat, avec d’autres organisations, décide d’un rassemblement devant le ministère du Travail pour le 25 février, évitant soigneusement le 24, date anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures en 1971. Aussitôt, Tahar Belabès annonce, au nom de la CNDDC, une marche entre Ouargla et Hassi Messaoud pour le 24 février. C’est un double défi, et il le sait. Le noyau de militants change dès lors de stratégie et de tactique. Alors qu’auparavant, il se contentait de communiquer sur internet et de s’appeler les uns les autres au téléphone réunissant quelques dizaines de militants, ils décident cette fois-ci de s’organiser.

Terrain

Une première réunion installe un groupe chargé de préparer la marche : sécurité, communication, affichage, logistique, etc. En parallèle, des réunions sont organisées dans chaque quartier de la ville qui désigne chacun un représentant pour les réunions de préparation. Un appel à la cotisation est lancé et chacun y va de son petit billet. Des tracts sont imprimés, des gilets pour les personnes chargées de la sécurité sont achetés, les slogans sont validés et les banderoles immédiatement préparées. Le 24 février 2013, c’est la surprise. Plusieurs milliers de jeunes marchent sur Hassi Messaoud. Ils seront bloqués au bout de 25 km au barrage fixe à la sortie de la ville et se disperseront dans le calme. Pas un seul geste de violence n’est signalé.

La CNDDC a relevé le défi. Le lendemain à Alger, le rassemblement devant le ministère ne regroupera, comme d’habitude, que deux à trois cents personnes. Le succès de la marche du 24 février amène avec lui, paradoxalement, son lot de pressions, de menaces et d’intimidations. Tahar Belabès et le noyau de militants qui l’entoure ne connaissent qu’une seule réponse : le terrain. Forts de l’expérience du 24 février, ils décident alors de lancer un appel à un rassemblement « Millioniya » pour le 14 mars sur la grande place face à l’APC, rebaptisée, symboliquement « place Tahrir ». Inquiets, paniqués pour certains, les dirigeants locaux et nationaux, plutôt que de prendre conscience de la colère des jeunes et d’ouvrir des discussions, versent immédiatement dans la manœuvre. Les jeunes sont accusés de faire dans la sécession, d’être manipulés par « une main étrangère » et par l’éternel épouvantail : « les islamistes ».

Propagande

Le samedi 9 mars, un quotidien arabophone proche du régime accuse même le leader du mouvement, Tahar Belabès, d’avoir préparé le rassemblement du 14 mars en Suisse alors que celui-ci ne dispose pas de passeport. « Ils le savent, dit-il, mais qu’importe, le démenti sera publié après le rassemblement, le but étant de casser la mobilisation. » C’est ce qui se passera effectivement, le démenti ne sera publié que le vendredi 15 mars. Le lundi 11 mars, la télévision offshore organise, avec des élus locaux et le wali, une émission en direct de Ouargla, en présence de quelques jeunes présentés comme des dissidents de la CNDDC au cours de laquelle est annoncée l’annulation du rassemblement.

Cette campagne de propagande et d’attaque aura l’effet inverse et amplifiera le mouvement de sympathie pour les jeunes de la CNDDC et notamment pour Tahar Belabès. Résultat, le 14 mars, des milliers de personnes répondent à l’appel des chômeurs. Le rassemblement est un succès. La presse nationale et internationale couvre l’événement. Le lendemain, en visite dans une autre ville du Sud, à Béchar, le Premier ministre emboîte le pas et reconnaît la légitimité des revendications des jeunes de Ouargla. Face à ce retournement, les comités de wilaya de la CNDDC s’enflamment. À Ménéa, Adrar, Metlili, Djelfa, Médéa, les rassemblements se multiplient. À Laghouat, les jeunes chômeurs appellent à un grand rassemblement pour le samedi 23 mars, ceux d’El Oued pour le 30, Batna pour le 4 avril.

Dialogue

Le lundi 18 mars, alors que les préparatifs pour Laghouat s’accélèrent, Tahar Belabès est contacté pour rencontrer de hauts responsables, dont le Premier ministre. Ne refusant pas le dialogue, il répond qu’il doit s’organiser et consulter sa base, constituer une délégation nationale et préparer une plate-forme de revendications. Pendant ce temps, un groupe d’une quarantaine de députés, envoyé par les autorités, organise une série de conférences dans les wilayas. Partout, ils seront chassés par les jeunes et leurs conférences seront annulées : à Laghouat d’abord, puis à Ghardaïa, à Metlili et enfin à Ouargla. Devant l’affront, ils mettront fin à leur mission. Le 23 mars, le second grand rassemblement à Laghouat est également un succès mais aussi et surtout une démonstration de la capacité des jeunes à s’organiser et à occuper pacifiquement l’espace public. C’est ce qui fait peur aux autorités.

À partir de cette date, alors que les militants s’attendaient à l’ouverture d’un dialogue de la part des autorités, ils sont surpris par la montée en puissance de la répression. À Ouargla, les gendarmes chargent violemment un rassemblement pacifique de quelques centaines de chômeurs. À Ghardaïa, le rassemblement vire à l’affrontement, et le 26 mars, 18 militants sont arrêtés et tabassés. Huit d’entre eux sont emprisonnés. Sur le terrain, ce sont les « agents » du régime qui poussent les jeunes à la violence. La CNDDC, qui appelaient au dialogue dans ses précédents communiqués, hausse le ton.

Diviser

Accusant les autorités « d’utiliser la violence pour discréditer un mouvement qui revendique ses droits de manière pacifique », la CNDDC menace de « sortir dans la rue dans différentes wilayas et fait porter aux autorités l’entière responsabilité des éventuels dérapages ». Tahar Belabès n’en croit pas ses yeux : « Le régime a utilisé toutes les cartes contre nous : régionalistes, sécessionnistes, main étrangère et maintenant il utilise la violence. Je me retrouve avec mes camarades à calmer les jeunes au moment où les représentants de l’État les poussent à la violence. C’est incroyable. À Ghardaïa, le régime tente de diviser les Mozabites et les Arabes, mais ça ne fonctionnera pas. Après le rassemblement d’El Oued, prévu le 30 mars, nous préparons un autre rassemblement “Millioniya” pacifique, à Ghardaïa, en solidarité avec nos camarades arrêtés. »

Entre ces jeunes, ces chômeurs, qui n’ont plus rien à perdre et qui viennent de donner une leçon magistrale à tous en réussissant, pacifiquement, à redonner aux luttes sociales et politiques de la dignité et de la vivacité et un régime qui semble totalement dépassé et incapable de réagir, le bras de fer est engagé.

Leur presse (Yahia Bounouar, ElWatan.com, 29 mars 2013)

 

Le comité des chômeurs ne baisse pas les bras
Une nouvelle marche pour se faire entendre

Après Ouargla et Laghouat, c’est à la place Maquam Echahid de Oued Souf qu’une manifestation est prévue aujourd’hui.

Deux semaines après le succès du rassemblement de Ouargla qui avait recentré le débat autour du chômage et battu en brèche les tentatives de division et de court-circuitage de la lutte des chômeurs du Sud, accusés de séparatistes répondant à des agendas extérieurs, la Coordination nationale de défense des droits des chômeurs (CNDDC) est à la croisée des chemins aujourd’hui, le sit-in prévu à El Oued est une nouvelle mise en garde pour le gouvernement.

La violence de la répression policière et le brouillage des cartes ont décuplé la pression sur les épaules de Tahar Belabès qui lance une réorganisation des troupes et un recentrage des efforts sur l’essentiel pour contrecarrer les tentatives de déstabilisation du mouvement des chômeurs. Ainsi, au moment où la CNDDC, initiatrice du mouvement de protestation des chômeurs du Sud, s’apprêtait à nommer des délégués les représentant de chaque wilaya pour entamer des négociations avec le gouvernement et au lendemain des troubles de Ghardaïa, une rencontre à Alger a regroupé des chômeurs et des notables de Ouargla et Ghardaïa et les ministres de l’Intérieur, de l’Agriculture et des Ressources en eau. Une rencontre sous le sceau du secret, dont aucune image ou déclaration n’a filtré, hormis un communiqué succinct à l’APS faisant état « de la poursuite des rencontres périodiques pour cerner les aspects socioéconomiques relatifs à l’emploi ».

Rien ne semble donc avoir changé depuis le rassemblement de Ouargla, puisque le gouvernement continue ses réunions techniques où des décisions unilatérales sont communiquées aux mêmes interlocuteurs, des chômeurs et des notables triés sur le volet, sans cesse décriés par ceux qui occupent la rue et dont certains ont été renvoyés de la place « Tahrir » deux semaines plus tôt. Les différents communiqués de la CNDDC ont simultanément réagi aux événements via les réseaux sociaux, soulignant l’inadéquation des réponses du gouvernement : une main de fer qui réprime tant à Ouargla qu’à Ghardaïa, où des militants des droits de l’homme et des chômeurs sont violemment arrêtés, traduits devant les tribunaux et privés de leur liberté, et la langue de bois habituelle devant une assistance en mal de représentativité. Dénoncer la répression et les représentants sélectionnés par le gouvernement, communiquer à propos des prochains rendez-vous, tels sont les objectifs du moment, explique Tahar Belabès.

Entre-temps, le troisième rendez-vous annoncé par la CNDDC est en branle. Rien ne semble entamer la volonté de ces chômeurs décidés à aller jusqu’au bout de leur démarche en déplaçant leur manifestation pacifique à travers plusieurs wilayas. Ainsi, après Ouargla et Laghouat, c’est à la place Maqam Echahid de Oued Souf que la troisième « Milionya » se déroulera aujourd’hui. Rachid Aouine, un organisateur interpellé puis relâché en début de semaine par la police, a tenu à tranquilliser les esprits et confirmer, via les réseaux sociaux, le maintien de ce rassemblement que beaucoup donnaient pour annulé. De même que pour les précédents rendez-vous, les rumeurs vont bon train et tous les coups sont permis pour dissuader les marcheurs. Mais le rassemblement d’El Oued aura bien lieu et revêt même une importance vitale pour la CNDDC dont l’objectif de l’heure est de démontrer, si besoin est, sa cohésion, sa mobilisation et le maintien de ses revendications.

Leur presse (Houria Alioua, ElWatan.com, 30 mars 2013)

 

Ghardaïa : 17 personnes devant la justice

Les 17 militants des droits de l’homme et manifestants arrêtés, mardi, lors des affrontements avec les forces de l’ordre, ont finalement été présentés hier après-midi devant le tribunal de Ghardaïa.

La présentation des prévenus s’est poursuivie jusqu’à une heure tardive de la soirée en l’absence de la presse locale, dont les représentants ont été empêchés d’assister à l’audience. L’ambiance reste tendue après les violents affrontements de la veille entre policiers et jeunes de la ville de Ghardaïa, la vallée ayant renoué avec les émeutes après le tabassage en règle et l’arrestation de plusieurs militants des droits de l’homme et membres du Comité national des droits de chômeurs (CNDDC) qui ont tenté d’empêcher la tenue de la traditionnelle fête du tapis dans la capitale du M’zab, appelant les autorités locales à s’occuper plutôt des problèmes des jeunes chômeurs. Une nombreuse foule s’est rassemblée dès les premières heures d’hier pour dénoncer ces arrestations et réclamer la libération des détenus tant devant le siège de la sûreté de wilaya que le tribunal de Ghardaïa.

Selon un communiqué signé Abouna Brahim du bureau local de la Ligue des droits de l’homme de Ghardaïa, « alors que tout le monde s’attendait à une remise en liberté des détenus de la veille en guise de mesure d’apaisement, toutes les tentatives de s’enquérir sur leur état de santé se sont soldées par une fin de non-recevoir de la part des responsables de la sûreté de la wilaya et du parquet qui ont refusé d’accorder toute audience ou droit de visite aux familles ainsi qu’aux membres de la LAADH ». L’état de santé de Soufghalem Kacem, membre de l’Observatoire des droits de l’homme inquiète sa famille et ses amis qui tiennent à dénoncer la provocation des forces de l’ordre et leur intervention musclée, ce qui a choqué les manifestants et engendré de graves blessures chez plusieurs d’entre eux.

Leur presse (Houria Alioua, ElWatan.com, 28 mars 2013)

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:39

Gafsa : Des jeunes chômeurs en colère saccagent un bureau d’Ennahdha

La nuit du mercredi 27 mars a été très chaude à Mdhilla, cité minière du gouvernorat de Gafsa. En effet, des affrontements auraient opposé des jeunes chômeurs de la région et des forces de l’ordre, ces dernières ayant fait usage des bombes lacrymogènes pour calmer les jeunes en furie.

Selon nos informations, les jeunes ont attaqué le siège du parti Ennahdha, saccageant au passage mobilier et détruisant des documents.

Ces affrontements ont commencé lorsque des jeunes sans travail ont barré la route menant au site minier pour empêcher les travailleurs de s’y rendre. On dénombre des blessés et quelques arrestations du côté des manifestants.

Presse contre-révolutionnaire (Mohamed Farouk, Directinfo, 28 mars 2013)

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:32

Du doux confort de l’indignation

« Indignez-vous !« 

Ah, voilà bien deux mots qui vont résonner encore longtemps à nos oreilles. Après le succès mondial de l’ouvrage de Stéphane Hessel et son récent départ, le mot indignation n’est pas près de nous quitter. Tout le monde est désormais indigné, les motifs ne manquant pas : injustices, désinformation, WiiU… chacun trouve une bonne raison d’être outré et de crier sa colère.

Oui, mais alors pas trop fort. C’est qu’il ne faudrait pas déranger ma bonne dame.

Car depuis la fin des indignés, ces immenses rassemblements de jeunes gens venus clamer leur colère un peu partout dans le monde sous les symboles du pouvoir (bourses, places d’armes, pas de ma porte), il est de bon ton de s’indigner en ligne et pas plus, depuis le confort de son fauteuil, en faisant les gros yeux à son écran. Nul doute que celui-ci tremble.  Car entre les pétitions online rassemblant 687 signatures avant qu’une version identique ne soit créée sur un autre site et ne disperse les troupes, le militantisme se résumant à cliquer sur j’aime à chaque publication de son camp pour faire tourner la bonne parole ou les articles hurlant à l’injustice avant que leur propriétaire ne retourne pioncer, il y a quand même le choix.

Ainsi, hier, quelques lecteurs et lectrices me firent l’honneur de me faire suivre unarticle indigné, repris par de nombreux médias en ligne, faisant état d’un problème intéressant : le sexisme dans le jeu vidéo. Rassurez-vous, nous n’allons pas rentrer dans un autre article sur le sexisme de suite, ni parler de l’auteur qui a réussi l’exploit, une heure après avoir posté la bête, de réutiliser tous les arguments qu’elle reprochait à l’ennemi, donnant un excellent prétexte aux grognons de sa critique pour la passer sous le tapis quand bien même le contenu était fort intéressant, et plutôt nous concentrer sur cette formidable capacité d’indignation dont font preuve nos comparses, de préférence sur leurs heures de boulot parce que Facebook à la maison, ça n’a pas la même saveur.

Prenons un exemple simple : Frites Boy et ses joyeux compagnons.

1 million de likes contre un chiot, 2 millions est c’est un tigre nourri au yaourt qui est livré sur place après avoir été excité avec un bâton

Ne vous inquiétez pas : les marmots ont bien évidemment eu leur million de likes, parce que Facebook s’est mobilisé pour qu’une petite famille ait son chiot et non simplement une distribution de torgnoles comme je l’avais proposé en proposant sur kick-starter de financer une compagnie de mercenaires pour aller gifler des gens sur commande où qu’ils soient dans le monde. Non, je ne suis pas jaloux du tout de leur million de mobilisés, arrêtez avec ça. D’ailleurs, vous savez ce que ça représente, un million de likes ? Le nombre de personnes qui doivent se mobiliser, fut-ce en ligne justement, pour proposer des « Initiatives Citoyennes Européennes« , à savoir des propositions qui invitent si elles atteignent ce score, la Commission Européenne à faire une proposition de loi applicable à tous les pays de l’Union Européenne (et oui, l’aide humanitaire faisant partie des compétences de l’UE, on aurait pu larguer des chiots sur différents pays du tiers-monde, soulageant temporairement la famine locale).

Une proposition de loi qui peut changer la vie de 500 millions d’habitants, voire créer un exemple mondial ? Attendez, c’est quand même drôlement moins intéressant qu’un chiot pour Frites Boy. D’ailleurs, on pourrait supposer qu’une telle arme serait utilisée massivement par les millions de militants en ligne qui postent régulièrement des choses à base de « Qui osera partager ?« , mais non : à l’heure actuelle, malgré la horde des courageux indignés 2.0, seules 14 consultations de ce type sont en cours.

C’est peu, hein ? Je trouve aussi. Et bizarrement, je ne vois jamais de propositions de ce genre tourner : faudrait pas être concret.

Comme quoi, même avec des outils en ligne pour agir concrètement, nos indignés de Facebook et Twitter en restent surtout au vieux râlage, parce que s’il faut commencer à agir vraiment, pfouuulala. Ça va bien demander une journée de travail, et là, bon, hein. Autant faire, au mieux, 62 pétitions sans valeur juridique sur un même sujet : on pourra aller se coucher en se disant qu’on a participé à construire un avenir meilleur. Ou une flash-mob rigolote, genre un harlem-shake (ma compagnie de mercenaires aurait définitivement eu du travail), huhuhu.

Sauf que non.

Informer, c’est bien : cela peut amener des lignes à bouger, des choses à être prises en compte, mais agir, c’est pas mal non plus. Non parce que sinon, nous serions toujours sous une monarchie. Et les héros du web ont beau relayer les « révolutions arabes grâce à Facebook« , curieusement, tout le monde se souvient des gens qui se sont immolés ou pris des balles ; drôlement moins de ceux qui ont posté des articles à aimer sur leur mur. On se souvient tous que Mouammar Kadhafi a vu sa dictature s’arrêter grâce à un relais massif de gif de chatons, c’est connu. Le web a son rôle, le monde réel aussi. Et si l’un peut faire remuer l’autre, se contenter d’un pantouflage numérique n’est guère glorieux.

Dans leur genre, les Anonymous sont d’ailleurs très forts, n’hésitant pas à poster des vidéos où ils crient presque victoire et où ils expliquent qu’il faut continuer à les soutenir depuis chez soi sans quitter son fauteuil : tout va bien. Ouf ! Dire qu’à un moment, j’ai cru qu’il fallait se remuer pour changer les choses : merci de contribuer à faire avancer le débat les mecs. Inciter les gens à faire du rien, c’est tellement révolutionnaire. La prochaine fois, nous verrons comment renverser le capitalisme en préparant des cookies.

Revenons-en au fameux article sur le jeu vidéo dont nous parlions plus haut. Dedans, l’auteur s’indigne – à raison – sur le fait que dans quantité de jeux, les héroïnes sont habillées en puputes/nonnes-puputes/puputes-rabouines (oui, on peut biclasser) avec un soutien-gorge avoisinant le 95K, ce qui m’indigne aussi puisque du coup la plupart des jeux ressemblent à une galerie de mes ex, mais là n’est pas le sujet. Elle ajoute, là encore à raison, que quantité de communautés et entreprises du milieu se comportent comme des groupes d’adolescents prépubères en échangeant sur des forums qui sentent bon le vieux pet, la mauvaise bière et le calembour gras et en considérant la femelle comme une cible à se faire d’une manière ou d’une autre (même si en général, la plupart de leur haine s’en ira dans un mouchoir pendant que maman est partie racheter du Biactol chez Carrefour). Pour conclure, l’auteur propose des solutions comme se plaindre en ligne, râler en ligne, voire signaler ces abus( en ligne).

Ce qui serait chouette si le monde n’était pas vaguement plus compliqué (ce qui n’a pas empêché quantité de médias de s’emparer de l’affaire en analysant pas plus loin et se contentant de dire « C’est édifiant tout de même » : oui, de l’indignation, ça c’est du vrai travail de journaliste), puisqu’un sujet n’est jamais, mais alors jamais évoqué dans ledit article sur une industrie brassant des milliards de dollars : le pognon.

Un détail, probablement. Restons en à l’indignation, c’est plus simple que de mettre les mains dans le cambouis.

LXVI

Aaah, si Twitter avait existé en 1789… (cliquez pour lire en plus grand)

Lorsqu’un patron de l’industrie du jeu vidéo se lève le matin, il ne se dit pas « Tiens, si je faisais chier aujourd’hui ! » avant de regarder Twitter en se disant « Ho non ! Des gens ne sont pas contents : vite ! Je dois changer tout cela et faire des jeux où l’on pourrait croiser des personnages féminins qui ressemblent à autre chose qu’à Nabilla sous acides !« . En général, le patron se lève, va prendre sa douche de champagne (l’enfance de l’art), puis se dit « Tiens, qu’est-ce qui va me rapporter du pognon aujourd’hui ? » et si coller des filles en minijupes fait bondir ses ventes, il se moque un peu de savoir s’il va faire plaisir à tout le monde ou non. Ce qu’il veut savoir, c’est s’il va pouvoir se payer une maison à Malibu.

Du coup, savoir que pour une personne indignée par la nouvelle poitrine de son héroïne, il vend son bousin à deux autres, ça ne le touche pas vraiment à partir du moment où ça suffit à remplir le tableau Excel de Gégé de la compta.

Et s’indigner en ligne, à moins d’appels massifs au boycott (rarement suivis, surtout dans l’industrie du loisir), ça revient un peu à se donner bonne conscience. Un peu comme filer 5€ au Téléthon une fois par an avant de laisser des partis baisser les budgets de la recherche. C’est choupi, mais ça n’aide pas vraiment à faire avancer le fond de l’affaire.

Résumons : une partie du monde du jeu vidéo utilise l’image de la femme de manière dégradante pour faire du pognon (par un curieux hasard, souvent les jeux traditionnellement majoritairement aux mâles, sûrement une coïncidence qui n’a rien à voir avec des affaires de gros sous, du coup autant ne pas en parler). Alors on dit que bon, les mecs, ça serait sympa que vous arrêtiez, parce qu’attention, on va le dire sur Twitter.

Non.

Car de manière fort amusante, dans les solutions proposées par l’article en question, probablement nourri au militantisme 2.0, il n’est jamais question d’agir à part en « signalant ». Monter sa boîte et montrer que l’on peut faire des jeux vidéos autrement ? Faire des projets dans le monde réel ? Lutter sur le même terrain ? S’engager pour changer l’industrie et passer des messages moins glauques que « Et là, tu peux appuyer sur A pour faire bouger les roploplos de la fille » (joueur de Dead or Alive, tu t’es reconnu petit fripon) Mais enfin ! Ça demanderait de remettre en jeu sa vie personnelle et professionnelle… bin non alors ! Moi je suis pour que ça change, mais sans mouiller ma chemise alors !

Vous savez, c’est un peu l’histoire du type qui crève de faim et qui d’un coup, voit quelqu’un passer dans la foule qui dit :

« Cet homme meurt de faim ! Il faut faire quelque chose !
- Bin partagez votre pain ?
- AH NON ALORS C’EST LE MIEN ! C’EST A QUELQU’UN D’AUTRE DE LE FAIRE ! »

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Si le capitaine d’industrie qui diffuse aujourd’hui un message pourri avait pensé pareil, jamais il ne serait arrivé là où il est. Et jamais il n’aurait diffusé son caca. Gueuler depuis les collines, c’est sympa, mais c’est rarement comme ça que l’on gagne la bataille, Web William Wallace.

Être indigné, c’est cool. Et sans risques, à part éventuellement celui de faire parler de soi. Mais à un moment, il faut y aller. Prenez un exemple débile : les séries policières américaines. Durant des années, on a servi la même soupe caricaturale. Un jour, un type en a marre et décide d’y aller : il propose sa propre série qui colle au terrain et montre les choses sous un autre jour pour démystifier les choses. Pouf, succès mondial, et d’autres séries – pas toutes, loin de là ! – essaient de le suivre depuis, parce qu’il a montré qu’on pouvait faire bien et autrement et a ouvert une voie. Ça s’appelait The Wire. Et ça a mieux fonctionné que plus de 30 ans de ralages de professionnels sur le n’importe quoi caricatural qui était produit.

Autant ne pas parler des exemples qui ont eu des résultats concrets : encore une fois, faudrait pas déranger.

Facebook et Twitter, ainsi qu’une certaine notion de communication ont permis de faire tourner rapidement des informations à une vitesse proprement incroyable, ce qui est très bien, même si du coup, on y retrouve aussi du n’importe quoi. Désormais, même un vieil enfumage sur le RSA peut se retrouver partagé plusieurs millions de fois avant que quelqu’un ne constate qu’il s’agit d’une sorte d’étron numérique que l’on se passait gaiement de main en main. Et les mêmes personnes qui ne répondent pas sur leur boîte mail aux spams du professeur N’Gomma qui leur propose de récupérer 8 millions de dollars à la banque de Bamako depuis le décès de feu son employeur sont les premiers à aimer la page « Bonjour, nous avons 5 Lamborghini mais il manque le filtre de protection sur le volant on ne peut donc pas les vendre. Cliquez sur j’aime et choisissez une couleur et recevez peut-être la vôtre si vous êtes notre gagnant tiré au hasard« . Parce que les réseaux sociaux sont devenus l’enfer du « J’aime » et du « Je partage » où finalement, l’important est de le faire, pas de s’inquiéter de savoir si c’est pertinent. Encore un détail.

J’ai bien milité aujourd’hui, pfou, je suis fatigué.

Alors définitivement, militantes & militantes 2.0, diffuser des choses, c’est vraiment très sympa (genre cet article, d’ailleurs si j’ai un million de likes, j’offre un cigare de ma collection à un lecteur tiré au hasard, évidemment). Continuez, il y en a besoin

Mais passer à l’action, ce serait pas mal non plus, particulièrement lorsque l’on voit tous les outils à disposition que vous n’utilisez pas pour des raisons vaguement suspectes. Vous avez des réseaux sociaux pour vous organiser et des outils pour agir. En rester au premier niveau, ça revient à suivre l’actualité : c’est bien mais ça ne changera pas le monde. En plus, râler, c’est un peu mon pré carré, alors barrez-vous de là.

Surtout qu’il faudrait vraiment une équipe de gros nases pour céder à une simple mobilisation Twitter comme de vulgaires pig…

Ho, monde de merde.

vu sur http://odieuxconnard.wordpress.com

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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 16:26

banlieue

Encore un grand moment d’histoire populaire ressorti par nos camarades du Laboratoire d’Urbanisme Insurrectionnel (l’article est en lien sur l’image): le Comité des Mal-Logés. Une lutte plus que jamais d’actualité, à mettre en parallèle avec la réflexion sur le droit au logement et l’urbanisme, la guerre aux pauvres menée dans les centres-villes, le mouvement des squats…

Le Comité des mal-logés créé en mars 1987, prend pour modèle les luttes pour le droit au logement engagées entre 1972 et 1973, par le Secours rouge et les militants de la Gauche prolétarienne : aides légales aux mal-logés, occupations illégales et autres activités placées sous le double signe de la solidarité sociale et de leur politisation. Guy Dardel, un des fondateurs de ce comité, avait d’ailleurs été un jeune militant de la Gauche prolétarienne ; puis fondateur du groupe Prolétaires pour le Communisme (PPLC), avant de créer le comité des mal-logés, avec d’autres militants de la mouvance « Autonome ». Le comité s’autodissout en 1994. Nous publions ici leur brochure datée de juillet 1991, intitulée : L’EXPERIENCE du CML

« Et aussi longtemps que subsistera le mode de production capitaliste, ce sera folie de vouloir résoudre isolément la question du logement ou tout autre question sociale concernant le sort de l’ouvrier. La solution résidé dans l’abolition de ce mode de production, dans l’appropriation par la classe ouvrière elle-même de tous les moyens de production et d’existence. »

Friedrich ENGELS |1872

Nous dédions cette brochure à :

Mr BINET, membre du Comité des Mal-logés, ancien routier, privé d’emploi, qui s’est laissé mourir en 1988, à 50 ans, dans sa chambre du 55 rue Compans plutôt que d’aller mendier des aides au bureau d’aide sociale.

Mr Mohamed KELIFATI, membre du Comité des Mal-logés, mort en 1991, à 80 ans, dans une chambre sordide, après avoir été expulsé pour la dernière fois du 13 rue du Tunnel. Il avait à cette occasion déclaré à France Culture : « Le jour où ils me relogeront ce sera au cimetière. »

Laboratoire d’Urbanisme Insurrectionnel

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 11:25

Gafsa : Des jeunes chômeurs en colère saccagent un bureau d’Ennahdha

La nuit du mercredi 27 mars a été très chaude à Mdhilla, cité minière du gouvernorat de Gafsa. En effet, des affrontements auraient opposé des jeunes chômeurs de la région et des forces de l’ordre, ces dernières ayant fait usage des bombes lacrymogènes pour calmer les jeunes en furie.

Selon nos informations, les jeunes ont attaqué le siège du parti Ennahdha, saccageant au passage mobilier et détruisant des documents.

Ces affrontements ont commencé lorsque des jeunes sans travail ont barré la route menant au site minier pour empêcher les travailleurs de s’y rendre. On dénombre des blessés et quelques arrestations du côté des manifestants.

Presse contre-révolutionnaire (Mohamed Farouk, Directinfo, 28 mars 2013)

Posted in L'insurrection tunisienne et ses suites | Tagged EnnahdhaGafsaMdhilla | Leave a comment

[Révolution égyptienne] Sit-ins du 29 mars au Caire, Alexandrie, Mahalla, Zagazig, Nasr City

Égypte : des heurts au Caire et à Alexandrie entre pro et anti-Morsi

Des heurts ont éclaté vendredi 29 mars au Caire et dans la deuxième ville d’Égypte, Alexandrie, entre opposants et sympathisants du président islamiste Mohamed Morsi, faisant dix blessés, a indiqué l’agence officielle Mena.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/235.jpg

Des manifestants anti-Morsi au Caire, le 29 mars.

Les heurts les plus violents ont eu lieu à Alexandrie où neuf personnes ont été blessées et hospitalisées à la suite d’affrontements dans le quartier de Sidi Gaber près des bureaux des Frères musulmans, le mouvement dont le président est issu, a précisé Mena citant un responsable du ministère de la santé, Khaled al-Khatib. Des forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les protagonistes, selon l’agence, ajoutant qu’opposants et sympathisants de M. Morsi ont échangé des jets de pierres et des cocktails Molotov.

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#Alexandria protestors head to FJP HQ w/ Resign Murderer signs. MB youth guard HQ, awaiting attack v Albadaiah news

30 LOCAUX DES FRÈRES MUSULMANS ATTAQUÉS CES DERNIÈRES SEMAINES

Au Caire, une personne a été blessée au cours d’une manifestation de plusieurs centaines de personnes devant la Haute cour de justice, où les protestataires réclamaient la démission du procureur général Talaat Abdallah nommé en décembre par M. Morsi. Le 22 novembre, le président islamiste Mohamed Morsi avait limogé l’ancien procureur général Abdel Meguid Mahmoud, nommé sous le président déchu Hosni Moubarak, et l’avait remplacé par M. Abdallah après s’être attribué des pouvoirs exceptionnels par décret.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/241.jpeg

At High Court. Protest of hundreds. Chanting against mourshid. Kefaya flags. #egypt

Cette décision avait provoqué une fronde au sein du pouvoir judiciaire qui avait dénoncé une atteinte à son indépendance. Mais mercredi, la cour d’appel du Caire a ordonné l’annulation du limogeage d’Abdel Meguid Mahmoud et le retour de ce dernier à son poste.

À Mahalla, une ville du centre du pays, des manifestants qui n’étaient pas parvenus à pénétrer dans des bureaux du Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ), issu des Frères musulmans, ont mis le feu à une voiture proche du bâtiment, selon Mena. Plus de 30 locaux des Frères musulmans ont été attaqués dans le pays au cours des dernières semaines lors de manifestations contre le président.

Les Frères musulmans et les salafistes dominaient l’Assemblée élue à l’hiver 2011/2012 et dissoute en juin 2012, après une décision de la plus haute juridiction d’Égypte jugeant la loi électorale anticonstitutionnelle. En décembre, des violences entre pro et anti-Morsi avaient fait 11 morts dans des affrontements devant le palais présidentiel.

Publié par le savoir-faire français (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 29 mars 2013)

 

(…) Protesters and riot police also clashed in the Nile Delta city of Zagazig,after demonstrators tried to torch a Muslim Brotherhood office. (…)

Presse contre-révolutionnaire (AP & Ahram Online, 29 mars 2013)

 

Police vehicles torched during anti-Morsi rallies in Egypt’s Mahalla

Muslim Brotherhood members in Mahalla protect their office in fear of any attack.

Tens of protesters in Egypt’s industrial city of Mahalla torched a police vehicle on Friday, during demonstrations against president Mohamed Morsi.

The march was part of a nationwide call to protests the recent summoning of several activists by the prosecutor-general.

Members of the Muslim Brotherhood in Mahalla for their part have formed human chain around the building where the headquarter is located in, for fear of any potential assaults.

Last Friday’s the Brotherhood’s Freedom and Justice Party office was attacked with Molotov cocktails that set the building alight.

Presse contre-révolutionnaire (Ahram Online, 29 mars 2013)

 

April 6 protesters clash with police Friday

Four arrested and dozens injured as hundreds of April 6 Youth Movement members taunt interior ministry at a protest in Nasr City, Cairo

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/245.jpg

April 6 protesters taunt police be holding up underwear

Clashes broke out between hundreds of protesters and police in the early hours of Friday in front of the residence of Egypt’s interior minister in Cairo’s Nasr City district, Ahram’s Arabic-language news website reported.

Around 400 members of the April 6 Youth Movement staged a protest at dawn on Friday against what they describe as heavy-handed tactics employed by Egypt’s interior ministry. They also demanded the release of fellow activists who were arrested during a recent attack by security forces on Tahrir Square.

Police forces fired teargas to disperse the crowd who were chanting against Egypt’s interior minister, Mohamed Ibrahim, and his crackdown on protesters and political activists.

Dozens suffered from asphyxiation due to the dense volleys of teargas fired. The group claimed at least two of its members were injured by birdshot pellets.

Four were arrested after some protesters deployed derogatory chants against the ministry, describing it as a “prostitute” while holding aloft underwear.

In a statement issued early on Friday, the April 6 Youth Movement’s Democratic Front condemned the brutality and repressive measures used by the interior ministry.

“Such violence and abuse from police will never pass unnoticed,” read the statement. “Any bloodshed [of our members] will lead to an outrage that neither the interior ministry nor the regime has seen before.”

On Wednesday, 53 activists were arrested when security forces raided Tahrir Square and removed barriers erected by protesters which were obstructing traffic. Activists returned shortly afterwards and again closed the square off to traffic.

Anti-government activists have held an intermittent sit-in in Tahrir Square since 22 November, when President Mohamed Morsi issued a highly controversial presidential decree that temporarily shielded his decisions from judicial oversight.

Presse contre-révolutionnaire (Ahram Online, 29 mars 2013)

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A L’Assaut Du Ciel!

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