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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 14:15

L'Auteur

Tawa fi Tunis


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La révolution n’est pas terminée en Tunisie. Les graffeurs du collectif Zwewla se battent pour exprimer la cause des oubliés de la révolution. Ils ont été interpellés début novembre pour trouble à l’ordre public. Sur Internet, les Tunisiens se mobilisent pour leur cause.

Le Z noir des graffeurs bazardé sur les murs des villes tunisiennes n’est pas sans rappeler le Z vengeur du héros Zorro. Comme le personnage, l’histoire d’Oussama Bouagila et de Chahine Berriche est celle d’un engagement en faveur des plus défavorisés, des oubliés de la révolution. Excepté que la réalité a vite rattrapé ces deux jeunes étudiants tunisiens, membres du mouvement «Zwewla»La nuit du 3 novembre, ils ont été interpelés par la police en train de faire des graffitis sur les murs de Gabès. Ils sont accusés, d’avoir diffusé de fausses nouvelles portant atteinte à l’ordre public. Leur procès se déroulera le 5 décembre avec plusieurs accusations qui criminalisent l’art de la rue.

Les deux jeunes tagueurs sont aussi accusés de taguer sans autorisation sur les murs de bâtiments publics, d’avoir violé l’Etat d’urgence. Ces trois accusations s’inscrivent sous l’article 303 du code pénal, (Modifié par le décret du 6 juin 1946), le décret de loi 50 (promulgué en janvier 1978) celui sur l’ l’Etat d’urgence, et les deux articles 50-54 du décret- loi n°115 de l’année 2011 qui concernent le délit des fausses nouvelles portant atteinte à l’ordre public (fortement critiqué par les défenseurs de la liberté d’expression comme l’ONG RSF). Les peines pour ces trois chefs d’accusation peuvent aller jusqu’à deux ans et trois mois de prison et jusqu’à 17 500 dinars d’amende.

Depuis quelques semaines, les réseaux sociaux et des activistes tunisiens expriment leur soutien à la cause du mouvement «Zwewla». Le réseau rassemble de jeunes étudiants, chômeurs et même travailleurs tunisiens de différentes régions en Tunisie. Ils se considèrent«marginalisés»«oubliés» ou plutôt «trahis» par les élections. Elles n’ont pas mené, d’après eux, à une transition politique véritablement démocratique et en faveur des classes sociales les plus défavorisées.

La signature Zwewla qui signe des slogans contestataires. Crédits Photos: Page Facebook Zwewla

Oussama, étudiant en Master de Droits des Affaires, et initiateur du mouvement «Zwewla»explique que derrière le graffiti, s’exprime clairement une revendication sociale:

«Nous avons fait ce mouvement de graffiti parce que personne ne parle de nous, de nos problèmes de chômage, de pauvreté et de marginalisation.  Nous avons donc décidé de parler par nous-mêmes. Pourquoi le graffiti? Parce que le graffiti est plus accessible au tunisien qui n’a pas Facebook par exemple.» Le graffiti, accessible à tous selon l’auteur, simplifie aussi le message à faire passer.

Pour Chahine, originaire de Gabès et deuxième accusé dans cette affaire, l’affaire touche aussi à la liberté d’expression: 

«Le problème, ce n’est pas la police qui a essayé de nous arrêter ou qui nous a confisqué notre matériel. Le vrai problème, c’est la loi qui s’applique pour les uns et pas pour les autres. Et la loi en elle-même ne garantie par la liberté d’expression et continuer de réprimer avec les mêmes méthodes des anciens dictateurs, les activistes et militants».

Les deux jeunes graffeurs ne comprennent pas comment des graffitis peuvent-elles toucher à l’ordre public. Après la révolution, beaucoup de graffitis et tags sont apparus sur les murs des villes, avec des slogans révolutionnaires. Traces du mouvement social, ces images ont symbolisé aussi un nouvel art qui prenait son essor en Tunisie comme l’a montré la manifestation Kif Kif international en mars 2012 où les tagueurs ont pu dessiner une fresque sur les murs de Tunis. Des graffeurs sont même entrés dans la maison des Trabelsi pour« redécorer » à leur façon la maison du clan déchu. Aujourd’hui, les membres de Zwewla se servent du tag pour interpeller l’opinion public et les politiques sur les promesses de la révolution. Des slogans tels que «ils t’ont oublié zaweli», «Le peuple veut les droits du zaweli» ou «où est la constitution? » peuvent-ils vraiment toucher à l’ordre public? Ou même peuvent-elles être des «fausses informations ?»

L’ONG Reporters Sans Frontières, a précisé, dans un rapport, publié le 14 février 2012, que «L’application de ce texte (l’article 54) doit se faire avec précaution pour garantir le libre débat sur les questions d’intérêt général, lequel peut, s’il est trop passionné, véhiculer des informations insuffisamment vérifiées ou déformées.  Elle doit exclure de son champ d’application la simple diffusion d’opinions participant de la libre discussion en démocratie.»

 

 

 

 

Graffiti à Regueb

 

 

 

Dans certains pays comme la France, le graffiti est illégal car il est considéré comme une«dégradation d’un bien d’autrui» mais en Tunisie, aucune loi n’existe pour réglementer l’art urbain et le recours au «trouble de l’ordre public» peut entraîner une peine trop lourde par rapport au délit initial. Cette affaire rappelle, l’affaire des deux internautes de Mahdia, condamnés à sept ans de prison à a suite à de la publication de quelques photos et livres sur Facebook où ils revendiquaient leur athéisme. La sévérité des chefs d’accusations tout comme la peine finale avait choqué l’opinion internationale.L’article sur la liberté d’expression dans la constitution sur la liberté d’expression n’a pas été encore approuvé. Le flou juridique mène alors à des recours trop radicaux selon certains comme pour les deux tagueurs,. Selon ces derniers, l’utilisation répressive de cette loi va à l’encontre de la liberté d’expression

«Nous ne sommes pas des criminels. Nous sommes des simples citoyens qui essayons de communiquer, de revendiquer et de militer d’une façon pacifiste. Je demande à tous les tunisiens de venir nous soutenir le jour du procès et même avant pour montrer au monde entier que la révolution tunisienne est loin d’être finie » explique Oussama avant que Chahine ajoute avec amertume «au lieu de nous mettre en prison, l’État aurait du nous préparer des murs abandonnés ou des lieux spécifiques pour le graffiti, c’est un art reconnu dans le monde entier. Pourquoi pas en Tunisie?»

A Gabès, la ville où ils ont été arrêtés, le graffiti est pourtant reconnu comme un art à part entière. Un autre graffeur, El Seed avait réalisé un graffiti mélangé à de la calligraphie sur la Mosquée principale de la ville. L’œuvre avait été commandée et approuvée par la municipalité.

Les jeunes de «Zwewla» ne resteront pas les bras croisés jusqu’au procès. En effet, une pétition circule sur Internet sous le titre «le Graffiti n’est pas un crime», elle a regroupé pour le moment 345 signataires. Une manifestation a été organisée, le jour de l’ouverture des Journées Cinématographiques de Carthage, pour revendiquer la liberté d’expression. D’autres actions de Graffiti se tiendront à Tunis et même à l’étranger pour sensibiliser l’opinion publique.

Henda Hendoud

A lire aussi:

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tiré de http://blog.slateafrique.com

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 10:14

France Infos, 27 mars 2013 :

Cet établissement de ZEP (Zone d’éducation prioritaire), situé dans le nord de Paris, a inspiré le livre et le film qui a reçu la Palme d’or, à Cannes, en 2008. Les enseignants du collège Mozart sont aujourd’hui en grève. Ils dénoncent le manque de moyens.

C’est l’ancien collège de l’écrivain François Begaudeau. Il y enseignait le français. Il a écrit un livre pour raconter la vie quotidienne dans l’établissement. Le livre est devenu un film, réalisé par Laurent Cantet. François Begaudeau y jouait son propre rôle.

C’est une fiction, proche du documentaire. Les spectateurs ont découvert la vie d’un collège de ZEP, avec ses espoirs, ses réussites, mais surtout ses naufrages, les énormes difficultés pour faire tourner l’établissement. Les élèves viennent souvent de familles pauvres, immigrées. Certains sont complètement perdus. La tension est très forte, entre les adolescents, face aux enseignants, et parfois aussi entre les adultes eux-mêmes.

 

Ce que vous avez lu dans le livre, ou ce que vous avez vu dans le film, c’est la situation d’aujourd’hui au collège Mozart, dans le nord de Paris. Depuis lundi, les enseignants sont en grève reconductible. Ils sont à bout. D’après eux, l’établissement est au bord de l’implosion. Pourquoi ? Parce qu’il n’a plus les moyens de travailler.

Les professeurs absents sont peu ou pas remplacés.

Une enseignante du collège le dit sans détour : « personne ne veut venir enseigner à Mozart ». Elle donne un exemple: depuis le mois de septembre, les élèves de trois classes ont manqué l’équivalent de dix semaines de cours de mathématiques. Ca fait déjà un tiers de cours en moins. En anglais ou en espagnol, ça ne va pas mieux.

Selon les enseignants, ce manque de moyens a des conséquences lourdes sur les élèves. Une professeur d’histoire explique qu’ils ont l’impression d’être laissés pour compte. Ce sentiment renforce les difficultés sociales et scolaires. Sept ans après le livre de Begaudeau, elles sont toujours criantes. Au collège Mozart, un élève sur deux est boursier. Au brevet, le taux de réussite est faible : il est seulement de 62%.

Cette réalité, beaucoup d’établissements la connaissent. Mais au collège Mozart, elle est peut-être ressentie plus fortement qu’ailleurs encore, parce qu’un livre et un film en ont parlé et que ça n’a rien changé à la situation. Les enseignants et des parents d’élèves se sont réunis dans un collectif. Un nouveau rendez-vous est prévu aujourd’hui au rectorat. Mais les professeurs ont peu d’espoir.

tiré de http://communismeouvrier.wordpress.com

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 10:13

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 10:12

La vie dans les petites cabanes de Notre-Dame-des-Landes

Depuis la mi-novembre, les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont construit une cinquantaine de cabanes en bois, réparties en petits hameaux, pour occuper le terrain de 1650 hectares censé accueillir le futur aéroport.

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La construction des cabanes débuté à la mi-novembre après que les forces de l’ordre ont pratiquement rasé tous les squats installés par les opposants durant deux ans d’occupation.

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Avant les importantes mais vaines tentatives d’expulsion de l’automne, les opposants n’étaient que 150 à se relayer sur place. Ils sont désormais 300 à occuper le terrain, attendant, déterminés, toute nouvelle tentative de les déloger.

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Mardi, le tribunal de Saint-Nazaire a autorisé l’expulsion d’une dizaine de cabanes bâties dans deux clairières, au centre de la zone d’occupation formant un hameau baptisé “La Chataigne”.

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Les opposants espèrent cependant que la décision du tribunal ne sera pas exécutée avant la restitution du rapport de la commission de dialogue, attendu en avril. Mais entre le froid et le filtrage permanent des accès par les gendarmes beaucoup s’étonnent d’être encore si nombreux dans la zone d’aménagement différé (ZAD) devenue leur “zone à défendre”.

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“Beaucoup de gens ont accepté de vivre dans des conditions complètement folles pour soutenir ce combat”, estime Sophie, militante anticapitaliste installée ici depuis près de deux ans.

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“Je suis arrivé en janvier, c’est la première fois que j’ai un endroit où je peux envisager de me poser, d’avoir une base”, assure Nox, 23 ans, qui fait le tour de l’Europe des communautés militantes. Sa petite cabane “deux places”, est chauffée par un poêle à bois fait avec un bidon.

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Parmi les nouveaux arrivants sur la “ZAD”, il y a “des étudiants qui ont décidé d’interrompre leurs études pour nous rejoindre, d’anciens ‘indignés’ des villes… Beaucoup de gens viennent faire ici leur CV de militant”, estime une opposante.

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Visée par la décision du tribunal, la “Chataigne” est surtout dédiée à l’accueil collectif : maison-dortoir, maison-débats, maison-cuisine, maison-atelier… Depuis décembre, des délégations des collectifs anti-aéroport venus de toute la France s’y succèdent pour y débattre ou créer de nouvelles installations.

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Mais l’ambiance guerrière n’est jamais très loin : des palissades de bois tressés entourent les lieux, des fosses traversent certaines routes, les barricades “stratégiques” sont en permanence “tenues”, même la nuit… Certaines prennent des allures de tour de guet moyenâgeuse. Les heurts avec les gendarmes restent réguliers.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr, 26 mars 2013)

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 10:12

Le nombre de grèves enregistrées, durant le mois de janvier 2013, a atteint 57 (dont 32 sont légales), contre 28 grèves observées, durant la même période de l’année dernière, enregistrant ainsi une hausse de 104%, soit à peu près plus que le double, selon les derniers chiffres du ministère des Affaires sociales. Par rapport à décembre 2012, la hausse a été de l’ordre de 84%. Ce qui montre, entre autres, qu’il y a encore un état d’insatisfaction chez les Tunisiens quant aux conséquences économiques et sociales de la Révolution elle-même.

En effet, au cours du mois de janvier 2013, 55 entreprises ont été touchées par les grèves dont 43 sociétés privées et 9 publiques. D’une façon plus détaillée, les grèves ont touché principalement la douane maritime, commerciale et portuaire, le centre d’information, de documentation, et des études, l’institut national pédagogique et de la formation continue, Tunisie Autoroutes et la caisse nationale d’assurance maladie. L’hôpital Hédi Chaker à Sfax, l’école supérieure des sciences et techniques de la santé ainsi que le secteur de l’enseignement secondaire sont aussi parmi les plus touchés par les grèves.

Les principales revendications des grèves sont l’amélioration des conditions de travail (45%), suivie par le déblocage des salaires et des primes (36%), la solidarité avec les employés (11%), et l’amélioration des relations professionnelles (8%). Le secteur le plus touché par les grèves est celui de la sous-traitance qui enregistre le taux le plus élevé des grèves (28%), suivi par le secteur des industries mécaniques et minérales (23%), le textile et habillement (12%), les matériaux de construction et les produits chimiques (7%), l’agroalimentaire et le transport (5%), l’administration et les établissements publiques (4%) et le bâtiment et les travaux publics (2%). L’agriculture, le bois, les meubles, les hôtels, les cafés les mines sont les secteurs les moins touchés par les grèves.

La répartition par régions montre que le gouvernorat de Zaghouan enregistre le plus grand nombre des grèves, soit 18% de la totalité des grèves observées, durant le mois de janvier de l’année en cours, suivi par Ben Arous (16%), Sfax et Nabeul avec respectivement (11%), Monastir (9%), Bizerte (7%), Ariana (5%). Les gouvernorats de Kasserine, Béja, Jendouba, Manouba et Tunis 2 enregistrent les taux les plus faibles des grèves observées, durant le mois de janvier de cette année. La majorité des grèves illégales ont été observées dans les régions de Sousse, Jendouba, Béja, Nabeul, Zaghouan, et dans une moindre mesure, dans les régions de Bizerte, Kairouan, Médenine et Monastir.

En effet, selon les services de l’inspection du travail et de réconciliation, 99 préavis de grève ont été déposés, durant le mois de janvier 2013, contre 68 préavis de grève, durant la même période de l’année dernière, enregistrant ainsi une hausse de 45%. À cela s’ajoutent 57 préavis de grève qui sont restés, depuis le mois dernier, au stade de la réconciliation. Notons, dans ce cadre, que les services de réconciliation ont réussi, en janvier 2013, à annuler 60 préavis de grève, tandis que 32 autres ont été exécutées et 64 préavis sont en phase de réconciliation. Le taux de réussite de l’intervention des services de l’inspection du travail et de réconciliation a été estimé, à cet effet, à 65%.

Force est de constater que les préavis de grève ont été déposés, dans leur majorité, dans le secteur des services et de la sous-traitance (26%), suivi par le secteur du textile et habillement (20%), les industries minières et mécaniques (15%), l’administration et les établissements publics (10%), le transport (6%), le pétrole et ses dérivés (4%) et les hôtels et cafés (3%).

La région de Sfax a enregistré le plus grand nombre de préavis, soit 18%, suivie par Ben Arous (17%), Bizerte (8%), Nabeul (7%), Ariana et Tunis respectivement (5%), et Jendouba (4%).

Les préavis de grève émanant de l’Union générale du travail tunisien (UGTT) ont représenté 96% contre seulement 3% venant de la Confédération générale des travailleurs tunisiens (CGTT).

Presse contre-révolutionnaire (African Manager, 25 mars 2013) via Solidarité ouvrière

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 10:09

Plus de 400 personnes ont participé à la manifestation antiraciste et antifasciste à Besançon ce Samedi 23 mars 2013.

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Le point de départ était fixé à 15h place de la Révolution. C’est une vraie manifestation dynamique et populaire qui a eu lieu, où tous les âges, tous les quartiers et des sensibilités politiques très diverses ont été représentés, dans une bonne ambiance évidente.

La manifestation a entonné de nombreux slogans antifascistes, comme :

« Besançon est antifasciste », « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos » ou encore le traditionnel « Alerta antifascista ».

La banderole de tête reprenait le titre donné à la mobilisation « Stop aux agressions racistes et fascistes ! ». On aussi pu voir une autre banderole, syndicale, où était écrit : « le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève ».

Le cortège est passé par toutes les places du centre ville : Révolution, Huit Septembre, Pasteur, Granvelle, Victor Hugo pour prendre fin à la porte de Rivotte, quartier où ont eu lieu plusieurs des agressions nazies répertoriées.

Les passants et Bisontin.e.s ont accueilli avec joie, sourires et encouragements la manifestation. Certains passants nous ont dit « Merci de réagir, il est enfin de temps que cela cesse » (en parlant des agressions racistes et de ceux qui font de la haine raciale leur fond de boutique).

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À l’issue de la manifestation, des prises de parole ont eu lieu pour rappeler le contexte des agressions racistes et/ou fascistes (au moins 6 connues depuis début 2013), le quartier de résidence des néonazis (quartier Brégille), ou encore que le Collectif Antifasciste de Besançon a été créé pour proposer aux Bisontin.e.s un espace d’organisation et de lutte contre le racisme et le fascisme.

Pour le Collectif Antifasciste de Besançon c’est une mobilisation forte et réussie qui a été largement partagée avec la population de Besançon et alentours. Une victoire politique et une démonstration de force que Besançon reste une ville qui refuse les idées racistes et puantes véhiculées par les groupuscules d’extrême-droite.

Dans les temps futurs, nous invitons les Bisontin.e.s à se tenir informer sur notre blog, cette manifestation étant la première pierre d’une mobilisation et d’une résistance de plus longue haleine, à construire ensemble.

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QUELQUES CORRECTIONS S’IMPOSENT

Il nous faut cependant démentir une information erronée, reprise par les journalistes del’Est Républicain et de France 3.

Un groupe d’une dizaine de néonazis était effectivement présent en ville : ce qui a amené un groupe d’environ 30 antifascistes à aller sécuriser les abords de la manifestation. C’est au croisement de la rue Pasteur et de la rue d’Anvers que ce groupe d’antifascistes a décidé de sortir de la manifestation.

Pendant que la manifestation continuait son chemin rue Mégevand puis rue Granvelle, les antifascistes mobiles sont passés par la rue d’Anvers pour rejoindre la Grande Rue, la place du Huit Septembre, puis rue de la République, rue Proudhon et enfin rue Bersot, rue des Granges et rue de la Bibliothèque, dans le but de rejoindre le cortège de la manifestation Grande Rue.

Ce qui aurait dû se réaliser à ce moment là, c’est que les deux groupes (la manifestation et le groupe qui en était sorti 10/15 minutes auparavant), à moins de 70 mètres l’un de l’autre, se retrouvent. Cela a été empêché par l’intervention policière : soit générée par de la malveillance, soit par une incompréhension de la situation, en tout cas dû au manque évident de coordination des forces de police.

À noter que tout au long de l’excursion du groupe d’antifascistes, deux motards au moins de la police nationale ont suivi le groupe, entendant distinctement les slogans antifascistes chantés dans le centre ville.

Ce sont les deux policiers en tête de manifestation qui semblent ne pas avoir compris la situation : croyant voir arriver en face des néonazis/opposants lorsque le groupe d’antifascistes a souhaité rejoindre le cortège, ils ont alors appelé les renforts très proches, qui ont déboulé en fourgon et ont chargé sans sommation le groupe d’antifascistes, appuyé par la BAC. Un camarade a alors pris un coup de matraque sur le bras, au niveau du poignet. Il n’y a pas eu d’arrestation. Toute une partie du groupe d’antifascistes n’a alors pas pu rejoindre le cortège, ce qui a été finalement fait rue Rivotte.

Les affirmations des journalistes de l’Est Républicain et de France 3 sont ainsi erronées : ce qui est manifestement une intervention maladroite (et/ou une provocation policière) s’est transformée en une attaque des néonazis, permettant ainsi de titrer « Manifestation antifasciste sous tension », alors que cette manifestation était parfaitement détendue et bon enfant.

Le CAB corrige les affirmations de la presse :

Un groupe de néonazis était effectivement présent en ville ce samedi après-midi, en début de manifestation. Ils se sont retrouvés dans un bar non loin de la place de la Révolution. Ils étaient 11 néonazis, les mêmes qui commettent les agressions depuis presque 3 ans maintenant. Au moins 2 d’entre eux se sont fait interpellés au centre ville, pendant que la manifestation avait lieu, et plusieurs étaient en possession d’armes.

En fait, la manifestation et ses abords n’ont à aucun moment été perturbés par ces néonazis ; l’ampleur de celle-ci leur démontrant clairement la résistance des habitant.e.s de Besançon face à leur idéologie de violence et de haine.

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Collectif Antifasciste de Besançon, 25 mars 2013

 

(…) Du coup, apportons quelques éléments non négligeables à ce cr du CAB:

Une trentaine de personnes, entièrement cagoulée, est partie en marge de la manif (et pas question de SO, ce groupe y est allé uniquement par volonté politique) (tout le monde n’a pas les mêmes modes d’actions, mais tous sont à prendre !! ) pour choper les nazis qui se sont pointés en plein centre-ville durant le parcours. À l’angle de la rue de la librairie catho « Silöe » (Granvelle), les keufs en tenue anti-émeute sont intervenus illico pour en découdre avec les antifascistes. Un camarade a été violemment agressé à coups de tonfas et personne (parmi nous antifascistes-anarchistes de Besançon) n’est dupe… les flics sont nos ennemis, comme les fachos !

Durant le parcours, une très bonne ambiance régnait : bonne réception et encouragements des passantEs, participation des jeunes du quartier de Planoise qui ont mis pas mal d’ambiance (en montrant clairement leur haine de la police et on aime ça !).

Des copains/copines antifascistes d’ailleurs ont fait spécialement le déplacement pour cette manif.

Besançon ville antifa ! (…)

Le Chat Noir Émeutier, 26 mars 2013

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 21:11

ouze interpellations en lien avec les violences d’août à Amiens-Nord

Douze interpellations en lien avec les violences d’août dernier à Amiens-Nord ont eu lieu mardi matin dans la zone de sécurité prioritaire, où la police avait reçu l’appui du Raid, ont indiqué à l’AFP des sources concordantes.

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Quelque 130 policiers et gendarmes mobiles, assistés du Raid et du GIPN (groupe d’intervention de la police nationale), ont mené cette opération à l’aube, selon une source policière. “Tout s’est fait à 06H00 du matin, en coordination avec la police judiciaire et la sécurité publique”, selon une source proche de l’enquête.

Ils agissaient sur commission rogatoire d’une juge d’instruction chargée du dossier des violents affrontements entre jeunes et forces de l’ordre qui avaient fait 17 blessés parmi les policiers, parfois touchés par des tirs d’armes à feu, et des millions d’euros de dégâts.

Plusieurs sources proches de l’enquête ont d’abord évoqué 9 interpellations puis une “petite dizaine”, avant de livrer le chiffre de 12 en fin de journée.

Parmi ces 12 personnes, 9 ont été interpellées par les forces de la sécurité publique, co-saisie du dossier sur le volet des violences et notamment des tirs envers les policiers.

La police judiciaire, co-saisie aussi et concernée, elle, par le volet des incendies criminels, a procédé à 3 interpellations, dont une personne laissée libre.

Parmi les personnes interpellées, si certaines sont mineures, la plupart sont de jeunes majeurs.

Les enquêteurs ont entendu notamment plusieurs proches d’un jeune homme dont la mort à scooter avait causé un certain émoi à Amiens-Nord, notamment lors d’une veillée émaillée d’incidents entre habitants et policiers, favorisant un regain de tension à la veille des émeutes d’août dernier.

Un frère de ce jeune homme, déjà incarcéré pour d’autres faits, a été extrait de sa cellule pour être entendu par les enquêteurs, selon une source proche du dossier, qui a indiqué que d’autres personnes devaient être extraites de leur cellule aux mêmes fins.

Des sœurs du jeune homme devaient également être entendues en audition libre, selon cette source, qui a indiqué que leur mère a été placée en garde à vue puis relâchée.

Certaines gardes à vue pourraient durer jusqu’à 96 heures, la qualification de “bande organisée” ayant été retenue pour certaines personnes interpellées.

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Lors de leur intervention, les policiers ont également évacué des dizaines de voitures stationnées irrégulièrement depuis plusieurs mois, voire plusieurs années sur la voie publique, dans le quartier Fafet-Brossolette, situé au cœur des émeutes d’août dernier, selon une source proche de l’enquête.

Quelque 47 véhicules, parmi lesquels des autos volées et des épaves, ont ainsi été saisis, selon une autre source proche.

“La police nationale est sur le quartier d’Amiens-Nord, ils sont en train d’évacuer la totalité des véhicules qui sont en défaut de carte grise ou d’assurance”, a témoigné mardi matin Georges Vetrino, responsable associatif et habitué du quartier.

“Actuellement, le quartier est calme, mais tout est relatif. C’est calme, mais ça peut aussi exploser à tout moment”, ajoutait M. Vetrino, qui se voulait “prudent”.

Vincent Aguano, responsable de l’association Carmen, bien implantée à Amiens-Nord, a affirmé auprès de l’AFP qu’il avait l’habitude de monter des projets avec trois des interpellés, âgés de 23 à 26 ans.

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Entre septembre et fin janvier, quelque 170 personnes ont été interpellées, “dont une grande partie des auteurs des violences du mois d’août”, avait indiqué la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), mais a priori, jusqu’à ce mardi au moins, pas les auteurs des tirs contre les policiers, dans cette zone de sécurité prioritaire (ZSP).

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 26 mars 2013)

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 18:43

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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 18:42

À chacun son Debord

Il fallait une certaine malice pour concevoir la manifestation parisienne qui va s’ouvrir à la Bibliothèque nationale de France (BNF). Ou, au moins, le goût du défi : donner à voir, dans un temple de l’État, les archives d’un intellectuel pourtant critique de toutes les institutions et de la société en général. Tenter de cartographier une pensée polymorphe, profondément réfractaire, misanthrope, sarcastique et systématiquement dressée contre les tentatives de récupération.

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Guy Debord en 1959 sur le tournage de Quelques personnes à travers une assez courte unité de temps.

À partir du 27 mars, les visiteurs pourront donc déambuler dans l’exposition “Guy Debord, un art de la guerre”. Des centaines de fiches de lectures, des cartes, des photos, des revues, des correspondances sont agencées comme un vaste jeu de piste autour des stratégies mises au point par Debord dans sa lutte contre l’aliénation contemporaine. Le tout prélevé dans le fonds acheté par la BNF, en 2011, à la veuve de Guy Debord, pour la somme astronomique de 2,7 millions d’euros.

Chacun pourra sans doute y trouver “son” Debord, car c’est l’une des particularités de ce penseur hors normes : ses thèses et sa sensibilité ont irradié dans des directions très différentes, lui-même s’étant déplacé tout au long de son existence d’un champ à l’autre de la pensée. Qui plus est, Guy Debord a glissé de la révolution à une forme de pessimisme radical, voire de réaction, entre le début et la fin de sa vie. Si bien qu’aujourd’hui, les héritiers de cet homme qui n’en voulait pas sont nombreux, et leurs profils dissemblables.

GIMMICK

Près de vingt ans après sa mort, le 30 novembre 1994 (à l’âge de 62 ans), que reste-t-il de la pensée de Guy Debord et de l’Internationale situationniste, le mouvement dont il fut le principal fondateur ? Au-delà d’un titre de livre, La Société du spectacle (Buchet-Chastel, 1967), agité ici et là comme un gimmick par des gens qui ne l’ont pas toujours lu, de quelle manière les idées de Debord et des situationnistes ont-elles imprégné la société ?

La réponse à ces questions est forcément approximative, tant le paysage est vaste et ses lignes floues. De la philosophie à la publicité, en passant par l’architecture, l’urbanisme, l’art, la sociologie, la littérature, les “situs” ont essaimé dans des directions parfois inattendues. C’est que Debord a eu le génie de voir large et de regarder loin, précédant toujours l’époque de quelques pas. Nombre de ses thèses se sont confirmées. Comme si l’Histoire donnait raison à ce grand lecteur de Marx qui vomissait la société du spectacle — autrement dit, les rapports sociaux médiatisés par l’image et d’où toute authenticité disparaît. Debord combine deux grands types de réflexions : l’une sur le poids des “infrastructures”, puisqu’il offre une reformulation de la théorie marxiste à l’âge des médias. L’autre, sur l’aliénation et les formes possibles de la résistance du sujet. “Il a beaucoup représenté pour les penseurs critiques de la société”, affirme Bruno Racine, président de la BNF, qui s’est battu pour réunir, auprès de mécènes, la somme nécessaire à l’acquisition de ces archives.

VISION RADICALE DU MONDE

Curieusement, cette vision radicale du monde s’est infiltrée avec une remarquable souplesse dans les différentes générations qui se sont succédé depuis un demi-siècle. “Chaque époque a eu sa manière de lire Debord, observe Jean-Louis Violeau, sociologue, professeur à l’École d’architecture de Paris-Malaquais et bon connaisseur de l’œuvre du penseur. Dans les années 1970, avec une perspective révolutionnaire ; dans les années 1980, il est devenu le bréviaire des pubards ; la décennie suivante, il était celui qui ne s’était pas laissé avoir par les bobards des différents totalitarismes ; maintenant, il inspire les gens d’Occupy Wall Street et les Anonymous pour sa dénonciation de la société marchande.” Parmi ceux qui se sont inspirés de ses écrits, ont trouve Julien Coupat, l’un des auteurs du manifeste L’Insurrection qui vient (La Fabrique, 2007), mis en examen dans l’affaire dite “de Tarnac” (sabotage d’une caténaire d’une ligne de TGV), en 2008.

“Nous sommes sur la même route que nos ennemis, le plus souvent, les précédant”, avait écrit Debord, dans les débuts de l’Internationale situationniste, à la fin des années 1950. Ironie du sort, cette pensée a été recyclée par ceux qu’elle dénonçait dans les médias, la communication, la publicité. Oliviero Toscani, le fameux photographe italien qui conçut les affiches de Benetton dans les années 1980, n’hésitait pas à faire référence à Debord. Et les méthodes du “nouveau management” se sont fortement inspirées des idées liées au développement de la créativité, du projet individuel et du “tous artistes”.

“La société marchande recycle tout, souligne le romancier Morgan Sportès, qui a connu l’écrivain et qui le cite dans son roman Tout, tout de suite (Fayard, 2011). Il n’y avait pas de raison qu’elle ne recycle pas Debord !”

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“PHILOSOPHIE DU DÉSAVEUGLEMENT”

L’une des particularités des situationnistes fut d’affirmer une subjectivité radicale. Pas d’école, pas de prétention à la scientificité pour cette “pensée rude”, selon l’expression d’Emmanuel Guy, jeune commissaire associé à l’exposition de la BNF. Du coup, la transmission académique de la pensée de Debord est malaisée. “La Société du spectacleest difficile à proférer dans un espace universitaire, à cause de son caractère explosif”, explique Francis Marmande, écrivain et professeur de littérature à Paris-VII. Davantage en tout cas que les idées de Foucault, Bourdieu ou Baudrillard, autres critiques de la société contemporaine.

En philosophie, Debord ne fait plus vraiment recette, même si quelqu’un comme l’Italien Giorgio Agamben continue de s’y référer. “Les concepts de situation et de spectacle ont été repensés à la lumière des philosophies analytique et pragmatique, considère l’écrivain Christophe Hanna. En fait, Debord a surtout fonctionné comme une vigie. Il a créé une philosophie du “désaveuglement”.”

SE LIBÉRER DES CARCANS

Il est surtout celui qui apprend à voir, à se débarrasser des œillères, à se libérer des carcans. C’est vrai pour Gérard Berréby, fondateur des éditions Allia, qui a ressorti des documents situationnistes dans les années 1980, quand presque plus rien n’était disponible : “Cette pensée m’a aidé à me structurer, affirme cet homme qui avait 17 ans en 1968. Sa postérité ne se mesure pas en nombre de thèses, mais dans la manière dont elle devient un ferment pour l’action.”

Dans un autre registre, Frédéric Olivennes, directeur de la communication et du marketing images de France Télévisions, né en 1967, raconte que la lecture de Debord lui a fait comprendre qu’il était “un enfant de la société du spectacle”. Et comment ne pas être “dupe” des pièges de ce système. L’écrivaine et critique Cécile Guilbert, née en 1963, a de son côté publié un bel essai intitulé Pour Guy Debord (Gallimard, 1996), dans lequel elle met en lumière la vitalité du discours de Debord, styliste remarquable. Une force et une puissance de subversion auxquelles un écrivain comme Philippe Sollers, qui a souvent écrit sur Debord, notamment dans Le Monde, est lui aussi très sensible. Enfin, parmi les plus jeunes, les membres de la revue transdisciplinaire Gruppen revendiquent cet “héritage intellectuel indispensable pour comprendre l’époque”, selon les mots de Pierre-Ulysse Barranque, l’un de ses responsables, âgé de 29 ans.

POUR LE DÉPASSEMENT DE L’ART

Mais c’est dans le domaine artistique que la pensée de Debord exerce la plus grande influence. Car l’Internationale situationniste se voulait avant tout, un peu comme les surréalistes en leur temps, une avant-garde révolutionnaire vouée au dépassement de l’art. Debord est notamment l’auteur de plusieurs films, dont In girum imus nocte et consumimur igni (1978). Aujourd’hui, un cinéaste comme Olivier Assayas se passionne pour l’oeuvre de Debord, dont il a réédité la partie cinématographique en DVD. On ne retrouve rien du cinéma de Debord dans celui d’Assayas, rien de visible en tout cas, mais l’influence est revendiquée : “C’est une réflexion personnelle qui nourrit ma pratique de l’écriture, mon observation de la société, ma pratique du cinéma”, indique le cinéaste.

En cinéma comme dans ses textes, Debord a largement utilisé le détournement : recycler des phrases ou des images issues d’autres œuvres, non sous forme de citation ou d’hommage, mais dans le but de produire un objet nouveau. Cette pratique insolente, qui procédait d’un rejet de la propriété intellectuelle, a fait nombre d’émules dans l’art. On pourrait multiplier les exemples. En 1981, l’Américaine Sherrie Levine fait scandale : elle a rephotographié des images célèbres de Walker Evans, l’inventeur, dans les années 1930 et 1940, du “style documentaire” en photographie. En 1993, l’artiste écossais Douglas Gordon signe l’installation 24 Hour Psycho (“psychose de 24 heures”), dans laquelle il reprendPsychose, le film d’Hitchcock, mais en le ralentissant de telle sorte qu’il dure vingt-quatre heures. Enfin, la même année, Michel Hazanavicius, futur réalisateur d’OSS 117 et de The Artist, sortait Le Grand Détournement, entièrement composé de scènes empruntées au cinéma américain, assorties de nouveaux dialogues.

“DÉRIVE” URBAINE

Le détournement est aussi présent dans l’œuvre graphique et dans la cartographie chère aux situationnistes. Grand arpenteur des villes, Guy Debord vitupérait contre la ville morcelée, marchandisée. Sa conception de la “dérive” urbaine et des itinéraires non standardisés intéressent des plasticiens comme Anna Guilló, maître de conférence à Paris-I et animatrice de la revue d’art et d’esthétique Tête à tête, d’inspiration debordienne. Selon la jeune femme, les situationnistes ont des héritiers imprévus dans le street art, avec Space Invader par exemple. Les artistes de rue n’ont pas forcément lu les grands textes de Debord, mais leur façon d’élaborer des itinéraires graphiques sur les murs des villes renvoie doublement à Debord : c’est une forme de “dérive” urbaine, une manière de baliser le territoire en laissant des traces et aussi de faire descendre l’art dans la rue, comme le préconisaient les situationnistes.

Plus largement, souligne Anna Guillo, une grande partie de l’art contemporain est imprégnée de l’esthétique de la “situation” : les artistes, dit-elle, “créent des environnements comme une forme d’art. Les œuvres deviennent plus souvent des dispositifs, diffusés par Internet ou par des performances, que des objets au sens classique du terme”.

UNE POSTÉRITÉ DIFFUSE

Alors ? On peut dire, bien sûr, que la pensée de Guy Debord s’est soldée par un échec, puisque la révolution n’est pas advenue. La destruction de la société du spectacle, qu’il appelait de ses vœux dans son livre, n’a pas eu lieu. Mais cette pensée a aussi connu une postérité diffuse : elle s’est infiltrée dans la vie des individus, dans leur façon de regarder le monde, dans leur sensibilité même. Guy Debord est devenu un classique : ses textes sont publiés, ses films sont visibles et ses archives bientôt exposées.

Les plus critiques de ses admirateurs ne manquent pas d’observer que Debord avait préparé cette quasi-”panthéonisation” : il avait gardé des doubles de ses lettres et envoyé, de son vivant, une partie de ses documents personnels à l’Institut international d’histoire sociale d’Amsterdam, qui conservait les archives des mouvements révolutionnaires. N’empêche : même classique, sa pensée n’a pas perdu ses vertus corrosives. Un bâton de dynamite, en somme, qui continue de faire peur, de séduire et de fasciner bien après que son auteur a cessé de le brandir.

Presse confusionniste (Raphaëlle Rérolle, LeMonde.fr, 21-25 mars 2013)

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Published by coutoentrelesdents - dans RECUPERATION SPECTACULAIRE MARCHANDE
26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 18:42

À quoi servent les subventions des artistes du Projet 244 ?

Ce que vous nous avez pris, nous allons le reprendre.

Ils sont trop rares les espaces où on se sent bien, ou nous sommes libres d’être ce que nous sommes. C’est pourquoi ils nous tiennent à cœur, comme une rage fulgurante que nous portons et qui nous traverse un peu plus chaque jour.

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On prend ce qui est vide, abîmé, et on les transperce de nos envies et de nos rêves. On en fait des courants électriques qui grenaillent dans les rues, ou dans les espaces aseptisés. On s’amuse autant que possible, car on ne sait jamais comment tout ça peut se terminer.

Par des expériences de luttes et de vies collectives, on réinvente des mondes, des zones à défendre, des rencontres offensives. Ce qui nous vaut d’être trop souvent marginalisé-es. Et alors quoi ?!? Faudrait-il se rabaisser ou se taire pour autant ? Se pacifier, pour vivre de frustration à l’égard de tout ce qui est potentiellement chargé d’intensité ? Nos couleurs sont criardes sur vos murs blancs.

Que la mairie ait choisi comme stratégie pour nous expulser de notre squat, de faire faire le sale boulot par des artistes soucieux de mettre à profit leurs zèles et leurs bonnes volontés, en dit long sur l’état de décomposition de cette société… La Culture est un monopole comme un autre, qui s’octroie et se défend au prix du spectacle de sa collaboration.

Vous avez tenté de nous virer comme des ordures à karchériser, mais rien à faire… on réapparaît toujours. Nous avons tenté de créer un consensus, d’aménager les modalités de notre « vivre ensemble », mais vous nous l’avez bien fait comprendre, il n’y a de vivre ensemble que dans les limites étroites de notre soumission commune aux modèles dominants…

Que pour finir, vous nous ayez offert le spectacle d’une telle ferveur à défendre la nécessité des transactions immobilières, de la propriété, et de l’aseptisation des centres-villes, au point d’en arriver à une telle violence, de nous foutre sur la gueule pour faire valoir votre « bon droit », ne peut que renforcer notre refus de toutes formes d’institutionnalisations, et de compromis avec celles-ci.

Alors on ne va pas faire les étonnés, ni jouer les victimes, quand des flics ou des artistes se pointent chez nous pour jouer l’inquisition, nous prendre ce que l’on a. C’est sûr on oublie vite sa vie de merde, quand il s’agit de détruire ou de contrôler celles des autres. Les prochains à vous faire expulser, c’est vous… Mais vous le savez déjà, puisque vous avez négocié, du moins pour les plus gros d’entre-vous, les conditions de votre propre karchérisation… « Vive l’art est publique. »

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On s’emmerde, on étouffe dans votre système de compromission… Alors une maison de plus expulsée, murée, saccagée, ça change rien. Mais soyez sûrs que les perturbations vont persister, quoi qu’il arrive.

On vit encore, on rit encore, au delà de vos prisons, à la recherche d’espaces hors-contrôles, de pratiques d’ensauvagement, d’histoire qui s’achève où commencent de nouvelles. Il est possible de composer avec nos vouloir vivre ensemble, mais certainement pas de s’adapter face aux contrôles, à la violence de votre « bon droit », ou à l’égard de ce que ce que nous désirons.

Thanks For The Future
mediatours.noblogs.org

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Published by coutoentrelesdents - dans SQUAT

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