Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les spectateurs ne trouvent pas ce qu'ils désirent, ils désirent ce qu'ils trouvent.

Publicité

Au sujet de l’assassinat de trois militantes kurdes à Paris

 

kurdistan

Voici le communiqué publié par une cellule de la Jeunesse Communiste Marxiste-Léniniste. Nous le publions car il apporte des éléments intéressants pour comprendre ce qui se passe et rappelle des faits qui ne doivent jamais être oubliés. Les révolutionnaires de France ont pour mission d’être solidaires de leurs camarades turcs et kurdes, ici et ailleurs, dans toutes leurs légitimes luttes. D’autant plus que le moment est crucial, avec une intensification de la répression contre le peuple kurde, qui a des répercussions en Europe (on n’oublie pas tous ceux qui ont été arrêtés par les polices du continent et livrés à l’état Turc pour y être emprisonnés, torturésou exécutés!). D’autre part le vieil état français est actuellement entrainé dans une fuite en avant; il est en pleine décadence, incapable de se sortir de la crise qui l’affecte à tous les niveaux. Et cela entraine une explosion de la barbarie, avec le racisme bien sûr – et toutes les autres façons de diviser le peuple, mais aussi avec les offensives impérialistes au Mali et dans d’autres pays considérés comme une « zone d’influence ». Le combat pour la libération totale n’a pas de frontières. Il est aujourd’hui urgent de s’informer, de s’organiser sur des bases de classe, pour être capables de frapper fort.

Trois militantes kurdes ont été froidement exécutées mercredi après-midi alors qu’elles se trouvaient dans les locaux du Centre d’information du Kurdistan (CIK). Il s’agit de Sakine CANSIZ, une des co-fondatrices du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) ; Fidan DOGAN, présidente du CIK ; Leyla SOYLEMEZ.

Pour nous, les slogans lancés par les centaines de Kurdes venus protester cet acte terroriste se suffisent (« Turquie assassin ; Hollande complice ! ») En effet, les circonstances qui entourent cet assassinat nécessitent une attention particulière.

En ce début d’année 2013, les autorités turques poursuivent pas-à-pas les pourparlers engagés fin décembre avec Abdullah ÖCALAN, chef du PKK emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999. Le dialogue entre le leader kurde et les services de renseignements turcs, est présenté comme intégrant « un processus de paix » devant mettre fin aux affrontements armés. Ce processus de paix a été initié suite à la grève de la faim de 10 000 prisonniers politiques en Turquie qui dénonçaient les conditions d’incarcération d’Abdhullah ÖCALAN. L’accord de principe étant le désarmement du PKK en échange de droits accordés à la minorité kurde par une refonte de l’Etat (nouvelle constitution). Or ni les Kurdes ni les forces progressistes et communistes de Turquie ne sont dupes : chacun est conscient des manœuvres de l’Etat turc en vue d’éradiquer une bonne fois pour toute le mouvement kurde de libération nationale que nous soutenons. C’est pourquoi la vigilance est de mise côté kurde sachant que 14 guérilleros ont encore péri dans des opérations menées par l’armée turque ce lundi.

L’entrée en pourparlers ne signifie pas l’arrêt de la répression de la part de la bourgeoisie, comme nous l’apprend l’exemple basque. Nous rappelons que des militants basques continuent d’être arrêtés et incarcérés en France et en Espagne via une étroite collaboration des services de polices des deux pays. D’ailleurs, le Premier ministre turc, Recep Tayyip ERDOGAN, exclue toute hypothèse de libération du leader kurde de même qu’une amnistie générale au profit des prisonniers politiques kurdes.

L’assassinat des trois militantes kurdes en plein Paris soulève toutefois des questions cruciales. A l’heure actuel, tout l’appareil d’Etat turc pointe du doigt un supposé règlement de compte au sein du PKK, entre partisans des négociations – à l’issue incertaine – et une branche radicale qui viendrait « saboter » ledit processus de paix. Pour nous, cet acte terroriste vise la communauté kurde. Les exécutions sommaires de militants communistes turcs ou kurdes d’une balle dans la tête ont déjà maintes fois eu lieu par le passé et rappellent de près les attentats revendiqués par l’extrême droite turque. Il est fort probable que ce soit là un moyen de faire pression sur le PKK pour qu’il cesse la lutte armée sans engagements politiques conséquents de la part du gouvernement.

Nous savons aussi que la France s’est rapprochée de la Turquie aussi bien sur le plan des échanges économiques et industriels que sur le plan de la répression. Un accord de coopération policière entre les deux pays a vu le jour le 7 octobre 2011 sous la présidence Sarkozy et continue de sévir à l’encontre des opposants turcs et kurdes en France (cf. l’augmentation des procès de militants passés sous silence ainsi que les perquisitions de locaux appartenant à des associations kurdes). Plusieurs militants du DHKP-C ont été condamnés le 20 décembre à entre 7 et 5 ans de prison. Le fait que la France réprime pour le compte de la Turquie peut laisser penser que fascistes et services secrets turcs peuvent agir en toute impunité sur le territoire.

Nous demandons à ce que la lumière soit faite sur cet assassinat et affirmons une fois de plus notre soutien au peuple kurde. Nous appelons toutes les forces communistes et progressistes à se joindre aux initiatives qui ont lieu depuis ce matin afin de protester cet acte barbare. Nous devons faire en sorte que cela ne se reproduise plus jamais. A bas les crimes fascistes ! Vive le mouvement kurde de libération nationale !

JCML 69

 

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :