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11 décembre 2012 2 11 /12 /décembre /2012 13:31

Il y a deux jours, un camarade turinois a eu une plainte contre lui pour port d’armes et armes par destination et pour incitation à délinquance car dans les fruits (des bananes) qu’il amenait aux prisonniers du centre ont été découvertes de petites scies.

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Les enquêteurs sont convaincus que cela devait servir à des évasions. Certains journaux précisent qu’il s’agirait d’un geste de solidarité (quelle perspicacité !) et ils évoquent une précédente évasion qui avait eu lieu en septembre et où les retenus avaient pu scier leurs barreaux. (…)

Toujours il y a deux jours, des camarades sont allés perturber une conférence sur les droits humains dans les centres de rétention. La quarantaine de personnes a fort opportunément fait irruption pendant que s’exprimait le colonel de la Croix rouge militaire qui est en même temps responsable du CIE de Turin, Antonio Baldacci. (…)

Marseille Infos Autonomes, 10 décembre 2012

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 16:03

Paris, le 7 décembre 2012

Communiqué OIP
L’OIP demande la fermeture immédiate des Baumettes

La situation de la prison des Baumettes mérite une autre réaction politique que des justifications. Dans sa réponse aux recommandations du Contrôleur général sur le centre pénitentiaire de Marseille rendues publiques ce jeudi 6 décembre 2012, la ministre de la Justice se contente en effet d’avancer une série de dispositions engagées par ses prédécesseurs. Elles n’ont pourtant apporté « aucune amélioration substantielle » selon le Contrôleur, face à des conditions de détention dénoncées depuis 20 ans comme relevant du traitement inhumain et dégradant.

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LIRE LE DOCUMENT

Elle indique ainsi que depuis dix ans, l’État « a investi quelque 7,9 millions d’euros pour le maintien en condition opérationnelle (sic) de l’établissement ». Il convient notamment de s’interroger sur l’utilisation du budget « destiné à l’entretien et à la maintenance » de l’établissement, augmenté de 12 % entre 2011 et 2012 pour atteindre 572’000 euros. Le Contrôleur évoque pour sa part des cellules insalubres : « pas de lumière (ampoule manquante) », murs sales, « dégradés », « sol sale », « pas de cabine de douche ni d’eau chaude », W-C « récent mais non fixé au sol et chasse d’eau quasi inexistante », « réfrigérateur très sale et infesté de cafards »…

Alors que le ministère se targue d’un marché de « prestation de dératisation et désinsectisation, qui prévoit deux types de prestations, préventives (six par an) et curatives (cinq par an) », ainsi que d’un accroissement de la fréquence de cette intervention « qui a entraîné des coûts supplémentaires », le Contrôleur a relevé que « depuis deux ans, les rats pullulent », les surveillants étant réduits à faire « leur ronde de nuit en tapant des pieds pour les éloigner ». Et de conclure : « l’insalubrité et l’absence d’hygiène sont consubstantielles à la plus grande partie de l’établissement ». Pour toute réponse, la ministre ré-annonce le projet de restructuration du centre pénitentiaire, dont l’achèvement n’est prévu qu’en 2017. Alors que la loi pénitentiaire de 2009 pose comme principe que « l’administration pénitentiaire garantit à toute personne détenue le respect de sa dignité et de ses droits », il ne peut être toléré que des personnes restent incarcérées pendant encore cinq ans dans de telles conditions.

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Cellule de confinement de la maison d’arrêt des hommes.

Afin de désengorger la prison des Baumettes et d’accueillir les personnes détenues « dans de meilleures conditions », Christiane Taubira invoque notamment sa circulaire de politique pénale du 19 septembre 2012 dont elle escompte « une baisse des effectifs dans les établissements pénitentiaires » au moyen d’un « développement des alternatives à l’incarcération et des mesures d’aménagement de peine ». De telles préconisations, dont les effets, s’ils se manifestent dans le sens espéré, ne seront que très progressifs, apparaissent d’emblée insuffisantes, d’autant qu’elles ne s’accompagnent pas d’une augmentation des moyens dévolus à la prise en charge des personnes condamnées en milieu ouvert. De plus, les faits semblent démentir l’attente de la ministre puisqu’au niveau national, le nombre de personnes détenues a légèrement augmenté en octobre 2012 (+ 0,9 % par rapport au mois précédant), ainsi qu’en novembre (+ 0,8 %), s’élevant à 67’225. À Marseille, le taux d’occupation atteint 136 % au 1er novembre.

Une surpopulation, avec son cortège de tensions et violences, face à laquelle la députée Christiane Taubira s’exprimait en des termes sévères au cours d’une séance du 17 septembre 2009 à l’occasion des débats sur le projet de loi pénitentiaire : « je me disais que si, dans cet hémicycle, l’on était obligé de partager un siège à plusieurs, une telle surpopulation susciterait peut-être quelques impatiences et quelques tentations d’intolérance parmi nous, et un gnon pourrait partir de temps en temps ! On ne peut pas se prévaloir des turpitudes de l’État, qui n’a toujours pas su mettre fin à la surpopulation carcérale, pour justifier que l’on aille crescendo dans la répression d’attitudes qui sont générées par le confinement, par la réduction de l’espace vital, par les conditions de vie extrêmement pénibles des détenus ». Devant les phénomènes de violences et caïdat dénoncés par le Contrôleur aux Baumettes, la garde des Sceaux d’aujourd’hui appelle les parquets d’Aix et de Marseille à la plus grande fermeté « pour identifier et traduire en justice les auteurs de tels faits ».

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Cour de promenade de la maison d’arrêt des hommes.

Appeler à un renforcement de la répression en détention ne fait qu’agir sur des symptômes et non sur les causes. Et les mesures de rénovation qui viennent d’être annoncées ne contribueront qu’à pérenniser un établissement dont le maintien en activité est aujourd’hui questionné. Dénoncée par le Contrôleur général, la défaillance des pouvoirs publics depuis 20 ans est une faute qui doit aujourd’hui cesser.

L’OIP en appelle au courage politique dont la garde des Sceaux a notamment su faire preuve dans nombre de ses déclarations afin de prendre la seule décision qui s’impose à un État garant du respect de la dignité des personnes détenues et des personnels exerçant dans l’établissement : le Président de la République et son gouvernement doivent annoncer la fermeture immédiate de la maison d’arrêt hommes du centre pénitentiaire des Baumettes.

OIP section française

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 16:01
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25 novembre 2012 7 25 /11 /novembre /2012 14:39

Lavaur. La multiplication des évasions de mineurs devient inquiétante

« Par ici la sortie » : cette signalisation ne sera jamais posée dans la cour intérieure de l’établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM) de Lavaur, mais les jeunes détenus qui ont envie de se dégourdir les jambes à l’extérieur de la prison connaissent parfaitement le chemin pour prendre la poudre d’escampette.

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Les deux adolescents ont grimpé sur le toit, sauté sur le lur d’enceinte avant de se jeter dans le vide.

Les deux nouveaux évadés (voir notre édition de vendredi) n’ont fait que suivre le chemin emprunté pour la première fois à Lavaur le lundi de Pâques 2010 par un jeune et par deux autres prisonniers le lundi 15 octobre dernier. De toute évidence il existe une malfaçon dans la conception de ces prisons.

Grâce aux fenêtres et à la gouttière, il y a une possibilité d’accéder d’abord sur le toit, puis sur le mur d’enceinte. Pour des adolescents en bonne condition physique l’exercice est aisé : on grimpe puis on saute de 7 m avant de déguerpir. Et ça marche !

Déjà en 2008

Ce moyen d’évasion a été inauguré en février 2008 par 2 mineurs détenus à l’EPM de Marseille. La technique a fait école chez les prisonniers. Après la première évasion de ce type à Lavaur, les personnels avaient fait remonter le problème : rien n’a été fait. Des travaux de sécurisation sont prévus et programmés. Hier dans la ville, les réactions des habitants oscillaient entre scandale et dérision.

« C’est une passoire. Avec tout cet argent investi », marmonnait une vieille dame. « Je ne leur confierai pas mes enfants. Ils sont mieux encadrés au centre de loisirs », plaisantait, goguenard, André, à la terrasse du café des Américains. Ceux qui ne sont pas d’humeur à rire ce sont les syndicats de surveillants : « Nous attendons toujours que l’on prenne en compte au niveau national nos interrogations sur la sécurité dans les EPM mais également de leur utilité», indique Christian Colla, pour FO Pénitentiaire. « Depuis l’ouverture en juin 2007, les personnels demandent la pose de barbelés sur les murs de cette enceinte, mais même avec 2 évadés en octobre, toujours rien, malgré les promesses », s’indigne dans un communiqué Laurens Maffre, secrétaire régional UFAP/UNSa Justice.

Lavaur. Toujours en cavale

Les deux évadés sont âgés de 16 et 17 ans. Ils ont intégré l’EPM depuis peu de temps, avec le statut de prévenus. Ils étaient dans l’unité des arrivants. Une unité qui porte désormais bien mal son nom. Comme pour les précédentes évasions, ils ont profité du moment de détente vers 19 heures pour fausser compagnie à tout le monde en empruntant les fenêtres et la gouttière situées dans un des angles de la cour intérieure. Ils devaient être jugés prochainement : l’un dans le cadre d’une procédure criminelle pour vol aggravé et l’autre dans le cadre d’une procédure correctionnelle. Selon nos informations, un des deux adolescents habite Toulouse et l’autre est domicilié dans le département de l’Aude. Hier, à l’intérieur de la prison le climat était tendu : le personnel accuse le coup. Du côté des mineurs détenus, pas de chambrage comme lors de la dernière double évasion. Très certainement que ces actes ne sont plus un événement. « Il ne faudrait pas trouver des lampistes pour porter le chapeau », expliquait, sous couvert de l’anonymat, un surveillant, hier après-midi. Du côté de l’enquête, malgré l’important dispositif de gendarmerie mis en place dès l’annonce des évasions, les deux jeunes sont toujours en cavale.

Presse carcérale (Richard Bornia, LaDepeche.fr, 24 novembre 2012)

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22 novembre 2012 4 22 /11 /novembre /2012 12:44

LE TRIBUNAL LIBÈRE GEORGES IBRAHIM ABDALLAH… QUI RESTE EN PRISON !

Le Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah prend acte de la décision du tribunal d’application des peines de Paris de libérer Georges Abdallah.

Enfin une décision positive depuis 2003, qui ne fera pas oublier les 28 ans de détention en France de notre camarade.

28 ans de prison, 28 ans de résistance pendant lesquels le militant révolutionnaire libanais Georges Ibrahim Abdallah a gardé intactes ses convictions politiques et son engagement solidaire aux côtés des peuples en lutte, et tout particulièrement aux côtés du peuple palestinien, qui lutte aujourd’hui avec héroïsme contre une nouvelle agression sioniste.

Le parquet a immédiatement fait appel de cette décision de libération.

Une nouvelle fois l’État français, qu’il soit gouverné par la gauche comme par la droite, a accepté les pressions des États-Unis, partie civile dans ce dossier, et reste inflexible dans son acharnement à garder Georges Abdallah prisonnier.

Le Collectif continue d’affirmer son soutien à Georges Ibrahim Abdallah et la mobilisation, qui ne cesse de grandir, ne doit pas faiblir jusqu’à son retour dans son pays et parmi les siens.

Collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, 21 novembre 2012

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21 novembre 2012 3 21 /11 /novembre /2012 14:23

Photo prise le 22 juin 2008, de bâtiments du Centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes qui ont été détruits dans un incendie. Photo prise le 22 juin 2008, de bâtiments du Centre de rétention administratif (CRA) de Vincennes qui ont été détruits dans un incendie. | AFP/RESF

 

Sept étrangers retenus au centre de rétention administrative (CRA) du bois de Vincennes, à Paris, se sont évadés dans la nuit de mardi à mercredi 21 novembre.

Ces immigrés, dont la nationalité, l'âge et le sexe n'ont pas été précisés, sont parvenus à forcer une porte arrière du centre de rétention administrative.

 

En juin 2008, une cinquantaine de personnes étaient parvenues à s'échapper de ce CRA à la suite d'un incendie. Fermé plusieurs mois, ce centre de rétention administrative avait alors subi d'importants travaux de rénovation.

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5 novembre 2012 1 05 /11 /novembre /2012 11:20

Grève de la faim en prison après la mort d’une détenue

Gourdana est morte hier à Fleury, vraisemblablement d’un problème cardiaque. Les détenues ont manifesté estimant qu’elles n’ont pas un accès convenable aux soins.

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FLEURY-MÉROGIS, HIER SOIR. Une majorité des 300 détenues de la prison n’ont pas voulu dîner en signe de protestation après le décès d’une prisonnière.

Ambiance de mutinerie à la maison d’arrêt des femmes. Hier, près de 80% des 300 détenues de la prison de Fleury ont refusé de dîner pour protester après la mort de Gourdana. Dans l’après-midi, une cinquantaine d’entre elles avaient refusé de rentrer de la cour de promenade. Les équipes régionales d’intervention et de sécurité de Paris avaient dû intervenir pour rétablir l’ordre.

Cette prisonnière de 34 ans, incarcérée depuis près d’un an, a été retrouvée morte dans sa cellule vers 7 heures. Une autopsie sera réalisée afin de connaître les causes du décès. L’enquête menée par la gendarmerie devra déterminer s’il n’y a eu aucune défaillance des médecins. Car la veille déjà, en fin d’après-midi, cette mère de famille s’était plainte de maux de ventre et de douleurs thoraciques. À 22 heures, la détenue qui partage la cellule avec Gourdana frappe à la porte pour alerter les surveillants de l’état de santé de son « amie ». Un médecin est appelé mais il ne se déplace pas. Dans la nuit, une deuxième fois les prisonnières demandent à voir un généraliste. Cette fois, un diagnostic est établi en parlant au téléphone avec Gourdana. Les deux détenues se couchent. Et le lendemain la victime est découverte dans son lit avec la peau déjà bleue. Les soins prodigués ne parviennent pas à la sauver.

« Cela arrive que les pompiers soient obligés de faire le travail des médecins », témoigne un surveillant qui confirme le déroulement des faits. « S’il y avait plus de moyens pour les surveillants et les médecins, on pourrait éviter ce genre de drame, avance Gérald Ferjul, délégué syndical Usap-Unsa. Ce qui s’est passé est triste. Cela nous choque tous. » Les médecins et les principaux protagonistes ont été entendus par les gendarmes. « Les conseils du généraliste semblaient avoir soulagé la détenue, commente une source proche du dossier. Pour le moment, rien ne permet de dire qu’il y a eu un problème du corps médical. » L’administration pénitentiaire n’a pas souhaité commenter l’enquête en cours.

Par ailleurs, un détenu a eu le doigt sectionné après avoir été mordu par un autre prisonnier jeudi à la maison d’arrêt des hommes. L’agresseur présumé, était libérable la semaine prochaine.

« Il est impossible de voir un médecin rapidement »
IVANA écrouée à Fleury

Comme quelques autres détenues de la maison d’arrêt des femmes de Fleury, Ivana [Le prénom a été modifié] possède un téléphone portable. Contactée hier soir, elle raconte les raisons de ce mouvement de protestation.

« On s’est parlé en promenade et on a toutes décidé de refuser de manger ce soir (NDLR : hier soir), indique cette femme, très remontée.

On veut marquer le coup. Pour vous, à l’extérieur, ça n’est peut-être rien, mais sachez que c’est un geste fort ici. On en a marre. Car, quand on est malade, il est impossible de voir un médecin rapidement. Une détenue ne peut pas rencontrer un généraliste avant trois jours. Et encore, il faut que ce soit grave. Là, c’est la même chose. Gourdana a appelé à l’aide pendant une journée. En vain », accuse cette femme qui dénonce également des « conditions de détention abominables ». « On mourait de froid jusqu’à la semaine dernière, quand ils ont enfin décidé de brancher le chauffage. »

La manifestation d’hier ne devrait pas s’arrêter là. « Les jours prochains, on refusera de rentrer de promenade pour que Gourdana ne soit pas oubliée. Et que l’on ne camoufle pas encore une fois la mort d’un ou une détenue. »

Presse carcérale (Florian Loisy & Louise Colcombet, LeParisien.fr, 3 novembre 2012)

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2 novembre 2012 5 02 /11 /novembre /2012 12:48

Belgique : on n’a pas retrouvé les clés de la prison, mais on a perdu le directeur et les surveillants

Du nouveau à la prison de Louvain. Comme on vous le racontait hier, une clé qui ouvre toutes les cellules de cette prison belge a été perdue. Embêtant. À défaut d’avoir été résolue, cette gaffe a déjà fait une victime : le directeur.

L’histoire a fait hier le tour des machines à café des deux côtés de la frontière. Franchement, perdre les clés des cellules d’une prison, même les scénaristes de Prison Break n’y avaient pas pensé. Il faut croire que nos voisins belges ont plus d’imagination avec cette première saison de “Louvain break”.

À Louvain, la révélation de l’affaire hier par le quotidien flamand Het Laatse Nieuws a bien sûr fait l’effet d’une bombe. Et les premières sanctions sont tombées selon la RTBF.

Plus de directeur, plus de clés et le personnel en grève !

Figurez-vous que le directeur de l’établissement a été mis en congé d’office par l’administration pénitentiaire belge. Normal ? Pas pour les syndicats de la prison de Louvain qui se sont aussitôt mis en grève pour le soutenir. Si on résume, nous avons donc une prison sans directeur, avec un personnel en grève et où les clés sont peut-être en possession des détenus, mais dans tous les cas, qui ont disparu. Au désordre s’est ajouté le chaos.

Des motifs d’espoir

Le porte-parole de l’administration pénitentiaire, Laurent Sempot, a toutefois voulu dédramatiser. Selon lui, les risques d’évasion sont très limités. D’une part, parce qu’une série de serrures importantes “a été immédiatement remplacée.” Ensuite, parce que “les cellules ne s’ouvrent pas de l’intérieur” et que, même avec les clés, les détenus auraient du mal à s’échapper.

On attend avec impatience les prochains rebondissements de “Louvain break” dans les prochains jours.

Presse carcérale (lavoixdunord.fr, 1er novembre 2012)

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:38

Témoignage de tortures subies au centre de détention de Salon de Provence
Lettre de Jamel Maalal

Il n’y a pas qu’en Géorgie que des surveillants pénitentiaires, couverts par leur hiérarchie, torturent des prisonniers.

Dans la lettre ci-après, écrite en août 2012, un prisonnier, Monsieur Jamel Maalal, raconte la torture subie au centre de détention de Salon de Provence. Son avocat est Maître Cormier dont le cabinet est situé à Lyon. Bien entendu, toute initiative pour le soutenir sera la bienvenue.

« Dans le CD de Salon de Provence, j’ai été agressé par plusieurs surveillants qui m’ont rossé de coups de partout sur le corps et étranglé avec un fil, ou je ne sais pas. Je suis tombé dans les pommes. J’ai été déshabillé et jeté dans une cellule inondée. Toute la nuit je tremblais de froid, aucun matelas.

J’étais tout nu au mitard le lendemain matin. La cellule s’est ouverte avec d’autres surveillants qui m’ont rossé de coups. Ils m’ont jeté dans un drap à l’aide d’un autre surveillant. Ils m’ont attaché avec du scotch les pieds et les mains. J’avais très mal et quand je criais de douleur, je recevais des claques et on me disait “Ferme ta gueule”. J’étais en larmes, je croyais que j’allais mourir tellement on me maltraitait. J’ai demandé des habits, “Ferme ta gueule sinon on t’en mets une”.

D’un coup on me dit : “Tu montes dans le camion”. J’ai refusé, je demandais à Dieu de m’aider. J’ai subi une telle atteinte à la dignité. Le sexe à l’air devant tout le monde, femme comme homme. On m’a jeté dans le camion, nu tout le long de la route. J’étais terrifié, fatigué, j’avais besoin de boire car je n’avais pas bu depuis la veille, car comme je vous disais, j’étais dans une cellule hors service, je n’avais plus de robinetterie.

Arrivé au CP de Varenne le Grand, les surveillants sont restés choqués, ils m’ont mis dans une pièce, ils ont appelé le chef de détention, j’ai vu qu’ils ont eu une discussion et que ça montait en pression. Vous dire exactement ce qui s’est dit, je ne sais pas, mais j’ai compris que c’est de moi dont ils parlaient. Le chef de détention m’a demandé ce qui s’est passé et il m’a signalé que j’avais une trace de strangulation au niveau du cou et des hématomes sur tout le corps. J’ai expliqueé que c’est eux qui m’avaient frappé et séquestré, ils m’ont fait des actes de barbarie, violemment frappé et humilié sur trois jours.

Le chef m’a dit de porter plainte et que les gendarmes venaient pour m’emmener à la gendarmerie. J’ai expliqué ce qui m’est arrivé et il m’ont dit qu’on allait à l’hôpital car le ministère de la justice a désigné un médecin pour une expertise corporelle. J’étais terrorisé. Le médecin était choqué quand je lui ai dit que c’était des surveillants. Il a pris plein de photos et les gendarmes m’ont ramené en détention. Pendant un mois, les détenus m’ont dit qu’ils m’ont vu dans un état comme mort. J’ai pu sortir de prison avec un bracelet électronique. J’ai rencontré l’OIP qui me dit qu’il y a un surveillant qui témoigne qui dit que ce que je dis est bien vrai.

L’Oip me dit de contacter Maître Cormier, avocat à Lyon. Il me dit de faire une expertise, je rencontre le juge d’instruction à Aix-en-Provence au tribunal. Mais aussi j’ai été appelé sur mon portable par le directeur national des prisons de France, et pendant toute une après-midi, ils m’ont demandé de leur expliquer. Au portable, ils m’ont dit de bien venir car ils ne venaient que pour moi. Maître Cormier m’informe d’un jour bien après tout ça, car ça se passe en 2007 et 2008, juillet.

Il y a un mois, il me dit que le juge a fait un non lieu de l’affaire. Depuis je suis très mal, et il me dit qu’il a fait appel. Tout le dossier est chez Maître Cormier, le Ministère de la justice, le juge d’Aix-en-Provence et l’OIP. C’est vraiment dégueulasse on essaie d’étouffer l’affaire car c’est très grave ce qui m’est arrivé, et même le directeur le dit. Je vois qu’il n’y a pas de justice. Pas de la discrimination. Ils sont du côté des agresseurs. Vous voulez que je comprenne quoi ? Que s’il m’arrive quelque chose, faut que je règle moi même par la violence. Je suis déçu, ils ont fait tout ce remue-ménage pour me dire qu’il y a un non-lieu. Ce qui m’est arrivé est très très grave car ce sont des professionnels avant tout. Moi-même si j’avais fait ça, j’aurais été jugé depuis longtemps. C’est le vice de la justice, ils font fonctionner la loi comme ça les arrange.

Je demande de l’aide, que les médias parlent de cette affaire, qu’elle ne finisse pas dans les oubliettes. Je demande réparation. Je me suis posé partie civile, mais ça les dérange que je puisse être indemnisé de 500’000 euros à ma sortie de prison. Ma famille me disait que j’avais changé. J’ai même dû me séparer de ma femme à cause de problèmes psychologiques. Ça a été très violent. […] Je remercie quand même l’OIP et l’avocat, mais je me sens seul et j’ai l’impression qu’on me marche dessus. Je me permets de vous écrire afin de trouver de l’aide pour tout ce qui m’est arrivé à Salon de Provence. Merci. »

Jamel Maalal

Pour contacter le collectif anti-carcéral Papillon (émission de radio, solidarité avec les prisonniers, publication d’infos et témoignages, etc.) :

Émission Papillon
16 rue du Mont
42100 Saint-Étienne

Numéro Zéro, 23 octobre 2012

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 11:37

Révoltes et répression à la prison de Roanne, été 2012
Interview d’un ex-prisonnier, sorti récemment de Roanne

Le 4 juillet 2012, quatre prisonniers du centre de détention de Roanne sont chargés sans sommation par huit surveillants alors qu’ils avaient décidé de bloquer la cour de promenade pour protester contre le sort qui leur était réservé.
Une répression sévère s’en suit.
Clandestinement, des détenus solidaires filment la scène, la font circuler sur internet, accompagnée d’une lettre.

L’un des quatre détenus qui avaient voulu bloquer la cour de promenade est à présent sorti de prison et, dans une interview d’une dizaine de minutes, il revient sur les conditions de détention à Roanne, les raisons du mécontentement, ce qui s’est passé ce jour-là dans la cour de promenade, la répression qui s’en est suivie…

À écouter ou télécharger ici

Ces informations doivent circuler le plus largement possible, à destination d’autres prisonniers aussi si c’est possible. Face à ces infos, nous ne pouvons pas rester passifs, nous contenter de nous indigner, ou avoir peur de la répression, mais cela devrait plutôt nous inciter à être et rester solidaires des prisonniers en lutte…

(NB : vous remarquerez que dans l’interview, certains noms d’oiseaux se sont transformés en bruits d’animaux.)

Pour + d’infos sur les évènements au centre de détention de Roanne :

• Écoutez l’émission de radio spéciale ;

• Lisez un résumé des évènements à Roanne jusqu’au 9 juillet ;

• Regardez la vidéo du 4 juillet et un autre résumé des événements ;

• À lire aussi : le dernier numéro du journal L’Envolée, sur les mouvements contre les prisons, à Roanne et ailleurs (n° 33, disponible entre autres à la librairie L’Étrange Rendez-Vous, et au bar Le Misanthrope, à Saint-Étienne).

Pour contacter le collectif anti-carcéral Papillon (émission de radio, solidarité avec les prisonniers, publication d’infos et témoignages, etc.) :

Émission Papillon
16 rue du Mont
42100 Saint-Étienne

Numéro Zéro, 23 octobre 2012

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A L’assaut Du Ciel!

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