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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 16:03

 

 

C est la guerre ?

 

bulletin numero 115 - Janvier 201

 


C’est la guerre ?
RESISTONS ENSEMBLE / bulletin numéro 115 / Janvier 2013
 

 

 

- C’est la guerre ?

- [ C H R O N I Q U E D E L ’A R B I T R A I R E ]
Un système colonial qui ne dit pas son nom
Le petit doigt coupé en GAV 
Une balle dans la jambe pour absence de ticket 
« Bavure » sans frontière
Mohamed Boukrourou : la justice complice
La police travaille, la justice aussi
Walid, battu et gazé
16 heures de « retenue » pour les nouveaux parias 
Europe : demandeurs d’asile = criminels potentiels ? 
Le D.A.L de Bordeaux face à la violence policière
Tours : flics violents, profiteurs, juges complices

- [ R I P O S T E dans les quartiers populaires ]
Elbeuf - Grigny - Bagneux 

- [ A G I R ]
Camera sous surveillance !
Parapluie –paraflic 
Pour Abdelhakim Ajimi 
Liberté pour les prisonniers de Villiers-le-Bel 
La mort de Wissam… la mobilisation continue 




C’est la guerre ?

« Les intrusions policières répétées au sein des écoles, les arrestations injustifiées de parents – sous les yeux des enfants -, les séparations forcées et traumatisantes […], l’isolement des enfants dans des zones d’attente avant expulsion sont autant de gestes d’inhumanité délibérées de la part d’un gouvernement [qui] se targue d’expulser du territoire 30 000 personnes comme on brandit des scalps ». Extrait du communiqué du secrétariat national du PS en soutien à la formation du Réseau Éducation Sans Frontière en janvier 2009. Langage de faux cul cynique, le PS au pouvoir fait exactement la même chose qu’il reprochait à Sarkozy. 
Depuis le 2 novembre 2012 des dizaines de sans-papiers, organisés dans leCollectif de Sans-Papiers 59, sont en grève de la faim pour leur régularisation à Lille. Une partie d’entre eux a abandonné, mais le bras de fer dure encore et encore. Dans la rue, dans les églises et la mairie successivement occupées, les hôpitaux pour exiger des soins vitaux, l’aéroport contre les expulsions, les actions de solidarité à Paris notamment, ciblant le siège du PS et l’ambassade du Vatican. Ils campent maintenant devant l’église Saint-Maurice à Lille. C’est une guerre ouverte où la vie est en jeu donc. Où les représentants de l’église catholique peinent gravement à aider leurs prochains, quand leurs appels aux flics finissent entre autres par deux expulsions vers l’Algérie. Où le pouvoir socialiste est tout aussi assassin qu’un autre. Derrière le masque de Martine Aubry, c’est le visage hideux de Margaret Thatcher qui se profile. Elle qui déclarait face à Bobby Sands (et les 9 autres prisonniers irlandais grévistes de la faim) en train de mourir en 1981 qu’« il a choisi de s’ôter la vie ». Ne pas s’alimenter est un acte de révolte, mais qui touche au désespoir, c’est sûr. C’est l’arme à double tranchant que les grévistes lillois ont choisi, mais qui ne semble pas encore atteindre la préfecture… Cette guerre on la retrouve autour de l’île italienne de Lampedusa, dont la mairesse a déclaré le 29 décembre 2012 que le cimetière des noyé-e-s qui n’ont pas réussi à traverser la Méditerranée était plein, que déjà 21 de ces personnes retrouvées ont été enterrées sur l’île depuis son élection six mois plus tôt. Ajoutant qu’elle était« de plus en plus convaincue que la politique d’immigration européenne considère ce tribut en vies humaines comme un moyen de modérer les flux, voir comme un moyen de dissuasion. » C’est ce niveau et cette nature d’hostilité et de volonté qu’il faut arriver à saisir pour mieux riposter, tout en essayant de garder la tête froide.

> [ C H R O N I Q U E D E L ’A R B I T R A I R E ]


Un système colonial qui ne dit pas son nom
Une déléguée syndicale de la UEC-UGTG des Antilles (Guadeloupe) est poursuivie depuis 2009. Sa seule « faute » est d’avoir dénoncé, au cours d’un meeting, le système de domination des Békés dans sa langue natale : le créole. Le 13 décembre elle comparaissait pour la 4e fois devant un tribunal. Cette obstination dans les poursuites de Régine D., alors qu’elle pouvait bénéficier d’un non-lieu, relève d’une répression syndicale et coloniale. 

Le petit doigt coupé en GAV 
Dylan est un jeune garçon de 17 ans qui habite le quartier Rouher à Creil. Samedi 22 décembre, un copain lui prête un scooter, à 22h il se fait contrôler par les flics. Le scooter est un engin volé, Dylan finit en GAV. Le lendemain après-midi il est amené aux toilettes, il demande à changer de cellule, car la sienne sent trop mauvais. Les flics refusent, le bousculent et le poussent violemment dans l’ancienne, ils claquent la porte sur son petit doigt. « Je leur ai crié trois fois, mais j’ai dû leur montrer ma main ensanglantée à la caméra pour qu’ils rouvrent la porte ». Une phalange est restée dans le bâti. À l’hôpital le médecin pense qu’elle a été trop écrasée pour permettre une greffe, Dylan aura un pourcentage d’infirmité. Sa mère a porté plainte. 

Une balle dans la jambe pour absence de ticket
Un homme de 20 ans est contrôlé à bord d’un train, il n’a pas de ticket. Il sera débarqué au Mans où l’attendent des flics venus l’interpeller. Le jeune homme s’enfuit sur les voies, après 20 minutes de course poursuite, des tirs de flash-balls d’un côté et des jets de ballast de l’autre, un policier décide de dégainer son arme de service et de tirer dans la jambe du fuyard. Pour sa hiérarchie il a réagi à une « menace grave » et en « condition de légitime défense ». C’est le 2e cas de tir à balle réelle en un mois de la part de flics du Mans. 

« Bavure » sans frontière
la France a toujours été en pointe dans la création d’outils d’ingérence néocolonialiste. On peut citer les officiels médecins, reporter et avocat sans frontière, mais l’officieux « bavure » sans frontière vient de montrer au grand jour son visage immonde dans un simulacre de procès. À la cour d’assises de Paris, 4 militaires sont dans le box des accusés. Un grand ponte, le général Henri Poncet qui a donné l’ordre d’exécution, a déjà bénéficié d’un non-lieu avant le procès. Le 13 mai 2005 en Côte d’Ivoire des sbires de l’opération française Licorne étouffaient Firmin Mahé au moyen d’un sac-poubelle. Il aurait été le chef présumé d’une bande armée accusée de crimes dans la zone de confiance qui séparait le sud du pays contrôlé par le gouvernement et le nord occupé par la rébellion. Cette affaire aurait pu s’achever comme tant d’autres, mais un chasseur alpin lâchera le morceau. Au final 3 des 4 assassins ont été condamnés a des peines insignifiantes : 3 ans de prison avec sursis et 2 non-lieux, eh oui, on ne touche pas à « la grande muette ».

Mohamed Boukrourou : la justice complice
Mohamed avait 41 ans lorsqu’il a été tué par la police durant son interpellation le 12 novembre 2009 à Valentigney dans le Doubs (voir RE n°81, déc. 2009). Malgré les témoignages qui parlent de quatre flics dans le fourgon assis sur le père de famille, les traces visibles sur le visage du défunt « Il avait la joue droite éclatée, et comme râpée, les yeux avec des coquards, l’arcade droite enfoncée, une oreille abîmée », les constatations des légistes qui ont découvert une « compression de la cage thoracique » la justice a décidé de ne pas juger l’affaire : encore un non-lieu…

La police travaille, la justice aussi
Chaïn, ce lycéen en 1ère ES interpellé en octobre dernier par la BAC de Sucy-en-Brie avait porté plainte pour violences policières (voir le n° 113, nov. 2012). Une enquête préliminaire rondement menée, doit-on préciser que c’est la police qui enquête sur la police, vient de classer l’affaire : sans suite… Rien d’anormal donc, la police est violente, mais c’est son travail. Ce que ce même scénario tant de fois répété nous laissait présager dans le numéro de novembre semble se produire finalement, encore une affaire à enterrer ? Une nouvelle plainte avec constitution de partie civile est envisagée, à suivre…

Walid, battu et gazé
Dans la nuit du 9 au 10 décembre deux couples d’amis remontent les Champs Élysées. Passé l’Arc de triomphe, la police contrôle le véhicule. Le jeune homme au volant semble faire l’objet d’une annulation de permis. Les policiers l’emmènent au commissariat du XVIIe pour des vérifications. Les trois autres restent sur place lorsqu’une seconde patrouille débarque. Un des flics donne volontairement un coup d’épaule dans le dos du jeune homme en passant. Walid qui demande du respect est gazé en pleine face, tombé au sol il reçoit des coups, perd connaissance. Les flics partent sans plus d’explication. La copine de Walid appelle les pompiers qui réanimeront le jeune homme. Une plainte a été déposée. 

16 heures de « retenue » pour les nouveaux parias 
La garde à vue pour des sans-papiers étant annulée, il fallait trouver une astuce légale, en dehors du code pénal, pour que cette catégorie de la population puisse être arrêtée quand même au motif de ne pas avoir des papiers. La gôche l’a trouvée. Le décret sur la garde à vue, pardon, « retenue » spéciale sans-papiers vient d’être publié. Désormais, pendant 16h, les nouveaux parias de la société peuvent être détenus, pour les harasser, en vue de préparer leur éventuelle expulsion. Pour camoufler cette infamie, le pouvoir a aboli « le délit de solidarité » ce qui est une bonne chose, mais attention, il a gardé des combines pour pouvoir l’appliquer le cas échéant. 

Europe : demandeurs d’asile = criminels potentiels ? 
Vous connaissiez « l’Eurodac » ? C’est un fichier qui, depuis 2003, stocke les empreintes digitales des demandeurs d’asile âgés de plus de 14 ans. La commission des Libertés civiles du Parlement européen a donné son feu vert pour son utilisation par les services de police. Ce n’est pas anodin. Comme l’a déclaré son rapporteur : « Les autorités de répression dans les États membres pourront comparer les empreintes digitales des scènes de crime avec celles stockées dans Eurodac, ce qui permettra une identification des suspects, victimes et témoins plus rapide et efficace. » Ce qui signifie en clair que les demandeurs d’asiles ne seront pas « seulement » persécutés en tant que tels, mais aussi suspectés d’office comme auteurs de crimes. 

Le D.A.L de Bordeaux face à la violence policière
Le 22 décembre les membres du D.A.L de Bordeaux et des sympathisants avaient décidé de mettre en application la loi de réquisition. L’immeuble visé était un bâtiment public, espace salubre et vide depuis des années. Moins de 45 minutes après que ce lieu soit ouvert les forces de l’ordre tambourinaient à la porte. Aucune négociation, ordre fut donné par le commissaire de charger. Par l’embrasure, un bras s’est tendu et a balancé du gaz. Les policiers sont alors entrés et plusieurs personnes ont été violentées dont deux prises à partie par des bacqueux ultra-violents et agressifs.
Au final, pas de blessés graves, pas d’arrestation, du gaz, des coups et un bâtiment barricadé au cas où des pauvres voudraient y trouver refuge ! Quel changement… Les détails : http://0z.fr/Bn0dm

Tours : flics violents, profiteurs, juges complices
Ça ne s’arrête jamais ! Plus de 6 mois après condamnation, F. a été convoquée le 30 octobre dernier pour « prélèvement de matériel biologique » : le 8 mars 2012, F. passait en procès, accusée d’avoir mis deux supposés coups de boule à un policier de la BAC, alors qu’elle avait été violentée (8 jours d’ITT) par lui au cours de la Gaypride 2011. […] F. a été rendue coupable par la Justice de Rébellion et Violences volontaires. Elle prend 3 mois de prison avec sursis + 800 € à donner au policier + 500 € de frais d’avocat (ceux du policier). La condamnation (pour violence) leur donne le droit de lui demander son ADN, ce qu’elle a refusé : nouveau procès le 17 juin 2013…

> [ R I P O S T E dans les quartiers populaires ]


Le 26 décembre à Elbeuf (76), après une descente des forces de l’ordre dans les caves du quartier du Puchot, un équipage de police a été pris à partie par une vingtaine d’individus. Les projectiles fusent sur la voiture des flics, l’utilisation d’un mortier artisanal déclenche les airbags, immobilisant le véhicule. Les schmits ont du faire usage de leur arsenal, tazer et flashball, pour se dégager de cette échauffourée.
Le 27 décembre à proximité de la cité de Grigny 2 (91), dans un quartier nouvellement classé Zone de Sécurisation Prioritaire (ZSP), quatre policiers de la compagnie de sécurisation se lancent à la poursuite d’un individu qu’ils considèrent être l’auteur de dégradation. Leur poursuite s’achève lorsqu’une vingtaine de personnes entreprennent de leur jeter des pierres en réaction. Un flic est blessé au visage. Une enquête a été ouverte, sans aucune interpellation pour l’heure.
Dans la nuit du 28 décembre, deux flics en intervention dans la cité de la Pierre-Plate à Bagneux (92) se sont retrouvés encerclés et caillassés par une dizaine de personnes. Un agent a dégainé son flash-ball et un jeune a été blessé à la main. Interpellé avec un autre individu ils sont poursuivis pour « outrages et rébellion ». 

> [ A G I R ]


Camera sous surveillance !
Après, Lyon, Rennes ou Toulouse, un site de cartographie collaborative des caméras de vidéosurveillance vient d’être lancé à Paris ! Info : http://www.sous-surveillance.net/

Parapluie –paraflic
Un parapluie pour faire dévier une balle de flashball ? Mode d’emploi sur :https://copwatchnord-idf.info/?q=node/157
Pour Abdelhakim Ajimi
Les 7 policiers impliqués dans la mort d’Abdelhakim Ajimi condamnés par le Tribunal de Grasse à des peines de prison avec sursis ont fait appel devant la Cour d’Aix-en-Provence. L’audience aura lieu les lundi 14 et mardi 15 janvier 2013. Le Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi organise une mobilisation à Aix-en-Provence ces 14 et 15 janvier devant et dans la Cour d’appel : 20, place de Verdun. Contact : comite_hakim_ajimi@riseup.net
Plusieurs mobilisations pour cette occasion le samedi 12 janvier : à Grasse, 14h en haut du boulevard Victor Hugo - à Marseille rencontre-débat à partir de 18h au Centre Social l’AGORA 34, rue de la Busserine, 13014 Marseille tél : 04.91.02.37.31 - à Paris, 15h au métro Barbes.

Liberté pour les prisonniers de Villiers-le-Bel
Projections, prises de parole, tables de presse, bouffe, bar, concerts, open mic, sound system… le vendredi 1er février 2013 à partir de 19h à la Gare Expérimentale, 0 bis avenue Lucien Descaves, 75014 Paris ; RER B Cité Universitaire ; http://garexp.org/ ; Tarif : 5 euros. 

La mort de Wissam… la mobilisation continue
Mercredi 9 janvier 2013 commémoration de la mort de Wissam, rassemblement à 15h devant le palais de justice de Clermont-Ferrand.

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 10:07

Radio, klaxon, des mots, des sons

Plusieurs mois déjà avant les vagues d’expulsions des maisons occupées, de joyeux fous avaient pris place sur les ondes de Vinci, radio Route 107.7. Là ce n’est pas des eaux internationales que l’on émet, mais bien d’un territoire escamotant les attentes des gouvernants. Aujourd’hui la radio est une des armes dont en « zadie » on se revêt au quotidien. Les postes radios sont disséminés au quatre coins de la zad, ici dans une cuisine, là sur une barricade, ailleurs on cale son autoradio sur la fréquence aux abords de la zone afin de connaître les positions de la police. Au même titre que la zone qu’elle couvre, on ne peut la confondre, dès la première seconde nous nous reconnaissons, les mots et les sons qui en émergent sont d’un contraste éclatant d’avec le reste de la bande FM.  De plus en plus, l’idée est en chemin que radio Klaxon doit densifier sa capacité à impulser du mouvement en « zadie ». Tout d’abord, à l’intérieur même de son centre de gravité, le désir se fait sentir que la radio peut être un des outils pour mettre en lien les groupes d’amis, les habitants de longue date, les comités locaux de passage, les paysans etc… Ensuite, à l’extérieur, ce sont les différentes ramifications de la « zadie » nationales et européennes qui par l’intermédiaire de la radio peuvent discuter et s’écouter. D’ores et déjà elle n’est plus seulement le relais des déplacements ennemis car de nouvelles manières de déployer une pensée s’expérimentent et se partagent, on se donne des rendez-vous, d’ici résonnent des textes de là-bas et l’on diffuse allègrement la musique qui nous donne des ailes. Pour continuer ce mouvement, avec la même attention que l’on a à consolider des lieux de stockage et des réseaux de ravitaillements en nourriture, vêtements, énergie ; il nous faut du matériel radiophonique, afin de pouvoir être plus nombreux à discuter ensemble en direct, pouvoir enregistrer de différents endroits ce qui se joue sur la zad, assurer la diffusion, l’étendre sur internet par le streaming et mieux recevoir dans nos différents lieux.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/01/018.jpgDonc, il nous faut : De bons récepteurs style guetto blaster, gros postes, pour les endroits sans électricité. Zoom h4 + mixette + micros extérieurs, pour les déplacements. Ordinateurs pas trop vieux avec logiciels de montage sons pour station de montage. Plutôt en logiciel libre. Une équipe qui s’occuppe du streaming. Une yamaha alimentation externe,milongamusic.com/F-**23-… table-de-mixage-mg124c. Pour un peu moins chère une keywood, mais alimentation 220VAC integrée, plus sensible à des parasites,milongamusic.com/F-**23-... keywood table-de-mixage-**xpress 12. SM58,milongamusic.com/F-**21-…. Des micros pour les discussions collectives. Un mobilhomme ou une équipe qui construirait une cabane, une maison qui accueillerait un studio.

Bien entendu nous sommes ouverts à toutes les propositions, que ce soit des dons, des bons plans, des conseils d’amateurs et de pros. N’hésitez pas non plus à nous proposer des matériaux à diffuser, à vous faire connaître pour prendre en main une ou des émissions.

Et que d’autres radios pirates se montent partout, que la zad se répande.

ZAD, 8 janvier 2013

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8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 11:55

 

the host

The Host (Gwoemul en VO) est un filmé sud-coréen réalisé par Bong Joon-ho, sorti au cinéma en 2006. Grosso modo, l’histoire est la suivante: des militaires américains présents sur une base en Corée du sud décident de balancer dans le fleuve Han tout un tas de produits passablement toxique. Quelques temps plus tard, cela entraine la mutation d’un poisson qui se transforme en un bon gros monstre amphibie, dans la plus pure tradition des films du genre. Il commence à semer la panique sur les berges du fleuve, et lors de sa première apparition, il entraine avec lui la fille d’un petit commerçant un peu demeuré, Park Gang-du (joué par l’excellent Song Kang-ho). Celui ci sait que sa fille est encore en vie, mais à part sa famille, personne ne le croit: au contraire, on cherche à l’arrêter pour éviter une supposée contamination due à un contact avec le monstre. Park se lance alors à la recherche de sa fille avec son vieux père, son frère chômeur et sa sœur championne raté de tir à l’arc.

Hormis l’aspect très divertissant du film et la qualité des acteurs, cette œuvre contient des références politiques intéressantes, qui ont contribué à son succès. En effet, l’histoire de la contamination du fleuve n’est pas inventée: elle fait suite au scandale provoqué en 2000 quand la presse a révélé qu’un entrepreneur américain liée à l’armée avait balancé d’énormes quantités de produits toxiques dans le fleuve Han. Cela a entrainé une controverse quant à la présence des bases américaines en Corée du Sud responsables d’important dégâts. Il y a aussi la présence d’un « agent jaune » employé pour combattre le monstre dans la droite ligne de « l’agent orange » américain utilisé comme défoliant pendant la guerre du Vietnam: celui ci étant à l’origine d’une autre catastrophe écologique.

Bong Joon-ho assume le message politique du film sur des bases écologistes et anti-impérialistes. En allant plus loin, on a une critique sociale intéressante puisque les seules forces à même de combattre le « monstre » représentant les conséquences de l’écocide capitaliste sont la famille du personnage principal. Et cette famille symbolise non pas la société civile mais les classes populaires. Des rebuts du système en apparence n’ayant pas « réussi leur vie »… Et pourtant, la seule force vraiment positive, capable de faire changer les choses. L’État, sa police, son armée, prétendent défendre la population: ils ne font que bloquer et réprimer le besoin de changement porté par les classes populaires. La scène finale vue dans cette perspective porte une très forte symbolique.

The Host est donc un film agréable à voir, amusant, bien réalisé et plutôt intelligent dans l’image qu’il donne de la société sud-coréenne moderne et de ses profondes contradictions.

D.

 

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26 décembre 2012 3 26 /12 /décembre /2012 12:41

Universal Music et Sony Music ont-ils triché pour gagner un maximum de vidéos vues sur YouTube, et ainsi tenter d'empocher abusivement des revenus indus ? La filiale de Google semble le penser, puisqu'elle a retiré plus de 2 milliards de vues aux grandes maisons de disques, pour sanctionner l'usage de robots et autres outils interdits par ses conditions générales d'utilisation. 

Joyeux Noël aux majors de l'industrie musicale ! Selon des données de Socialblade, rapportées dans un article de DailyDot, YouTube a procédé la semaine dernière à un grand ménage de printemps dans les compteurs de nombre de vues des vidéos qu'il héberge, et Universal Music Group et Sony Music figurent comme les grands perdants. Ensemble, les chaînes des deux maisons de disques ont perdu environ 2 milliards de vues de leurs vidéos, Google ayant apparemment estimé que les chiffres très séducteurs avaient été gonflés artificiellement en utilisant des techniques proscrites par YouTube. 

Universal Music Group est ainsi passé d'un total cumulé de près de 7 milliards de vidéos vues à 5,9 milliards, en une seule journée. Il perd l'équivalent d'un Gangnam Style. Sony Music, de son côté, a chuté de 850 millions de vidéos vues, et affiche désormais 120 millions au compteur. Selon les estimations de SocialBlade, Universal Music et Sony Music aurait chacun perdu entre 500 000 et 5,5 millions d'euros de revenus potentiels générés par les publicités affichées sur les vidéos.

Si l'on en juge par le contenu désormais quasiment vide des chaînes officielles des deux maisons de disques, la raison matérielle d'un tel recul au compteur paraît encore plus radicale qu'une rectification manuelle : YouTube semble avoir supprimé toutes les vidéos pour lesquelles il avait détecté un taux important de vues frauduleuses. La semaine dernière, YouTube avait prévenu qu'il le ferait, en envoyant un préavis à de nombreux uploaders.

Ainsi ce matin, la chaîne Universal Music Group ne compte plus que 5 vidéos, et celle de Sony Music, seulement trois vidéos (dont aucune chanson). Plus étrange, lorsque l'on ajoute le total des vues de chaque vidéo, on obtient seulement environ 30 000 vues, mais le compteur affiche toujours 120 millions :

Beaucoup d'autres chaînes ont été impactées par les rectifications de YouTube, dont celles de Britney Spears, Michael Jackson, Beyonce, RCA Records, Shakira, ou Hollywood Records. 

Interrogé par Daiy Dot, Universal Music a minimisé l'impact de la mesure, en affirmant que sa chaîne YouTube était largement en sommeil et qu'il avait déménagé ses vidéos vers son propre service Vevo.

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25 décembre 2012 2 25 /12 /décembre /2012 21:13

LETTRE OUVERTE AUX JOURNALISTES EN GÉNÉRAL ET À RAPHAËL STAINVILLE (FIGARO) EN PARTICULIER

 

Le Figaro a publié le 7 décembre dernier un nouveau crachat de Raphaël Stainville intitulé “Les insurgés de Notre Dame des Landes”. Ce postillon permet à lui seul d’expliquer notre défiance à l’égard de la presse. Et il permettra à tous les journalistes qui s’offusquent encore de se voir “rejetéEs” de comprendre la raison de notre animosité : il y a dans votre profession bien trop de types dans le genre de Stainville !

 

 

Photo de Raphaël Stainville

 

Parachuté pour trois jours, Stainville, muni de son baggage d’antigauchisme primaire (forcément, à trop fréquenter les Le Pen…), est venu faire un tour sur la zad. Arborant sa frange de droitiste effronté (pas très différente de celle du frontiste) et muni de ses préjugés les plus crasses, il est allé “à la rencontre” des opposantEs au projet d’aéroport. TouTEs ceLLEux qui ont accepté de lui parler et de lui livrer un peu d’eux-mêmes, il les balance, il les jette en patûre aux lecteurICEs de son torchon. Mieux, à partir de quelques bribes d’information, il dresse d’eLLEux un portrait odieux et condescendant : pour lui on est tous des jeunes en perdition qui viennent à la zad se “donner des frissons”. Au long de son article, il enchaîne les clichés : impubères, boutonneux/ses, paranoïaques, sales, “black-blocs”, fumeurEUSEs de hashich, oisifs/ves… En brave petit soldat de Dassault, il remplit sa mission : discréditer les opposantEs à l’aéroport en véhiculant les images les plus mensongères ou les plus débiles. Oui, car au delà de sa nullité littéraire, Stainville nous montre aussi le visage de la presse d’aujourd’hui : une presse médiocre et inféodée à la droite la plus réactionnaire, dont les journalistes, produits formatés par les grandes écoles de journalisme, sont tout juste bons à revomir les infos en kit de leurs “sources policières”, à défaut de savoir comment parler la même langue que la population.

 

Stainville le grand reporter, comme tous les idéologues de la chasse aux sorcières, aime utiliser un vocabulaire qui suscite le dégoût et qui nous fait passer pour des rats : on apparaît comme une multitude qui grouille dans la boue, ignorante, affamée et brutale. Son “article” nous fait passer pour des pauméEs, des brutes ou des voyouTEs qui vont de ville en ville pour accomplir des mauvais coups. On apparaît comme un magma chaotique, fait de punks, de hippies et de black-blocs, venus s’entasser à la zad pour se castagner ou régler leurs comptes avec l’existant. Et les agriculteurs, décris à la va-vite (pas assez croustillant pour les lecteurs anti-jeunes du Figaro), ne sont pas en reste : ce qu’on retient d’eux après avoir lu Stainville, c’est qu’ils sont vieux et butés. Les résistantEs de Notre Dame des Landes ne sont décidément que des hommes des cavernes, tout juste bon à être “délogés”, résidus du passé…

 

Raphaël, si on t’es apparuEs si misérables, c’est sans aucun doute parce que nous ne sommes pas du même monde et que tu as bien trop de dédain pour les humainEs qui t’entourrent, pour la vraie vie, pour la manière dont les gens échangent et vivent loin de ceLLEux de ta caste. C’est sûr que dans ton enfance dorée versaillaise, tu n’as pas eu à porter de bottes et à marcher dans la boue. C’est sûr que pour travailler à la solde d’un vendeur d’armes, tu ne dois pas avoir beaucoup d’égards pour la vie, si ce n’est la tienne. Faire carrière en écrivant des livres sur la famille Le Pen et des articles terroristes qui décrivent tout ce qui t’es étranger comme dangereux, nous te félicitons : tes crachats journalistiques en mode “rien ne va plus, c’est plus comme avant, tout va pêter” doivent pimenter le quotidien des (é)lectrices octogénaires du Front National !

 

Tant que des has-been comme toi, avec leur  “belle gueule”, leur  “jean trop bien taillé, [leur] peau sans bouton d’acné [et leur] raie sur le côté”, viendront railler notre authenticité, nous seront effectivement là pour leur coller une “raclée”. Ceux qui comme toi vendent leur soupe empoisonnée pour flatter ceLLEux qui nous pourrissent la vie (les lecteurICEs du Figaro : patronEs bétonneurEUSEs et vendeurEUSEs d’armes, retraitéEs nostalgiques, commerçantEs proches de leurs sous, traderEUSEs et cadres frénétiques, catho intégristes, médecins de bonne famille…) ne seront jamais du même côté de la barricade que nous. Belles gueules ou pas, vous êtes le parti de la mort, nous sommes celui de la vie. Et bien que nous te parraissons préhistoriques, c’est bien les gens comme toi qui font partie du passé.

 

Et je termine mon texte en m’adressant aux journalistes de bonne foi, pigistes, vidéastes et photographes qui galèrent, intermittentEs de la presse qui voudraient faire connaître notre lutte avec un regard ami : Dans les luttes qui nous opposent aux détenteurICEs du pouvoir et de l’argent, face à ceLLEux qui déploient des stratégies policières pour nous coller en taule et nous faire taire, à Interpol et aux polices nationales qui nous désignent comme terroristes parce que nous jettons des pétards et des cannettes de verre et nous infiltrent pour mieux nous cueillir, la moindre indulgence à l’égard des preneurEUSEs d’images et des grapilleurEUSEs d’informations permettant de nous identifier ou de comprendre nos modes d’organisation constitue un danger. Il est impossible pour nous de savoir qui de vous est de bonne foi ou qui est indic. Notre seule défense, c’est l’intransigeance.

 

À vous de lutter dans votre corps de métier pour en chasser les journaflics, ceLLEux qui mâchent le travail de la flicaille et nous jettent dans les bras de l’ennemi. Les logiques contre lesquelles nous nous opposons sont trop puissantes pour qu’on se permette d’être conciliantEs. On a bien trop à perdre ! Et on n’a qu’une vie…

 

Nos pensées vont aux prisonnierEs politiques, à Cyril et aux autres opposantEs à l’aéroport tombéEs dans les mailles de leurs filets.

 

Guerre à Vinci et à son monde !

 

Un parasite ultra-gauchiste, chômeur boueux et puant, casseur décérébré et délinquant congénital

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 12:29

Piazza Fontana

Vous cherchez  un bon plan cinéma? Nous vous conseillons fortement Piazza Fontana – Romanzo di una Strage, le dernier film du réalisateur italien Marco Tullio Giordana. C’est assurément un excellent film, intelligent et hautement politique. Libé en résume ainsi rapidement l’intrigue sur un de ses blogs: « Le 12 décembre 1969, dans une Italie secouée par de violents mouvements de contestation sociale, l’explosion d’une bombe à la Banque nationale d’agriculture, piazza Fontana à Milan, fait 16 morts et près de 90 blessés. L’enquête est en partie confiée à Luigi Calabresi, présenté comme un modèle de flic intègre. Il arrête pêle-mêle des militants d’extrême gauche et des anarchistes.

Parmi eux, Giuseppe Pinelli, un activiste non violent. Durant un interrogatoire auquel ne participait pas Calabresi, Pinelli tombe par la fenêtre, meurt quatre étages plus bas. La préfecture présente ce geste comme un suicide valant aveu de culpabilité. Calabresi, lui, a de sérieux doutes et décide d’enquêter dans son coin. Ces événements, outre le sujet deMort accidentelle d’un anarchiste, de Dario Fo, marquent le point de départ des «années de plomb», abondamment traitées au cinéma et dans lesquelles l’Italie s’enfoncera durant vingt ans. »

La police part donc immédiatement sur la piste anarchiste, une piste bancale mais satisfaisante pour les autorités; et c’est dans ce contexte qu’est « suicidé » le cheminot libertaire Pinelli (joué par Pierfranco Favino, acteur culte que l’on a déjà vu en flic fasciste dans ACAB). Pourtant cela ne colle pas, et l’enquête se poursuit et s’embourbe, entravée par de multiples pressions… jusqu’aux meurtres. Aujourd’hui, il n’y a toujours pas de coupable officiel à l’attentat.

Mais ce film met surtout en valeur l’importance du rôle des réseaux « stay-behind » de l’OTAN dans le déclenchement des « années de plomb » en Italie. Ces réseaux mêlent alors néofascistes convaincus, anticommunistes de l’OTAN, services du gouvernement italien… Leurs modèles sont l’Espagne de Franco, le Portugal de Salazar et, bien sûr, la Grèce des colonels. Ils ont une obsession commune: la lutte contre le communisme par tous les moyens. Mieux vaut alors une bonne dictature qu’une démocratie « rouge ». Ils se préparent à empêcher la mise en place d’un gouvernement qui leur déplairait en étant trop pro-soviétique et ce, par la corruption, le terrorisme ou le coup d’état militaire. On voit ainsi apparaitre la véritable nature des franges les plus conservatrices et paranoïaques des régimes parlementaires. Et en creux, celle des néofascistes: l’extrême droite leur sert de mercenaires, ou d’idiots utiles. Des organisations internationales comme l’Aginter Press servent de couvertures aux barbouzeries. Cela est particulièrement intéressant car de tels réseaux ont existé en France avec par exemple la Rose des vents. Les gaullistes étaient d’ailleurs prêts dans les années 60 à parquer les opposants dans des stades en cas de « subversion » de l’ordre social, comme le révèlent des plans rendus publics bien plus tard… Sympathique!

La gauche révolutionnaire, avec en tête l’organisation communiste Lotta Continua (30 000 membres à l’époque, quand même) ne pardonnera jamais ses mensonges et ses crimes à la justice bourgeoise. Les années suivantes seront marquées par une grande violence politique, culminant avec un autre crime néofasciste: l’attentat de la gare de Bologne, en 1980. L’histoire se répète tristement.

En somme, n’hésitez pas à aller voir ce film; en plus d’être agréablement joué et bien réalisé, il constitue un exposé magistral de la nature profonde des régimes occidentaux et du rôle de l’extrême droite. Après deux décennies de compromis démocratique suivant la seconde guerre mondiale, ces systèmes apparaissent pour ce qu’ils sont vraiment, c’est à dire la domination d’une classe sur une autre par tous les moyens. Aujourd’hui, leurs victimes ne sont toujours pas vengées… Le meilleur hommage que l’on puisse leur rendre est de continuer leur lutte, jusqu’à la victoire.

D.

ET SURTOUT ALLEZ VOIR: feudeprairie

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 12:04

Les Espagnols renoncent en masse au téléphone portable

Frappés par la récession et le chômage, les Espagnols renoncent dans des proportions record à l’usage du téléphone portable.

Pour le seul mois d’octobre, l’opérateur Movistar, filiale de Telefonica, a enregistré 284.000 fermetures de ligne. Vodafone, numéro deux du secteur de la téléphonie mobile en Espagne, a perdu 278.000 lignes et Orange 14.870, d’après les données mensuelles publiées lundi par l’autorité de régulation (CMT).

Au total, 486.000 lignes ont été interrompues et le nombre de lignes de téléphonie mobile en service en Espagne a chuté de 3,8% sur un an.

L’Espagne compte plus de téléphones mobiles en service que d’habitants, mais avec un chômage frappant une personne sur quatre, les budgets des familles ne suivent plus.

“Le secteur de la téléphonie mobile en Espagne ne se redresse pas. C’est le neuvième mois consécutif de recul”, note la commission du marché des télécommunications.

“Yoigo et les opérateurs de réseau mobile virtuel (qui ne possède pas d’infrastructures de réseau-NDLR) gagnent des clients mais ne peuvent pas compenser les pertes chez Movistar, Vodafone et Orange”, ajoute la CMT.

La crise économique et sociale a accentué la guerre des prix et des tarifs des mobiles en Espagne, alimentée par la décision de Telefonica et de Vodafone de mettre fin au printemps dernier à leur politique de subvention sur les smartphones.

Face à l’hémorragie de leur clientèle, les deux opérateurs ont entrepris de revoir leurs pratiques.

En octobre, Telefonica représentait 37% du marché, contre 40% un an plus tôt. La part de marché de Vodafone est passée de 28 à 27%. Orange, qui n’a pas touché à ses subventions, a vu de son côté sa part passer de 20 à 21%.

En plus des lignes supprimées, la CMT précise que 475.000 personnes ont changé d’opérateur en octobre.

Leur presse (Reuters, 17 décembre 2012)

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 11:07

« Donne des choses gratuitement » (John Seven et Jana Christy-Seven/Manic D Press)

« A Rule Is To Break » (« Une règle est faite pour être enfreinte ») est un livre pour enfants pas très conventionnel. Ecrit par deux Américains, Jana Christy-Seven et John Seven, il raconte l’histoire d’une petite fille aux cheveux bleus, Wild Child (« enfant sauvage »), qui apprend à être elle-même et à ne pas systématiquement suivre les règles.

Parmi les conseils prodigués par l’ouvrage – dont le sous-titre est « A Child’s Book To Anarchy » (« Livre pour enfants montrant le chemin vers l’anarchie ») :

  • « Pense par toi-même ! » ;
  • « Ne ressemble pas à tout le monde ! Sois toi » ;
  • « Donne des choses gratuitement » ;
  • « Fais ce que tu veux... ou ne fais rien, si tu préfères » :
  • « Peins des trucs sur la télé » ;
  • « Quand quelqu’un dit : “Travaille !”, tu réponds : “Pourquoi ?” ».

« Fabrique-le. Ne l’achète pas » (John Seven et Jana Christy-Seven/Manic D Press)

Le livre – publié indépendamment en juin 2011 puis réédité en novembre 2012 par Manic D Press, maison d’édition spécialisée dans les publications anarchistes – prône donc l’autodétermination, la différence et la débrouille. Forcément, ça ne plaît pas trop au Tea Party.

Sur LibertyNewsNetwork, site affilié au mouvement ultraconservateur, Eric Odom, membre du Tea Party de la première heure, juge l’ouvrage « affreux » et sa publication « purement choquante ». Pire : le livre est encensé par Bill Ayers, théoricien de l’éducation proche de Barack Obama, et surtout ancien membre des Weathermen, organisation opposée à la guerre du Vietnam et auteure d’attentats dans les années 60 et 70.

Eric Odom écrit :

« Bill Ayers, un gauchiste radical, terroriste et ami d’Obama, ne se contente pas de défendre [le livre] sur son compte Twitter ; ses commentaires de soutien sont listés sur la page Amazon. Si l’on juge une personne par les gens dont elle s’entoure, qu’est-ce que ça dit d’Obama ? »

Livre antimoralisateur


La couverture de « A Rule Is To Break »(John Seven et Jana Christy-Seven/Manic D Press)

Selon Jennifer Joseph, de la maison d’édition Manic D Press, « le Tea Party n’aime pas “A Rule Is To Break” parce que c’est anticapitaliste ».

Le livre est davantage un contrepied aux ouvrages pour enfants moralisateurs qu’une apologie de l’anarchie. Dans une interview au site Rocker Magazine, l’illustratrice du livre Jana Christy-Seven explique :

« Je préfère avoir un monde rempli d’enfants qui se demandent pourquoi ils ont besoin de faire telle ou telle chose plutôt que d’enfants qui obéissent aveuglément à chaque ordre que l’école ou leurs parents leur donnent. »

Les ventes, « plutôt bonnes » selon la maison d’édition, devraient être dopées par le coup de pub involontaire des conservateurs américains.


« Quand quelqu’un dit : “Travaille !”, tu réponds : “Pourquoi ?” » (John Seven et Jana Christy-Seven/Manic D Press)

 

Lucile Sourdès | Journaliste Rue89

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 13:46

par Adriano Brigantele 18 décembre 2012

Les téléspectateurs de France 2 ont peut-être été saisis d’un sentiment de déjà-vu, lors du 20h du 12 décembre 2012. Ce jour-là, des salariés de PSA Aulnay ont pénétré dans un bâtiment administratif du constructeur automobile à Poissy et causé quelques dégâts matériels, comme à l’époque où la colère et le désespoir avaient conduit des salariés de Continental à détruire quelques ordinateurs bon marché à la sous-préfecture de Compiègne – une « violence » à l’égard de matériels de bureau que ne s’étaient pas privés de condamner de nombreux médias commenous l’avions relevé. Et, comme à l’époque, le traitement de cet épisode par le 20h de David Pujadas fut à sens unique.

Signe de l’importance et de la gravité de l’évènement, c’est en ouverture du journal, immédiatement après l’annonce du sommaire, que David Pujadas annonce : « Avant de développer ces titres, ces débordements à Poissy, en marge de manifestations syndicales à Peugeot PSA ». Ainsi se trouve introduit un reportage que le présentateur replace fugitivement (mais alors, très fugitivement !) dans son contexte : « 1 500 suppressions de postes supplémentaires venaient d’être annoncées. ». Annoncées par qui ? Pourquoi ? On ne sait. Et on ne le saura pas. Juxtaposée à la précédente, la phrase qui suit va à l’essentiel selon Pujadas. « Plusieurs dizaines de salariés sont entrés dans les bureaux, ils ont détruit du matériel. Tiphaine de Tricornot. »

Avant de savourer patiemment et en détails le reportage, on regarde et on écoute :

Les pots de fleurs de PSA

Oublions David Pujadas et suivons mot à mot et plan par plan le reportage.

« Au départ, c’était une simple manifestation des salariés PSA d’Aulnay » À l’écran, un nuage de fumée noire dont on ne voit pas la source, et un bâtiment à l’arrière-plan, avec un bandeau en surimpression où l’on peut lire « PSA : Violences à Aulnay ». Le téléspectateur peut s’attendre au pire. Quelle est donc l’ampleur de ces « débordements » annoncés par David Pujadas ? Poissy brûle-t-il ? Après un mouvement de caméra, on devine que la fumée provient en fait de quelques pneus qui brûlent. « Mais »

« Mais très vite, la situation dégénère  ». À défaut de nous apprendre immédiatement quelle est l’origine de cette situation – l’annonce de 1500 suppressions d’emplois supplémentaires – le reportage prétend distinguer la norme et la « dégénérescence », que voici :

« Plusieurs dizaines de sympathisants CGT pénètrentviolemment dans le bâtiment. » Comment l’auteure du reportage a-t-elle reconnu qu’ils étaient tous « sympathisants de la CGT » ? On ne sait. Mais la violence ? Certes, la caméra est un peu chahutée (ce qui est bien normal, puisque le cameraman est au milieu des manifestants qui se bousculent pour entrer dans le bâtiment). Mais, on ne voit aucune image de violence physique (comme un vigile agressé pour forcer l’entrée, par exemple).

« En une dizaine de minutes, ils renversent tout sur leur passage. Les dégâts matériels sont importants. » Comme à Compiègne, où l’action des salariés nous avait valu ce commentaire : « Ils passent d’un bureau à l’autre de la sous-préfecture et saccagent tout sur leur passage. » À Poissy, les dégâts matériels que l’on voit à l’écran sont en effet cataclysmiques : trois présentoirs jetés par terre, un petit écran plat arraché du mur et brisé au sol, ainsi que trois plantes en pot renversées. Manifestement, la déco a beaucoup souffert ! À n’en point douter, si des dégâts plus graves étaient à recenser, France 2 n’aurait pas manqué de les filmer ou de les mentionner. Et si on nous assène que « les dégâts matériels sont importants », il faut croire la journaliste sur parole, car les images ne montrent rien de tel et le commentaire ne fournit pas plus de précisions. On enchaîne :

« Les dégâts matériels sont importants, mais le leader de la CGTrefuse de condamner ces agissements. » Comme s’il existait une quelconque obligation, fût-elle morale, de désavouer les manifestants et d’admettre que leur action est totalement illégitime.

- Jean-Pierre Mercier, délégué CGT chez PSA Citroën, dispose alors de huit secondes pour s’expliquer : « Moi, je ne condamne pas ce qui s’est passé aujourd’hui. [...] Oui, le rapport de force, ça, moi je... je... je suis convaincu qu’il y a que ça qui peut faire reculer la direction d’Aulnay, aujourd’hui. » Même si l’on n’entend pas les questions de la journaliste, on constate que les propos de Jean-Pierre Mercier ont été grossièrement coupés. Pourquoi ? Il bafouillait ? C’était trop long ? En tout cas, on ne saura pas de sa bouche ce qui motivait l’action des salariés, ni les raisons de son refus d’obtempérer à une demande de condamnation. En vérité, les deux phrases retenues permettent surtout de le montrer sous un jour arbitrairement belliqueux.

Mais sans doute n’est-il pas à plaindre, puisqu’on lui a donné la parole. On se souvient de David Pujadas sommant Xavier Matthieu, délégué syndical de Continental, de regretter la violence alléguée des salariés, et expliquant par la suite sur France Info qu’une« exposition de 2 minutes 30 en ouverture du journal » était une aubaine inespérée pour lui : bassesse du procédé et pathétique justification que nous avions commenté à l’époque. France 2 a donc manifestement renoué avec les bonnes vieilles habitudes, et s’est même surpassée, en n’accordant cette fois-ci que huit misérables secondes en fin de reportage à Jean-Pierre Mercier. Manifestement David Pujadas a fait des émules au sein de la rédaction de France 2 !

Vient ensuite (enfin !) la seule phrase du reportage qui énonce la cause des événements qui nous ont été montrés, mais sans la présenter comme telle : « La veille, le groupe PSA avait annoncé le non-remplacement de 1 500 départs à la retraite. » En tout et pour tout, cinq secondes d’explications masquées, sur un reportage qui en fait 57. Cinq secondes qui ne disent rien de la violence, bien réelle celle-ci, des suppressions d’emplois et de l’insécurité économique de milliers de familles. Au contraire, on enfonce le clou en désignant les « vraies » victimes, qui peuvent compter sur la justice pour entendre leurs doléances : « La direction a porté plainte, cet après-midi. »Preuve supplémentaire de l’ignoble injustice de ces dégâts matériels ? « Les autres organisations syndicales ont, quant à elles, dénoncé ces agissements. » Si même les autres syndicats réprouvent... Fin du reportage [1].

Une fois le reportage terminé, David Pujadas enchaîne : « Et face au chômage, le gouvernement a donc adopté, en conseil des ministres , sa nouvelle arme. C’était la proposition numéro 33 du candidat François Hollande : le contrat de génération. » Ainsi se trouve immédiatement rétabli « l’équilibre », en montrant une réaction calme, concertée et rassurante des institutions « face au chômage ». Le même procédé, qui permet en quelque sorte de scénariser le fil des événements et d’attribuer les rôles, avait déjà été utilisé par David Pujadas à la fin de l’interview de Xavier Mathieu :« Merci M. Mathieu, d’avoir été en direct avec nous. Un mot encore. Il y a dix minutes tout juste, Luc Chatel, secrétaire d’État à l’industrie, proposait ces discussions tripartites après les événements donc de cet après-midi. Merci, M. Mathieu. »

***

Comme lors de l’incident de la sous-préfecture de Compiègne, tout a été fait ici pour rendre injustifiables quelques dégâts matériels sans commune mesure avec la violence des décisions de suppressions de postes de travail et de leurs conséquences catastrophiques sur des milliers de vies humaines. Il faut dire aussi qu’une bousculade, du terreau répandu sur le sol et des ouvriers en tenue de travail scandant des slogans dans un immeuble de bureaux offrent des images si spectaculaires que ce serait une faute professionnelle de ne pas les exploiter et de leur consacrer l’ouverture du JT ! À l’inverse, la plongée subite dans la précarité de centaines de familles ne fournit guère d’images exploitables, et la détresse de salariés privés de leur moyen de subsistance n’est pas très télégénique, surtout à l’approche des agapes de fin d’année. …

Ainsi, les acteurs du mouvement social et les contestataires sont régulièrement conviés dans les médias pour faire amende honorable lorsqu’une action ou de simples propos dépassent les formes convenues de la négociation (comme ce fut le cas par exemple pour Olivier Besancenot, questionné sur sa violence, quand bien même n’était-elle que verbale, ainsi que nous le montrions ici-même). Mais on attend encore de voir un grand patron licencieur enjoint de présenter des excuses en direct à 20 heures pour ce qu’il fait subir à ses employés. Le reportage consacré à la défense des pot-de-fleurs de PSA est une illustration de la pensée de David Pujadas. Selon ce dernier, comme nous l’avions relevé ici-même, le journalisme« souffre d’abord de conformisme et de mimétisme. » Un conformisme que notre journaliste, rebelle dans l’âme, diagnostique ainsi : « L’idée que par définition le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’État, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. » On l’aura bien compris, l’anti-conformisme à la sauce Pujadas consiste à trouver que la violence du plus fort est beaucoup moins contestable que la violence du plus faible... . Adriano Brigante (avec Ricar pour la vidéo)

Notes

[1] On notera que contrairement à l’épisode de la sous-préfecture de Compiègne, jamais il n’est ici fait mention explicitement (du moins verbalement) de« violences » (à un adverbe près), mais d’« agissements » et de « débordements ». Ce n’est certes pas un progrès fulgurant, mais sans doute faut-il se féliciter qu’au parti pris et au déséquilibre de l’information ne s’ajoute pas des assertions mensongères...

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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 13:28

FACEBOOK - La démocratie sur Facebook, c'est bientôt fini. Le vote organisé par le réseau social sur un changement de ses règles s'est achevé lundi 10 décembre.

D'après les premières estimations fournies par le groupe, 589.141 de ses membres ont voté contre les nouvelles règles, qui prévoient entre autres la suppression de la procédure de vote, et seulement 79.731 les ont soutenues. Plus de 82% des utilisateurs ont donc choisi de garder les anciennes règles et le pouvoir démocratique du vote. Une belle victoire ? Pas vraiment.

Quand on compare au milliard d'utilisateurs, la participation n'a été que de 0,07%. Un score très faible, d'autant plus que Facebook n'est pas obligé de prendre en compte les résultats du vote si moins de 30% de ses membres actifs ont voté. Soit environ 300 millions de personnes. Une barre fatidique jamais franchie lors des votes précédents. Logique, quand on voit le peu de mise en avant de cette procédure sur la page d'accueil de Facebook.

C'est donc en parfaite connaissance de cause que la société a tiré un trait sur ce principe démocratique qui ne fonctionnait pas. D'autant que le mail reçu par les utilisateurs, intitulé "Vote Facebook site gouvernance", n'était pas particulièrement clair sur l'enjeu de ce vote:

Facebook, Inc. et Facebook Ireland Ltd., responsables du service Facebook dans le monde entier, ont récemment publié une proposition de mise à jour de la Politique d’utilisation des données et de la Déclaration des droits et responsibilités en vous permettant de les commenter. Ces mises à jour apportent des informations détaillées sur nos pratiques, reflètent les changements apportés à nos produits et permettent d’améliorer la manière dont nous gérons notre processus de gouvernance du site.

Pourtant, des associations de consommateurs comme le CDC (Center for Digital Democracy) et l'Epic (Electronic Privacy Information Center) avaient mis en cause la semaine dernière d'autres changements prévus, notamment le fait que Facebook puisse désormais combiner les informations personnelles qu'il collecte sur ses membres avec celles recueillies par d'autres sociétés faisant partie du même groupe, comme Instagram, une application de partage de photos rachetée récemment et gérée jusqu'ici indépendamment.

Ces associations avaient aussi assuré que les nouvelles règles pourraient violer le droit européen en matière de protection des données ainsi qu'un accord passé l'an dernier pour mettre fin à des poursuites de l'autorité américaine de la concurrence (FTC) dans lequel le site s'engageait à demander le consentement explicite de ses membres avant de partager certaines informations les concernant.

Facebook a tenté de désamorcer ces critiques en assurant avoir "révisé cette proposition pour clarifier que le partage des informations avec nos filiales est et sera fait en accord avec les lois applicables". Des explications qui n'ont pas convaincu tout le monde, semble-t-il. Sur le statut posté par l'entreprise, plus de 5500 personnes ont demandé, par le biais des commentaires, à ce que Facebook ne collecte pas leurs données. Le tout avec le même texte copié collé et qui se veut juridique:

facebook vote

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