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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 12:56

1. Ceux qui croient que la décision de Jebali [de jeter les islamistes hors du gouvernement et d’en former un autre, composé de « technocrates »  NdJL] est un coup de tête solitaire se trompent.

2. C’est aussi une erreur de croire à une manœuvre des islamistes.

3. Elle est imposée et c’est la seule issue.

4. Jebali, confirme son choix et dit l’avoir fait “après consultation avec des parties politiques et… sécuritaires” [c’est nous qui soulignons ; il ne fait guère de doute qu’il s’agit là de la mafia tortionnaire de l’ancien régime qui contrôle la plus grande part du ministère de l’intérieur – NdJL].

(…)

10. La Tunisie est en train de vivre le coup d’État le plus démocratique, le plus subtil et le plus intelligent de l’histoire [sic].

Mohamed Hedi Zaiem (« professeur à l’université de Carthage », leaders.com.tn)

 

Nombre insignifiant de manifestants nahdhaouis à l’avenue Habib Bourguiba

Titre de businessnews.com

 

Qu’on arrête de me parler de brigands et de casseurs que la police poursuit.C’est la même entité qui joue sa pièce de théâtre. #ACAB

@Papiillon, sur Twitter

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/%C2%AB-Brigands-%C2%BB-pay%C3%A9s-par-la-police.jpg

« Brigands » payés par la police

 

Que cherche Béji Caïd Essebsi ? (…) C’est le moment que choisit le leader de Nidè Tounès pour demander la dissolution de l’Assemblée nationale constituante, c’est-à-dire pour remettre en cause la légitimité électorale qu’il a contribué à établir et appeler à un coup d’État contre la constituante (…) Ce vieux renard politique ne voit-il pas que cela pourrait mener à un début de guerre civile et justifier l’intervention ouverte de l’armée… ?

Gilbert Naccache, sur sa page Facebook

 

Les quatre conditions pour être candidat dans le nouveau gouvernement. La présidence du gouvernement vient de publier un communiqué dans lequel sont mentionnées les quatre conditions que Hamadi Jebali, chef du gouvernement, impose aux candidats potentiels pour l’ensemble des ministères, pour la composition du nouveau gouvernement.

D’abord, le candidat ne doit avoir eu aucune participation dans un crime contre le peuple tunisien. Ensuite, il ne doit appartenir à aucun parti politique [c’est nous qui soulignons ; exit donc tous les politiciens et militants, et a fortiori Jebali lui-même – NdJL] (…)

businessnews.com (20h43)

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/La-police-attaqu%C3%A9e-par-des-%C2%AB-salafistes-%C2%BB-cit%C3%A9-Ennour-banlieue-de-Tunis.jpg

La police attaquée par des « salafistes » cité Ennour (banlieue de Tunis)

 

Démonstration de force des salafistes un peu partout dans le pays. Qui a donné l’ordre ? Que veulent-ils ? Il se passe des choses…

@MorsiChaari, sur Twitter

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Published by coutoentrelesdents - dans LUTTES
11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 12:54

Un homme est mort : nous ne laisserons jamais dire que “rien n’a eu lieu”

Mardi 12 février 2013, audience d’appel à la cour d’appel de Versailles suite à l’ordonnance de non lieu de septembre 2012.

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Photos de la premiere commémoration de l’interpellation de Abou Bakari Tandia. Parents, amis, connaissances, citoyens réunis dans la nuit et le froid le 5 décembre 2005.

Abou Bakari Tandia est mort il y a 8 ans, le 25 janvier 2005.

Homme, noir, sans papiers en règle – garde à vue – coma – mort. Cet enchaînement est-il inéluctable ? N’y a-t-il rien à revoir dans le fonctionnement de notre société à ce sujet ?

Comment est-il mort, pourquoi est-il mort ? Sans réponses, point de repos pour la famille et les proches du jeune malien.

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Pourtant mesdames Morel et Bernard, juges d’instruction au Tribunal de Grande Instance de Nanterre, ont rendu une ordonnance de non lieu le 26 septembre 2012, après des années de procédures entachées d’irrégularités : pièces du dossier médical égarées, retrouvées, vêtements absents ou ne correspondant pas à ceux de la victime, dénigrement insidieux de la victime…

Une dernière expertise médicale a été préférée aux trois premières, pourtant réalisées par les irréprochables légistes de l’institut médico légal, qui infirmaient de fait la version policière.

Cette dernière expertise a permis aux juges d’instruction de Nanterre de conclure « que le comportement et les actes effectués par les fonctionnaires de police présents lors de la garde à vue de Monsieur Tandia au commissariat de Courbevoie n’ont aucun lien avec son décès ».

La famille partie civile a fait appel de ce non lieu et l’audience d’appel se tient ce mardi 12 février à la cour d’appel de Versailles, à 9h. Maître Yassine Bouzrou y présentera son mémoire en appel.

Au sujet de ce non lieu, qui s’inscrit dans une véritable épidémie de non-lieux prononcés dans d’autres affaires de violences policières, toutes listées dans le rapport d’Amnesty International sur les violences en France, lire aussi :

- l’article d’Amnesty International Amnesty international (cliquez ici).
- l’article de Valérie Mahaut pour le Parisien (cliquez ici)
- l’article de Résistons Ensemble contre les violences policières (cliquez ici)

Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia, 10 février 2013

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Published by coutoentrelesdents - dans FLICSPORCSASSASSINS
10 février 2013 7 10 /02 /février /2013 13:03

 

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:39

our avoir refusé de donner son ADN aux officiers de l’anti-terrorisme, Charles Torres, « le forgeron de l’affaire Tarnac », lavé de tous soupçons depuis, est passé devant la justice. Le délibéré sera rendu par le tribunal de grande instance de Rouen le 6 mars 2013.

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Mercredi 6 janvier 2013, Charles Torres était jugé pour refus de se soumettre au prélèvement d’ADN. Prélèvement demandé par la cellule anti-terroriste lors d’une garde-à-vue justifiée par sa possible appartenance à l’affaire Tarnac. Au moment de cette garde-à-vue, le 23 février 2012, Charles Torres, forgeron de profession, est soupçonné d’être l’artisan des crochets qui auront servi en 2008 à saboter des caténaires de la SNCF.

Le palais de justice de Rouen accueille donc le jour de l’audience du « Forgeron de Tarnac », tous ses soutiens, sa famille et une bonne dizaine de journalistes alléchés par cette audience connexe à l’affaire Tarnac. Quelques policiers, arnaché de gilets pare-balles et de talkie-walkies. Normal, c’est le procès d’une personne qui soupçonnée début 2012 d’association de malfaiteurs dans une entreprise terroriste.

La juge aura dû, en début d’audience faire taire le public venu en nombre pour soutenir Charles Torres. Celui-ci a souhaité lire devant le tribunal « sa plaidoirie » car il n’est « pas très à l’aise à l’oral ». L’homme de 28 ans, spécialisé dans la forge médiévale, a commencé son diatribe timidement, posant la question qui le taraude : « Pourquoi suis-je ici devant vous aujourd’hui ? Je ne le sais pas, personne ne le sait. À part peut-être, l’officier de la DCRI que j’ai vu arpenter ce tribunal aujourd’hui, avec une veste de moto. »

Le forgeron a eu à cœur de pousser les traits d’ironie, malgré sa gêne à parler publiquement. Il s’est même retourné une fois vers l’assemblée pour chercher du regard un soutien. « Adressez-vous au tribunal », le reprendra la juge. Après avoir raconté sa garde à vue, Charles Torres, cultivé et aux mots littéraires, donne ses hypothèses sur les raisons de sa présence devant le tribunal, s’appuyant sur sa connaissance du droit, de l’histoire et sa culture politique. « Dans refus de se soumettre au prélèvement biologique, il y a refus de se soumettre », commence-t-il, « On incrimine ici ma volonté. »

Le forgeron de Roncherolles-sur-le-Vivier explique ensuite pourquoi il s’est refusé à ce prélèvement d’ADN : « Je m’oppose au fichage génétique. » Il rappelle l’historique du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg) initialement mis en place en 1998 pour ficher les délinquants sexuels, donc les personnes jugées coupables par la justice. Voulant prouver le ridicule de sa présence au tribunal, il se joue de l’adage « Qui vole un œuf, vole un bœuf » : « Qui vole un œuf, viole un bœuf. »

Sans désarmer, Charles Torres continue de justifier son refus de se soumettre, rappelant l’affaire Élodie Kulik, violée puis assassinée (2002). En 2011, les gendarmes parviennent à confondre l’un de ses agresseurs grâce à l’ADN de son père déjà fiché. Le forgeron s’appuiera sur ce détournement du Fnaeg : « Aujourd’hui, donner mon ADN, c’est donner celui de mon frère jumeau, mes parents et mes descendants ». Il conclut : « L’ADN est un instrument de contrôle. » Ce quart d’heure de discours est applaudi par l’assemblée.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/091.jpgContre Charles Torres, le procureur a requis une peine « d’avertissement » : un mois de prison avec sursis. Ce qui ne suffit évidemment pas à Me William Bourdon et Me Marie Dosé, avocats de la défense. Ils s’appuient sur la pauvreté du dossier entre les mains du tribunal de Rouen. « Le tribunal de grande instance de Nanterre vous a confié un dossier de misère. Ce que vous savez, c’est ce que la presse vous a dit et ce nous vous disons », argumente Me Dosé.

Au dossier, quelques procès-verbaux, parfois non datés, ou des notifications de mise en garde à vue de Charles Torres. Le tribunal n’a pas accès au dossier de l’affaire Tarnac dans lequel figurent les raisons pour lesquelles le forgeron a été soumis à une garde à vue. « On vous empêche de vérifier s’il y avait des raisons plausibles pour le détenir » et donc pour lui demander son ADN.

Et Me Dosé d’avancer : « Dans la procédure Tarnac, Charles Torres n’est rien sauf les conséquences de son refus » de se soumettre au prélèvement biologique. Dans leur plaidoirie, les deux avocats du forgeron frôlent la violation de l’instruction judiciaire, sans jamais vraiment tomber dedans. « Les policiers mentent au tribunal, il n’y avait aucune raison pour le mettre en garde à vue, vous devez sanctionner cette manipulation judiciaire », reprend Me Bourdon qui considère le dossier Charles Torres comme « un vide intersidéral ».

Le tribunal rendra son délibéré le 6 mars 2013.

L’affaire du Forgeron soulève une question de constitutionnalité

Charles Torrès est jugé pour avoir refusé de donner son ADN aux policiers de l’anti-terrorisme dans le cadre de l’affaire Tarnac. Pour aller plus loin, ses avocats ont tenté de mettre en doute la constitutionnalité du prélèvement ADN à répétition et du fichage de tout un chacun. Le délibéré sera rendu le 6 mars 2013.

Le procès de Charles Torres, s’est ouvert ce mercredi 6 janvier 2013, au tribunal de grande instance de Rouen. Il est jugé pour avoir refusé de donner son ADN lors d’une garde à vue dans le cadre de l’affaire Tarnac. Ses avocats, Me William Bourdon et Me Marie Dosé, tous les deux au dossier de l’affaire Tarnac, essaieront de poser une question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

Entrée en vigueur en 2010, la QPC permet de mettre en doute la constitutionnalité d’une loi déjà promulguée. Elle peut être posée par n’importe quel citoyen. On la pose devant un tribunal qui décide ou non de la transmettre à la cour de cassation.

Dans l’affaire de Charles Torres, ses avocats mettent en doute la constitutionnalité de l’article 706-56 du code de procédure pénal. Cet article encadre le prélèvement de l’empreinte biologique. Pour Me Bourdon, le dossier de Charles Torres, si petit et si peu extraordinaire soit-il, permettrait « d’envoyer un message puissant aux législateurs ». L’avocat remet en question l’alinéa 4 de l’article. Cet alinéa qui permet qu’en cas de refus de prélèvement, les officiers de police judiciaire peuvent récupérer l’ADN s’il est détaché du corps. « Lorsque Charles Torres refuse de se soumettre, il ne sait pas, que dans son dos, ou plutôt dans ses cheveux, on prélèvera la particule magique », plaide Me Bourdon, « S’il avait su que les policiers de la Sdat pouvaient faire cela, il aurait pu ajuster son comportement ». Ici, l’avocat pointe du doigt la faille de la loi qui peut conduire un citoyen à s’auto-incriminer sans être en mesure de se défendre.

L’avocat parle aussi « d’un cambriolage de l’enveloppe corporelle« , qui porte atteinte au droit de chaque citoyen de disposer de son corps. Enfin, pour plaider le dépôt de cette QPC, Me Bourdon pointe le « laisser-aller, la paresse » des policiers qui ne prennent pas le temps de vérifier si la personne concernée est déjà fichée qui peuvent conduire à une succession de prélèvements ADN sur un même citoyen.

Sans compter que le tribunal de Nanterre qui s’est dessaisi en 2012 de  cette affaire, a omis de prévenir le tribunal de Rouen que la justice était bien en possession de l’ADN de Charles Torres… jugé pour avoir refusé de le donner.

La procureur refuse la QPC au motif que l’article 706-56 du code de procédure pénale aura déjà été jugé constitutionnel, dans sa globalité, par la cour de cassation. Le tribunal est allé dans ce sens et a refusé de transmettre la question prioritaire de constitutionnalité. Le procès de Charles Torres a donc bien eu lieu mercredi 6 février et les débats se sont donc poursuivis pour celui qui risque 15’000 euros d’amende et un an de prison ferme.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Zoé Lauwereys, Grand-Rouen.com, 7 février 2013)

 

Rencontre avec le « Forgeron » de Tarnac

Charles Torres a été « enlevé » par la police début 2012 dans le cadre de l’affaire Tarnac. Il est soupçonné, à ce moment là, d’être complice du sabotage de caténaires en 2008. Aucun fait n’aura été retenu contre lui. Pourtant, il est jugé mercredi 6 février 2013 au tribunal de grande instance de Rouen pour avoir refusé son ADN au moment de la perquisition.

http://juralib.noblogs.org/files/2013/02/08.jpegNous l’avons rencontré la veille de son procès pour refus de prélèvement génétique du 6 février 2013 au tribunal d’instance de Rouen. Avec son pull marin, ses cheveux en bataille, sa moustache et sa chevalière rehaussée d’une pierre blanche, il nous rejoint à la Conjuration des Fourneaux au 149 rue Saint-Hilaire. Le restaurant soutient Charles dans ses déboires judiciaires. Il nous raconte ces trente heures de garde à vue pendant lesquelles il a refusé de parler.

Ce matin du 23 février 2012, Charles Torres dort dans sa chambre, chez ses parents, à Roncherolles-sur-le-Vivier, près de Darnétal. À 28 ans, il y revient de temps en temps pour travailler. Son père, monteur en bronze, lui a installé dans son atelier, une forge pour qu’il puisse exercer son activité d’auto-entrepreneur forgeron. Il est 8 heures du matin quand une trentaine de policier de la sous-direction de l’anti-terrorisme (Sdat) frappe à la porte. « On a eu de la chance, il n’était pas 6 heures du matin et ils n’ont pas défoncé la porte », ironise celui que la presse surnommera le Forgeron dans l’affaire dite « de Tarnac ». Ce matin-là, les policiers de l’anti-terrorisme viennent perquisitionner. Ils pensent avoir trouvé celui qui a fabriqué les crochets en fer à béton responsables du sabotage de caténaires de la SNCF en 2008.

Pour ces faits, qui deviennent très vite l’affaire de Tarnac, dix personnes ont été mises en examen, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et « dégradations en réunion en relation avec une entreprise terroriste ». Les principaux accusés dans cette affaire sont Julien Coupat et sa compagne Yldune Lévy. Le rapport entre Tarnac et Charles Torres ? Ce dernier se l’explique facilement. « Je suis colocataire dans une maison, rue de Constantine, à Rouen, où plusieurs habitants, ont été mis en examen en 2008. Mais je n’étais même pas un des potes de Julien Coupat. Tarnac ce n’est même pas une bande de copains. Concrètement, on me soupçonnait d’avoir un comportement plus ou moins subversif d’un point de vue politique. » Charles avoue même ne pas connaître vraiment le dossier Tarnac, seulement ce que les mis en examen lui auront dit et ce qu’il aura lu dans les journaux. Il délivre son analyse : « Tarnac est devenu un groupe suite aux accusations. Il a fallu donner un cadre, d’où le nom. Ce qui fait que tu es dans le dossier ou pas, c’est ta place dans le scénario de la police. »

Quatre ans après le début de l’affaire de Tarnac, devenu au fil des années un bourbier judiciaire, la Sdat pense donc avoir trouvé un nouveau complice du sabotage. Ce 23 février 2012, « des flics de haut-vol » fouillent donc la maison des parents du forgeron après lui avoir signifié sa mise en garde à vue. Une garde à vue qui durera 35 heures. La perquisition aura fait beaucoup rire Charles qui avoue avoir eu « envie de plaisanter » mais s’être retenu par « peur qu’ils me prennent au premier degré ». « Ils ont fouillé toute la maison, ont retourné ma chambre, ont scruté mes bouquins, mon bureau, mes affaires de fac. Mais ils n’ont rien saisi dans ma chambre », se rappelle-t-il. « Pour prouver l’association de malfaiteurs et me lier aux mis en examen de Tarnac, ils ont saisi de vieux téléphones portables. » Rien non plus n’aura été saisi dans la forgerie, pourtant l’endroit le plus à même de receler des indices du sabotage. Et pourquoi pas quatre ans plus tard ? Charles se rappelle d’un détail qu’il raconte goguenard. « Dans la chambre de mon frère, ils ont trouvé deux cagoules trois trous. Elles avaient été utilisées pour l’enterrement de vie de garçon d’un copain », rit-il encore.

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Charles Torres préférait ne pas être pris en photo.

La perquisition terminée, les policiers le menottent et l’emmènent « à 200 kilomètres/heure » à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine. Avant d’atteindre le siège de la Sdat, il rapporte avoir eu les yeux cachés par un masque de sommeil. « Là, j’ai senti que l’on descendait de cinq étages sous terre. Arrivés dans les locaux, on est passés de sas de sécurité en sas de sécurité »… jusqu’à la salle de garde à vue. Pendant ces 30 heures de garde à vue, Charles refusera de répondre aux questions : « J’ai décliné mon état-civil, sinon j’ai répondu des blagues ». La meilleure solution pour quelqu’un qui ne sait pas ce qu’on lui reproche, mis à part la vague « association de malfaiteurs ». « Ils n’avaient rien pour me mettre en garde-à-vue, il n’était pas question pour moi de leur donner de quoi me mettre en examen ». L’ancien étudiant en histoire se rappelle de quelques questions posées par la police. « Ils m’ont demandé ce que je pensais de la société capitaliste marchande ou quelles étaient mes opinions politiques », évoque-t-il. En lui présentant des photos des crochets utilisés pour saboter les caténaires, on lui aura même demandé s’il les avait fabriqués. Charles répondra avec l’ironie qui lui semble chère : « Vous m’amenez le modèle et je vous fais un devis ».

En fin de garde à vue, on lui demandera de donner son ADN, justifié par « des motifs graves ou concordants » dans l’affaire pour laquelle il était entendu. Chose qu’il refusera. Par conviction. « Je n’ai pas envie de faire partie d’un fichier ADN des catégories politiques », affirme-t-il. Pour lutter contre le « flicage », il refuse aussi d’avoir un téléphone ou une carte bancaire. Ce qu’il ne sait pas, à ce moment-là, c’est que la police a pris soin de nettoyer de fond en comble la salle de garde à vue, revèle Laurent Borredon, dans Le Monde du mardi 5 février 2013 : « Ce matin-là, les policiers ont nettoyé à fond les locaux de garde à vue, à l’aide d’une solution hydroalcoolique. Le bureau et le sol. Dans quelques instants, Charles Torrès va être entendu pour la quatrième fois. Les policiers souhaitent récupérer son ADN et il faut que tout soit immaculé. » Selon Le Monde qui s’est procuré le procès-verbal de la garde à vue, Charles fait bien en sorte ce jour-là de consommer « sa brique de jus d’orange sans en utiliser la paille » puis d’en « laver soigneusement l’extérieur, de sorte à n’y laisser aucune trace biologique. » Charles aura aussi mangé sans utiliser de couverts, « directement au moyen de ses doigts », pour être sûr de ne laisser aucune trace. Les policiers récupèrent tout de même quelques cheveux sur le sol du local où il était interrogé.

L’absurde du procès du mercredi 6 février 2013 ? La justice est en possession de l’ADN de Charles Torres mais on lui reproche de ne pas avoir voulu le donner. Il risque 15’000 euros d’amende et un an de prison ferme. Sur son blog, il appelle ses soutiens à « venir rire » au TGI de Rouen à 13h30, « parce qu’on ne peut que se réjouir de chaque humiliation que l’antiterrorisme s’inflige à lui-même ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Zoé Lauwereys, Grand-Rouen.com, 6 février 2013)

 

Tarnac : un homme jugé pour refus de donner son ADN, déjà prélevé à son insu

Les policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la police judiciaire n’ont pas peur de la contradiction. Le 24 février 2012, à 11h15, ils ont recueilli l’ADN de Charles Torrès, 28 ans, à son insu. Puis, à 11h35, ils ont lancé une procédure contre le jeune homme gardé à vue dans le cadre de l’affaire de Tarnac pour… refus de prélèvement génétique. Charles Torrès doit être jugé, mercredi 6 février, par le tribunal correctionnel de Rouen. Il risque, au maximum, un an de prison et 15’000 euros d’amende. À la suite de sa garde à vue, il avait été relâché sans charge, mais cela n’empêche pas d’être dans l’obligation de laisser son ADN. Il suffit qu’existent des “indices graves ou concordants” contre la personne entendue, indique le code de procédure pénale.

Ce matin-là, les policiers ont nettoyé à fond les locaux de garde à vue, à l’aide d’une solution hydroalcoolique. Le bureau et le sol. Dans quelques instants, Charles Torrès va être entendu pour la quatrième fois. Les policiers souhaitent récupérer son ADN et il faut que tout soit immaculé. Les enquêteurs veulent vérifier si le jeune homme, interpellé la veille près de Rouen, n’a pas forgé les crochets qui ont servi à saboter des lignes de TGV, à l’automne 2008.

“DÉLOYAUTÉ”

Charles Torrès est aussi prudent que les policiers sont méticuleux : il a “consommé sa brique de jus d’orange sans en utiliser la paille, puis en [a] soigneusement lavé l’extérieur, de sorte à n’y laisser aucune trace biologique (…). À l’heure du déjeuner, il a été constaté qu’il mangeait sans utiliser de couverts, directement au moyen de ses doigts”, note le lieutenant de la SDAT, dans son procès-verbal, que Le Monde a pu consulter.

Mais le stratagème réussit : les hommes de la police technique et scientifique parviennent à récupérer “les prélèvements de traces de contact” là où il “a apposé ses mains”. Encore mieux, “à l’aplomb du siège où [il] s’est assis, des cheveux jonchent le sol”. Précis, le policier indique “que la présence de ces cheveux au sol résulte de la propension qu’a manifestée Charles Torrès à se passer (nerveusement) les mains dans les cheveux”. Trente heures de garde à vue dans les locaux de la SDAT, c’est un peu stressant…

Comment justifier une procédure pour refus de prélèvement d’ADN quand on vient de le recueillir ? En faisant comme si de rien n’était : le procureur qui poursuit puis les magistrats qui vont juger le dossier “ADN” n’ont accès qu’aux pièces du dossier Tarnac que la SDAT veut bien leur transmettre. Le PV de recueil de traces génétiques a été opportunément exclu. Au contraire, une enquêtrice justifie la procédure en assurant que le prélèvement demandé à Charles Torrès “aurait utilement permis de déterminer le profil génétique de l’intéressé aux fins de comparaison avec les empreintes génétiques à ce jour non identifiées”.

“Il s’agit d’un symptôme de plus de la déloyauté qui contamine tout le dossier”, estime Me William Bourdon, l’un des avocats de Charles Torrès. Il souhaite déposer une question prioritaire de constitutionnalité, mercredi. Pour lui, les articles de loi sur les prélèvements d’ADN sont “défaillants” face au principe de libre disposition de son corps : l’officier de police judiciaire n’a pas d’obligation d’informer qu’il peut y avoir un prélèvement clandestin, puis que ce prélèvement a eu lieu — ce qui interdit tout recours — et, enfin, il n’est pas obligé de vérifier que le gardé à vue est déjà fiché, avec le risque d’une multiplication des prélèvements.

Et la comparaison des empreintes génétiques ? Au final, elle n’a rien donné.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Laurent Borredon, LeMonde.fr, 5-6 février 2013)

 

Pourquoi j’ai refusé de livrer mon ADN

Le 6 février 2013, Charles Torres comparaît au tribunal de Rouen pour avoir refusé le prélèvement de son ADN lors d’une garde à vue de 35 heures début 2012. Forgeron, on le soupçonnait de complicité dans l’affaire de Tarnac et d’avoir fabriqué les crochets qui servirent à bloquer des TGV en 2008.

Le 23 février 2012, je fis bien malgré moi une entrée fracassante dans l’affaire dite « de Tarnac ». Une escouade de policiers de la Sous-Direction antiterroriste (SDAT), avec à leur tête le médiatique juge Fragnoli, vint me sortir du lit de bon matin. Bien qu’habitant la Seine-Maritime, je devins ce jour-là « le forgeron de Tarnac ». À défaut de pouvoir établir le moindre lien entre les mis en examen et les fameux crochets, le juge voulait à toute force insinuer un lien entre eux et quelqu’un qui aurait pu les fabriquer. Je fus donc, avec mon père de 86 ans, soupçonné le temps d’une garde à vue d’avoir confectionné les crochets qui servirent à bloquer des TGV une nuit de novembre 2008.

On sait que le storytelling antiterroriste ne s’embarrasse guère de la vraisemblance, et les différents articles parus dans la presse lors de mon arrestation le reproduisirent fidèlement. Il n’y eut d’ailleurs à peu près personne pour mentionner le fait que je fus libéré au bout de 35 heures sans la moindre charge ; et ni le juge ni les policiers ne me présentèrent leurs excuses pour m’avoir ainsi kidnappé sans raison valable. Faute d’excuses, je pensais qu’ils auraient à cœur de se faire oublier pour ces 35 heures de séquestration légale. Sur ce point, c’est bien moi qui me suis trompé.

Comme je le précisais plus haut, des amis harcelés par l’antiterrorisme, j’en ai quelques-uns, à Rouen comme à Tarnac. Je lis la presse aussi. De ce fait, je sais comme tout un chacun que tout ce que l’on peut déclarer dans une garde à vue a vocation à être déformé et utilisé contre vous. Je réservais donc mes réponses aux questions des policiers sur mes idées politiques au juge en charge de l’enquête. Malheureusement, il ne crut pas bon de me recevoir. Quelques jours plus tard,  je fis tout de même l’effort de lui écrire afin de ne laisser aucun doute quant à l’erreur manifeste que représentait mon arrestation. Le jour même où cette missive devait paraître, le juge, qui allait être dessaisi, la recouvrit de l’annonce de son autodessaisissement. Il fit ainsi d’une pierre deux coups, et la missive ne parut jamais.

Pas plus que je n’avais de raison d’être en garde à vue à Levallois-Perret, n’avais-je de raison de livrer mon ADN à la police, qui de toute façon alla le récupérer lamentablement sous la forme d’un cheveu laissé sur le sol d’une salle d’interrogatoire. Je refusai donc. Faut pas pousser.

Mais refuser de donner son ADN est un délit, en soi. C’est-à-dire que même lorsque l’on vous l’a pris malgré vous, qu’on l’a analysé, qu’il vous a dédouané et que vous êtes à l’évidence lavé des soupçons qui avaient justifié qu’on vous le demande, vous êtes encore et toujours coupable d’avoir refusé. C’est cela la loi sur l’ADN, et c’est pour cela que je comparaîtrai au tribunal de Rouen ce mercredi 6 février.

De prime abord, on pourrait penser que je suis, ici, victime de l’un des effets pervers d’une loi mal formulée et qu’il suffirait d’un peu de bon sens pour que tout rentre dans l’ordre. C’est tout le contraire que mon procès révèle.

On peut ainsi remettre en question l’efficacité de l’ADN, et la mystification qui consiste à corréler une trace souvent partielle avec un acte. On peut évoquer ce professeur d’EPS récemment accusé d’avoir tiré sur la police à Amiens car son ADN avait été retrouvé sur une arme : il avait eu le malheur de revendre sa voiture à quelqu’un du quartier insurgé longtemps auparavant. Coup de chance, il put prouver qu’il était en Bretagne la nuit des tirs. On peut avancer le cas de cette chimiste assermentée de Boston, Annie Dookhan, qui par zèle a bidonné, des années durant, ses « expertises », ce qui aboutit à la remise en cause de dizaines de milliers de condamnations dans le Massachusetts. On peut faire valoir que les traces génétiques que partout nous déposons se mêlent et s’entrelacent avec toutes celles de tous ceux que nous croisons, que nous aimons. Que l’existence est toujours collective et qu’aucune analyse génétique ne permettra jamais de décrypter le monde tel qu’il est vécu.

On peut tout autant s’indigner du fait que ce qui fut initialement vendu comme le « fichier des violeurs » comporte aujourd’hui plus de 2 millions d’identifications. On peut même tomber des nues en lisant dans Le Monde du 21 février 2012 que désormais la police, grâce à un « vide juridique », détourne les garde-fous du FNAEG pour retrouver des gens grâce à l’ADN de leurs parents (ce qui fait évidemment exploser le nombre de personnes effectivement fichées à des dizaines de millions).

On peut arguer de tout cela, et certainement faut-il le faire. Mais c’est manquer l’élément essentiel. Ce qui nous pose problème avec le fichage ADN, ce n’est pas qu’il soit faillible. Ce qu’il y a d’effroyable dans le fichage génétique, c’est précisément son efficacité, son efficacité policière. Couplée à l’antiterrorisme dont on a vu qu’il permet d’arrêter à peu près n’importe qui pour à peu près n’importe quoi, la loi sur l’ADN ne fait qu’affranchir la police de toute contrainte légale pour assurer le maintien de l’ordre par tous les moyens nécessaires. C’est pourquoi elle sanctionne ceux qui, pour le vol d’un camembert, refusent de s’y soumettre. Dans l’époque mouvementée qui s’annonce, où l’ordre existant ne tient plus qu’à un fil, l’ADN est pragmatiquement un outil sans pareil.

C’est tout aussi pragmatiquement qu’il nous faut nous opposer à ce que la police détienne nos codes génétiques pour 20 ans. Parce qu’il n’est pas question de leur laisser un tel chèque en blanc. Parce que l’exiger au prétexte que quelqu’un serait anarchiste ou communiste voire syndicaliste, la police le fait déjà.

Ce n’est pas une question de loi, ni même de raison ou d’arguments, c’est la confrontation de deux pragmatismes : celui du contrôle des populations contre celui de l’insoumission du vivant. Cela relève du politique. C’est pourquoi il nous faut massivement et systématiquement nous soustraire aux relevés d’empreintes génétiques. Parce que l’arsenal sécuritaire derrière lequel cette société se retranche dit assez combien elle sait que ses jours sont comptés.

Les invités de Mediapart, 5 février 2013

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:38

B(L)OCAGE
ZAD Partout, THT, TGV Nulle Part

Un refus, un “NON” ou un “Stop !” adressé à un “Grand Projet Inutile”. Une volonté de se réapproprier sa vie, de ne plus vivre selon les codes et les normes de société industrielle de consommation. Des cabanes construites dans les arbres. Une pluie battante, qui tombe parfois sans s’arrêter plusieurs jours de suite. De la boue jusqu’aux genoux à n’en plus finir. Des bottes qu’on est content d’enlever à la fin de la journée et, qui en dégageant un délicieux parfum, mettent des jours à sécher. Des nuits froides où l’on se couvre de multiples couvertures pour rester au chaud. Des frontales qui s’activent dans la nuit, autour des machines affrétées par une grande entreprise. Des réveils difficiles parce qu’il faut se sortir de son cocon chaud pour aller bloquer les travaux d’un début de chantier, ou des mairies pendant une enquête publique. Des rassemblements publics de soutien, et des discussions interminables sur “les bilans de la lutte et ses perspectives”, sur la “violence”, sur “les médias”. Une existence qui apprend à faire avec une omniprésence gendarmesque dans nos espaces de vie. Une profonde désillusion sur la “démocratie”, sur la “république”, sur cette “France, État de droit, et patrie des droits de l’homme”. Une rage grandissante contre un système qui impose à coups de matraque, de lacrymos, de grenades, les intérêts capitalistes de grandes entreprises. Une colère face à leur violence, celle qui feint d’écouter, celle qui mutile, celle qui convoque et condamne ceux que l’on aime… Une conviction : notre lutte a dépassé son cadre “local”. Une hypothèse : notre organisation horizontale peut nous emmener jusqu’à la victoire. Une question, que sont nos victoires ? Qu’est ce que c’est LA victoire ? Une certitude, nous ne serons plus jamais les mêmes…

Où suis-je ?

La ZAD de Notre-Dame-des-Landes ? Oui… mais pas que… Ce tableau peut pour beaucoup, paraître être restreint à celui de la “Zone À Défendre”, celui de la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, largement médiatisé, et qui a de loin touché le plus de monde. Pour autant, il est déroutant de constater que cette description peut coller à de nombreuses luttes passées, présentes, ou à venir. Il ne s’agira pas ici de faire un état des lieux de tous ces combats, mais plus de se concentrer sur les rapports de deux luttes “bocagères” qui ont eu et ont toujours lieu aujourd’hui. Celle de NDdL, et celle, contre la construction de la THT Cotentin-Maine.

Aujourd’hui, nous luttons contre la même logique d’asservissement des territoires qui vise à rendre nos espaces attractifs, aménagés pour l’économie marchande, et quadrillés pour le contrôle de l’ordre établi. Chaque zone, chaque espace, chaque personne doit avoir un rôle ou une fonction au service des métropoles. Dans un souci d’entretenir une façade “démocratique”, ces projets sont systématiquement imposés selon le même protocole : débats publics, enquête publique, déclaration d’utilité publique, mesures de compensation et de rachat, pression financières de corruption sous forme de subventions… D’un bout à l’autre du bocage, ce qu’ils cherchent c’est d’abord acheter le silence, celui des mairies, des conseils départementaux, régionaux… mais aussi et surtout celui des individus, des associations et des riverains.

Face à ces procédés, ce n’est ni le silence, ni la résignation, mais bien la résistance qui a été notre premier instinct. Un refus adressé à ce système, à ce “monde du progrès” dans lequel on hésite pas à supprimer les aides sociales ainsi que des postes dans l’enseignement et la médecine au profit de l’armement des forces de l’ordre, et d’une invasion colonialiste pour par exemple, s’assurer une mainmise sur des gisements d’uranium. De là, notre opposition est devenue une lutte, un combat de tous les jours pour la réinvention perpétuelle de nos existences, bien en dehors de ce système là. Notre lutte, s’est organisée, en associations, collectifs ou assemblées horizontales. Le “subir” a été enterré au profit de “l’agir”. Manifestations, rassemblements, réunions d’information, recours juridiques, mais aussi grève de la faim, actions publique d’interférences, blocages, barricades et sabotages sont devenus nos armes. Et les différences de ces modes d’action nous ont apporté une diversité qui n’a fait que nous enrichir.

Cependant, une partie du commun de nos luttes c’est aussi la répression. Celle exercée par l’État, qui à coups de surveillance, de convocations, de condamnations, de matraques, de gaz et de grenades, a tenté de nous faire taire. Nous savons aujourd’hui, en Loire-Atlantique, en Manche et en Mayenne, ce que c’est la “vie en zone occupée, en zone militarisée”. Nous avons pu faire l’expérience d’une stigmatisation de nos luttes qui cherche à nous diviser entre opposant-e-s.

Pour autant, cette offensive n’a pas réussi à ébranler nos solidarités, ni à diminuer notre détermination. Pour ceux-elles de la THT, ce ne sont pas les multiples garde à vue, condamnations, blessures et mutilations, pas plus que la coupe du bois ou la construction des derniers pylônes de la ligne qui ne signent la fin de la lutte. Pour ceux de la ZAD, l’opération d’expulsion “César” menée par les forces de l’ordre n’a été que l’étincelle d’un mouvement très large de résistance qui ne fait que grandir chaque fois qu’un lieu de vie est menacé d’expulsion.

Aujourd’hui, ce que nous souhaitons, c’est partager ce commun de lutte. Le partager pour nous enrichir mutuellement encore plus. Pour que ce partage devienne une force. Pour que le “Contre l’aéroport et son monde” et “le Contre le Nucléaire et son monde” deviennent une seule et même expression. Parce que la convergence de nos luttes doit pour nous devenir plus qu’une écriture de textes.

De ce fait, à l’heure où l’abandon du projet d’aéroport paraît plus que probable, où un nouveau lieu permanent se crée dans la Manche pour continuer le combat contre le Nucléaire, la question des victoires semble se poser. Alors que les rencontres, les amitiés et les solidarités que nous avons pu tisser apparaissent comme un butin qu’ILS ne nous reprendrons jamais, pouvons-nous espérer arracher encore plus ? Qu’est-ce qu’un abandon du projet d’aéroport signifierait pour toutes les autres luttes dites locales ? Comment constituer une réelle plateforme de lutte commune dans les bocages ? Comment généraliser nos combats jusque dans les périphéries bétonnées de la métropole ?

Venez en discuter avec nous les 9-10 mars 2013 sur la ZAD.

Programme :
Samedi midi : pique-nique auberge espagnole. RDV 12H30 à la Chat-Teigne •Samedi après-midi : discussion sur l’historique et la convergence entre la lutte anti-THT et la lutte à NDDL, 14h à la Chateigne  Samedi soir : projection du film THT, Remballe ton Elek + concert  Dimanche : randonnée publique et pique-nique sous les pylônes de la ZAD. RDV 11h aux Rosiers

Liste de diffusion stop-tht, 8 février 2013

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Published by coutoentrelesdents - dans EVENEMENT
9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:37

Les ouvriers en lutte de PSA Aulnay sont en grève reconductible illimitée depuis le 16 janvier 2013. Les ateliers de montage et de ferrage sont occupés par les grévistes… Face à eux des dizaines de cadres envoyés par la direction pour tenter de casser la grève.

• Court reportage réalisé le 31.01.2013 à l’atelier de montage puis de ferrage pendant l’occupation de l’usine. Télécharger

• Entretien avec Brahim sur la convergence avec les ouvriers en lutte de Renault Cléon. Réalisé le 31.01.2013 dans l’atelier de montage occupé. Télécharger

• Entretien avec Mimoun sur l’organisation de la grève et la répression patronale. Réalisé le 05.02.2013 sur le parking de l’usine. Télécharger

• Entretien avec Salvator sur l’organisation de la grève et le mouvement de lutte. Réalisé le 05.02.2013 dans l’atelier de ferrage occupé. Télécharger

• Prise de son durant l’intervention d’un délégué CGT sortant d’une réunion avec la direction. Réalisé le 05.02.2013 dans l’atelier de montage occupé. Télécharger

• Prise de parole de Xavier Mathieu, figure de la lutte des Continental de Clairoix en solidarité avec les grévistes d’Aulnay. Réalisé le 05.02.2013 durant le meeting organisé par les ouvriers en luttes sur le parking de l’usine. Télécharger

Réalisé par l’équipe de l’émission Au fond près du radiateur sur FPP – Sons en luttes, 6 février 2013

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:36

13h58. Tunisie : échauffourées aux funérailles

La police a tiré des gaz lacrymogènes sur des dizaines de manifestants dans le centre de Tunis ainsi que des casseurs [sic - NdJL] aux abords du cimetière où l’opposant Chokri Belaïd doit être inhumé.  Des groupes de casseurs ont voulu attaquer des voitures face au cimetière et la police les a dispersés avec du gaz lacrymogène provoquant un bref mouvement de panique. La police a aussi pourchassé à coup de matraque et de gaz des jeunes manifestants scandant “dégage, dégage” sur l’avenue Habib Bourguiba.

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Publié par le savoir-faire français (LeFigaro.fr, 8 février 2013)

 

(…) 13h15. Affrontements à Gafsa. Selon Al-Jazeera et The Guardian, la police tire des gaz lacrymogènes à Gafsa, une ville ouvrière dans le sud de la Tunisie, pour disperser des manifestants armés de pierres et de cocktails molotov. (…)

Publié par le savoir-faire français (LeParisien.fr, 8 février 2013)

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:33

ArcelorMittal : un manifestant belge perd l’usage d’un œil, enquête interne à la police

Un intérimaire belge d’ArcelorMittal a perdu l’usage d’un œil après avoir été touché par un tir d’arme à balles souples lors d’une manifestation internationale de métallurgistes mercredi 6 février à Strasbourg. Les directions générales de la police et de la gendarmerie nationale françaises ont demandé à leurs inspections de mener une enquête au sujet de cet incident.

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L’incident a eu lieu lors d’un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, qui essayaient empêcher les manifestants d’approcher du Parlement.

John David, 25 ans, travaille en intérim sur le site de Flémalle, dans l’agglomération de Bruxelles. Il était venu manifester devant le Parlement européen pour se joindre à ses collègues venus de Liège (Belgique), de Florange (Moselle) et du Luxembourg. L’incident a eu lieu lors d’un face-à-face tendu avec les forces de l’ordre, qui essayaient d’empêcher les manifestants d’approcher du Parlement. Le jeune homme, dont le visage était en sang, avait été évacué par deux collègues avant l’arrivée des pompiers.

“Les récits affluent pour dire que les forces de police tiraient avec des balles en caoutchouc à hauteur d’homme, à hauteur de la tête”, a affirmé un syndicaliste wallon de la FGTB, Jean-Michel Hutsebaut, dénonçant “un pas inacceptable qui a été franchi”. Le numéro un du syndicat français CGT, Bernard Thibault, s’est dit jeudi “scandalisé” par la “réception brutale” des métallurgistes par les forces de police mercredi à Strasbourg, dénonçant un comportement de la police qui assimile selon lui les manifestants à “des délinquants”.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 7 février 2013)

 

Manuel Valls lance un avertissement aux ouvriers en colère

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, qui s’est inquiété mardi des risques “d’implosion sociale” en France en raison de la crise économique, a lancé jeudi un avertissement aux ouvriers en colère, estimant qu’il n’y a “pas de place pour la violence”.

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L’annonce par Goodyear Dunlop France de son intention de fermer son usine de pneumatiques d’Amiens-Nord (Somme), les licenciements prévus à PSA et la confusion quant à l’avenir de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne (Seine-Maritime) ont ravivé des tensions en France, théâtre d’annonces à répétition de plans sociaux depuis plusieurs mois.

“Il y a de la désespérance chez les ouvriers, chez les ouvrières, il y a de la colère. (…) J’en appelle évidemment à la retenue, au dialogue social, à la recherche de solutions”, a dit jeudi le ministre de l’Intérieur sur Europe 1.

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“Il n’y a pas de place pour la violence, et je lance évidemment un avertissement, la police, elle fait son travail, mais on ne peut pas admettre qu’on cherche à casser l’outil de travail, à briser des mobiliers urbains, qu’on s’attaque à des édifices publics, qu’on lance des boulons sur des policiers”, a-t-il ajouté.

Le ministre du Travail Michel Sapin a de son côté appelé de ses vœux un “dialogue renoué entre les organisations syndicales et la direction de ces entreprises”. “On peut comprendre qu’il y ait de la tension, qu’il y ait parfois même de la colère chez les syndiqués, chez les salariés concernés”, a-t-il dit sur Radio Classique et Public Sénat. “Nous sommes là pour trouver des solutions”, a-t-il ajouté.

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ArcelorMittal : un ouvrier a perdu l’oeil droit lors des heurts à Strasbourg

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Interrogé mardi sur BFM TV, Manuel Valls avait estimé qu’on assistait “moins à des mouvements sociaux qu’à des explosions, des implosions sociales”.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Reuters, 8 février 2013)

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9 février 2013 6 09 /02 /février /2013 12:16

Suite à la publication de l’article de nos partenaires de Street Press sur Rue89, une grosse polémique a éclaté entre l’auteur de l’article, les auteurs cités et la rédaction de Rue89.

Selon l’article de Street Press, dans leur ouvrage « Les féministes blanches et l’empire », Stella Magliani-Belkacem et Félix Boggio Ewanjé-Epée affirment que l’homosexualité, identité occidentale, n’est pas adaptée au monde arabe et africain. « Et par “ analogie ”, pas adaptée non plus à ceux qui en sont issus : les habitants des “ quartiers populaires ” », écrit l’auteur de l’article.

Le sujet, sensible, a suscité des centaines de commentaires et la colère des auteurs du livre qui estiment que leur travail n’a pas été compris (ou lu).

J’ai longuement discuté avec Stella Magliani-Belkacem ce vendredi. Elle conteste plusieurs éléments de cet article. Elle relève également une erreur dans la tribune que nous avons commandé à Abdallah Taïa en réaction à l’article de Street Press : elle rappelle que ni elle, ni son coauteur ne font partie des « Indigènes de la République ». Une réponse de Stella Magliani-Belkacem sera publiée sur Rue89 dans les prochains jours.
VOIR LE DOCUMENT

(Fichier PDF)

En attendant, estimant que ses écrits ont été déformés, elle nous a autorisé à publier l’intégralité du chapitre auquel fait référence Street Press. J’ai lu ce chapitre. Il n’évoque jamais une « homosexualité imposée par l’Occident ». Il n’est pas non plus homophobe. Au contraire.
Nous pensons que la lecture de ce texte permettra de rétablir la pensée et les propos des auteurs. Elle permettra aussi à chacun de de poursuivre ce débat en ayant pris connaissance de tous les arguments.

Extrait de « Les féministes blanches et l’empire », de Félix Boggio Éwanjé-Épée et Stella Magliani-Belkacem (Editions de la Fabrique).

Chapitre 5 - Solidarité internationale et hégémonie occidentale (début)

« Jusqu’ici, nous avons voulu souligner ce que le mouvement féministe avait négligé, dans ses analyses et ses choix stratégiques, et qui a donné lieu à une collusion d’intérêts avec un pouvoir raciste. Il est selon nous impossible de mener à son terme cette démarche sans prendre en compte les enjeux propres à la lutte contre les oppressions sexuelles – contre l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie. Ces luttes sont distinctes du combat féministe dans son ensemble et elles ont suivi une trajectoire, des scissions et des modalités d’organisation propres.

Mais nous sommes convaincu•e•s que l’oppression sexuelle s’inscrit pleinement dans le système qui produit les genres et les hiérarchise. Il existe des similitudes claires entre la dynamique des mouvements féministes de la seconde vague et les mouvements révolutionnaires homosexuels de la même époque, tout comme il existe des points communs dans la manière dont les forces réactionnaires réinvestissent des idées formulées par ces deux mouvements.

Comme dans le cas du féminisme, la réaction contemporaine n’a eu de cesse ces dernières années de faire des non-Blancs la première menace contre les homosexuels.

Du “ jeune de banlieue ” viriliste et macho jusqu’aux musulmans “ intégristes ”, les hommes noirs et arabes, mais aussi les cultures non occidentales – en particulier islamique – sont représentés comme une force majeure de la domination hétérosexiste contemporaine.

Comme on l’a souvent rappelé, cette manœuvre n’est là que pour dédouaner la France blanche de son homophobie, de sa lesbophobie et de sa transphobie structurelles, inscrites dans la législation, les dispositifs scolaires et médicaux ou encore les politiques d’accès aux soins. »

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8 février 2013 5 08 /02 /février /2013 13:02

CED

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