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14 mars 2013 4 14 /03 /mars /2013 09:10

par Henri Malerle 14 mars 2013

Suite de la série dédiée aux journalistes de maintien de l’ordre. Après la défense des plantes vertes de PSA par le JT de France 2 (12 décembre 2012) après l’interrogatoire de trous syndicalistes par Jean-Pierre Elkabbach (France Inter,12 février 2013), ce dernier a bénéficié de la sollicitude de Marc-Olivier Fogiel, sur RTL, le jeudi 7 mars 2013.

Ce jour-là, à la suite des affrontements entre les forces de l’ordre et des salariés de Goodyear, une seule question se posait pour Marc-Olivier Fogiel, et notre journaliste aux abois ne posa qu’elle seule, sous plusieurs formes : « Est-ce que vous condamnez les violences de salariés ? »

On écoute…

MP3 - 4.8 Mo

… et on savoure.

(1) Et d’abord, avec élégance, en s’adressant personnellement à Michaël Wamen, comme s’il était personnellement impliqué dans des affrontements auxquels il n’a pas pris part :

- Marc-Olivier Fogiel : « Vous étiez tout à l’heure avec plusieurs centaines de salariés au siège de Rueil-Malmaison à l’occasion du comité central d’entreprise sur la fermeture de l’usine d’Amiens-Nord et le rassemblement a dégénéré, il a tourné à l’affrontement, dix policiers blessés, cinq hospitalisés, heu... Vous aviez envie de casser du CRS aujourd’hui ?  »

- Michaël Wamen : « Non, non, ce n’était pas du tout l’état d’esprit dans lequel on était venu. Je rappellerais quand même que nous avons depuis maintenant six ans une direction archaïque qui ne pense qu’a vouloir faire fermer notre usine alors que la justice ne cesse de lui dire qu’elle n’a pas le droit de le faire, et on n’était pas du tout dans cet esprit-là... Par contre, ce que moi j’ai eu comme information et ce que j’ai pu vérifier : il y a eu effectivement des CRS qui sont venus provoquer les salariés de chez Goodyear, ce qui est quand même inadmissible, on n’était pas du tout dans cet esprit-là, mais faut quand même pas oublier qu’il y a [?] collègues qui sont en arrêt de travail, dont deux très sérieusement blessés.  »

(2) La deuxième question qui ne tient aucun compte de la réponse sur la provocation que constituerait la présence policière coule de source :

- Marc-Olivier Fogiel : «  Mais est-ce que vous condamnez les violences ce soir, Michaël Wamen ?  » 
- Michaël Wamen : «  Moi je condamne les violences de la part des forces de l’ordre et je condamne surtout l’attitude du gouvernement qui apporte comme seule réponse à des salariés qui se battent contre la fermeture d’une usine, d’envoyer des forces de l’ordre.  » (Michaël Wamen poursuit en mettant en cause des membres du gouvernement.)

(3) S’attarder sur les mises en cause précises des forces de l’ordre et du gouvernement lancées par Michaël Wamen ? C’est pour plus tard… C’est-à-dire jamais. En revanche, la violence des salariés :

- Marc-Olivier Fogiel : « On va y venir... Mais les images qu’on a vues sont extrêmement violentes. Certains salariés ont jeté des pneus enflammés sur les forces de l’ordre et sont allés au contact des policiers, on voit bien qu’ils veulent faire tomber leurs boucliers et frapper au visage... Ça c’est ce qu’on a vu concrètement (les reporters de RTL étaient là), ça vous ne condamnez pas ?  » 
- Michaël Wamen : «  Écoutez, moi je n’ai pas à condamner ce que mes collègues ont fait [...] Ça fait des années et des années qu’on subit du harcèlement, et que la seule réponse du gouvernement c’est d’envoyer des centaines et des centaines de CRS qui veulent en découdre avec des salariés, faut pas s’étonner de la tournure que ça peut prendre. Alors maintenant condamner... Moi, je ne condamne jamais les salariés, moi je condamne la direction de Goodyear. [...] Et c’est avec nos impôts qu’on nous envoie des forces de l’ordre pour nous taper sur la gueule, alors... Merci le gouvernement. Bravo !  »

(4) Vite, passons à autre chose, c’est–à-dire à la même chose, mais en interrogeant non sur une explication, mais sur une prétendue justification :

- Marc-Olivier Fogiel : « Vous dites que la détresse justifie les débordements en fait ?  » 
- Michaël Wamen : «  Mais c’est plus que de la détresse... Il y a des gens chez nous qui ont voulu se suicider, pas plus tard qu’il y a un mois, il y a un salarié qui a tenté de mettre fin à ses jours tellement qu’il supportait plus la pression qui lui est mise tous les jours au quotidien dans cet établissement. C’est une usine qui a tourné pendant des années du feu de dieu et aujourd’hui parce qu’on veut délocaliser et faire des produits et des pneumatiques dans des pays à bas coûts de main-d’œuvre pour faire encore plus de bénéfices, on voudrait nous faire perdre notre boulot. Je rappellerais quand même qu’il y a les Conti à Clairoix qui avaient fait des efforts, qui avaient tout accepté et l’entreprise a été fermée...  »

(5) Sur cette violence-là, Marc-Olivier Fogiel n’a aucune question à poser : « Mais », mais », « mais », objecte-t-il… sans y parvenir :

- Marc-Olivier Fogiel : «  Mmh... Mmh  » 
- Michaël Wamen : «  ... Et des exemples comme cela, y en a énormément...  » 
- Marc-Olivier Fogiel : « Mais... » 
- Michaël Wamen : « Aujourd’hui le vrai problème est, je pense, la réalité que la violence elle n’est pas du côté des salariés la violence elle est du côté des patrons [Marc-Olivier Fogiel tente d’intervenir], vous savez c’est violent d’apprendre qu’on risque de perdre son emploi... » 
- Marc-Olivier Fogiel : «  Je comprends bien…  » 
- Michaël Wamen : «  ... dans un bassin où il n’y a plus d’emplois justement.  » 
- Marc-Olivier Fogiel : «  Mais, Michaël Wamen, tout à l’heure on a entendu sur RTL beaucoup de salariés qui étaient devant le siège de Rueil-Malmaison qui se désolidarisaient des casseurs et de la CGT, on sent quand même une forme de scission, vous n’avez pas l’impression que, finalement, cette façon d’exprimer votre détresse vous dessert ?  » 
- Michaël Wamen : «  Vous ne trouverez jamais dans un de nos tracts un appel à la violence ou quoi que ce soit... Bien au contraire tous les tracts que nous avons fait appellent justement à la situation de calme, ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu de passer pour des syndicalistes et des salariés archaïques. Mais la violence, vous savez, elle n’est pas dans les rangs des salariés. Quand vous êtes provoqués comme les salariés ont été provoqués aujourd’hui par les forces de l’ordre, et d’ailleurs j’aimerais qu’une enquête soit menée parce que j’ai moi-même été victime ce soir en repartant du siège, de forces de l’ordre qui disaient : “On va en découdre bientôt”... Donc c’est quand même attristant de voir ça.  »

(6) Et c’est très subtil de se placer du côté des forces de l’ordre mobilisées par le gouvernement pour… protéger l’usine :

- Marc-Olivier Fogiel : «  Mais quel intérêt auraient les forces de l’ordre à venir vous provoquer ? Ils sont juste là pour protéger l’usine, mais quel intérêt les forces de l’ordre auraient à vous provoquer ?  » 
- Michaël Wamen : « C’est de démontrer à toute la France à travers les médias que les salariés de chez Goodyear sont des salariés qui sont prêts à en découdre puisque prêts à en découdre sur leur boulot. C’est toutes les caméras qui étaient présentes qui n’attendaient que ça. [...] Moi j’ai vu les propos d’Emmanuel Valls le 12 février : “Il faut éviter les dérives”, faut éviter les machins, faut éviter ceci, faut éviter cela, et, en tout état de cause, la première chose qu’on voit quand on arrive, c’est des centaines et des centaines de CRS, il y a des centaines de cars de CRS qui sont devant. Et si c’est ça aujourd’hui le dialogue social que prône le gouvernement, je pense qu’il se trompe de combat.  »

(7) Il restait à interroger Michaël Wamen sur une « crainte »… qui est surtout celle de Marc-Olivier Fogiel :

- Marc-Olivier Fogiel : « Ce que vous nous dites ce soir c’est que ce qui s’est passé ce matin à Goodyear, finalement, c’est peut-être le symbole de tout ce qui peut se passer aujourd’hui en France. Vous craignez un embrasement social en France ?  » 
- Michaël Wamen : « Le gouvernement doit arrêter de faire des promesses et fermer les yeux sur ce qui se passe. Les vrais voyous aujourd’hui ce ne sont pas les salariés qui viennent dire : “on veut garder notre boulot”... Il faut aussi se mettre à la place des salariés qui subissent au quotidien ces pressions avec la peur au ventre de ne plus pouvoir nourrir leurs gamins et de plus pouvoir payer leur maison. »

(8) C’est un appel à la compassion obligatoire qui clôt l’entretien… par son commencement :

- Marc-Olivier Fogiel : « Pour terminer, quel message vous adressez aux dix policiers blessés et aux cinq hospitalisés ? » 
- Michaël Wamen : « Ecoutez, on ne peut que regretter qu’à moment donné il se passe un certain nombre de choses... Moi, dans les rangs des salariés de chez Goodyear j’ai six salariés blessés. Je ne peux que regretter la situation mais à moment donné, effectivement, une provocation en rend une autre. Je n’ai pas à regretter quoi que ce soit. Je dis simplement aujourd’hui ce que je regrette, c’est que si il y a eu un affrontement entre les Goodyear et les forces de l’ordre françaises, le seul et unique responsable c’est d’abord l’employeur Goodyear qui veut fermer notre usine et puis ensuite un gouvernement qui se dit de gauche et en réalité qui ferait certainement plus une politique de droite qu’il avait été prévu de faire. Voilà. »

Henri Maler grâce à la transcription réalisée par Benjamin Accardo

vu sur http://www.acrimed.org

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 22:11
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TÉLÉCHARGER LE BULLETIN

Résistons Ensemble

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 20:44

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Émission hebdomadaire depuis 2009 sur la radio associative Radio Larzac, “Zone Libre” s’était toujours illustrée par une attitude sans concession vis à vis de l’État et de sa police. Désormais, il semblerait que l’émission soit contrainte de pacifier son discours.

AUTOCRITIQUE NON-SPONTANÉE ET RESPECT CONTRAINT DE L’INSTITUTION POLICIÈRE, OU LE CITOYENNISME DÉBARRASSÉ DE SES SLOGANS SUR LA “LIBERTÉ D’EXPRESSION”

Avant de commencer cette émission, j’aimerai faire une autocritique. En effet, comme on me l’a fait remarquer lors d’une réunion interne, les propos tenus lors de cette émission le sont dans le cadre technique fourni par Radio Larzac. Ne voulant bien entendu pas mettre la pérennité de l’émission Zone Libre en danger, je souhaite donc présenter mes excuses à tous ceux et toutes celles que l’annonce de ma bonne humeur, la semaine dernière, aurait pu légitimement choquer, en ces temps de deuil national suite à la tragique mort de deux policiers la semaine dernière sur le périphérique parisien.

Rendez-vous mercredi 6 mars à 19h30 sur Radio Larzac, pour “Zone Libre”, l’émission qui respecte les deuils nationaux ^^

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:55

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CQFD n° 108, février 2013

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15 février 2013 5 15 /02 /février /2013 12:58
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L’Épine Noire, contre-information sur Poitiers et ses alentours

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14 février 2013 4 14 /02 /février /2013 15:56

Flouez les puissants, renflouez La Brique !

La « crise » ? Les bidasses bombardent au Sahel, le bocage nantais défiguré par un aéroport, la greffe de la marque Louvre à Lens, des grévistes de la faim expulsés par charter, l’innovation toujours plus morbide des prisons… : elle a bon dos la « crise ».

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De notre côté, le constat est béant : après bientôt six ans de critique sociale, toujours pas le moindre euro de bénéf’. Ce nouveau numéro couvre les mois de février et de mars. Le précédent, ceux… d’octobre et de novembre. Deux mois à la trappe, « mis à profit » pour combler ce que nous réclame l’imprimeur. La Brique se spécialise dans l’appel à soutien. Et malgré vos bons deniers, ça reste toujours un peu la dèche. Lire le canard, l’offrir, l’acheter, s’abonner : sortir La Brique de son déficit, c’est virer une pierre de leur édifice…

Édito du n° 34 de La Brique, février-mars 2013

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6 février 2013 3 06 /02 /février /2013 11:58

Dix ans, toutes ses dents mais plus un rond !

« Il reste 217 dollars dans les caisses de l’État zimbabwéen », annonçait récemment le site d’informations d’un journal de banquier. Voilà qui nous situe à peu près sur l’échelle globalisée de la fortune : CQFD est aussi riche, à quelques dizaines de dollars près, que le trésor public du Zimbabwe. Les sous qui nous restent ne suffiront même pas à payer l’impression du prochain numéro. Si nous vivions dans un monde raisonnable, les Zimbabwéens se la couleraient douce, les banquiers feraient la manche au feu rouge et CQFD triompherait. Mais nous vivons dans un monde déraisonnable où les flibustiers de la presse libre crèvent la gueule ouverte. CQFD, qui ouvre la sienne depuis dix ans, risque bien cette fois de devoir la fermer, et pour de bon.

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En mai 2003, quand nous avons lancé notre premier numéro depuis la tanière marseillaise qui nous sert de vaisseau amiral, nous étions raisonnablement convaincus de ne pas faire de vieux os. Notre idée, c’était de faire le journal qu’on avait envie de lire, un journal sans chefs ni patrons, sans comptes à rendre ni bailleurs à cajoler, un canard d’expression directe pour les insoumis chroniques, les passe-frontières têtus, les aventuriers des minima sociaux, les déserteurs du marché salarial, les artistes de la grève, les bricoleurs de solidarités épiques, les réfractaires à l’ordre des choses. Une équipée collective de débrouillards impécunieux mais gourmands d’utopies, une exploration sociale menée au rire et à la sueur contre les vents dominants. Forcément, un tel journal n’était pas fait pour durer. Dix ans plus tard, pourtant, on est toujours là. Certains ont quitté le navire, d’autres sont montés à bord. On a bravé le mal de mer, le scorbut et les requins. On a tangué, on a morflé, on a tenu bon. On a vu du pays, tissé des réseaux, élaboré un savoir-faire, perfectionné l’art de produire un journal exigeant avec des bouts de ficelle et de belles rencontres. Bref, on y a pris goût. C’est vous dire qu’on n’a pas l’intention de lâcher l’affaire.

Mais, pour que l’aventure continue, on a besoin de vous. Et surtout de vos euros ! Oui, amis lecteurs fidèles ou épisodiques, compagnons d’escale ou camarades au long cours, vous avez bien entendu : le sort de CQFD est suspendu à vos poches, aussi dégarnies ou trouées soient-elles – et, peuchère, elles le sont vraisemblablement autant que les nôtres…

Comment une publication aussi rodée à la mouscaille en arrive-t-elle à la pénible extrémité d’appeler ses lecteurs à la rescousse ? Le cri de détresse pour journal sur la paille va-t-il devenir un genre, une discipline enseignée dans les écoles de journalisme, avec ses figures de style et ses trémolos savamment dosés ? Pourquoi la « crise de la presse », qui est une crise d’affairistes pleurnichards et vaniteux, ébranle-t-elle aussi à des degrés divers la quasi-totalité des journaux non marchands, dits « petits » ou « alternatifs », CQFD parmi tant d’autres ?

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Il y a plusieurs explications. La première tient bien sûr à la démobilisation des lecteurs. Depuis notre campagne d’abonnements de 2008, le nombre de nos abonnés n’a cessé de s’effriter, passant de quatre mille à deux mille en cinq ans. Nos ventes en kiosques ont suivi une pente à peine moins rude, avec deux mille exemplaires écoulés aujourd’hui contre trois mille en 2008. Imputable sans doute aux effets cumulés de la lassitude, des fins de mois longues et difficiles et d’une désaffection générale pour la presse papier, cette dégringolade s’avère d’autant plus funeste pour nous que CQFD – encore heureux ! – ne dispose d’aucune ressource publicitaire, capitalistique ou népotique. À la différence d’une feuille moribonde comme Libération, qui peut toujours se blottir dans le giron moelleux d’un Rothschild, biberonner les subventions publiques (2,9 millions d’euros en 2012 [Source : la Direction générale des médias et des industries culturelles (DGMIC). À noter que le quotidien d'extrême droite Présent bénéficie lui aussi de cette manne étatique, avec une subvention de 227'000 euros en 2012.]) ou éditer un sac à pubs en guise de supplément, le mensuel au chien rouge ne peut compter que sur ses lecteurs. Plus précisément : ses lecteurs payants. Car l’audience de CQFD s’étend évidemment bien au-delà de son carré de fidèles solvables, grâce à ses abonnements gratuits pour les détenus et, surtout, à la mise en ligne gracieuse de ses articles sur son site Internet, auprès duquel des foules innombrables viennent avidement s’abreuver chaque mois. Et c’est très bien comme ça. Mais ce serait mieux encore si nos lecteurs sur écran franchissaient le pas jusqu’au kiosque, au bulletin d’abonnement ou à la bibliothèque municipale, au besoin pour exiger haut et fort que CQFD s’y trouve en bonne place, et en plusieurs exemplaires, s’il vous plaît.

La raréfaction des lecteurs « papier » n’a pas qu’une incidence économique. Elle assèche aussi le terreau social dans lequel un journal comme le nôtre puise sa force. C’est parce que ses exemplaires circulent de main en main que CQFD peut multiplier les rencontres stimulantes, obtenir des informations, s’ouvrir des pistes, être là quand ça chauffe, se faire engueuler, trouver de quoi réfléchir, parler, agir, écrire, dessiner, photographier. C’est pour ça qu’on y tient, à notre version papier : pas question de se recroqueviller sur Internet, outil oh combien précieux mais qui dématérialise et finalement dévitalise le rapport d’un journal à sa matière organique. Sans compter que le vacarme des imprimeries et l’odeur du papier, nous, on aime bien.

Seulement le papier coûte cher, de plus en plus cher. L’encre, les rotatives, tous les coûts de fabrication : hors de prix. Et puis, il y a Presstalis. Le géant de la distribution de presse en France, qui taille à grands coups de serpe dans ses effectifs et impose aux kiosquiers des conditions de vente si retorses qu’elles clochardisent littéralement toute une profession. La « crise de la presse » a bon dos. Les ventes s’effondrent, d’accord, mais la faute à qui ? Outre l’indigence de l’immense majorité des publications dont les Unes fétides dégueulent au nez du piéton, la stratégie d’étouffement appliquée aux titres à faible tirage rend de moins en moins attractif le détour par le marchand de journaux. Le cas de CQFD est parlant. En vertu d’une politique commerciale consistant à évincer les petits pour donner encore plus de place aux gros, Presstalis « répercute » sur nous une avalanche de frais dont les modes de calcul écœureraient un capo de la mafia new-yorkaise. Il y a deux ans, nos ventes en kiosques nous assuraient une recette astronomique de deux milles par mois, de quoi couvrir les frais d’impression du numéro suivant. Aujourd’hui, à volume égal, ces ventes ne nous rapportent plus que six cents euros. Même pour nous, c’est peu. Quand tous les canards indépendants auront été virés du circuit, quand les kiosques auront été remplacés par des boutiques Relay exclusivement dédiées aux programmes télé, aux DVD sous blister, aux cours de la Bourse, au péril islamique, aux régimes minceur et aux éditos de Christophe Barbier, sûr que la « sortie de crise » sera enfin au rendez-vous.

D’autres facteurs concourent à notre débine actuelle. L’affaiblissement temporaire des mobilisations sociales se traduit mécaniquement par une forte chute des ventes militantes, qui à d’autres périodes nous revigoraient en petite monnaie et bons moments. Si on ajoute à cela la suspension des regrettées éditions du Chien rouge et des revenus annexes tirés de la vente de nos livres, la faillite de notre diffuseur en librairies, Court-Circuit (huit mille euros dans la vue), et les coups de mou qui résultent inévitablement d’une pareille série rose, on comprendra que nos coffres sonnent creux.

Pour les renflouer à un niveau opérationnel, il nous faut de toute urgence réunir, quoi… dix mille euros ? Cent mille, pour travailler vraiment à l’aise. Allez : dix mille euros, là, tout de suite, suffiraient au bol d’oxygène dont nous avons besoin pour repartir illico presto. C’est jouable, non ? Cinq cents chèques de vingt euros, ou mille chèques de dix, ce n’est pas la mer à boire, si ? Envoyez la monnaie, souquez les euros ! Abonnez-vous si ce n’est déjà fait. Réabonnez-vous si vous hésitez encore. Incitez vos cousins, vos frangines, vos voisins de comptoir et vos compagnons de bordée à faire de même. Nous comptons sur vous. Gros comme une maison, votre élan de solidarité va encore nous saboter notre droit à la paresse pour les dix prochaines années !

CQFD
BP 70054
13193 Marseille cedex 20
Chèque à l’ordre de Rire/CQFD

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 11:59

Qui sommes nous ?

SOUS-LA-CENDRE EST UN OUTIL COLLABORATIF sur le net initié par l’Assemblée Libertaire de Caen, mais ce site internet est indépendant de celle-ci… L’idée est de partager des informations et des ressources locales ou qui viennent d’ailleurs, mais également de permettre aux collectifs, organisations, mouvements de lutte anti-autoritaires locaux de prendre la parole. Vous y découvrirez des infos locales ou internationales (qui nous semblent pertinentes à diffuser) ou encore des textes, analyses politiques, mais aussi des ressources à télécharger (comme des journaux, des tracts, des textes, des revues, des brochures), un agenda des activités locales, un annuaire de sites anti-autoritaires…

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TÉLÉCHARGER LE FLYER

DES COLLECTIFS ET DES INDIVIDU-E-S PARTICIPENT À ALIMENTER CE SITE qui ne cherche pas à offrir une homogénéîté théorique mais à permettre la diffusion de différents points de vue anti-autoritaires (anarchistes, anarcho-communistes, féministes, autonomes, conseillistes, etc.). Cet outil n’est ni l’organe d’un collectif ou d’une organisation, ni l’expression d’un point de vue unique, mais il se refuse à diffuser les textes d’obédiences autoritaires. Sous la cendre, n’a pas été conçu comme un site où la publication est ouverte à tous et toutes, par manque de disponibilité en terme de modération, mais également parce que nous pensons que l’outil informatique à tendance à tendre les relations sociales en les dématérialisant. Les formes « forum » ou « commentaires » que certain-e-s d’entre nous ont déjà expérimentés ont souvent pâti de discussions stériles et agressives qui n’ont souvent d’autres buts que l’autovalorisation de leurs auteurs et rédactrices. Nous sommes malgré tout  contactables via la rubrique « contact » pour nous faire part de critiques ou demander leur publication.

L‘INFORMATIQUE ET LE NET SONT POUR NOUS LOIN D’ÊTRE CES OUTILS ÉMANCIPATEURS que des journalistes ou  certains courants se réclamant du libertarisme vantent. Le fichage y est généralisé, le profilage s’y déploie en même temps que les veilles documentaires économiques et policières. L’expérience vécue par les compagnon-ne-s du Jura libertaire en mai 2011 ou les menaces de poursuites ou les poursuites en cours contre différents Indymédia et Copwatch sont à ce titre éclairantes. Nous ne pouvons que conseiller à ceux et celles qui utilisent ce site de veiller s’il-elle-s le désirent à leur anonymisation. Nous ne souhaitons pas devenir à notre insue de nouveaux citoyens-relais à même de contribuer à l’élargissemment de fichiers déjà existant autour de la prétendue menace anarchiste, ultra-gauche ou autonome. Sans oublier qu’internet contribue activement à l’architecture d’un système capitaliste que nous vomissons. Combien de centrales nucléaires faut-il pour que continue de tourner les flux d’information si chers à nos sociétés marchandes ? Jusqu’où par le bais de ces outils d’espionnage et de marketing le net s’immisce-t-il dans nos vies privées ? En quoi le net contribue-t-il activement à notre atomisation et à la dématérialisation de nos vies au profit de la marchandise ?

NOUS AVONS TOUT DE MÊME CHOISI DE CRÉER CE SITE parce que nous savons que notre désertion de cet espace ne suffirait bien évidement pas à le voir s’effondrer, mais surtout parce nos autres outils de diffusion d’informations et d’analyses plus directs – journaux, revues, espace de discussion, etc. – sont aujourd’hui beaucoup trop limités. Nous espérons même, peut-être naîvement, que ce site puisse contribuer à briser ce rapport immatériel pour propager rencontres plus directes, discussions… et favoriser la réapprioriation d’analyses, d’idées et de pratiques à même de participer à attaquer  l’État et le système marchand.

NOUS SOMMES UN PEU DE LA BRAISE QUI COUVE SOUS LA CENDRE et qui parfois se manifeste. Nous écrivons, luttons, gueulons, nous organisons pour résister à la volonté du capital, de l’État, de leur zélés défenseurs et faux critiques, d’éteindre le feu qui agite ceux et celles que ce monde dégoute. Ce n’est pas que nous voulons mettre ce monde en cendre, mais bel et bien que nous cherchons à  lui en opposer un autre que nous commencons à construire ici et maintenant. Et ce site est un outil parmis d’autres de cette lutte.

Sous la cendre, septembre 2012

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 14:29

“C’est notre cité. Vous avez 5 minutes pour dégager, sinon…”

Des journalistes en reportage dans la cité des Courtillières à Pantin ont été agressés et dévalisés. L’un des deux a porté plainte.

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La cité des Courtillières à Pantin (Seine-Saint-Denis).

“Ici, c’est notre cité. Vous avez cinq minutes pour dégager, sinon on va vous faire mal.” Au moins, le message est clair ! La scène se déroule la semaine dernière à la cité des Courtillières à Pantin (93). Des journalistes des Inrockuptibles sont pris à partie par une bande et victimes de vol avec violences.

Dans un premier temps, un homme à bord d’une Audi blanche vient à leur rencontre. Aussitôt, le ton monte, les journalistes ne sont pas les bienvenus, leur fait-on clairement comprendre. Puis, selon un policier, tout dérape. Plusieurs individus, non cagoulés [sic - NdJL], portent des coups de poing à la mâchoire et au visage de l’un des journalistes, puis lui dérobent des documents personnels et sa carte de presse.

Pour l’heure, le journaliste agressé a porté plainte. La police de la sûreté départementale est saisie de l’enquête.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Armel Mehani, LePoint.fr, 28 janvier 2013)

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27 janvier 2013 7 27 /01 /janvier /2013 12:08

anniversaire deux ans

Et voilà, encore une année passée.

Le bilan de celle ci est toujours très positif: de nouveaux contacts, de nouveaux articles, de nouveaux outils mis en place, une approfondissement des analyses et du travail politique entrepris. En terme d’audience, Feu de Prairie a largement progressé. Nous avons eu 4300 à 8300 pages lues par mois, et en moyenne environ 3500 visiteurs uniques par mois. Nous avons également publié plus de 800 articles et approchons de 100 000 lectures, avec une bonne avancée à l’étranger. FdP a été diffusé (à notre modeste échelle) sur les murs, dans les rues, à la radio…, pour innover.

Nous republions ce que nous disions l’an passé car cela est toujours valable: « Nous espérons que cette année sera aussi bonne que celle qui vient de se terminer, et peut-être verra-t-elle un saut qualitatif et quantitatif… Vous avez été nombreux à nous envoyer des mails et des commentaires de soutien. Pour aller plus loin, n’hésitez-pas à vous impliquer si vous lisez ce blog, en nous envoyant des articles, des images, des musiques et des informations que vous aimeriez voir apparaître. Toute contribution sera la bienvenue. Qui plus est, il est gratifiant d’écrire quand on sait que l’on sera lu et que l’on aura des retours! Notre collectif reste ouvert à tout type de travail avec des gens se reconnaissant dans notre base politique et nos productions.

Merci à ceux et celles qui nous suivent, et à ceux et celles qui ont contribué au projet. Merci aussi à tous les autres sites, collectifs, groupes de travail, réseaux militants, qui font avancer le mouvement ici et ailleurs. En avant vers le combat, et demain peut être, vers la victoire!

FdP crew

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A L’Assaut Du Ciel!

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Celui Qui Ne Connaît Pas L'histoire Est Condamné À La Revivre.