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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:31

Égypte : à Port-Saïd, les heurts entre police et manifestants se poursuivent

Des manifestants ont continué de lancer des cocktails molotov en direction de la police antiémeute qui répondait par des tirs de gaz lacrymogènes.

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Des heurts se sont à nouveau produits entre policiers et manifestants mardi à Port-Saïd, ville du nord-est de l’Égypte où six personnes dont trois policiers ont trouvé la mort dans la nuit de dimanche à lundi. La tension était particulièrement vive aux abords d’un bâtiment des services de sécurité, incendié la veille. Des manifestants ont continué de lancer des cocktails molotov en direction de la police antiémeute qui répondait par des tirs de gaz lacrymogènes.

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“Nous haïssons la police, nous ne voulons plus de sa présence”, affirmait Chaaban, un manifestant de 25 ans armé d’un cocktail molotov. Des slogans hostiles à la police étaient peints sur les murs du quartier. De nombreux véhicules blindés étaient déployés dans le reste de la ville, en particulier autour des bâtiments publics et des locaux d’entreprises. (…)

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Dimanche 3 mars, à Port-Saïd, des manifestants jettent des cocktails Molotov sur un poste de police pour protester contre la décision de déplacer des personnes en attente de procès incarcérées après les violences ayant fait 74 morts lors d’un match de football en février 2012.

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Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 5 mars 2013 – 16h46)

 

(…) Des informations et des rumeurs ont circulé dans la journée selon lesquelles des soldats se seraient affrontés avec des policiers, et faisant état d’un possible retrait de la police pour que la ville soit prise en mains par l’armée.

La présidence égyptienne a toutefois apporté un démenti, affirmant dans une déclaration que « la police fait son travail, et l’armée la soutient en pleine coordination ».

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Des manifestants brûlent un véhicule de police au Caire, le 4 mars 2013

(…) Au Caire, des heurts ont également repris aux abords de la place Tahrir, dans le centre-ville, entre la police et des manifestants venus participer aux funérailles d’un militant tué en janvier lors de précédentes manifestations. La dépouille avait mis plusieurs semaines à être identifiée et autopsiée. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 5 mars 2013 – 18h06)

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:31

Pourquoi pas ?

« Se fier à vous ? Plutôt vous pendre ! À chaque minute vous changez d’idée : vous trouvez noble celui que vous haïssiez tout à l’heure, infâme celui que vous couronniez. Qu’y a-t-il ? Pourquoi, dans les rues de la cité, criez-vous contre ce vil sénat ? »

Toujours des manifs sans lendemains, des grèves sans suites et des mouvements qui n’ont d’autres buts que de calmer tes désirs ardents d’un monde de liberté illimitée. Tu préfères la routine des révoltes qui n’en sont pas et des luttes perdues d’avance, le maintien de cet ordre qui t’opprime contre la joie de la rébellion.

Les partis, les syndicats, de gauche comme de droite te baladent allègrement au gré des réformes que les nécessités du capitalisme, poussent l’État à imposer. Chaque fois c’est la même mascarade, on sort le temps de dépoussiérer les drapeaux et puis chacun retourne aussi sec à la normalité produire ce monde qui te détruit à petit feu. À quoi bon défendre les quelques miettes que l’État et les patrons daignent te lâcher quand demain tu retourneras quémander la tête basse le droit de travailler pour eux.

La crise qui justifie la précarité et toutes les soumissions même les plus viles, pour le bien-être d’une économie qui te détruit et ne profite qu’à une minorité d’exploiteurs ; est le mode de gestion normal d’un ordre qui cherche à faire de ce monde un vaste supermarché. La restructuration du monde du travail de ces dernières décennies dont les politiques actuelles ne sont que la continuation, sont en train d’achever de faire de l’entreprise un espace organisé de manière à ce que toute révolte soit impossible. Que ce soit la mise en concurrence des salariés entre eux à l’intérieur d’une même entreprise, par le biais de la sous traitance ou à l’international, la présence accrue de petit-chefs pour tout surveiller, ou l’impression de liberté dans l’organisation du travail qui masque mal l’intériorisation de la contrainte. Ceux qui refusent de se soumettre à cela sont rejetés dans l’isolement, la précarité et enfermés quand ils décident d’explorer d’autres voies pour subvenir à leurs besoins.

Nous sommes de ceux qui ne supportent plus cet état de fait, de ceux qui gardent l’espoir de bâtir une société libre et horizontale, nous ne voulons plus attendre pour agir. Nous pensons qu’il est temps de déserter le jeu de la contestation organisée, et des défouloirs militants pour pouvoir enfin attaquer le pouvoir et ses structures. Ce ne sont pas les masses qui délèguent leur pouvoir à quelque intelligentsia politique ou syndicale chargées de les représenter qui peuvent espérer changer quelque-chose, mais des individus révoltés et agissant par eux-mêmes sans aucune médiation, avec pour contraintes les limites de leur imagination et la nécessité de ne pas agir selon des moyens incompatibles avec leur désir d’une liberté démesurée.

Nous proposons sur trois thèmes des points de vues qui nous semblent propices à alimenter le feu de la révolte, sans pour autant les porter comme un programme ou un ensemble de vérités univoques et indiscutable. Ils n’ont de valeur et d’intérêt qu’en tant que points de départ possibles pour l’action.

La précarité :

Nul ne le contestera, la restructuration continue du capitalisme a un effet direct sur les conditions de vie de chacun. La précarité se développe, les acquis sociaux, ces miettes arrachées au patronat en échange de la soumission te sont petit à petit retirées ; et les conditions de travail du fait de la mise en concurrence mondiale des salariés organisée par les capitalistes, sont de plus en plus rudes et incertaines. Face à cette situation qui dans un pays « développé » comme la fRance laisse entrevoir pour beaucoup les affres du déclassement deux issues sont possibles.

Ou se battre pour conserver ses privilèges (l’illusion d’abondance et d’une vie de loisir bâtie sur l’exploitation des ressources et de la force du travail du tiers monde), c’est-à-dire ceux de sa catégorie sociale, de sa profession ou de son entreprise. Le faire contre ceux qui n’en bénéficient pas et rentrer ainsi dans une logique d’exclusion qui contient en puissance toutes les dérives fascistes. On monte ainsi les salariés contre les chômeurs, les Français contre les étrangers… Il y a toujours un plus pauvre à écraser pour avoir une plus grosse part des miettes. Lutter contre le déclassement c’est rentrer dans une logique de cannibalisme social et faire le jeu de ceux nous exploitent.

Ou alors constater l’uniformisation de la condition des exclus du capitalisme, tant sur le plan économique que sur celui du contrôle. Le sans papier traqué et obligé de vivre clandestinement, les jeunes issus de l’immigration contrôlés en permanence au nom de la lutte contre le terrorisme, le chômeur en fin de droit expulsé de son logement car il ne peut plus en payer le loyer… En partant de cela on peut alors envisager la possibilité d’une révolte commune contre les hiérarchies et les séparations qui organisent la misère, et envisager d’en finir avec cette dernière.

L’environnement :

La colonisation marchande du monde par le capitalisme aspire, à faire de chaque parcelle de cette planète, de chaque chose, une marchandise. Tout ce qui n’a pas de prix n’existe pas.

Il apparaît pourtant de plus en plus évident que les conséquences de cette colonisation, se font sentir chaque jour un peu plus pour chacun, à travers la pollution, la marchandisation de l’espace, la dégradation de la qualité de l’alimentation et l’urbanisme sécuritaire. La ville laisse transparaître l’hypertrophie d’un système qui pour accroître ses profits va jusqu’à hiérarchiser et normaliser la nature pour en faire une machine sans vie où plus rien d’imprévu ne peut arriver. Pour nous c’est la certitude d’une vie sans aventure passée à produire ce qui nous empêche de vivre.

Cette mort à petit feu, à laquelle nous sommes condamnés par la dégradation et l’organisation marchande de notre environnement sont aussi produite par chacun d’entre nous, par tout ceux qui se lèvent tous les jours pour aller travailler, pour faire leurs courses ou payer leurs impôts. Il faudrait peut-être s’arrêter un instant, reconsidérer ce que chacun contribue par ses actes à produire tant comme marchandise, que comme contrainte. Cesser de défendre à tout prix son emploi quand il implique de produire des nuisances, des services débiles et aliénants, l’aménagement et le contrôle de nos espaces de vie ; et s’en aller faire autre chose de réellement enrichissant pour soi-même et non de nuisible pour tous.

Opposer la qualité de vie au chantage salarié de la survie, et agir avant que les écosystèmes aient atteint du fait de l’activité humaine un point de non-retour fatal à l’espèce tout entière et surtout à chacun d’entre nous.

La sécurité :

La sécurité se présente comme un problème majeur dans la bouche de ceux qui nous gouvernent. Pas un jour sans son lot de faits-divers sanglants qui rappellent à chacun combien la police, la justice et les prisons sont nécessaires pour assurer le bien être de tous. Et que car il a peur, l’État veille au grain et lutte contre l’insécurité. La sécurité serait le premier des droits de l’homme, elle vaudrait bien qu’on lui sacrifie toutes les libertés. Fichage, surveillance des communications, occupation policière et militaire des lieux publics, vidéosurveillance, contrôles dans les transports, dans la rue, au supermarché ou au volant ; les manifestations de l’ordre sécuritaire s’imposent quotidiennement dans la vie de chacun, et plus particulièrement aux plus pauvres à tous ceux qui du fait de leurs conditions de vies seraient tentés d’enfreindre la loi pour subvenir à leurs besoins ou pour lutter.

« Je n’ai rien à me reprocher, cela ne me concerne pas » dit le brave citoyen, oubliant que derrière ce contrôle qui ne s’applique qu’aux « Autres » aujourd’hui, c’est l’outil de la répression qu’il subira demain qui se construit. Il a oublié qu’un type moins con que lui disait en son temps, « ce n’est pas du bruit des bottes que nous devrions avoir peur mais du silence des pantoufles », souffrant de voir ses contemporains se soumettre sans broncher à ce contrôle « pour leur bien » quand lui, lucide voyait s’évaporer sa liberté et les possibilités de révolte.

L’industrie sécuritaire, en outre d’être un business fructueux qui se paye sur tes impôts ; est aussi une logique qui tend à l’infantilisation de chacun devant l’autorité de l’État. Au nom de la sécurité et pour un monde réglé comme une horloge où plus rien d’imprévu ne doit advenir, tu dois renoncer à toute forme d’autonomie, réprimer toi-même ton individualité et accepter l’ordre en place ou alors tu seras traqué, enfermé, soumis, rééduqué, exclu et annihilé.

« Misérable ! Qu’a besoin le peuple de ces chauves tribuns ? C’est dans une rébellion, où la nécessité, et non l’équité, fit loi, qu’ils ont été élus. À une heure plus propice, déclarons nécessaire ce qui est équitable, et renversons leur pouvoir dans la poussière. »

Parce que ce monde est devenu une prison à ciel ouvert, et si ta soif de liberté est démesurée. Il ne te reste qu’une option possible : la révolte. Face à une tâche d’une telle ampleur et d’une non moindre importance, se pose la question « que faire ? »

Il n’y a pas de réponse toute faite dictée par une doctrine qui s’impose. Il est possible pour chacun de trouver dans sa vie quotidienne, des besoins, des désirs qui valent le coup de se mettre en lutte. Et de penser les moyens, de cette révolte en fonction de sa situation particulière tout en gardant à l’esprit la nécessité d’avancer sans reproduire la domination et les structures hiérarchisées de ce monde.

Il ne suffit pas de de se grouper ou d’agir ponctuellement pour en finir avec l’ordre. Si on aspire à faire s’effondrer ce monde, encore faut-il se transformer soi-même et cesser d’être un rouage de ce monde.

Il convient à chacun d’imaginer ses propres moyens de lutte et de les réaliser individuellement ou collectivement. Du sabotage à la grève sauvage, du squat à la propagande écrite ou l’émeute… Ce que craignent ceux qui nous gouvernent c’est d’être débordés. Ce qui compte ce n’est pas tant l’unité des révoltés que la diffusion des actes de résistances, et l’autonomie de chacun qui nous rendront ingouvernables.

Relève la tête cesse d’être un esclave.
Dresse-toi contre l’autorité la rage aux bras, la joie au cœur.
Peut-être alors pourrons-nous enfin nous reposer parmi les ruines de ce monde.

Quelques ami-e-s de l’anarchie

Indymedia Nantes, 5 mars 2013

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:30

Des nouvelles d’Égypte

En provenance du site Global Uprising, en anglais seulement !

« Chers Amis et Partisans :

Nous venons d’achever  un nouveau documentaire sur la situation au Caire.

Deux ans après que la révolution en Égypte a commencé, l’agitation continue à travers le pays à mesure que la situation politique et économique empire. Face au gouvernement actuel qui consolide son pouvoir, les revendications de la révolution semblent s’en éloigner plus que jamais. La révolution a cependant ouvert de nouveaux espaces pour l’action politique, stimulant le débat public sur des questions qui sont en partie non reconnues et ont été non résolues depuis trop longtemps.

Ce court documentaire couvre les motivations des révolutionnaires pour continuer à prendre les rues, les obstacles auxquels ils font face et la tactique qu’ils utilisent. Il éclaire les problèmes économiques et les politiques actuelles que les Égyptiens affrontent, la croissance du mouvement syndical indépendant, les tactiques de Black Blocks et les réponses aux violences contre les femmes. »

Commentaire reçu d’Égypte, dans le contexte de ce reportage :

« Les groupes anti-viol sont auto-organisés (incluant souvent des victimes), et portent des t-shirts rouges et blancs et ils ont une hotline pour signaler ces événements. Ils sont armés pour arracher les femmes des mains des hommes et les exfiltrer ensuite par un système de navettes automobiles. Ils ont des médicaments et des habitations sécurisées prêtes à les recevoir. C’est très impressionnant et il semble que cela fonctionne : par exemple, Le 11 février, lors de la manifestation à la Place Tahrir, il n’y eut aucun viol grâce à ces groupes anti-viol – il ont patrouillé l’ensemble de la zone et ont été largement soutenus. Comme un Égyptien l’a dit, “c’est Tahrir à son meilleur”. Il semblerait que les organisateurs des groupes d’anti-viol sont surtout issus de la gauche radicale. »

Des nouvelles du front, 5 mars 2013

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 20:27

Depuis sa création, le collectif est la cible d’une répression systématique.

Le 27 janvier dernier, 15 personnes se sont invité.e.s dans le parc du château familial des multi-miliardaires François et François-Henri Pinault — actionnaires du groupe VINCI — pour dénoncer leur responsabilité dans la construction du futur aéroport de NDDL. Un pique-nique, une banderole, des slogans pour signifier que nous faisons fi de l’impunité dont bénéficient Pinault et consorts qui exploitent, expulsent et bétonnent au gré des manœuvres politiques et des grands transferts financiers. La répression ne s’est pas fait attendre, les visiteurs et visiteuses du domaine ont été placé.e.s en garde-à-vue durant 45 heures, inculpé.e.s de « violation de domicile », « menaces de mort », « refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques » et « refus de se soumettre aux prélèvements biologiques », ils/elles comparaîtront devant le Juge des Enfants au TGI de Paris (1 personne) et au TGI de Versailles (14 personnes).

Le samedi 19 janvier, une cinquantaine de personnes se sont rendues au chantier des Halles, autre exemple de connivence entre Vinci et des élus PS. À Paris comme à Notre-Dame Des Landes et ailleurs, ils font main basse sur nos vies et nos territoires. De nos mots, slogans et affiches, nous avons recouvert les palissades du chantier, immenses panneaux publicitaires à la gloire d’un Paris uni autour de la consommation. La répression fut aussi au rendez-vous, deux personnes ont été arrêtées, placées en garde-à-vue pendant 48h, interrogées par le Service d’Investigation Transversale (la police politique), puis déférées. Elles ont été relâchées 70 heures après leur arrestation et comparaitront pour « dégradation de biens privés », « rébellion » et « refus de se soumettre aux prélèvements biologiques », au TGI de Paris.

Le 16 novembre 2012, deux personnes avaient été arrêtées alors qu’à la veille de la grande manifestation de réoccupation de la ZAD, elles avaient, par quelques inscriptions sur un local de permanence, souhaité rappeler que le PS a les mains sales. Elles ont subi 62 heures de détention, des perquisitions à leur domicile et plusieurs auditions par le fameux Service d’investigation transversale (SIT). Jugées le 30 Janvier dernier, elles ont été condamnées à un Travail d’Intérêt Général, à une amende et leur condamnation a fait l’objet d’une mention au casier judiciaire.

Nous, collectif de personnes issues de divers horizons, militant.e.s de tous âges, agissant en accord avec nos principes, exprimons toute notre solidarité avec les inculpé.e.s et les personnes emprisonnées. Nous appelons chacun.e à soutenir les inculpé.e.s, en participant à la caisse de soutien et en se rendant à leur procès. Nous appelons chacun.e à nous rejoindre dans notre lutte déterminée contre VINCI et son monde, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et contre tous les autres Grands Projets Inutiles et Imposés !

Le collectif francilien de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Récapitulatif des dates et lieux des procès :

• 28 février à 9h30 devant le Juge des Enfants au TGI de Paris (reporté)

• 11 mars à 14h devant la 7e chambre D du TGI de Versailles (report possible)

• 12 mars au tribunal de Pantin à 9h30 : procès du Transfo, espace collectif occupé à Bagnolet qui accueille nos AG

• 13 mars à 13h30 au TGI de Paris (report possible)

Et en solidarité avec ceux/celles qui luttent pour le logement à Paris comme ailleurs, nous appelons à venir soutenir un camarade arrêté lors de l’occupation d’un immeuble :

• le 14 mars au TGI de Cité

Zone à défendre

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 10:30
Mon corps, mes règles: Un argument pour que les survivantes(s) de viol et de violence domestique deviennent des militantes(s) syndicalistes

Liberté Locke, une militante au syndicat des travailleurs de Starbuck, écrit dans cet article la similarité entre la violence au travail et la violence sexuelle. Elle explique en effet que les agresseurs sexuels et les patrons utilisent les mêmes techniques de contrôle et qu’il nous est nécessaire de se battre contre ces deux formes d’oppression.

AVERTISSEMENT: Cet article parle du sujet de la violence sexuelle.

J’ai été violée par mon chum le 18 Août, 2006. La journée suivante, je retenais mes larmes pendant que je mentais à un inconnu au téléphone expliquant pourquoi je devais manquer ma 2e entrevue pour un emploi que j’avais besoin désespérément. Quand j’ai finalement raccroché, je reçu un nouveau message texte. ‘’ Ce n’est pas terminé. Ce ne sera jamais terminé entre nous...’’

Le lendemain, je suis allée à ma 2e entrevue. C’était à l’intérieur de la Tour Sears au Starbuck à Chicago. J’ai pris le train pour aller à l’entrevue regardant constamment autour de moi et tremblant de peur. Mais, j’avais besoin d’un travail. Je venais d’être renvoyée du magasin Target deux semaines plus tôt et je n’avais d’autres options. Je savais que j’allais avoir à passer le détecteur de métal afin de pouvoir entrer dans l’édifice et malgré mon instinct me disant autrement, je n’ai pas apporté un couteau avec moi.

‘’ Que feriez-vous si vous surpreniez un collègue de travail en train de voler?’’

Mes pensées défilaient à toute vitesse. Je me disais que je risquais ma sécurité en sortant de la maison pour un emploi stupide qui paie seulement 7,75$ de l’heure. Ne valais-je pas mieux que ça? Ne valons-nous pas beaucoup plus que ça?
‘’Je le dirais à mon supérieur tout de suite, évidemment. Je n’ai jamais compris pourquoi certaines personnes volent au travail…’’

Je leur ai dit ce qu’ils voulaient entendre.

J’ai donc commencé à travailler au Starbuck le 22 Août 2006. Cela fait un peu plus de 5 ans. À chaque année, je dois faire une révision annuelle de ma performance où je dois généralement argumenter avec quelqu’un de plus jeune que moi et qui a un salaire beaucoup plus élevé, pourquoi mon dur labeur, mes douleurs au dos, mes mains qui craquent, mes poignets endoloris, les poches sous mes yeux, les brûlures, les bleues sur mes bras, les coupures sur mes genoux, le traitement dégradant constant par certains clients, les ‘’pitoune, p’tit chou, puce, bitch’’, les ‘’ Aye toé la pute… J’t’avais dit PAS de crème fouettée!’’, les regards désobligeants ou les poursuites après le travail… Je dois argumenter pourquoi à cause de tout ça, je mérite une augmentation de 33 cents au lieu de 22 cents. Dégradant pour n’importe quel employé. Dégradant, surtout pour une femme. Seulement pour moi, j’arrive à cette journée chaque année en me souvenant que quatre jour plus tôt, je me faisais violée par la personne que j’aimais. Cette révision annuelle est vraiment la seule chose qui me rappelle cette journée.

J’aurais aimé dire que j’exagère, mais réellement, je commence tout juste à atténuer mes propos sur mes sentiments face à cet évènement. Parlant de travail, je pourrais également mentionner comment quand j’ai été violée, je ne suis pas partie de la maison, l’endroit où le viol s’est produit, avant le matin pour deux raisons principales : 1) J’avais peur de prendre le métro pour retourner chez moi à 3 heures du matin et 2) ma meilleure amie ( et également la 2e partenaire de mon chum) devait venir me chercher au matin pour que je fasse le ménage chez ses parents riches qui vivent dans la banlieue. Je suis donc restée couchée les yeux ouverts aux côtés de mon agresseur tant j’avais besoin de vendre mon labeur en échange de quelques billets. Ma volonté de ne pas perdre cette job, m’a gardé auprès de lui. Lui promettant que je n’en parlerais à personne. Lui promettant que je resterais avec lui. Des promesses, qui, à ce moment, je croyais peut-être garder.

Ce n’est que lorsque j’étais littéralement à quatre pattes en train de frotter le plancher de chez les parents de ma meilleure amie que j’ai réalisé qu’être pauvre était déjà une forme de violence envers moi.

Je me suis levée. Je lui ai tout dit. Je n’ai entendu aucun mot de soutien ou de support. Elle m’a dit qu’elle était jalouse. J’en avais envie de vomir. Je lui ai dit de me ramener chez moi, car je préférais mourir de faim que de nettoyer la maison de ses parents aujourd’hui.

Elle m’a donné tout l’argent malgré que je n’étais même pas près d’avoir fini et elle m’a reconduit chez moi. Probablement pour se donner bonne conscience j’en suis sûre. Je lui en veux moins à présent, car je réalise que les comportements manipulateurs de ce gars l’avaient atteinte également. Mais, c’était pire pour elle que pour moi. Je suis sortie de cette relation. Elle décidait de rester et du coup, trahir une autre femme. Ça, ce sont de graves manipulations.

Le mois suivant l’attaque, je suis allée en thérapie sans frais dans un programme de violence domestique. J’ai fait des exercices qui m’ont forcée à parler des moments heureux que j’avais vécus avec lui. Je ne voulais pas. Nous avions eu un relation entre-coupée qui a duré quelques années et nous avions certainement eu des moment merveilleux ensemble. Mais j’aurais souhaité qu’elles ne soient jamais arrivées. J’aurais souhaité ne pas l’avoir rencontré. Je ne voulais pas me rappeler de son visage, de sa voie ou de son odeur. Je me suis débarrassée de tout se qui m’avait donné et de se qui me rappelait lui. Ma thérapeute voulait que je trouve d’où venait cette attaque, car je me blâmais pour tout ce qui s’était passé. L’idée d’imaginer que les choses étaient bien avant cette nuit-là m’a frappé s’en prévenir. Ou, du moins, c’est ce que je croyais.

Après près de 6 mois de thérapie, nous avons eu une révélation. Il a toujours été manipulateur et abusif verbalement. Il se plaisait à miner mon estime et me voulait misérable afin que j’aie l’impression d’avoir besoin de lui. Alors, j’avais désespérément besoin de son approbation et son attention. Les jours suivants le viol, j’ai commencé à lui faire face et a ne plus accepté certaines choses. Je refusais d’avoir des relations sexuelles quand je voyais qu’il était abusif alors qu’avant, j’aurais cédé même après qu’il m’est insultée. Ma thérapeute m’a fait voir qu’il m’a violée, car il sentait qu’il perdait le contrôle sur moi. Il voulait me briser… comme on fait à un cheval.

Durant la thérapie, j’ai commencé à sentir que je valais quelque chose et qu’il était celui qui était patétique. Pas moi. Il voulait quelque chose de moi, et l’avoir n’était pas encore assez. Il voulait mon corps, ma vitalité. Une emprise sur des choses qui ne peuvent être possédées.

Quand j’ai commencé à me sentir plus forte et moins effrayée, je n’étais vraiment plus capable de tolérer les clients irrespectueux. Ne pas tolérer ces clients voulait dire faire face à la furie des superviseurs lorsqu’un client faisait une plainte, ce qui voulait dire également affronter mon employeur. Finalement, l’opportunité est venue et ne pas vouloir vivre ma vie en victime pris la forme d’une signature sur une carte de membre du syndicat des Travailleurs(es) industriels(les) du monde (IWW, Industrial Workers of the World)

J’ai appris le militantisme au travail. Je décidai que je n’étais pas fait pour être l’esclave des hommes alors pourquoi l’être d’un patron, d’une corporation ou d’un client?

J’observais mes patrons alors qu’ils étaient assis à leur bureau, sirotant leur café spécialisé qui m’avait demandé de leur faire et s’épancher devant des chiffres de vente qu’ils avaient eu par la sueur de mon front et de celui de mes collègues. On se tuaient au travail. Des mères avec qui je travaillais me parlaient de comment elle n’avait pas pu voir leur enfant faire leurs premiers pas, car elles devaient faire des lattés. J’ai connu une femme enceinte qui travaillait pendant qu’elle était dilatée, risquant sa santé et celle de son enfant parce que le congé de maternité était tellement court qu’elle voulait avoir le plus de temps possible avec son nouveau-né. Je savais que les patrons et les compagnies étaient responsables de cette situation.

Les patrons sont des gens manipulateurs. Ils abusent des employés pour plusieurs quart de travail de suite, vous refusant des pauses, vous disant être un(e) nul(le), donnant des promotions à des gens qui vous ont harcelés sexuellement, vous donnant un horaire de travail qui rend le sommeil impossible, vous refusant des augmentations pour des peccadilles comme ne pas avoir porté les bas noirs exigés ou ne pas avoir dissimulé vos tattoos. Et quand nous avons commencé à être militant au travail, ils tenaient ce genre de discours pour des jours et soudainement ils organisaient une fête avec de la pizza pour les employés. La majorité des employés auraient remerciés leur patrons et en auraient parlé pendant des semaines sur comment ils préoccupaient de notre bien-être. À quel point ils étaient gentils. À quel point nous étions chanceux.

Soudainement, les souvenirs d’abus s’effacent et l’hostilité envers l’employeur disparait. Les patrons redeviennent les bienvenus dans les conversations de groupe et sont invités aux showers de bébé.

Je ne vois aucune différence entre ce scenario et celui d’un chum qui bat sa blonde au visage et ensuite revient avec un bouquet de fleurs et des friandises. Et ce cercle vicieux recommence.

Je n’ai pas honte d’avoir été violée et manipulée par mon ex. Je n’ai pas honte pour l’avoir laissé et pris les moyens pour cicatriser de cette blessure. Je n’ai également pas honte d’avoir vécu et d’avoir été témoin d’horribles abus depuis que je travaille au Starbuck. Je refuse d’accepter la présence des patrons après une simple fête avec de la pizza.

Je n’en veux pas de leur pizza. Je n’en veux pas de leurs fleurs. Je veux ma liberté de cette vie d’esclavage. Je veux la fin des abus.

Oui, je pourrais démissionner, comme on laisse un partenaire abusive, mais le prochain emploi va reproduire ce cercle vicieux. Le prochain emploi serait comme le prochain partenaire abusif.

Donc, je suis restée. Et je me suis battue. Je me suis battue en tant que militante, avec les autres survivants d’abus, mes collègues de travail. Du moins, ceux et celles qui avait touchés le fond du baril et qui voulaient remonter à la surface. Non, pas tout le monde est prêt à faire face à leur oppresseur lorsque je les rencontre. Mais, je serai là lorsqu’ils seront prêts. Lorsqu’eux aussi, reprendront courage.

Nous travaillons ensemble pour améliorer nos conditions de travail. Refusant de leur donner ce qu’ils veulent lorsqu’ils abusent de nous. Refusant de travailler. D’utiliser nos corps pour leurs propres désirs.

Sous le système actuel, il faut faire de l’argent pour survivre. Pour faire de l’argent nous devons vendre notre labeur. Ceci est déjà, à mon sens, dégoûtant et injuste. Je suis fascinée par la créativité, les habiletés et le génie de l’être humain. Je ressens une très grande fierté lorsque je suis capable de produire quelque chose ou d’enseigner quelque chose, de parler, d’écrire et d’apprendre. N’est-ce pas formidable de savoir que l’humain est capable d’autant de belles choses? Le fait que quelqu’un a été assez intelligent pour exploiter cette merveille des gens pour leur propre profit en donnant le minimum possible en retour à la personne qui l’a créé me crève le cœur. J’ai le même sentiment lorsque j’apprends qu’une personne qui reste avec son abuseur et fait tout ce qui lui est demandée pour être battue encore et encore. Je me demande toujours quand vont-t-elles les quitter? Je demande quand vont-elles contre-attaquer. Je me sens de même lorsque je prends un collègue de travail dans mes bras qui sanglote, car son superviseur lui a crié après. Je me demande quand ils vont arrêter d’encaisser. Plusieurs travailleurs le font déjà. Les travailleurs qui ont débuté et joint un syndicat. Nous sommes des survivants.

Ces derniers cinq ans ont été stupéfiants. Je me suis guérie des abus et de la dégradation de cette relation. Je me suis également guérie en appliquant les enseignements de ma thérapeute à ma vie au travail.

Je refuse d’être une victime à présent. Je suis déterminée à me souvenir de ma valeur et j’essaie d’aider les autres à se guérir d’années d’abus entre les mains d’employeurs et de clients. Ce n’est pas assez de démissionner si on n’a pas réalisé notre valeur en raison d’une pauvre estime de la valeur de notre travail, car cela pourrait nous remette continuellement dans les mêmes situations de travail. Avant même de s’en rendre compte, nous avons été blessés littéralement et nous avons rien pour en démontrer. Les grands patrons auront leurs propriétés qu’ils auront achetées avec l’argent qui nous ont pris. Ils auront les meilleurs médecins, leurs enfants iront dans les meilleures écoles et leurs parents âgés seront les mieux soignés. Ils jouiront du fruit de notre travail alors que nous crèverons de faim. Ce n’est pas différent d’un partenaire amoureux qui prend ton chèque de paye.

Les brûlures faits par le lait bouillant ne me font pas moins mal quand je réalise que cette boisson coûte le même montant que mon salaire de l’heure, mais en une heure j’en aurai fait des centaines.

N’écoute pas lorsqu’un employeur ou un collègue abusive essaie de te faire croire que ton travail ne vaut rien. Ne les croit pas lorsqu’ils déprécient ton travail parce que c’est du fastfood ou de la vente au détail. Que tu sois assis à un bureau, que tu livres de la pizza, que tu nettoies les toilettes, que tu couses un rebord de pantalon ou que tu sois acteurs sur scène afin de pouvoir payer tes factures…Rappelle-toi, si les patrons pouvaient le faire seul, ils le feraient. Souviens-toi qu’ils ont besoin de toi beaucoup plus que tu as besoin d’eux. Oui, l’abus peut s’empirer lorsque tu leur fais face et que tu te bats. Semblable à ce que j’ai vécu. Mais si ça prenait un viol pour me sortir de cette relation horrible, c’est ce que ça prenait, c’est tout. Si ça prenait la guérison de cet abus pour m’apprendre l’émancipation et le refus à l’esclavage, et bien qu’il en soir ainsi.

Je ne serai pas une esclave. Je ne serai pas une servante. Je ne consens pas à l’abus de mon être et mon corps ou à la dépréciation de ma vitalité. Quand ils essaient de nous diviser, c’est comme le partenaire qui dit que tu ne peux plus voir tes amies. C’est pour t’isoler afin que tu te sentes seule et impuissante comme lorsque tu cries et personne ne peut t’entendre. Ne leur laisse pas faire cela. Refuse l’isolement. Tend la main à tes collègues. Refuse le travail non-sécuritaire. Demande un salaire dessent. Ceux qui font la majorité du travail devraient avoir le plus de luxe. Nous le méritons. C’est le nôtre.

Si tu t’es sortie d’une relation ou une situation abusive dans ta vie, alors tu sais à quel point tu en as besoin. Tu as passé et repassé des centaines de fois combien le scénario aurait pu être pire. Tu te sens reconnaissant d’avoir quitté cette vie d’avant. Imagine si tous les mauvais traitements au travail prenaient fin. Imagine si tu ne redoutais pas de rentrer au travail. Et si le patron avait maintenant peur de toi? Et s’il n’oserait même plus te toucher une autre fois, te traiter de tous les noms et te harceler? Et s’il ne te refusait plus de pauses et te payait ton temps supplémentaire adéquatement? Et si tu décidais de ton horaire et des tâches que tu voudrais prendre en charge? Et si tu décidais ton salaire?

Ça ressemblerait à quoi d’être finalement libre?

Écrit par Liberté Locke
Traduit par Karine W., Common Cause

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 20:44

Échauffourées et incendie à Port-Saïd

Un bâtiment du siège des services de sécurité de Port-Saïd était en flammes cet après-midi, au moment où des échauffourées opposaient police et manifestants dans cette ville du nord-est de l’Égypte secouée la nuit par des heurts meurtriers.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/566.jpg

L’incendie, qui a démarré au rez-de-chaussée du local des services de sécurité, entraînait d’importantes émissions de fumée tandis que les heurts se poursuivaient dans les rues autour du bâtiment.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 4 mars 2013)

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 20:40

Salut, c’est bientôt le printemps et le camp de Décines est toujours debout et ce jusqu’au 30 avril prochain (sentence après jugement au TGI de Lyon).

Pour celles et ceux qui souhaitent venir avant l’expulsion du lieu, c’est le moment.

Pour rappel, ce campement a été installé le 10 avril 2012, afin de s’opposer au projet de futur stade de foot de Lyon (avec ses 750 millions d’euros), à 15 bornes à l’est, sur la ville de Décines.

Avant l’hiver, une maison commune d’environ une centaine de mètres carré a été batie sur une butte en friche. D’autres cabanes sous terre, sur terre et au-dessus de la terre : dans les arbres ont été montées. Des jardins en permaculture, des récup’ d’aliments diverses, des outils pour travailler les sols et la construction…

Un bel endroit où passer quelques jours, une semaines ou plusieurs mois.

La vie n’a pas été facile, comme dans tous ce genre d’endroit où lorsqu’il faut partir de zéro, et ben ! ça prend du temps, de l’énergie et beaucoup de sueur. Mais qu’est-ce que c’est bon ! Cet hiver, sont restés les plus tenaces, celles et ceux qui passent et font vivre ce lieu d’affranchis que nous sommes aussi… Là haut, le chauffage se fait au bois. Bon ! il arrive qu’il soit un peu vert, mais il y a un poêle, donc la fumée, elle reste dedans.

Ensuite, l’an passé, nous avons acceuilli la fête des AMAPS du Rhône sur les terres du Grand Lyon, non loin du campement.

Ainsi, d’autres terres restent inutilisées, en friche, sauvage. Il y a des arbres en pagaille, des fermiers sympa, et des voisins qui jamais ne pourraient vivre cette expérience décrite comme trop “roots” mais qui supportent de leurs dons et de leurs cœurs l’installation de ce mini hameau.

Ce sont ces gens-là, qui étaient à la base de la contestation du projet et qui en 2007 ont su repousser le projet de stade de 4 années. Nous pouvons leur tirer notre chapeau, les remercier de nous avoir fait partager leur expérience et leur bon vivre. Ils sont retraités, mère de famille, travailleurs, jeunes des quartiers, sans emploi, membres d’associations en oppositions au projet des plus riches qui veulent toujours plus, ce sont aussi des parents, des humains conscients de leur place dans la société. Cette société que nous critiquons beaucoup mais que nous sommes comme des centaines de centaines de milliers. Ce qui fait la richesse des relations humaines de ce camp ce sont nos différences, car nous appartenons tous à un choix de vie différent mais qui peut s’accorder dans la confiance, la militance, la défiance de ceux qui ont le pouvoir sur nos vies, ce qui choisissent grâce aux billets et aux influences de leur grande famille.

Par ailleurs, nous aurons peut-être perdu une bataille, mais nous aurons aussi gagné en amitié, en expérience humaine et en choix de vie contestataire. Bien qu’il n’y ait pas que “la protestation” qui compte dans la vie, c’est aussi une manière de proposer autre chose, au monde dont nous faisons partie. C’est la continuité de ce que nous vivons jour après jour.

Voyez, comme la plupart d’entre nous vivent de rsa, d’assédic ou… de peu, de rien, de dons, de trouvailles… Mais au fond de chacun, il y a une richesse innestimable, infatiguable, innouïe, entre les dieux et les diables. Le sort de tous est le choix de chacun. Parfois, on s’trouve sa chacune, alors que le monde tourne et ne s’arrête jamais de tourner et de tourner, la vie continue et le rêve d’un changement est du plus en plus perceptible. Le changement ? Il n’arrive jamais, car il est toujours présent, il tourne et ne s’arrête jamais de tourner et de tourner, comme un oiseau qui s’élève, tournoyant dans les courants, chauds et ascendants du ciel.

Cependant, leur projet prend forme, s’émancipe, s’intensifie. Car malgré les procès intentés au Grand Lyon et à l’Olympique lyonnais, pourtant jugés coupables par la justice, ceux-là mêmes, continuent impunément leurs travaux de construction de “grand” stade.

C’est 80% d’argent public qui partiront ces prochaines années dans leurs poches.

Et puis, c’est un projet parmis tant d’autres qui réunis en tout et pour tout, plusieurs milliards d’euros sur 20 ans, car ce sont aussi : les Confluences (entre Rhône et Saône) ainsi que toute la presqu’île ; le quartier de la Part-Dieu ; le Carré de Soie ; les routes qui vont se multiplier ; le quartier de la “Guill’” (Guillotière) ; c’est en effet ce que l’on appelle la “GENTRIFICATION”.

Bien qu’au niveau juridique tout ait été produit, resterait-il une chance pour que d’autres campements, d’autres actions soient mises en place ? Stopper la décadence ? Devrions-nous croire en la possibilité d’un mouvement de masse ? D’actions de sabotage ? De clownerie, de singeries, de vilipendesques artistes prêts à se manifester ?

Nombre d’entre nous sommes persuadés que parfois rien ne sert de se battre avec des arcs et des flèches, lorsque l’ennemi, lui, use de moyens bien supérieurs aux nôtres !!!

Par conséquent, ils vous reste deux mois pour venir vous exprimer, profiter, vous marrer, faire des roulés-boulés sur l’herbe fraîche en cette fin d’hiver et ce début de printemps. Venir prendre l’air au bord d’une ville qui s’étale, et qui s’étale et qui s’arrête de s’étaler, car le caaaammmmmppppeeemmmeeenntt de Décines y est !!!! YEAH ! YEAH ! YEAH !

Et puis, même si le camp devait se retirer, nous serons toujours près de nos idées.

Plus d’infos sur : rebellyon.info • decinestaresistance.weebly.com • carton-rouge.com • lesgonespourgerland.com

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 4 mars 2013

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:12

blog casapoundCes 24 et 25 février ont eu lieu des élections générales en Italie offrant un panorama politique intéressant qu’il est urgent d’analyser pour comprendre la situation de la péninsule. Plusieurs sites ont fait en partie ce travail avant nous et il nous semble donc important de commencer par préciser notre point de vue sur la question: nous abordons ici rapidement les grands enjeux du moment pour lancer des pistes de réflexion, sans prétendre tout expliquer ni tout évoquer.

En français, le grand quotidien Le Monde a publié un article pour une fois assez intéressant sur la question intitulé « Tristes Comiques ». Le site ami Servir le Peuple est revenu sur la question de l’Histoire italienne dans un excellent article d’analyse, éclairant celle ci d’un point de vue maoïste. Ce texte très pertinent peut intéresser tout révolutionnaire sincère au delà des étiquettes politiques. Il faut également noter un article du site Voie Lactée sur la question de Casapound, assez désastreux, ratant complètement son analyse du groupe néofasciste et négligeant même de parler du succès du « Mouvement cinq étoiles ». Quant aux italophones ils trouveront évidemment bien plus de contenu; on se contentera ici de leur suggérer la lecture des textes de nos camarades du collectif Militant et de la fondation Wu Ming, dont les analyses se recoupent d’ailleurs sur de nombreux points.

Les élections italienne posent plusieurs questions intéressantes. Tout d’abord, l’abstention a été assez forte (25%), révélant un désintérêt compréhensible pour le parlementarisme bourgeois: de plus en plus d’italiens et d’italiennes préfèrent rester chez eux plutôt que choisir quels professionnels de la politique, à des centaines de kilomètres de là, les dirigeront pendant les prochaines années. C’est évidemment un point positif. Pour autant il faut également regarder en détail les résultats du vote. Le centriste Monti, que les médias présentaient comme l’homme ayant redressé l’Italie, a tenté de s’accrocher au pouvoir en se présentant indépendamment des autres partis, et en jouant sur sa stature d’homme providentiel. L’héritage de la démocratie chrétienne n’a pas payé: avec 10% des voix, c’est une humiliation. Les suffrages se partagent donc très largement (à presque 60%) entre un centre-gauche lamentable, en décalage complet avec les impératifs de l’époque, et un centre-droit mené par Berlusconi ayant déjà réussi à faire oublier ses saloperies en promettant des cadeaux fiscaux irréalisables à tout va. Ces résultats étaient finalement attendus (sauf peut être le très bon score du Cavaliere qui est assez révélateur de la profondeur de la crise et d’une certaine culture du chef encore vivace chez les conservateurs, près à faire confiance à une frange pourtant aventuriste de la bourgeoisie).

La vraie surprise vient donc du Mouvement 5 étoiles de l’ex-comique Beppe Grillo qui fait une percée avec 25% des suffrages à la chambre des députés. C’est bien sûr là que se situe le principal enjeux des élections et toute analyse sérieuse doit tenter de comprendre ce qu’il représente – et quelle position les révolutionnaires doivent adopter le concernant. Résumer la nature du M5S n’est pas évident, car il se ne se revendique d’aucun parti ou idéologie précise, même si il reprend des éléments à droite et à gauche. Ses positions dépendent en fait quasi-intégralement de l’avis du leader maximo Beppe Grillo. Il entend incarner le dégoût inspiré à bon nombre d’italien-ne-s par la « classe politique », promouvoir l’écologie et les nouvelles technologies, libéraliser l’économie et s’imposer contre la « corruption du système » et les « élites ». On a donc un discours séduisant très largement les déçus de la gauche sur des thématiques ultra-populistes. Mais il ne faut pas pour autant tenter de le comparer à une organisation française, comme le Front de gauche: le M5S s’écarte de la social-démocratie en plusieurs points, économiquement bien sûr, mais aussi par son rejet de l’immigration (Grillo a tenu de nombreux propos ambigus à ce sujet). Une partie de la gauche traditionnelle a un peu vite oublié ces « écarts » en se focalisant sur un discours simpliste prétendant virer les technocrates pour « rendre la parole au peuple », « faire exploser le parlement », etc. Son opposition au projet de LGV (train à grande vitesse Lyon-Turin) lui a aussi attiré de nombreuses sympathies: et si un candidat, pour une fois, incarnait le « mouvement social »? Besancenot, si tu nous lis, ne désespère pas…

Ensuite, une partie de l’extrême gauche a fait le pari de l’ingouvernabilité. Si des « grillini » étaient élus députés (ce qui est désormais le cas pour un paquet d’entre eux, 162 inconnus exactement qui bénéficieront soudainement des avantages du mode de vie parlementaire – et vous croyez vraiment qu’ils vont représenter le peuple?) une majorité stable serait impossible à obtenir et cette crise politique offrirait des perspectives révolutionnaires. Voici la théorie opportuniste, ultra-subjectiviste, défendue par exemple par le Parti des CARC (les comités d’appui à la résistance – pour le communisme). Si ces camarades italiens se sont fait remarquer dans le passé par leurs analyses très pointues de la société italienne et de ses contradictions, ils ont fait l’erreur de croire que le parlementarisme représente un « front démocratique » dans lequel les révolutionnaires doivent s’investir. Ces positions sont largement critiquables et ont amenées à leur appel au vote pour le M5S. Elles reviennent à faire le calcul de l’instabilité, qui devrait mécaniquement renforcer les organisations révolutionnaires et poser les bases d’un pouvoir populaire. C’est une sous-estimation très grave de la force de la réaction, et des liens qui unissent encore dans la péninsule la haute bourgeoisie, les organes de l’État profond et l’extrême droite. Un mouvement révolutionnaire fort, de classe, peut profiter d’un système en crise – Pas un mouvement interclassiste, libéral-réformiste, sans programme ni analyse autre que le « tous pourris » (…sauf Beppe)!

L’appel du parti des CARC à voter pour le M5S est donc symptomatique d’un opportunisme qui frappe encore une fois l’extrême gauche refusant de prendre clairement le chemin de l’antiparlementarisme et de la construction autonome (on vous rassure: de nombreux groupes et structures ont fait ce choix en Italie et se renforcent actuellement). Il est encore plus soutenable de présenter un candidat pour avoir une « tribune » médiatique, comme l’a fait le PCL (trotskiste), que de se mettre à la remorque d’un mouvement finalement assez ambigu et qui peut par son culte du chef et son populisme paver la voie au fascisme. Et pourtant, espérer faire entendre la voix des oublié-e-es en se présentant à une élection, c’est déjà assez pathétique!

Mais qu’en est alors il de l’extrême droite? Rappelons que Beppe Grillo avait défendu publiquement les militants néofascistes de Casapound lors d’une de leurs habituelles pleurnicherie médiatique (les « rebelles à papa » finissent toujours par se retrouver). Et qu’il avait dit que son mouvement leur ouvrait grand ses portes. Nous ne reviendrons pas ici sur la nature et les buts de Casapound, déjà analysés sur ce blog et ailleurs. Rappelons simplement que cette organisation s’attendait grâce à son style novateur et à son discours « anticonformiste » à faire un bon résultat, voir à créer l’évènement en remportant 20% des voix. Ils ont fait finalement… 0,1%. La journée de la claque en somme. Leur slogan visait les professionnels de la politique: « faites les pleurer » (« …en votant Casapound »). Finalement, les électeurs ont plutôt décidé de faire pleurer Gianluca Iannone et sa clique. Nos camarades de Militant proposaient dans cette optique de renommer le groupe phare de Casapound, ZetaZeroAlfa, en « ZetaZero-Virgule-UnAlfa ». Les déclarations des leaders d’extrême droite tentant de justifier ou de relativiser l’échec ont été également un grand moment de spectacle. Mais comment expliquer le score désastreux des « fascistes du troisième millénaire » et de leurs consorts (l’ensemble des mouvements d’extrême droite s’étant présenté indépendamment rassemblant péniblement 400 000 votes, soit 1% des suffrages)? Il ne faut pas chercher très loin pour comprendre qu’une grosse partie de leur électorat a voté pour Grillo ou pour Berlusconi. Au jeu de l’opportunisme politique, on trouve toujours plus fort que soit. Quant à l’extrême gauche parlementaire, ses résultats sont à peu près équivalents – donc, très mauvais. La morale de cette histoire, c’est que le fascisme « authentique » est encore marginal, voire temporairement affaibli; pourtant, ses propositions politiques, son existence comme pôle de concentration du mouvement réactionnaire est réel, et aura tout lieu de s’exprimer parmi des grillini bien peu fermés à ces idées durant les prochaines années. La sainte alliance de la bourgeoisie face au mouvement populaire se profile: vote populiste, vote fasciste, vote conservateur, au final, les programmes convergeront rapidement en cas de mobilisation de masse menaçant des intérêts bien défendus. Les révolutionnaires d’Italie ont obtenu un répit, pas une victoire.

D.

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:08

Un policier tué lors d’affrontements à Port-Saïd

Le secrétaire d’État américain John Kerry a demandé au Caire de redoubler ses efforts pour rétablir la stabilité politique, alors que 253 personnes ont été blessés pendant ces nouveaux heurts.

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Un policier a été tué et un officier supérieur de l’armée a été blessé dimanche 3 mars à Port-Saïd, dans le nord-est de l’Égypte, où des affrontements ont opposé les habitants à la police, faisant plusieurs dizaines de blessés.

Le policier et l’officier militaire, blessé à une jambe, ont tous deux été touchés par des coups de feu tirés par des inconnus devant le siège du gouvernorat de Port-Saïd, selon un communiqué de l’armée. Pendant la journée, des affrontements à Port-Saïd entre des habitants et la police ont fait 253 blessés, selon un bilan du ministère de la Santé, après la décision du ministère de l’Intérieur de déplacer 39 prisonniers attendant un jugement.

Le verdict, qui doit être prononcé samedi, concerne la deuxième partie des accusés dans le procès des violences qui ont fait 74 morts après un match de football dans la ville de Port-Saïd en février 2012. En janvier, 21 personnes, en majorité des supporteurs de football de Port-Saïd, avaient été condamnées à la peine capitale dans un premier volet de cette affaire, ce qui avait provoqué des affrontements dans lesquels au moins 40 personnes avaient été tuées.

Dimanche, les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov contre un poste de police de Port-Saïd, une ville longeant le canal de Suez où une grève générale est entrée dans sa troisième semaine. La police a répondu par des tirs de gaz lacrymogène, selon un responsable de la sécurité. Le ministère de l’Intérieur avait annoncé plus tôt dans un communiqué avoir décidé de déplacer des prisonniers à l’extérieur de Port-Saïd, à commencer par les 39 accusés dans l’affaire du match de football, afin d’éviter de nouvelles violences.

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VOIR LA VIDÉO

Samedi, des manifestants avaient mis le feu à un poste de police dans la ville et empêché les pompiers de l’éteindre. Les habitants de Port-Saïd et d’autres cités sur le canal de Suez se plaignent depuis longtemps d’être marginalisés. (…)

Presse contre-révolutionnaire (tempsreel.nouvelobs.com avec l’Agence Faut Payer, 4 mars 2013)

 

Égypte : deux policiers tués et des centaines de blessés à Port-Saïd

En Égypte, deux policiers ont été tués et plus de 400 personnes blessées dans des accrochages entre policiers et manifestants à Port-Saïd. Parmi les blessés figure un officier supérieur de l’armée. Des violences dues notamment au déplacement dimanche 3 mars à l’aube d’une quarantaine de prisonniers de la prison de Port-Saïd vers Le Caire. Des détenus accusés du meurtre, lors d’un match de football il y a un an, de 74 supporters du club cairote d’Al-Ahly.

Les habitants de Port-Saïd ont très mal pris ce qu’ils ont perçu comme une « déportation ». Depuis le 26 janvier et la condamnation à mort de 21 de ses habitants, Port-Saïd est dans un état quasi insurrectionnel. Ce jour-là, deux policiers avaient été tués dans la prison de Port-Saïd assiégée par les habitants. Au cours des deux jours suivants, 43 habitants de Port-Saïd avaient été tués par balles et un millier d’autres blessés. Même si l’enquête n’a toujours pas commencé, les habitants de Port-Saïd sont convaincus qu’ils ont été victimes de la vengeance de la police.

Seul l’envoi de l’armée avait permis de restaurer le calme dans la ville. Mais celle-ci a décrété la désobéissance civile depuis une quinzaine de jours. Une désobéissance qui affecte les administrations, les usines, les commerces et les écoles. Des habitants ont même décrété « l’indépendance » de Port-Saïd qu’ils ont doté d’un nouveau drapeau.

Tout se passait sans violence jusqu’à samedi quand un véhicule de la police a foncé sur des manifestants faisant cinq blessés.

Un accrochage entre l’armée et la police

Deux policiers ont donc été tués et plus de 400 personnes blessées, dimanche, à Port-Saïd, dont un officier supérieur de l’armée. Selon un communiqué de l’armée, l’officier a été blessé par balle après que des coups de feu ont été tirés par des personnes non identifiées contre les militaires. Mais selon plusieurs témoins à Port-Saïd, il s’agirait d’un accrochage entre l’armée et la police. Les militaires ont tenté de s’interposer entre la police et les manifestants, dont 18 ont été blessés par cartouches. Le ton est monté, une balle a touché l’officier à la jambe, les militaires ont riposté.

Les relations entre les militaires et la police sont tendues depuis le 28 janvier 2011, quand l’ex-président Hosni Moubarak avait demandé à l’armée de prendre en main le maintien de l’ordre. Une tension qui avait même poussé le ministre de la Défense et celui de l’Intérieur à tenir une réunion de réconciliation au terme de laquelle ils avaient posé, main dans la main, devant les caméras.

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Depuis une semaine, et notamment à Port-Saïd, des milliers de personnes ont rédigé des procurations accordant au général Abdel Fattah el-Sissi la direction du pays. Le chef d’une armée que l’on dit ne pas être dans les meilleurs termes avec les Frères musulmans.

Et des accrochages ont eu lieu dimanche 3 mars, place Tahrir, après une attaque de la police contre les manifestants qui y campent depuis des mois. Les violences se sont aussi poursuivies à Mansoura dans le Delta du Nil.

Presse contre-révolutionnaire (Alexandre Buccianti, correspondant de RFI.fr au Caire, 4 mars 2013)

 

Désobéissance civile en Égypte : Unis contre un État qui ne les écoute pas

Le mouvement s’intensifie à Port-Saïd, sacrifiée sur l’autel de la paix sociale. Les promesses de prospérité ne suffisent pas à calmer les esprits. Reportage.

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Samedi [23 février], la ville de Port-Saïd était paralysée par sa septième journée consécutive de désobéissance civile. Depuis la condamnation à mort de 21 supporters de son club local de football, le club Masri, le 26 janvier dernier pour un massacre qui remonte à l’an dernier, les habitants de la ville se sentent victimes de la justice. Cette même justice qui n’a pas vengé leurs propres martyrs, au nombre de 43, tués par la police dans la foulée de ce verdict.

La journée, qui se finira par un large rassemblement sur la fraîchement nommée « Place des martyrs », a débuté par le blocage de la principale voie d’accès à la ville. Camions, autobus et voitures privées piaffent face au barrage. Certains passagers se décident à traverser à pied. Jusqu’à ce que, au terme d’une négociation d’une heure, l’armée obtienne que les manifestants réouvrent la route.

La ville semble sur le pied de guerre. Les rues sont vides, les taxis sont vides et les magasins clos. Le déploiement des tanks est impressionnant et quadrille toute la ville, en particulier devant les bâtiments officiels et les sociétés gouvernementales, comme celles de l’électricité et de l’eau, où les soldats sont en faction derrière des barricades de sacs de sable.

La police est, en revanche, absente, et les commissariats sont fermés, comme les administrations. Des chansons de la guerre de 1956 filtrent de temps à autre des rares voitures ou des appartements. L’école internationale a couvert son portail de bannières noires en signe de deuil. La cour primaire a suspendu ses travaux.

Les jeunes supporters Ultras du club Masri patrouillent pour vérifier l’état des actions de désobéissance civile et motiver le plus grand nombre de personnes à rejoindre le mouvement. La porte du bâtiment des douanes portuaires a été bloquée ainsi que les postes de douane d’Al-Nasr et d’Al-Rouswa.

Vers midi, les employés du Canal de Suez forment une marche, hérissée des drapeaux bleus du Canal, qui sillonne la ville en clamant sa solidarité avec les revendications des habitants. « Nous ne laisserons pas sacrifier le sang de nos enfants. L’injustice est temporaire, la justice doit parler », entend-on. Ces employés ont déjà prévenu qu’ils intensifieraient leur action si le gouvernement persiste à faire la sourde oreille.

Pourtant, la présidence vient de promettre de consacrer 400 millions de L.E. des revenus du Canal au développement des villes du Canal de Suez, et de refaire de Port-Saïd une zone franche. Mais cela ne suffit pas aux Port-Saïdis.

La zone industrielle entre deux eaux

Au sud de la ville, la zone industrielle est en activité sous condition : les usines privées ont passé un accord avec les manifestants pour se joindre ponctuellement aux grèves, comme elles l’ont fait mardi 19 février.

Témoignant des problèmes rencontrés par sa génération, Mohamad Negm, 30 ans, ouvrier, explique : « Pour se faire embaucher sur le port de l’est ou par la Société du Canal, il faut payer 20’000 L.E. Comment voulez-vous trouver une somme pareille ? » D’ailleurs, « les employés des sociétés de gaz et du pétrole sont recrutés dans d’autres gouvernorats », précise-t-il.

Mohamad doit continuer de travailler, mais il voulait d’abord avoir l’assentiment des familles des martyrs, parce qu’il est totalement d’accord avec l’appel à la désobéissance civile. « Nous sommes tous d’accord, affirme-t-il, ça fait plus d’un mois que plus de 40 personnes ont été tuées dans des violences, et il n’y a eu ni excuse du président Morsi, ni commission d’enquête ouverte ».

Selon Ahmad, 35 ans, ouvrier, « la vie est déjà tellement difficile. Presque tout le monde est au chômage ici. Ce n’est pas la désobéissance civile qui perturbe la vie des citoyens, c’est l’économie qui s’écroule ».

Le centre assiégé

Sur la rue Mohamad Ali, les manifestants tiennent un sit-in devant le commissariat sous le slogan « Le peuple est au service du peuple ». Ils rédigent et collectent, le plus sérieusement du monde, des procès-verbaux des citoyens contre le président et les Frères musulmans.

« Nous ne sommes pas des voyous comme le dit le régime. Nous sommes des héros de l’histoire de l’Égypte. Nous voulons les droits de nos enfants et les excuses publiques de la présidence, pour restaurer la dignité de Port-Saïd », dit Magdi Al-Khayat, 50 ans, propriétaire de boutique. Arabi, 28 ans, renchérit : « Essam Al-Eriane et sa clique mentent effrontément en déclarant que notre grève est organisée par des voyous payés 100 L.E. par jour ».

Au marché central, quelques propriétaires de magasin rompent la grève, dans un effort désespéré pour gagner quelques livres. Mais vers 3h, des Ultras du club Masri viennent les forcer à la désobéissance civile. Quitte à jeter à terre le contenu du magasin d’un propriétaire récalcitrant. Les dissidents baissent finalement leur rideau sans un mot.

Entre-temps, les marches ont convergé vers la place du gouvernorat de Port-Saïd, re-nommée « Place des martyrs » par les désobéissants. Ils sont quelques centaines en cette fin d’après-midi. Un sit-in est maintenu jour et nuit sur cette place, avec une dizaine de tentes plantées dans le petit jardin du bâtiment du gouvernorat et deux galeries de photos : une pour les morts et une pour les 21 condamnés à mort.

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Les femmes sont, pour la première fois depuis le début de la grève, remarquablement nombreuses. Ce sont elles qui lancent sans relâche les slogans hostiles au régime. « La voix des femmes est une révolution », scandent-elles, convaincues que les Frères n’ont aucun respect pour les femmes.

Nadia, 17 ans, montrant la photo d’un condamné à mort qui a tout juste 18 ans, s’insurge : « Nous, nous respectons la justice. S’il y a un seul coupable dans ces condamnés, nous le tuerons de nos propres mains. Mais ce verdict ne cherchait qu’à acheter les Ultras ahlawis ».

La même foule qui a ignoré l’état d’urgence et le couvre-feu instaurés par le président Morsi le mois dernier, semble aujourd’hui d’accord pour continuer sa lutte « quitte à mourir de faim ». Convaincus que le régime ne s’intéressera ni à punir les criminels, ni à rétablir les droits des martyrs, les habitants ont déjà assuré qu’ils boycotteront les législatives.

Presse contre-révolutionnaire (Ola Hamdi, Port-Saïd, Hebdo.Ahram.org.eg, 27 février 2013)

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 11:06

R. Ghannouchi chahuté et dégagé de Thala

Le président du mouvement Ennahdha, Rached Ghannouchi, le ministre des affaires religieuses, Nourredine Khademi ainsi que le député  de l’ANC, Walid Bannani ont été accueillis sur les chapeaux de roues ce dimanche à Thala (gouvernorat de Kasserine).

Protestant contre la présence des représentants d’Ennahdha à l’inhumation du militant Ahmed Rahmouni, plusieurs citoyens se sont rassemblés et ont scandé « dégage, dégage » au visage de Rached Ghannouchi et ont saccagé sa voiture si bien qu’il a dû être évacué sous très haute surveillance, rapporte Mosaique Fm.

Presse contre-révolutionnaire (TunisieNumerique.com, 3 mars 2013)

 

(…) Selon Zoubeir Echhoudi, directeur du cabinet de Rached Ghannouchi, quelques jeunes ont jeté des pierres sur le cortège des membres d’Ennhada, qui venaient assister à la ré-inhumation d’un militant tunisien exécuté en 1963 sous le régime du premier président tunisien, Habib Bourguiba. À la demande de la famille, la dépouille d’Ahmed Rahmouni avait été exhumée pour subir une autopsie afin de déterminer les vraies causes du décès.

Depuis un an, plusieurs figures politiques ont été agressées par des citoyens tunisiens mécontents du rendement du gouvernement.

Presse contre-révolutionnaire (AtlasInfo.fr, 3 mars 2013)

 

(…) Selon Shems Fm, les membres du Front Populaire qui voulaient prononcer une élégie en hommage au militant Ahmed Rahmouni, ont également été chassés des lieux par les présents.

Presse contre-révolutionnaire (Business News, 3 mars 2013)

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