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29 mars 2012 4 29 /03 /mars /2012 15:34


Le président Nicolas Sarkozy a annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre le risque terroriste. Il souhaite, notamment, interdire l’entrée en France aux personnes qui ont tenu des « propos infâmants » à l’encontre de la République.

Nicolas Sarkozy a annoncé mardi une accélération des expulsions des « extrémistes » présents en France et assuré que toutes les personnes tenant des « propos infâmants » contre la France ne seraient pas autorisées à entrer sur le territoire national.

« Nous allons faire accélérer les procédures d’expulsion pour motif d’ordre public. Les extrémistes jouent de notre formalisme administratif, notre devoir est d’être plus efficace », a déclaré M. Sarkozy en rendant hommage à l’Élysée aux forces de sécurité, dont les policiers du Raid, et de secours impliquées dans le dénouement de l’affaire du « tueur au scooter ».

« C’est pour cette raison que je suis intervenu directement pour que des prédicateurs qui prennent notre système de valeurs pour cible permanente restent chez eux, nous n’en voulons pas sur le territoire de la République française », a-t-il rappelé en référence au célèbre prédicateur qatari Youssef Al-Qaradaoui, dont il a interdit l’entrée en France pour participer à une réunion.

« Je le dis ici avec la plus grande fermeté, tous ceux qui ont tenu des propos infâmants contre la France ou contre les valeurs de la République ne seront pas autorisés à entrer dans notre pays. La France n’a pas vocation à accueillir ceux qui enfreignent ces valeurs », a insisté M. Sarkozy.

Le chef de l’État a enfin annoncé avoir demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de « vérifier de façon approfondie la situation sur notre territoire de toute personne signalée comme représentant un risque potentiel pour la sécurité nationale ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 27 mars 2012)

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 12:03

Fragnoli, la justice façon « Kill Bill »

Le juge antiterroriste Thierry Fragnoli constitue le clou de la galerie de portraits — entrecoupés d’extraits de procès-verbaux et d’impressions personnelles — dressés par David Dufresne, qui signe une œuvre originale sur le bazar de « l’opération » contre ces supposés « anarcho-autonomes » saboteurs de TGV. Au chapitre 37 deTarnac, magasin général (1), le magistrat jusqu’au-boutiste se livre pour la première fois à ce journaliste très insistant. Cinéphile, Thierry Fragnoli conseille d’abord à Dufresne de voir Kill Bill de Quentin Tarantino : « Vous devez regarder ça si vous voulez me comprendre. » De quoi se demander si le puissant moteur de ce juge solitaire arc-bouté sur la thèse du « complot terroriste » serait une vengeance personnelle… Avec des armes juridiques bien entendu, contrairement à l’héroïne Uma Thurman qui liquide à l’arme blanche ses anciens complices du « Détachement international des vipères assassines » pour venger la perte sanglante de son bébé.

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Mais Thierry Fragnoli, 40 ans, sportif, « vif, direct et joueur » selon l’auteur, lui dit que c’est « la morale » du film qui lui plaît : « Tout se paye un jour… De manière moins violente — heureusement —, c’est un peu le fond de mon boulot : rattraper ceux qui partent en courant et leur présenter la facture. » Quand David Dufresne le titille « sur ses motivations profondes », le juge Fragnoli se gausse : « C’est comme si on demandait à un escargot pourquoi il ne sort que quand il pleut… C’est comme ça, parce que ça lui plaît plus que la sauce au beurre et à l’ail. »

En revanche, sa réplique favorite dans son film culte sent le guerrier invincible. Il s’approprie la phrase du maître japonais ayant forgé le sabre pour la vengeresse : « Je le dis sans vanité, c’est le plus beau sabre de ma carrière. Si en chemin vous rencontriez Dieu, il serait taillé en pièces. » Seul contre tous ou presque, le guerrier Fragnoli, qui se veut maître du temps, croise le fer avec Julien Coupat, qu’il tient pour le chef terroriste de cette prétendue « cellule invisible », et ses pugnaces avocats qui pilonnent son dossier. Si Coupat a traité en privé Fragnoli de « nazi républicain », le juge dit de Coupat qu’il se prenait pour « le Jean Moulin de l’anarchie ».

Il existe une sorte de lutte des classes entre le gosse de riches Coupat et le juge prolo. Dufresne se demande si l’obstination du magistrat ne relève pas « d’une revanche sociale ». Orphelin à 13 ans de son père routier, Thierry Fragnoli a été élevé par sa mère employée de la ville de Paris et fit des petits boulots (barman, archiviste, aide-soignant, animateur), en militant au PSU à 18 ans puis collant les affiches du PS à 23 ans. Le voilà instituteur puis conseiller d’orientation. À 33 ans, il devient magistrat, juge des enfants à Meaux (Seine-et-Marne), substitut du procureur puis juge d’instruction à Créteil (Val-de-Marne), enfin propulsé à Paris dans le sanctuaire de l’antiterrorisme.

Ce petit juge déçu de la gauche, laïc et jacobin, instruit dans l’ombre sur les Kurdes du PKK puis hérite de ce dossier déjà étiqueté terroriste. Submergé par « le tsunami médiatique » comme il dit, le juge Fragnoli prend des coups redoublés. De plus en plus isolé avec ses enquêteurs, il s’accroche désespérément pour trouver les preuves qui manquent. Il a tellement investi sur ce dossier qu’il ne peut se résoudre à s’en dessaisir pour le ramener à une affaire de droit commun.

Le juge Fragnoli, qui ne manque ni d’humour ni d’obsession, a illustré sa carte de vœux pour l’année 2011 d’une rame de TGV assortie d’une phrase de Michel Audiard sur les « emmerdeurs » en France. Il tendait à ses mis en examen pour signer leurs auditions un stylo publicitaire marqué « J’aime la SNCF ». Selon David Dufresne, Thierry Fragnoli « imagine bien un film sur l’affaire avec Brad Pitt dans son rôle ».


Quand le juge de Tarnac interloque

Les frasques du juge antiterroriste Thierry Fragnoli, qui instruit à la hussarde le dossier dit de Tarnac, vont-elles entraîner son dessaisissement ? Libération a appris que les avocats de Julien Coupat, mis en examen pour « organisation d’une association de malfaiteurs terroristes », déposent aujourd’hui une « requête en récusation », auprès du premier président de la cour d’appel de Paris, contre Thierry Fragnoli. Des « propos subjectifs » qu’il a tenus à des journalistes trahiraient un « parti pris en faveur de la culpabilité ».

Le dernier épisode désopilant du magistrat, révélé mercredi par le Canard enchaîné, vient « conforter » à leurs yeux le côté va-t-en-guerre et revanchard du juge contre les mis en examen. Fragnoli a envoyé un mail à des journalistes, depuis son adresse professionnelle, pour couper l’herbe sous le pied du Canard qui venait de l’appeler au sujet d’une sacoche bourrée de documents confidentiels oubliée par un des enquêteurs lors d’une perquisition. Le 23 février, à Mont-Saint-Aignan, près de Rouen, le juge a débarqué avec une trentaine de policiers de l’antiterrorisme (SDAT) chez un forgeron suspecté d’avoir fabriqué les crochets ayant servi à saboter une ligne TGV fin 2008. Charles R. a été embarqué en garde à vue (puis relâché sans mise en examen), mais ses proches ont récupéré une sacoche avec les noms et numéros de portable des enquêteurs, les photos et adresses en Normandie de personnes  surveillées, et un PV de garde à vue en blanc estampillé par la SDAT, pas du tout réglementaire.

Après le coup de fil du Canard lundi, le juge Fragnoli s’est empressé d’alerter par écrit certains journalistes moins corrosifs du Nouvel Observateur, de l’Express et d’Europe 1, qu’il appelle « amis de la presse libre ». Précisant, entre parenthèses : « Je veux dire celle qui n’est pas affiliée à Coupat/Assous. » Cette allusion à Jérémie Assous, l’un des défenseurs de Julien Coupat, démontre, selon la requête de Thierry Lévy, Louis-Marie de Roux et Me Assous lui-même, « l’existence d’une animosité personnelle de M. Fragnoli à l’égard de l’un des mis en examen et de l’un de ses avocats, mais également un mépris total de la part du magistrat des obligations de sa fonction ».

Dans ce mail ayant pour objet « scoop Coupat/Canard », le juge alerte et informe des journalistes non-collabos — si l’on comprend bien — sur la perte de ces « documents policiers » qui n’ont « aucun intérê t» : « Bon alors avant que vous me demandiez ce que j’en pense — en OFF — depuis mes vacances (je pars tout à l’heure 2 semaines en Espagne)… » Du jamais-vu. Que des juges parlent en « off » (de façon confidentielle) à des journalistes, la presse ne va pas s’en plaindre. Mais quelle mouche a piqué le juge Fragnoli pour cumuler ainsi les imprudences ? Pour un de ses confrères, « ce mélange confondant d’aveuglement et de naïveté montre qu’il a pété une durite. Il a été blessé par cette affaire. Là, ça dérape, on est sorti du débat terro-pas terro [-risme, ndlr]. »

Depuis plus de trois ans, le débat fait rage autour de ce dossier censé illustrer « la menace de la mouvance anarcho-autonome » ou de « l’ultra-gauche ». Les policiers du renseignement (RG, DCRI) et de la PJ, ainsi que la ministre de l’Intérieur d’alors, Michèle Alliot-Marie, l’ont survendu en terrorisme, là où d’autres ne voient qu’une simple affaire de droit commun, une dégradation de voie ferrée comme il en existe 4000 chaque année. À force de s’enferrer dans la qualification de terrorisme pour ne pas laisser à d’autres « son » dossier, Fragnoli a peut-être dérapé avec ce mail. Un haut magistrat « n’en revient pas », un autre prédit « une sanction disciplinaire », mais « pas pour violation du secret », et la chancellerie ne « souhaite pas faire de commentaires ».

Dans leur requête, Mes Lévy, Roux et Assous — auxquels s’associe MeWilliam Bourdon pour Yldune Lévy, autre mise en cause —, visent également « les entretiens nombreux » que le journaliste David Dufresne a eus avec le juge entre 2009 et 2011(lire ci-contre), lesquels révèlent son « point de vue » et ses « émotions ». L’auteur y écrit que le juge « exultait » lorsqu’il a appris que des tubes en PVC ayant pu servir de perches pour poser les crochets sur les caténaires avaient été retrouvés au fond de la Marne.

Son « excitation » est comparée à celle « d’un orpailleur dans un champ de ruines, des perches pour pépites » alors que le dossier manque d’éléments bétons : « Il était persuadé de tenir enfin la preuve matérielle qui allait clouer le bec à tout le monde […]. Il serait réhabilité. À son entourage, il affirma qu’il était désormais persuadé qu’il ne prononcerait pas de non-lieu. » Pour les avocats, « en acceptant de se livrer ainsi, M. Fragnoli a cessé d’être un magistrat impartial qui doit, selon la loi, instruire à charge et à décharge. Il s’est publiquement comporté comme un chasseur poursuivant son gibier. » (…)

Publié par Tourancheau-la-journaflic (Libération, 16 mars 2012)

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 12:01

Rennes. Les gendarmes interviennent au centre éducatif fermé de Gévezé

Une dizaine de gendarmes sont intervenus la nuit dernière pour rétablir l’ordre dans le centre éducatif fermé de Gévezé près de Rennes. Plusieurs mineurs s’étaient rebellés pour protester contre certaines conditions de vie dans la structure. Les gendarmes ont interpellé le meneur de la révolte alors qu’il essayait de prendre la fuite. Il a été placé en garde à vue et sera présenté aux magistrats demain. Le centre de Gevezé est une alternative à la prison pour des mineurs condamnés par la justice pour des crimes ou des délits graves.

Leur presse (Ouest-France.fr, 18 mars 2012)

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 11:59

Toulouse : Vigipirate au niveau écarlate, ça signifie quoi ?

Après la fusillade devant une école juive, le président de la République a activé, pour la région Midi-Pyrénées, le niveau maximum du plan Vigipirate. Il comprend des mesures de sécurités contraignantes réservées à la lutte contre une menace précise et imminente.

Le niveau d’alerte « Écarlate » du plan Vigipirate, que le président Nicolas Sarkozy a activé ce lundi en Midi-Pyrénées, est une première en France. C’est le niveau le plus élevé, destiné à prévenir un risque d’attentats majeurs, avec des mesures de sécurité particulièrement contraignantes.

« Écarlate » est le dernier niveau du plan Vigipirate, avant l’application des mesures d’exception prévues par la Constitution de 1958 (article 16, état d’urgence). Il comprend notamment des visites et contrôles d’accès aux trains grandes lignes, restrictions ou interdictions de circulation dans les tunnels, l’arrêt du trafic aérien civil, la limitation ou arrêt de la distribution de l’eau du robinet et la mise en place d’un réseau de substitution.

À ce niveau maximal, le plan Vigipirate peut également impliquer d’autres mesures telles que la suspension des transports urbains, particulièrement souterrains, dans toutes ou une partie des villes de France, ou la suspension de toute activité scolaire.

Le niveau « rouge » de Vigipirate actif depuis 2005

Selon le ministère de l’Intérieur, ce niveau « écarlate » vise à « prévenir le risque d’attentats majeurs (simultanés ou non), mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, des mesures particulièrement contraignantes pouvant être mises en œuvre, protéger les institutions et assurer la continuité de l’action gouvernementale ».

Mais selon des experts, le niveau « Écarlate » est si contraignant qu’il doit être réservé à prévenir une menace précise et imminente. (…)

Leur presse (lexpress.fr avec l’Agence Faut Payer, 19 mars 2012)

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18 mars 2012 7 18 /03 /mars /2012 16:44

La lutte antiterroriste a-t-elle déraillé ?

L’avocat et les mis en examen de l’affaire de Tarnac sont venus à la rescousse d’un chercheur du Cern soupçonné de liens avec le terrorisme.

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Halim Hicheur (à droite), frère d'Adlène Hicheur, et Rabah Bouguerrouma, du comité de soutien au chercheur du Cern accusé de terrorisme.

Quel rapport entre l’affaire de Tarnac et Adlène Hicheur, physicien au Centre européen de recherche nucléaire (Cern) à Genève, jugé à la fin du mois pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ? Aucun, si ce n’est une dénonciation, par les avocats des deux dossiers, du mode de fonctionnement de la section de l’antiterrorisme, qualifiée de « justice d’exception qui ignore les droits de la défense », à l’occasion d’une conférence de presse organisée jeudi matin au siège de la Ligue des droits de l’homme à Paris.

Si l’affaire de Tarnac, évoquant le sabotage de lignes de TGV en 2008, a été très médiatisée, en revanche, l’histoire de ce physicien d’origine algérienne, soupçonné de préparer un attentat au nom d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), est beaucoup moins connue. Arrêté le 8 octobre 2009 chez ses parents, à Vienne (Isère), Adlène Hicheur sera jugé, en deux demi-journées, les 29 et 30 mars prochains, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Attentat contre des chasseurs alpins

Au moment de son interpellation, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, affirme que « la France a peut-être évité le pire », tandis qu’un quotidien parle d’un « expert du nucléaire travaillant pour al-Qaida ». En fait, Adlène Hicheur, docteur en physique des particules aujourd’hui âgé de 35 ans, est, à cette époque, chercheur au Cern à Genève et enseignant à l’École polytechnique de Lausanne (EPFL). Il est soupçonné de préparer un attentat contre le 27e bataillon de chasseurs alpins, basé à Crans-Gevrier, en Haute-Savoie.

Deux ans et demi plus tard, Adlène Hicheur est toujours incarcéré à Fresnes. Pourtant, les charges retenues contre lui apparaissent assez minces. Pour preuve, le chercheur se retrouve seul sur le banc des accusés. C’est pour le moins curieux quand on évoque une « association de malfaiteurs ». En clair, la justice ne peut guère lui reprocher que des échanges d’e-mails en arabe avec un certain Mustapha Debchi, vivant vraisemblablement en Algérie et présenté comme un responsable d’al-Qaida au Maghreb islamique.

Une discussion par Internet

Les propos tenus par Adlène Hicheur dans sa correspondance ne sont, en effet, pas innocents. Le 10 mars 2009, il écrit : « Il s’agit de punir l’État à cause de ses activités militaires au pays des musulmans (Afghanistan) alors, il support (sic) d’être un pur objectif militaire (comme exemple base d’aviation de la commune de Karan Jefrier près de la ville d’Annecy, en France). Cette base entraîne des forces et les envoie en Afghanistan » (traduction littérale d’un e-mail en arabe).

Assis sous le portrait d’Alfred Dreyfus, au siège de la Ligue des droits de l’homme, Patrick Baudouin, avocat d’Adlène Hicheur, souligne qu’il ne s’agit que d’une discussion par Internet. « Il n’y a jamais le moindre début d’intention, de mise en œuvre d’un projet précis relatif à la préparation d’un acte terroriste concret. » Prenant ensuite la parole, Halim Hicheur, frère d’Adlène, rappelle que celui qui a menacé un adversaire politique d’être « pendu à un croc de boucher » n’a pas été inquiété par la justice.

Les jeunes de Tarnac

Étrangement, l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris du juge Christophe Teissier ne mentionne que très anecdotiquement l’interrogatoire de Mustapha Debchi par la justice algérienne, qui remonterait à février 2011. On ignore même si cet homme, présenté comme un responsable de l’Aqmi, est actuellement emprisonné.

« Si l’affaire de Tarnac a déraillé, si les juges et les policiers se sont ridiculisés, c’est parce que ce dossier impliquait de jeunes gens intelligents, diplômés, blancs, issus de la classe moyenne. La population a pu s’identifier à eux, les comprendre. Et ils ont été libérés. Malheureusement, Adlène Hicheur n’a pas bénéficié du même phénomène, car il est d’origine algérienne, il est soupçonné d’être un musulman radical », constate Jérémie Assous, avocat des mis en examen de l’affaire Tarnac.

Leur presse (Ian Hamel, LePoint.fr, 16 mars 2012)


Antiterrorisme : Hicheur/Tarnac, même combat

Lors d’une conférence de presse à la Ligue des droits de l’Homme, les mis en examen de Tarnac et les proches d’Adlène Hicheur ont fait cause commune contre les méthodes de l’antiterrorisme français.

Depuis octobre 2009, Adlène Hicheur dort en prison. Ce Lyonnais de 35 ans, docteur en physique des particules, est mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Soupçonné d’avoir préparé des attentats islamistes sur le sol français à partir de ses conversations sur Internet, il sera jugé les 29 et 30 mars prochains au tribunal correctionnel de Paris. Deux demi-journées d’audience sont prévues, en formation antiterroriste.

Ce jeudi dans les locaux de la Ligue des droits de l’homme, à Paris, Halim Hicheur porte un T-shirt orange, floqué des “902 jours” de détention de son frère. Il s’élève contre une image fabriquée d’Adlène Hicheur, présenté comme “un loup solitaire autoradicalisé”.

Une vingtaine de journalistes a fait le déplacement. Aurait-il obtenu un tel auditoire sans ce mariage de la carpe et du lapin ? Près de lui siègent deux des “jeunes révoltés” de Tarnac, selon le mot de leur avocat. Une affaire invisible en côtoie une autre, surmédiatisée, à l’occasion d’une démarche commune : dénoncer “la justice d’exception” antiterroriste, quelles qu’en soient les cibles.

Les deux faces d’une même pièce

Pour les animateurs de la discussion, “l’affaire de Tarnac” et “l’affaire Hicheur” seraient les deux faces d’une même pièce : l’utilisation des services de renseignement comme police politique. La désignation commune d’un “ennemi intérieur”, l’ultragauche dans un cas, l’islamisme dans l’autre. Patrick Baudoin, l’avocat d’Adlène Hicheur, parle de son client quand il déclare :

“Il faut combattre la justice antiterroriste. On part d’une vérité pré-établie qu’il faut confirmer à tout prix, à partir d’un “profil idéal”. L’affirmation de la culpabilité est le seul objet qui a guidé le magistrat instructeur, censé instruire à charge et à décharge. Nous revendiquons le droit à un procès équitable.”

Mais ses propos pourraient aussi bien sortir de la bouche de Jérémie Assous, son homologue dans l’affaire de Tarnac. Celui-ci donne des billes à son confrère, en reprochant aux médias leur réflexe d’adhésion à la version policière :

“Si, plusieurs mois après les arrestations, l’affaire de Tarnac a déraillé, c’est en grande partie grâce aux médias. C’est lié à la personnalité des mis en cause : des personnes ‘de gauche’, blanches, issues de la classe moyenne. Pour Adlène Hicheur, il n’y a pas eu cette identification des journalistes. Il y a eu une espèce de confiance : ce sont des musulmans, on s’en remet à la justice.”

Dans les deux cas, le ministre de l’Intérieur s’est félicité publiquement des arrestations avant même la fin des gardes à vue. Ce qui fait dire à Benjamin Rosoux, l’un des mis en examen de Tarnac :

“Nous sommes les deux mamelles de l’antiterrorisme aujourd’hui réunies. Toute l’œuvre de la DCRI depuis sa création est une grande entreprise de communication. Les opérations antiterroristes visent à convaincre l’essentiel de la population qu’il y a effectivement une menace. Ce qui reste, c’est la première image : celle du terroriste islamiste qui travaille dans le domaine nucléaire.”

« Le but de l’antiterrorisme est de raconter une histoire qui fait peur »

En Suisse, où travaillait Adlène Hicheur, la justice a clos le dossier. Faute de preuves, explique l’un de ses collègues. “Il est très difficile de savoir exactement ce qui lui est reproché”, renchérit Jean-Pierre Lees, le président de son comité de soutien. Il cite une phrase du procureur français pour en démontrer l’acharnement : “Je ne pense pas que deux ans de prison suffisent pour le faire revenir sur ses opinions radicales.” Malgré une vingtaine de demandes de remise en liberté, le chercheur est toujours enfermé à Fresnes.

Les mis en examen de Tarnac, eux, sont tous libres depuis belle lurette. Pourtant, Mathieu Burnel estime qu’il n’y a “aucune raison d’attaquer l’antiterrorisme dans notre cas et de ne pas le faire pour Adlène Hicheur”.

“Le but de l’antiterrorisme n’est jamais vraiment de saisir des faits, mais de raconter une histoire qui fait peur, pour ensuite mieux rassurer.”

Dénonçant le “marketing sécuritaire”, Patrick Baudoin soulève plusieurs points problématiques dans la procédure qui frappe son client : “l’absence d’éléments nouveaux” en deux ans d’instruction, un procès-verbal d’interrogatoire tronqué en Algérie, des “traductions approximatives ou inexactes de l’arabe au français”, des “tentatives de subornation de témoin”.

Dans quinze jours, l’affaire Hicheur pourra être débattue publiquement. Pour celle de Tarnac, l’instruction est toujours en cours, depuis trois ans.

Leur presse (Camille Polloni, LesInrocks.com, 16 mars 2012)


L’affaire Hicheur, « emblématique des dérives de la lutte antiterroriste »

Adlène Hicheur, physicien du Cern (Centre européen de recherche nucléaire), a été interpellé le 8 octobre 2009, soupçonné d’avoir envisagé des actes terroristes. Il est en détention provisoire depuis plus de deux ans, et sera jugé les 29 et 30 mars prochains. Ses soutiens dénoncent aujourd’hui « une justice d’exception » contraire aux droits de l’homme.

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Les soutiens d'Adlene Hicheur (ici son frère et son avocat) dénoncent une enquête à charge.

« On l’a présenté dès le départ comme le coupable idéal », s’insurge Me Patrick  Baudouin, l’avocat d’Adlène Hicheur. Pour lui, son client est la victime du « rouleau compresseur de la justice antiterroriste ». Le président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme dénonce lui une « justice d’exception, qui ignore largement les droits de la défense et piétine un certain nombre de nos principes ». Les soutiens du physicien tentent aujourd’hui d’attirer l’attention sur son cas, plus de deux ans après son incarcération.

« Une instruction totalement à charge »

D’autant que pour eux, le dossier est quasiment vide. L’accusation s’appuie sur des mails échangés entre Adlène Hicheur et un chef d’Al-Qaeda. L’avocat parle lui d’une « instruction totalement à charge », et d’un « marketing sécuritaire », consistant à « partir d’une vérité pré-établie qu’il faut conforter à tout prix ». Il évoque notamment des manipulations, des traductions arabe-français « à charge », ainsi que des tentatives de subornation de témoin. « Que reste-t-il ? Des échanges de mails. Mais tout est resté au stade de l’échange. Il refuse tout, il n’accepte rien. Il n’y a jamais de la part de Hicheur de début d’intention de mise en œuvre d’un projet précis et terroriste. »

Le 8 octobre 2009, Adlène Hicheur est interpellé à Vienne (Isère) et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Il est placé en détention provisoire quatre jours plus tard et y est toujours aujourd’hui : ses quinze demandes de remise en liberté ont toutes été refusées. « C’est Guantanamo ! » s’insurge aujourd’hui Me Baudouin. « La justice a du mal à reconnaître ses erreurs. »

Leur presse (Olivier Bénis, FranceInfo.fr, 15 mars 2012)


Les mystères de l’affaire Hicheur

Adlène Hicheur, un physicien de 35 ans, sera jugé les 29 et 30 mars pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Ses proches se mobilisent.

À deux semaines du procès d’un jeune chercheur franco-algérien du Cern (Conseil européen pour la recherche nucléaire), soupçonné d’ »association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », la défense lance la contre-offensive médiatique. Me Patrick Baudouin, conseil d’Adlène Hicheur, tenait ce jeudi matin une conférence de presse, au siège parisien de la Ligue des droits de l’homme, au côté de la famille du scientifique et de son comité de soutien.

La bataille se déroule sur deux fronts. Judiciairement, il s’agit de dénoncer un dossier qualifié de « fragile ». Politiquement, le propos se veut de portée plus générale: Me Baudouin stigmatise une affaire, selon lui, « emblématique des dérives de la lutte antiterroriste ». Deux des mis en examen de l’affaire dite de « Tarnac » (ces militants d’extrême-gauche sont soupçonnés d’avoir posé des fers à béton sur des caténaires de TGV en novembre 2008) et leur avocat, Me Jérémie Assous, étaient d’ailleurs présents à la conférence de presse.

Des emails interceptés alertent la police

Adlène Hicheur, 35 ans, docteur en physique et enseignant chercheur au Cern de Genève, est incarcéré depuis son arrestation, le 8 octobre 2009, au matin, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol aller et retour pour l’Algérie. Les enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avaient été alertés dès 2008 par des emails interceptés: les policiers spécialisés enquêtaient alors sur une filière d’acheminement de djihadistes depuis la Belgique vers l’Afghanistan.

De fil en aiguille, certains messages électronique auraient conduit à un ordinateur utilisé par Adlène Hicheur. À cette époque, le jeune homme, cloué chez lui à cause d’une sciatique, surfe sur Internet, notamment sur des forums islamistes. Trente-cinq échanges d’email forment le socle de l’accusation, comme l’a relevé le quotidien Libération. Leur contenu, qui n’est pas contesté par la défense, laisse peu de doute sur la radicalisation du jeune homme: Adlène Hicheur est alors en contact avec un homme présenté par les policiers comme l’un des cadres d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi).

Qui est vraiment Mustapha Debchi, son interlocuteur d’Aqmi sur Internet ?

Hicheur, sollicité à plusieurs reprises par son interlocuteur, évoque la possibilité de s’en prendre à des cibles comme Total ou comme une caserne de chasseurs alpins, unité engagée en Afghanistan. Pour autant, les enquêteurs ne découvrent aucun projet concret, laissant penser que leur suspect va passer à l’action ou même qu’il cherche à acquérir les composants d’une bombe. « Ces propos [échangés sur Internet] sont critiquables, convient Me Patrick Baudouin. Mais suffisent-ils à justifier cette mise en examen et cette longue détention provisoire dès lors qu’il n’y a pas le moindre début d’intention de mise en œuvre d’un projet d’attentat ? C’est du marketing sécuritaire ! »

L’affaire illustre, en tout cas, la difficulté du passage d’une surveillance des milieux islamistes radicaux sur le Net à une phase de poursuites judiciaires. L’examen du dossier montre de ce point de vue le rôle central joué par un interlocuteur sur Internet du scientifique, Mustapha Debchi. Cet homme, qui serait membre d’Aqmi a, semble-t-il, été arrêté par les autorités algériennes. Celles-ci l’auraient interrogé en février 2011. Le procès-verbal reproduisant l’interrogatoire, et transmis à la justice française sous la forme d’une commission rogatoire internationale, « charge » Adlène Hicheur. Mais le parcours, les motivations et même l’identité véritable de Mustapha Debchi restent sujets à caution.

Adlène Hicheur, lui, doit comparaître détenu devant la 14e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris les 29 et 30 mars prochain.

Leur presse (Éric Pelletier, LExpress.fr, 15 mars 2012)

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:39

Le 10 octobre 2009, des incidents se sont produits à Poitiers lors d’une manifestation anticarcérale. Ces incidents ont conduit à l’arrestation et à la condamnation immédiate de plusieurs personnes (dont 3 placées en mandat de dépôt). Le 17 octobre a eu lieu une manifestation de soutien aux condamnés rassemblant près de 1000 personnes. Ce jour-là, Alain Évillard n’a pu s’empêcher d’exprimer sa colère devant le monument de la Résistance du parc de Blossac. Il a crié : « Le procureur est un salaud, un Papon ! » Propos visant M. Pierre Sennès, procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Poitiers.

Alain est poursuivi pour délit d’injures publiques envers un fonctionnaire public et doit passer en procès devant la 17e Chambre du Tribunal de grande instance de Paris le 5 avril à 13h30 (ce procès qui devait avoir lieu le 25 octobre a été reporté à la demande de son avocate, surchargée de travail durant cette période).

Comparer le procureur à Papon devant le monument de la Résistance n’est pas si aberrant que cela. En effet, ce procureur a obéi sans états d’âme aux ordres du ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux, qui était venu à Poitiers le 12 octobre, juste avant le procès, demander « que la justice sanctionne durement ». Sans doute pour satisfaire les fanatiques de l’ordre à tout prix, M. Sennès, en fonctionnaire zélé comme l’indique le communiqué commun du Syndicat de la magistrature et du Syndicat des avocats de France, a immédiatement déféré en comparution immédiate des personnes interpellées le 10 octobre sans ménagement et arbitrairement, quelques heures après les dégradations commises. Or ces inculpés n’y ont pas participé et n’ont d’ailleurs jamais été accusés de l’avoir fait. Le procureur a requis 18 mois dont 10 ferme pour chacun des prévenus, en ouvrant de plus une information judiciaire de « chef de participation à un attroupement armé ». Non seulement il a demandé des peines extravagantes mais, le 16 octobre, le Parquet a fait appel des condamnations déjà très disproportionnées qui lui paraissaient sans doute trop clémentes.

C’est ce qui a provoqué l’indignation d’Alain, qui ne peut tolérer l’injustice ni l’arbitraire. Le 17 octobre, il a eu le tort de dire tout haut ce que tous les manifestants pensaient mais n’osaient exprimer, intimidés qu’ils étaient par l’impressionnant dispositif policier.

Ce n’est pas seulement l’individu procureur qui est un « salaud », mais tous ceux qui, comme lui, servent un système condamnable. Les années qui se sont écoulées depuis nous ont permis de prendre du recul et de pouvoir juger les actions de la Police, du Parquet et de la Justice : arrestations ciblant des jeunes militants politiques et/ou alternatifs ; procès expéditifs et à charge, sans preuves ; peines et amendes disproportionnées ; incapacité d’avouer qu’on s’est trompé et que les condamnés sont innocents ; volonté de se « couvrir » mutuellement…

Aujourd’hui, la seule réponse du Pouvoir à l’indignation légitime face à l’injustice, c’est la répression, encore la répression, toujours plus de répression.

• Alain n’a fait qu’exercer son droit, voire son devoir de résistance à l’oppression et à l’arbitraire.

• Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux exige la relaxe d’Alain.

• Crions nous aussi notre colère et notre solidarité. Résistons ensemble !

RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN À ALAIN
MARDI 3 AVRIL À 18 HEURES PLACE DU PALAIS
VENEZ NOMBREUX !!!

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 17:25

12 septembre, 11h30, magasin U Express de Beaucaire (30), il y a du monde aux caisses. Vido remarque, rigolard, qu’avec 2,7 milliards d’euros de bénéfices reversés aux actionnaires, le groupe U pourrait se permettre d’embaucher plus de personnel. Quand le tour de Vido arrive, le gérant du magasin, visiblement énervé par ces propos, refuse d’encaisser et reprend la marchandise. Vido tente de récupérer son repas de midi, le gérant s’interpose, le panier tombe par terre et l’emballage de la barquette d’échine de porc explose ! Vido, blasé, sort du magasin, poursuivi par le gérant qui lui réclame le prix de la viande soit 5,95 euros et tente de le bloquer en lui demandant de le frapper. Abasourdi, Vido s’en va. Le gérant, abandonnant caisses, clients et magasin, lui emboîte le pas en téléphonant aux flics. Ils déboulent en moins de cinq minutes et embarquent Vido. Sa déposition enregistrée, on lui demande de se soumettre au relevé signalétique (empreintes digitales et photos). Vido refuse. Il ressort du commissariat muni d’une convocation au tribunal pour dégradation et refus de se soumettre au relevé signalétique « nécessaire à l’alimentation et à la consultation des fichiers de police… »

Un gérant de magasin, probablement quelque esclave franchisé, épuisé par le stress,  pète un plomb tant il s’identifie au groupe commercial qui l’exploite. Les flics embarquent Vido d’office : son aspect et son accents barbares en font un client idéal. Le procureur, malgré l’absence de plainte du gérant (et pour cause…) renvoie Vido devant le tribunal. Une blague ? Non, on assiste juste, poussé au ridicule, à l’application d’une logique sécuritaire et policière, basée sur l’exploitation, le contrôle, la discrimination. Cette situation grotesque n’est pas un « bug » du système judiciaire. Les salles d’audiences du tribunal sont pleines de laissés pour comptes, de pauvres, d’immigrés, chair à justice de la machine à ficher et à punir. On se fout pas mal de savoir si les victimes de cet État sont « coupables » ou non. Les crimes et délits sont taillés sur mesure par un système social, économique et politique qui nous broie tous au quotidien et dont la Justice n’est que l’un des rouages.

La chasse aux pauvres, le contrôle au faciès, le fichage généralisé, ça suffit ! Ne nous laissons plus faire. Ne restons pas seuls face à la machine judiciaire. Soyons solidaires.

RDV au tribunal de Nîmes le vendredi 16 mars à 9h
Spectacle assuré !

Support by Kalimero sous le soleil (Collectif contre la répression)

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 17:37

Grèce : « Les photographes de presse ne sont pas des auxiliaires de police »

Après les émeutes du 12 février à Athènes, la police grecque a illustré des appels à témoin avec des clichés de l’AFP téléchargés illégalement. RSF et l’agence de presse condamnent cette pratique.

Les méthodes des forces de l’ordre en Grèce « scandalisent » Reporters sans Frontières (RSF). La police grecque a téléchargé des photos prises par des agences de presse lors des émeutes du 12 février, notamment sur la place Syntagma au coeur d’Athènes. Les clichés ont alors été postés sur Internet afin d’illustrer un appel à témoins. « Les photographes de presse ne sont pas des auxiliaires de police ! », s’est insurgé RSF.

Le président de l’AFP, Emmanuel Hoog, a envoyé une lettre de protestation à Athènes. « Grâce à l’intervention du bureau de l’AFP à Athènes, les images concernées ont été retirées », précise-t-il. Il revient sur le fait que la police grecque n’avait pas l’autorisation de télécharger ces clichés. « Non seulement cette pratique viole la loi sur le plan de la propriété intellectuelle, mais elle peut mettre nos équipes en danger. »

La sécurité des photographes en question

RSF craint que ces pratiques « alimentent une polémique stérile et non fondée sur la prétendue collaboration entre les médias et les services de police ». Et ce alors qu’une « partie des manifestants n’hésitent pas à recourir à une violence croissante contre les médias audiovisuels », déjà à l’heure actuelle. L’organisation élargit le débat aux autres agences, telles que Reuters, AP, EFE (Espagne), ainsi qu’aux reporters indépendants.

« Les services de police disposent largement de tous les moyens nécessaires pour procéder aux enquêtes qu’ils jugent bon d’ouvrir, à commencer par les caméras de sécurité », rappelle RSF. En août dernier, alors que des émeutes éclataient au Royaume-Uni, ce sont des images de ce type qui étaient utilisées par les autorités… et placées à la Une des tabloïds !

Le 12 février dernier, quelque 45 bâtiments, dont plusieurs joyaux néo-classiques rénovés ces dernières années, ont été incendiés et des boutiques ont été pillées à Athènes. Plus de 80’000 personnes protestaient à proximité du Parlement où les députés étaient réunis en session extraordinaire pour voter un nouveau plan de rigueur réclamé par la créanciers du pays en échange d’un nouveau plan de sauvetage du pays. Plan sur lequel les Européens se sont mis d’accord dans la nuit de lundi à mardi.

Leur presse (Marie Simon, LExpress.fr, 21 février 2012)

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16 février 2012 4 16 /02 /février /2012 13:15

Amnesty International a demandé, mercredi 15 février, des « restrictions plus rigoureuses » sur l’utilisation du Taser par la police aux Etats-Unis. L’organisation de défense des droits de l’homme a « appelé à nouveau à des restrictions plus rigoureuses sur l’utilisation de cette arme par la police », après la mort, lundi, en Alabama d’un homme qui a cessé de respirer peu après avoir été touché deux fois et a été déclaré mort deux heures plus tard.

L’homme, Johnnie Kamahi Warren, qui n’était pas armé et apparemment en état d’ébriété, a été touché deux fois par un Taser utilisé par un policier à Dothan.

Selon les chiffres collectés par Amnesty, au moins cinq cents personnes sont mortes aux Etats-Unis depuis 2001 après avoir été touchées par des Taser lors de leur arrestation ou leur incarcération, dont quatre-vint-douze en Californie. « Sur les centaines de décès qui ont suivi l’utilisation du Taser par la police aux Etats-Unis, des dizaines se sont révélés être liés à une utilisation sans nécessité du taser », a indiqué Susan Lee, directrice des Amériques d’Amnesty International. « C’est inacceptable, des directives plus strictes pour leur utilisation sont impératives », dit-elle.

Des directives strictes au niveau national devraient remplacer les milliers de règles différentes suivies en ce moment par les Etats ou les collectivités locales, estime Amnesty.

Leur presse (LeMonde.fr, 16 février 2012)

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 15:44

Locataires HLM de Paris : le scandale des fichiers

Jeudi matin, sur son site Internet, la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) a rendu publique une mise en demeure de l’office public HLM de Paris, Paris Habitat, qui gère 120’000 logements, pour « atteinte à la vie privée de ses locataires ».

Le gendarme des libertés individuelles, qui demande à Paris Habitat de se mettre en conformité avec la loi, lui reproche une série de manquements suffisamment graves pour que cette mise en demeure, première étape de la procédure de sanction, soit rendue publique.

Une première dans l’histoire de la CNIL

Les reproches sont nombreux. En premier lieu, la CNIL fustige le contenu de certaines données enregistrées dans son énorme fichier pour la gestion locative, IKOS. Dans la zone « commentaires », sur tel ou tel locataire, on trouve des mentions très personnelles (« pas de nationalité française », « ancien SDF addiction boisson », ou encore « personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier »), mais aussi des données d’infraction (« violence conjugale »).

Plus grave encore, dans cette zone « commentaires », les fichiers font état de données de santé : « séropositif », « cancer », «personne cardiaque », « sous chimiothérapie », « alzeimer aveugle », « maladie de parkinson », « souffrant d’une pathologie respiratoire et chronique », « dépression hôpital psychiatrique », « fils cancer Mme malade des poumons », « cancer des intestins, opération du cerveau »). Ces informations extrêmement privées ne peuvent en aucun cas être collectées sur de tels fichiers.

Plusieurs plaintes de locataires

Enfin, la CNIL relève un manquement à l’obligation d’assurer la sécurité des données. Dans le fichier constitué par l’OPH, que la plupart des 1200 gardiens peuvent consulter, les enquêteurs de la CNIL ont déniché des données bien supérieures au strict nécessaire (problème d’électricité, etc.). On trouve ainsi pêle-mêle la situation familiale, la profession, la date de naissance, mais aussi le détail des comptes locatifs (loyers, charges, prélèvements), voire même… les relevés d’identité bancaire !

La CNIL avait été alertée par des plaintes d’associations de locataires, s’étonnant de l’accès, par certains gardiens de l’OPH Paris Habitat, de données relatives à leur vie privée.

Suite à cette mise en demeure, l’office public a deux mois pour se mettre en conformité avec la loi sur plusieurs points précis. Faute de quoi, elle encourt de lourdes amendes pécuniaires.

Leur presse (Odile Plichon, LeParisien.fr, 2 février 2012)

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