Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 13:02

[Poitiers] B.A.C à poubelle !

Il est environ 23h le 28 décembre, nous nous trouvons sur le parking du nouveau Spar de Saint-Benoît. Ces poubelles ne nous ont jamais trahi sur l’abondance de nourriture, encore tout à fait consommable, qu’elles contiennent. Triste constat du consumérisme ambiant, mais grande réjouissance face à la semaine de survie qu’elles nous offrent.

Un seul détail nous échappe : ces poubelles sont privées. Alors, au même titre que de se servir dans les rayons sans payer, se servir dans les poubelles, c’est du vol. On ne voulait pas y croire, mais les flics, eux, ont bien profité de l’occasion. Une voiture de la BAC (Brigade Anti Criminalité) nous intercepte donc sur le parking nous ayant vu, de loin, garés près du local à poubelle. « Surveiller les zones économiques, ça fait partie de notre travail. » Nous n’avons pas nos papiers sur nous, mais ce n’est plus qu’un détail. Ils nous connaissent bien ce qui suffit largement pour nous emmener au poste après recherche d’éventuelles traces d’effraction de notre soi-disant introduction dans le local. La voiture est emmenée au commissariat, le chien à la SPA et nous deux en cellule.

Pas d’effraction. Mais ils ne nous lâcheront pas comme ça. C’est un beau délit qu’ils ont intercepté ce soir-là : vol en réunion avec ruse ! Les flics ne manquent pas de nous le mentionner : « votre physique le permet… ». On se serait donc faufilés, mais quelle ruse !

Après une quinzaine d’heures de garde à vue, nous sommes présentés au tribunal. Comparution immédiate, nous la refusons. Le procureur, M. Casassus-Builhe, demande notre placement en détention provisoire. Est-ce encore une ruse pour nous empêcher de réitérer cet abominable délit ? Après 20 minutes de délibéré, le juge nous laisse libre avec une convocation au tribunal le 23 janvier 2012 à 14h. Un peu plus et une poubelle nous emmenait à Vivonne !

La démesure de cette affaire nous laisse sans voix. Mais nous en tirons une bonne leçon : certaines ordures ne se trouvent pas dans les poubelles…

Si comme nous vous trouvez cette répression totalement injustifiée, venez nous soutenir le 23 janvier 2012 à 14h au palais de justice à Poitiers.

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux affirme sa solidarité sans faille avec les militants poursuivis et appelle à venir les soutenir.

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 11 janvier 2012.


[Rennes] Guerre aux pauvres !
Action de soutien aux personnes arrêtées le 28 décembre à Poitiers lors d’une récup’.

Le 28 décembre, en soirée, deux personnes sont interpellées aux alentours de Poitiers alors qu’elles sont en train de repartir après avoir fait de la récup’ dans les poubelles d’un supermarché. Les agents de la BAC qui les arrêtent leur affirment que « surveiller les zones économiques, ça fait partie de leur travail ». Bien qu’il n’y ait aucune effraction, les deux sont accusé.e.s de vol en réunion avec ruse et directement embarqué.e.s au commissariat pour 15h de garde à vue. Ce n’est que de justesse qu’il.le.s échappent à la comparution immédiate et à la détention provisoire.

La démesure de cette affaire nous laisse sans voix. Mais nous en tirons une bonne leçon : certaines ordures ne se trouvent pas dans les poubelles…

À toi le jeune qui galère, le moins jeune qui n’arrive toujours pas à boucler tes « fins de mois », le vieux qui continue à tirer la langue, ceux qui cherchent à bouffer, ainsi qu’à tous ceux qui ne supportent pas de voir le gaspillage quotidien de ce monde : remballez vos gaules, la flicaille vous a à l’œil.
Au nom de la propriété privée, il faudrait qu’on avale toutes leurs couleuvres, mais surtout pas leurs miettes ! Bouffer les produits balancés par les supermarchés, ces temples de la fausse abondance, c’est encore trop.

Tu fais les poubelles ? Tu n’es qu’un voleur.
Tu te nourris des restes ? On te menace de taule.

Être un parasite, c’est simple ça ne fait pas bon ménage avec « l’ordre ». Tous ces gens la tête dans la benne, en train de glaner, ça fait tâche dans nos « belles villes propres et lissées » !
Le pendant de l’oppulence des uns doit toujours être l’affamement et la répression des autres. Le pauvre est dangereux, même quand il cherche seulement de quoi vivre.

Pourtant s’ils croient nous dissuader de les déranger dans leur scandaleuse surconsommation en arrêtant les gens qui font les poubelles, ils se fourrent le doigt dans l’œil.

Ils veulent qu’on consomme, on continuera à récupérer et à se débrouiller par nos propres moyens. Parasites ou profiteurs selon eux, on se contente simplement de survivre et de venir prendre notre part du gâteau là où on la trouve, là où on trouve qu’il est inadmissible de balancer autant de bouffe quand d’autres crèvent de faim.
Tant qu’ils se vautreront dans la consommation, on continuera à s’ébattre dans ce qu’ils ne considèrent plus digne de leur infect banquet.

Le 23 janvier à 14h à Poitiers aura lieu le procès des deux personnes arrêtées le 28 décembre.
Parce qu’il est inadmissible de laisser la police et le pouvoir poursuivre leur chasse aux pauvres et leur entreprise de répression massive, nous appelons à :

Une action de soutien le 23 janvier à 14h, place du Colombier à Rennes.

Ramenez vos récups pour organiser un grand marché gratuit sur cette place.
Si la météo le permet nous partagerons une soupe 100% poubelle à la santé des Poitevins et à la barbe des poulets.

Indymedia Nantes, 13 janvier 2012.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:14

AULNAY SOUS BOIS

« On n’est pas des animaux, on est des enfants de la France », répète toutes les deux minutes Jamel, un « enfant d’Aulnay ». La quarantaine bien entamée, il a grandi dans la cité « plutôt calme » de Balagny, à Aulnay-sous-Bois, où un jeune homme de 25 ans estdécédé hier soir vraisemblablement d’une crise cardiaque lors d’un contrôle de police dans un hall d’immeuble.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326416370.jpg

Le 11 janvier, dans la cité de Balagny, à Aulnay-sous-Bois.

Ce matin, en apprenant la mort du «petit frère», Jamel a rappliqué aussi sec « pour comprendre ce qui s’est passé » et soutenir la famille.

Selon les premiers résultats de l’autopsie, le jeune homme souffrait d’une malformation cardiaque. D’après le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, le jeune homme a été « menotté » pendant le contrôle, mais « sans aucune violence ». Les policiers lui ont prodigué de premiers soins et ont appelé les pompiers, mais ces derniers n’ont pas réussi à le réanimer, selon des sources policières interrogées par l’AFP.

Une polaire bleue « Aulnay, une ville sport » sur le dos, Jamel est « révolté ». Selon lui, « le maire [Gérard Ségura, PS, ndlr] n’a même pas pris la peine de se déplacer dans la cité pour parler aux jeunes ou au moins pour rendre visite à la famille endeuillée ».

Un autre habitant de la cité, 24 ans, le visage blafard de ceux qui ont peu dormi : « Ah mais ça, si la victime avait eu un prénom bien français, genre Marcel ou Philippe, cela ne se serait pas passé comme cela. Sarko et Fillon seraient déjà là, la victime aurait eu droit à des funérailles en fanfare avec retransmission à la télévision. »

Si rien ne permet de conclure à la responsablilité de la police dans le décès, cet épisode renforce encore la tension entre jeunes et policiers.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326417946.jpg

Au pied de l’immeuble où se sont déroulés les faits, ils sont une quinzaine à refaire le film de la soirée. Hier soir, vers 20 heures, « les cow-boys de la BAC » ont débarqué pour un contrôle de stup. « En civil mais on les reconnaît avec leur Ford focus bleue. Faut les voir nous parler, je vous jure », raconte l’un d’eux.

« À partir du moment où t’es jeune, pour eux, t’es une racaille. Ils parlent mal, sans respect, comme si on était des chiens. Ils nous traitent de fils de pute. Quand on reste tranquille, posés sur le muret ou dans un hall, ils nous cherchent. Leur phrase favorite, c’est : alors vous nous provoquez pas aujourd’hui ? »

Imad, 25 ans, était très ami avec la victime : « On a passé la journée ensemble, il allait très bien, pas de vertige ou quoi que ce soit, il était en forme. » Emmitouflé dans une doudoune blanche et noire, le visage fermé, il est atterré des rumeurs qui circulent. « À la télé, ils disent qu’il a eu un malaise cardiaque parce qu’il a pris du viagra et qu’il avait une mauvaise santé, on salit sa mémoire. La vérité, ce n’est pas celle là. Les flics sont arrivés comme des ninjas, comme si c’était Bagdad ici. Au lieu de faire un contrôle tranquille, ils l’ont plaqué contre le sol, comme un malpropre. Il en est mort. »

(…)

Leur presse (Marie Piquemal, Libération, 11 janvier 2012)


(…) À Baligny, l’explication médicale de la mort du jeune homme n’a pas apaisé les esprits. « Il faut dire la vérité ! Abdel, c’est comme tout le monde ici, il est contrôlé en permanence par la BAC. Une fois, deux fois, trois fois par jour ! Alors, ne me faites pas croire qu’un simple contrôle aurait provoqué son problème de cœur ! », s’emporte Djamel, 43 ans, un ancien du quartier venu montrer son soutien à la famille. (…)

Leur presse (Arthur Frayer, lemonde.fr, 11 janvier 2012)


« Ça va péter. » Un habitant de la cité Balagny à Aulnay-sous-Bois a prévenu, plus tôt dans la journée ce mercredi, qu’il avait du mal à tenir les jeunes du quartier après la mort d’un des leurs, mardi soir, au cours d’une interpellation. Une soixantaine d’entre eux se sont réunis, en début de soirée, au centre de la cité, autour de laquelle se sont positionnée les forces de l’ordre.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326418147.jpg

Une quinzaine de fourgons de CRS a pris place autour de la cité plongée dans le noir, le transformateur de l’éclairage public ayant brûlé la nuit précédente, selon notre journaliste sur place. Aucun incident n’est à signaler, seules quelques invectives émanent du groupe à l’adresse des policiers.

Leur presse (20minutes.fr, 11 janvier 2012)


Quatre personnes ont été interpellées après les incidents qui se sont déroulés dans la nuit de mercredi à jeudi, dans plusieurs cités d’Aulnay-sous-Bois, après la mort d’un jeune homme de 25 ans, au cours d’un contrôle de police mardi.

Des incidents (tirs d’engins pyrotechniques et feux de poubelles), bien que l’autopsie a établi qu’il n’avait subi aucune violence et qu’il souffrait d’une malformation cardiaque. Il y a eu « quatre interpellations après de gros pétards » qui ont sauté mais qui n’ont pas fait de blessés, a expliqué la préfecture.

Vers 23 heures, deux poubelles ont été incendiées, mais le feu a été très rapidement éteint par les pompiers. Mercredi soir, un calme précaire régnait dans la cité Balagny d’Aulnay-sous-Bois, composée de petits immeubles de brique rouge. Un important dispositif policier était en place, mais en retrait, alors que des groupes de jeunes sont restés rassemblés au pied de la cité jusque vers 1 heure du matin. (…)

Leur presse (LeParisien.fr, 12 janvier 2012)


Des incidents se sont produits dans la nuit de mercredi à jeudi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à la suite de la mort d’un jeune, mardi, au cours d’un contrôle de police. (…) la soirée a été marquée par des incendies dans plusieurs quartiers de la ville, à la cité Balagny, d’où le jeune homme était originaire, à la cité des Etangs et à la Rose-des-Vents.

Les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortier de feu d’artifices. Vers minuit, les policiers étaient encore nombreux à Aulnay, déblayant la chaussée des restes de poubelles brûlées.

(…)

Ce drame a alimenté tristesse et colère dans ce quartier de petits immeubles de brique d’ordinaire très calme, rebaptisé même par les plus jeunes « la cité de l’ennui ». « Les policiers mettent trop la pression aux jeunes, tout ça parce qu’ils sont dans les halls et qu’ils fument parfois un joint… Moi, je les ai déjà vu caler (NDLR : immobiliser) quelqu’un au sol, ils y vont fort », lâche une femme de 26 ans, « choquée » par la mort d’Abdel, « garçon calme et gentil », qui « travaillait de temps en temps ». Sur la placette centrale, des anciens sont réunis, la mine sombre. Certains ont vu la tentative de réanimation derrière « une rangée de 20 ou 30 policiers ». « Personne ne s’est soucié d’emmener la famille à l’hôpital », proteste l’un d’eux.

(…)

Leur presse (LeParisien.fr, 12 janvier 2012)

Aulnay-sous-Bois : une marche dans le calme à la mémoire d’Abdelilah

Ils étaient environ 500. Des proches, des élus, des membres d’associations ou simplement des habitants de la cité d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, où le jeune Abdelilah, 25 ans, est décédé mardi soir d’une crise cardiaque lors d’une opération de police dans un hall d’immeuble.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326523825.jpg

Ils ont marché dans le calme de la mosquée d’Aulnay-sous-Bois jusqu’à la cité Balagny, où résidait la victime et où s’est déroulé le drame. « C’était un gars toujours souriant (…) on ne saura jamais ce qui s’est passé mais, s’il vous plaît, les gars, le calme, le calme », a répété au micro Mourad, cousin germain de la victime, devant le cortège arrêté au pied de l’immeuble où les faits se sont déroulés.

Dans ce quartier réputé plutôt calme, la situation était en effet tendue mardi et mercredi soir, avec un déploiement important de CRS. « Peut-être qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment, nous la famille on n’en veut à personne, on veut le retour au calme et qu’il repose en paix », a expliqué Rachid, demi-frère d’Abdelilah. Demandant aux médias, présents en petit nombre vendredi, de « ne pas raconter n’importe quoi » au sujet de son cousin, Mourad a rappelé qu’Abdelilah était « un mec tranquille, qui s’est toujours occupé de son père atteint de la maladie d’Alzheimer ».

(…) Les deux jeunes interpellés mardi soir en compagnie de la victime pour détention de stupéfiant ont été remis en liberté jeudi à l’issue de leur garde à vue. Le parquet de Bobigny a annoncé qu’il seront convoqués devant le tribunal « dans un délai rapproché ».

Leur presse (LeParisien.fr), 13 janvier 2012.


(…) Durant deux nuits, des incendies ont mis à l’épreuve les forces de l’ordre.Ces incidents, peu nombreux et contenus, se sont toutefois étendus dans la nuit de mercredi à des quartiers voisins : à la Rose-des-Vents, aux Gros-Saule, à Europe et aux Beaudottes à Sevran où deux voitures ont brûlé. Le bilan se limite à plusieurs incendies, de voitures et de poubelles, qui se sont accompagnés de quelques arrestations. Deux personnes, avenue Paul-Cézanne, ont été interpellées alors qu’elles tentaient de siphonner l’essence d’un poids lourd avec une pompe électrique. Des bidons d’essence se trouvaient dans une Twingo volée. Quatre autres jeunes ont été arrêtés après des jets de mortier sur les forces de l’ordre, rue Eugène-Delacroix. Bien peu d’incidents, en somme, pour cette nuit placée sous très haute surveillance. En plus de l’hélicoptère, trois compagnies de CRS et une autre de gendarmes mobiles étaient réunies, soit plus de 300 hommes.

Cette présence a parfois soulevé des questions parmi la population. « Comment interpréter la venue d’autant de forces de l’ordre, ça veut dire quoi ? Est-ce que ça n’ajoute pas aux tensions ? » s’interrogeaient des trentenaires, à pied d’œuvre en soirée pour dialoguer avec les jeunes de la ville. Hier soir, près de 80 personnes (médiateurs, élus, agents municipaux) étaient de nouveau mobilisées pour tourner dans les cités du nord d’Aulnay, instaurer le dialogue, désamorcer les frictions entre jeunes et forces de l’ordre, mais aussi rétablir l’éclairage public dans certains quartiers, plongés dans le noir durant les nuits précédentes.

Leur presse (LeParisien.fr), 13 janvier 2012.

CLERMONT FERRAND

Stop bavure !

Dans la nuit de la Saint Sylvestre 2011, Wissam jeune clermontois trentenaire est interpellé de manière « musclée » et battu à mort (cotes cassées, traumatismes multiples…) par des policiers dans le quartier de la Gauthière à Clermont-Ferrand. En effet plongé dans le coma, il décède 8 jours plus tard. Dans les quartiers nord de la cité auvergnate, la tension monte surtout après le déploiement de policiers et militaires (plus de 400 bleus, hélicos…) mis en place par la préfecture pour réprimer, interpellant nombre de jeunes des quartiers, jugés bien évidemment immédiatement pour l’exemple. Ah bien sûr, quelques bagnoles symbole de la propriété, de l’individualisme et du consumérisme béat ont cramé… On parle de la mort d’un homme où la résponsabalité policière est évidente et où les policiers mis en cause sont seulement en congés.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326526235.jpg

Face à cette guerre sociale déclarée et instaurée notamment par la préfecture, l’entourage de Wissam accompagné de personnes solidaires éprises de justice et de liberté, le « comité justice et vérité pour Wissam » voit le jour… Faisant partie du comité, nous, anarchistes nous avons été très bien accueillis par les camarades de Wissam, tout se met en place pour le moment avec des pratiques auto-gestionnaires (mise en place d’un QG, prévisions d’actions, répartitions des rôles et des tâches…) de manière naturelle…

La vérité doit éclater pour Wissam, pour les interpellés, pour nous !

FLICS, PORCS, ASSASSINS ?

Que cessent ces exactions policières, véritables cow-boys, qui ne sont autres que le résultat d’une politique sécuritaire mise en place notamment par la préfecture donc le ministère de l’intérieur, donc du gouvernement, donc de la présidence assujettis aux intérêts capitalistes.

OUI LA RÉSISTANCE S’ORGANISE À LA BASE PAR LA BASE !

JUSTICE POUR WISSAM !

Samedi 14 janvier à 14h départ place du 1er-Mai à Clermont-Ferrand, tous à la marche pacifique et silencieuse !

Atheneo du Puy-de-Dôme, 13 janvier 2012.


La famille El-Yamni « veut rendre sa dignité à Wissam »

Wissam ne s’est pas réveillé de son coma. Et, hier soir, la famille El-Yamni était toujours plongée dans son cauchemar. Elle demande la justice. Elle réclame aussi le calme. Un calme qui caractérisait le fils, le frère qu’ils décrivent.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326525978.jpg

Dans une maison écrasée par la douleur, une famille clermontoise se tient soudée. Comme l’était Wissam El-Yamni avec les siens. Porteur de cette chaleur humaine, dont la flamme brûlera toujours chez ses proches. Marwa, 28 ans, se tient au côté de son père, Mohamed, et raconte son grand frère.

L’enfance de Wissam. « On a grandi dans la ZUP [La Gauthière]. On a eu une enfance très joyeuse. Par rapport à d’autres familles qui avaient peu de moyens. Notre père et notre mère ont toujours travaillé. Ils nous ont inscrits dans le privé. Ils voulaient qu’on réussisse scolairement. Et, tous les étés, ils nous envoyaient en vacances au Maroc. »

Les plaisirs de Wissam. « C’était un touche-à-tout. Il a fait plein de sports. Du foot, de la boxe… Il était inscrit à l’ASM. Et il était en pleine santé. Il n’a jamais eu aucun problème de cœur. Il n’avait même pas de médecin traitant. »

Le travail de Wissam. « Il était chauffeur poids lourds. Il essayait de devenir cariste ou de ne faire que des livraisons sur Clermont-Ferrand. Pour être chez lui tous les soirs. Avec sa femme, ils voulaient avoir des enfants. »

Le couple de Wissam. « Ils se sont mariés en 2008. Ils avaient leur vie, leur appartement à La Gauthière. Mais ça restait un frère exemplaire. Il s’occupait énormément de sa petite sœur [la plus jeune de la famille, âgée de 11 ans]. »

Wissam le grand frère. « Il était très fusionnel avec sa sœur. Il venait le midi pour manger avec elle. C’était un clown. Il la faisait rire tout le temps. Elle l’appelait rien que pour entendre ses blagues. Il va tellement lui manquer. Tous les dimanches, quand on se retrouve pour le couscous de maman… Wissam va manquer à tout le monde. »

Wissam dans le coma. « On ne l’a appris que vers 17 heures. C’est inadmissible. Les policiers interpellent un homme et ils ne savent même pas qui c’est. Ils n’ont découvert son identité que vers 16 heures. Jusque-là, c’était une personne X sur un lit d’hôpital. Ma mère et son épouse sont restées tout le temps à son chevet. Nous étions là tous les jours. Elles restaient dormir tous les soirs à l’hôpital. C’était comme un cauchemar. On essayait de se réveiller et on essayait de le réveiller. »

La marche pour Wissam. « Nous sommes très, très fiers des personnes présentes à la première marche. J’espère que celle de samedi [demain] sera pareille. La famille sera présente. Wissam était une personne calme. Il n’aimait pas les débordements. Dès que ça criait, il disait qu’il reviendrait quand ça sera apaisé. Il n’est jamais allé chercher le conflit. C’est pour ça qu’il faut lui rendre hommage dans le calme. »

Justice pour Wissam. « Si nous avons confiance en la justice ? Je n’en sais rien. En ce moment, nous n’avons confiance en personne. On a rencontré la police des polices, le commissaire, le procureur, le préfet, le maire… La seule personne qui peut nous apporter des réponses, c’est la juge d’instruction. Nous attendons de la rencontrer. Nous espérons qu’elle va rendre justice à Wissam. Mettre des gens en cellule, c’est normal. Mais les mettre sur un lit d’hôpital, ça ne l’est pas. »

Les troubles depuis la mort de Wissam. « On demande le retour au calme. Que ceux qui veulent se battre pour Wissam le fassent pacifiquement, qu’ils viennent à la marche. Et que ceux qui ont vu ce qui s’est passé le soir du réveillon aillent témoigner. Il ne faut pas qu’ils s’inquiètent. La justice les entendra et elle les protégera. Notre famille, la seule chose qu’elle veut, c’est la justice. On multipliera les actions et les actes symboliques jusqu’à ce que justice soit faite. »

Leur presse (Bertrand Yvernault, LaMontagne.fr), 13 janvier 2012.


La famille de Wissam El-Yamni reçue par une juge à Clermont-Ferrand

Le jeune homme est mort à la suite de son interpellation le 1er janvier à Clermont-Ferrand. Les résultats de l’autopsie ne sont pas encore connus.

La famille de Wissam El-Yamni, mort à la suite de son interpellation le 1er janvier à Clermont-Ferrand, a été reçue vendredi matin par la juge d’instruction chargée du dossier, a indiqué son avocat, précisant que les résultats de l’autopsie n’étaient pas encore connus.

Pendant près d’une heure trente, le frère et la sœur de la victime se sont entretenus avec la juge Fabienne Hernandez, en charge de l’information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », a précisé Me Jean-François Canis.

« Ils lui ont fait part de leur étonnement sur la procédure » et notamment le fait qu’ils n’aient été prévenus que le lendemain après-midi de l’hospitalisation de leur frère, a ajouté l’avocat. La juge n’a toutefois pas communiqué les résultats de l’autopsie, « même pas de pré-rapport », a encore dit Me Canis, qui en attend les conclusions par écrit « la semaine prochaine ».

Le père, le frère et la sœur de ce chauffeur routier de 30 ans, décédé lundi, neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d’un malaise cardiaque, se sont constitués parties civiles.

(…) Le collectif de soutien à Wissam El-Yamni organise samedi à 14H00 une manifestation dans le centre de Clermont-Ferrand.

Une autre manifestation qui devait être organisée parallèlement à 14H30 devant la préfecture du Puy-de-Dôme par le Bloc Identitaire Auvergne a été interdite, a indiqué la préfecture dans un communiqué vendredi en fin d’après-midi.

L’arrêté d’interdiction est motivé par le « risque de trouble à l’ordre public ».

Le Bloc Identitaire entendait dénoncer le fait que « les forces de police soient une fois de plus accusées voire condamnées avant toute conclusion d’enquête ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier 2012.

Plus de 2.000 manifestants réclament « justice pour Wissam » à Clermont-Ferrand

Plus de 2.000 manifestants ont défilé samedi après-midi à Clermont-Ferrand, pour réclamer « justice » et « vérité » dans l’affaire Wissam El-Yamni, dont la mort après son interpellation a suscité plusieurs nuits de tension cette semaine et un fort ressentiment envers la police.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326579696.jpg

Les plus virulents des manifestants ont scandé « Police assassins » devant la préfecture, sur laquelle a été accrochée une banderole disant : « pas de justice, pas de paix ».

D’autres banderoles dans le défilé mettaient en cause les deux policiers ayant procédé à l’interpellation controversée : « Pour Wissam, la justice doit punir ses assassins » ou « prison pour les meurtriers de Wissam ».

« Mon fils a été assassiné par la police, je veux la justice », a déclaré entre deux sanglots le père de Wissam El-Yamni devant la foule avant d’entrer dans le bâtiment pour y être reçu par le préfet, François Lamy.

Jean-Louis Borie, avocat de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a dénoncé devant les manifestants « les contrôles au faciès » dans les quartiers populaires comme La Gauthière, d’où venait ce chauffeur routier de 30 ans. Des voitures y ont été brûlées pendant plusieurs nuits cette semaine.

« Respect de la dignité. Vérité et justice pour Wissam », pouvait-on lire plus sobrement sur la banderole de tête. Les manifestants étaient plus de 2.000, selon l’AFP, au plus fort de la manifestation, en grande partie dispersée en fin d’après-midi. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 14 janvier 2012.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
16 janvier 2012 1 16 /01 /janvier /2012 12:09

À propos de la manifestation devant le centre de rétention de Vincennes du 14 janvier

Le samedi 14 janvier 2012, environ 150 personnes se sont retrouvées à Vincennes pour aller manifester contre les centres de rétention. La veille, six personnes sans-papiers avaient été condamnées en appel à des peines allant de 6 à 30 mois de prison ferme suite à la révolte, qui, le 22 juin 2008, a abouti à la destruction du centre de rétention de Vincennes. Au-delà du verdict, cette manifestation voulait une nouvelle fois crier sa solidarité avec les enfermés.

Malgré les tentatives des policiers pour nous empêcher de nous approcher du centre, nous avons réussi à arriver suffisamment près, à deux endroits différents, pour que les retenus entendent nos cris et nos pétards. Ils nous ont répondu en criant et en sifflant.

Au moment de partir, nous nous sommes retrouvés encerclés par les flics, leurs matraques et leurs gazeuses alors que des slogans contre les centres de rétention continuaient à résonner. À ce moment-là, la tactique policière a été de repérer plusieurs d’entre nous à l’intérieur de la nasse. Nous nous sommes alors resserrés pour que les personnes ciblées ne soient pas prises. En dépit de nos efforts, des civils armés de matraque télescopique sont entrés à trois reprises dans la nasse.

Trois personnes ont été isolées. Elles ont été placées en garde à vue. Les premiers chefs d’inculpation sont « participation à un attroupement armé, violences sur agents et dégradations de biens privés ». Le reste du groupe, 99 personnes, a été embarqué dans deux cars et emmené dans le nouveau commissariat (TGP ?), rue de l’Évangile dans le 18e arrondissement. Tout au long du transfert nous avons discuté collectivement pour imposer aux policiers de sortir ensemble et de ne donner qu’oralement nos identités. Nous avons ensuite été parqués dans une cour entourée de barbelés. Ce commissariat, qui abrite la direction de la police ferroviaire, a déjà servi pour des opérations de contrôle d’identité massives (rafles, manifestation…).

Après cinq heures aux mains de la police, nous avons été libérés. Les trois personnes placées en garde-à-vue ont été déférées et passeront peut-être en comparution immédiate au TGI de Paris (métro Cité), lundi 16 janvier à 13h30. Si c’est le cas, un appel sera publié en fin de matinée.

Malgré la volonté de l’État d’isoler ces lieux et ceux qui y sont enfermés, le nombre et la détermination des manifestants ont permis de faire exister notre solidarité.

CONTINUONS LA LUTTE CONTRE LES CENTRES DE RÉTENTION ! LIBERTÉ DE CIRCULATION ET D’INSTALLATION ! LIBERTÉ POUR TOUS AVEC OU SANS PAPIERS !

Tout le monde peut appeler les retenus directement sur les cabines téléphoniques : Vincennes 1 : 01 45 18 59 70 – 01 45 18 12 40 – 01 45 18 02 50. Vincennes 2 : 01 48 93 69 47 – 01 48 93 69 62 – 01 48 93 90 42. Vincennes 3 : 01 48 93 99 80 – 01 43 76 50 87 – 01 48 93 91 12.

Indymedia Paris, 15 janvier 2012.

 

 


Suite à la manifestation au centre de rétention de Vincennes

Ce samedi 14 janvier plus de 200 personnes ont tenté d’aller crier leur solidarité aux sans-papiers prisonniers au centre de rétention de Vincennes.

Elles ont été bloquées et encerclées par la police dès qu’elles ont été suffisamment près de la prison pour que leurs cris de solidarité soient entendus et que leurs feux d’artifice soient vus. Des retenus ont toutefois dit qu’ils avaient pu entendre la manifestation et en avaient été très contents.

Alors qu’ils étaient pris dans une nasse, les manifestants ont dû subir les assauts de plusieurs policiers en civil qui, aidés par leurs collègues en uniforme, venaient prélever certains d’entre eux pour les isoler du groupe. Quatre personnes ont été ainsi isolées.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326635249.gif

Finalement, tous ceux qui n’ont pas réussi à s’enfuir ont subi un contrôle d’identité de plus de quatre heures dans les locaux de police de la rue de l’Évangile, des locaux réservés aux arrestations massives. Comme à chaque fois, les policiers ont décidé de placer trois personnes en garde à vue sous divers prétextes comme ils savent toujours en trouver. Il s’agit comme toujours de faire peur et de dissuader quiconque d’exprimer trop fort sa volonté de voir les centres de rétention disparaître.

Les camarades en garde à vue sont actuellement enfermés dans le commissariat du 12e arrondissement. Vous pouvez demander de leurs nouvelles au : 01 44 87 50 12.

Avec toutes celles et ceux qui, parce que sans papiers, sont traqués, raflés, emprisonnés et expulsés et avec toutes celles et ceux qui luttent à leurs côtés pour la liberté de circulation et d’installation, contre les frontières et leurs prisons : solidarité !

Mailing, 15 janvier 2012 – 10h10.


Histoire d’une balade au CRA de Vincennes

À 16h c’était l’heure du rendez-vous à la station RER de Joinville-le-Pont pour un départ en manif sur le CRA de Vincennes. À ce moment-là on est bien 80 au jugé. Quelques flics qui se répartissent entre 2-3 bagnoles et bavassent paisiblement en nous regardant. Pas de CRS en vue…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326635346.gif

On démarre direction la D4 banderole en tête, vers le Centre de rétention. Au niveau de la route de la Pyramide, qui remonte vers l’hippodrome et le CRA, on rencontre notre premier camion de CRS qui se déploient vite fait bien fait, pensant qu’à cinq on peut bloquer une chaussée rien que par la dissuasion. Manque de bol, même scénario qu’il y a deux ans, on aime pas qu’on nous dise où il faut aller, on prend la tangente, on poursuit sur l’avenue des Canadiens au pas de course, à grands renforts de slogans et les flics sont débordés, écartés, dépassés ; un cycliste frénétique fait des allers-retours le long de la manif tandis que trois de ses copains affolés courent vers l’avant pour rejoindre la bretelle qui mène sur l’autoroute, la même où la manif de 2008 avait fini en joyeux bordel entre les voitures stoppées sur l’autoroute.

Seulement cette fois-ci on remonte l’avenue de Gravelle qui longe le CRA, et on se retrouve rapidement refoulés par quatre cars de robocops qui vomissent leurs occupants ; Des grenades assourdissantes sont tirées pour nous signifier qu’on ira pas plus loin que le pont au-dessus de l’autoroute. Côté flics on a un cames-COP qui filme, le même qui a sûrement permis aux flics de profiler plus tard, devant le centre.

Quelques slogans pour se faire entendre des détenus (et se faire détester des flics à qui on le rend bien) plus tard, on repart dans l’autre sens, suivis par un cordon bleu nimbé d’un fumigène rose du plus bel effet sur fond de soleil déclinant.

Retour sur la route de la Pyramide, direction l’Hippodrome et le CRA. À l’Hippodrome c’était jour de courses, les camions repartent avec leurs chargements équestres et l’aristocratie hippique quitte les lieux en sens inverse de notre défilé qui a grossi les rangs avec ceux qui avaient raté le début et ont rallié le CRA. On doit pas être loin de la centaine.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326635276.gif

Devant le CRA on aperçoit l’armada de gardes mobiles qui défend la forteresse derrière une double rangée de barrières. Les grilles de l’Hippodrome sont surveillées par les vigiles qui les ferment rapidement. Le chemin vers le CRA ressemblant à une fourmilière de flics, on se déplace vers le parking de l’Hippodrome en même temps que des gardes mobiles qui, ayant compris qu’on allait pas rester à crier sagement face à eux, commencent à courir entre les voitures pour verrouiller la route de la Ferme en face de nous. Un face à face musclé s’engage, un garde mobile se prend un coup de savate sous la banderole, des coups de matraque fusent, des crachats, insultes et bousculades y répondent de notre côté, un caillou vole.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326635365.gif

À 17h une poignée de gardes mobiles finissent de verrouiller la route de la Ferme d’un côté tandis qu’un mouvement rapide s’engage pour s’extraire par l’autre côté où les bataillons du CRA se déploient à leur tour pour nous couper toute retraite. La manœuvre réussit pour une poignée qui s’échappe, les gazeuses rentrent en action, asphyxiant tout le monde : une centaine de manifestants reste coincée, encerclée par un nombre impressionnant de gardes mobiles (facilement 100 à 150). On continue les slogans un temps, on jauge la situation…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326635389.gif

Finalement un groupe de civils entourant le chef des opérations commence à scruter les manifestants, très visiblement à la recherche d’individus ciblés d’après la vidéo tournée auparavant et des observations des flics durant la manif. Le manège dure un quart d’heure et c’est le même scénario qu’à Stalingrad lors du G8 : ils vont à la pêche en fonçant dans le tas avec quelques gardes mobiles, distribuant des petits coups de matraques et des coups de poings jusqu’à ce qu’ils aient attrapés ceux qu’ils ont ciblés. Le manège se répète un peu plus tard, un copain est attrapé par dessus le capot d’une voiture, tiré vers l’arrière et emporté. Il se débat, tentant de s’échapper vers le toit de la camionnette où ils essaient de l’embarquer. Le troisième coup, le copain est pas mal rudoyé à son tour. Apparemment ils ont ce qu’ils veulent : ils arrêtent leurs petites incursions.

Finalement un cordon bleu vient nous séparer en deux groupes, en coupant à la bousculade. Les slogans se poursuivent, on perd pas l’entrain même si l’ambiance est plus tendue. À 18h on nous embarque un par un dans les deux paniers à salade (la phrase du jour d’un des gardes mobiles : « voulez-vous bien me suivre ? »). Les bus démarrent vers 19h, au cours du trajet on refait la déco aux marqueurs.

Porte d’Aubervilliers, à 19h30, on commence à se demander où on va.

19h45 : on s’engage avec les bus dans une zone ferroviaire, au 2 rue de l’Évangile dans le 18e arr., estampillée SNCF à l’entrée ; des véhicules de police garés le long d’entrepôts de fret, sur notre gauche et sur notre droite un bâtiment assez hallucinant, tout droit sorti de l’imaginaire carcéral : un long bâtiment de 100m de long surmonté, à 10m au-dessus, d’un large toit comme ceux qui abritent les quais de gare, le tout entouré d’une grille surmontée d’un barbelé en lames de rasoir. Dans la cour, une vingtaine de policiers arnachés de leurs tenues anti-émeutes attendent les bus et forment une haie d’honneur jusqu’à la porte du comico. Du second bus on voit les copains refuser tout d’abord de sortir puis sortie en chaîne au bout d’un certain temps (20h20 à peu près). Ils sont fouillés, interrogés chacun leur tour, un certain nombre de portables confisqués, puis les militants parqués plus loin derrière des barrières. On apprend également que ceux qui avaient été extraits de la manif devant le CRA sont en garde à vue. Mais l’ambiance est toujours bonne, on rit, on plaisante, on scande, on tape sur les parois et on discute.

Notre tour arrive au bout d’un temps considérablement long où la température du bus s’est nettement accrue et rend l’air étouffant. Il est près de 21h quand on nous gare dans la cour pour suivre le même scénario que l’autre bus. À la sortie on nous demande nos noms et prénoms et si on est majeurs, sans vérification des pièces d’identité. Nouveau profilage d’un flic genre pète-sec qui s’énerve facilement. Visiblement ils recherchent celui qui a mis un coup de tatane au flic asiatique qui s’est aussi pris des crachats en pleine gueule. Un copain est emmené à part et prend un crachat dans la gueule (la loi du talion n’a pas été abrogée faut croire).

Finalement, vers 21h50 les flics ont l’air de se rendre compte que 5 heures ça commence à faire beaucoup pour un contrôle d’identité. Le reste du second groupe qui n’a pas encore été interrogé et fouillé rejoint les autres derrière les barrières. La cour résonne de nos « Liberté, Liberté… ». On nous fait mine de sortir enfin vers 22h15, en traversant à nouveau un long double rang de policiers armurés. Au passage le flic asiatique chope un copain et le tire en arrière pour lui mettre un bon coup de pied (toujours le talion). On rattrape vite le copain, on gueule, ça bouscule mais on sort en criant de plus belle, avec l’envie d’en découdre une nouvelle fois.

22h20 : on est tous dehors sauf nos trois amis en garde à vue et nos amis sans-papiers qui nous ont confirmé qu’ils nous entendaient de l’intérieur.

Une fin de journée qui nous fera pas passer l’envie de continuer à manifester et crier :

Pierre par pierre, mur par mur, nous détruirons toutes les prisons !!

Feu, feu aux Centres de Rétention !

Mailing, 15 janvier 2012.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:59

Interpellation mouvementée à Clermont-Ferrand : « Il a été maintenu artificiellement en vie »

Dans un entretien exclusif au Progrès, un policier de Clermont-Ferrand explique que l’homme qui a été déclaré mort ce lundi, après une interpellation mouvementée la nuit de la Saint-Sylvestre à Clermont-Ferrand, a été maintenu artificiellement en vie.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326203339.jpg

Pour ce policier, Wissam El Yamni a appelé lui-même la police avec son téléphone portable en signalant un homme blessé qui n’existait pas « afin d’attirer les flics dans un traquenard ». Agé de 30 ans, était sous l’emprise de l’alcool, du cannabis et de la cocaïne lors de son interpellation dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, près d’un centre commercial du quartier de la Gauthière. D’après les forces de l’ordre, il s’en était pris aux policiers, lançant des projectiles sur leur véhicule.

(…)

Depuis la Saint-Sylvestre, une tension palpable est perceptible à Clermont-Ferrand, avec plusieurs dizaines de voitures brûlées ce week-end et une marche silencieuse de plus de 500 personnes samedi. Les participants, des jeunes gens issus des quartiers populaires de la ville pour l’essentiel, se sont rendus devant le commissariat derrière une banderole sur laquelle était inscrit « Personne au-dessus des lois, stop bavure, on est tous avec toi Wissam ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326202629.jpg

Lundi, le calme était revenu dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand. Mais les violences, qui se sont limitées les nuits dernières à des feux de voitures, sans affrontements entre jeunes et forces de l’ordre, pourraient prendre de l’ampleur après l’annonce du décès de Wissam El-Yamni.

Une habitante du quartier de La Gauthière a dit avoir été témoin lors de la nuit du réveillon des violences exercées à l’encontre du jeune homme, alors qu’elle fumait ue cigarette à sa fenêtre. « Deux personnes l’ont plaqué au sol et lui ont donné des coups au torse et à la tête », assure-t-elle.

Trois jeunes de 18 à 20 ans ont comparu lundi pour des jets de pierre dans la nuit de samedi à dimanche, qu’ils nient tous les trois. Le premier a été condamné à quatre mois de prison dont deux ferme, le deuxième a été relaxé et le troisième, également poursuivi pour rébellion, condamné à un an de prison ferme, une peine-plancher liée à son « état de récidive ».

Une information judiciaire pour « coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte vendredi par le parquet de Clermont-Ferrand, visant deux fonctionnaires de police qui ont procédé à l’arrestation, et ne sont pas suspendus à ce stade de l’enquête. « La qualification pénale va changer » et deviendra « violences ayant entraîné la mort », a ajouté l’avocat de la famille, qui va « demander à ce qu’un maximum de témoins soient entendus par les magistrats instructeurs ».

Leur presse (On n’arrête pas le Progrès), 10 janvier 2012.


Clermont-Ferrand : Les proches de Wissam réclament « justice »

« Il faut que justice soit faite. » Dans le quartier sensible de La Gauthière, à Clermont-Ferrand, les proches de Wissam El-Yamni témoignaient ce mardi de leur douleur au lendemain de sa mort après une interpellation controversée, sollicitant les dons des habitants pour soutenir sa famille.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326212787.jpg

« Aujourd’hui, on est en deuil, mais aussi en colère. Et on a la haine », disait ce mardi matin un ami de ce chauffeur routier de 30 ans, réuni avec d’autres autour d’un thé au lait, à la terrasse du restaurant de kebab du centre commercial planté au milieu des immeubles d’une dizaine d’étages. Sur la table, une boîte destinée à recueillir de l’argent pour la famille de cet homme « marié, souriant, aimé de tous » dit un de ses amis, disant que sa mort a frappé de stupeur « toute la communauté » musulmane du quartier.

« Ce n’est pas une bavure, c’est un acte de barbarie »

« C’était notre frère. Sa mort, ce n’est pas une bavure, c’est un acte de barbarie », disent ces jeunes adultes, qui tiennent à rester anonymes et réclament « justice ». Certes, admet l’un d’eux, Wissan « avait fumé, peut-être bu une bière, peut-être lancé une pierre sur les policiers. Mais eux, ils auraient dû l’arrêter et le menotter », dit un collègue chauffeur routier, qui ne sait si Wissan El Yamni sera enterré en France ou au Maroc.

Selon les premiers éléments de l’enquête, ce trentenaire sans antécédents médicaux est suspecté d’avoir jeté une pierre sur les forces de l’ordre, qui l’ont décrit comme très agité. Il a été plaqué au sol et a fait un malaise cardiaque. Il présentait des fractures et des lésions au cou. C’est du moins cette version que retiennent ces hommes, visage fermé, dont la colère, même vis-à-vis des journalistes, coupables de déformer leurs propos, ne cesse de monter à mesure qu’ils expriment leurs sentiments. Pour eux, nul doute que les policiers ont continué « à le frapper » après l’avoir maîtrisé.

« Guéant, c’est le ministre que des flics »

Les propos du ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, interprétés comme une prise de position en faveur des policiers, résonnent comme « une provocation » ici. « Guéant, c’est le ministre que des flics », dit l’un des hommes. « Même si on s’habille bien, on reste des Arabes », s’emporte un autre habitant de ce quartier de la Gauthière où, comme aux Vergnes, le chômage touche un peu plus de 40% des 18-25 ans, deux fois plus que la moyenne, souligne la mairie. Les tensions, les voitures brûlées, la présence chaque nuit depuis cinq jours des CRS en tenue d’intervention, ont exacerbé les passions.

Sur le marché, certains habitants n’hésitent pas à évoquer leur « peur ». (…)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326212541.jpg

Leur presse (Agence Faut Payer), 10 janvier 2012.


Clermont : « ce n’était pas des petits coups »

TEMOIGNAGE E1 — Laure a assisté, depuis son appartement, à l’arrestation musclée de Wissam El-Yamni.

C’est l’une des rares témoins de la scène. Laure habite le quartier de la Gauthière, à Clermont-Ferrand, non loin de là où a été interpellé Wissam El-Yamni, la nuit de la Saint-Sylvestre. Elle a vu, depuis la fenêtre de son appartement au quatrième étage d’un immeuble qui surplombe le centre commercial, comment s’est déroulée l’arrestation. Sa description est loin de confirmer le récit des policiers.

« Ils ont sauté sur lui »

Laure a raconté au micro d’Europe 1 que le jeune homme de 30 ans a été arrêté devant les vitrines des magasins et placé à l’arrière d’une voiture banalisée. La voiture aurait ensuite été se garer 300 mètres plus loin avant de s’arrêter à nouveau sur un parking à l’écart. C’est là que l’interpellation aurait dégénéré.

« Le jeune est sorti de la voiture. Il s’est mis à courir, même pas deux mètres. Deux messieurs sont sortis de la voiture — deux policiers –, ils ont sauté sur lui, l’ont plaqué au sol, l’ont tapé : ils lui ont donné des coups au niveau de la tête et au niveau du thorax », a-t-elle détaillé.

« Et ce n’était pas des petits coups qu’ils donnaient »

 Laure a assuré, à deux reprises devant la police des polices, que les fonctionnaires qui ont interpellé Wissam El-Yamni « y allaient violemment avec des coups de pieds. Et celui qui était vers la tête a fini avec des coups de poings. Ca a duré cinq-dix minutes », a précisé Laure. Des propos appuyés par ceux d’une de ses voisines. (…)

Leur presse (Europe1), 10 janvier 2012.


Mort à Clermont-Ferrand : Deux policiers mis « hors service », selon Claude Guéant

FAITS-DIVERS – Ils avaient participé à l’interpellation le 31 décembre d’un homme décédé lundi…

Claude Guéant, qui a demandé l’ouverture d’une enquête sur l’interpellation qui aurait conduit à la mort de Wissam El-Yamni, a annoncé ce mardi sur BFM TV que deux fonctionnaires avaient été mis « hors service, en congés ».

A l’heure actuelle, « les éléments disponibles ne sont pas suffisants pour prendre une position d’équité », a ajouté le ministre de l’Intérieur qui avait déclaré lundi soir que « s’il y a eu une interpellation difficile, ça n’est pas le fait des policiers. » (…)

Leur presse (20Minutes.fr), 10 janvier 2012.


La suspension des policiers réclamée à Clermont-Ferrand dans l’affaire El Yamni

Des voix se sont élevées mardi pour réclamer la suspension des deux policiers mis en cause dans l’affaire El Yamni, du nom de cet homme décédé après son interpellation controversée dans un quartier sensible de Clermont-Ferrand, sous tension depuis.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326203789.jpg

La Ligue des Droits de l’Homme (LDH) et la CGT estiment ainsi que « suspendre » les deux policiers, à ce jour simplement mis « en congés », permettrait de ramener le calme, même si la nuit de lundi à mardi a été moins agitée que les précédentes, avec cinq voitures brûlées et 17 interpellations.

« Les jeunes peuvent avoir l’impression qu’il y a deux poids deux mesures », avec d’un côté des jeunes brûleurs de voitures jugés en comparution immédiate, et de l’autre des fonctionnaires toujours en fonction, a expliqué à l’AFP Me Jean-Louis Borie du barreau de Clermont-Ferrand, avocat de la LDH.

Pour la CGT Puy-de-Dôme également, « des mesures conservatoires doivent être prises à l’encontre des agents incriminés, montrant ainsi la détermination des pouvoirs publics dans la recherche de la vérité ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204202.jpgSynergie, second syndicat d’officiers de police, a quant à lui apporté son « soutien » aux deux policiers, exhortant « la cohorte des petits inquisiteurs de salons à s’abstenir de lyncher médiatiquement les policiers » incriminés, tandis que le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, a indiqué qu’ils avaient été mis « en congés ».

« Il me semble que c’est la mesure conservatoire minimum qui pouvait être requise », a réagi le maire socialiste de Clermont-Ferrand, Serge Godard, interrogé par l’AFP.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204178.jpgSur une possible suspension, M. Guéant a précisé que « les éléments disponibles sur ce qui s’est passé réellement ne sont pas suffisants pour prendre une position qui soit une position d’équité ».

« Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, les policiers ont été appelés par quelqu’un sur les lieux où paraît-il se trouvait un blessé. Ils ont été accueillis par ce monsieur à coups de pierre, il a donné des coups de pied dans la voiture, il a frappé les policiers qui ont eu beaucoup de mal à le maîtriser », a rappelé le ministre de l’Intérieur.

« L’origine de l’interpellation difficile, ce n’est pas la police qui l’a créée. Ceci dit, les enquêtes diront ce qui s’est passé », a-t-il martelé.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326203525.jpgAprès une course-poursuite, M. El Yamni avait été plaqué au sol. Il était tombé dans le coma après un malaise cardiaque durant son transport au commissariat et présentait des fractures et des lésions au cou.

L’information judiciaire pour « coups et blessures volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » ouverte vendredi a été requalifiée en « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », a indiqué le parquet. La peine encourue est de vingt ans de réclusion criminelle.

Les deux fonctionnaires ne sont pas mis en examen à ce stade. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) mène aussi une enquête.

La LDH va quant à elle chercher à se constituer partie civile.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326204230.jpgMe Borie a dénoncé le « dispositif de guerre » mis en place par le préfet, avec 400 fonctionnaires de police et de gendarmerie mobilisés, appuyés par un hélicoptère muni d’une torche éclairante, pour un bilan de cinq voitures brûlées dans la nuit de lundi à mardi. Le dispositif pourrait être reconduit.

Le parquet a par ailleurs précisé que les pompiers avaient été appelés en amont depuis le téléphone de Wissam El-Yamni, déclenchant leur intervention pour sauver un blessé imaginaire, dans ce qui pourrait être un guet-appens tendu aux forces de l’ordre.

Leur presse (Agence Faut Payer), 10 janvier 2012.

Au Jura Lib’ et à Cette Semaine…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326245475.jpg

Salut. Tout d’abord je déballerai pas les « vérités » qui se font jour sur ce qui s’est passé le 31 décembre dans le quartier de la Gauthière à Clermont. C’est ce que veut la famille et l’avocat. [« Wissan el-Yamni (...) portait des traces de violences "assez incompatibles avec les gestes classiques d’une interpellation policière", selon l’avocat de sa famille, Jean-François Canis. » (Libération du 11 janvier)] En tout cas, c’est affreux… Seuls deux flics mis en examen, mais pas suspendus à l’heure où j’écris.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243446.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243465.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243481.jpg

La manif de samedi dernier fut très « digne ». On a fini par un sit-in devant le comico, les flics étaient barricadés à l’intérieur. A la fin, les charognards politiques (les Verts) causaient avec les RG… Depuis des jours, c’est une guerre totale, une guerre sociale. Même un avocat bien connu du coin a parlé dans les médias de guerre lancée par la pref, c’est vous dire… J’entends encore un hélico survoler par dessus chez moi, alors que j’habite assez loin quand même. Hier, ça a duré jusqu’à 4 heures du mat’. Pour info, Clermont est une ville de gôche, avec même des élu-e-s NPA et LO. Pacifié. Première fois que ça arrive. Beaucoup s’en plaignent… Certain-e-s un peu moins…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243945.jpg

Alors voilà. La Gauthière, on y fait le tour en 10 minutes même pas. Les « émeutes » commencent jamais comme ça. 400 CRS dans ce quartier, c’est indescriptible, avec en plus deux hélicos et coupure de l’électricité (j’ai pas vu moi-même, je raconte le témoignage d’un pote et d’autres…). Les voitures qui crament sont « ciblées » apparemment. Genre celles des fachos. Des voitures ont été vraisemblablement cramées par les flics (c’étaient celles qui étaient pas dans le noir, en pleine lumière, donc pas le genre à brûler quand y’a un hélico et des CRS…). Ce soir j’y suis allé. J’ai vu que les charognards bis ont envoyé leurs « jeunes » (NPA, PCF). J’ai vu deux personnes de SUD dire qu’il faudrait contacter les syndicats. Allez demander aux jeunes du quartier pour voir… Je suis reparti après quelques discussions et infos prises, ce qu’on peut, une méfiance logique règne. Y’avait pas de flics, ni d’hélicos. En rentrant, un pote me dit qu’il a vu 14 fourgons de CRS filer à toute vitesse vers le quartier. On y retourne, rien, ils sont pas là. Juste ce putain d’hélico. On suppose que ça a dû péter plus loin… Bref pour faire simple, c’est une guerre déclarée. Pour le détail, un nouvel hôtel de police vient d’ouvrir, et la pancarte indiquait « Ici, l’État investit pour votre avenir »…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243692.jpg

Je finirai sur les tags et les banderoles (pas de photos, logique on va pas se faire prendre pour des RG non plus). En tout cas, si y’en a qui disent après que c’est de la haine gratuite et pas consciente, qu’illes retournent voter et dormir.

Quelques tags vu dans le quartier : « CRSS=Porcs », « Wissam 09/01/2012 on oublie pas », « Nique la BAC et la Canine »…

Quelques banderoles déployées sur les toits : « Homicide volontaire en bande organisée », « On ne laissera jamais le fascisme passer », « Guéant reconnais-le, la police a tué », « Ministère de la Justice, Zone de non-droit », « Police, Nazi, Assassin ».

Que se Vayan todos. Guerre Sociale. Vive le feu.

Couuriel du 11 janvier 2012 – 0h27.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:56

Des sucettes à l’eau

Ils n’ont pas réussi leur défi. Des étudiants des Beaux-Arts comptaient coller 48 peintures, dessins et affiches perso sur les abribus et sucettes Decaux de la rue Saint-Jean. Une action antipub et anti-consommation dans le but de se réapproprier l’espace urbain comme lieu d’exposition le premier samedi de soldes.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213319.jpg

Mais, parvenus au Point Central sous une pluie battante, un fourgon, une voiture et deux agents de la brigade anticriminalité (BAC) arrivés à la Starsky et Hutch sur la voie du tram ont stoppé nette la manifestation artistique.

Une interruption musclée qui a fait tomber à l’eau la fête bon enfant. Les forces de l’ordre ont vérifié l‘identité des jeunes artistes alignés contre le mur et traités comme des bandits. Idem pour le photographe du journal sommé de montrer carte de presse et pièce d’identité.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213400.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326214060.jpg

A la poubelle

Si les étudiants sont restés calmes, la grogne est vite montée chez usagers du tram — bloqué — qui s’impatientaient sous l’abribus. « Vous en avez pour longtemps ? Je prends mon service à 16 h au CHU. Je n’y serai jamais », trépigne une dame. « Dix minutes… ou une heure », réplique l’agent. « Vous pourriez au moins garer vos véhicules ailleurs, c’est incroyable », s’agace un piéton aussitôt remballé par un : « Ne nous empêchez pas de faire notre travail ». Le ton monte. « Vous feriez mieux d’être présents sur les agressions en ville le samedi soir ! »

Après avoir relevé chaque identité, les policiers ont récupéré la trentaine d’affiches non-scotchées et les ont jetées en boule dans une poubelle sous les yeux des étudiants, médusés. « Maintenant, amusez-vous », ont-ils lancé aux jeunes avant de remonter dans les trois véhicules.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213881.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326214085.jpg

« De l’art éphémère »

L’action avait pourtant démarré dans le calme et la bonne humeur pour la vingtaine d’étudiants.

Ils s’étaient donné rendez-vous à 14h15 en haut de la rue Saint-Jean avec leur gros scotch et affiches roulées sous le bras. Fiers et heureux. Certains avaient travaillé dessus pendant trois semaines.

Organisés, ils devaient couvrir les 48 sucettes de l’artère jusqu’à la cathédrale, filmés par Malik. « C’est la première fois qu’on expose au grand jour », se réjouissait Simon, en 3e année. « Avant, on collait la nuit mais au petit matin, nos œuvres avaient disparu avant d’être vues. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213694.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213851.jpg

Un premier groupe de quatre avait ouvert sans forcer l’abribus de la place Maginot, pour y scotcher « Vous entrez en zone de réaction » peint en lettres noires, refermé la vitre et descendu l’artère noire de monde. Incognito.

Direction la sucette à l’angle de la rue Notre-Dame. De nombreux passants s’arrêtaient, regardaient s’afficher une magnifique peinture avec des oiseaux, félicitaient les jeunes artistes. Une maman expliquait à sa fille : « Tu vois, ils cachent la pub, c’est pour lutter contre la société de consommation. C’est de l’art éphémère ».

Beaucoup trop éphémère.

Leur presse (Corinne Baret-Idatte, EstRepublicain.fr), 8 janvier 2012.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:51

Tabassé par un policier au commissariat du troisième arrondissement de Paris pour avoir sifflé L’Internationale. C’est ce qu’affirme Denis Godard, 47 ans, qui a déposé plainte vendredi dernier pour violences volontaires aggravées, rapporte ce lundi le site internet Médiapart. Il souffre d’une fracture du plancher de l’orbite (l’os situé sous l’œil) avec douze jours d’interruption temporaire du travail (ITT). La préfecture de police de Paris a indiqué ce lundi que l’inspection générale des services (IGS) avait été saisie.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326270605.jpg

Le même jour, vers 5 heures du matin, Denis Godard a été interpellé en état d’ébriété rue Beaubourg à Paris, par des policiers de la brigade anticriminalité, alors qu’il se trouvait avec deux de ses collègues. « Nous avions consommé de l’alcool, nous cherchions un taxi et Denis a accroché un scooter avec sa sacoche, on l’a relevé, mais les policiers n’ont rien voulu savoir et ont embarqué Denis », explique à Mediapart l’une de ses collègues.

« Il a répondu qu’il savait faire et avait l’habitude »

Au commissariat du troisième arrondissement, Denis Godard aurait été placé sur un banc dans un couloir bordé de cellules. « Je me suis mis à siffler l’Internationale, ce qui m’est passé par la tête », raconte-t-il au site Internet. « Un policier m’a dit qu’il fallait que j’arrête car « J’emmerdais tout le monde, ceux qui travaillaient et ceux qui dormaient ». »

Mais il persiste. Selon son témoignage, le policier aurait alors fermé la porte donnant sur le hall du commissariat, les isolant tous les deux, et l’aurait frappé au visage, une seule fois et la main ouverte. « Je lui ai dit qu’il n’avait qu’à continuer comme ça, car les choses se verraient. Il a répondu qu’il savait faire et avait l’habitude », ajoute la victime présumée.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326271143.png

Après quelques heures en cellule de dégrisement, Denis Godard est passé devant un officier de police judiciaire, qui a pris sa plainte. Son coquard « commençait à enfler ». Examiné le lendemain aux urgences médico-judiciaires de l’Hôtel Dieu, les médecins ont diagnostiqué une fracture du plancher orbital. Denis Godard pourrait devoir subir une opération chirurgicale, car un nerf innervant la moitié du visage serait touché, souligne Mediapart.

Leur presse (Bérénice Dubuc, 20Minutes.fr), 9 janvier 2012.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 20:49

Lausanne. Les flics foutent un GROS merdier au squat de la Montgolfière

À 8h30 ce matin, les flics sont entrés de force dans le squat de la Montgolfière, situé à l’Avenue Louis-Ruchonnet depuis le 20 novembre 2011 face au refus des habitants de leur ouvrir la porte. Le prétexte : un mandat de condamnation, et un autre, de perquisition/identification suite à une plainte de la propriétaire. Cinq personnes ont été arrêtées, retenues en garde à vue jusqu’à 14h30.

Quatre habitants sont alors montés sur le toit et ne sont redescendus qu’aux alentours de midi. Entre-temps, des amis sont venus apporter leur soutien, en gambadant autour de la dite « maison aux volets bleus » (cf. médias bourgeois).

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272688.jpg

Les flics se sont surpassés dans la destruction de ce lieu de vie et d’activités en arrachant notamment les portes d’entrée, en défonçant/retournant/jetant des canapés, des bancs, etc., ou encore en déracinant des plantes. Des mezzanines des chambres à coucher ont été abattues, des liquides douteux maculent les matelas et finalement le sol de chaque étage est encombré de débris.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272710.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326274503.jpg

Au sous-sol, les flics ont sorti deux guitares de leur housse pour les briser, de la peinture et d’autres liquides sucrés ont été déversés sur du matériel audio. En bref, il ne s’agissait pas pour les flics de perquisitionner des objets potentiellement illégaux, mais bel et bien de détruire l’intérieur de la maison.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272757.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326274468.jpg

SOLIDARITÉ AVEC LE SQUAT DE LA MONGOLFIÈRE !

Le Réveil, 10 janvier 2012.


Lausanne : des squatters réfugiés sur le toit

Les occupants d’une maison du centre-ville, vouée à la démolition, sont montés sur le toit ce matin. Ils craignaient leur évacuation par la police.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272160.jpg

D’habitude paisible, l’avenue André-Schnetzler est occupée ce mardi matin par la police, ainsi que par la grande échelle des pompiers. Plusieurs jeunes étaient perchés sur le toit d’une maison destinée à la démolition. Selon Anne Plessz-Glatz, porte-parole de la police municipale, les agents n’étaient intervenus dans ce squat que pour signifier aux occupants un mandat de comparution. La situation a dérapé.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272199.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272465.jpg

Squattée depuis novembre dernier par plusieurs jeunes – une dizaine, estime la police – la petite maison aux volets bleus est dans l’attente de sa destruction pour un nouveau projet immobilier. « Son propriétaire a porté plainte pour occupation illégale », précise Anne Plessz-Glatz. De leur côté, les squatters se sont institués en Collectif Turbo-Mongol et invitaient les passants à une tasse de thé. Un concert était prévu le 21 janvier.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272221.jpg

Suite à la plainte, les squatters devaient se présenter devant la police judiciaire. A l’arrivée des agents, ils se sont barricadés et ont grimpé sur le toit. « La police veut nous évacuer ! » tel était le message adressé aux médias. Pour l’heure, le dialogue est donc rompu. Ou presque, car cinq ou six jeunes ont été interpellés afin d’être identifiés. Quant à ceux restant sur le toit, la police compte les convaincre de redescendre calmement grâce à la présence d’un médiateur.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272393.jpg

Vers 11 h 30, les palabres ont finalement porté leurs fruits. Les occupants du toit ont accepté de quitter de leur perchoir sans autre incident. « Tous les occupants de la maison ont pu être identifiés », précise la police lausannoise.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272488.jpg

Leur presse (Alain Détraz, 24Heures.ch), 10 janvier 2012.


Dix occupants déférés devant la justice

La police de Lausanne est intervenue mardi matin dans un squat de l’avenue Ruchonnet à la demande d’un procureur. Les occupants ont été identifiés et seront déférés notamment pour violation de domicile et violences contre les fonctionnaires.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326274781.jpgHuit inspecteurs se sont présentés à la porte du squat de l’avenue Ruchonnet. Ils devaient identifier les occupants des lieux, leur notifier un mandat de comparution et effectuer une perquisition des lieux, suite à la plainte du propriétaire pour violation de domicile, a communiqué la police de Lausanne mardi.

Les squatters ont commencé par se barricader dans la maison. Puis ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre. En milieu de matinée, six d’entre eux ont été amenés à l’hôtel de police pour y être identifiés et auditionnés.

Quatre personnes, réfugiées sur le toit, ont accepté après deux heures de négociations, de descendre à tour de rôle pour être identifiées. Les dix occupants seront dénoncés pour violation de domicile et violences contre les fonctionnaires, selon leur degré d’implication.

Leur presse (ats), 10 janvier 2012.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 17:29

Violence : trois policiers municipaux suspendus

La Chapelle-Saint-Luc – Olivier Girardin annonce une mesure de précaution « sans préjuger de la responsabilité des agents ».

Deux agents expérimentés de la police municipale ainsi qu’un stagiaire ont été suspendus par le maire de La Chapelle-Saint-Luc. Une décision qui fait suite à une enquête administrative interne menée ces derniers jours.

Les faits remontent au 21 décembre dernier lorsque les agents municipaux se lancent à la poursuite d’un exhibitionniste qui sévirait rue Gaston-Berger.

La victime, une factrice, vient de lancer un appel d’alerte. Sur place, les policiers font face à Rachid Djemli dont l’allure correspond au signalement. À la vue de la patrouille, l’homme s’enfuit. « Je n’aurais jamais dû, j’ai eu peur », plaidera-t-il quelques jours plus tard.

Une course-poursuite s’engage alors au cœur du quartier. Dans la rue Claude-Debussy, Rachid Djemli grimpe quatre étages d’un immeuble avant de se rendre. Il est menotté. « L’un des policiers me dit “Tu m’as bien fait courir” avant de m’attraper par les menottes et de me balancer dans l’escalier. »

L’homme s’effondre, plusieurs vertèbres fracturées. Placé en garde à vue, il est rapidement orienté vers le centre hospitalier de Troyes puis transféré au CHU de Reims.

Le 3 janvier, un médecin légiste établit 90 jours d’ITT (interruption totale temporaire de travail) au vu des radiographies, « sous réserve de complications ». Jeudi, son avocat entendait « saisir le procureur de la République ».

Depuis, Olivier Girardin a décidé de suspendre les trois agents. « Au regard de l’ensemble des éléments dont je dispose et sans préjuger de leur responsabilité, j’ai décidé de les suspendre à titre conservatoire. » Une mesure de précaution sur laquelle le maire ne s’étendra pas. Et ceci « dans l’attente des suites que donnera ou non le procureur de la République ».

Alex Perrin qui analyse et dissocie deux affaires. L’exhibition sexuelle, tout d’abord, point de départ de l’intervention des agents. « L’enquête est toujours en cours mais des éléments objectifs plaident pour la responsabilité de cet homme. »

Les violences policières, ensuite, pour lesquelles le procureur de la République reste « en attente de la plainte dont il est fait état. Pour l’instant, je n’ai pas encore été saisi. » Seule certitude, « sur le fondement de l’article 40 du Code de procédure pénale, j’ai reçu les éléments transmis par le maire. »

Si une plainte devait atterrir sur le bureau du procureur, et donc croiser les éléments fournis par le maire, « je ferais naturellement diligenter une enquête » concluait, hier, Alex Perrin.

Leur presse (Céline Tillier, L’Est-Éclair), 7 janvier 2012.

Nice : les policiers poursuivis pour viol acquittés

La cour d’assises des Alpes-Maritimes a déclaré « non coupables » les trois gardiens de la paix poursuivis pour le viol d’une prostituée à Nice, ainsi que la quatrième qui comparaissait pour non assistance.

Un immense soulagement a rompu une tension extrême dans la salle des assises des Alpes-Maritimes. Les trois gardiens de la paix poursuivis pour le viol d’une prostituée ont été acquittés après seulement deux heures de délibéré, ainsi qu’un quatrième qui était poursuivi pour non assistance. « Il y avait des zones d’ombre dans ce dossier, a commenté le président Thierry Fusina. Nous n’avons pas considéré que la victime avait menti, ça n’est pas un blanc-seing » a-t-il lancé aux accusés. Un commentaire que certains ont pu interpréter comme le signe d’un acquittement au bénéfice du doute.

Mais pour les quatre policiers, leurs familles et leurs proches collègues, l’heure était aux embrassades après quatre jours d’audience pénibles, au cours desquels leur relation sexuelle avec une prostituée dans leur fourgon sérigraphié a été passée au crible de la machine judiciaire. L’avocat général avait pointé à propos de leurs déclarations « une cohérence qui s’effrite par moments », avant de réclamer de huit à dix ans de prison pour les trois accusés de viol.

La défense s’était employée à souligner certains mensonges de la plaignante, et ses incohérences. « Vous connaissez beaucoup de violeurs qui refuseraient de payer 20 euros [comme la plaignante leur a demandé lorsqu’ils l’ont raccompagnée] pour échapper à des poursuites » avait lancé Me Gilles Simeoni, l’avocat de l’un des gardiens de la paix. Sans doute un argument qui a pesé dans la balance lors du délibéré. « Je regrette que ces actes se soient passés » a conclu le président, tandis que « l’ami de cœur » de la prostituée marmonnait : « c’est pas fini ». Le parquet pourrait faire appel.

Leur presse (Michel Bernouin, Metro), 15 décembre 2011.


Un viol, sinon rien

Selon toute apparence, les grands médias nationaux, pourtant aussi friands que les autres en matière de faits divers un peu glauques et de démêlées procédurières de haut vol, ont très largement anticipé la trêve des confiseurs et ont préféré se priver d’une goûteuse friandise un peu faisandée.

Seul, en effet, Nice-Matin, quotidien au rayonnement azuréen, semble avoir suivi, aux assises des Alpes-Maritimes, le procès où comparaissaient quatre gardiens de la paix. Trois d’entre eux étaient accusés de « viol par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions » ; au quatrième on reprochait son « abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit contre l’intégrité d’une personne ». Face à eux, la plaignante : une jeune femme de 27 ans, que la presse présentait, au moment des faits — fin février 2010 —, comme une prostituée exerçant son activité à Nice « sans autre but que de nourrir son enfant ».

On a pu apprendre, au soir du 15 décembre, que les quatre accusés avaient été acquittés.

Le parquet pourrait faire appel, mais on ignore encore ce que le parquet en a à cirer…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326062975.jpg

Allégorie du triomphe de la justice, de Jean-Baptiste Jouvenet (1644-1717).

Les faits se sont produits pendant la nuit du 23 au 24 février 2010. Comme dans toutes les affaires passant aux assises, il est probable qu’aucun récit absolument véridique n’en sera jamais fait. On peut, cependant, tenter de retrouver les contours qu’en traçait la presse avant le procès, en regroupant ce qui était clairement établi, ce qui avait été constaté et ce qui avait été avoué.

Vers deux heures du matin, une patrouille de quatre agents du service de sécurité de proximité de la ville de Nice, arrête son fourgon non-banalisé — il paraît que l’on dit « sérigraphié » — à la « hauteur d’une jeune femme qui racolait, un verre de boisson alcoolisée à la main » (article du 12 décembre 2011). On peut lire, dans un article du 2 mars 2010, que selon le procureur, monsieur Éric de Montgolfier, les policiers auraient voulu « la protéger d’un rôdeur qu’ils avaient repéré ». Ils n’ont cependant pas averti le commandement de leur « intervention ».

Toujours est-il que la jeune femme est montée dans le véhicule de police.

Trois des gardiens de la paix ont alors eu des relations sexuelles avec elle, et le quatrième, le plus jeune, a attendu, sans intervenir, à l’extérieur.

Après le départ des policiers, la jeune femme appelle le « 17 » afin de porter plainte.

« Immédiatement un équipage de police secours vient entendre sa version des faits. Les présumés agresseurs sont identifiés. Leur ronde de nuit est écourtée. La version fournie par la jeune prostituée semble suffisamment crédible pour que l’on saisisse sur le champ les tenues des quatre fonctionnaires incriminés. » (article du 2 mars 2010)

« Le parquet de Nice fait aussitôt saisir le véhicule pour perquisition. L’Inspection générale de la police nationale est chargée de l’enquête et les quatre hommes sont suspendus de leurs fonctions. L’un d’eux sera même radié de la police. » (article du 12 décembre 2011)

Malgré ma volonté initiale de m’en tenir aux seuls faits avérés, je ne puis résister au plaisir de citer cette opinion, qui conclut l’article du 2 mars 2010 :

« S’il n’est pas question de “cautionner de tels dérapages”, plusieurs fonctionnaires niçois pointaient hier du doigt la jeunesse de l’équipage incriminé. Le plus âgé des quatre policiers a 38 ans. »

À croire qu’on a la maturité un peu tardive, dans la police niçoise…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326063278.jpg

Flouté, l'un des « jeunes » accusés, avec son avocat. (Photo dans Nice-Matin.)

C’est sans doute pour soutenir le moral de cet « équipage » de jeunots que « de nombreux policiers en civil » étaient venus à l’ouverture du procès de leurs anciens collègues…

Le premier jour a été consacré à l’évocation des personnalités respectives des quatre accusés que l’article du 13 décembre décrit comme « quatre sportifs dont deux de stature athlétique, rigoureux dans leur tenue ».

Le matin, ils « ont été présentés comme des fonctionnaires sans tache, exemplaires, jusqu’à cette nuit-là, des policiers qui rêvaient d’exercer leur métier ». Les deux experts convoqués, un psychiatre et un psychologue, leur ont délivré un certificat de « normalité », dépourvu de traces de « pathologies et perversité ».

L’après-midi, les « témoins de moralité » ont défilé à la barre pour portraiturer chacun en bon mari, bon père, bon beau-père, bon compagnon, bon frère, bon beau-frère…

C’est au cours de l’audience du mardi que le récit de la plaignante sera entendu :

« Reprenant les faits chronologiquement, la jeune femme a expliqué sa première réaction face à des policiers qui lui reprochaient, selon elle, une consommation d’alcool sur la voie publique : “J’ai d’abord pris çà sur le ton de la plaisanterie, mais j’ai compris qu’ils allaient m’arrêter. (…) J’étais coincée dans un véhicule avec quatre policiers, puis on m’a emmenée dans un coin sombre. Que pouvais-je faire ? Ils m’ont dit c’est toi la professionnelle, tu sais ce qu’il faut faire. Alors j’ai fait une passe… J’ai obéi aux ordres, pour m’en sortir avec un moindre mal.” » (article du 14 décembre)

Cette jeune femme, que l’on nous dit « fluette », est en face d’un escadron d’avocats de la défense, dans leurs rôles, et d’un président de cour d’assises, dans le sien, qui bien souvent consiste à jouer tous les rôles en même temps. C’est d’ailleurs lui qui introduit la thématique attendue dans une affaire de viol :

« Par votre attitude auriez-vous laissé entendre que vous étiez consentante ? »

Demande-t-il.

Et l’un des avocats reprendra :

« Avez-vous eu un rôle exclusivement passif, avez-vous obéi à des instructions ou bien avez-vous pris des initiatives ? »

C’est le jeu : le moindre geste vaguement interprétable comme le début de l’amorce d’un consentement fera tomber l’accusation de viol…

Aussi s’interrogera-t-on bien davantage sur ces signes d’acquiescement que sur les contraintes éventuellement ressenties par la jeune femme.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326063869.jpg

La plaignante, avec l'une de ses avocates. (L'image était non floutée dans Nice-Matin.)

Le lendemain, la parole est à ces messieurs, qui insisteront sur le caractère consenti de la baise en groupe qui a eu lieu dans le fourgon, et aussi sur la demande d’une contribution de 20 € qui a été faite aux trois actifs à l’issue d’icelle. Le compte-rendu (article du 15 décembre) laisse supposer qu’un délicat parfum de virilisme décomplexé a envahi le prétoire.

Le chef de patrouille — désigné par la plaignante comme ayant entraîné les autres :

« Je n’ai donné aucune consigne à mes collègues : je veux bien être le chef de patrouille mais pas celui des ébats ! Elle nous a chauffés, oui, on ne jouait pas aux cartes ! »

« Aviez-vous l’intention de payer ses charmes ? », questionne le président. « Non, pas du tout, réplique le policier déjà révoqué. Pour les 20 € qu’elle a réclamés à la fin, on n’a pas pris les choses au sérieux. »

Le chauffeur du fourgon :

« Elle était très avenante. Elle nous a dit qu’elle pouvait être très gentille et a été particulièrement active… »

Question clé du président : « Pourquoi ferait-elle ça ? » Réponse surréaliste du policier, qui fait sourire, d’un air entendu, l’avocat général Éric Camous : « Peut-être pour se mettre bien avec nous… Ça arrive avec des commerçants : ils ne veulent pas qu’on les paye. Que voulez-vous qu’on fasse ? »

Le doyen de la bande :

« (…) pour lui, c’est bien la prostituée qui les a “allumés” : “Je pense qu’elle voulait récupérer un peu d’argent après sa soirée perdue. Mais on n’a pas relevé : elle nous a même donné des lingettes après, c’était irréel…” »

Et le benjamin abstinent :

« Si j’avais perçu chez elle la moindre hésitation… »

Au fond, nos trois messieurs ne sont pas si mécontents d’eux-mêmes, et Me Véronique Wilhem, avocate de la jeune femme, dans sa plaidoirie, évoque leur satisfaction :

« Ils sont tous persuadés que la victime a pris du plaisir… »

Il semble bien, en effet, que les trois principaux prévenus aient eu à cœur non seulement de prouver leur droit de prendre leur plaisir en insistant sur l’accord de leur partenaire, mais encore de rassurer sur leur virilité en affirmant qu’ils lui en avaient donné, du plaisir…

(Mais ils oublient un peu vite, je crois, que la simulation de la jouissance est un bon moyen, et largement utilisé dans la profession, pour hâter les choses lorsque le meussieu tarde à se décongestionner…)

Me Véronique Wilhem ajoute :

« Mais non, dans ce camion, elle n’était plus rien, elle n’était même plus bonne à être payée : quand elle demande les 20 €, tout le monde rit… » (article du 16 décembre)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326064363.jpg

Le triomphe de la justice, de Jean-Baptiste Jouvenet (1644-1717).

Que la plaignante ne soit plus rien, les avocats de la défense s’y emploieront avec le bel esprit que l’on déploie habituellement en cour d’assises…

Et malgré les réquisitions de l’avocat général — dix ans pour le chef de patrouille, huit ans pour les deux autres participants et un an pour le non-participant —, la cour et les jurés ont prononcé l’acquittement des prévenus.

Ce commentaire du président de la cour, monsieur Thierry Fusina, n’a pas été relevé dansNice-Matin :

« Il y avait des zones d’ombre dans ce dossier. Nous n’avons pas considéré que la victime avait menti, ça n’est pas un blanc-seing. » (Metro, 15 décembre)

Étrange déclaration, car on peut supposer qu’un magistrat de son rang pèse ses mots, et n’utilise pas celui de « victime » à tort et à travers.

Elle pourrait servir de point de départ à une interrogation sur ce qu’a eu à subir cette « victime » — qui, aux yeux de la cour, n’aurait pas menti —, si cela n’est pas un viol…

Mais pour cela, il aurait peut-être fallu s’intéresser à ce qui a été dit lors de ce procès…

P.-S. : Notons tout de même une autre source d’intérêt : le discours qu’on y a entendu, pour autant que l’on puisse en juger d’après quelques articles de presse, semble avoir été largement à la « hauteur » du fameux « troussage de domestique » ricané par un célèbre ancien journaliste semi-gâteux.

L’escalier qui bibliothèque, 19 décembre 2011.


Un viol, sinon rien (suite)

Un nouvel article de l’azuréen Nice-Matin, que je surveillais d’un œil noir depuis la fin de la semaine dernière, m’apprend que « les policiers acquittés pour le viol d’une prostituée seront rejugés ».

(…)

Ainsi donc :

« Le parquet général d’Aix-en-Provence ayant fait appel du verdict, le dossier sera de nouveau évoqué. Sans doute devant les assises des Bouches-du-Rhône d’ici la fin 2012. »

Et l’article rappelle :

« En rendant jeudi le verdict au bout de deux heures de délibéré, le président de la cour, Thierry Fusina, a eu ce commentaire : “La plaignante n’avait pas menti mais elle avait une vision des choses qui lui appartenait (N.D.L.R. : en clair, elle n’a pas fait de fausse déclaration). Il y avait en outre un doute par rapport aux circonstances dans lesquelles les faits se sont déroulés.” »

De ce deuxième procès, en fonction de la hiérarchie des informations du moment — et/ou du calendrier militant des collectifs dénonçant les violences faites aux femmes —, on parlera.

Ou pas.

Mais je pense qu’un silence prolongé finirait par devenir embarrassant…

L’escalier qui bibliothèque, 22 décembre 2011.

 

La police viole, tue et mutile en toute impunité !

La Fontaine le disait au XVIe siècle, mais la morale de l’histoire est toujours valable :

« Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir ».

Dans la nuit du 23 au 24 février 2010, une jeune mère célibataire de 26 ans, prostituée occasionnelle et dont la famille ignore la situation, fait la rencontre malheureuse de quatre fonctionnaires de police du GSP (Groupe de Sécurité et de Proximité) à Nice. Les quatre policiers malintentionnés l’obligent alors à monter à l’arrière de leur fourgon, sous prétexte d’ébriété sur la voie publique. Trois d’entre eux, sous le regard du quatrième, la forcent à avoir des rapports sexuels.

Le 15 décembre 2011, les quatre policiers sont jugés devant la Cour d’Assises de Nice. Trois d’entre eux comparaissent pour viol aggravé par personne ayant autorité et encouraient huit à dix années de prison, et le quatrième pour abstention volontaire d’empêcher un crime ou un délit, encourait un an de prison.

Mais après plus de deux heures de délibérés, tous sont acquittés et la plaignante quitte la salle en larme, sans dire un mot.

Bilan de l’histoire :

Qui s’affronte dans cette affaire ? D’un côté, une prostituée, dont le statut social est méprisé et clairement en bas de l’échelle ; de l’autre, quatre « gardiens de l’ordre public », garants de notre sécurité… et bien entendu, protégés par leur hiérarchie.

Les quatre compères ont déjà un dossier chargé et n’en sont pas à leur première bavure : en bons flics qui se respectent ils ont commencés par de menus larçins et avaient déjà à maintes reprises profité de leur autorité et de leur uniforme pour s’exonérer des frais de bouche dans des bars et restaurants, pour mentir impunément afin de justifier des mauvaises notes au stage de gardien de la paix (nous faisons là allusion au chef de patrouille en personne), etc.

Mais rassurons-nous ! Ces ordures sont non seulement protégées par leurs confrères de la police qui les couvrent dès la plainte de la jeune femme, quelques heures après les faits, (ils sont avertis par radio et ne sont pas séparés, pouvant concerter leurs versions des faits), mais également par l’IGPN, mais cela n’étonne plus personne… En effet, lors de l’enquête, les accusés avaient d’abord tout nié en bloc, puis, voyant les preuves s’accumuler dangereusement (analyse de vêtements), avaient dû se résoudre à reconnaître qu’il y avait eu rapport… mais consenti. Ce consentement serait prouvé par plusieurs faits ; la victime les aurait obligés à mettre un préservatif (seule contre tous elle a réussi à les obliger à porter une protection), la victime leur a fait une fellation (la fellation est reconnue comme un acte qui peut être forcé) et enfin la victime leur a demandé de l’argent après le viol, ce dernier point ne pouvait être une preuve pour remettre en cause le viol mais montre à quel point l’agression sexuelle est vécue comme un traumatisme.

Notons une chose encore : le chef de patrouille a été révoqué, mais seulement à cause d’un dossier déjà chargé. Les trois autres ont été suspendus de leurs fonctions pour une durée de trois mois à un an… mais seulement pour avoir eu des relations sexuelles durant leur service.

Nulle question de viol…

Comme l’avocate de la plaignante, Me A. Fatovich l’a soulevé, il est évident que cette affaire montre que la parole d’une prostituée n’a aucune valeur dans un tribunal. Peut-on même parler de viol quant il s’agit d’une prostituée ? Les jurés ont répondu que non. En effet, la défense des quatre accusés se base sur l’argument fallacieux et pourtant ô combien de fois usité du «  Elle m’avait chauffé, j’ai pas pu me retenir ». Alors, si nous avons bien compris, ce sont eux les victimes de la maléfique et vénale créature du diable qu’est la Femme ? On nous aurait donc menti ? Il n’existerait pas de violeurs, mais seulement des proies répondant à l’appel inexorable et diabolique de la Femme charnelle et avide de sexe ?

Cette affaire remet bien le statut de la fille de joie à sa place ; après tout, ce n’est qu’une machine à sexe, comment pourrait-elle ressentir quelque chose ? Comment pourrait-elle avoir son mot à dire ? Son corps lui appartient-il encore ? Ces questions sont visiblement aujourd’hui plus que jamais d’actualité.

On avait pourtant dit : quand une femme dit non, c’est non !

Sexe ou viol, la différence c’est le consentement !

CRAS/H – Collectif Radical Anti-Sexisme et Homophobie (contact)

Indymedia Nantes, 6 janvier 2012.


Objet : Demandes d’excuses publiques

CRAS/H
Collectif Radical Anti-Sexisme/Homophobie (Nantes)
spazialtri@autoproduzioni.net

À l’attention de Michel Bernouin et du Journal METRO

À NANTES, le 06/01/2012

Monsieur Michel Bernouin,

Nous venons de lire l’article Métro du 15/12/2011 à propos du viol d’une prostituée par quatre policiers à Nice en février 2010.

Nous ne savons si vous êtes l’auteur de cet ignoble article ou celui qui en a autorisé la monstrueuse publication. Il est rempli de mensonges et nie complètement le statut de victime, face à agresseurs qui sont des représentants de l’ordre protégés par leur hiérarchie.

Les policiers mis en cause ont déjà commis nombres de honteuses bavures : utilisation malhonnête de leur pouvoir afin de bénéficier de frais de bouches gratuits dans des bars et restaurants, mensonges pour justifier des mauvaises notes…

Vous ne dites à aucun moment que les policiers ont été couverts par leurs collègues lors de la plainte de la victime, en les prévenant par radio. Ils ont ainsi eu le temps de concerter leurs versions des faits. Ils ont d’ailleurs d’abord tout nié en bloc puis les preuves s’accumulant, ont du reconnaître les faits. Vous dites que la victime a menti, alors que sa version des faits n’a jamais changé.

De plus, le statut social de prostituée est, selon vous, une des preuves qu’elle n’a pas pu subir un viol. Pourtant, nous rappelons que la jeune femme n’avait pas consenti à ces relations sexuelles, et que son statut social n’a pas à servir de prétexte pour remettre en question sa parole. Qu’elle leur ait demandé de l’argent après les faits ne peut pas être interprété comme une preuve de consentement, mais montre au contraire à quel point le viol est vécu comme un traumatisme.

Il est par ailleurs impensable que, seule femme face à quatre hommes forts de leur autorité policière, elle ait pu les « forcer » à avoir des relations sexuelles. Si ces derniers ont ensuite prétendu qu’elle les avait « chauffés » et qu’ils n’ont « pas eu le choix », c’est pour se placer en victime alors qu’ils étaient en réalité les agresseurs dans ces rapports non-consentis. Agresseurs dont vous prenez clairement la défense dans votre article.

Le viol a été reconnu malgré l’acquittement. Et ce n’est en aucun cas un soulagement. C’est un recul sans nom pour le féminisme et pour les victimes d’agression sexuelle. C’est la remise en cause de la parole de la victime, de son statut, et cela fait passer les agresseurs pour des martyrs.

C’est une vision misogyne, patriarcale et arriérée de la société et de la femme et il est honteux que votre journal à grand tirage en face l’apologie.

Nous demandons des excuses publiques de la part de votre journal et la reconnaissance d’un viol comme une agression extrêmement grave dont l’acquittement par un tribunal ne peut être reconnu comme un soulagement.

CRAS/H – Collectif Radical Anti-Sexisme/Homophobie (NANTES)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 19:10

Environ 600 personnes ont défilé silencieusement samedi 7 janvier dans les rues de Clermont-Ferrand, en soutien à Wissan El-Yamni, un jeune Clermontois dans le coma depuis sa violente interpellation par la police dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 2012.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326031810.jpg

Recueillement devant le commissariat de Clermont-Ferrand samedi.

Alors qu’une trentaine de voitures avaient brûlé au cours des nuits de jeudi et vendredi dans plusieurs quartiers populaires de Clermont-Ferrand, et que la famille de la victime n’a pas souhaité participer à la marche par crainte de débordements, celle-ci s’est déroulée dans le calme et sans incidents. « Ce soir pas de violence, aucune voiture brûlée, aucune vitre cassée », a rappelé à plusieurs reprises un des organisateurs, ami de la victime.

La veille au soir, le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Gérard Davergne, avait annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour « coups et violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ». Les deux juges d’instruction nommés devront, selon lui, « déterminer les causes exactes de ce malaise cardiaque » et « si la force d’intervention des policiers a été nécessaire ou illégitime, compte tenu de l’état d’énervement extrême de cette personne ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326031878.jpg

Appel au calme devant le commissariat, samedi.

Après moins d’une semaine d’enquête des policiers de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), arrivés lundi 2 janvier de Lyon, le procureur a déclaré avoir « des présomptions suffisantes pour l’ouverture d’une information judiciaire », qui plus est visant nommément deux fonctionnaires, ceux de la brigade canine qui avaient escorté Wissan El-Yamni au commissariat après son interpellation.

Selon l’avocat de la famille de la victime, Me Jean-François Canis, et trois témoignages recueillis par Mediapart au quartier de La Gauthière, où a eu lieu l’interpellation, d’autres policiers seraient cependant impliqués. « La famille aurait aimé que l’enquête soit plus large puisque une dizaine de voitures de police étaient apparemment présentes sur les lieux de l’arrestation », explique Me Jean-François Canis.

Hospitalisé à l’hôpital d’Estaing, Wissan El-Yamni, 30 ans, est dans le coma depuis dimanche, après avoir fait un malaise cardiaque, apparemment dans la voiture l’amenant au commissariat. Selon le procureur, l’examen médical a révélé des fractures aux côtes, au visage ainsi que des lésions sur le cou. Les photos prises par la famille à l’hôpital montrent des marques rouges violacées encerclant le côté gauche de son cou, ainsi qu’un œil tuméfié.

D’après le procureur, l’analyse toxicologique a décélé « la présence dans l’organisme d’un mélange excitant d’alcool, de résine de cannabis et de cocaïne ». Ce qui n’explique en rien comment une simple interpellation s’est finie aux urgences. « On a l’impression que le parquet veut mettre en avant l’énervement de Wissan El-Yamni pour justifier une interpellation musclée », critique Me Canis. Le frère et la sœur de la victime comptent se porter partie civile dès lundi pour avoir accès au dossier.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326032060.jpg

Le parking face au centre commercial de La Gauthière.

Retour sur les faits. Selon La Montagne, « il est environ 2h30 du matin (la nuit du réveillon) quand, alertés via un coup de téléphone de la présence au sol d’un homme inanimé, policiers et sapeurs-pompiers arrivent au centre commercial de La Gauthière, un quartier Nord classé en zone urbaine sensible. Là nulle trace de blessé mais quatre jeunes sur un banc. » L’un d’eux, Wissan El-Yamni, qui réveillonnait sur le parking du centre commercial avec cinq ou six amis, aurait alors, selon deux d’entre eux, jeté une voire plusieurs pierres sur la vitre de la voiture de police.

« Ce soir-là, on était sept sur le parking autour d’une voiture pour la musique, raconte Samir, 34 ans. On a bu, il y avait du cannabis, mais à aucun moment on n’a vu Wissan prendre de la cocaïne. Nous faisions la fête, c’est tout. Je suis parti quand il a jeté la première pierre sur la voiture de flics, parce que je me suis dit que ça allait mal tourner. »

Alors que ses amis se dispersent à pied, Wissan El-Yamni, « pris en chasse par les policiers » selon Reda, 30 ans, un autre ami présent, passe derrière le centre commercial où il est rattrapé, interpellé et menotté dans le dos par des policiers. Un habitant d’une barre d’immeuble surplombant le lieu d’arrestation, qui réveillonnait chez lui avec un ami, affirme alors avoir été témoin, depuis sa fenêtre, d’un passage à tabac. Idriss (deux minutes 42) :

« J’étais à la fenêtre du salon avec un ami, tranquille pour le premier, explique Idriss, 27 ans. On a vu Wissan jeter des pierres à une première puis une deuxième voiture de police, puis se barrer en courant. Il est passé derrière notre bâtiment, donc on est allés à la fenêtre de la cuisine, de l’autre côté de l’immeuble, pour voir. On l’a vu couché sur le ventre, les menottes dans le dos avec une patrouille de police. On s’est dit c’est bon, il s’est fait attraper, encore un qui va commencer la nouvelle année en garde à vue. Sauf que suite à ça, nous avons vu une dizaine de voitures de police arriver, en une minute, dont quatre banalisées. Les policiers sont descendus, ils ont mis de la musique à fond, de la funk, et ont démuselé les deux chiens. Ils étaient chauds, ils ont fait un décompte « Trois-deux-un go » et ils lui ont mis des coups. Ils étaient tous autour de lui, donc je ne voyais pas qui a commencé et qui faisait quoi, mais c’étaient des coups de pied et coups de genoux, et des coups de coude quand ils l’ont soulevé. À ce moment-là, j’ai gueulé par la fenêtre : “Lâchez-le bande de batards”. Quand ils ont vu qu’il y avait des gens aux fenêtres — il y avait aussi des voisins — ils l’ont mis dans la Ford Mondéo blanche de la brigade canine et ils sont repartis. »

Une version contestée par le procureur, qui, selon Le Monde, ne confirme la présence que de trois véhicules au maximum.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326032420.jpg

Le lieu de l'interpellation

Samir, déjà cité, dit pourtant avoir croisé « six voitures de police » alors qu’il s’éloignait du parking. Tandis que Reda, qui avait décidé de chercher Wissan après que ce dernier s’est fait courser, affirme être tombé « sur six à sept voitures de police » stationnées sur le lieu d’interpellation.

« Il y avait une Clio noir portes ouvertes avec de la funk à fond, une Ford Focus blanche et des voitures marquées police, les flics fumaient des clopes, ils étaient tranquilles comme s’il ne s’était rien passé, relate-t-il. Je leur ai demandé s’ils avaient vu mon ami, ils ne m’ont pas répondu. Je ne l’ai pas vu non plus dans les voitures, donc j’ai pensé qu’il n’était pas là. »

D’après Le Monde, Wissan El-Yamni aurait été maintenu allongé sur la banquette arrière du véhicule de la brigade canine pendant le trajet vers le commissariat. « Selon le procureur, lorsqu’il arrive au commissariat, M. El-Yamni a déjà perdu connaissance, poursuit le quotidien. Les policiers ne perçoivent pas immédiatement la gravité du malaise, qu’ils mettent sur le compte d’un contrecoup après son extrême agitation. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326032850.jpg

« Personne au-dessus des lois. Stop bavures, on est tous avec toi, Wissan. »

Le dimanche matin lorsque Samir tente de joindre Wissan El-Yamni, il tombe sur sa messagerie et en conclut que ce dernier est en garde à vue. « On a appris le dimanche soir qu’il était en fait à l’hôpital, dit-il. Deux policiers en civil ont dit à sa femme qu’il avait été retrouvé inanimé au bord de la route. Du coup, quand on a voulu aller le voir à l’hôpital, sa famille a refusé parce qu’ils pensaient que c’étaient les gens du quartier qui l’avaient laissé dans cet état… »

Pour les habitants de La Gauthière, un quartier décrit par beaucoup comme tranquille, le choc est rude. « Nous aussi on a des enfants, remarque Saïda, 50 ans, une proche de la famille El-Yamni croisée dans la marche. Ça peut arriver à n’importe qui. Wissan est quelqu’un de très gentil, peut-être qu’il était soûl mais ce n’était pas une raison pour le tabasser. » Farid, 53 ans, président d’une association franco-algérienne qui a veillé au bon déroulement de la manifestation, demande, un peu solennel, « à Monsieur Guéant d’être juste et d’aller voir ce jeune à l’hôpital ».

Animateur dans une maison de quartier voisine de La Gauthière, Karim Srikah, 33 ans, tient à s’exprimer avant tout comme un « habitant qui est né, a grandi et a milité ici ».

« À la base, c’est une ville agréable où il fait bon vivre, les communautés s’entendent bien, il y a toujours eu un dialogue avec les jeunes, certes avec des hauts et des bas, mais les gens se sentaient en sécurité, explique-t-il. Et là on se retrouve avec des cars de CRS tous les soirs, des gyrophares, des voitures brûlées, sans doute d’autres jeunes interpellés et d’autres familles en souffrance. Pour nous les émeutes dans les banlieues parisiennes en 2005, Villiers-Le-Bel en 2007, c’était loin, comme une fiction. Le fait de le vivre devant chez soi, en plein milieu de l’Auvergne, ça choque vraiment les gens. Je n’avais jamais vu ça de ma vie, et je n’ai pas envie de le revoir. »

Cherif Bouzid, responsable d’un club de football et éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), décrit un « gamin qui n’a jamais eu de problème, issu d’une famille exemplaire, qui est complètement effondrée ». « Wissan est chauffeur-routier, actuellement sans travail emploi, marié et installé depuis cinq ans », précise-t-il.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326033105.jpg

Trois fourgons de CRS dans le centre-ville de Clermont-Ferrand, samedi soir.

Comme son frère Larbi, gardien à Clermont-Ferrand pour un bailleur social, il ne trouve aucune excuse aux policiers. « Une interpellation par des policiers professionnels et entraînés, même d’un individu soûl et violent, ça devrait finir en garde à vue, avec 24 heures en cellule de dégrisement et un défèrement, déclare Larbi Bouzid. Pas dans un état critique à l’hôpital. Les policiers étaient en surnombre, ils n’étaient à aucun moment en insécurité, on n’est pas à Paris, à Lyon ou à Marseille ! Pour moi, ils avaient envie de casser de l’arabe ce soir-là. »

Responsable d’un discount hallal, dans le centre commercial de La Gauthière, Ahmet Ozturk, 27 ans, a eu quelques vitrines cassées le soir du dimanche 1er janvier soir, comme le bar PMU voisin. Mais il comprend la colère des jeunes. « Ce jeune homme ne faisait de mal à personne. S’il meurt, que va-t-il se passer dans le quartier ? », redoute-t-il. De retour de la marche samedi, un hélicoptère survolait le quartier samedi soir, provoquant l’énervement de certains habitants. « Qu’est-ce qu’ils espèrent avec leur hélicoptère ? Il y a déjà assez de tension », s’agace Idriss, en désignant les jeunes regroupés devant les halls qui nous regardent passer.

Leur presse (Louise Fessard, Mediapart, 8 janvier 2012)

 

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326034312.jpg


Commentaire choisi :
08/01/2012, 12:27 par speedoo
Bonjour je me suis promené hier après-midi dans Clermont, et il y régnait une ambiance « bizarre ».
Autour de la grande roue de Noël étaient stationnées une dizaine de voitures de police ainsi qu’un minibus de CRS.
Un peu plus loin, assis sous la statue du général Desaix, une petite dizaine d’indignés assis sur des cartons échangeaient avec les badeaux en repérage des soldes.
Des fouilles ciblées sur des jeunes qui attendaient sagement à l’arrêt du tram, place de Jaude.
Au fond de moi j’étais en colère ! J’ai sorti de ma poche un « Xanax » pour faire retomber le rythme cardiaque.

 

 

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326034259.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326034131.jpg


Tensions à Clermont-Ferrand : une demi-douzaine de personnes interpellées

Une demi-douzaine de personnes ont été interpellées pour des feux de véhicules dans la nuit de samedi à dimanche à Clermont-Ferrand, où règne une certaine tension depuis l’interpellation mouvementée lors du réveillon de la Saint-Sylvestre d’un homme, dans le coma depuis, a-t-on appris de source judiciaire.

Ces personnes, qui se trouvent en garde à vue, sont jeunes et font partie de petits groupes très mobiles dans des quartiers qu’ils connaissent bien, a-t-on précisé de source proche du dossier.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326034096.jpg

Une trentaine de véhicules ont été brûlés pendant la nuit, soit le double de la nuit précédente, a-t-on ajouté de même source. Interrogée par l’AFP, la préfecture n’a pas souhaité communiquer de bilan mais a reconnu qu’il y a « encore eu des incidents dans certains quartiers ».

Quelque 200 policiers, dont deux compagnies de CRS, avaient été déployés dans la ville samedi soir. Le dispositif, avec quatre unités mobiles, est reconduit pour la nuit de dimanche à lundi, a indiqué la préfecture. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 8 janvier 2012)

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION
8 janvier 2012 7 08 /01 /janvier /2012 19:08

Le procureur de la République de Pontoise a requis un non-lieu dans l’affaire d’Ali Ziri, un retraité algérien décédé le 11 juin 2009 à Argenteuil suite à son interpellation par la police. Ce réquisitoire définitif date du 14 décembre 2011.

Plusieurs éléments de l’information judiciaire, ouverte en 2009 pour « homicide involontaire et violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », mettent pourtant en cause les policiers. (…)

Leur presse (Mediapart, 6 janvier 2012)


Cher(e)s ami(e)s et camarades

Vous étiez et vous êtes encore de nombreux militants de partis politiques, de syndicats, d’associations ou tout simplement de citoyens lambda à faire partie du collectif Ali Ziri ou à suivre de près ses combats, depuis deux ans et demi.

Au nom de ce chibani de 69 ans, arrivé en France à l’âge de 19 ans, rompu aux tâches les plus ingrates pendant quarante ans, derrière une machine dans une multinationale des transports, habitant dans un foyer Sonacotra, dans une chambre exigüe, au confort sommaire, avec comme uniques meubles : un lit, une table et une petite télévision, vous avez voulu, par de nombreuses marches pacifiques et de nombreux rassemblements citoyens, exprimer votre courroux quant au sort réservé à ce retraité algérien mort deux jours après son interpellation par la police nationale le 9 juin 2009.

Vous avez voulu manifester votre solidarité avec sa famille laissée au pays, avec ses enfants qu’il n’avait pas vu grandir. En tant qu’hommes et femmes épris de justice, vous avez tout simplement voulu faire éclater la vérité au grand jour et demander justice.

Eh bien, cette « justice » vient de décider d’un non-lieu, qui signifierait — si le juge d’instruction était amené à suivre les réquisitions du procureur de la République — tout simplement l’abandon des poursuites contre les policiers impliqués dans la mort d’Ali Ziri.

Ce que nous redoutions, il y a quelques jours, est bel bien arrivé. Dans un document de 10 pages (un ramassis de mensonges et de contre-vérités, fait à la va-vite, sans grand souci de l’objectivité, pour plaire à son maître) signé par M. Emmanuel  Gérard, procureur-adjoint du Tribunal de Grande Instance de Pontoise et adressé au juge d’instruction Mme Roche-Driencourt, avec copie pour la partie civile, il est donc question « d’un réquisitoire définitif de non-lieu ».

J’ai été navré de constater, en lisant ce document, que seuls les faits à charge contre MM. Ali Ziri et Arezki Kerfali sont mentionnés. Il est question surtout des circonstances de l’interpellation au volant de leur voiture par la police nationale d’Argenteuil, puis de leur arrivée au commissariat et de leur transport à l’hôpital d’Argenteuil. Mais jamais des conditions du trajet entre le lieu de l’interpellation et le commissariat d’Argenteuil.

Or, pour les avocats et notamment pour Maître Maugendre, c’est au cours de ce trajet que le drame est arrivé, du fait qu’une policière, parmi les trois policiers interpellateurs, avait utilisé ce que l’on appelle la « méthode de pliage ». C’est cette technique policière du pliage, consistant à plaquer le torse du prévenu sur ses genoux en exerçant une pression « qui est à l’origine de l’asphyxie ayant conduit au décès d’Ali Ziri ». Une technique pourtant interdite depuis la mort en 2003 d’un jeune éthiopien expulsé par la police aux frontières. À cela s’ajoutent les conclusions de l’autopsie de l’institut médico-légal de Paris, rendues le 24 juillet 2009, relevant l’existence de 27 hématomes sur le corps de M. Ziri.

Malgré le témoignage d’un jeune homme en garde à vue, à charge contre les policiers et publié par le site Mediapart le 25 novembre dernier, tous les actes demandés par les avocats de la famille, comme l’audition des témoins et des policiers par un juge d’instruction et la reconstitution des faits, ont été refusés par ce même procureur.

Dès lors peut-on encore parler de justice ?

C’est pourquoi, le rassemblement du 14 janvier prochain, en présence de l’humaniste et ancien résistant Stéphane Hessel et de l’évêque Jacques Gaillot, doit être un moment fort pour nous indigner tous ensemble et exprimer notre courroux et notre désappointement face à une justice à deux vitesses. Si Ali Ziri s’était nommé Pierre, Paul ou Jacques, sa fin tragique dans un commissariat aurait peut-être fait l’ouverture du 20 heures de TF1 — comme le vieillard tabassé avant le second tour d’une élection présidentielle.

Cher(e)s ami(e)s et camarades,

Soyons encore plus nombreux que les autres fois afin d’exiger la vérité et la justice. « Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres. »

Arezki SEMACHE
Pour le collectif Ali Ziri

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 6 janvier 2012.

Partager cet article
Repost0
Published by coutoentrelesdents - dans REPRESSION

A L’assaut Du Ciel!

  • : coutoentrelesdents
  • : Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent.
  • Contact

?

Celui Qui Ne Connaît Pas L'histoire Est Condamné À La Revivre.