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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:53

[22 juin 2012]
Désolé

Je demande pardon à toutes les filles de ma classe que j’ai insultées de thons à la catalane qui sont devenues des avions de chasse, les temps changent les gens changent donc j’ai changé… Métamorphosé sans le vouloir, j’ai compris que se faire respecter sans le Uzi mitrailleur est une force.

Dix ans de chasteté comme sœur Marie-Thérèse LOL enfermé dans un couvent sous haute surveillance où à chaque poignée de main tu vérifies si la main du voisin est plus sale que la tienne « on est des bons avocats et de mauvais juges pour nos fautes » j’ai été crucifié en promenade par le procureur de la République pour une vingtaine de banques…

Texte de trentenaire prends mes écrits pour une dernière sommation car je suis venu j’ai vu et j’ai perdu, il y a rien à voir dans une chambre à gaz, ceux qui ont vu ne s’en sont jamais remis, désolé de réveiller ta conscience d’inconscient mais je te souhaite pas les 4 heures du matin à poil au mitard tabassé par des sosies de Hitler… Je dois ma vie seulement au fait qu’ils m’ont sous-estimé j’ai fait le mort pour rester en vie.

Je postule pour le paradis même si j’ai plus de péchés que toute la ville de Washington aucune pluie pourra laver mes fautes LOL qui tente rien n’a rien, je demande pardon à tous les billets de banque que j’ai offerts à des faux frères qui me les ont rendus en parlant dans mon dos.

Je suis black mais j’ai les idées claires dans le noir tu vois que mes dents si je souris mais comme je suis pas d’humeur je te casse les dents dans la pénombre je te demande pardon mais c’est un réflexe en hommage à nos derniers combattants tirailleurs en première ligne.

Quand je me regarde je m’inquiète mais quand je me compare je me rassure. Je suis rancunier à vie mais j’ai mal au ventre quand je dis salam à la mère d’un mec que j’ai crossé dix minutes avant.

Malgré les dommages collatéraux que j’ai pu apporter je demande pardon à tous les gens à qui j’ai causé du tort de près ou de loin. Reconnaissance tardive mais sincère prenez et acceptez ma repentance de trentenaire.

Ne prends pas ce texte pour une faiblesse j’ai eu plus de mal à le faire que le coup de crosse que je vais te mettre si tu veux me tester.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuitsur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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Published by coutoentrelesdents - dans BROCHURES PRISON
4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 10:39

[18 juin 2012]
Dans la peau d’un maton

En moyenne tu as 30 piges après avoir loupé ton entrée chez la police pourtant dévoué pour la patrie chômeur de longue durée tu postules pour la trentième fois à un concours bingo tu es pris enfin à ta plus grande surprise trois semaines de stage et te voilà surveillant trois semaines pour confirmer ton intégration à la pénitentiaire on t’a appris comment régler les problèmes que la société n’a pu régler, trousseau de clés à la ceinture te voilà plongé dans l’univers carcéral, tu ne peux plus reculer, tu voulais servir la société te voilà servi, chaque cellule que tu ouvres te confronte à un drame un écorché vif une personne pas un numéro d’écrou pourtant on t’avait dit de laisser tes convictions de côté pour exercer un boulot formaté comme un robot sans âme.

Brisé ta femme ne peut comprendre ton désarroi donc le fossé se creuse certains de tes collègues prennent plaisir à humilier déshumaniser parlent des détenus comme du bétail des microbes le cul entre deux chaises entre ta morale et ton boulot.

7 heures du matin à l’ouverture d’une cellule tu trouves un détenu pendu à sa fenêtre un choc tu réalises que tout ce qu’on t’avait appris était faux que les numéros d’écrou sont des êtres humains bel et bien vivants à partir de ce jour tu te fais la promesse de faire ton taf avec considération envers ceux que tu gardes.

Deuxième cas de figure plus contestable :

La cinquantaine, vie de famille pitoyable inexistante femme et enfants t’ont quitté trouve refuge dans l’alcool le FN tu es adhérent le travail de surveillant pénitentiaire est le boulot idéal pour exercer et déverser ta haine sur les autres cinquième tentative de suicide tu excelles dans les fouilles qui te procurent jubilation souiller détruire le bien de ceux qui ont déjà plus rien, mais pour toi c’est déjà trop, tu organises des passages à tabac impunité totale couvert par tes supérieurs qui ne veulent pas que tout ça s’ébruite je compte plus les décès causés direct ou indirectement par des agents.

Troisième cas :

Parents étrangers mais tu es né ici donc Français chômeur chômeuse depuis toujours discrimination à l’embauche tu es victime, tu vois une annonce à la TV pour devenir surveillant pénitentiaire tu postules pour devenir fonctionnaire du système qui te discriminait jadis, mais tu crois dur comme fer que en les intégrant tu vas faire évoluer changer les mentalités qui existent depuis toujours.

Tu portes l’uniforme comme on porte un treillis.

Tes premiers pas de maton sont mal vus mal vécus par tes proches et ta famille, tu es vu comme un traître un vendu tu es accusé de pactiser avec le diable, tu te fais insulter par les détenus de porte-clés, ton intention en entrant dans la pénitentiaire était bonne mais tu as sous-estimé l’ampleur des dégâts.

Incompris sous tension tu rends les coups que l’on te donne.

Une fois de plus tes origines te ramènent à ce que tu es vraiment un fils d’immigrés quel que soit ton déguisement LOL.

Impro : Mardi gras n’a lieu que une fois par an, fonctionnaire quelle que soit ta fonction parle-nous sur un autre ton y a pas de sous-métier OK OK donc pas de sous-homme menotté ou pas respecte-moi.

Texte volontairement à charge caricature de ma réalité… Vis nos vies et tu changeras vite d’avis.

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Published by coutoentrelesdents - dans PRISON LUTTES
30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 10:45

Du Son Contre La Prison est un événement organisé par un collectif informel anti-carcéral.

Le concert aura lieu le samedi 4 mai 2013 à partir de 20 heures à Ursa Minor à Saint-Étienne avec :

SINGE DES RUES
PREMIÈRE LIGNE
LES ÉVADÉS
et des mix

Il sera retransmis en direct sur plusieurs radios associatives afin que les prisonniers et prisonnières puissent le suivre de 21 heures à minuit.

Envie que ça nique la censure, que ça existe en dehors du bon vouloir de l’administration pénitentiaire et de son contrôle, envie de gueuler notre haine de ces murs et notre solidarité aux prisonnier.es…

Concert retransmis en direct sur Radio Dio 89.5FM à Saint-Étienne et sur une vingtaine d’autres radios associatives locales, afin d’être entendu dans les prisons.

plus d’infos

Faites tourner l’info dans votre ville !

Où ?
Ursa Minor – Site Mosser
11 rue de l’Égalerie
quartier Bellevue
St-Étienne

Entrée : 5euros + adhésion prix libre

Contact

Radios qui retransmettent le concert et prisons couvertes :

ARRAS – Radio PFM 99.9FM (MA Arras)

BESANÇON – Radio BIP 96.9FM (MA Besançon)

BRUXELLES – Radio Panik 105.4FM et Radio Air Libre 87.7FM (Prisons de Forest et
Saint-Gilles, Berkendael)

COMPIÈGNE – Radio Graf’Hit 94.9FM (MA Compiègne)

GRENOBLE – Radio Kaleidoscope – 97FM (MA Varces, Centre Semi-Liberté St-Bruno)

GENÈVE – Radio Usine (web radio, ne couvre aucune prison)

LILLE – Radio Campus 106.6FM (MA Séquedin, MA Douai, CP Annœulin ?)

LYON – Radio Canut 102.2FM (MA Corbas, EPM Meyzieu)

MARSEILLE – Radio Galère 88.4FM (MA Les Baumettes, Tarascon, Luynes, Centrale
d’Arles, EPM Marseille)

MONTPELLIER – Radio FM + 91FM (CSL Montpellier, MA Nîmes)

PARIS – Fréquence Paris Plurielle 106.3FM (MA Bois d’Arcy, Nanterre, Fresnes,
Fleury-Merogis, La Santé, Villepinte, Versailles, Osny, Centrale de Poissy)

RODEZ – Radio Temps 95.5FM (MA Rodez)

ROUEN – Radio HDR 99.1FM (MA Bonne Nouvelle)

SAINT-ÉTIENNE – Radio Dio 98.5FM (MA La Talaudière)

SAINT-GIRONS – Radio La Locale 97.3FM (MA Seysses)

SUD – Radio Zinzine – MA Luynes (88.1FM), MA Digne-les-Bains (95.6FM), MA Gap
(106.3FM)

TOULOUSE – Canal Sud 92.2FM (MA Seysses, Montauban, CD Muret, CRA Cornebarrieu)

TOURS – Radio Béton 93.6FM (MA Tours)

VALENCE – Radio Méga 99.2FM (MA Valence)

ZAD de Notre-Dame-des-Landes – Radio Klaxon

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT PRISON MUSIQUES
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 10:47

[12 juin 2012]
Famille de détenu

Je connais des gens qui souffrent et subissent plus que les détenus c’est leurs familles.

Le jour de ton interpellation tu as pris en otage toute ta famille otage de la douleur otage du manque souffrance injuste injustifiée vu qu’ils n’y sont pour rien et ne parlons pas de celle qui t’aime elle restera inconsolable jusqu’à ta sortie, même si elle ne se plaint pas lors de ses visites au parloir. Certains ont laissé dehors femme et enfants à l’abandon tragédie des temps modernes.

Sèche tes larmes de fils sur les manches de la tunique d’une mère effondrée à la vue de son fils menotté, mais devant toi elle fait bonne figure. Ta femme se met du fond de teint juste avant d’entrer dans la prison pour cacher ses cernes accumulés causés par ses nuits blanches passées à pleurer, en la serrant contre toi tu ressens sa détresse trahie par les battements de son cœur.

T’as kiffé la dounia (la vie) vécue dans l’excès au détriment de ta famille. Tu t’enfumes le cerveau pour oublier mais les photos de ton fils qui ornent les murs de ta cellule te ramènent à ta souffrance, t’as mal puisque tu leur as fait mal.

Certaines familles se brisent en éclats ne se remettent pas devant l’absence, des problèmes enterrés refont surface et ça explose, certaines femmes de détenu ne tiennent pas, le bruit des clés les portes qui claquent hantent leurs cauchemars, épreuve trop dure à supporter… Trop facile à juger vu de loin personne peut en vouloir à quiconque de craquer face à l’épreuve, enferme-toi dans tes toilettes une semaine et sors que deux fois par jour une heure et tu comprendras l’agonie de la prison, encaisser les parloirs sous haute surveillance regardé scruté disséqué sous tous les angles alors que tu es coupable de rien c’est pas évident à supporter.

Y a des familles qui tiennent que la douleur soude solidifie et ne forment qu’un et en sortent grandies car tout passe y a que les murs qui restent en prison. C’est trop facile à dire quand tu es détenu et que tu as pas le choix que d’effectuer ta peine, mais si on avait eu le choix de venir voir un proche régulièrement je suis pas sûr que tous les détenus le feraient.

J’ai toujours été en admiration face aux familles que je vois en masse au parloir le week-end qui rendent visite à leurs proches depuis des années sans se plaindre, payer alors que l’on n’a rien commis, leur seul tort c’est d’aimer un proche plus que tout au monde.

On leur rend rarement hommage à ces guerriers guerrières de l’ombre que rien n’arrête même pas le temps les années, ils acceptent leur drame par amour c’est la plus grande preuve d’amour c’est incontestable.

C’est toutes ces familles toutes ces sœurs tous ces frères toutes ces femmes de courage qui nous donnent la force de ne pas plier.

Courage et respect à toutes ces familles y a que les murs et les matons qui restent en prison.

Après la pluie le soleil ça c’est sûr.

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Published by coutoentrelesdents - dans PRISON LUTTES
25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 09:07

[8 juin 2012]
Centre de rétention

Qui t’a dit que j’avais la mémoire courte ?

Le 8 juin 2001 j’ai été victime d’une caméra cachée réelle et onze ans plus tard j’attends toujours que les caméras sortent de leur cachette et qu’ils me disent que c’était une blague mais bon je crois que je peux les attendre longtemps LOL.

La loi du talion tu connais ou quoi ? Si tu connais pas dans le meilleur des cas prépare-toi une chaise roulante… Moi j’ai opté pour la vendetta psychologique heureusement qu’ils ne peuvent pas accéder aux informations qu’il y a dans ma tête sinon j’aurais pris la perpétuité.

J’me prends pas pour ce que je ne suis pas je ne suis qu’un spermatozoïde à la base mais j’ai gagné le sprint final contre des milliers de dalleux donc à ce titre je demande le respect LOL.

8 juin 2001 ma vie va prendre un nouveau tournant j’avoue je m’y attendais pas je venais d’effectuer plus de deux ans à la maison d’arrêt d’Osny (95) content de retrouver ma liberté mais c’était sans compter sur les lois racistes de ce pays l’une d’elles s’appelait à l’époque « la double peine » ça consistait à que si un étranger commettait un délit en France dès qu’il avait fini sa peine on le raccompagnerait dans son bled et devinez qui a eu la chance de bénéficier de cette promotion ? LOL.

À peine 20 piges et en deux temps trois mouvements une voiture de police escortée par deux motards me jette dans un centre de rétention comment vous expliquer sans exagérer. Là-bas c’est pire que la prison on y parque des humains considérés comme choses sans valeur parce qu’ils ne viennent pas de la patrie moi je pensais que les camps c’était fini que Hitler après son K.-O. technique de la seconde guerre mondiale ça n’existait plus.

Souvent situé à deux pas d’un aéroport à l’abri des regards les gens sont séparés par couleur de peau on m’a forcément mis dans le bâtiment des blacks. J’avais oublié ma langue natale à force de manger au McDonald’s LOL j’évoluais au milieu de clandos purs et durs. J’comprenais pas un mot de ce qu’ils me racontaient dans le meilleur des cas je tombais sur un anglophone je comprenais rien non plus mais reconnaissais quelques mots que ma prof d’anglais nous avait appris avant de se couper les veines LOL mon survêtement Lacoste faisait tache ici les gens jouaient leur vie pour accéder de l’autre côté de la rive. Des hommes qui étaient venus chercher ce qui leur revenait de droit alors que moi j’étais là pour avoir joué aux gendarmes et aux voleurs avec la BAC. J’avais perdu la réalité de la vie et là elle me sautait aux yeux on avait la même couleur de peau mais eux étaient prêts à donner leur vie pour être à ma place. J’avais oublié un instant la provenance de nos parents à force de boire du Nesquick au petit déjeuner… J’avais zappé que pour la plupart des habitants de la douce France je n’étais qu’un Africain qui grattait le ticket de cantine de leur fils.

Au bout d’une semaine de cauchemar comme j’avais l’un des meilleurs avocats du 78 il m’a évité le charter pour l’expulsion on verra plus tard LOL. L’État français a même été condamné par la Cour européenne pour ce châtiment gratuit. Cette fameuse loi de double peine a été abolie par un certain Nicolas Sarkozy c’est là que j’ai compris que le dicton on guérit le mal par le mal était bien vrai LOL.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 14:37

[6 juin 2012]
Cadeau pour les insomniaques…

ZONZON

Ne tourne pas le dos à ton ennemi sinon c’est faute professionnelle la prison ne fait plus peur car la cité a été délocalisée en cour de promenade 80 % des jeunes de ma rue ont foulé le béton dur de la maison d’arrêt et les vingt autres pourcents c’est juste qu’ils n’étaient pas là au moment des faits LOL. Des gladiateurs que des mâles dominants ça bombe le torse pour montrer sa virilité chaque manque de respect est réglé sous le préau assure-toi d’avoir une bonne équipe sinon c’est pire que sur Street Fighter oublie le tête-à-tête c’est dix sur toi le seul règlement, c’est qu’il n’y a pas de règle sèche tes larmes à l’infirmerie « la prison c’est dur mais la sortie c’est sûr » OK OK je veux bien mais à quel prix ? Sortir fou ou mutilé un conseil fais pas le fou tu tomberas sur plus fou que toi donc serre les rangs prouve-toi à toi-même que tu n’as rien à prouver aux gens cellule insalubre douche glauque univers sordide reprends ton souffle dans les courriers de tes proches les mandats cash t’assurent un meilleur confort ils t’évitent de manger la gamelle au jus de chaussettes si tu veux pas qu’on parle de toi raconte pas ta vie à tout l’monde à trois dans neuf mètres carrés ça évolue l’un sur l’autre parfois l’un dans l’autre je LOL mais pourtant ça existe mais bon chacun ses penchants sexuels on est en démocratie nan ? MDRR un jour lors de la fouille d’une cellule voisine les matons trouvent trois godes planqués dans un oreiller beurkkkkk beaucoup ont viré de bord à l’ombre du show-bizness ça devient bi voire tri LOOL toute la misère de la France est concentrée dans ces geôles de la République, j’ai même vu des travestis plus féminines que Marilyn Monroe talons hauts et maquillés comme une voiture volée de dos on aurait dit un mannequin et de face c’était Garou PTDR. Aucun fond de teint ne pourra changer un homme en femme la zonzon expérience de vie unique que je ne souhaite à personne pourtant les juges et procureurs mériteraient de faire un p’tit stage pour voir dans quelles conditions vivent ceux qu’ils y enferment.

Ma vie est bloquée depuis dix ans eh ouais ma gueule dix piges et toujours fidèle à mes convictions mon passé fait partie de moi j’assume tout même mes faux pas car c’est souvent quand on a manqué d’oxygène qu’on s’aperçoit que rien ne vaut l’air pur même si la première liberté est dans la tête donc je suis libre même entre quatre murs.

Une pensée pour tous les enfermés et leurs familles.

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES PRISON
23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 11:55

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[6 juin 2012]
Fouille

VENDREDI 7 heures du MAT. Fouille musclée dans ma grotte. Dix matons et trois heures plus tard, ils ressortent bredouilles.

Normal avant même qu’ils aient eu l’idée de se concerter pour venir me fouiller je les attendais déjà. Je reste à l’affût, sur mes gardes face à mes gardes. Prends garde à toi si tu les sous-estimes ils n’ont aucune limite car tu n’es qu’un numéro d’ÉCROU.

Méfie-toi de l’eau qui dort ou tu risques de dormir dans l’eau.

Dix ans d’expérience malgré moi, forgé, rodé à déjouer leurs attaques. Ils peuvent te piquer à toute heure. Baisse ta garde et c’est au mitard que tu vas compter les moutons pour t’endormir. Dormir est un bien grand mot, tu vas méditer sur tes erreurs pourquoi ils t’ont eu comme un bleu.

Ne cherche pas à avoir du matos (téléphones, puces, chargeurs) si t’as pas la planque qui va avec. T’as neuf mètres carrés pour trouver où dissimuler ton I-PHONE 4. Fais travailler ton imagination, invente, ose. Plus c’est fou et moins ils trouveront. Et surtout quand t’as trouvé garde-le pour toi car les murs ont des oreilles. En prison, même ton ombre te balance pour avoir un parloir supplémentaire. C’est chacun sa merde et Dieu pour tous au milieu des peines à deux chiffres. Tu es en prison pour avoir enfreint la loi, ça tombe bien là-bas il n’y a pas de loi. Derrière un SALAM peut se cacher la plus grosse donneuse de l’établissement. Oublie la fiction les films que tu vois à la télé en prison y a pas de mentale qui tienne. Les mecs marchent au bénef y a rien sans rien. Ils te vendent pour une bouchée de pain. Hé ! ouais le baggy ne fait pas la caille-ra. En prison y a que des hyènes. Même un mec bien devient une hyène, c’est la seule solution pour sortir entier.

Ne fais confiance qu’en tes baskets car après une fouille musclée c’est toujours la faute à personne. Alors que c’est tout l’monde.

Derrière chaque regard peut se cacher l’auteur de la lettre anonyme. Parfois même les matons ne connaissent pas l’identité de l’expéditeur ÇA S’APPELLE UN COUP D’CRASSE !!!

Que Dieu me préserve de mes amis, mes ennemis je m’en charge. Texte cru comme mon quotidien de prisonnier.

NIQUE LA CENSURE. Ce que tu lis, ce n’est que pure vérité.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/04/046.jpg

TÉLÉCHARGER LA SIXIÈME BROCHURE DE LA CHRONIQUE

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Notice

« Les Noirs veulent plus que les Blancs : voilà le cœur d’un problème insoluble, ou soluble seulement avec la dissolution de cette société blanche. Aussi les Blancs qui veulent sortir de leur propre esclavage doivent rallier d’abord la révolte noire, non comme affirmation de couleur évidemment, mais comme refus universel de la marchandise, et finalement de l’État. Le décalage économique et psychologique des Noirs par rapport aux Blancs leur permet de voir ce qu’est le consommateur blanc, et le juste mépris qu’ils ont du Blanc devient mépris de tout consommateur passif. Les Blancs qui, eux aussi, rejettent ce rôle n’ont de chance qu’en unifiant toujours plus leur lutte à celle des Noirs, en en trouvant eux-mêmes et en en soutenant jusqu’au bout les raisons cohérentes. »

Guy Debord, Le Déclin et la Chute de l’économie spectaculaire-marchande (brochure de 1966 sur les émeutes de Los Angeles de 1965)

Incontestablement, l’année 2011 marquera à jamais dans l’histoire du monde la date phare du grand réveil des pauvres et des opprimés, partout galvanisés par cette première victoire que fut la chute soudaine du clan mafieux-policier qui vampirisait ouvertement la Tunisie. Ce que le spectacle a fallacieusement qualifié de « printemps arabe », pour pouvoir mieux le circonscrire dans le temps et dans l’espace, n’en est pas moins un simple épisode d’une révolte globale, commencée en 2005, « année du Dragon » prolétarien en France et en Chine, poursuivie notamment par les luttes de masse des migrants clandestins d’Europe et d’Amérique, ainsi que par une vague planétaire d’émeutes de la faim, et qui dès 2011 atteignait, entre autres pays « arabes », le Burkina Faso, le Sénégal, l’Espagne, le Sin-Kiang, et parvenait même à porter le feu au plus près du Saint des saints de la Phynance mondialisée, quand les insurgés de Hackney et de Tottenham anéantirent à jamais le flegme proverbial des spéculateurs anthropophages de la City de Londres. Ainsi, de la France de 2005 à l’Angleterre de 2011, c’est le cœur même de la vieille Europe impériale — de cette soi-disant « civilisation » raffinée qui serait mère de la démocratie, de la liberté, des droits de l’homme, quand elle n’est que barbarie fondée sur la conquête brutale, l’esclavage, le despotisme — qui se voit menacé par la montée de la violence révolutionnaire, elle-même produit de la montée de la violence économique et sociale du système.

Pour étouffer cette menace si terrible et si proche, le spectacle doit donc d’abord en fabriquer l’image négative, la représentation-repoussoir devant générer la peur et la haine de la « majorité » du « peuple » — c’est-à-dire en fait des petits propriétaires croyant avoir encore quelque privilège à perdre, les malheureux ! On a ainsi mis en avant, alors que la figure de l’Arabe terroriste commençait déjà à se dissoudre, rongée par l’expression sourde du doute et du mépris, une image nouvelle, née plus ou moins spontanément des tréfonds négriers du système capitaliste : le voyou noir à capuche, archétype du sauvage moderne, de cet autre inquiétant, sans foi ni loi, sans nom, sans visage même, avide de toute cette misérable pacotille qu’on lui fait miroiter, incapable de s’exprimer autrement que dans un sabir maladroit, dont on se moque, objet aussi de savantes controverses juridico-théologiques (dernières en date : est-il licite de l’emprisonner pendant des années sur simple dénonciation anonyme ? 2010-2011, cas des frères Kamara de Villiers-le-Bel — et de l’abattre sans motif ? 2012, cas de Trayvon Martin, en Floride) — et qui pour comble, s’est infiltré aujourd’hui dans toutes les capitales du Vieux Monde, pour y troubler la décence commune sinon l’ordre public. Que faire ? Voici résumée la vision bourgeoise du monde, à laquelle adhère encore une importante minorité des populations d’Europe, et que de très actifs militants, à la base comme au sommet, s’emploient à défendre — contre vents émeutiers et marées insurrectionnelles, perçus comme autant de sombres présages de la barbarie qui vient, et qui en réalité sont les flammes qui doivent dévorer toutes les tristes ruines de la barbarie qui s’en va.

Mais n’y a-t-il pas, tout de même, au moins une part de cruelle vérité dans ce dangereux et ténébreux personnage, aussi caricatural soit-il ?, se plaît-on à rétorquer aussitôt, et d’évoquer telle ou telle scène hideuse et tragique, tout en sachant pertinemment qu’elle n’est qu’une représentation partielle de la réalité : ainsi en France, ce très médiatisé « gang des barbares » dirigé par une indéniable brute à la peau noire, dont la monstrueuse bêtise est bien attestée par son inébranlable conviction de pouvoir s’enrichir en s’en prenant au premier juif venu (alors que nul n’est censé ignorer que les Français de souche blanche et catholique ont eux-mêmes dû renoncer, il y a deux tiers de siècle, à cette tradition héritée de leur Moyen Âge), et qui permettait à un crevard d’écrivain, fier auteur d’un gros livre prétendant reconstituer ce sordide fait divers [Morgan Sportès, Tout tout de suite, paru en août 2011 aux éditions Fayard], de faire sa tournée de promotion en travestissant son monstre de foire en quasi-porte-parole des émeutiers d’Angleterre [Ainsi dans un entretien donné à l’AFP en août 2011, repris par divers titres de presse : « Ces gosses n’ont aucune empathie. Ils sont tous soudés par l’obsession morbide du “tout, tout de suite” […] “Tout, tout de suite”, [c’est aussi] ce qui motive les spéculateurs financiers et les jeunes émeutiers anglais. Au vu de cela, mon livre est d’une brûlante et terrifiante actualité… »].

Eh bien, oui ! Ces noirs barbares, ces sauvages modernes existent, et menacent en effet l’ensemble des « principes » et des « valeurs » de ceux qui hier s’imaginaient invincibles conquérants « civilisateurs » du monde, et aujourd’hui s’imaginent dernier carré des défenseurs du monde « civilisé » — cet ensemble de « principes » et de « valeurs » qui n’est rien d’autre que le mensonge permanent qui couvre l’irrépressible sauvagerie qui réside au cœur du monde capitaliste. Qui peut s’étonner qu’un système barbare produise des barbares ? La vérité, c’est que ce système ne produit que des barbares ; et pour qui se prennent-ils ? Est-ce l’autoproclamé « gang des barbares » qui en France s’est enrichi sur la peau des juifs, ou ne serait-ce pas plutôt la respectée famille Schueller-Bettencourt ? Qui est vraiment le cannibale de qui ? Les pauvres, ou les riches ?

C’est, certes, une vérité cruelle, qu’en France comme en Angleterre, des hommes encore qualifiés de barbares ou de sauvages, et massivement destinés, comme chacun sait, aux corvées les plus pénibles, soient dès leur plus jeune âge oubliés, méprisés, soupçonnés, contrôlés, insultés, humiliés, et dès lors qu’ils osent se révolter, matraqués, enchaînés, enfermés, parfois impunément assassinés. Et si l’un de ces révoltés tente malgré tout de prendre la parole, pour expliquer lui-même — sans sociologue ni journaliste pour lui tenir la main — le sens de sa révolte, il sera bâillonné.

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Interview clandestine de l’auteur, depuis la prison

Preuve en est, irréfutable, cette Chronique de Youv derrière les barreauxdont nous entamons ici la republication — avec l’autorisation de son auteur — en une série de brochures (l’œuvre étant encore en cours de rédaction) : ces « chroniques » se présentent en effet comme autant de clandestines bouteilles à la mer jetées par un de ces naufragés de la société, échoué depuis de longues années entre les quatre murs d’une cellule de neuf mètres carrés (pour deux, la norme), originellement publiées sur un compte Facebook du même nom, en flagrante infraction de tous les règlements carcéraux, puisque librement postées sur le réseau grâce à un de ces satanés téléphones hi-tech qui entrent désormais en prison presque aussi facilement que les savonnettes de haschisch. C’est donc probablement sur demande expresse de l’Administration Pénitentiaire que les gestionnaires de Facebook ont censuré les soixante-treize premières chroniques, en fermant tout simplement le compte, trois mois après sa création. Quelques internautes partisans de la liberté d’expression ayant été, comme c’est heureusement l’habitude, plus rapides que les censeurs, ont pu sauver cette première série de chroniques de l’autodafé — lui aussi hi-tech — tranquillement ordonné par l’État français : qu’ils en soient tous ici chaudement remerciés (spéciale dédicace au site val-fourre.com des pionniers d’Express D, que connaissent déjà tous les amateurs de rap digne de ce nom). N’ayant nous-mêmes aucune confiance en l’avenir immédiat de la liberté d’expression sur Internet (car il est clair maintenant que les ennemis de la révolution s’apprêtent à commettre, en toute légalité, un autodafé multimédia à l’échelle planétaire du réseau), nous nous sommes dit qu’il fallait au plus vite mettre à l’abri de ces aléas bureaucratico-technologiques un témoignage aussi important pour la juste compréhension de la révolte radicale de cesprésumés « nouveaux barbares » qui font suer de peur, de haine et de mépris tous les bourgeois d’Europe, en en établissant une édition correcte [Nous avons donc, pour la commodité de la lecture, corrigé les « fautes » dites « d’orthographe et de grammaire » commises par l’auteur, la graphie du texte original ayant été assez malmenée par l’incompétence unanimement dénoncée de l’Éducation dite scandaleusement « prioritaire », et bien sûr par les conditions d’oppression qui ont présidé à sa rédaction et à sa publication clandestine. (Inutile de citer aucun de tous ces faiseurs de phrases et de livres inutiles, qui n’ont pas tant de bonnes excuses, et qui ne font guère mieux, comme le savent toutes les miséreuses qu’ils exploitent à la tâche à domicile au salaire minimum — comme les petites couturières d’antan  dans leurs services de correction.) Hormis ces détails, nous ne nous sommes permis aucune modification  tout le monde peut d’ailleurs aller vérifier en quoi consiste notre travail en comparant notre édition au texte original disponible sur Internet.], imprimable par tout un chacun pour être diffusée sur support papier, durabilité maximale, cent pour cent garanti contre leurs coupures d’électricité. Pour réussir ce qu’ils veulent, il faudra donc bien qu’ils se remettent à brûler des livres, et qu’ils achèvent ainsi de montrer ce qu’ils sont en réalité.

Comme le titre déjà l’indique, l’auteur — qui doit évidemment rester anonyme, sous peine de mitard et autres tortures ou sanctions administratives — ne se prétend pas innocent des faits pour lesquels il a été condamné, et en assume aussi bien la violence que les désastreuses conséquences pour lui-même et ses proches. Âmes sensibles s’abstenir ! Ce qui suit n’est pas un récit de fiction (quoique ces chroniques pourraient fournir à notre avis la base d’un scénario de film à la hauteur de ce qui se fait de mieux aux États-Unis), mais la dure réalité : celle d’un jeune pauvre de cité — l’énorme Val-Fourré, véritable chaudron du négatif qui bout depuis plus de vingt ans dans la lointaine banlieue ouest de Paris — qui n’était pas d’accord pour se contenter de ce qui lui était permis, pas grand-chose, et qui après avoir légitimement protesté à coups de cocktails Molotov dans la sale face des flics — première incarcération —, n’a plus vu d’autre solution que de prendre les armes pour espérer pouvoir un jour se bâtir le palais de ses rêves, pour y mener sa belle et y vivre l’amour. Un tel objectif peut sans aucun doute être critiqué, et surtout pour l’image de la femme qu’il véhicule, vraiment trop désuète à notre opinion ; mais qui voudrait le mépriser pour cette raison ou pour une autre, au point de faire comme s’il n’existait pas, ne prouverait que sa complicité objective avec la censure carcérale — un domaine où s’ouvrent d’intéressantes perspectives d’emploi, depuis que s’infiltrent partout ces satanés téléphones…

La toute première de ces chroniques a été publiée sur Facebook le 16 août 2011 ; ce n’est sûrement pas une coïncidence si ce jour-là, la vieille Angleterre contemplait scandalisée les ruines et les cendres de tout son décorum de bonheur et d’abondance, explosé par une semaine d’unité d’action de la même jeunesse rebelle, et ressortait ses vieilles griffes et ses vieux crocs sous l’aspect d’une ignoble chasse aux pauvres, au faciès, qui devait en expédier des milliers en prison, pour leur apprendre le respect de Dieu qui sauve la Reine. La voix de notre chroniqueur apparaît ainsi comme la réplique immédiate et durable, et d’autant plus cinglante que même le régime carcéral reconnu le plus dur d’Europe se montre incapable de l’étouffer, aux criailleries médiatiques de l’habituelle basse-cour d’experts et de spécialistes mobilisée pour expliquer que puisqu’on n’entend pas parler cette jeunesse rebelle, c’est donc qu’elle ne sait pas parler, et donc qu’il faut parler à sa place, pour conclure que décidément, tout prouve que ces barbares sont des barbares. La bonne société civilisée devait par conséquent faire taire cette voix qu’on n’entend pas, pour qu’on ne l’entende plus : ce qui fut tenté le 24 novembre 2011. Le soir même était publiée une soixante-quatorzième chronique, sur un autre compte Facebook (« Chronique de Youv derrière les barreaux n° 2 ») toujours actif à ce jour, démontrant une fois de plus que le système est incapable de maîtriser certaines conséquences imprévues de son propre « développement » — technologique, mais surtout social : car il y a bien quelqu’un à l’autre bout de ce satané téléphone. Répétons que ce récit n’a rien de fictif : au contraire, il prouve à quel point ce qui est vraiment fictif, c’est la merveilleuse vitrine de ce monde en toc, que les révolutionnaires s’emploient partout à fracasser. À bas la société spectaculaire-marchande ! [Slogan du Conseil pour le Maintien des Occupations, en Mai 68]

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Petite pub faite pour la Chronique n° 2

Il nous faut enfin préciser, à l’attention des arriérés à qui cela pourrait gâcher le plaisir de la lecture, que le héros de ces chroniques est noir, et musulman. Ces deux maladies honteuses, dont la seconde présente assurément un meilleur pronostic que la première, n’ont pourtant ici qu’une seule origine : leur porteur est né avec il y a moins de trente ans en Mauritanie, juste après que cette « République islamique » prétendue « indépendante », devenue pilier de la pseudo-« lutte antiterroriste » dans le Sahara, eut été le dernier pays au monde à abolir l’esclavage, en 1981. Il est vrai que l’on attend toujours la parution du décret d’application de cette loi d’abolition ; mais il reste que nul n’est censé ignorer la loi : tout le monde sur cette planète peut et doit exercer son droit inaliénable à la dignité d’homme libre. L’auteur de cette Chronique de Youv derrière les barreaux l’aura au moins tenté, lui.

Juillet 2012
Éditions Antisociales

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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 15:02
Laurent Jacqua | Ecrivain et militant

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La mort lente dans un cercueil en béton ou s’arracher avec un calibre, le choix est vite fait. Il n’y a aucune perspective, aucune chance pour les détenus condamnés à de longues peines. On ne peut pas accepter ce sort de « mort vivant ».

MAKING OF
Laurent Jacqua, écrivain et militant, a passé 25 ans en prison – il est sorti en 2010, suite à une compression de peine. Quand je l’avais interviewé sur le choc technologique des ex-taulards qui sortent d’une longue peine, il avait évoqué l’une de ses évasions de prison. Il a voulu expliquer, suite à l’évasion de Redoine Faïd, ce qui pousse un détenu à s’échapper. « C’est un droit », affirme-t-il. Emilie Brouze

Je suis rentré en prison en 1984 pour dix ans. Un jour, je ne suis pas rentré de permission : ma première cavale. On m’a rattrapé, j’ai pris un an de plus.

Dix ans plus tard, en 1994, je suis retombé. Je me suis évadé avec un autre détenu le 9 octobre 1994 – symboliquement la date anniversaire de l’abolition de la peine de mort – lors d’une prise d’otages avec séquestration, enlèvement et usage d’armes.

Nous avons fait quatre mois de cavale ponctuée de divers braquages et quelques tentatives d’arrestation de la part des forces de l’ordre... Finalement, j’ai été cerné et arrêté par le Raid dans l’Oise, en janvier 1995.

Pour cette évasion, j’ai été condamné à douze ans de réclusion criminelle, sans confusion possible, ce qui s’ajoute aux autres peines. Total des condamnations : trente ans à faire !

En 1997, j’ai fait une nouvelle tentative d’évasion avec prise d’otages, à la cour d’assises de Metz. J’ai été arrêté juste avant de sauter par la fenêtre. J’ai pris deux ans de plus.

S’évader, une obsession

A l’époque, je sortais en 2040 et je n’avais donc plus rien à perdre et pas du tout envie de finir mes jours en prison.


Laurent Jacqua (DR)

La justice nous demande de crever à l’intérieur et en plus de ne pas réagir ? Comment un être humain peut-il accepter, supporter, subir des peines aussi monstrueuses qui n’ont plus aucun sens ? On devient fou ou on s’évade.

Je considère que pour tout homme privé de liberté, l’évasion est un droit ! Et encore plus pour ceux condamnés à une trop longue peine.

La liberté, on ne vit que pour ça, elle est sacrée : s’évader, en prison, c’est une obsession. C’est ce que je veux essayer de faire comprendre à ceux qui n’ont jamais connu l’enfermement.

Lorsque l’on ne laisse aucune chance à un être humain, soit il renonce, soit il tente le tout pour le tout. Alors les risques, on les prend : il n’y a pas d’autre solution. Naturellement, un détenu pense à s’évader, c’est un rêve récurrent, même si beaucoup ne passent pas à l’acte.

S’il y avait un espoir...

L’administration pénitentiaire fait payer cher les candidats à l’évasion, surtout ceux qui ont pratiqué la prise d’otages – la hantise de l’administration pénitentiaire. Après mon arrestation, lors de ma deuxième évasion, j’ai passé cinq ans en quartier d’isolement, puis chez les détenus particulièrement signalés (DPS)... J’ai fait du tourisme pénitentiaire, avec des transferts tous les trois mois pendant quinze ans.

S’il y avait plus d’aménagements de peines, de meilleurs conditions de détention, des peines moins lourdes, un espoir de voir le bout du tunnel pour les longues peines, si la justice était moins répressive, si la prison traitait les détenus d’une manière plus humaine, ces derniers s’évaderaient peut-être moins. Mais rien n’est moins sûr, car l’appel de la liberté est plus fort que tout pour celui qui en est privé...

 tiré de RUE89

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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 12:46

Aux assises du Rhône, l'avocate générale a requis des peines de 18 à 22 ans de réclusion criminelle à l'encontre des deux auteurs de la spectaculaire évasion à l'explosif de la centrale de Moulins en 2009, Christophe Khider et Omar Top El Hadj. Le verdict est attendu pour le 19 avril.

  • France 3 Auvergne avec AFP
  • Publié le 16/04/2013 | 17:07, mis à jour le 16/04/2013 | 17:13
L'avocat général a requis de 18 à 22 ans de réclusion pour les deux auteurs de la spectaculaire évasion de la centrale de Moulins en 2009. Christophe Khider et Omar Top El Hadj avait eu recours aux explosifs, armes et prises d'otages pour s'enfuir de la prison. © JEFF PACHOUD / AFP
© JEFF PACHOUD / AFP L'avocat général a requis de 18 à 22 ans de réclusion pour les deux auteurs de la spectaculaire évasion de la centrale de Moulins en 2009. Christophe Khider et Omar Top El Hadj avait eu recours aux explosifs, armes et prises d'otages pour s'enfuir de la prison.
Des peines de 18 à 22 ans de réclusion criminelle ont été requises mardi devant les assises du Rhône à l'encontre des deux auteurs de la spectaculaire évasion à l'explosif de la centrale de Moulins en 2009.
 
"Ils ont fait le choix de s'évader plutôt que de rester en détention, de se construire une autre vie pour la sortie", a lancé dans son réquisitoire l'avocate générale, Jacqueline Dufournet.
Elle a toutefois reconnu qu'"il n'y avait pas (eu) mort d'hommes" dans ce dossier, alors que les deux détenus armés avaient pris en otage pendant quelques heures deux surveillants de la centrale.
 
Mme Dufournet a réclamé la plus lourde peine, 20 à 22 ans de réclusion, à l'encontre de Christophe Khider, 41 ans, souvent décrit comme le meneur de cette évasion et qui a déjà à son actif plusieurs tentatives.
 
A l'encontre de son complice, Omar Top El Hadj, 34 ans, l'avocate générale a réclamé de 18 à 20 ans de réclusion. "La société ne peut accepter qu'il n'y ait pas une répression sévère de ces actes d'évasion", a justifié Mme Dufournet, en allusion à l'évasion spectaculaire à l'explosif de Redoine Faïd, samedi, de la prison de Sequedin (Nord).
 
Poursuivant son allusion au dangereux braqueur toujours en cavale, elle a toutefois estimé que "ce n'est pas parce qu'un individu s'évade qu'il faut que tous les autres en subissent les conséquences, parce que les conséquences sont trop lourdes pour eux".
 
Le 15 février 2009, lors d'un parloir-famille, Christophe Khider et Omar Top El Hadj avaient pris en otage deux surveillants sous la menace d'une arme après avoir fait sauter deux portes blindées à l'aide d'explosifs apportés par la compagne d'un troisième détenu.
 
Par ailleurs,  le second avocat général de ce procès, Philippe Renzi, a réclamé, "sans faire de distinction", 9 ans d'emprisonnement à l'encontre des trois autres accusés. Il s'agit de la compagne de Khider, de sa complice qui a introduit armes et explosifs dans la centrale, et d'un autre détenu, ex-compagnon de cette dernière.
"On a une véritable bande organisée (...) parce qu'ils savaient exactement ce qu'ils avaient à faire", a estimé M. Renzi.
 
Le verdict est attendu le 19 avril.
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:25

Redoine Faïd : les mystères d’une incroyable cavale

Perfectionniste et expert de la dissimulation, ce braqueur soupçonné d’assassinat a profité de complicités.

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Redoine Faïd est redevenu, pour la seconde fois en deux ans, l’homme le plus recherché de France après son évasion spectaculaire, samedi, de la prison de Sequedin (Nord).

Avec une déconcertante facilité, Redoine Faïd, pointure du grand banditisme, s’est esquivé samedi de la prison de Sequedin (Nord) dès que sa surveillance s’est relâchée. Incarcéré à l’origine à Fleury-Mérogis, ce prisonnier classé « DPS », c’est-à-dire « détenu particulièrement surveillé », était en effet géré en permanence par une équipe de quatre surveillants qui suivait ses moindres faits et gestes. « Depuis son transfert dans le Nord il y a environ six mois, son escorte personnelle avait été supprimée, confie un surveillant de la maison d’arrêt. Comme tous les caïds d’envergure, il avait su se faire discret en étant poli et respectueux avec le personnel. Avec un surveillant pour 120 détenus dans certaines coursives, personne n’a plus le temps de voir avec qui nos pensionnaires discutent et ce qu’ils mijotent, Redoine comme les autres… »

Grâce à de solides complicités, peut-être au sein même de la prison où se mêlent gardiens, livreurs, associatifs ou encore des employés du privé en charge de la cantine ou du linge, le braqueur de haut vol a pu se procurer derrière les barreaux un pistolet automatique de calibre 9 mm et assez d’explosifs pour faire sauter avec méthode les parois de la prison.

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« Acte de guerre »

Menée comme un véritable « acte de guerre » selon les syndicats de gardiens, l’opération a été orchestrée en trente minutes avec la précision d’un horloger suisse. Vers 8h30, Redoine Faïd, bonnet vissé sur le crâne et porteur d’un sac à dos, sort de sa cellule et se dirige vers la zone des parloirs. Là, il dégaine soudain son arme de poing et tire une balle en l’air. Puis, il tient en respect quatre surveillants, médusés. Sans hésiter, le voyou entraîne ses otages sur un circuit manifestement balisé avec une stupéfiante minutie. L’alerte est donnée mais cinq portes blindées sont détruites les unes après les autres. « On a bien essayé de ralentir la progression, grimace un gardien, mais il était trop risqué de tenter quoi que ce soit quand des collègues sont retenus par un type qui travaille à l’explosif. »

Après avoir revêtu une tenue de gardien pour sortir de l’enceinte, Redoine Faïd abandonne trois de ses otages et s’engouffre avec le dernier à l’arrière d’une Peugeot 406 noire, stationnée non loin sur la RN41 et dans lequel l’attend un complice. Cette voiture « relais » est incendiée sur l’A25 à hauteur de Ronchin, où, après avoir relâché le dernier gardien, il grimpe à bord d’un second véhicule, semble-t-il de couleur blanche qui reste introuvable. En dépit de l’emploi d’un hélicoptère et de la mobilisation d’une centaine de policiers et de gendarmes lancés à ses trousses. Faïd redevient, pour la seconde fois en deux ans, l’homme le plus recherché de France. Soupçonné d’être à l’origine d’un projet d’attaque à main armée ayant coûté la vie à la policière municipale Aurélie Fouquet, 26 ans, en mai 2010 à Villiers-sur-Marne, il avait été arrêté en juin 2011 près de Lille.

Soucieux de « ne négliger aucune piste », les hommes de la PJ de Lille ont placé en garde à vue dimanche le frère de Redoine Faïd, mesure qui a toutefois été levée dans la soirée. Visiteur régulier, l’homme était présent samedi matin au parloir sans avoir eu un contact avec son frère. Visé par un mandat d’arrêt européen et une demande d’arrestation émise par Interpol, le braqueur, surnommé le « Doc » et considéré comme « intelligent et dangereux », est passé maître dans l’art de la dissimulation. Une de ses précédentes cavales avait amené ce rejeton des cités de Creil jusqu’en Israël, où il s’était fondu dans le décor, allant jusqu’à porter la kippa.

Étoile montante du banditisme, puis « repenti » médiatique, Redoine Faïd, sorti de prison en 2009, avait écrit un livre de témoignage, intitulé Braqueur, des cités au grand banditisme. Il y racontait qu’il avait braqué une banque comme dans Reservoir Dogs et des fourgons blindés en mettant des masques de hockey, à l’image de Robert De Niro dansHeat.

Christiane Taubira critiquée par les surveillants

L’évasion de Redoine Faïd à coups d’explosif et la prise en otages  de quatre surveillants ont suscité  la colère des syndicats de la pénitentiaire. Déjà très remontés, certains réclament la démission de la garde des Sceaux, Christiane Taubira. Apportant un « soutien indéfectible aux collègues choqués », FO-pénitentiaire « dénonce avec vigueur la politique de la direction de l’Administration pénitentiaire et  du ministère de la Justice, qui occulte délibérément le volet sécuritaire de notre profession, abandonnant ainsi les personnels à la vindicte d’une population pénale toujours plus radicale dans la violence ». Christiane Taubira, interrogée sur l’absence  de fouilles systématiques au parloir, réfute toute « faille » administrative. Loin d’être un établissement dépotoir, la maison d’arrêt de Sequedin a été livrée en 2005. Mais 800 détenus viennent s’y entasser, pour 630 places disponibles. « Face à la surpopulation, nous demandons des scanners corporels qui nous sont refusés pour des raisons de coût, déplore Emmanuel Gauthrin, secrétaire général de FO. Mme Taubira,  qui devrait savoir que la sécurité a un prix, est pro-détenus : lors de sa conférence de consensus, elle a même proposé de créer des groupes de parole de prisonniers sans imaginer que ces pseudo-syndicats seront emmenés par les caïds qui tiennent déjà les bâtiments. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Christophe Cornevin, LeFigaro.fr, 14-15 avril 2013)

 

Redoine Faïd : Un braqueur érigé en mythe dans son quartier d’origine

FAITS DIVERS – Le malfrat en cavale est présenté comme un héros par des jeunes de la cité de Creil (Oise) où il a grandi…

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La cité Guynemer à Creil (Oise) où le braqueur en cavale Redoine Faïd a grandi, le dimanche 15 avril 2013.

« Un loup en fuite », un « guerrier », « un héros », « un mythe »… Les qualificatifs élogieux ne manquaient pas dimanche dans le quartier d’origine de Redoine Faïd pour décrire le braqueur de 40 ans en cavale depuis samedi matin. Rue Guynemer, à Creil (Oise), où il avait emménagé avec sa famille en 1975 dans un appartement HLM de 120 m², le malfrat qui se disait repenti est érigé en véritable figure du quartier. « De toute manière, on n’a qu’une seule personne connue ici. C’est lui », explique un garçon. « Nous les jeunes, on ne le connait pas vraiment car il n’est pas de notre génération », indique-t-il. « Mais c’est un peu un mythe. Il a mis en avant le quartier Guynemer ! », lâche-t-il avant d’être rejoint par des amis.

Une jeune maman qui se présente comme « une ex-belle-sœur de Redoine Faïd » poursuit l’éloge. « C’est un gars bien, très intelligent. Il n’a jamais eu de problème à Creil. Sans doute a-t-il vraiment essayé de se repentir. Mais la prison n’est pas faite pour se réintégrer », estime-t-elle. A-t-elle une idée où il pourrait se trouver ? « Il doit déjà être bien loin. En tout cas, je l’espère pour lui », souffle-t-elle.

« Personne n’ira le dénoncer »

C’est à Creil, ville de près de 35.000 habitants avec un taux de chômage en 2009 de 21,2% selon l’Insee, que le spécialiste des attaques de fourgons blindés, surnommé « Doc », a ses premiers faits d’armes. D’un profil de petit caïd des cités, il endosse assez rapidement le costume taillé pour le grand banditisme. En décembre 1995, lui et quatre autres individus séquestrent le directeur d’une BNP de Creil, sa compagne et leurs enfants. Déguisés en père Noël ou portant des masques de personnalités politiques, ils parviennent à extorquer, à l’issue de cette prise d’otage, près de 30.000 euros.

Cette image de « Robin des Bois » continue de le suivre encore aujourd’hui, d’autant qu’il aurait, selon les enquêtes des policiers, abondamment recruté dans son quartier d’origine. « S’il a besoin de dormir une nuit ou deux par ici, vous êtes certain que personne n’ira le dénoncer. Ce sera même un honneur, pour ses amis, de le recevoir », lâche cette ancienne membre de la famille Faïd qui ne souhaite pas révéler son nom.

« Vivre avec l’angoisse de se faire arrêter »

Sur le plateau Rouher, un autre quartier de Creil, où Redoine Faïd a habité un quatre pièces jusqu’à l’âge de quatre ans, quelques trentenaires assis sur un banc public profitent du soleil dominical. « C’est fort. Vraiment fort », reconnaît avec un brin d’admiration l’un d’entre eux qui a appris son évasion dans la matinée. « Là, ce qu’il a fait, c’est encore plus que Heat », s’exclame-t-il faisant référence au film réalisé par Michael Mann, dont le braqueur a souvent dit être un grand fan. Alors même qu’il est soupçonné de meurtre d’une policière, ses admirateurs n’en démordent pas. « Les policiers ont voulu lui mettre dessus du sang qu’il n’a pas fait couler », affirme-t-on.

Si la plupart des jeunes habitants rencontrés ce dimanche à Creil semblent admiratifs du parcours émaillé d’ennuis judiciaires de Redoine Faïd, certains prennent la mesure de la difficulté d’une cavale. « Il a fait des années de taule. Il va devoir vivre avec l’angoisse de se faire arrêter. Ça ne va pas être facile », estime un garçon croisé dans le quartier de la gare. « À sa place, je crois que j’aurais préféré encaisser les années de prison. Puis reconstruire après ma vie. »

C’est pourtant ce que Redoine Faïd avait annoncé vouloir faire en se lançant à 37 ans dans l’écriture d’un livre paru en 2010, où il exprimait des regrets. On y apprenait, entre autres, que Jacques Mesrine était une figure qui l’avait marquée. « Pour des gens comme nous, [il] était le représentant du petit peuple face aux puissants », écrivait-il alors. Dans le quartier Guynemer, à Creil, il a d’ores et déjà gagné cette image auprès de certains jeunes du quartier.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (William Molinié à Creil, 20Minutes.fr, 14 avril 2013)

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